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Interview de Georges Lewi

Interview
Georges Lewi
Mythologue, spécialiste des marques, consultant en branding, E-branding et storytelling, écrivain et conférencier. Editeur des Editions François Bourin


Par Caroline Dupire, Responsable du Congrès Stratégies « Tendances Communication 2015 »

Pourriez-vous nous donner un exemple concret d’un mythe contemporain ?

Le mythe des mythes pour l’humanité est celui de Prométhée, le petit homme qui va chercher le feu chez les dieux pour sauver l’humanité. La mythologie grecque nous rappelle que de tous les êtres de la nature, l’être humain est sans doute le moins bien doté : il n’a ni griffe, ni force, ni plume pour le protéger, ni vélocité pour fuir… Il ne lui reste que d’essayer de se débrouiller par lui-même et son intelligence.

Celle-ci représente sa capacité à trouver des solutions pour lui éviter d’être détruit par les forces de la nature et par toutes les bêtes sauvages, plus fortes, plus rapide que lui. Autrement dit, le mythe des mythes pour l’être humain, c’est sa capacité à se débrouiller tout seul. De nos jours, c’est Google qui joue ce rôle. C’est la marque des marques. La première entre toutes. Sans Google, on est aujourd’hui perdu. Avec Google, l’être humain est l’équivalent des dieux. Il va pouvoir trouver les solutions en lui-même, se débrouiller, sauver sa peau, améliorer son ordinaire…Google nous ramène à la magie des temps anciens où Prométhée rapportant le feu sur terre, donnait la civilisation aux humains et introduisait le cuit dans la société du cru.

 

 

Quelle analyse faites-vous de la transformation de nos comportements (sociaux et économiques) issue du web ?

Le web fait ressurgir la pensée magique des origines du monde, des temps où le petit homme ne comprenait rien du tout de ce qui se passait autour de lui. Le web remonte le temps du storytelling, des mythes fondateurs. L’humanité a cru au XIX e siècle et au début du XXe siècle que chaque être humain allait pouvoir comprendre chaque phénomène. Or avec le monde numérique, tout redevient opaque ; on en jouit, mais on craint le monde qui se prépare et surtout on ne comprend pas du tout comment « ça marche ».

C’est pourquoi, le storytelling a pris tant d’importance : dans des temps où les choses changent trop vite, la parole qui raconte, (le récit) est plus forte que la parole qui démontre. Seule le récit nous explique souvent en images, en métaphores, notre place dans le monde et la façon dont on va pouvoir s’en sortir. Se positionner, trouver son identité est depuis l’origine du monde, la question ontologiques des humains. Cette recherche d’identité, c’est une nécessité pour les marques. C’est aussi le grand, peut-être le seul, besoin de l’humanité après la sécurité et le manger à sa faim. Avant la copulation.

Avec le web, nous sommes redevenus de grands enfants et nous aimons à ça ! C’est un sacré changement de comportement, à l’opposé du consommateur supposé être rationnel. Chaque jour qui passe nous apporte de nouvelles possibilités de surprendre notre âme d’enfant : la voiture qui roule toute seule, la montre qui nous dit en quelle santé on est, le site qui nous trouve la meilleure place d’avion, ou nous trouve l’âme sœur en un clic, l’imprimante 3D qui nous fabrique, à domicile, sur mesure, la prothèse dont on aura besoin…

Voilà pourquoi le marketing se fait du souci ; il a fondé sa légitimité sur la raison. Or désormais les gens fonctionnent à l’intuition. Il va falloir passer des critères rationnels fondés sur la confiance aux critères irrationnels illustrant le coefficient de surprise

 

Voyage au cœur de la troisième révolution industrielle

Voyage coeur de la révolution industrielle

Le numérique bouleverse en profondeur notre société. Economie, santé, éducation, travail, vie privée, politique… Sandrine Cassini et Philippe Escande nous proposent une plongée dans le monde du capitalisme 3.0.

La machine numérique est en train de s’attaquer à toute la société et personne n’en sortira indemne. Le monde change à tous les niveaux, du plus concret – l’usage des taxis à Paris, la réservation d’un hôtel, la fabrication d’une voiture –, au plus impalpable – les comportements, la façon de penser, de vivre et d’organiser la société. C’est le principe des grandes révolutions industrielles. Elles s’insinuent dans tous les secteurs, et les ­conséquences sociétales marchent de pair avec les bienfaits matériels. Le propos de ce livre (*) est de raconter comment, tout à coup, le monde bascule.

Un vent de révolte

Un vent de panique gagne la France. Le tsunami Internet, qui a déjà détruit une bonne part de l’industrie de la musique et de la presse, s’infiltre désormais partout. Les transports et l’hôtellerie sont les prochains sur la liste. Même le puissant monopole de la SNCF commence à se poser des questions. En septembre 2013, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a tenu devant ses troupes un étonnant discours à l’intonation guerrière. Le PDG assure que les nouveaux ennemis de la compagnie de chemin de fer et de ses deux cent soixante mille salariés s’appellent… Google et BlaBlaCar, le site de covoiturage qui transporte chaque mois plus de deux millions de voyageurs. Sa crainte : voir, comme dans le tourisme, émerger de nouveaux intermédiaires qui détournent sa clientèle et lui fassent perdre le contact avec ses voyageurs. Et, pourquoi pas, lui volent un jour son métier ! […] S’ils ont commencé par les industries de contenus facilement dématérialisables, comme les médias ou la musique, les nouveaux seigneurs du capitalisme s’attaquent désormais à la finance, l’énergie, la santé, l’éducation, l’immobilier, la construction et même l’agriculture ! Aucun pan de la société n’est à l’abri de la révolution numérique. C’est justement ce qui caractérise une révolution. […] Parue en septembre 2013, une étude de deux chercheurs de l’université d’Oxford a fait grand bruit. Elle prévoit que 47 % du total des emplois américains sont désormais menacés. Un sur deux !

