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Et si les IA mettaient au chômage les influenceurs ?

L'influenceuse artificielle Lil Miquela

LE 13/04/2018
INTRODUCTION
Les gynoïdes (robots humanoïdes à l’apparence féminine) et autres avatars virtuels inspirent déjà des millions de followers. Mieux que les humains ? Une tribune de Virgile Brodziak, Directeur Général de J. Walter Thompson.

Parmi les figures de proue de cette transformation, Lil Miquela, une simulation digitale devenue célèbre en avril 2016 pour sa capacité à susciter la curiosité : s’agissait-il d’un projet artistique ou d’un simple coup marketing? Depuis sa création Lil Miquela a non seulement été surprise en train de sortir avec des célébrités, mais serait même aussi une source d’inspiration pour eux. Le mois dernier, le maquilleur Pat McGrath l’appelait « sa muse ». En 2016, l’actrice Lena Dunham décrivait sa fascination pour l’influenceuse virtuelle sur son site Lenny Letter.  Deux ans après, en mars 2018, Lil Miquela compte plus de 800 000 abonnés sur Instagram et défend ardemment le mouvement « Black Lives Matter ».

Sa popularité ne s’arrête pas là. Elle possède sa propre marque de vêtement, une collection de bijoux, a sorti des morceaux sur Spotify et est même apparue en couverture du New York Times Magazine en février 2018. Son discours positif et sa popularité croissante lui permettent de signer des collaborations avec des marques telles que Prada lors du #pradagifs pour leur dernière collection.

 

Alors que Lil Miquela ressemble clairement à un avatar généré par ordinateur, le personnage qu’elle incarne duplique fidèlement les réactions ou les comportements d’un humain. A l’inverse, un influenceur numérique plus récent, une femme noire appelée Shudu Gram, se revendique clairement comme étant un mannequin fictif créé par le photographe britannique Cameron-James Wilson. Wilson a commencé à poster des images de Shudu Gram sur Instagram en avril 2017. En mars 2018, elle avait gagné plus de 80 000 followers. Sa popularité est croissante et l’avatar frôle même aujourd’hui les 100 000 followers et ce malgré la récente polémique autour de son partenariat avec Fenty Beauty, la marque de Rihanna. La raison ? Le monde de la mode ne s’illustre pas franchement par sa capacité à représenter la diversité et certains internautes se sont demandé quel était l’intérêt d’avoir un recourt à un avatar plutôt que d’embaucher de vraies mannequins noires.

 

Avant eux, Kenzo avait déjà eu recourd à un avatar, Knola, pour incarner la vision créative et les valeurs de la marque. Projetée en fond de ses shows, Knola parlait en quatre langues de l’importance de la conscience écologique. Une personne en backstage contrôlait ses actions et expressions qui changeaient en temps réel. « Elle représente une vision multiculturelle de l’humanité dans le futur, » confiait Humberto Leon, directeur de création chez Kenzo, au magazine Dazed. Kenzo a également présenté Knola sur son site Web, imaginant comment elle naviguerait dans le monde en 2050.

Les influenceurs virtuels représentent un énorme potentiel pour les marques non seulement pour développer l’engagement avec les consommateurs mais aussi pour garder un contrôle total sur ce qu’incarnent leurs influenceurs. Quand les êtres humains peuvent se révéler imprévisibles, les créations digitales comme Lil Maquela et Shudu ont réussi à se faire une place, prouvant ainsi qu’un avatar virtuel peut créer une forme de connivence avec les internautes. Et si les influenceurs digitaux créent de nouvelles possibilités de connexion avec le consommateur, les avatars numériques pourraient aussi représenter le futur de la relation client.

Sur Twitter, 2/3 des échanges sont effectués par des robots

PUBLIÉ PAR ALICE HUOT LE 10/04/2018
chappie le robot
INTRODUCTION
Lorsque vous cliquez sur un lien Twitter, il y a 66% de chance pour qu’il ait été envoyé par un robot.

