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Drive piéton : Leclerc attaque les centres-villes

Leclerc ouvrira en avril son premier drive piéton, dans le centre-ville de Lille. Un local de 50 mètres carrés, alimenté par un drive en périphérie urbaine, qui promet de « faire rentrer un hypermarché » dans le quartier.

C’est à un cadre… d’Auchan (dont le siège est dans le Nord) que l’on doit cette découverte, partagée sur Twitter.

Leclerc va proposer 12.000 références dans 40 m2 à Lille. C’est nouveau ? @Dauvers70 @Grande_Distrib

Leclerc a d’abord utilisé ses drives pour mailler plus étroitement les abords des grandes agglomérations. Quelques implantations urbaines existent, mais sont rarissimes. En s’attaquant aujourd’hui aux centres-villes, avec un modèle dédié, l’enseigne met enfin un pied dans des zones qu’elle lorgnait avec gourmandise.

Le drive piéton ouvrira ses portes le 1er avril, avec la promesse d’un assortiment de « 12.000 produits du quotidien ». Il est situé place Louise Bettignies, dans un quartier pittoresque et très animé du vieux Lille. Le projet est porté par Thomas Pocher, un adhérent déjà propriétaire des hypers de Templeuve et Wattrelos, qui se fait fort d’apporter « les prix Leclerc » à de nouveaux clients urbains. « On sera à l’indice 95″, clame-t-il déjà sur Twitter. Il se dit aussi capable, sur certains créneaux, de tenir un délai d’une heure entre la commande et la remise des achats.

Cette formule de point de retrait, en ville, de commandes passées sur le site de l’enseigne est déjà expérimentée à Paris par AuchanDirect, depuis 2014. Cora a lancé un concept de drive piéton à Metz, baptisé « Cora en ville », à la fin de l’été 2016. Deux enseignes justement spécialistes du grand hyper, qui explorent elles aussi un territoire qui leur était jusqu’à présent inaccessible.

Drive piéton : Leclerc attaque les centres-villes
publié par Linéaires à http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Drive-pieton-Leclerc-attaque-les-centres-villes-50044

DÉVELOPPEMENT D’APPLICATIONS MOBILES : APPLIQUEZ LA MÉTHODE LEAN !

Nous avons abordé ici plusieurs fois le sujet du Lean Marketing comme un marketing intelligent et extrêmement qualitatif qui apprend de ses erreurs. Nous nous sommes notamment inspiré des écrits d’Eric Ries dans son livre “The Lean Start Up”, qui applique la démarche Lean à la création d’entreprise et au management de l’innovation, pour rapprocher l’Inbound Marketing du Lean Marketing. Et nous ne sommes pas les seuls !

Dans une économie où “ce n’est pas le gros qui mange le petit mais le rapide qui dévore le lent”, lancer un projet mobile nécessite rapidité et adaptation au changement. Le système de production Lean est une méthode de travail qui cherche à éliminer toute forme de gaspillage. Voici trois de ces principes, qui, appliqués au développement mobile, permettent d’améliorer la productivité et la performance des équipes pour réduire le time-to-market.

#1 – COMBATTRE LE MUDA OU “TOUT CE QUI EST SANS VALEUR”

La première faille à combattre est le gaspillage ! Le gaspillage est ce qui est produit mais n’ajoute pas de valeur du point de vue de l’utilisateur.  Cela peut être une fonctionnalité qui n’a pas été demandée par les utilisateurs, une perte de temps dans le processus de développement, une tâche inutile, etc. Appliqué à la conception d’applications web ou mobiles, cela donne quelques principes qui permettent in fine d’accélérer la vitesse de développement et ainsi de délivrance du produit.

CASSER LES SILOS

Dans les cycles de projets classiques, le métier émet le besoin, les business analysts rédigent les spécifications, les designers conçoivent l’application, les développeurs la développent, les testeurs la testent et enfin les utilisateurs peuvent commencer à l’utiliser. Dans une démarche Lean, on optimise cette boucle en incluant les développeurs, les designers et les experts métier de la conception jusqu’au déploiement. Le Product Owner, qui a la vision du produit et la connaissance des utilisateurs finaux, pilote directement l’équipe de développement, sans l’intermédiaire d’un chef de projet. Souvent réunis en un même lieu, l’équipe de développement, l’UX designer et le Product Owner travaillent ensemble pour optimiser les cycles de décisions et les interactions. C’est le concept de plateau projet intégré.

#2 – COMBATTRE LE “MURI” OU LA SURPRODUCTION

Le second cheval de bataille du Lean est la surproduction et les stocks. Le premier indice de cette surproduction est apparue dans une étude Comscore de 2014 révélant que 65% des américains ne téléchargent aucune application chaque mois. Le second est que 83% des applications sur les stores sont des “zombies”, qui sont invisibles des utilisateurs car elles n’apparaissent dans aucun classement ou catégorie du store. Alors comment faire ressortir votre application des 2 millions d’autres ?

CONCEVOIR UNE APPLICATION UTILE ET UTILISÉE

Pour concevoir une application utilisée, vous devez connaître vos utilisateurs. Rien ne sert de passer 3 mois en conception afin de produire l’intégralité des écrans de l’application sans la confronter à l’usage. La démarche Lean UX, initialement théorisée par Jeff Gothelf,  a pour objectif d’optimiser la conception d’un produit en s’appuyant, notamment, sur le principe de la boucle de feedback. Cette conception itérative alterne 3 phases : Observer, Apprendre et Concevoir. Plus les itérations sont courtes, plus l’équipe apprend vite et a d’occasions d’améliorer le produit. Des itérations d’une semaine sont idéales pour pouvoir réagir rapidement aux changements du marché et ré-étalonner ses priorités régulièrement.

SE LIMITER À L’ESSENTIEL, LE MVP

Tant que l’application n’est pas sur les stores, tout ce qu’on a produit n’apporte pas de valeur à l’utilisateur : on accumule les stocks. La clé est de se concentrer sur l’essentiel en développant le parcours utilisateur minimum – le Minimum Viable Product – pour être vite sur le marché. Une application mobile représente un investissement pour votre entreprise : commencer petit, avec une UX irréprochable, vous permettra de valider vos hypothèses pour faire évoluer l’application avec les fonctionnalités que les utilisateurs réclament.

#3 – DEVENIR UNE ORGANISATION APPRENANTE

Tout au long de votre projet, vos idées, le design, le parcours, les fonctionnalités de votre application vont évoluer au gré des retours utilisateurs. Pour gérer ces changements, la clé est de s’adapter en temps réel. Dès 2011, Amazon déployait en production toutes les 11.6 secondes en moyenne !

