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Très chères données personnelles

La Data Protection Regulation est un projet de règlement européen visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens.

 Un restaurant chic de Strasbourg, proche du Parlement européen. En ce jour d’avril, une quinzaine de convives déjeunent dans un salon privé. Il y a là deux députés, quelques assistants parlementaires, des fonctionnaires de la Commission, et face à eux, quatre membres de l’US Chamber of Commerce, association défendant les intérêts des entreprises américaines partout dans le monde – dont un senior manager arrivé tout droit de Washington.

Au menu du jour, un dossier hautement stratégique et très polémique : le Data Protection Regulation (DPR), projet de règlement visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens quand elles sont stockées dans des bases de données ou qu’elles circulent sur Internet. Face aux fonctionnaires de la Commission qui défendent stoïquement leur projet, les Américains mènent une attaque sans merci.

Le DPR a été proposé en janvier 2012 par la commissaire à la justice, Viviane Reding, qui souhaite remplacer les règles disparates de protection de données personnelles actuellement en vigueur dans les 27 pays de l’Union par une loi commune. Pour toutes les démarches, un guichet unique sera instauré : si un internaute allemand est en conflit avec une entreprise basée en Irlande, il ne sera plus obligé de s’adresser à l’agence irlandaise de protection des données. L’agence allemande prendra son affaire en charge.

UN TRÉSOR DE 315 MILLIARDS DE DOLLARS

La Commission souhaite aussi renforcer la règle du « consentement explicite » : avant de s’emparer des données d’un consommateur, il faudra lui en demander la permission. Autre contrainte : la collecte de données sera autorisée uniquement pour servir les « intérêts légitimes » de l’entreprise, dans le cadre de son activité principale. Les entreprises de plus de 250 salariés devront nommer un « délégué à la protection des données ».

Par ailleurs, le DPR réaffirme le « droit à l’oubli » : chacun pourra demander que ses données soient effacées – dans les limites du raisonnable, car sur Internet une suppression totale est souvent impossible. A noter que ce droit ne concernera sans doute pas les données publiées volontairement par un internaute sur un réseau social.

En cas de violation des nouvelles règles, l’amende sera sévère : jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires mondial de la société. Le DPR s’appliquera à toute entreprise étrangère visant les consommateurs européens, même si elle n’a pas de filiale enEurope.

Depuis un an, le projet est examiné par le Parlement. S’il voit le jour (probablement en 2014, pour une mise en application en 2016), il affectera tous les secteurs d’activité, publics et privés. Cela dit, les plus directement visés sont les sites Internet et les réseaux sociaux offrant des services gratuits, car leur business model repose entièrement sur la collecte et l’exploitation des données de leurs utilisateurs, pour établir des profils individualisés et envoyer des publicités ciblées. De même, les sites marchands et les applications pour mobiles ont développé des stratégies commerciales sophistiquées, fondées sur des fichiers clients mis à jour en permanence. Selon une étude américaine, les données personnelles des Européens représentaient en 2012 un trésor de 315 milliards de dollars.

UNE FORME SOURNOISE DE PROTECTIONNISME COMMERCIAL

Or, partout en Europe, ce marché est largement dominé par des sociétés américaines – GoogleFacebookAmazonAppleMicrosofteBay –, plus, en coulisses, des centaines d’autres moins connues, qui forment une nébuleuse très dense. Les Américains estiment donc avoir leur mot à dire dans cette affaire. Officiellement, ils sont favorables à l’harmonisation des lois nationales, qui simplifiera les démarches administratives – même si, en réalité, les géants de l’Internet ont su jouer des différences entre Etats : Facebook et Google ont installé leurs filiales européennes en Irlande, où la fiscalité est avantageuse, et où l’agence nationale de protection des données est peu active.

Pour le reste, ils rejettent l’essentiel du projet. Selon eux, ces mesures bureaucratiques sont en fait un nouveau type de « barrières non tarifaires » – une forme sournoise de protectionnisme commercial. Elles viendront alourdir les coûts de fonctionnement des entreprises du secteur, ce qui nuira à l’innovation, à l’investissement et à l’emploi. En particulier, le consentement explicite et le droit à l’oubli sont jugés irréalistes et passéistes.

En fait, le déjeuner de Strasbourg a un objectif précis. Les membres de l’US Chamber sont venus présenter un rapport très alarmiste sur l’impact du DPR, s’il était voté en l’état : diminution des échanges transatlantiques, baisse du PIB européen, et même chute du revenu des ménages pouvant atteindre 3,9 %… Les fonctionnaires réfutent ces chiffres avec force et accusent les auteurs du rapport de partialité, mais les députés et les assistants ont pris note. Puis les Européens s’en vont peu à peu, laissant aux membres de l’US Chamber le soin de payerl’addition pour tout le monde.

VASTE OFFENSIVE AMÉRICAINE

Ces rencontres, très fréquentes à Strasbourg et à Bruxelles, font partie d’une vaste offensive. Les grandes sociétés américaines ont embauché leurs propres lobbyistes, dont beaucoup ont fait une première carrière au sein des institutions européennes. Le responsable de la stratégie politique de Google à Bruxelles, Antoine Aubert, travaillait auparavant pour la Commission européenne. De son côté, pour diriger son bureau de Bruxelles, Facebook a embauché l’Allemande Erika Mann, qui fut députée européenne sociale-démocrate pendant quinze ans. Elle fut aussi présidente de l’association Transatlantic Policy Network, dont la mission est de « promouvoir les liens les plus étroits possibles » entre les Etats-Unis et l’Europe.

Parallèlement, plusieurs lobbies de l’industrie high-tech américaine, comme Techamerica ou Association for Competitive Technologies (ACT), ont ouvert des bureaux à Bruxelles – en général à moins de cinq minutes de marche du Parlement européen. Pour coordonner leur action contre le DPR, une quinzaine d’associations, y compris l’American Chamber of Commerce (filiale locale de l’US Chamber), se sont regroupées dans une nouvelle entité, baptisée Industry Coalition for Data Protection. Son principal porte-parole est l’Interactive AdvertisingBureau, regroupant des professionnels de la publicité en ligne américains et européens.

Le dispositif est renforcé par des instituts de recherche comme l’European Privacy Association, animés par des intellectuels européens, mais financés en partie par des entreprises américaines. Dans leurs publications, leurs conférences et leurs interventions médiatiques, ils relaient le message de leurs sponsors, avec plus ou moins de nuances.

QUATRE MILLE AMENDEMENTS AU DPR DÉPOSÉS

noter aussi l’action des grands cabinets d’avocats d’affaires anglo-saxons. Ainsi, la firme Hunton ESPERLUETTE Williams emploie à Bruxelles une dizaine d’avocats, dont cinq travaillent à plein temps sur des dossiers de protection des données.

