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Les premières mesures issues de la Convention citoyenne pour le climat ont été adoptées par le Conseil de défense écologique, il s’agit notamment de l’extinction des chaudières au fioul et au charbon ainsi que de l’interdiction de chauffer les terrasses.

La fin des chaudières polluantes

Dès le 1er janvier 2022, l’installation de chaudière au fioul ou au charbon sera proscrite dans les logements neufs. À cette même échéance, les chaudières polluantes arrivant en fin de vie devront être remplacées par des équipements plus durables telles que les pompes à chaleur. Pour cela, les ménages les plus modestes bénéficieront d’aides qui pourront portées jusqu’à 80% du coût du nouvel équipement.

La performance énergétique comme critère de décence

Un nouveau décret va faire entrer la performance énergétique comme critère pour définir un logement décent. Celui-ci devrait être applicable au 1er janvier 2023. Ainsi, les occupants de logements énergivores pourront exiger l’exécution de travaux de la part du propriétaire. En France, on compte 7 millions de logements mal isolés. On estime que l’on peut parler de logement énergivore lorsque la consommation énergétique de ceux-ci dépasse les 500 kwh au m².

La disparition des terrasses chauffées

C’était l’une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat et le Conseil de défense écologique lui a donné vie. Dès l’hiver 2021 (ou 2022), il sera interdit d’implanter des systèmes de chauffage en extérieur sur l’espace public et les terrasses de café. Une interdiction déjà mise en œuvre dans quelques communes du territoire national, comme à Rennes.

Deux nouveaux parcs naturels régionaux

Le mont Ventoux, dans le Vaucluse et la baie de Somme, en Picardie maritime seront désormais considérés comme parcs naturels régionaux. De plus, la forêt de la Robertsau en Alsace va devenir une réserve naturelle. Ainsi, c’est 30% du territoire français qui sera sous protection.

La lutte contre l’artificialisation des sols

Une circulaire va être transmise aux préfets pour leur demander de lutter contre l’artificialisation des sols en signalant les projets d’implantation commerciale susceptibles de détruire les terres agricoles ou les espaces naturels à la commission nationale. Cette procédure permettra ainsi de geler les opérations en attendant 2021 et l’adoption d’une mesure législative allant en ce sens.

Diviser par deux la « bétonisation » c’est l’objectif du gouvernement. Cette demande qui émane de la Convention citoyenne pour le climat devrait prendre vie grâce à un fonds de plusieurs centaines de millions d’euros mis en place dans le cadre du plan de relance. Cette enveloppe budgétaire devrait permettre de réhabiliter des centaines d’hectares de friches urbaines.

Boxy, le magasin autonome où l’on ne passe pas à la caisse

Entièrement automatisée, cette supérette installée dans un conteneur à Gennevilliers ne compte aucun employé ni caisse automatique.

Installé dans un conteneur sur le port de Gennevilliers, le magasin Boxy ne compte aucun employé. © Thibaut Déléaz / Le Point
Posé près d’un parking, le conteneur rouge de Boxy détonne dans le décor morne et gris du port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Ce n’est pas un conteneur égaré après son déchargement d’une péniche, mais une petite supérette… entièrement autonome.
Après s’être inscrit sur l’application Boxy et avoir entré ses coordonnées bancaires, il suffit de scanner son code QR pour déverrouiller la porte d’entrée. À l’intérieur du magasin, une rangée de frigos remplis de sandwichs, salades, pizzas, boissons ou fromages, et des rayons de gâteaux, des pâtes, du lait ou encore des produits d’hygiène. Le client n’a plus qu’à se servir et à partir, sans rien faire de plus. Quelques minutes plus tard, le reçu arrive dans l’application et les produits pris sont facturés.

Capteurs et intelligence artificielle

L’expérience est déroutante, mais cela fonctionne. « On est entre 1 et 3 % de taux d’erreur, ce qui est très correct », confirme David Gabai, cofondateur de Storelift, la start-up derrière cette supérette ultratechnologique. C’est grâce à des capteurs disséminés partout dans le magasin et un programme d’intelligence artificielle que Boxy peut savoir quels produits le client prend dans les rayons.
« Quand vous entrez dans le magasin, le système va capter votre silhouette et votre gabarit – sans reconnaissance faciale – et l’associer à votre compte », détaille David Gabai. Plusieurs personnes peuvent ainsi faire leurs courses en même temps. Un produit pris est ajouté à notre panier virtuel, et retiré si l’on change d’avis et qu’on le repose à sa place.
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Salades, sandwichs, fromages, boissons, pâtes, gâteaux… L’offre de Boxy est surtout destinée à du dépannage ou aux repas des travailleurs. © Thibaut Déléaz / Le Point
L’objectif de Storelift avec cette mini-supérette est de proposer une offre de restauration et d’alimentation de proximité là où il n’y en a plus. Ce premier exemplaire installé début août sur le port de Gennevilliers en est le parfait exemple, installé comme un symbole devant un ancien tabac presse et un restaurant à l’abandon.
Dans cette zone où travaillent 8 000 personnes, il n’y a plus rien pour manger. « On a beaucoup de bons retours, de gens qui disent tous pareil : qu’il n’y avait plus rien avant nous », rapporte le cofondateur, qui souligne qu’une partie du chiffre d’affaires se fait aussi la nuit, quand les travailleurs nocturnes des usines prennent leur pause.

Une prise de courant suffit

Le modèle du conteneur est facile à dupliquer : il faut à peine 24 heures pour l’installer, et juste une prise pour le brancher. Une simplicité qui permet aussi d’envisager des installations temporaires, note David Gabai. « Ça peut être pertinent de l’installer dans un camping pour la saison, par exemple. » Des magasins Boxy pourraient aussi s’installer dans des locaux plus traditionnels, dans des zones périurbaines.
À l’origine, David Gabai et son associé Tom Hayat travaillaient sur une technologie à vendre aux magasins physiques pour leur apporter une connaissance plus fine de leurs clients et de leurs comportements dans les rayons et devant les produits, mais ils n’ont « pas trouvé leur marché ». À l’automne 2018, ils décident finalement de réorienter Storelift vers la création d’une chaîne de magasins autonomes, en développant une technologie similaire aux Amazon Go ouverts par le géant de la livraison outre-Atlantique.
Une multitude de capteurs permettent de suivre les achats des clients dans le magasin.
Beaucoup de travail, deux levées de fonds et un test plus tard, le premier Boxy est né sur le port de Gennevilliers. Et la start-up compte bien concurrencer les acteurs de la grande distribution sur le terrain de la proximité. « Ce n’est pas une solution technologique qu’on vendrait à des enseignes, précise David Gabai. C’est une marque, une nouvelle enseigne de proximité dans l’alimentaire. »