MESURER ET OPTIMISER

Pour optimiser votre retour sur investissement, vous devez mesurer les performances de vos applications. Vous pouvez opter pour des mesures qualitatives ou quantitatives :

  • Les mesures qualitatives s’obtiennent en réalisant des tests en conditions réelles, dès la seconde semaine de développement et de façon régulière (au moins 1 test par semaine) :
    • soit avec des utilisateurs finaux de l’application,
    • soit avec des utilisateurs choisis au hasard (vos collègues, des proches, etc.) à qui on demande de se mettre dans la peau de l’utilisateur cible par le biais d’un scénario (user story).
  • Les mesures quantitatives s’obtiennent via l’implémentation d’analytics dès la première semaine de développement.

APPRENDRE ET RÉAGIR

Collecter des données utilisateurs en production est une mine d’informations pour votre entreprise. Les analyser en temps réel permet d’en apprendre beaucoup sur vos utilisateurs et de réagir. On passe ainsi par différentes étapes :

  • Définir des standards c’est-à-dire des objectifs à atteindre
    • Collecter de la donnée via les analytics ou des retours utilisateurs
    • Visualiser l’écart au standard : cela peut être grâce à un graphique qui affiche le standard et les données collectées par exemple
  • Analyser les causes de cet écart en émettant des hypothèses sur les points de blocage dans le processus qui ne me permettent pas d’atteindre le standard
  • Prioriser les actions en fonction de l’objectif que vous voulez atteindre le plus vite.

Vous souhaitez en savoir davantage sur le Lean et les méthodes agiles appliqués au développement mobile ? N’hésitez pas à les découvrir plus en détail ou à échanger avec les équipes de BAM qui proposent des solutions sur mesure pour vos projets mobiles. Posté le 10 novembre 2016 à https://www.markentive.fr/blog/lean-developpement-applications-mobiles/

Bayer-Monsanto : pourquoi la fusion inquiète

Le rachat de Monsanto par Bayer, c'est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto), s'alarme en France la Confédération paysanne.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
L’oligopole naissant de ce mariage entre géants risque de nuire à une agriculture déjà fragilisée par la volatilité des prix des matières premières et le dérèglement climatique, craignent nombre d’ONG. Et la mauvaise réputation de Monsanto pourrait nuire à celle de Bayer, dénonce-t-on outre-Atlantique.

Rarement l’annonce d’une fusion suscite tant d’émoi. La nouvelle du mariage entre le titan allemand Bayer et le colosse américain Monsanto, publiquement confirmée mercredi 14 septembre, agite depuis ONG, analystes et même politiques. Alors que l’objectif de l’opération est clairement de réaliser une synergie permettant au nouveau groupe de contrôler toute la chaîne agricole, grâce à la puissance de Bayer dans le segment des pesticides, notamment en Europe et en Asie, et à celle de Monsanto sur les marchés des semences et des herbicides, en particulier dans le continent américain, les conséquences de ce nouvel oligopole sur le secteur inquiètent.

D’autant plus que l’agriculture est confrontée à des défis croissants. D’une part, l’augmentation de la population mondiale qui, selon l’ONU, devrait atteindre les 10 milliards de personnes en 2050. De l’autre, des crises de production liées au dérèglement climatique ainsi que des prix des matières premières de plus en plus volatiles. Si Monsanto et Bayer affirment justement fusionner pour « produire plus avec moins »  »aider les cultivateurs à surmonter les obstacles de demain »nombre de doutes persistent -sur lesquels  la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a promis de se pencher.

Plus de choix pour les agriculteurs?

Première source de préoccupation, l’accès aux semences. « Les deux tiers du marché mondial des semences commerciales sont aujourd’hui contrôlés par dix sociétés seulement », qui en profitent pour imposer leurs produits et leurs prix, dénonce l’ONG Swissaid: une position dominante que la nouvelle opération ne fera que renforcer.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne, citée par l’AFP: les paysans n’auront donc à terme « plus d’autres choix que d’acheter les produits de ce nouveau monstre », craint-elle. Monsanto a déjà attaqué aux Etats-Unis des agriculteurs qu’il accuse d’avoir violé ses brevets, lesquels ne couvrent d’ailleurs plus seulement les organismes génétiquement modifiés (OGM) -spécialité de l’Américain-, mais aussi des variétés traditionnelles.

« Sous prétexte de soigner des plantes sélectionnées pour être dépendantes de leurs pesticides, ce groupe aura le champ libre pour la commercialisation de quantités de produits », précise la Confédération paysanne, qui craint pour le maintien de la « souveraineté alimentaire que cette transaction à 59 milliards d’euros met en danger ».

Sur le même ton, le parti des Verts allemands dénonce l’émergence d’une « entreprise toute-puissante, qui ne va pas lutter contre la faim dans le monde, mais l’aggraver ».

Des prix déjà trop élevés

Le colosse contrôlera d’ailleurs aussi les coûts de ces semences, déjà en augmentation. « Une telle concentration ne fait jamais baisser les prix, bien au contraire », souligne sur le site de TVA Nouvelles le directeur-général de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Charles-Félix Ross:

« C’est un principe de base en économie lorsque la demande est forte, et le nombre de fournisseur devient limité. C’est préoccupant pour les agriculteurs, mais aussi pour les consommateurs », insiste-t-il.

Pourtant, augmentation des prix ne rime pas forcément avec meilleures récoltes, observe Swissaid, alors qu’elle « a pour effet d’accroître la pauvreté et la faim dans les campagnes ».

Cette hausse des prix pourrait néanmoins, à court terme, être freinée par la crise de l’agriculture elle-même, nombre de paysans n’étant plus en mesure d’acheter les semences les plus chères, dont l’efficacité est aussi mise en doute. Fin juin, en pleine négociation avec Bayer, Monsanto annonçait d’ailleurs une chute inattendue de ses bénéfices et ventes trimestriels: précarité qui justifie en partie la fusion.

La capacité innovatrice du « monstre » en cause

Quant à la capacité des deux géants de mieux répondre mains dans la main aux défis de l’avenir, « ils sont si étroitement spécialisés qu’on a le sentiment général qu’ils ne développeront pas les innovations dont nous avons besoin », estime le président de l’ONG canadienne ETC Group, Pat Mooney, cité par le Washington Post.

« Une grande partie de leur recherche se concentre sur les plus grandes cultures qui rapportent le plus d’argent », précise-t-il.

Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe, insistait pourtant dans un communiqué du 7 septembre sur « l’engagement de l’entreprise allemande en faveur de l’innovation et du développement durable » afin « de contribuer à l’agriculture de demain ». Monsanto s’est pour sa part déjà spécialisé dans l’agriculture numérique.

Un effet domino?

La méfiance est par ailleurs significativement aggravée par la mauvaise réputation dont jouit Monsanto, outre-Atlantique comme en Europe. Au-delà du fort lobbying qu’elle mène en faveur des OGM, elle est aussi connue pour les polémiques autour des conséquences sur la santé de son herbicide phare, le Roundup. Son image d’entreprise « prête à-tout » date d’ailleurs des années 60: elle fait en effet partie des neuf producteurs de l’Agent Orange, herbicide utilisé comme arme chimique par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam. Les manifestations contre Monsanto ont désormais pris un rythme régulier: toutes les années se tient une marché mondiale contre l’Américain, au centre d’ailleurs de la campagne européenne contre le traité d’échange transatlantique (Tafta ou TTIP). Un tribunal international baptisé « Tribunal Monsanto » jugera même en octobre de ses « crimes » contre l’environnement.

Ainsi, bien que le patron de Bayer, Werner Baumann, assure que son groupe « peut gérer la réputation de Monsanto », en Allemagne,  les effets de cette réputation sur celle dont le slogan est  »science pour une meilleure vie » sont ainsi devenus une préoccupation politique. La section des Grünen de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où siège Bayer, qui la gouverne avec le SPD, a même appelé Bayer à revoir sa décision.

Par Giulietta Gamberini  |  15/09/2016, 18:33  |  1019  mots

publié à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/bayer-monsanto-pourquoi-la-fusion-inquiete-599375.html

Voyage au cœur de la troisième révolution industrielle

Voyage coeur de la révolution industrielle

Le numérique bouleverse en profondeur notre société. Economie, santé, éducation, travail, vie privée, politique… Sandrine Cassini et Philippe Escande nous proposent une plongée dans le monde du capitalisme 3.0.

La machine numérique est en train de s’attaquer à toute la société et personne n’en sortira indemne. Le monde change à tous les niveaux, du plus concret – l’usage des taxis à Paris, la réservation d’un hôtel, la fabrication d’une voiture –, au plus impalpable – les comportements, la façon de penser, de vivre et d’organiser la société. C’est le principe des grandes révolutions industrielles. Elles s’insinuent dans tous les secteurs, et les ­conséquences sociétales marchent de pair avec les bienfaits matériels. Le propos de ce livre (*) est de raconter comment, tout à coup, le monde bascule.

Un vent de révolte

Un vent de panique gagne la France. Le tsunami Internet, qui a déjà détruit une bonne part de l’industrie de la musique et de la presse, s’infiltre désormais partout. Les transports et l’hôtellerie sont les prochains sur la liste. Même le puissant monopole de la SNCF commence à se poser des questions. En septembre 2013, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a tenu devant ses troupes un étonnant discours à l’intonation guerrière. Le PDG assure que les nouveaux ennemis de la compagnie de chemin de fer et de ses deux cent soixante mille salariés s’appellent… Google et BlaBlaCar, le site de covoiturage qui transporte chaque mois plus de deux millions de voyageurs. Sa crainte : voir, comme dans le tourisme, émerger de nouveaux intermédiaires qui détournent sa clientèle et lui fassent perdre le contact avec ses voyageurs. Et, pourquoi pas, lui volent un jour son métier ! […] S’ils ont commencé par les industries de contenus facilement dématérialisables, comme les médias ou la musique, les nouveaux seigneurs du capitalisme s’attaquent désormais à la finance, l’énergie, la santé, l’éducation, l’immobilier, la construction et même l’agriculture ! Aucun pan de la société n’est à l’abri de la révolution numérique. C’est justement ce qui caractérise une révolution. […] Parue en septembre 2013, une étude de deux chercheurs de l’université d’Oxford a fait grand bruit. Elle prévoit que 47 % du total des emplois américains sont désormais menacés. Un sur deux !

Google, le nouveau General Electric

La boulimie d’expansion [de Google] n’est pas sans rappeler la glorieuse épopée d’Edison puis de General Electric au début du xxe siècle, explorant le moindre recoin de l’énergie électrique, des turbines de barrage aux ampoules, en passant par l’électroménager, les réseaux électriques et les machines-outils. C’est le propre des marchés non stabilisés et en forte croissance. Aujourd’hui, Google, entreprise de médias, est dans ce moment critique. Sa dernière grosse acquisition est un fabricant de thermostats, Nest, créé par l’ancien concepteur des iPod d’Apple. Une façon d’entrer dans la gestion de l’énergie dans les maisons.

Et après ? Pourquoi ne pas remonter la chaîne de valeur de l’énergie, jusqu’à la production d’électricité ? La société est après tout le premier utilisateur de panneaux solaires aux Etats-Unis. Comme Elon Musk entend le faire en combinant ses voitures électriques Tesla, ses batteries et ses panneaux solaires… Google va même encore plus loin de ses bases en achetant un laboratoire de biotechnologies spécialisé dans le vieillissement et en embauchant des cerveaux de la médecine pour trouver la recette d’une vie (presque) éternelle.

La voiture, le commerce, l’énergie, l’information, la bureautique, l’informatique, la santé, l’assurance… « Bientôt, les deux tiers des patrons du CAC 40 en viendront à se demander si leur premier concurrent demain ne sera pas Google », assure Philippe Lemoine, l’ancien patron de LaSer Cofinoga, président de la Fondation Internet nouvelle génération et auteur d’un rapport sur le sujet pour le gouvernement. Google est le General Electric des temps nouveaux. C’est pour cela qu’il fait peur à tout le monde.

Quand Bouygues a peur d’un thermostat

A Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, un « écoquartier » 100 % high-tech et 100 % développement durable a été construit dans l’ancien fort de la ville. Mille six cents logements symbolisent le futur de l’habitat et de la ville intelligents. Tout y est ­connecté. Dans chaque appartement, le résident programme à partir d’un écran tactile, situé dans l’entrée, l’allumage des lumières, de son chauffage et ses volets. L’écran l’informe également en temps réel de sa consommation énergétique. Luxe ultime, le tout est pilotable depuis une application mobile. […] A l’origine du Fort d’Issy, se trouve Bouygues Immobilier, qui a conçu non seulement les bâtiments, mais l’ensemble des services attenants. « On vend de plus en plus de l’usage, plutôt que de la propriété », justifie Christian Grellier, vice-président innovation et développement durable du groupe. Sur un bâtiment, Bouygues Immobilier prend des engagements en matière de consommation d’énergie, ce qui nécessite de capter et d’analyser les données afin d’optimiser la gestion du chauffage ou de la climatisation. A Issy-les-Moulineaux, le groupe a travaillé avec Microsoft et Bouy­gues Telecom. Sur sa route, il croise donc Nest, le thermostat racheté par Google, qui s’insère dans l’habitat et connaît mieux que vous-même vos habitudes de vie et de ­consommation.