Pour aller plus vite, les lobbyistes ont repris à leur compte une pratique classique : ils rédigent des propositions d’amendements prêts à l’emploi, qu’ils envoient aux eurodéputés jugés les plus favorables à leur cause – notamment les conservateurs et les eurosceptiques.

Le résultat est spectaculaire : en quelques mois, plus de quatre mille amendements au DPR ont été déposés, dont beaucoup sont directement inspirés de textes envoyés par les lobbyistes. L’ampleur du système a été mise au jour par le journaliste allemand Richard Gutjahr.

Avec l’aide d’un ami hacker, il a créé un moteur de recherche accessible sur Internet, baptisé « Lobbyplag » : « Grâce à l’aide discrète de quelques assistants parlementaires, nous nous sommes procuré des propositions d’amendements envoyées par les lobbies. Puis, nous les comparons, mot par mot, avec les textes des amendements déposés par les députés. » On découvre, par exemple, qu’un député britannique conservateur a déposé 55 amendements, dont 14 sont en fait des textes envoyés par Amazon, eBay et l’American Chamber of Commerce. Ils visent à supprimer les protections pour les données stockées sous pseudonyme, à baisser le montant des amendes en cas de violation du règlement, à faciliter le transfert de fichiers vers des sous-traitants, ou à limiter les droits des citoyens contre les profilages abusifs.

Cette pratique inquiète le député vert allemand Jan Philipp Albrecht, rapporteur du projet au sein de la commission des libertés civiles, chargée d’amender et devoter le texte :  »Plus de 80 % des propositions d’amendements arrivant de l’extérieur proviennent des entreprises, et principalement des géants de la Silicon Valley. » Il estime que, à la longue, le travail des lobbies s’avère efficace : « Ils sont si nombreux et si actifs que le même message semble arriver de partout à la fois. Cela crée une ambiance diffuse, qui influe sur l’état d’esprit général. » Selon lui, de nombreux députés du groupe PPE (centre droit), qui étaient favorables au DPR en 2012, sont devenus hésitants, ou hostiles. Les députés verts et socialistes, qui souhaitent au contraire un durcissement du projet, se retrouvent sur la défensive.

La commission des libertés civiles souhaite voter le texte amendé avant l’été, mais aucune date n’a été fixée. Commencera alors une nouvelle étape : les négociations entre le Parlement et le Conseil européen, pour arriver à un texte final. Certains Etats membres, notamment le Royaume-Uni et l’Irlande, souvent proches des positions américaines, semblent décidés à intervenir pour réduire les contraintes imposées aux entreprises.

Par ailleurs, le dossier du transfert transatlantique de données va être à nouveau abordé lors les négociations sur le nouvel accord général de libre-échange entre l’Union européenne et le gouvernement des Etats-Unis qui vont s’ouvrir cet été. Déjà, les lobbyistes du secteur privé se préparent pour ce nouveau combat.

Yves Eudes

Article à la Une du Monde.fr à http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/06/02/tres-cheres-donnees-personnelles_3422477_3208.html

 

La viande artificielle déjà dans les assiettes

La viande artificielle déjà dans les assiettes dans AGRO 1406839-la-viande-artificielle-deja-dans-les-assiettes

© Beyond Meat

Qu’a-t-il donc de si particulier ce poulet Beyond Meat pour tant défrayer la chronique aux Etats-Unis ? Réponse : le goût, la texture et l’aspect de la chair du volatile… mais sans un gramme de poulet. Ses ingrédients : une pincée de poudre de soja et une grosse dose de technologie. Ajoutez-y un intérêt vorace d’investisseurs réputés visionnaires, mélangez avec une croissance annuelle du secteur de 20%, agrémentez le tout d’une explosion prévisible des besoins et vous comprendrez que le JDN ne peut résister à l’envie de soulever le couvercle de la casserole pour y regarder de plus près. Le résultat ? Une plongée dans une niche de l’agroalimentaire qui pèse déjà un milliard de dollars outre-Atlantique : le marché de la viande artificielle.

La viande artificielle, qu’est-ce que c’est ?

« D’ici 50 ans, nous échapperons à l’absurdité d’élever un poulet entier pour en manger le blanc ou une aile, en produisant ces parties séparément. » Le carnivore forcené qu’était Winston Churchill avait vu juste dès 1932. Certes, il se trompait de quelques décennies. Mais le fait de manger de la viande qui ne proviendrait pas d’un animal n’appartient plus au domaine de la science-fiction. Et ce n’est pas Mark Bittman, célèbre chroniqueur gastronomique du New York Times, qui nous contredira. Lors d’un test à l’aveugle, il a confondu le faux poulet confectionné par la start-up Beyond Meat avec du vrai.

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Le poulet Beyond Meat surprend par sa ressemblance au vrai.© Beyond Meat

Alors, la viande artificielle, qu’est-ce que c’est ? De même qu’il existe différents types d’élevages, on retrouve en fait différents procédés.

Pour fabriquer ses produits, l’américain Beyond Meat manipule à la fois chaleur, refroidissement et pression. D’une protéine poudrée (issue du soja pour le poulet et de petits pois pour la viande rouge) est tirée une pâte liquide, chauffée puis extrudée à travers une machine semblable à une presse à pâtes et enfin refroidie.

Le britannique Quorn, lui, utilise de la mycoprotéine, une protéine provenant de champignons, et a recours à « un procédé de fermentation très semblable à la fermentation de la bière. Simplement, plutôt que de récolter le liquide, nous récoltons le solide. Cet ingrédient est ensuite utilisé comme base pour plus de 100 produits alimentaires différents, allant de la viande hachée et filets aux plats préparés et en-cas », explique l’entreprise.

Parmi les techniques : planter des cellules souches de bovin dans un morceau de tissu musculaire afin de les « cultiver »

A l’université de Maastricht, au Pays-Bas, une équipe de chercheurs dirigée par le physiologiste Mark Post tente de son côté de créer de la viande artificielle in vitro. La technique consiste à planter des cellules souches de bovin dans un morceau de tissu musculaire afin de les « cultiver ». Mais le procédé coûte cher : 250 000 euros pour fabriquer l’équivalent d’un steak !

Enfin, la start-up américaine Modern Meadows mise sur les techniques de l’impression 3D utilisées dans la médecine régénérative. La cartouche ne contient pas d’encre mais un mélange de différentes cellules. Une autre cartouche distille de l’hydrogel pour agréger la mixture.

 

Des acteurs plus ou moins récents

 

Pour l’instant, le poulet de Beyond Meat se trouve uniquement dans des plats préparés : salades, sandwichs et brochettes. Il est distribué dans certains magasins de la chaîne Whole Foods, équivalent américain de Naturalia, sur la côte Ouest et dans la région des Rocheuses. La compagnie vise une distribution nationale début 2013. Avant de tenter la production de viande rouge artificielle, un tout autre challenge vu la difficulté pour en imiter l’aspect.