Petits prix et mutualisation

Leur arme face aux petits Casino, aux Carrefour Express ou aux Franprix ? Proposer des prix similaires à ceux d’une grande surface, bien inférieurs à ceux que pratiquent en temps normal les supérettes de cette taille. « Avec un magasin autonome, on arrive à réduire les charges, et l’amplitude horaire 24 heures sur 24 augmente le potentiel économique. »
Quelques minutes après sa sortie, le client reçoit une facture pour les produits qu’il a récupérés dans le magasin.
Même pour le réassort du magasin, quotidien, tout a été optimisé. L’outil informatique permet d’avoir une connaissance très fine du stock dans chaque magasin et ainsi de savoir précisément ce qui doit être renouvelé. Les commandes seront préparées et mutualisées dans un entrepôt à Ivry-sur-Seine, avant d’être livrées. Une intervention humaine éclair dans le commerce : « Le livreur fait sa tournée, il s’arrête pour ranger les produits, nettoie le magasin et contrôle les dates limites », décrit David Gabai. La surveillance des magasins, à distance, est elle aussi mutualisée, tout comme le service client.
À Gennevilliers, Boxy vise les 70 à 120 clients par jour. Pour ce premier mois d’expérimentation, le panier moyen est de 4 à 6 euros, et « 80 % des clients reviennent ». Une prochaine unité doit ouvrir à la fin du mois au parc Icade de Rungis. D’autres devraient suivre, pour, espèrent ses créateurs, installer solidement le logo rouge et blanc de Boxy dans le paysage des commerces de proximité.
Publié le 06/09/2020 à 09:00 | Le Point.fr
SOUrCE: https://www.lepoint.fr/economie/boxy-le-magasin-autonome-ou-l-on-ne-passe-pas-a-la-caisse-06-09-2020-2390500_28.php

La cooptation fait son grand retour

Dans la guerre actuelle des talents, de plus en plus d’entreprises renouent avec ce système éprouvé de recommandation entre pairs. Il convient toutefois d’encadrer le dispositif afin d’éviter certaines dérives.

Sur le principe « les amis de mes amis sont mes amis », la cooptation revient en force selon le dernier rapport de Top Employers Institute. 73 % des « top employeurs » en France la pratiquent, soit 13 points de plus en un an. Cette méthode de recrutement qui a fait ses preuves est, de fait, un bon moyen de contourner l’état pénurique de certains profils comme les développeurs informatiques. Qui mieux qu’un collaborateur connaît à la fois son entreprise et les attentes de son réseau ? Moins chère qu’un cabinet de recrutement ou même que le dépôt d’une annonce sur un job board, la cooptation permet d’obtenir des candidatures de meilleur de qualité. S’engageant personnellement, le coopteur ne prendra pas le risque de recommander un « bras cassé ». Ce système de recommandation entre pairs permet surtout de sonder marché caché de l’emploi inaccessible aux processus classiques de recrutement.

Pour industrialiser la démarche, il existe des plateformes comme Keycoopt System ou Myjobcompany qui diffusent les annonces en interne sur lesquelles le collaborateur peut positionner des personnes de son entourage voire postuler lui-même. Ce qui permet ainsi de lier mobilité interne et cooptation. Afin d’inciter les collaborateurs à jouer les agents recruteurs, la cooptation est généralement assortie d’une prime, dont le montant oscille entre 200 et 5 000 euros, ou d’un avantage en nature comme un bon d’achat ou un voyage. L’attribution de gratifications trop élevées fait débat. Elle conduirait, selon certains experts RH, à faire des collaborateurs de véritables de chasseurs de prime. Directeur de Keycoopt System qui a notamment Bonduelle comme client, Guillaume Dubrule n’a jamais constaté ce type de dérive qui transformerait la cooptation en nouvelle source de revenus. « Tout d’abord, il n’y a pas de postes à pourvoir toutes les semaines. Ensuite, il y a des garde-fous. Une personne ne peut pas recommander tout son carnet d’adresses en se disant, qu’avec un peu de chance, un de ses contacts sera recruté. Il faut pouvoir justifier chaque recommandation. J’ai travaillé quinze ans avec Guillaume dans une autre vie, je lui connais telles qualités. Cela ne peut pas être un simple contact LinkedIn. »

Attention au clonage !

Autre risque : la confusion entre cooptation et copinage. En dépit de l’affection qu’il porte au coopté, le coopteur doit recommander une personne pour ses seules compétences professionnelles, en toute objectivité. Il en va de sa propre crédibilité. Inversement, il aurait beaucoup à perdre à entraîner un ami à venir dans son entreprise en lui cachant les difficultés du poste.

Le dernier grief contre la cooptation, c’est le « syndrome du mouton ». Un collaborateur recommandera avant tout des candidats issus de son école ou ayant suivi un parcours similaire au risque de faire venir les mêmes clones. Ce qui ne favorise pas la diversité des équipes ni les recrutements atypiques. Si tous les profils recommandés travaillent dans l’ancienne société du coopteur, cela pourrait être, par ailleurs, perçu comme un débauchage massif et donner lieu à une action en justice.

—— Xavier BISEUL (Tribune Verte 2934)

Étude : L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE A FAIBLEMENT RECOURS À LA COOPTATION

Selon la dernière étude de l’Apec sur le sourcing, la cooptation des salariés était le quatrième canal d’embauche de cadres en 2018 avec 10 % des postes pourvus, soit un point de plus que l’année précédente. Cette moyenne est très variable d’un secteur d’activité à l’autre. Avec un taux de recours 19 %, l’industrie agroalimentaire est celle qui est le moins portée sur la cooptation. À titre de comparaison, l’informatique affiche un taux de 64 %, la communication et les médias, 59 %, la banque-assurances, 55 %. Plus la taille de l’entreprise est grande et plus le choix de la cooptation est prononcé. Il est de 35 % pour les sociétés de 50 à 100 salariés pour s’élever à 59 % pour les celles de plus de mille employés.