Pour le moment, Nest reste un thermostat inoffensif. Mais que se passera-t-il s’il fait son entrée dans tous les foyers, devenant aussi indispensable qu’un smartphone ? « Demain, ils pourront nous dire : je sais comment fonctionne votre bâtiment, et je viens vous vendre les données. Nous voulons garder la propriété de nos données », avance Christian Grellier.

La fin du salariat

Emploi temporaire, sous-traitance, multi-activité, activité autonome, le CDI à vie issu des Trente Glorieuses se fissure sous les effets conjugués de la croissance faible qui perdure depuis les années 1970, et des technologies de l’information, note un rapport du Conseil pour l’orientation sur l’emploi publié en 2014. En France, le succès du statut d’autoentrepreneur, lancé en 2009, et qui a vu plus d’un million de personnes créer leur microentreprise, est la meilleure illustration de ce phénomène. […]

Au départ, travailler en solo ou monter sa microentreprise n’est pas forcément un choix. C’est face à un marché du travail qui ne veut plus d’eux que les individus optent pour l’indépendance. La plate-forme de taxis Uber emploie beaucoup d’anciens chômeurs qui deviennent autoentrepreneurs. Les nouveaux organes de presse font uniquement appel à des pigistes. EBay, PriceMinister ou Amazon, qui permettent à n’importe qui de monter facilement sa petite activité d’e-commerce, sont également des repaires d’actifs en difficulté.

[…] Mais l’indépendance ressemble aussi à une jungle où règne la loi du plus fort. Si Hopwork se vante de « libérer le travail », la plate-forme permet surtout aux entreprises d’attribuer des notes aux indépendants dont elles sont le plus satisfaites, créant ainsi un cercle vertueux (ou vicieux) qui privilégie le plus demandé et rejette le moins performant. Dans ce monde du travail du futur, plus émietté, plus morcelé, deux catégories de travailleurs émergent. D’un côté, les grands gagnants du système, à la fois doués, disposant de compétences rares et valorisées, à l’aise dans ce monde d’ultracompétition. Défaits de l’emprise hiérarchique de l’entreprise, ils gagneront en liberté, se retrouveront sur le même pied d’égalité que le donneur d’ordre. Les autres accompliront des tâches à plus faible valeur ajoutée, peu payées, qu’il faudra multiplier pour gagner de quoi vivre.

L’intimité

En 2010, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, affirmait que le concept de vie privée était dépassé et, d’ailleurs, que les individus s’en accommodaient très bien. Depuis, le jeune patron milliardaire a adouci ses propos. Et a montré qu’il tenait beaucoup à son intimité, en rachetant les villas avoisinant la sienne à Palo Alto. Vinton Cerf, l’un des pères fondateurs de l’Internet, devenu « chief evangelist » chez Google, avait jeté un pavé dans la mare en lançant que « la vie privée pourrait très bien être une anomalie » de l’histoire. […] De fait, le concept de vie privée est une invention récente. Il prend son essor après la Révolution française, dans la bourgeoisie du xixe siècle. Au Moyen Age, la maison n’est pas un espace privé mais public, un lieu où l’on travaille, où l’on dort. Les pièces ne sont pas séparées. Au départ, le désir de l’intime est mal vu. Il est synonyme d’égoïsme, d’intrigue, de complot, rappelle l’historienne Michelle Perrot.

[…] Le numérique brouille la frontière qui sépare vie privée et vie publique. « Les données personnelles servent à autre chose qu’à de la vie privée, et notamment à de la vie publique, à de l’exposition personnelle, à des modèles économiques », relate Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Les individus eux-mêmes attendent beaucoup de leurs données personnelles. « Jusqu’à présent, ils demandaient qu’elles soient protégées. Aujourd’hui, ils souhaitent en “faire ce qu’ils veulent”, ce qui relève d’un dessein individuel », indique la patronne de la CNIL.

Hypercapitalisme, ou partage ?

Sommes-nous à l’aube d’un hypercapitalisme où tout sera marchandise – les corps et les âmes –, porte ouverte à tous les excès et à tous les despotismes ? Nous dirigeons-nous, au contraire, vers un post­capitalisme où le partage remplacera l’échange commercial ? Ou plutôt, quel sera le dosage final entre ces deux solutions extrêmes ? Enfer ou paradis, libération ou asservissement, le monde que nous dessine la révolution numérique fera de nous et des générations à venir des êtres différents… et en même temps si semblables dans leurs élans et leurs doutes. Comme Prométhée, nous toucherons à la puissance divine pour nous apercevoir qu’elle est, à nouveau, plus loin que jamais.

* « Bienvenue dans le capitalisme 3.0 », par Sandrine Cassini et Philippe Escande, éditions Albin Michel, 18 euros.

Article des Echos paru à http://www.lesechos.fr/thema/transformation-digital/021371371499-voyage-au-coeur-de-la-troisieme-revolution-industrielle-1162155.php?fWVkkxDx0VGYhUlO.99#xtor=RSS-38

publié  LE 05/10 À 07:00, MIS À JOUR LE 07/10 À 15:44

 

Facebook et Eutelsat vont lancer un satellite pour diffuser Internet

À son tour, Facebook veut son satellite pour diffuser Internet là où les réseaux filaires sont déficients. L’entreprise vient de s’associer à l’opérateur européen Eutelsat pour lancer un satellite de télécommunications qui couvrira l’Afrique subsaharienne.

Le 07/10/2015 à 11:42 - Rémy Decourt, Futura-Sciences

Facebook et Eutelsat s'associent pour fournir un accès Internet à des populations de l'Afrique subsaharienne déjà familiarisées avec la téléphonie mobile. Le satellite choisi est Amos-6, de Spacecom. Ici, le satellite Amos-5. © Andrzej Olchawa, Wiimedia Commons, CC by-sa 2.0Facebook et Eutelsat s’associent pour fournir un accès Internet à des populations de l’Afrique subsaharienne déjà familiarisées avec la téléphonie mobile. Le satellite choisi est Amos-6, de Spacecom. Ici, le satellite Amos-5. © Andrzej Olchawa, Wiimedia Commons, CC by-sa 2.0

Après Google et SpaceX qui se sont associés pour financer le développement d’un réseau Internet haut débit diffusé par une constellation de satellites, Facebook annonce un partenariat avec Eutelsat pour développer l’Internet en Afrique de la même manière. Une initiative qui diffère cependant de celle de Google et SpaceX puisque Facebook et Eutelsat utiliseront un seul satellite et ne couvriront qu’une seule région du globe, l’Afrique subsaharienne.