Particularité de Beyond Meat, elle ne souhaite pas se cantonner au marché végétarien/végétalien et insiste pour que ses références soient rangées auprès de la viande conventionnelle plutôt qu’à côté du tofu. « Notre objectif est de redéfinir la catégorie, confie le fondateur Ethan Brown à Slate.com. Au lieu de la nommer « viande », elle s’appellerait « protéine », peu importe qu’elle provienne d’une vache, d’une poule, de soja, de petits pois, de quinoa ou d’autres sources végétales. »

 

fiel roast vend ses frankfurters à base de blé lors des matchs de baseball de

Fiel Roast vend ses Frankfurters à base de blé lors des matchs de baseball de Seatlle.© Field Roast

Une stratégie différente de celle des concurrents. Les nouvelles saucisses au blé de la société Field Roast, acclamées par les critiques gastronomiques, sont vendues dans le stade lors des matchs de baseball de l’équipe de Seattle. Field Roast, fondée en 1997, « assume pleinement de fabriquer des produits à base de plantes principalement à destination des végétariens », assure une responsable de la communication.

La société canadienne Garden Protein International, elle, a choisi la santé et le bien-être comme créneau marketing. Les produits à base de soja, blé ou petits pois de sa marque Gardein ont reçu pléthore de prix pour leur qualité. Lors de leur lancement aux Etats-Unis en 2009, ils ont eu droit au soutien de la célèbre présentatrice et faiseuse de rois, Oprah Winfrey,

Les substituts de viande à base de champignon de la britannique Quorn, créé en 1995, sont quant à eux disponibles aux Etats-Unis depuis 2002. L’entreprise est parvenue à se hisser en première position des marques de substituts de viande dans les magasins spécialisés dits « naturels », avec 26% des parts de ce marché. Dans les réseaux de distribution traditionnels, elle pèse 10% de PDM.

 

LA VIANDE ARTIFICIELLE DÉJÀ DANS LES ASSIETTESUn secteur en plein boom

« Ces dernières années, malgré la crise, nous avons connu des taux de croissance d’environ 20% »

Lorsque le britannique Quorn a investi le marché américain en 2002, « nous n’avions que trois produits en vente dans une centaine de magasins, se rappelle David Wilson, directeur général pour les Etats-Unis. Aujourd’hui, nous sommes présents dans plus de 10 000 magasins avec une quinzaine de références. On peut trouver nos produits jusqu’en Alaska et à Hawaï. » En 2011, les ventes au détail des produits Quorn ont atteint les 32 millions de dollars outre-Atlantique. Sur les 9 premiers mois de 2012, elles s’élèvent déjà à 36 millions. « Ces dernières années, malgré la crise, nous avons connu des taux de croissance d’environ 20%, atteignant parfois les 25% ».

Une tendance vérifiée auprès des concurrents : la marque canadienne Gardein est aujourd’hui distribuée dans 12 500 magasins contre 750 en 2003. En 2010, les ventes ont augmenté de 40% par rapport à 2009. Beyond Meat, présente uniquement sur la côte Ouest, a quant à elle été victime de son succès médiatique du début de l’été et ne souhaite plus communiquer. « Nous avons accordé des interviews un peu trop tôt et cela a déçu certains consommateurs américains qui ne pouvaient se procurer le produit », nous écrit l’entreprise par mail, qui a également demandé à ses investisseurs de ne pas répondre à nos questions.

« Les ventes de substituts de viande représentent 0,6% de l’ensemble du marché »

Désormais, aux Etats-Unis, les produits à base de substituts de viande représentent 70% des ventes de nourriture dite végétarienne. Ils séduisent évidemment les 5% d’Américains végétariens et les 2% de végétaliens mais aussi certains carnivores. « Dans son ensemble, le marché pour les substituts de viande s’est considérablement développé car il y a davantage de choix pour les consommateurs », explique David Wilson. De là à concurrencer l’industrie de la viande ?

« En 2003, les ventes de viande artificielle s’élevaient à environ 300 millions de dollars, nuance Jayson Lusk, professeur d’économie agricole à l’université d’Oklahoma. En 2011, on estime qu’elles atteignent environ 1 milliard de dollars. Si l’on considère que les ventes de bœuf étaient de 79 milliards, celles de volailles de 45 milliards et celles de porc de 30 milliards, on arrive à un total de 154 milliards. Cela voudrait dire que les ventes de substituts de viande représentent uniquement 0,6% de l’ensemble du marché. Afin de disposer d’une véritable vision de l’impact de la viande artificielle, il faut avant tout se rendre compte de l’immensité du marché de la viande. »

Les fondateurs de Twitter et celui de PayPal ont investi dans la viande artificielle

Justement, le fondateur de Beyond Meat, Ethan Brown, a pour ambition de fournir un produit propre à satisfaire la demande croissante de viande dans le monde. Ce qui a attiré des investisseurs qui n’ont pas l’habitude de placer leur argent dans l’agroalimentaire, tels que Kleiner Perkins Caufield & Byers, « l’une des sociétés de capital-risque les plus grandes et les plus établies au monde », dixit le Wall Street Journal. Ou encore Obvious Corporation, la compagnie créée par les cofondateurs de Twitter, Evan Williams et Biz Stone. Et ils ne sont pas seuls. Le milliardaire et cofondateur de PayPal Peter Thiel a investi près de 350 000 dollars dans la start-up Modern Meadows qui tente de fabriquer de la viande artificielle à l’aide d’une imprimante 3D.

« Le secteur agroalimentaire est excessivement compétitif, rappelle cependant Jayson Lusk. Les grands groupes tels que Kellogg’s [qui, en 2007, a racheté Gardenburger qui produisait des burgers végétariens dès 1985, ndlr]  risquent éventuellement de dominer le marché des substituts de viande comme ils ont à terme dominé celui des produits bio. Le nom des marques change mais derrière ce sont les mêmes grandes entreprises.

Un avenir prometteur

pour jayson lusk, professeur d'économie agricole, le succès de la viande
Pour Jayson Lusk, professeur d’économie agricole, le succès de la viande artificielle est aussi dû à la hausse des prix de la viande conventionnelle.© JL

« Depuis une dizaine d’années, les consommateurs sont devenus plus sensibles aux problèmes liés à l’impact de l’élevage intensif sur l’environnement, au traitement des animaux mais aussi à leur propre santé et bien-être, rappelle Jayson Lusk, professeur d’économie agricole à l’université d’Oklahoma. Mais, ces derniers temps, le recours aux substituts est aussi une conséquence de la hausse des prix de la viande. Dans certains cas, l’augmentation s’élève à 30% par rapport à l’année dernière. »

Une forme d’intérêt pécuniaire qui préfigure le probable besoin de viande artificielle à venir : d’ici 2060, selon l’ONU, la Terre comptera 2 milliards de personnes de plus. D’ici 2050, la demande en viande aura doublé, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Or près de 30% de la surface exploitable de la planète sert déjà aux pâturages pour animaux. Et le secteur de l’élevage contribue à 18% des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Une étude de l’université d’Oxford, publiée en 2011, estime que la viande créée en laboratoire produit 78 à 96% moins de ces gaz que la viande conventionnelle. Elle nécessite également 82 à 96% moins d’eau.