Avis d’expert : « LA COOPTATION DOIT CONCERNER TOUS LES COLLABORATEURS

Guillaume Dubrule, directeur de Keycoopt System

Quels sont les facteurs-clés de réussite d’un programme de cooptation ?
Décréter la cooptation est une bonne chose mais si le programme n’est pas associé à un plan de communication, il a peu de chance de réussir. Affichage, SMS e-mailing, intranet, vidéo… Tous les supports sont bons.

Les meilleurs lancements sont portés au plus haut niveau hiérarchique de l’entreprise. Dans un mail adressé à toute l’entreprise, la direction générale expliquera les raisons du recours à la cooptation et comment elle souhaite que ses collaborateurs l’aident à recruter.

Rédiger une charte de la cooptation permet de définir les règles du programme. Peut-on, par exemple, recommander des membres de sa famille ? Aux yeux de certains employeurs, cela pourrait nuire aux relations de travail. D’autres entreprises estiment que les membres du comité direction ne sont pas éligibles au programme, la cooptation faisant partie intégrante de leur fonction.

Il faut ensuite tenir informé les coopteurs du suivi du process. La personne s’est engagée au nom de son entreprise, elle a le droit de savoir ce que la candidature est advenue que l’issue soit positive ou non.

Faut-il embarquer tous les collaborateurs ?
Je le conseille quitte à modérer le montant des primes en fonction de l’état pénurique des postes recherchés. Ne donner l’accès au programme qu’à une partie du personnel risque de générer de la frustration. Pourquoi le service IT serait intéressé au recrutement et pas le service comptabilité ? Ce n’est pas parce que je travaille au marketing que je ne connais pas des commerciaux et des ingénieurs. Les passerelles entre les métiers sont de plus en plus ouvertes et nous sommes tous amenés à avoir plusieurs vies professionnelles. Il n’y a donc pas de raison de cloisonner à l’exception de la cooptation sur des postes stratégiques ou confidentiels.

Quid de la prime ?
Je recommande d’assortir systématiquement la cooptation d’une gratification qui prend généralement la forme d’une prime financière, oscillant de 200 à 5 000 euros avec un point d’équilibre autour de 600/800 euros. Certains employeurs préfèrent donner des bons d’achat ou faire bénéficier le cooptant de tarifs préférentiels sur produits et services de la société. La tendance est aussi aux dons versés aux associations caritatives comme Les Restos du Coeur.

Je pense qu’il ne faut pas conditionner l’attribution prime à la fin de la période d’essai du coopté même si les deux tiers de nos clients versent 50 % du montant à la signature du contrat de travail et 50 % ensuite. Le rôle du cooptant s’arrête à la recommandation. Les RH ont ensuite évalué le profil et ont pris la décision de le recruter. La cooptation reviendra toujours moins chère que de faire appel à un cabinet de recrutement qui factura sa mission plusieurs milliers d’euros. Le dépôt d’une annonce sur un site d’emploi peut, lui, coûter de 500 à 1 000 euros. Non seulement la cooptation revient moins cher mais la qualité des candidatures est significativement meilleure et elle fait baisser le turnover. Le cooptant se sera assuré que le profil recommandé correspond aux valeurs de l’entreprise. Il l’aura briefé avant.

Coronavirus : comment l’agroalimentaire répond à l’explosion de la demande

Le géant de la charcuterie Fleury Michon, le deuxième producteur de volaille et de viande bovine français Terrena, les sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole Cavac ou encore le groupe maraicher Cheminant, tous connaissent une hausse d’activité de 20 à 75 % depuis les premières annonces de confinement visant à éviter la propagation du coronavirus. Et tous doivent s’adapter en urgence pour livrer les grandes surfaces.

  • Coronavirus : comment l'agroalimentaire répond à l'explosion de la demande dans - Pays de Loire

    Photo : Fleury Michon

« Les livraisons de produits en charcuterie et en plats cuisinés auprès des distributeurs ont augmenté de 20 à 30 % », constate le géant de l’agroalimentaire Fleury Michon, depuis l’annonce des premières mesures visant à limiter la propagation du coronavirus. Le groupe Terrena, à Ancenis, deuxième producteur de volaille et de viande bovine en France (CA de 4,9 Mds€) confirme « la forte demande des clients et des consommateurs. » Le jambon, la charcuterie et la volaille, feraient en effet partie des produits les plus plébiscités – avec les œufs, le lait ou les pâtes – par les consommateurs. « Chez nous, ce qui progresse le plus, ce sont les produits frais comme la charcuterie et le pain », précise Olivier Joreau, directeur général adjoint de la Cavac qui a vu l’activité des sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole augmenter de 10 à 50 % en seulement quelques jours. « Lorsque le président de la République a annoncé que les écoles allaient fermer, les stocks ont fondu », précise le directeur général adjoint de la Cavac qui produit du pain via la société Biofournil (80 salariés), de la charcuterie au sein de Bioporc (80 salariés), des biscuits avec Les Petits Amoureux (20 salariés), des galettes et crêpes via Catel Roc (20 collaborateurs) et des préparations surgelées grâce à Atlantique Alimentaire (150 collaborateurs).

« La demande de farine explose »

La société de transport Mousset, dont 50 % de l’activité est consacrée au transport d’animaux vivants, confirme cette forte hausse. « Notre pic d’activité concerne la volaille et le poulet en particulier », assure le groupe qui n’a, pour le moment, pas évaluer cette augmentation. « Nous livrons également de la farine à des meuniers, nous travaillons notamment avec U Logistique. Et la demande explose », poursuit le transporteur. Même constat pour le groupe Cheminant, à Carquefou (12,5 M€ de CA, 85 salariés) qui produit des concombres et des tomates sous serres. D’ordinaire, le groupe a un ou deux jours de stocks. Mais depuis le début de la semaine, plus rien. La coopérative Océane qui réunit 70 maraîchers nantais envoie jusqu’à 70 000 colis de concombres, tomates, poireaux ou mâches contre 40 000 habituellement. Des stocks augmentés de 75 % mais entièrement liquidés à la fin de la journée.

Un repas sur six pris hors domicile habituellement

Cette hausse de la demande s’explique par les mesures annoncées par le président de la République et le premier ministre, ayant incité certains consommateurs à faire des réserves de nourriture. Mais la fermeture de la restauration collective et des cafés et restaurants participent également au phénomène. Selon une étude sur la consommation des produits alimentaires en restauration hors domicile, les Français consomment en moyenne un repas sur six hors foyer. En cette période de confinement, les grandes et moyennes surfaces absorbent donc cette part supplémentaire. Mais pour Olivier Joreau, directeur général adjoint de la Cavac, « les Parisiens et autres Français venus rejoindre la côte vendéenne et leurs résidences secondaires continuent d’accentuer le phénomène. » L’Île d’Yeu connaîtrait, en effet, une affluence comparable à celle d’un mois de juillet, tout comme l’Île de Noirmoutier selon France Bleu.