Le satellite choisi est Amos-6, de l’Israélien Spacecom. Il sera lancé à la mi-2016 par le Falcon 9de SpaceX. Facebook et Eutelsat ont loué la totalité des capacités en bande Ku du satellite (environ 18 gigabits par seconde de débit) pour cinq ans, plus deux années en option. Il leur en coûtera 95 millions de dollars (soit 84,5 millions d’euros au cours actuel) auxquels il faut ajouter le financement de trois stations terrestres et la probable nécessité de coordonner l’achat des terminaux des utilisateurs de façon à réduire les coûts d’accès à l’Internet. Facebook et Eutelsat ont également la possibilité de résilier le contrat dans le cas où le satellite et les stations terrestres ne seraient pas prêts avant le 1er janvier 2017.

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, veut développer l'Internet par satellite en Afrique subsaharienne. De quoi créer de nouveaux utilisateurs de son réseau social. © Facebook
Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, veut développer l’Internet par satellite en Afrique subsaharienne. De quoi créer de nouveaux utilisateurs de son réseau social. © Facebook

De nouveaux utilisateurs pour Facebook

Le projet s’inscrit dans le cadre de la plateforme Internet.org développée par Facebook et qui vise à étendre les zones de couverture du réseau social en facilitant son accès via la téléphonie mobile. Facebook, qui fait le plein d’abonnés dans les pays industrialisés, cherche de nouveaux relais de croissance. Qu’il s’agisse de progression du chiffre d’affaires, des bénéfices ou du nombre d’utilisateurs, cette progression n’est plus suffisamment attrayante. Facebook lorgne donc vers les régions et pays du globe ayant un très mauvais accès Internet et une forte densité de population.

Cette initiative vient en concurrence avec d’autres projets comme celui d’O3b Networks, qui a récemment déployé une constellation de satellites sur une orbite équatoriale pour fournir un accès Internet très haut débit à bas prix, ou encore les 900 satellites de OneWeb, qui font le pari de connecter la totalité des Terriens au réseau Internet avant la fin de la décennie.

À découvrir en vidéo autour de ce sujet :

Selon Google, les deux tiers de la population mondiale n’ont pas encore accès à Internet de façon rapide et bon marché. C’est pourquoi l’entreprise a développé en partenariat avec le Cnes un projet de ballons connectés. Voici en vidéo un aperçu de cet étonnant projet.

 

article ussi de http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/utilisation-espace-facebook-eutelsat-vont-lancer-satellite-diffuser-internet-60021/

 

Le premier burger bio et sans antibiotique de chez McDo arrive

Nourriture bio et McDonald’s, ça ne va pas vraiment ensemble.

Pourtant, la chaîne de fast-food américaine vient d’annoncer qu’elle va bientôt commercialiser son premier hamburger entièrement « bio » à ses clients. Alors, attention, le mot bio est ici utilisé car la viande sera « garantie sans antibiotique » ce qui sera une petite révolution pour la chaîne de restaurant, pas vraiment habituée à de telles mesures. Mais pour permettre au chiffre d’affaire de repartir vers la hausse (les chiffres sont plutôt mauvais pour 2014), McDonald’s tente donc de proposer une nourriture un peu plus dans l’air du temps.

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Le « McB » puisque ce sera le nom de ce burger, sera introduit dans un premier temps dans l’ensemble des fast-food d’Allemagne. Ce sera un sandwich assez classique, composé de « fromage-buns-laitue » le tout avec de la viande bio donc. Pas de grande campagne de publicité prévue mais simplement une vidéo pour expliquer comment ce nouveau burger est produit. Le « McB » sera disponible du 1er octobre au 18 novembre chez nos amis Allemands qui seront heureux puisque leur pays est le second plus gros consommateur de produits estampillés « Bio » derrière les Etats-Unis.

Et vous, seriez-vous contents de l’arrivée de cet hamburger en France ?

Source

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http://www.jdubuzz.com/2015/09/25/le-premier-burger-bio-et-sans-antibiotique-de-chez-mcdo-arrive/

 

Coca-Cola se lance dans le lait

Le géant mondial du soda se lance sur un tout autre secteur avec Fairlife : un lait allégé en lactose et enrichi en protéines et en calcium. Un produit « plus sain » et plus en phase avec les nouvelles attentes du consommateur américain, selon la firme.

Fini les bulles, l’acidité, le sucre et les composants chimiques. Le soda ne plaît plus suffisamment outre-Atlantique. Le consommateur américain veut du bon, du naturel, du sain. Alors le géant de la boisson pétillante Coca-cola a décidé de lui en donner en lançant Fairlife. Un lait à la fois allégé et enrichi censé combler tous ses besoins et ses désirs.

Fairlife sera  »un lait premium qui a meilleur goût », promet Sandy Douglas, directeur de la division américaine de Coca-Cola. Meilleur goût, peut-être, mais pas meilleur prix : la bouteille de Fairlife coûtera, en moyenne, deux fois plus cher qu’un lait classique.

Un procédé de fabrication exclusif

Côté nutrition, Fairlife tente de ratisser large : dépourvue de lactose, le sucre naturellement présent dans le lait que certains adultes ont du mal à digérer, la boisson contiendra 50 % de protéines et de calcium de plus qu’un lait ordinaire. Produit au sein de 92 fermes familiales engagées dans l’agriculture durable, le lait Fairlife est obtenu par un procédé de filtration exclusif.

Une innovation qui a nécessité un important investissement pour la firme du soda. « Il n’y aura pas de retombée économique pendant quelques années, a souligné la direction US de Coca-Cola lors du lancement du produit. Fairlife devrait débarquer dans les rayons des supermarchés américains début décembre. Pour l’instant, la commercialisation de ce produit n’est pas prévue en France.

source: http://lci.tf1.fr/economie/coca-arrete-de-buller-et-boit-du-petit-lait-8526247.html

Charal cherche à remettre le boeuf dans le quotidien des Français

La marque innove techniquement produit composé d'une superposition fines tranches viande.