Google, le nouveau General Electric

La boulimie d’expansion [de Google] n’est pas sans rappeler la glorieuse épopée d’Edison puis de General Electric au début du xxe siècle, explorant le moindre recoin de l’énergie électrique, des turbines de barrage aux ampoules, en passant par l’électroménager, les réseaux électriques et les machines-outils. C’est le propre des marchés non stabilisés et en forte croissance. Aujourd’hui, Google, entreprise de médias, est dans ce moment critique. Sa dernière grosse acquisition est un fabricant de thermostats, Nest, créé par l’ancien concepteur des iPod d’Apple. Une façon d’entrer dans la gestion de l’énergie dans les maisons.

Et après ? Pourquoi ne pas remonter la chaîne de valeur de l’énergie, jusqu’à la production d’électricité ? La société est après tout le premier utilisateur de panneaux solaires aux Etats-Unis. Comme Elon Musk entend le faire en combinant ses voitures électriques Tesla, ses batteries et ses panneaux solaires… Google va même encore plus loin de ses bases en achetant un laboratoire de biotechnologies spécialisé dans le vieillissement et en embauchant des cerveaux de la médecine pour trouver la recette d’une vie (presque) éternelle.

La voiture, le commerce, l’énergie, l’information, la bureautique, l’informatique, la santé, l’assurance… « Bientôt, les deux tiers des patrons du CAC 40 en viendront à se demander si leur premier concurrent demain ne sera pas Google », assure Philippe Lemoine, l’ancien patron de LaSer Cofinoga, président de la Fondation Internet nouvelle génération et auteur d’un rapport sur le sujet pour le gouvernement. Google est le General Electric des temps nouveaux. C’est pour cela qu’il fait peur à tout le monde.

Quand Bouygues a peur d’un thermostat

A Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, un « écoquartier » 100 % high-tech et 100 % développement durable a été construit dans l’ancien fort de la ville. Mille six cents logements symbolisent le futur de l’habitat et de la ville intelligents. Tout y est ­connecté. Dans chaque appartement, le résident programme à partir d’un écran tactile, situé dans l’entrée, l’allumage des lumières, de son chauffage et ses volets. L’écran l’informe également en temps réel de sa consommation énergétique. Luxe ultime, le tout est pilotable depuis une application mobile. […] A l’origine du Fort d’Issy, se trouve Bouygues Immobilier, qui a conçu non seulement les bâtiments, mais l’ensemble des services attenants. « On vend de plus en plus de l’usage, plutôt que de la propriété », justifie Christian Grellier, vice-président innovation et développement durable du groupe. Sur un bâtiment, Bouygues Immobilier prend des engagements en matière de consommation d’énergie, ce qui nécessite de capter et d’analyser les données afin d’optimiser la gestion du chauffage ou de la climatisation. A Issy-les-Moulineaux, le groupe a travaillé avec Microsoft et Bouy­gues Telecom. Sur sa route, il croise donc Nest, le thermostat racheté par Google, qui s’insère dans l’habitat et connaît mieux que vous-même vos habitudes de vie et de ­consommation.

Pour le moment, Nest reste un thermostat inoffensif. Mais que se passera-t-il s’il fait son entrée dans tous les foyers, devenant aussi indispensable qu’un smartphone ? « Demain, ils pourront nous dire : je sais comment fonctionne votre bâtiment, et je viens vous vendre les données. Nous voulons garder la propriété de nos données », avance Christian Grellier.

La fin du salariat

Emploi temporaire, sous-traitance, multi-activité, activité autonome, le CDI à vie issu des Trente Glorieuses se fissure sous les effets conjugués de la croissance faible qui perdure depuis les années 1970, et des technologies de l’information, note un rapport du Conseil pour l’orientation sur l’emploi publié en 2014. En France, le succès du statut d’autoentrepreneur, lancé en 2009, et qui a vu plus d’un million de personnes créer leur microentreprise, est la meilleure illustration de ce phénomène. […]

Au départ, travailler en solo ou monter sa microentreprise n’est pas forcément un choix. C’est face à un marché du travail qui ne veut plus d’eux que les individus optent pour l’indépendance. La plate-forme de taxis Uber emploie beaucoup d’anciens chômeurs qui deviennent autoentrepreneurs. Les nouveaux organes de presse font uniquement appel à des pigistes. EBay, PriceMinister ou Amazon, qui permettent à n’importe qui de monter facilement sa petite activité d’e-commerce, sont également des repaires d’actifs en difficulté.

[…] Mais l’indépendance ressemble aussi à une jungle où règne la loi du plus fort. Si Hopwork se vante de « libérer le travail », la plate-forme permet surtout aux entreprises d’attribuer des notes aux indépendants dont elles sont le plus satisfaites, créant ainsi un cercle vertueux (ou vicieux) qui privilégie le plus demandé et rejette le moins performant. Dans ce monde du travail du futur, plus émietté, plus morcelé, deux catégories de travailleurs émergent. D’un côté, les grands gagnants du système, à la fois doués, disposant de compétences rares et valorisées, à l’aise dans ce monde d’ultracompétition. Défaits de l’emprise hiérarchique de l’entreprise, ils gagneront en liberté, se retrouveront sur le même pied d’égalité que le donneur d’ordre. Les autres accompliront des tâches à plus faible valeur ajoutée, peu payées, qu’il faudra multiplier pour gagner de quoi vivre.