Un faible taux d’absentéisme

Alors pour répondre à cette hausse soudaine de la production, les entreprises doivent s’adapter. Heureusement Fleury Michon comme La Cavac comptent un très faible taux d’absentéisme. Seulement 50 salariés sur les 2 500 du géant de la charcuterie sont absents, principalement pour garde d’enfant. Au sein des sociétés agroalimentaires de la Cavac, qui concentrent 450 salariés, on ne recense que deux absents.

Pour s’adapter à la demande, Fleury Michon a toutefois dû réorganiser son outil de production. Certains des collaborateurs du groupe, dédié au catering aérien, sont réaffectés sur d’autres sites. Et ces usines produisent désormais durant 6 jours au lieu de 5. L’adaptation est plus compliquée pour les maraîchers. « Il faut attendre que la plante pousse. Heureusement, le temps ne s’annonce pas trop mauvais, on va pouvoir augmenter la production dans les prochains jours », espère Antoine Cheminant.

Élargissement des horaires de production

« Ce n’est pas facile à gérer, confirme Olivier Joreau, le directeur général adjoint de la Cavac. Tous les clients des grandes et moyennes surfaces demandent de gros approvisionnements. Ils n’ont d’ailleurs jamais connu un tel niveau d’activité. » Pour faire face à la demande, les sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole ont donc renforcé les équipes en amont et élargissent les horaires de production. « Nous privilégions les clients qui ont des besoins urgents et nous repoussons la production des produits à faibles rotations », précise le directeur général adjoint qui estime que la demande devrait ralentir dans les prochains jours.

Un ralentissement qu’espère en tout cas le groupe Cheminant. « Nous avons identifié les risques avec nos fournisseurs. L’un d’eux, qui nous fournit de l’engrais, a fermé. Pour l’instant nous avons assez de stock mais pour combien de temps ? » s’interroge-t-il.

Par Jéromine Doux, le 18 mars 2020

Contamination des aliments par les microplastiques : Eurofins propose des solutions innovantes

Depuis plus de 50 ans, la production de plastiques a explosé dans le monde avec une utilisation massive dans des produits jetables bon marché, les emballages alimentaires (PVC), les tissus et textiles (polyesters), les CD (polycarbonates). Or, s’il n’est pas correctement recyclé, le plastique constitue une menace majeure pour notre environnement et potentiellement un danger pour notre santé.
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Contamination des aliments par les microplastiques : Eurofins propose des solutions innovantes dans S DiscussionS

Définition et comparaison

Les microplastiques sont de minuscules particules, morceaux ou fibres de tous types de plastiques dont la taille est comprise entre 1 µm et 5 mm. En comparaison, le cristal de sel mesure 300 µm, le diamètre d’un cheveux 70 µm et un globule rouge 10 µm.

Les risques

N’étant pas biodégradables, les microplastiques peuvent rester dans l’environnement pendant des centaines d’années. Et cette pollution environnementale de l’eau (mers, océans, lacs, rivières), de l’air et des sols conduit à une contamination de certains aliments comme l’eau potable et en bouteille, les algues, le sel de mer, les poissons, crustacés, coquillages, voire d’autres animaux suite à l’ingestion d’insectes contaminés dans leur propre environnement direct.

Or, comme l’indique l’Anses(1), « les microplastiques peuvent présenter un danger de par leur composition, notamment du fait des additifs, potentiels contaminants chimiques, et des contaminants biologiques (bactéries) qui viennent se fixer à leur surface »

C’est pour ces raisons que de nombreuses associations environnementales militent pour que les gouvernements règlementent l’utilisation, la production et le recyclage des plastiques afin de réduire la pollution environnementale et de maintenir des écosystèmes sains. C’est ce que fait l’Union Européenne en interdisant les cotons tiges, la vaisselle jetable ou les pailles fabriquées dans ce matériau. Des études sont aussi lancées dans le monde entier afin de surveiller les plastiques et microplastiques dans l’environnement. Une étude récente du WWF International relayée par l’agence de presse Reuters(2) le 31/12/2019, montre qu’en moyenne dans le monde une personne ingèrerait potentiellement l’équivalent d’une carte de crédit en plastique par semaine (soit 20 kg dans une vie).

Les solutions Eurofins, un temps d’avance

Fort de sa stratégie d’innovation permise par son réseau international de laboratoires et dans sa volonté de toujours mieux vous accompagner sur des problématiques émergentes non encore réglementées (un avis de restriction de l’agence européenne ECHA(3) saisie depuis janvier 2018 est attendu pour juin 2020 avant examen et réglementation éventuelle par la Commission Européenne), Eurofins vous propose des solutions pour identifier la prévalence des microplastiques dans les eaux. Des développements sont en cours pour d’autres produits alimentaires comme les poissons et les fruits de mer.

Puisqu’il n’existe actuellement aucune méthode normalisée pour de telles mesures, les services R&D Eurofins ont établi des analyses robustes et fiables et vous proposent :

  • La détermination de présence de microplastiques par les technologies de spectroscopie et de microscopie FTIR (spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier), méthode la plus citée pour ce faire dans les publications scientifiques. Il s’agit d’une puissante technique qualitative et informative proposée par les laboratoires Eurofins en Norvège, Australie ou aux USA. Notre laboratoire américain dédié a d’ailleurs été le premier laboratoire à proposer sur le marché des technologies d’imagerie et de coloration NOAA (National Oceanic and Atmostpheric Administration) avec cette méthode
  • La quantification individuelle par Pyr-GC-MS (chromatographie avec injection pyrolytique) pour 8 polymères (PE, PP, PS, PVC, PET, PC, PMMA, PA6) après un processus de filtration innovant. Pour les eaux et le sel, en seulement 15 jours et pour un coût abordable, vous disposez de résultats quantitatifs donnés sous forme de concentration de masse pour répondre à la demande future de limites réglementaires. Ces analyses sont réalisées dans notre laboratoire norvégien qui est par ailleurs le seul laboratoire au monde capable de tester les particules de caoutchouc (mélange de polymères et d’autres composés qui ne peut pas être détecté avec les méthodes FTIR standard de par sa couleur noir)

Afin de vous aider dans la maîtrise de ce risque avec une vue globale, ces deux méthodes peuvent être combinées pour détecter et quantifier les microplastiques

Alors même que la réglementation n’impose pas encore de contrôle officiel, ces solutions innovantes sur les microplastiques sont  une nouvelle illustration concrète de la mission d’Eurofins de contribuer au bien-être et à la santé de tous.