La marque innove techniquement avec ce produit composé d’une superposition de fines tranches de viande. – Photo Charal

Face aux nouveaux comportements des consommateurs, la marque réplique par des innovations et de la pédagogie.

Les Français manquent de culture sur la viande. Charal l’a bien compris et fait feu de tout bois pour leur donner les clefs leur permettant de mieux connaître le boeuf. La marque vient ainsi de lancer sur son site Internet une version en ligne des ateliers qu’elle avait réalisés grandeur nature lors d’événements éphémères. Au menu : des conseils pour réussir la cuisson de la viande, un lexique ou des détails sur les races des animaux. Un jeu autour des pièces du boucher permet, en outre, de tester ses connaissances sur les différents morceaux qui sont présentés en vidéo par l’un des 500 bouchers de Charal. « Les consommateurs sont de plus en plus en attente d’expertise et de redécouverte », constate Stéphanie Bérard-Gest, responsable marketing.

Attirer d’autres consommateurs

Face à des Français consommant moins de viande, fournir des clefs est indispensable. Si le steak haché est aujourd’hui si présent dans les paniers des consommateurs, c’est en effet parce qu’au-delà du prix, tout le monde sait comment le servir. En revanche, il existe un manque de connaissances sur la manière de préparer les pièces de viande. « Il n’y a pas eu chez les moins de 40 ans de vraie transmission de la part des parents autour de la cuisine de la viande. Et ils ont souvent peur de ne pas réussir leur cuisson. Pour eux, comme pour les autres, il faut apporter des solutions. Notre rôle comme marque leader est de remettre le boeuf dans le quotidien des Français, de créer de nouvelles occasions de consommation », estime Stéphanie Bérard-Gest.

L’une des pistes passe par le lancement de produits simples à mettre en oeuvre. Plus d’une personne sur deux ne s’estime pas capable de faire un boeuf bourguignon ou une blanquette de veau – des plats bien ancrés dans l’imaginaire hexagonal ? La marque vient de sortir des kits cuisine pour les réaliser facilement. Aux morceaux de viande coupés à la bonne taille s’ajoute un sachet d’assaisonnement.

Pour répondre aux attentes d’un public qui plébiscite le caractère tendre du boeuf, Charal a également lancé une innovation technique réalisée par une superposition de fines tranches jouant la carte du fondant. Ce Tendre de boeuf permet de faire le pont entre l’univers du steak haché et la pièce de boeuf.

Dans un univers que l’on aurait pu penser banalisé, l’industriel mise largement sur les innovations et en sort entre douze et quinze par an. Parmi elles figurent des produits surfant sur les tendances alimentaires du moment. Comme les boulettes ou les bagels. Mais aussi des portions plus petites, adaptées notamment à l’appétit des seniors.

Simplifier la vie

Pour la marque qui pèse environ 1 milliard d’euros aux rayons frais et surgelés, l’accompagnement du consommateur prend différentes formes. La marque mise sur le packaging pour l’aider à préparer ses plats. Comme pour le tartare au couteau accompagné d’une sauce qui se mélange dans la barquette-bol fournie. Les emballages doivent aussi encore plus guider l’acheteur. Ils ont été revus pour indiquer précisément la place des morceaux sur l’animal et leurs caractéristiques organoleptiques. Charal joue de surcroît les pionniers en matière de codes QR en les démultipliant. Sur ses packagings, il en existe plus d’une cinquantaine, adaptés aux gammes, et donnant accès à des astuces, des recettes. Le contenu varie selon le moment et les opérations en cours.

Soigner les fidèles

Si la marque veut convaincre les néophytes de mettre plus souvent du boeuf à leur menu, elle n’en oublie pas pour autant de cultiver le lien avec ses fidèles. Son Club Avantages compte 120.000 membres. Ils obtiennent des bons de réduction sur leurs produits préférés, ont accès à des jeux spécifiques, mais aussi à des recettes exclusives, un peu décalées, dans l’esprit humoristique de la communication. Et ils collectionnent les fameuses « boîtes à Hummm », ces objets qui émettent le gimmick publicitaire guttural « Hummm… Charal » lorsqu’on les retourne. Une nouvelle édition sort chaque année. A n’utiliser qu’avec modération pour préserver la paix des ménages…

Clotilde Briard, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150106/lec2_industrie_et_services/0204027957336-charal-cherche-a-remettre-le-boeuf-dans-le-quotidien-des-francais-1080498.php?zLtZS40111QU0LF6.99#xtor=CS1-33

Grande distribution. Carrefour autorisé à racheter Dia France

Carrefour va pouvoir reprendre plus de 800 magasins français de l’espagnol Dia.  L’Autorité de la concurrence l’a autorisée mais sous conditions dans 56 zones.

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Les articles sur le sujet
Négociation pour 56 magasins

Carrefour le voulait. L’Autorité de la concurrence l’a autorisée ce vendredi. Dia va rentrer dans le giron de Carrefour… Mais elle a fixé des conditions: comme l’opération est « de nature à porter atteinte à la concurrence sur 56 marchés locaux », parce qu’elle « renforcera significativement la présence de Carrefour sur le marché de la distribution alimentaire dans 56 zones de chalandise » dont 12 à Paris, Carrefour « s’est engagé en contrepartie à se séparer de 56 magasins », précise l’Autorité.
Carrefour cédera ainsi 50 magasins intégrés et résiliera six contrats de franchise.
Et « pendant dix ans, Carrefour ne pourra pas acquérir ou franchiser les magasins dont il s’est séparé ».


LIRE AUSSI :
++ Pourquoi Carrefour veut racheter les magasins Dia ?