L’intimité

En 2010, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, affirmait que le concept de vie privée était dépassé et, d’ailleurs, que les individus s’en accommodaient très bien. Depuis, le jeune patron milliardaire a adouci ses propos. Et a montré qu’il tenait beaucoup à son intimité, en rachetant les villas avoisinant la sienne à Palo Alto. Vinton Cerf, l’un des pères fondateurs de l’Internet, devenu « chief evangelist » chez Google, avait jeté un pavé dans la mare en lançant que « la vie privée pourrait très bien être une anomalie » de l’histoire. […] De fait, le concept de vie privée est une invention récente. Il prend son essor après la Révolution française, dans la bourgeoisie du xixe siècle. Au Moyen Age, la maison n’est pas un espace privé mais public, un lieu où l’on travaille, où l’on dort. Les pièces ne sont pas séparées. Au départ, le désir de l’intime est mal vu. Il est synonyme d’égoïsme, d’intrigue, de complot, rappelle l’historienne Michelle Perrot.

[…] Le numérique brouille la frontière qui sépare vie privée et vie publique. « Les données personnelles servent à autre chose qu’à de la vie privée, et notamment à de la vie publique, à de l’exposition personnelle, à des modèles économiques », relate Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Les individus eux-mêmes attendent beaucoup de leurs données personnelles. « Jusqu’à présent, ils demandaient qu’elles soient protégées. Aujourd’hui, ils souhaitent en “faire ce qu’ils veulent”, ce qui relève d’un dessein individuel », indique la patronne de la CNIL.

Hypercapitalisme, ou partage ?

Sommes-nous à l’aube d’un hypercapitalisme où tout sera marchandise – les corps et les âmes –, porte ouverte à tous les excès et à tous les despotismes ? Nous dirigeons-nous, au contraire, vers un post­capitalisme où le partage remplacera l’échange commercial ? Ou plutôt, quel sera le dosage final entre ces deux solutions extrêmes ? Enfer ou paradis, libération ou asservissement, le monde que nous dessine la révolution numérique fera de nous et des générations à venir des êtres différents… et en même temps si semblables dans leurs élans et leurs doutes. Comme Prométhée, nous toucherons à la puissance divine pour nous apercevoir qu’elle est, à nouveau, plus loin que jamais.

* « Bienvenue dans le capitalisme 3.0 », par Sandrine Cassini et Philippe Escande, éditions Albin Michel, 18 euros.

Article des Echos paru à http://www.lesechos.fr/thema/transformation-digital/021371371499-voyage-au-coeur-de-la-troisieme-revolution-industrielle-1162155.php?fWVkkxDx0VGYhUlO.99#xtor=RSS-38

publié  LE 05/10 À 07:00, MIS À JOUR LE 07/10 À 15:44

 

Il s’offre cette maison à 4,9 millions de dollars en jouant à Minecraft

 12/10/2015 à 20h12

Cette villa se situe sur les hauteurs de Los Angeles

Cette villa se situe sur les hauteurs de Los Angeles – Nicholas Property Group
A 23 ans, Jordan Maron, alias CaptainSparklez, vient de s’offrir pour 4,5 millions de dollars cette somptueuse villa sur les hauteurs de Los Angeles. Sa fortune il l’a acquise en se filmant en train de jouer au jeu Minecraft.

Voilà peut-être deux cursus à rajouter à HEC: une formation à Minecraft et une autre consacrée à YouTube. Deux spécialités dans lesquelles Jordan Maron excelle. Car à 23 ans, cet Américain originaire de la côte ouest vient de s’offrir selon le site Variety cette sublime villa sise sur les hauteurs de Los Angeles. D’une superficie de 380 m², elle est dotée d’une vue imprenable sur la cité des anges, d’une piscine ainsi que de 5 salles de bain et de 3 chambres. Pour se la payer il a dû faire un chèque rondelet de 4,9 millions de dollars (les photos de la maison sur le compte Facebook de l’agent immobilier).

Mais plus que la maison en elle-même et l’âge de l’acquéreur c’est l’activité de ce dernier qui surprend: YouTubeur professionnel. Connu sur le site de partage de vidéo sous le pseudo CaptainSparklez, Jordan Maron se filme en train de jouer au jeu Minecraft. Voilà son activité professionnelle. Et elle est semble-t-il très rémunératrice. Il faut dire aussi que le jeune homme n’est pas un petit joueur. Il met en ligne des dizaines de vidéos par mois. Sur sa chaîne YouTube il compte près de 9 millions d’abonnées et ses vidéos ont été vues au total plus de 1,9 milliard de fois. Bref CaptainSparklez c’est un média à lui tout seul.

Des clics et du fric

Et ce n’est pas le plus riche du lot apparemment. Le Suédois PewDiePie est le champion du monde toute catégorie. Âgé de 25 ans et lui aussi passionné de jeu vidéo, il compte lui près de 40 millions d’abonnés à sa chaîne YouTube pour un nombre hallucinant de vues qui atteint les 10 milliards. Selon ses propres dires, le jeune homme de 25 ans gagnerait 4 millions de dollars par an. Ces Youtubers sont rémunérés aux clics. Ils touchent en moyenne aux alentours de 1 euro pour 1.000 clics. Mais grâce à YouTube ils acquièrent une notoriété qui leur permet de diversifier leur business. Ainsi Norman en France fait aujourd’hui des spectacles et des films et PewDiePie a désormais un jeu mobile à son effigie.