(1) 2019 Les microplastiques. Anses

(2) 2019. A plateful of plastic: Visualizing the microplastic we consume. Reuters

(3) Microplastiques. ECHA: European Chemicals Agency

Plongée en 2040 dans les habitudes alimentaires d’une jeune active

Comme 75% Français 2040, Megan flexitarienne.
Comme 75% des Français de 2040, Megan est flexitarienne. @Guetty Images

DOCU-Fiction // Née en 2014, Megan, fraîchement diplômée, vient de décrocher son premier job de thérapeute en intelligence artificielle.

Comme 75% des Français de 2040, elle est flexitarienne. Il faut dire que nous sommes désormais 9 milliards de Terriens… Nous la suivons dans un monde dystopique où la pause-déjeuner des Français n’existe plus.

Après avoir obtenu en 2039 un double diplôme en programmation et en psychologie numérique à Psycho ParisTech, la grande école  de psychologie numérique, Megan, thérapeute en intelligence artificielle (TIA), a rejoint Robot Inclusive, une entreprise internationale spécialisée dans les interactions entre humains et robots. Aujourd’hui, les TIA sont les nouveaux développeurs des années 2000. En début de carrière, ce professionnel de la santé mentale des algorithmes gagne en moyenne 65.000 EUcoins par an (une monnaie descendant du feu bitcoin). Encadrée par une équipe de chercheurs, la jeune femme veille à ce que la relation entre le travailleur humain et le robot dans les entreprises ne tourne pas au vinaigre.

Analyse de ses microbiotes au petit-déjeuner

6h30. Comme chaque lundi matin, Megan commence sa journée par une analyse de son microbiote (autrement dit de ses selles). Cinq minutes après le dépôt de l’échantillon dans l’appareil XYX connecté aux toilettes, elle reçoit une alerte via son assistant personnel. La voix lui dresse un état des lieux de sa flore intestinale. Elle ne regrette pas d’avoir investi deux ans plus tôt dans ce dispositif qui lui a permis d’adapter son alimentation à ses besoins énergétiques en période d’examens. Désormais en poste, elle veut mettre les bouchées doubles pour décrocher sa première promotion dans quelques mois. Son alimentation personnalisée lui permet de gagner en efficacité, surtout quand elle fait de longues journées. Son credo : « Bien manger, c’est bien : respecter les besoins de son corps, c’est mieux ».

Lancement d’un restaurant végan industriel

Elle poursuit sa matinée par une séance de yoga de 45 minutes, en visioconférence. Plus besoin de se retrouver dans un studio, chaque élève se connecte et fait son namasté devant son écran. Maddie, prof de yoga, végétalienne, anime la séance. Après le cours, Maddie enfile son tablier pour entamer sa deuxième vie. A 30 ans, cette slasheuse est également fondatrice de Vodexo, une entreprise spécialisée dans la restauration collective végane. Lancé en 2035, le groupe nourrit chaque mois près de 15 % des travailleurs français. Elle affiche un taux de croissance de près de 50 % par an.

8h20. C’est l’heure de se mettre à table avant de filer travailler. Megan est ravie ce matin-là de ne pas avoir à avaler son Feed Breakfast sur le chemin. Elle a beau savoir que ce substitut de petit-déjeuner à forte valeur nutritionnelle contient tout ce qu’il lui faut pour démarrer la journée, rien ne vaut de se poser un moment avec un thé à la menthe cultivée dans son petit potager d’intérieur à basse consommation d’énergie. Thé, qu’elle accompagne d’une barre énergétique banane, chocolat noir et d’insectes concassés de chez ChocoSect, commandée en ligne.

L’enseigne lui a livré la semaine dernière ses barres composées par ses soins en fonction de ses besoins en protéines, vitamines et fibres. Le tout pour un prix très raisonnable : 3,50 EUcoins pour une boîte de 10. Les contenants sont biodégradables et les aliments se transforment en engrais une fois la date de péremption dépassée. Sur le réseau TikTak, elle discute avec la communauté des meilleurs mélanges, et demande des recommandations personnalisées de nutritionnistes qui ont accès aux informations sur sa flore intestinale, et ses données de santé.

Commande de son repas et livraison dans un food corner

9h15. Megan anticipe sur le déjeuner. Elle commande sur Techno Food Business, une entreprise spécialisée dans la livraison de kit alimentaire, fait maison. Pour un abonnement de 75 EUcoins par mois, la start-up vous prépare une poche de nutriments express par jour. Pour booster sa longue journée, la thérapeute en intelligence artificielle opte pour un menu protéiné avec une mixture rassemblant des galettes d’algues croustillantes, des lentilles vertes du Puy-en-Velay, un hachis parmentier à base de viande végétale, et un crumble aux pommes avec une chapelure de lombrics. Une recette qu’elle a piquée à une influenceuse qu’elle suit sur TikTak.

Pour bénéficier de sa réduction de 2 EUcoins, elle rapporte les emballages utilisés la fois précédente et opte pour une livraison dans un Food Delivery. On en trouve à peu près tous les 800 mètres à Paris. Le code envoyé par mail permet de récupérer son kit, à l’adresse indiquée, cinq minutes après la commande.Elle choisit le lieu de livraison en fonction de ses rendez-vous du jour. Aujourd’hui, elle se fait livrer à côté de Station Green. En parallèle de son activité au sein de Robot Inclusive, deux demi-journées par semaine, Megan, jeune active engagée, y fait du mécénat de compétences auprès des start-up en « early stage ».

Les jeunes diplômés veulent de vraies valeurs alimentaires

10h30. Elle assiste à un atelier sur les bienfaits de l’alimentation organisé par Julie, une de ses amies de chez EatWell, une start-up incubée à Station Green, spécialisée dans l’éducation alimentaire. Après un master en RH et un début de carrière dans l’industrie agroalimentaire, son amie a décidé de se reconvertir. Elle est désormais healthy food office manager. Son métier est de s’assurer le bien-être et l’hygiène alimentaire des collaborateurs. Et ce n’est pas vraiment par pure philanthropie. D’après la dernière étude de PGQ, un cabinet de recrutement spécialisé dans les jobs les plus bienveillants, 57 % des jeunes diplômés sont attirés par les entreprises qui affichent de vraies valeurs alimentaires et environnementales. Aujourd’hui, toutes les start-up s’arrachent les food office managers.