Etape positive

Dans un communiqué séparé, le groupe dirigé par Georges Plassat s’est félicité de cette « étape positive« , rappelant que« cette acquisition va permettre à Carrefour de poursuivre son expansion multiformat sur son marché domestique ».
M. Plassat avait indiqué en mars vouloir relancer l’expansion de son groupe avec de nouvelles ouvertures en France notamment. L’opération devrait être finalisée dans les prochaines semaines, précise Carrefour.
Le groupe avait annoncé fin juin avoir signé une promesse d’achat pour reprendre plus de 800 magasins français de l’espagnol Dia, numéro 3 mondial du hard-discount confronté à une chute de ses ventes dans l’Hexagone, avec un chiffre d’affaires « sous enseignes » de 2,3 milliards d’euros en 2013.
La Commission européenne avait estimé que l’Autorité de la concurrence en France était « la mieux placée » pour étudier l’opération et lui accorder ou non un feu vert.

source: http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/grande-distribution-carrfeour-autorise-racheter-dia-france-21-11-2014-172127?utm_source=newsletter&utm_medium=OFentreprise&utm_campaign=20141122_local_votreNewsletter

 

 

Nourriture 2.0

 

La nourriture semble être le nouvel Eldorado des technologies d’avant-garde. Il y a plusieurs bonnes raisons à cela : le réchauffement climatique, la surpopulation… Nous sommes aujourd’hui sept milliards d’individus, et nous atteindrons les neuf milliards en 2050. Vu la pénurie annoncée de ressources, une innovation en matière alimentaire va devenir indispensable. A tout cela s’ajoute le fait que le numérique envahit toutes choses, il tend à transformer les aspects les plus basiques, les plus matériels du monde qui nous entoure. Après avoir conquis les objets, avec l’impression 3D, il n’est guère surprenant de le voir s’attaquer au vivant, avec la biologie synthétique. De fait, la fabrication d’une viande artificielle a fait le « buzz » il y a quelques mois, et récemment nous reportions les travaux de James King et ses projets de « design » de la nourriture synthétique.

Mais finalement les innovations qui apparaissent aujourd’hui doivent assez peu à la « synbio » qui reste une technologie encore un peu futuriste. La plupart des nouvelles recherches nutritives se contentent plutôt d’optimiser et réorganiser les ressources déjà disponibles dans notre monde naturel.

L’avenir de la nourriture peut se décliner sous trois catégories (combinables, évidemment). Au premier chef, on s’en doute, les nouvelles formes d’aliments. Au second niveau figurent les ressources, a priori écartées de nos assiettes occidentales, mais qui pourront se révéler précieuses dans le monde de demain. On y trouve notamment les insectes, ou les algues. Enfin, il existe aussi des manières inédites de produire nos mets, comme l’impression 3D qui, dans ce domaine, pourrait apporter de nouvelles saveurs.

 

Nourriture, sauce techno

Un certain nombre de startups se lancent sur le marché de la « nouvelle nourriture ».Pour la Technology Review, ce pourrait bien être le marché de demain. La prestigieuse revue du MIT parle carrément de « nourriture 2.0″ et se concentre surtout sur Hampton Creek, qui cherche à réaliser des produits de remplacement pour les œufs. Son but est de trouver la bonne combinaison de protéines végétales qui permettrait de reproduire certaines des propriétés de l’œuf de poule sans nécessiter d’élevage animal. A la clé, moins de pollution, moins de ressources exigées et, bien sûr, moins de souffrance animale.

Son produit phare, une mayonnaise de substitution, Just Mayo, commence à être adoptée par de gros distributeurs, aux Etats-Unis mais également en Asie, à Hong Kong. Comme le relate l’article de la Technology Review :

« Le PDG de Hampton Creek, Josh Tetrick, veut faire à l’industrie des œufs, qui rapporte 60 milliards de dollars, ce qu’Apple a fait au secteur du CD. « Si nous partons de zéro, pourquoi chercher à obtenir des œufs à partir d’oiseaux entassés dans des cages si petites qu’ils ne peuvent pas battre des ailes, faisant leurs besoins les uns sur les autres, ingurgitant du soja et du maïs bourré d’antibiotiques, tout ça pour les amener à produire 283 œufs par an ? » (…). Alors qu’une ferme avicole utilise de grandes quantités d’eau et brûle 39 calories d’énergie pour chaque calorie de nourriture produite, Tetrick affirme pouvoir fabriquer des versions à base de plantes avec une fraction de l’eau et seulement deux calories d’énergie par calorie de nourriture – sans cholestérol, graisses saturées, allergènes, grippe aviaire, et sans cruauté envers les animaux. Le tout, pour la moitié du prix d’un œuf. »

Encore plus synthétique que les oeufs de Hampton creek, Soylent, créé par Rob Rhinehart, est une boisson composée de l’ensemble des nutriments nécessaires à la survie. A part un peu d’huile d’olive et du sel, rien dans Soylent ne s’apparente à de la « nourriture » au sens où on l’entend habituellement (la liste complète des ingrédients peut se trouver sur la page Wikipadia consacrée à ce produit).

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Image : Soylent. Bon appétit !

Rhinehart a partagé ses découvertes dans un post de blog, « Comment j’ai cessé de manger de la nourriture ». Il affirme que sa santé s’est améliorée sur de nombreux points grâce à un régime constitué exclusivement de Soylent. Aujourd’hui il s’est remis à « manger de la nourriture » mais, nous explique Techcrunch, 92 % de son alimentation reste constituée de Soylent. Pour commercialiser sa découverte, nous raconte le New Yorker, Rhinehart à commencé par une campagne de crowdfunding, qui s’est révélée un succès foudroyant (en deux heures les 100 000 dollars demandés étaient réunis). Par la suite, ils ont reçu l’aide de capital-risqueurs, comme Y Combinator et la société Andreessen Horowitz, qui a investi jusqu’à un million de dollars.

L’insecte est-il l’avenir de l’homme ?

Manger des insectes ? Ce n’est pas un scoop. Ces bestioles constituent aujourd’hui un aliment auquel recourent environ deux milliards de personnes, mais jusqu’ici, personne, surtout en occident, n’avait accepté d’y voir une solution à la malnutrition. Pourtant, les insectes ont plus d’un avantage, ils constituent une bonne source de protéines et demandent peu de ressources. Les sauterelles, par exemple, exigent douze fois moins de nourriture que les bœufs pour produire la même quantité de protéines.

En 2013, un rapport aux Nations Unies annonçait la couleur (.pdf). Face à la menace de surpopulation, les insectes, préconisait-on, pourraient nous fournir une bonne source alimentaire.

Outres les insectes séchés et les farines d’insectes, en France, Micronutris utilise la poudre d’insectes pour faire des biscuits et des chocolats. Khepri, fait de l’élevage pour les pays en développement et Ynsect des farines pour nourrir les animaux, rapportait récemment La Tribune. Aux Etats-Unis, Exo Protein cherche à produire des « barres » constituées de cette manne nutritive (voir leur projet sur Kickstater).

Naturellement, cette forme de consommation originale devait attirer des adeptes des mouvements open et « libre »… Dans Wired, Klint Finley nous raconte l’histoire de Tiny Farms, un groupe qui se consacre à la création de « fermes d’insectes » et qui a lancé le projet « openbugfarm » un kit qui existe aujourd’hui en version beta pour environ 199 $, permettant de créer sa ferme pour produire des insectes pour la consommation.