Par Frédéric Bianchi

Les internautes se précipitent sur le « formulaire d’oubli » de Google

Vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens ont été déposées auprès du moteur de recherche.

A peine quatre jours après sa mise en ligne, le « formulaire d’oubli » de Google connaît déjà un succès foudroyant auprès des internautes désireux de faire effacer leurs traces sur le moteur de recherche. Celui-ci a reçu, rien que pour la journée de vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens.

Le groupe américain se conforme à une décision, mi-mai, de la Cour européenne de justice, selon laquelle les internautes peuvent obtenir, sous certaines conditions, la suppression des liens vers les pages Web comportant des données personnelles, en s’adressant directement à l’exploitant du moteur de recherche. Le formulaire mis à disposition par Google permet de demander qu’un lien soit retiré des résultats de recherche, à condition qu’il soit « non pertinent, obsolète ou inapproprié ».

Ce chiffre de 12 000 réclamations a été confirmé par Google samedi 31 mai. Atitre de comparaison, Google traite en un mois plus de 20 millions de réclamations « classiques » dans le monde. Aucune information sur le délai de traitement des formulaires n’a été donnée. Précision importante, le retrait du lien ne s’applique qu’en Europe, c’est-à-dire uniquement sur Google FranceEspagneAllemagne… Mais le lien ne disparaîtra pas de Google.com, la version américaine du site, qui est consultable par un internaute basé sur le sol européen. Une issue qui devrait laisser insatisfaits nombre de « plaignants ».

CRITIQUE DES ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS

La décision de retrait de liens sera laissée à l’appréciation de Google, qui examinera les demandes individuellement. Cette responsabilité de Google dans la prise de décision est critiquée par les associations de consommateurs : en France, l’UFC-Que Choisir estime que Google « n’est pas le bon interlocuteur » et que le placer en position d’arbitre dans ce type d’affaire met à mal la neutralité du Net. Google concentre à lui seul 90 % des requêtes sur le Web en Europe.

Reporters sans frontière (RSF) critique les possibilités de « blanchiment d’identité » qu’offre le formulaire d’oubli. Grégoire Pouget, responsable du bureau Nouveau médias chez RSF, pointe le fait que « désormais, chaque individu, même lorsqu’il a fait l’objet d’une citation de presse légitime et légale, serait en mesure d’exigerque n’apparaissent que les informations qui lui conviennent et donc de se façonner une image numérique non conforme aux informations publiées ».

C’est précisément ce risque de censure et de déni d’information qu’a soulevé la firme de Mountain View dès la semaine dernière. Son PDG, Larry Page, a regretté dans les colonnes du Financial Times de vendredi 30 mai que Google n’ait pas été« plus associée au débat en Europe », et a estimé que ces nouvelles règles pourraient pénaliser l’innovation et offriraient des moyens supplémentaires aux régimes autoritaires pour contrôler l’information sur le Web.

COMPOSER AVEC LES INSTANCES NATIONALES DE 28 PAYS

Le moteur de recherche se réserve toutefois le droit de maintenir le référencement des pages Web s’il présente un intérêt « historique, statistique ou scientifique », ou encore si la personne concernée est connue. Des demandes risquent donc de ne pas aboutir.

L’application du droit à l’oubli risque de se révéler d’autant plus complexe qu’il existe déjà des lois en Europe régissant le droit à l’oubli numérique, et que Google va devoir composer avec les instances nationales de protection de la vie privée dans 28 pays différents. Sans compter qu’effacer une information relayée sur les sites, les réseaux sociaux ou les forums de discussion relève de la gageure.

Prônant la pédagogie plutôt que la répression par la loi, les géants du Net rappellent régulièrement, à juste titre, que les internautes sont souvent, de par leur imprudence, à l’origine de la diffusion d’informations qu’ils souhaitent au final voir disparaître. C’est Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui disait en 2012 : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher. »

LE MONDE | 02.06.2014 à 11h33 |Par Audrey Fournier 

publié à: http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/06/02/les-internautes-se-precipitent-sur-le-formulaire-d-oubli-de-google_4430102_3234.html

 

Un think tank agricole

La Saf devient « Saf agr’iDées », un think tank agricole pour agir

Laurent Klein souhaite décloisonner  le fonctionnement de l’organisation et l’ancrer dans l’agriculture du 21ème siècle des chefs d’entreprises agricoles.

La Société des agriculteurs de France passe en mode think tank et devient  « Saf agr’iDées, réfléchir pour agir ». Et selon la volonté de son président, Laurent Klein, chaque adhérent devra être acteur du travail de réflexion qui y sera conduit en toute indépendance, articulé autour de six thèmes : les politiques agricoles, le développement rural, les industries agroalimentaires, la recherche, l’alimentation, la consommation. Enfin, les notes et les prescriptions produites à partir de ces travaux d’expertises constitueront des supports d’aides à la décision des hommes politiques auxquels elles seront adressées.

Dès l’arrivée de son nouveau secrétaire général, Patrick Ferrere, la Saf a entrepris sa mutation en remplaçant les entretiens de la rue d’Athènes par l’organisation mensuelle de Saf agr’iDébats d’une demi-journée et de Saf agr’iDays d’une journée. Le prochain débat du think tank agricole et agroalimentaire portera sur le rôle des Safer et le contrôle des structures.