 

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Une fois par semaine, Julie anime également un atelier sur le lien entre alimentation et productivité dans le hall de Station Green. Dans son pitch, la healthy food office manager de 28 ans explique aux entrepreneurs que le planning des repas de la semaine est aussi important que la préparation de la prochaine levée de fonds. Une raison à cela : les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’assiette des entrepreneurs, et tissent un lien entre leur capacité à prendre soin de leur corps et leur aptitude à faire grandir l’entreprise.

Récupérer le repas au food corner

13h00. Julie et Megan se retrouvent au food corner. Chacune récupère son kit, le connecte d’une part à un cathéter de l’autre à leur smartphone qui régule l’injection des nutriments en fonction des analyses du matin. Pendant leur déjeuner, elles discutent de « EatMirror », une série de science-fiction qui raconte le futur de l’alimentation en 2121. Dans le dernier épisode, le personnage principal est un agriculteur qui lance la première culture de soja sur la planète Mars, une piste qui permettrait de répondre au défi de l’alimentation mondiale.

Après les 5 minutes d’injection, les deux jeunes femmes partent s’installer dans le grand parc de Station Green, situé au coeur de Central Paris, un parc de 30 hectares, construit à la place de l’ancien Opéra Bastille. Sa mère une ancienne influenceuse, très en vogue en 2019 sur feu Instagram (un réseau social où a commencé la starification de l’alimentation), lui a raconté que la construction de ce parc de près d’un milliard et demi a démarré en 2022, lorsque tous les groupes politiques se sont entendus pour recouvrir la capitale de verdure.

15h30. Megan continue sa journée chez Robot Inclusive. Pour calmer sa petite fringale, Megan prendra une banane, made in Paris. Station Green a investi dans des serres tropicales où se cultivent des fruits et légumes tropicaux depuis que l’on a interdit le transport maritime de fruits et légumes venant d’outre-mer.

Escale dans le jardin partagé

17h30. Elle rejoint son petit ami Tom, un concepteur d’organe médical. Expert dans le traitement des cellulessouches et de la bio-impression 3D de tissus biologiques. Il construit des organes bioartificiels pouvant être greffés sans possibilité de rejet par les patients. Le couple n’habite pas encore ensemble, mais ils partagent une parcelle dans un jardin. Cette activité de jardinage permet au jeune couple de se retrouver et de relâcher la pression de la journée. Leur jardin est sur le toit de chez Tom, qui vit dans un co-living, dans le quartier Margaret Hamilton, une ville située dans le sud du Grand Paris, à 10 minutes à pied de son laboratoire.

Le jeune homme de 27 ans partage sa cuisineavec d’autres locataires. Chaque premier lundi du mois, il rejoint ses voisins pour un cours de cuisine avec un chef étoilé. La dernière session a, par exemple, été animée par Hugues Pierrus, à la tête d’un restaurant spécialisé en viande alternative. Au programme : un boeuf-carottes avec des viandes cultivées à 50 kilomètres de Paris, et des carottes qui viennent du toit végétalisé de la résidence. Quand la production locale n’est pas suffisante, les résidents de Margaret Hamilton achètent des aliments en « nanoencapsulation ». Le goût est légèrement altéré mais les nutriments sont là !

Soirée dans un restaurant en 3D

19h15. Ce soir, les amoureux vont dîner chez Tokyo Supreme, un restaurant de sushis imprimés en 3D ! Dès l’entrée, on voit un grand spectacle d’imprimantes dotées de bras robotiques géants concevoir les plats, sous l’oeil attentif d’un maître sushi. C’est carrément TikTakable !

Pour y accéder ? Vous réservez votre table en ligne, avec la validation vous recevez un kit santé. Vous devrez vous munir d’échantillons biologiques qui permettront aux chefs de vous concocter un menu de sushis basé sur vos besoins physiologiques. Pour accompagner le repas, ils commandent une bouteille de vin provenant d’un des plus grands vignobles de Bourgogne, où le vin est entièrement développé par des robots, mais dans cette région, la récolte des grappes de raisin se fait toujours par des ouvriers bien humains. Pour la petite histoire, l’an dernier Megan a accompagné ces robots sommeliers à développer leur palais. Au dessert, les amoureux se partagent une panacotta à base de cannabidiol, idéal pour finir la journée en légèreté.


*Cette fiction a été pensée grâce aux expertises de :
Didier Toubia, cofondateur d’Aleph Farms
Charlotte Thienpont, cofondatrice de Prune, restaurant bistronomique
Matthieu Vincent, cofondateur du DigitalFoodLab
Olivier Tangopoulos, fondateur de Foodette
Xavier Boidevezi, secrétaire nationale de la Food Tech
Ariane Voyatzakis, responsable du secteur agroalimentaire à la Direction de l’innovation de bpifrance.
Christophe Lavelle, commissaire scientifique de l’exposition « Je mange donc je suis » par le usée de l’Homme.

Par Fabiola Dor  21/02/2020 à 19:37, mis à jour le 21/02/2020
publié à https://start.lesechos.fr/innovations-startups/tech-futur/plongee-en-2040-dans-les-habitudes-alimentaires-d-une-jeune-active-17467.php

CHAQUE SEMAINE, NOUS AVALONS CINQ GRAMMES DE PLASTIQUE, LE POIDS D’UNE CARTE DE CRÉDIT

Avec ou sans sel ? Selon un rapport de l’université de Newcastle pour le WWF, une personne avale jusqu’à 5 grammes de plastique par semaine, l’équivalent du poids d’une carte de crédit. Nous ingurgitons ces microparticules de plastique principalement en buvant de l’eau en bouteille mais également en mangeant des fruits de mer, qui eux-mêmes avalent nos déchets plastiques.