Par ailleurs, 80% des antibiotiques vendus aux Etats-Unis sont donnés aux animaux d’élevage, selon la Food and Drug Administration, augmentant ainsi le nombre de maladies résistantes aux antibiotiques. S’ajoute à ces considérations, celle, plus morale, du sort réservé aux animaux : selon la FAO, pour se nourrir, l’homme abat 1 600 mammifères et oiseaux chaque seconde.

Réduire l’empreinte de l’homme

En souhaitant concurrencer l’industrie de la viande, Ethan Brown, patron de Beyond Meat, vise à réduire l’empreinte de l’homme sur la planète. « Auparavant, on se déplaçait grâce au cheval. Puis la voiture l’a remplacé, confie-t-il à Slate.com. Je suis persuadé qu’à l’avenir, vous marcherez dans les rayons d’un supermarché et vous demanderez du poulet ou du bœuf. Et de la même façon que l’automobile n’a plus de relation au cheval, ce que vous obtiendrez n’aura plus rien à voir avec les animaux. »

Reste à savoir si les consommateurs accepteront complètement l’idée de se retrouver avec une viande artificielle dans leur assiette. « Il existe chez les gens une certaine aversion à l’usage de la technologie dans la nourriture », rappelle Jayson Lusk. Mais auront-ils le choix ?

Article publié par  sur le JDN à http://www.journaldunet.com/economie/agroalimentaire/viande-artificielle/

Les sociétés citées dans ce dossier :

Beyond MeatField RoastGardenburgerGarden Protein InternationalKellogg’sKleiner Perkins Caufield & ByersModern MeadowsQuorn

Les personnes citées dans ce dossier :

Mark BittmanEthan BrownJayson LuskMark PostBiz StonePeter ThielEvan Williams,David Wilson

La taxe sur les boissons énergisantes annulée par le Conseil constitutionnel

Les Sages ont validé ce jeudi l’essentiel de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 mais ont jugé que la taxe sur les boissons énergisantes « est contraire à la Constitution ».

Le Conseil constitutionnel - AFP

Le Conseil constitutionnel – AFP

Il n’y aura pas de « taxe Red Bull ». Le Conseil constitutionnel a validé jeudi soir l’essentiel de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013, mais il a annulé la taxe sur les boissons énergisantes introduite par amendement par les députés. Celui-ci créait une taxe de 50 euros par hectolitre pour les boissons énergisantes contenant un seuil minimal de 0,22 gramme de caféine pour 1 litre ou un seuil minimal de 0,30 gramme de taurine pour 1 litre.

Problème : pour justifier cette taxation spécifique, les députés ont fait le lien avec la consommation d’alcool des jeunes, qu’ils souhaitaient prévenir. Or le Conseil estime que, « en taxant des boissons ne contenant pas d’alcool à des fins de lutte contre la consommation alcoolique des jeunes », le législateur « a établi une imposition qui n’est pas fondée sur des critères objectifs et rationnels en rapport avec l’objectif poursuivi ». Les sages jugent donc la taxe (dont le rendement était mineur) « contraire à la Constitution ».

124 millions d’euros de chiffre d’affaires en France

Le gouvernement avait appuyé le principe de la taxe, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, soulignant que « ces boissons contiennent de puissants excitants dont l’impact sur la santé fait actuellement l’objet d’une évaluation par l’gence nationale de sécurité sanitaire. Surtout, elles sont consommées par des jeunes, qui les mélangent à des alcools forts comme la vodka ». Au cours des douze derniers mois, il s’est vendu en France près de 30 millions de litres de boissons énergisantes, pour un chiffre d’affaires de 124 millions d’euros dans les grandes surfaces, selon ACNielsen.

Pour le reste, le Conseil a validé les articles attaqués par l’opposition, à l’instar de celui augmentant la taxation des travailleurs indépendants, ou encore celui qui étend l’assiette de la contribution sur les dépenses de promotion des médicaments aux frais de congrès scientifiques. Il a en revanche retoqué la possibilité donnée aux hôpitaux d’émettre des billets de trésorerie, parce qu’une telle disposition n’avait pas sa place dans un texte budgétaire.

SOURCE REUTERS via Les echos à http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202449067240-le-conseil-constitutionnel-annule-la-taxe-sur-les-boissons-energisantes-520448.php?xtor=EPR-1500-[nl_8h]-20121214-[s=461370_n=2_c=201_]-1228232[_SDV]@1

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OGM, un débat sous haute tension.

Analyse

Après la publication en septembre d’une étude dirigée par le professeur Séralini et qui montre que des rats nourris au maïs OGM développent davantage de tumeurs, un clivage se fait de plus en plus ressentir entre la société civile et la communauté scientifique. Agro-media.fr tente de présenter une synthèse du débat, en rappelant ce qu’est un OGM, où en trouve-t-on dans notre alimentation, ce que dit la réglementation, et en éclairant les positions des « pros » et des « contras », sans parti pris.

 

Les OGM sont présents dans notre alimentation

D’après la définition officielle du gouvernement, « un Organisme Génétiquement ModifiéOGM, est un organisme (animal, végétal, bactérie) dont on a modifié le matériel génétique (ensemble des gènes) par une technique dite de « génie génétique » pour lui conférer une caractéristique nouvelle » (source ogm.gouv.fr).

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Plus concrètement, aujourd’hui, dans le domaine agronomique, les OGM les plus cultivés dans le monde correspondent à des espèces de grande culture comme le soja, le maïs, le coton et le colza. Les propriétés recherchées vont de la résistance à certains insectes ravageurs des cultures, à la tolérance à certains herbicides, en passant par la résistance à certaines maladies. Les chercheurs étudient actuellement le développement de certaines plantes tolérantes à des conditions de stress environnemental, telles que la sécheresse, le froid, etc. Le génie génétique pourrait également permettre d’éliminer des substances toxiques produites naturellement par certaines plantes.

Dans le domaine de l’alimentationseul le maïs doux est actuellement autorisé « tel quel » en Europe. Mais on peut également trouver des aliments hautement transformés, comme des huiles, des farines, etc. issus de matières premières génétiquement modifiées, ces aliments étant autorisés. Là encore, les chercheurs travaillent sur le développement d’aliments enrichis en vitamine A, ou encore d’huiles à teneurs plus faibles en acides gras saturés, afin de limiter les carences alimentaires et les maladies cardiovasculaires.

D’une manière générale, on retrouve principalement des OGM dans les aliments suivant :

  • A base de maïs : farine et semoule de maïs, huile de maïs, chips de maïs salées, pétales de maïs pour petit déjeuner ;
  • A base de soja : huile de soja, tonyu, tofu, crèmes desserts, sauce soja ;
  • A base de betterave sucrière ;
  • A base d’huile de colza ;
  • Etc.