Les chefs d’entreprises pourront par ailleurs se retrouver au sein de Saf agr’iDécideurs pour participer à des réunions économiques et stratégiques qui leur seront réservées.

Mais c’est Laurent Klein qui est l’artisan de la mutation opérée par l’organisation qu’il présidait pour l’ancrer dans le 21ème siècle. Jusqu’à présent, son fonctionnement en « club privé » était trop confidentiel alors qu’elle était reconnue pour la qualité de ses rapports d’experts

Selon le président de Saf agr’iDées, « le think tank se donne dorénavant les moyens de conquérir de nouveaux adhérents de tous horizons socioprofessionnels, intéressés par les questions agricoles. »

A ce jour, la Saf agr’iDées comprend un peu moins de 600 adhérents. Ils constituent d’ores et déjà une communauté sur Linkedin et seront reliés à un compte twitter. Saf agr’iDées aura aussi une adresse Facebook.

Les 1.500 lecteurs de la revue bimestrielle du think tank et les 6.500 destinataires de la newsletter devenue bimensuelle constituent le vivier des nouveaux adhérents à prospecter.

21/03/2014 | par 

Article publié par Terre.net à http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/la-saf-devient-saf-agr-idees-un-think-tank-agricole-pour-agir-205-99259.html

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Leclerc condamné à 500 000 euros d’amende pour « clauses déséquilibrées »

Le géant de la distribution est sanctionné par la cour d’appel de Paris pour des pratiques abusives vis-à-vis des fournisseurs.

Un magasin Leclerc à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Un magasin Leclerc à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. © Andy Drysdale / Rex Fea / Sipa

La cour d’appel de Paris a condamné le géant de la distribution E. Leclerc à une amende de 500 000 euros pour des « clauses déséquilibrées » insérées dans des contrats avec des fournisseurs, a annoncé lundi la DGCCRF. L’arrêt de la cour d’appel de Paris, rendu le 18 décembre, faisait suite à une décision du tribunal de commerce de Créteil qui avait débouté, en décembre 2011, leministère de l’Économie, à l’initiative de l’assignation du distributeur.

Le secrétaire d’État au Commerce Hervé Novelli avait assigné neuf enseignes de la grande distribution en octobre 2009 afin de faire « sanctionner plusieurs clauses du contrat type et des conditions générales d’achat », rappelle le communiqué de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Cet arrêt « enjoint à l’enseigne de cesser pour l’avenir la pratique consistant à mentionner ces clauses dans ses contrats commerciaux », explique la DGCCRF dans son communiqué.

Procédure vouée à se répéter

Les enseignes de la grande distribution sont visées par plusieurs procédures judiciaires liées aux relations commerciales avec les fournisseurs. Ainsi, Leclerc a également été condamné en 2009 à restituer 23 millions d’euros à des fournisseurs pour violation du Code du commerce. Les ministres de l’Économie Pierre Moscovici et de la Consommation Benoît Hamon ont également décidé en novembre dernier d’assigner le distributeur devant le tribunal de commerce de Paris pour « déséquilibre significatif » dans ses relations avec ses fournisseurs. Leclerc avait alors dénoncé en retour une « stratégie médiatique » qui va « attiser des conflits ».

Ce type de procédure est vouée à se répéter depuis la reconnaissance en janvier 2011 par le Conseil constitutionnel de la notion de « déséquilibre significatif » entre fournisseurs et distributeurs. Cette décision a permis la poursuite des procédures judiciaires engagées en 2009 par le gouvernement contre neuf distributeurs, dont Carrefour, Auchan, Casino et Cora, pour « pratiques abusives ». La décision de la cour d’appel intervient alors qu’enseignes et fournisseurs négocient actuellement leurs tarifs pour l’ensemble de l’année 2014.

Publié par Le Point.fr – Publié le 27/01/2014 à 16:34 à http://www.lepoint.fr/societe/leclerc-condamne-a-500-000-euros-d-amende-pour-clauses-desequilibrees-27-01-2014-1784873_23.php

 

 

Agroalimentaire et « e-réputation »

Une étude en ligne fouille les commentaires sur les réseaux sociaux

« Que disent spontanément les consommateurs, les agriculteurs, et les employés de l’agroalimentaire à propos de ce secteur sur le web ? », s’est demandé Alphacoms, une agence nantaise de conseil en communication, entreprises et institutions. Les résultats de cette première étude en ligne mettent en lumière en ce qui concerne les agriculteurs différents sujets de préoccupation, en particulier les relations avec les acteurs de la filière.

Alphacoms a chargé une autre société nantaise, Dictanova, d’étudier « l’image de l’industrie agroalimentaire » sur le web à travers sa plate-forme d’écoute des réseaux sociaux.

Réalisée à partir de prises de parole spontanées sur le web sur la période 2011-2013, l’étude repose sur plus de 3.200 verbatims exprimés par des agriculteurs, des consommateurs ou des employés du secteur de l’agroalimentaire.

 

Pour les agriculteurs, le souhait d’une meilleure valorisation de leurs productions ressort, ainsi que la nécessité pour eux de faire évoluer leurs pratiques. Une autre grande préoccupation qui revient sur les réseaux sociaux concerne leurs relations avec les acteurs de la filière (industriels, coopératives, grande distribution) et les consommateurs.