Mais, explique Finley, le kit ne se contente pas de produire des vers en quantité. Il est aussi connecté. Chaque utilisateur peut recueillir les données de son élevage et les envoyer à Tiny Farms. Cela permet de découvrir et sélectionner les meilleures façons de faire. Car, continue Finley, le gros enjeu de cette nouvelle industrie agroalimentaire est non seulement de produire des insectes comestibles, mais en produire assez pour nourrir beaucoup de monde. Pour Finley, cette récente tendance qui consiste à conjoindre datas, open source et agriculture est déjà un mouvement : les ruches open source cherchent à maximiser la production de miel. Dans le domaine des « drones agricoles », un projet comme Farmbot peut être considéré comme un autre exemple de ce mouvement : il s’agit d’un robot open source, susceptible d’être construit avec une imprimante 3D. Lorsqu’il sera achevé, il sera en mesure, pour moins de 1000 $, de fournir une « agriculture de précision » : une nouvelle tendance qui consiste à donner aux plantes la quantité exacte de nutriments et d’eau dont elles ont besoin. Son créateur, Rory Aranson, serait actuellement en train d’élaborer pour son robot une interface « gamifiée ». Le but, pour employer encore une expression de Klint Finley, « faire pousser de la nourriture aussi facilement qu’on joue à Farmville ».

L’esprit de la Silicon Valley

Ce qui est important de comprendre chez ces nouveaux « cuisiniers » et « agriculteurs », c’est que leur formation et leur angle de réflexion ne doit rien à l’industrie agroalimentaire traditionnelle, mais tout à l’esprit startup de la Silicon Valley. Rhinehart, par exemple, travaille avant tout dans le logiciel et a une formation d’ingénieur. Megan Miller, qui dirige Chirp Farms, une entreprise fabriquant de la farine de sauterelles, est elle aussi une spécialiste du développement digital. A noter qu’à côté de Chirp Farms, elle s’occupe aussi d’une maison d’édition. C’est dire si ces nouveaux entrepreneurs sont différents des anciens acteurs du domaine…

Pour le New York Times, le parallèle entre ces entreprises et le monde du logiciel est frappant :

Certaines de ces sociétés ont des programmeurs écrivant du code pour tester les plats et déterminer les catégories d’ingrédients qui peuvent aller ensemble. D’autres approchent le management de la même manière que des startups effectuent leurs actions, utilisant un processus nommé la Méthode Agile, dans laquelle les gestionnaires de projets travaillent avec de très petits groupes contenant des programmeurs et recourent à des pratiques de développement logiciel comme Scrum, qui ont pour but de transformer et réaliser très vite des produits.

Fondamentalement ils gèrent le développement de produits alimentaires de la même façon que les startups technologiques organisent le code.

Imprimer sa nourriture

Au delà de des nouvelles formes de nourriture, on trouve aussi de nouvelles façons de l’élaborer. Il y a à peu près un an, un article de Quartz faisait le buzz (touchant même la presse généraliste francophone, par exemple avec cet article), en présentant une invention de l’ingénieur Anjan Contractor, qui envisageait d’utiliser l’impression 3D pour créer des pizzas et de nouvelles formes d’aliments, encore à base d’insectes. Cette imprimante, financée en partie par la NASA, devait pouvoir être utilisée par les astronautes. Mais en fait, un tel appareil pourrait servir surtout à lutter contre la faim et la malnutrition sur notre vieille planète.

Aujourd’hui, l’imprimante 3D « culinaire » a donné naissance à d’autres projets.

En restant dans les insectes, le projet « Insects au gratin » (non il n’y a pas de faute, c’est juste une malheureuse tentative de nos cousins britanniques pour utiliser du « français dans le texte »), sous la houlette de la designer Suzana Soares, repose lui aussi sur la fabrication d’une farine d’insectes destinée à l’impression 3D de plats. Plus traditionnel et appétissant, Natural Machines, startup de Barcelone, propose un appareil, Foodini, permettant de créer sa propre nourriture « saine ». On peut y insérer ses propres ingrédients et la machine se charge du reste.

Tout récemment l’Union Européenne s’est à son tour intéressée à l’impression 3D pour nourrir les personnes âgées. Selon le projet « PERFORMANCE » (pourPERsonalized FOod using Rapid MAnufacturing for the Nutrition of elderly ConsumErs, c’est-à-dire « nourriture personnalisée utilisant la fabrication rapide pour l’alimentation des consommateurs âgés »), un conseiller santé se rendrait au domicile des plus de 65 ans en ayant le besoin, puis effectuerait une étude sur leurs besoins alimentaires. Chaque profil ainsi créé est envoyé à une usine culinaire qui imprimera un plat personnalisé qui sera livré à la personne.

 

Reste la dernière ligne de recherche : la création de systèmes susceptibles de nourrir l’homme dans l’espace. La NASA travaille en ce moment sur le projet Veggie, un système écologique clos permettant de faire pousser des salades au sein de la station spatiale internationale. De son côté, Wieger Wamelink, spécialiste de l’écologie, a testé la capacité du sol martien à faire pousser des plantes (il faudra bien sûr fournir l’air et l’eau). Pour ce faire, il a créé avec l’aide de la NASA un faux sol martien élaboré essentiellement à partir du terrain volcanique d’Hawaï et y a planté 14 espèces de végétaux. A son grand plaisir, il a pu constater que ceux-ci arrivaient à se développer. Bonne surprise, le sol martien contiendrait plus de nutriments que prévu : non seulement du phosphore ou de l’oxyde de fer, mais également de l’azote, fondamental pour la croissance des plantes.

De telles recherches sur l’espace suscitent souvent, injustement à mon avis, gausseries et marques de mépris, la chose étant vue comme une rêverie vaguement adolescente, ou pire, un investissement dans une entreprise inutile. Mais qu’on atteigne demain Mars ou qu’on construise une base sur la Lune n’est finalement pas le sujet. On le voit avec l’imprimante à « pizza » d’Anjan Contractor : conçue pour des cosmonautes elle pourrait servir à nourrir la planète. La survie dans l’espace nous enseigne les moyens de créer les outils nécessaires à la survie dans un environnement hautement hostile. Du coup, cela nous oblige à nous rappeler que notre bonne vieille Terre est elle-même, pour employer une expression de Buckminster Fuller, un vaisseau spatial. Savoir générer une station sur Mars implique des connaissances qui pourront être demain appliquées à une Terre réchauffée, surpeuplée et appauvrie.

Rémi Sussan sur le Blog Internetactu du Monde.fr à http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/05/30/nourriture-2-0/

 

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