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On en retrouve également dans certains ingrédients, additifs et arômes utilisés en agroalimentaire :

  • Farine de maïs dans le pain, les céréales pour petit-déjeuner, les biscuits apéritifs…
  • Semoule de maïs dans les biscuits apéritifs, la chapelure, la bière, les céréales pour petit déjeuner…
  • Amidon de maïs et liants amylacés (fécule) dans les plats cuisinés, les sauces, la charcuterie, les crèmes desserts, les préparations pour desserts déshydratées, les potages, les petits pots pour bébés, les pâtisseries…
  • Dérivés de l’amidon de maïs (sirop de glucose, dextrose, maltodextrines …) dans les sauces, les biscottes, les barres céréales, les bières, les potages, les biscuits apéritifs, les préparations de fruits sur sucre incorporés dans les yaourts et divers desserts, les glaces…
  • Farines de soja dans le pain, le pain de mie, les pâtisseries…
  • Protéines de soja dans les plats cuisinés, la charcuterie, les préparations pour nourrissons…
  • Matières grasses végétales (maïs, soja, colza) dans les barres céréales, le pain de mie, les biscuits apéritifs, les pâtisseries, les matières grasses à tartiner, les potages…
  • Huile de coton dans les fritures pour aliments…
  • Issus du maïs : amidon oxydé (E 1404), phosphates d’amidon (E 1410, E 1412 à E 1414), amidons acetylés (E 1420, E 1422), amidons hydroxypropylés (E 1440, E1442), succinate d’amidon (E 1450), amidon oxydé acetylé E1451), caramels (E 150a à E 150d), sorbitol (E 420), mannitol (E421), isomalt (E 953), maltitol (E 965), lactitol (E 966), xylitol (E 967), glucono-lactone (E 575), erythorbates (E 315 et E 316) ;
  • Issus du soja : lécithine (E 322), huile de soja oxydée (E 479b) ;
  • Produits dérivés du maïs tels que amidons, maltodextrines, beta cyclodextrine ;
  • Etc.

 

La réglementation évolue vers plus de transparence sur les OGM

En tout, l’Union européenne autorise la consommation de 46 OGM, dont 26 variétés de maïs et, en moindre mesure, de sojacotoncolzapomme de terre et betterave.  Cependant, étant donné que la culture de ces OGMest largement interdite en Europe, et complètement en France, ces produits sont majoritairement importés. Ils servent à nourrir les animaux d’élevage, ou comme ingrédients ou additifs comme vu précédemment.

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Attention cependant, tous ces produits doivent être étiquetés pour leur caractère génétiquement modifié, sauf en cas de présence fortuite à une teneur inférieure à 0,9%, en application du règlement 1829/2003 relatif aux denrées alimentaires et aliments pour animaux génétiquement modifiés.

Ainsi, l’UFC – Que choisir précise que « dans la mesure où les consommateurs rejettent les produits transgéniques, les professionnels se débrouillent pour ne pas en utiliser ».

De plus, en France, depuis le 1er juillet, les fabricants de produits alimentaires ont la possibilité d’apposer deux mentions différentes, selon la probabilité plus ou moins grande que le produit contienne des traces d’organismes génétiquement modifiés :

  • « Nourri sans OGM (<0,1%) »
  • ou « Nourri sans OGM (<0,9%) ».

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Peuvent être étiquetés « Sans OGM » les ingrédients issus de végétaux génétiquement modifiés ayant fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché de l’Union européenne, s’ils contiennent moins de 0,1% d’OGM.

Cette réglementation, le décret n° 2012-128 du 30 janvier 2012, prévoit également l’étiquetage d’une mention « issu d’animaux nourris sans OGM ». Le miel, pour sa part, sera étiqueté « Sans OGM dans un rayon de 3 km ». Elle est cependant d’application facultative, contrairement au règlement 1829/2003.

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Ce décret, outre la plus grande transparence qu’il amène pour le consommateur, répond également à une véritable pression marketing du « sans OGM ». En effet, alors que Greenpeace, dans son Guide des produits avec ou sans OGM, adresse un carton rouge aux produits à marques de distributeurs (MDD) et pointent du doigt le fait que leslabels rouges et les appellations d’origine contrôlée ne garantissent pas une non-utilisation d’ingrédients transgéniques, Carrefour s’est empressé de communiquer sur la mise en place de son étiquetage « sans OGM » sur plus de 300 produits dès le mois d’octobre 2010.

Pour l’ONG, seule la mention « Agriculture biologique » est garante de l’absence de produits OGM.

 

L’étude Séralini, reflet des peurs de la société

Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour Dimanche Ouest France après la publication des résultats de l’étude Séralini, 79% des personnes interrogées s’inquiètent de la présence éventuelle d’OGM dans leur alimentation. 38% se disent même « très inquiets ». Les femmes et les hommes partagent le même niveau d’inquiétude (80% contre 79%). L’appartenance politique ne semble pas non plus jouer outre mesure, qu’il s’agisse dès sympathisants PS (84% d’inquiétude), d’Europe Ecologie Les Verts (83%), du Modem (88%) ou de l’UMP (73%) et du FN (73%).

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Seul l’âge des populations semble importer, puisque les jeunes âgés de moins de 35 ans, bien que majoritairement inquiets (71%, mais seulement 57% pour les 18-24), le sont moins que les 35 ans et plus (83%).

Autre preuve de l’anxiété de la société, 130 organisations de la société civile, dont le WWF, la Confédération PaysanneGreenpeace et Attac, ont signé un appel commun dans lequel elles exigent la transparence et réclament lasuspension provisoire des autorisations du maïs NK603 et du Roundup.

Et cet appel intervient après que l’étude Séralini ait reçu un accueil particulièrement hostile d’une grande part de la communauté scientifique. Ces critiques, plutôt que de rassurer les ONG et autres associations de consommateurs, ont eu l’effet inverse, en accentuant l’esprit de défiance, et en agitant le spectre de la « théorie du complot ».

Dans leur communiqué, les 130 ONG qui soutiennent les résultats de l’étude de Gilles-Eric Séralini expliquent que « face à la gravité des conséquences sanitaires possibles », elles s’inquiètent, « d’autant plus qu’elles constatent que les principales critiques de cette étude proviennent des membres des comités d’évaluation à l’origine de l’autorisation dudit maïs ».

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Corinne Lepage, présidente du Criigen (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie GENétique) qui a financé l’étude du professeur Séralini , et qui vient de publier un livre sur le sujet, va plus loin dans Le Nouvel Observateur. Pour elle, à propos des critiques formulées par la communauté scientifique, et notamment du pré-avis de l’EFSA délivré la semaine dernière qui jugeait l’étude « insuffisante » pour remettre en cause l’autorisation de mise sur le marché du maïs incriminé : « un pré-avis, rendu par des non scientifiques fonctionnaires de l’EFSA et deux scientifiques dont on ignore le nom et le parcours, sans aucun débat contradictoire, n’est pas admissible sur le plan déontologique ».