 

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Les salariés du secteur agroalimentaire commentent principalement leurs conditions de travail. L’étude confirme le déficit d’image des métiers de l’agroalimentaire. Ainsi, de nombreux témoignages de jeunes qui y ont occupé des emplois saisonniers soulignent la pénibilité du travail et des niveaux de rémunération faibles.

 

Pour les consommateurs, les préoccupations principales sont l’exigence d’une nutrition de qualité (22 % des verbatims), la défiance envers l’industrie agroalimentaire (20 %), et la perception très nette des grands industriels derrière les marques de produit (9 %). Le pouvoir d’achat n’intervient, lui, qu’en quatrième place, avec 6 % des verbatims. Cette étude met aussi en évidence certains thèmes émergents autour des labels, du Made in France, du halal.

Les réactions au gré de l’actualité de la communauté des lecteurs de presse nationale ou spécialisée en ligne constituent la moitié des verbatims analysés, relève l’étude menée par Dictanova. Le reste des verbatims est issu de forums généralistes ou spécialisés, comme les forums féminins ou jeunes. Avec leur outil d’analyse des échanges des internautes sur les réseaux sociaux, Dictanova arrive à déterminer que les communautés liées à l’univers des jeux vidéos ont été un endroit d’expression particulièrement important au moment de l’affaire de la viande de cheval.

En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agroalimentaire-et-e-reputation-une-etude-en-ligne-fouille-les-commentaires-sur-les-reseaux-sociaux-81729.html#UXYuoyaC6hoSEI9g.99

En Europe, 1 utilisateur de smartphone sur 7 réalise un achat en ligne à partir de son téléphone

comScore, Inc (NASDAQ: SCOR), un des leaders dans la mesure et de l’analyse du Digital, publie aujourd’hui un bilan des comportements d’achats sur mobile (m-commerce) dans les cinq principaux marchés européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni) grâce au service comScore MobiLens. L’étude indique que l’audience mobile des sites marchands dans l’Europe des 5 a augmenté de 43 pourcent au cours de l’année écoulée, avec un utilisateur de smartphone sur 5 accèdant à des sites de vente en ligne depuis leur téléphone. Par ailleurs, 1 utilisateur de smartphone sur 7 dans l’Europe des 5 a réalisé un achat avec son mobile.

Détail du communiqué de presse:

Les usagers de smartphones européens allant sur des sites d’achats ont vu leur nombre augmenter de 43 pourcent en seulement un an

Paris, 21 octobre 2013 - comScore, Inc (NASDAQ: SCOR), un des leaders dans la mesure et de l’analyse du Digital, publie aujourd’hui un bilan des comportements d’achats sur mobile (m-commerce) dans les cinq principaux marchés européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni) grâce au service comScore MobiLens. L’étude indique que l’audience mobile des sites marchands dans l’Europe des 5 a augmenté de 43 pourcent au cours de l’année écoulée, avec un utilisateur de smartphone sur 5 accèdant à des sites de vente en ligne depuis leur téléphone. Par ailleurs, 1 utilisateur de smartphone sur 7 dans l’Europe des 5 a réalisé un achat avec son mobile.

La consultation de sites marchands depuis des smartphones varie considérablement entre les pays de l’Europe des 5
En août 2013, 20,4 pourcent des usagers de smartphone dans l’Europe des 5 ont accédé à des sites et applications de m-commerce, soit une hausse de 2,8 points de pourcentage par rapport à l’année dernière. L’Espagne est le marché où la croissance est la plus rapide, avec un bond de 66,5 pourcent qui représente 3,3 millions d’usagers de smartphone se connectant aux sites et applications de m-commerce depuis leur téléphone. L’Italie prend la deuxième place avec une hausse de 61,3 pourcent qui représente près de 5,6 millions d’usagers de smartphones se connectant aux sites et applications de m-commerce depuis leur téléphone. Si on analyse de plus près la part d’usagers de smartphones, l’Italie prend alors la première place avec une hausse de 4,8 points de pourcentage, avec 19,3 pourcent d’usagers de smartphone. L’Allemagne, pour sa part, est le plus gros marché en valeur absolue, avec 9,9 millions d’acheteurs sur smartphone, suivi par le Royaume Uni avec 9,7 millions.

Activité de M-Commerce parmi les usagers de smartphone 
 Moyenne sur trois mois se terminant en août 2013 comparée à août 2013
 Total Europe des 5 (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume Uni), Age: 13+
 Source: comScore MobiLens
  Ont accédé à des Sites et Applications Marchands sur la période
Audience smartphone (000) Croissance annuelle de l’audience % de l’audience smartphone totale Croissance annuelle en points de pourcentage
Europe des 5 31 804 43.3 % 20.4 % 2.8
Espagne 3 284 66.5 % 12.2 % 3.1
Italie 5 589 61.3 % 19.3 % 4.8
Allemagne 9 929 45.2 % 27.2 % 2.9
France 3 340 35.9 % 11.7 % 1.1
Royaume Uni 9 662 29.5 % 27.6 % 2.4

Plus d’1 usager de smartphone sur 3 prend une photo d’un produit en magasin
Dans l’Europe des 5, plus d’un usager de smartphone sur 4 prend des photos de produits sur lieu de vente au moins une fois dans le mois. Les Européens ont également tendance à consulter leurs amis ou famille avant de mener la transaction à son terme : 14,3 pourcent envoient une image produit et 14 pourcent appellent ou envoient un texto à propos d’un produit.