CHAQUE SEMAINE, NOUS AVALONS CINQ GRAMMES DE PLASTIQUE, LE POIDS D’UNE CARTE DE CRÉDIT dans AGRO on-avale-jusqu-a-5-grammes-de-plastique-par-semaine
Les microparticules de plastique se trouvent notamment dans l’eau en bouteille.
©CC0

Cinq grammes. C’est le poids de plastique qu’un individu moyen ingère chaque semaine, soit le poids d’une carte de crédit, selon un rapport commandé par le WWF à l’université de Newcastle (Australie). Selon ces résultats, compilation de 50 études menées sur l’ingestion humaine de plastiques, chaque humain avalerait environ 2 000 micropièces et particules chaque semaine, soit quelque 250 grammes annuellement.

Des études ont précédemment montré que les humains ingèrent et respirent une nuée de particules de plastique chaque année, mais le défi pour les chercheurs australiens était d’en évaluer le poids. « Alors que la prise de conscience grandit quant à l’existence des microplastiques et à leur impact sur l’environnement, cette étude fournit pour la première fois un calcul précis des taux d’ingestion », a expliqué Thava Palanisami, professeur à l’Université de Newcastle. Ce qui  »contribuera à cerner les potentiels risques toxicologiques pour les humains ».

Du plastique dans l’eau, les fruits de mer, le sel…

La première source de ce plastique ingurgité est l’eau, surtout si elle est embouteillée. Selon une étude canadienne parue le 5 juin, basée sur le mode de vie d’un Américain, un adulte ingère jusqu’à 52 000 microparticules de plastique par an, auxquelles s’ajoutent 90 000 supplémentaires s’il boit uniquement de l’eau en bouteille (et 4 000 s’il se contente de l’eau du robinet).

Parmi les autres produits de consommation analysés, les fruits de mer sont aussi vecteurs de plastique. Une étude publiée en janvier 2017 par l’université de Gand, en Belgique, a montré que les consommateurs de produits de la mer (poissons, fruits de mer…) absorbent jusqu’à 11 000 microparticules de plastique chaque année. Si 99 % de ces microparticules traversent le corps humain, les 1 % restant sont absorbés par les tissus corporels. La bière et le sel sont aussi concernés.

Et si l’on prend en compte la pollution de l’air, et donc l’inhalation, ce chiffre passe à 121 000. Ces estimations variant individuellement selon le mode et le lieu de vie, ajoutait cette étude parue dans la revue Environmental Science and Technology.

Le gouvernement a saisi l’Agence de sécurité sanitaire

Pour le WWF,  »c’est un signal d’alarme pour les gouvernements : les plastiques ne polluent pas juste nos rivières et océans, ils ne tuent pas seulement la vie marine, mais ils sont en chacun d’entre nous », souligne Marco Lambertini, directeur général du WWF International, dans un communiqué.

Face à la situation, le gouvernement a annoncé avoir saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses.  »J’ai saisi l’Anses pour qu’elle lance une étude détaillée approfondie pour savoir clairement ce qu’il en est pour les Français », a déclaré sur RMC, Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique,  »je veux fonder tout mon travail sur la science, je ne sais pas si cette étude est vraie, pas vraie, a tort ».

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend

 

La pression devient grande sur l’abus d’emballages en plastique dans l’agroalimentaire. Véritable risque pour les entreprises, deux mastodontes, Coca et PepsiCo, avaient déjà annoncé vouloir diminuer leur empreinte. Cette fois-ci, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires veut commercialiser moitié moins de plastique neuf d’ici 2025.

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend dans ACTEURS Unilever
Unilever, l’un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire, veut réduire son empreinte plastique.
@Unilever

Unilever, leader mondial de l’agroalimentaire et des cosmétiques, veut réduire ses emballages en plastique neuf d’ici 2025. Il répond ainsi à la pression croissante des consommateurs sur les multinationales en matière d’environnement.  »D’ici 2025, Unilever garantira une réduction de moitié de ses emballages en plastique et collectera et transformera plus d’emballages en plastique qu’il n’en commercialise », a déclaré dans un communiqué le groupe anglo-néerlandais.

Cela concerne plus de 400 marques, dont Knorr, Lipton, Magnum, ou encore Dove. Le groupe, dont l’ »empreinte plastique » est d’environ 700 000 tonnes par an, veut accélérer l’utilisation de plastique recyclé et mettre fin à l’utilisation automatique d’emballages individuels pour certains produits, comme les glaces ou les savons.

« Le plastique a sa place, mais pas dans l’environnement. Nous ne pouvons réduire les déchets plastiques qu’en agissant rapidement et en prenant des mesures radicales« , a affirmé le directeur général du groupe, Alan Jope. « Nous devons introduire de nouveaux matériaux d’emballage innovants et développer de nouveaux modèles commerciaux, tels que les emballages réutilisables« , et ceci avec « une rapidité et une intensité sans précédent« , a-t-il ajouté.

Nestlé, Coca et Pepsi en lice aussi

Unilever n’est pas la première multinationale à se plier à la pression des consommateurs sur le sujet. En août dernier, Coca-Cola et PepsiCo ont annoncé simultanément leur retrait de la Plastics Industry Association, principal lobby du secteur plastique outre-Atlantique. Coca veut collecter et recycler l’équivalent de tous ses contenants d’ici 2030. De son côté, Nestlé vise pour 2025 100 % d’emballages recyclables ou réutilisables.

Par ailleurs, fin août, le patron d’Unilever Alan Jope a déclaré que le groupe pourrait se séparer de certaines de ses marques si elles ne faisaient pas la preuve de leur durabilité. « Est-ce que ces marques peuvent rendre la société ou la planète meilleure de façon durable, sur les prochaines décennies ?« , interroge le dirigeant.  »Certaines marques peuvent améliorer leur process de fabrication, réduire les emballages ou améliorer le bien-être animal. Si elles échouent, elles seront radiées du portefeuille », explique-t-il.

Ludovic Dupin avec AFP 

pour Novethic https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/a-partir-de-2025-le-geant-de-l-agroalimentaire-unilever-veut-collecter-plus-de-plastique-qu-il-n-en-vend-147775.html

Fermentalg ambitieux avec Protéines France

Fermentalg ambitieux avec Protéines France
Crédit photo © Fermentalg

(Boursier.com) — Fermentalg rejoint l’association Protéines France dans le cadre du développement de sa plateforme dédiée aux protéines alternatives. Protéines France est le consortium français d’entreprises ayant pour ambition d’accélérer le développement du secteur des protéines végétales et issues de nouvelles ressources (algues, champignons, etc.) et de faire de la France un leader mondial du domaine. Coordonnée par l’IAR, le Pôle de Compétitivité dédié à la Bio-économie, l’association compte 6 membres fondateurs (Avril, Limagrain, Terreos, Terrena, Roquette et Vivescia) et 13 adhérents dont Fermentalg.