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Pour la présidente de CAP 21, « les critiques adressées à l’étude Séralini […] illustrent surtout la faiblesse insigne des études réalisées par l’EFSA et la responsabilité évidente et croissante de cet organisme et de ses experts ».

On pourrait dès lors résumer l’impact de l’étude Séralini comme suit : l’irrationalité des craintes de la société face à la froideur méthodique des justifications scientifiques.

L’étude Séralini, une étude à charge ?

La communauté scientifique semble faire front, et critiquer d’une seule voix (ou presque) l’étude du professeur Séralini, plus sur la forme que sur le fond, mais on sait à quel point la forme est importante pour la Science.

Ainsi, selon le scientifique Kevin Folta de l’Université de Floride, cette étude a tout simplement été « conçue poureffrayer » l’opinion publique.

Dans un article publié sur le site slate.fr, le journaliste scientifique Keith Kloor rappelle que Gilles-Eric Séralini n’en est pas à sa première étude « contestée » selon les termes du New-York times. Que penser également, puisqu’il est question de lobby, du financement de l’étude du professeur Séralini par un organisme, le CRIIGEN, à priori opposé aux OGM ?

criigen

Enfin, la méthode de diffusion des résultats de l’étude est également largement critiquée tant par les scientifiques que par certains journalistes. La signature d’accords de confidentialité, le fait qu’un livre et un film sortent juste après la publication des résultats de l’étude, tout amène certains à affirmer que le professeur Séralini a orchestré une véritable campagne de communication promotionnelle autour de son étude.  Carl Zimmer, journaliste scientifique,déclarait sur son blog Discover que cette pratique est « rance et corrompue ».

D’une manière générale, on assiste à une réaction plus ou moins unanime de la part des scientifiques, à l’instar dePamela Ronald, généticienne à l’Université de Californie-Davis qui écrivait l’an dernier dans le Scientific Americanqu’il « existe un important consensus scientifique prouvant que les plantes génétiquement modifiées disponibles actuellement sur le marché alimentaire ne représentent aucun danger ».

Keith Kloor rappelle ainsi que « les humains sélectionnent consciemment les plantes et les animaux qu’ils mangent quasiment depuis qu’ils sont sortis des cavernes et, de fait, ont manipulé leurs gènes tout du long. Le processus était tout simplement un peu plus lent avant l’apparition des biotechnologies ».

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C’est François Houillet, nouveau patron de l’INRA, qui, à travers la lettre ouverte qu’il publiait la semaine dernière, conclut le débat : « Au final, les travaux de monsieur Seralini  satisfont ceux qui veulent y croire mais ne répondent probablement pas aux critères permettant d’en tirer des conclusions scientifiques solides. Dans le même temps, la recherche publique continue de conduire à bas bruit médiatique et dans des conditions de plus en plus difficiles des travaux de recherche sur les questions posées par les OGM. Ces recherches conduites sur financement public sont d’autant plus nécessaires qu’il faut entretenir une expertise scientifique de haut niveau et indépendante des intérêts particuliers sur toutes ces questions sensibles. »

 

Et maintenant, quid des OGM ?

C’est dans ce contexte houleux que le gouvernement a proposé de créer une Haute Autorité de l’Expertise scientifique et de l’Alerte en matière de santé et d’environnement (HAEA). Interrogée par Le Monde sur le rôle que pourrait avoir ce type d’organisme dans la situation actuelleMarie-Angèle Hermitte (CRNS), membre du comité de déontologie de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, expliquait que l’HAEA permettrait de « s’assurer que les experts qui donneront leur avis ne [soient] pas en situation de conflit d’intérêts (…) mais aussi qu’ils ne se soient pas déjà prononcés par le passé sur le maïs NK603 et son herbicide associé ». Car il est toujours difficile de se déjuger.

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En attendant, sollicitée par la France, l’EFSA a fait savoir qu’elle jugeait « insuffisante » l’étude de Gilles-Eric Séralinisur la toxicité du maïs NK603 pour pouvoir rendre un verdict. Elle a demandé des compléments d’informations au professeur Séralini. Ce dernier, accusant l’EFSA de conflit d’intérêts, puisque l’EFSA avait d’ores et déjà autorisé lemaïs NK603, a indiqué qu’il ne répondrait pas aux demandes de l’organisme européen.

De son côté, le gouvernement, par la voix de Stéphane Le Follministre de l’Agriculture, a indiqué attendre l’avis de l’ANSES avant de se prononcer, même s’il entend « poser la question globale des protocoles d’autorisations sur les OGM » quoi qu’il arrive. Le rapport de l’ANSES est attendu pour le 20 octobre prochain. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait également annoncé que si le danger de certains OGM était vérifié la France « défendrait au niveau européen » leur interdiction.

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Et Monsanto dans tout ça ? Le géant mondial de l’agroalimentaire « prend bonne note » de ce premier avis rendu par l’EFSA, affirmant qu’il prenait « très sérieusement toute nouvelle étude concernant [ses] semences ».

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Notons également que même les américains souhaitent plus de transparence sur leur alimentation, avec par exemple en Californie, une proposition de loi, la proposition 37, pour laquelle les électeurs Californiens devront se prononcer le 6 novembre prochain, qui prévoit de rendre obligatoire l’étiquetage des aliments, transformés ou non, contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ce texte sera soumis au référendum du 6 novembre prochain pour une mise en application dans les 18 mois.

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Actuellement, deux OGM - le maïs MON810 et la pomme de terre Amflora - sont cultivés dans l’Union européenne (sauf en France) et une cinquantaine d’autres, dont le NK603, ont obtenu une autorisation pour l’alimentation animale et humaine.

Gageons sans trop se mouiller que le débat sur les OGM est loin d’être clos, et gagnerait à être présenté de manière plus pédagogique au grand public.

 

Source : agro-media.fr à http://www.agro-media.fr/news/newsletter-n144-octobre-2012?id=0#0

Target on Social Media – 5 Lessons from One of The World’s Most Successful Retail Brands

Target on Social Media – 5 Lessons from One of The World’s Most Successful Retail Brands dans ACTEURS target-logoTarget, America’s third largest retailer, added more than 2 million Facebook fans in the last month alone, making them one of America’s fastest-growing social brands, according to Track Social. Many brands are able to spike likes through great marketing, big ad buys or both. But few are able to maintain high engagement levels as sometimes less qualified traffic floods the page. Target Facebook engagement has been trending upward all year, driven largely by an increase in Likes on brand posted content. We’ve highlighted five of the mechanisms and best practices we think are helping make Target one of the most successfully brands on Facebook.