Activités M-Commerce sur point de vente des usagers de smartphone 
 Moyenne sur une période de 3 mois se terminant en août 2013
Total Europe des 5 (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume Uni), Age: 13+
 Source: comScore MobiLens
  Audience smartphone (000) % de l’audience smartphone totale
Total Smartphone Audience: 13+ yrs old 155,772 100.0%
Ont pris la photo d’un produit 36,617 23.5%
Ont envoyé la photo d’un produit à des amis/famille             22,317               14.3%
Ont appelé ou envoyé un texto à des amis/famille sur un produit 21,782 14.0%
Ont scanné le QR-Code d’un produit 17,047 10.9%
Ont comparé les prix d’un produit 12,286 7.9%

En Europe, 1 usager de smartphone sur 7 a réalisé une transaction m-commerce
Dans l’Europe des 5, 22,8 millions d’usagers de smartphone ont acheté des produits ou services via leur téléphone en août 2013, une augmentation de 37 pourcent par rapport à août 2012.

Une analyse des 5 principaux types de produits et services achetés via un smartphone indique que les vêtements ou accessoires (5,4 pourcent de l’audience smartphone) et les appareils grand public électroniques ou ménagers (3,8 pourcent) comme les plus prisés. Les autres services ou produits achetés par les usagers européens de smartphone sont des livres (3,8 pourcent), des tickets (3,4 pourcent) ou des produits de soin / hygiène (2,6 pourcent).

Activités M-Commerce des usagers de smartphone
 Moyenne sur une période de 3 mois se terminant en août 2013
Total Europe des 5 (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume Uni), Age: 13+
 Source: comScore MobiLens
  Audience smartphone (000) % de l’audience smartphone totale
Total Smartphone Audience: 13+ yrs old 155, 772 100.0%
   Ayant acheté des produits ou services 22,765 14.6%
Type de produits ou services achetés
   Vêtements ou accessoires 8,411 5.4%
   Appareils grand public électroniques / ménagers 5,957 3.8%
   Livres (exceptés e-books) 5,861 3.8%
   Billets 5,352 3.4%
   Produits de soin / hygiène 4,118 2.6%

A propos de MobiLens 
Les données MobiLens proviennent du sondage en ligne d’un échantillon représentatif d’abonnés mobiles âgés de 13 ans et plus. Les données relatives à l’usage du téléphone mobile se réfèrent uniquement à l’usage du mobile principal de l’usager et n’inclut aucune donnée correspondant à un deuxième appareil mobile.

A propos de comScore
comScore, Inc. (NASDAQ: SCOR) est un des leaders dans la mesure et l’analyse du Digital, offrant un aperçu des comportements Web, Mobile et TV permettant de maximiser leurs investissements Digital. Pour plus d’informations :www.comscore.com/companyinfo

Hélène Azevedo
Marketing Manager Europe
comScore, Inc.
+33 (0) 1 7997 03 88
worldpress@comscore.com

Publié à : http://www.comscore.com/fre/actualites_et_evenements/Press_Releases/2013/10/En_Europe_1_utilisateur_de_smartphone_sur_7_realise_un_achat_en_ligne_a_partir_de_son_telephone?ns_campaign=COM_EMEA_FR_OCT2013_EMKTG_PRESSRELEASESEUROPE&ns_mchannel=em&ns_source=comscore&ns_linkname=text_link_see_full_version&ns_fee=0

 

Silk Road : le FBI ferme un supermarché du crime en ligne

Le chiffre d’affaires de Silk Road, une place de marché virtuelle où l’on pouvait acheter de la drogue avec des bitcoins, s’est approché de 1,2 milliard de dollars en deux ans et demi.

Silk Road était devenue la place de marché criminelle la plus sophistiquée sur Internet, selon le FBI - Copie d’écran présentée sur le site Wikipedia.

Silk Road était devenue la place de marché criminelle la plus sophistiquée sur Internet, selon le FBI – Copie d’écran présentée sur le site Wikipedia.

Terminus pour la route de la Soie. La place de marché en ligne « Silk Road » a été fermée par le gouvernement américain au début de la semaine, et son gérant Ross William Ulbricht a été arrêté mardi à San Francisco. Cet homme de 29 ans est accusé de conspiration en matière de trafic de drogues, de piratage informatique et de blanchiment d’argent. Le juge de la cour fédérale de Manhattan a également déclaré qu’Ullbricht avait tenté de faire tuer une personne qui essayait de le faire chanter.

« Silk Road est devenue la place de marché criminelle la plus sophistiquée et la plus étendue sur Internet aujourd’hui », a déclaré un agent du FBI. En effet, de janvier 2011 à septembre 2013, cet « eBay du vice » a amassé environ 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires, dont 80 millions de commissions pour The Silk Road. On pouvait y trouver un gramme de cocaine pour l’équivalent de 127 dollars, du LSD, des amphétamines, de l’héroïne, ou bien engager un tueur à gage dans plusieurs pays. Il était également possible de faire appel à des hackers pour des travaux de piratage en tout genre, ou d’acheter des virus informatiques.

La galaxie du « Dark Net »

Ce supermarché du crime a pu fonctionner pendant 2 ans et demi parce qu’il était invisible pour la plupart des internautes. En effet, The Silk Road fait partie du « Dark Net », un « Internet de l’ombre » auquel on ne peut pas accéder en tapant un mot-clé sur Google. Il faut utiliser Tor, un service gratuit qui permet de dissimuler son identité, et un logiciel opensource issu des laboratoires de recherche de la Navy. On se connecte de façon anonyme via des « tunnels » virtuels, sans laisser de traces.