En structurant et initiant une dynamique fédératrice sur toute la chaîne de valeur, de la production des ressources (végétales, algues, insectes, micro-organismes) jusqu’aux consommateurs, Protéines France s’est imposé comme le représentant des filières des protéines végétales et alternatives. L’association participe au développement du secteur afin de saisir les opportunités de croissance et de création d’emplois offertes par l’augmentation de la demande de protéines dans le monde. Protéines France intervient notamment au Protein Summit, la conférence mondiale dédiée au secteur, en présentant l’exemple unique de la structuration des acteurs français et en animant une session stratégique visant à contribuer à la définition d’une vision du secteur à l’horizon 2030.

Avec des profils nutritionnels et environnementaux nettement différenciés par rapport à ceux des protéines végétales, les protéines de micro-algues se positionnent comme une alternative plus complète et durable aux protéines animales. Par sa maîtrise des techniques de sélection naturelle et de fermentation à échelle industrielle, Fermentalg  »vise la production de protéines algales très nutritives, avec une empreinte environnementale bien plus faible que celle des protéines animales, notamment en matière de consommation de terres arables, d’eau potable, d’engrais, de pesticides et autres polluants ». Les protéines de micro-algues sont également adaptées aux populations végétariennes et véganes, et offrent des solutions durables face à l’épuisement des ressources agricoles et à la question croissante de la souffrance animale dans les circuits de production intensive de protéine animale.

Fermentalg vise en priorité les segments de marché ou la demande en protéines alternatives est la plus forte : la nutrition pour sportifs, le ‘Weight Management’ et la nutrition médicalisée, en particulier chez les séniors.

Après avoir réalisé plusieurs campagnes de fermentation à l’échelle pilote, Fermentalg entre dans une phase de pré-industrialisation. L’objectif est une montée en échelle du procédé de fabrication afin de fournir des échantillons commerciaux à ses premiers clients dès 2020. Préalablement, les dossiers réglementaires en vue d’obtenir les autorisations de commercialisation en Europe et aux Etats-Unis vont être déposés d’ici fin octobre 2019.

« Les discussions engagées avec plusieurs partenaires industriels et commerciaux potentiels ont révélé un très fort intérêt pour les protéines algales au sein du marché en plein essor des protéines alternatives (autres que viande, poisson, lait et oeuf), qui représentait 8 milliards de dollars en 2018 et pour lequel on estime un taux de croissance annuel moyen de 7% pour la période 2017-2024″, se félicite Fermentalg.

source!: Boursier.com https://www.boursier.com/actions/actualites/news/fermentalg-ambitieux-avec-proteines-france-805264.html?rss

Uberisation : la Californie adopte un projet de loi historique

Les législateurs californiens ont approuvé mardi un projet de loi qui oblige des entreprises comme Uber et Lyft à traiter leurs collaborateurs travailleurs comme des salariés. Une décision qui remet en cause l’organisation des entreprises de l’économie dite collaborative aux Etats-Unis et en Europe.

Uberisation : la Californie adopte un projet de loi historique dans ACTEURS mde2-1024x683Le contrat dit « d’adhésion » est défini unilatéralement par l’une des parties, installant le travailleur dans une insécurité financière permanente. (GettyImages/Andresr)

Mardi, les députés californiens ont approuvé un projet de loi HISTORIQUE. Celle-ci oblige des entreprises comme Uber ou Lyft à considérer leurs collaborateurs comme des salariés. Le projet de loi a été adopté par 29 voix contre 11 au Sénat de l’État et s’appliquera aux entreprises de l’économie collaborative. Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, a appuyé le projet de loi porté par la députée démocrate Lorena Gonzalez. Si elle est votée, la mesure entrerait en vigueur le 1er janvier 2020 et pourrait complètement remodeler l’économie du travail et, de fait, remettre en cause le modèle économique de ces entreprises et leur survie.

Une loi qui pourrait changer le futur de l’économie californienne

La loi pourrait influencer d’autres Etats. En effet, un travail de lobbying a déjà commencé dans l’État de New-York et un projet de loi similaire avance dans l’Etat de Washington et en Oregon. Un million d’indépendants sont concernés en Californie. Pour Lorena Gonzalez, cette loi pourrait changer le futur de l’économie californienne. Si Uber n’a pas immédiatement répondu, Adrian Durbin de Lyft s’est dit déçu : « Aujourd’hui, les dirigeants politiques de notre État ont raté une occasion importante de soutenir la très grande majorité des conducteurs qui souhaitent une solution réfléchie et qui équilibre la flexibilité avec une norme de rémunération et des avantages sociaux », a-t-il exprimé dans le New York Times.

Un vent de révolte souffle en France et en Grande-Bretagne

Depuis plusieurs mois, dans le monde, de plus en plus de juges requalifient les relations de travail entre les plateformes et leurs travailleurs en contrats de travail, avec pour conséquence l’application du droit du travail et donc de ses protections (salaire minimum, congés, protection sociale…). Ainsi, en Grande-Bretagne, Uber a fait appel d’une décision d’un tribunal selon laquelle les conducteurs devaient être considérés comme des salariés. La Cour suprême du pays devrait entendre des arguments dans cette affaire l’année prochaine. En France aussi, les choses bougent. En effet, en janvier, la cour d’appel de Paris a considéré qu’un chauffeur Uber était un salarié et que la relation entre la plateforme et son chauffeur n’était pas du type client-fournisseur. La chambre sociale de la cour de cassation avait déjà condamné l’entreprise Take eat easy

La fin de l’uberisation ?

Depuis, les entreprises paniquent ! Il faut dire que toutes ou presque fonctionnent sur un business model construit pour éviter le salariat. Le contrat dit « d’adhésion » est défini unilatéralement par l’une des parties, installant le travailleur dans une insécurité financière permanente. Or on ne saurait admettre que lorsque les conditions du salariat sont remplies, les travailleurs des plateformes en soient exclus. Le travailleur qui n’a pas le droit de créer sa clientèle (interdiction de garder les coordonnées du client), qui n’a aucun pouvoir de décision sur le prix de la course, qui travaille sous le contrôle (géolocalisation notamment) de la plateforme, qui peut être sanctionné par une déconnexion forcée, est toujours un salarié.

par Adélaïde Haslé Publié le 11 septembre 2019 à 10h04

 

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