1. Encourage Shares by keeping messaging and delivery mechanisms simple and relevant with a clear benefit to the Customer.

point1 dans Distribution

Increasing Fan and Follower content sharing is a brass ring for Facebook marketers. Retail brands are constantly attempting to craft tools and applications that not only facilitate interaction among online friend-networks, but actually draw these groups into new opportunities for retail transactions. Enter Target’s “Give With Friends” Facebook app, released this past March. The easy-to-use app allows Facebook friends to pool their resources and give a gift card to another lucky friend. It’s a simple concept that weds the social prerogative of Facebook with an obvious retail benefit for Target.

2. Twitter isn’t just a coupon feed. Leverage it as a real time response tool to create conversations.

point2 dans INNOVATIONMany brands treat Twitter as merely a high volume digital coupon dispenser. Instead, Target takes advantage of Twitter’s instant response to create truly interactive fan contests. To publicize the recent release of the Hunger Games on DVD, Target used Twitter to conduct a live national trivia contest. Followers had the chance to win Hunger Games related prizes by being the quickest to Tweet answers to trivia questions. This kind of contest, attached to such a high profile pop-culture product, was a great way to engage Twitter followers, build buzz around a product launch and make connections with new customers by tapping into the Hunger Games huge fan base – all with minimal cost.

3. Whenever possible, say it with pictures.

point3 dans internetTrack Social’s recent white paper “Optimizing Facebook Engagement” showed that photos are the hands-down winner when it comes to boosting engagement scores. Target’s photo posts receive significantly better response than other types of posts (as seen below), and Target leverages this by posting photos more often than any other type of content.

 

 

 

 

targetchart1 dans Liens

4. Community Engagement = Social Engagement

point4 dans marketing

Target has a long history of community involvement. The bullseye brand’s recent “Give With Target” campaign used recurring wall posts to encourage Facebook users to vote for their favorite local school in order to win Target gift cards for the schools to use.

 

The campaign was supported by a series of posts with a simple message –  “Add another vote to the school of your choice. 25 votes = $25 Target GiftCard to that school. Remember to share with friends and family to get your school to $10k.” It was so successful they reached their $2.5 million donation goal more than a week ahead of schedule.

5. Think Global, Post Local

Too often, big brands waste their chance for more relevant dialogue by treating Facebook or Twitter as just another mass-media mega-phone.Target customizes posts based on users’ locations, like these posts targeting Los Angelinos:

point5a dans publicite

point5b dans S DiscussionS

Target’s commitment to innovating online is in keeping with its forward-looking image. Staying relevant with savvy consumers means engaging the social space in ways that are meaningful, creative and mutually beneficial for both brands and consumers.

Publié à http://socialmediatoday.com/morgan-j-arnold/752786/target-social-media-5-lessons-one-world-s-most-successful-retail-brands?utm_source=dlvr.it&utm_medium=linkedin

La chasse aux faux avis de consommateurs est ouverte

Petits ou gros mensonges : les Français se méfient de plus en plus des avis postés sur les sites de e-commerce ou de voyages. Les contrôles et les tentatives de prévention se multiplient.

Par Tiphaine Thuillier pour LEntreprise.com, publié le 18/09/2012 à 16:52

 

La défiance augmente et, avec elle, la nécessité de réguler des pratiques trop répandues. « Nous avons lancé un vrai travail d’enquête depuis 2011, explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) que nous poursuivons toujours actuellement. Nous avons déjà contrôlé 129 sites et dressé douze procédures. » Les infractions se divisent en quatre catégories : la rédaction massive et répétée d’avis positifs rédigés par les professionnels eux-mêmes sur leur site ou leur page Facebook ; les éloges postées par un employé de la société (un commercial, par exemple) qui avance masqué ; la modération tronquée et la suppression de critiques et enfin la sous-traitance à des prestataires spécialistes d’e-réputation pour rédiger de multiples avis.Aucune de ces procédures n’a encore abouti pour cause de temporalité judiciaires différente mais les sites poursuivis risquent jusqu’à 37 500 euros d’amende pour la personne physique et 187 500 euros pour la personne morale. A la DGCCRF, on prend cette question très au sérieux : « Ce phénomène très récent est une priorité pour nous car il occupe une place centrale dans le quotidien des gens. »

En parallèle, l’Afnor travaille à la mise en place d ‘une norme pour guider l’internaute. Une fois établie et certifiée, cette norme permettra au consommateur d’être rassuré sur la fiabilité des avis postés sur le site.  » Nous travaillons encore pour finaliser, en fin d’année, cette norme, précise Olivier Gibert, porte-parole de l’Afnor. La difficulté est de trouver un terrain d’entente entre des acteurs de services, des sites qui commercialisent des produits et de mettre au point un ensemble de recettes, de solutions adaptable à toutes les tailles de sites. » Cette initiative constitue une première en France. « On peut se dire que nous serons peut-être vite dépassés tant les choses évoluent vite mais il est utile et important de donner confiance aux gens à l’égard, notamment, du commerce en ligne. »

* Enquête réalisée entre le 27 et le 30 août 2012 auprès d’un échantillon de 1038 personnes représentatives de la population française,

Source: l’entreprise / l’Express à http://lentreprise.lexpress.fr/internet-canal-pour-vendre/la-chasse-aux-faux-avis-de-consommateurs-est-ouverte_35236.html?xtor=EPR-11-[ENT_Zapping]-20120919–1441072@214703786-20120919064839

L’agriculture devra croître de 60% d’ici à 2050 mais de façon durable

AFP . les affaires.com . 11-07-2012 |

chapeau[Photo : Bloomberg]

La production agricole devra croître de 60% d’ici à 2050 pour répondre aux besoins d’une population plus nombreuse, plus urbaine et plus riche mais il est indispensable que cela se fasse de « manière plus durable », ont estimé mercredi la FAO et l’OCDE.
Cela revient à produire un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande en plus par an, par rapport aux niveaux de 2007, selon le rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié mercredi.
« D’où viendra cette énorme hausse de 60% de la production ? Essentiellement de la productivité », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria lors d’une conférence de presse à Rome, en estimant qu’il s’agit « d’un défi plutôt difficile ».
L’OCDE et la FAO estiment que ce sont principalement les pays en développement qui permettront cette croissance, laquelle s’annonce toutefois moins vigoureuse que ces dernières années.
La progression de la production agricole mondiale a été supérieure à 2% par an au cours des dernières décennies, mais d’après les projections elle va se tasser pendant les dix ans à venir à 1,7% par an, selon le rapport.
Toutefois, malgré ce ralentissement, la croissance de la production restera supérieure à la croissance démographique prévue, de telle sorte que la production par habitant devrait continuer de progresser de 0,7% par an, précisent encore les deux organismes.
Ces dernières années, « la hausse de la production est venue surtout des pays en voie de développement, en particulier d’Amérique latine et d’Afrique sub-saharienne, les deux régions qui ont le plus gros potentiel agricole actuellement », a noté le directeur de la FAO José Graziano da Silva, devant la presse.
FAO et OCDE prévoient que sur les 10 années à venir, « les prix alimentaires vont décroître ou rester stables même si en moyenne ils seront 10% à 30% plus élevés que dans la décennie précédente », selon M. Graziano.
Reste toutefois que ces calculs ne tiennent pas compte de la croissance du secteur des biocarburants. Or, les experts estiment que la production mondiale de bioéthanol et de biodiesel va presque doubler d’ici à 2021, utilisant donc de plus en plus de terres, qui se retrouvent de fait indisponibles pour des cultures destinées à l’alimentation.
Pour la FAO et l’OCDE, ces dernières années la production a pu croître grâce à l’augmentation des surfaces et aux intrants (tels que les engrais), toutefois, « il y a lieu de penser que ces tendances ne pourront se maintenir à l’avenir ».
« Quelque 25% de la totalité des terres agricoles sont très dégradées » d’après le rapport qui souligne la nécessité d’ »une utilisation durable des ressources disponibles, qu’il s’agisse des sols, de l’eau, des écosystèmes marins, des stocks halieutiques, des forêts ou de la biodiversité ».
Pour cela le rapport préconise notamment de renforcer la recherche, de soutenir davantage les petites exploitations mais également de réduire les pertes et les déchets pour répondre à une demande croissante.