L’autre élément-clé du succès commercial de Silk Road est l’usage exclusif d’une devise virtuelle, le bitcoin. Cette monnaie cryptée non émise par une banque centrale, qui est également utilisée pour des transactions parfaitement légales, est convertible en devises sonnantes et trébuchantes. Il y aurait près de 12 millions de bitcoins en circulation quatre ans après la création de cette monnaie virtuelle par un groupe de développeurs informatiques. Le bitcoin valait 142 dollars avant mardi. Le cours a chuté à 110 dollars immédiatement après l’arrestation de Ross Ulbricht. Hier, après la médiatisation de l’affaire, il était descendu à 85 dollars.

Par Solveig Godeluck

Source: Les Echos à http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0203043968525-silk-road-le-fbi-ferme-un-supermarche-du-crime-en-ligne-613189.php?xtor=EPR-101-[NL_13h]-20131003-[s=461370_n=3_c=304_]-1228232@2

 

 

 

 

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale
(Crédit photo : digital cat – flickr)
Le géant de l’agroalimentaire a déposé une demande de brevet pour utiliser la Nigella sativa. Problème : les ONG indiennes contestent sa légitimité à revendiquer des droits sur une plante de leur médecine traditionnelle.

Nestlé souhaite breveter un extrait de la fleur du fenouilNigella sativa. L’enjeu : avoir l’exclusivité de la commercialisation de ce produit qui permettrait de réduire les allergies alimentaires. Depuis le début des années 2000, le géant de l’agroalimentaire investit en effet dans la recherche sur les aliments médicalisés. Ce marché en plein essor a été estimé à 8 milliards d’euros en 2013. Une stratégie similaire à celle des laboratoires pharmaceutiques ayant recours aux brevets pour protéger ses innovations médicales.

Nestlé revendique ainsi devant l’Office européen des brevets (OEB) la découverte des propriétés de lathymoquinone pour réduire la réaction allergique. La demande de brevet couvre également l’utilisation des extraits de fleur de fenouil, dans lesquels cette molécule est présente en très forte concentration. De fait, la découverte d’un produit naturel limitant les allergies alimentaires représente un marché potentiel considérable : Nestlé cite des études scientifiques montrant qu’un tiers de la population aurait des allergies alimentaires ou une hypersensibilité à des aliments allergènes. Autant de consommateurs pour ses produits.

Aucune innovation justifiant un brevet

Encore plus intéressant, Nigella sativa, appelé aussi cumin noir, est déjà largement utilisé dans l’alimentation. Des extraits peuvent être ajoutés directement dans les aliments, sans avoir recours ni à des études toxicologiques, ni à des produits de synthèse. Nestlé se félicite ainsi de pouvoir utiliser ce produit dans sa gamme NaturNes pour bébé d’origine 100% naturelle.Déposé en 2009, le brevet n’a pourtant toujours pas été accordé par l’OEB. En cause, les nouvelles pièces portées au dossier par l’Inde. La base de données indienne sur les savoirs traditionnels, Traditional Knowledge Digital Library (TKDL), contiendrait en effet plusieurs exemples d’utilisation de Nigella sativa pour traiter les symptômes décrits par les chercheurs de Nestlé. Pour le directeur de la TKDL, les laboratoires du groupe n’ont fait preuve d’aucune innovation justifiant un brevet. Si Nestlé reconnaît que la thymoquinone présente dans le fenouil est utilisée à des fins médicales depuis deux mille ans, il revendique néanmoins l’exclusivité des travaux sur allergies alimentaires… Il revient aujourd’hui à l’OEB de trancher.

Propriétés pour traiter les allergies respiratoires

Plusieurs ONG spécialisées dans les questions nord-sud suivent le dossier de près. Pour François Meienberg, de l’organisation suisse la Déclaration de Berne, l’action de l’Inde devrait empêcher la demande de Nestlé d’aboutir : « Le cas s’est déjà produit en 2010 pour des brevets concernant certaines vertus médicinales du Rooibos, une plante sud-africaine. » Nestlé avait finalement retiré ses demandes, faute de preuves suffisantes sur l’innovation de ses brevets.L’ONG Third World Network, basée en Thaïlande, va plus loin. Cette organisation qui assure une veille sur les questions de biosécurité a recensé les recherches scientifiques faites au Moyen-Orient et en Asie sur l’utilisation médicale de Nigella sativa. Or, plusieurs études mettaient déjà en évidence les propriétés de cette plante pour traiter les allergies respiratoires.

Les ONG ont une autre accusation en tête : la biopiraterie pour non-respect de la Convention sur la biodiversité (CBD). D’autant que Nestlé s’est engagé à respecter le protocole de Nagoya, qui régule l’accès et le partage des ressources génétiques et des savoirs traditionnels. Mais pourNigella sativa« le cas est complexe », explique François Meienberg : la plante est utilisée dans de nombreux endroits du globe et il n’existe donc pas une communauté ou un pays légitime avec lequel négocier le partage des bénéfices liés à l’utilisation de cette plante.

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale dans - climat politique Novethic_logo-4f113-10-1fd9dCet article de Magali Reinert a été initialement publié le 19 août 2013 sur Novethic, le média expert du développement durable.

source: http://www.terraeco.net/Allergies-alimentaires-Nestle-veut,50843.html

 

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