Publié à http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/agroalimentaire/l-agriculture-devra-croitre-de-60-d-ici-a-2050-mais-de-facon-durable/546397

 

Alors que l’Europe autorise des produits à base de soja transgénique, la France étiquète les produits « sans OGM ».

Le 28 juin dernier, la Commission européenne a donné son feu vert au controversé Monsanto pour la mise sur le marché de produits contenant du soja transgénique MON 87701 X MON 89788.

Les denrées alimentaires, ingrédients ou aliments pour bétail qui contiennent ce soja OGM sont donc autorisés sur le marché européen pendant une durée de dix ans. La mise en culture du soja de Monsanto reste toutefois interdite. De plus, les produits à base de ce soja OGM devront être étiquetés comme tels et Monsanto devra fournir chaque année à la Commission européenne des rapports concernant ses effets sur l’environnement.

Cette autorisation de la Commission fait suite à l’avis de l’EFSA en février dernier sur ce même soja OGM. L’Autorité européenne de sécurité des aliments avait alors considéré que ce soja ne présentait pas plus de risques pour la santé humaine et animale ou pour l’environnement que le soja non génétiquement modifié.

Cette décision européenne intervient alors que depuis dimanche dernier en France les produits alimentaires peuvent à présent être étiquetés « sans OGM ». Pour en savoir plus sur les garanties apportées par ce nouvel étiquetage, n’hésitez pas à consulter notre article du 19 juin 2012 à ce sujet.

Etiquetage sans OGM

Source : agro-media.fr avec la décision d’exécution de la commission du 28 juin 2012, Actu-Environnement.com (Laurent Radisson) et le ministère du Développement durable.

Publié à  http://www.agro-media.fr/actualit%C3%A9/veille-r%C3%A9glementaire/alors-que-l%E2%80%99europe-autorise-des-produits-%C3%A0-base-de-soja-transg%C3%A9nique-la-france-%C3%A9tiqu%C3%A8te-les-produ

Bien que nocive, l’huile de palme reste incontournable

L’huile de palme, montrée du doigt par les ONG en raison de ses effets néfastes sur la santé et surtout sur l’environnement, reste toujours aussi présente dans notre alimentation. A l’heure actuelle, près de 50% des produits alimentaires transformés en contiennent toujours.

Les tentatives des industriels de l’agroalimentaire pour se passer de l’huile de palme payent difficilement. S’il semblerait que la volonté de réduire son utilisation soit là, concrètement, les importations européennes de cette huile extraite du fruit du palmier à huile continuent jusqu’ici de progresser légèrement. « Nous constatons en France et en Europe depuis deux ans une stagnation de la consommation mais celle-ci ne fléchit pas« , explique Boris Patentreger, chargé de programme forêt pour l’organisation World Wildlife Fund (WWF).

« Aucun analyste sérieux ne pense que l’on peut en finir avec l’huile de palme« , confirme Hubert Omont, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Aujourd’hui, 80% de l’huile de palme est utilisée pour l’alimentation et 19% pour la cosmétique. En 30 ans, elle s’est imposée dans le monde et sa production a été multipliée par huit (45 millions de tonnes en 2010, devant le soja et le colza). En effet, cette huile est très bon marché, le rendement à l’hectare du palmier à huile étant dix fois plus élevé que celui du soja. De plus, sa stabilité lui permet d’être stockée sous forme solide et elle permet de conserver les aliments.

Toutefois, depuis l’an 2000, les ONG jettent le discrédit sur cette culture qui pousse à une déforestation sauvage et menace notamment la survie de l’orang-outang en Malaisie et en Indonésie (où a lieu 85% de la production). De plus, cette huile, à forte dose, favoriserait la survenue de maladies cardio-vasculaires. « Soucieux de plaire aux consommateurs, les industriels ont alors mis une pression énorme sur leurs fournisseurs pour supprimer l’huile de palme de leurs produits mais maintenant ils ont en partie fait marche arrière car souvent ils n’ont pas de solution de rechange« , explique Sophie Delacharlerie, ingénieur à l’Université de Liège qui a travaillé sur ce thème avec des industriels.

Des efforts pour une culture « durable » trop lents

L’Europe ne représente que 16% des importations mondiales, derrière la Chine et l’Inde, où la consommation explose. Les Etats-Unis eux, importe 3% mais les pays du Nord peuvent faire pression pour une production qui respecte davantage l’environnement, explique également M. Patentreger. Néanmoins, l’huile de palme devient peu à peu issue d’une culture dite « durable », selon les critères de la RSPO, une organisation internationale regroupant professionnels du secteur et ONG. Ce label certifie notamment que les palmiers sont plantés sur des terres non boisées, et que la production respecte une série d’exigences sociales et environnementales.

Mais l’an passé, à peine plus de la moitié de cette production (qui représente 10% de la production mondiale) a été achetée selon WWF, qui dénonçait fin 2011 des efforts trop lents de la part des industriels.

publié par Maxi sciences.com à http://www.maxisciences.com/huile-de-palme/bien-que-nocive-l-039-huile-de-palme-reste-incontournable_art22862.html

Un salarié agroalimentaire français coûte 5€ de plus de l’heure qu’un salarié allemand.

Bertrand Marc et Laurence Rioux de l’Insee ont mené une vaste étude sur le coût de la main-d’œuvre en Europe, en comparant les pays les uns aux autres entre 1996 et 2008. L’étude a porté sur le coût salarial, qui comprend le salaire brut, les cotisations sociales payées par les employeurs, les frais de formation et les taxes mais auxquels sont déduites les subventions à l’emploi. (suite…)

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