Une étude du Pew Research Center révèle que, sur Twitter, les « bots » représentent 66% des messages contenant des liens vers des sites web populaires. Et ils ont plutôt tendance à partager des contenus pour adulte (90%) et des sites de sport (76%). L’analyse d’1,2 millions de tweets a montré que 2/3 des liens pointant vers des sites d’informations et d’actualités ont été générés automatiquement. Les humains ne sont pas non plus à l’origine de 89% des liens vers des agrégateurs de flux.

infographie du pew research center

source : Pew Research Center

Les conditions d’utilisation de Twitter n’interdisent pas le recours aux programmes automatiquespour envoyer des messages. Le réseau social impose quand même quelques restrictions : ces utilisateurs non-humains n’ont pas le droit de s’adonner à la manipulation de masse et sont limités au partage d’« informations utiles » et de « campagnes créatives ». De toute façon, au jeu des fausses informationsles humains sont plus doués que les robots. Les chercheurs du Pew Research Center n’ont ainsi rien trouvé permettant de montrer que les informations partagées automatiquement sur Twitter suivent des biais politiques.

Les analystes du Pew Research Institute ont d’ailleurs utilisé un algorithme de machine learningpour automatiser leurs recherches. Le Botometer leur a permis de prendre en compte simultanément des milliers d’informations afin de déterminer si un lien provient d’un robot ou d’un humain.


Les chercheurs du Pew Research Center ont analysé 1,2 million de tweets en anglais sur une période la période du 27 juillet 2017 au 6 septembre 2017

A Cyberattack in Saudi Arabia Had a Deadly Goal. Experts Fear Another Try

 

A Cyberattack in Saudi Arabia Had a Deadly Goal. Experts Fear Another Try dans - climat politique merlin_132450284_2c948678-7181-4069-9566-588096d4fc0d-superJumbo

Sadara Chemical Company is a joint venture between Saudi Aramco and Dow Chemical. Its computer systems were hit by one in a string of cyberattacks last year. CreditChristophe Viseux for The New York Times

In August, a petrochemical company with a plant in Saudi Arabia was hit by a new kind of cyberassault. The attack was not designed to simply destroy data or shut down the plant, investigators believe. It was meant to sabotage the firm’s operations and trigger an explosion.

The attack was a dangerous escalation in international hacking, as faceless enemies demonstrated both the drive and the ability to inflict serious physical damage. And United States government officials, their allies and cybersecurity researchers worry that the culprits could replicate it in other countries, since thousands of industrial plants all over the world rely on the same American-engineered computer systems that were compromised.

Investigators have been tight-lipped about the August attack. They still won’t identify the company or the country where it is based and have not identified the culprits.

But the attackers were sophisticated and had plenty of time and resources, an indication that they were most likely supported by a government, according to more than a dozen people, including cybersecurity experts who have looked into the attack and asked not to be identified because of the confidentiality of the continuing investigation.

The only thing that prevented an explosion was a mistake in the attackers’ computer code, the investigators said.

The assault was the most alarming in a string of hacking attacks on petrochemical plants in Saudi Arabia. In January 2017, computers went dark at the National Industrialization Company, Tasnee for short, which is one of the few privately owned Saudi petrochemical companies. Computers also crashed 15 miles away at Sadara Chemical Company, a joint venture between the oil and chemical giants Saudi Aramco and Dow Chemical.

Within minutes of the attack at Tasnee, the hard drives inside the company’s computers were destroyed and their data wiped clean, replaced with an image of Alan Kurdithe small Syrian child who drowned off the coast of Turkey during his family’s attempt to flee that country’s civil war.

The intent of the January attacks, Tasnee officials and researchers at the security company Symantec believe, was to inflict lasting damage on the petrochemical companies and send a political message. Recovery took months.

Energy experts said the August attack could have been an attempt to complicate Crown Prince Mohammed bin Salman’s plans to encourage foreign and domestic private investment to diversify the Saudi economy and produce jobs for the country’s growing youth population.

“Not only is it an attack on the private sector, which is being touted to help promote growth in the Saudi economy, but it is also focused on the petrochemical sector, which is a core part of the Saudi economy,” said Amy Myers Jaffe, an expert on Middle East energy at the Council on Foreign Relations.

Saudi Arabia has cut oil exports in recent years to support global oil prices, a strategy central to its efforts to make a potential public offering of shares of government-controlled Saudi Aramco more attractive to international investors. The kingdom has tried to compensate for its lost revenue by expanding its petrochemical and refining industry.

Some technical details of the attack in August have been previously reported, but this is the first time the earlier attacks on Tasnee and other Saudi petrochemical companies have been reported.

Security analysts at Mandiant, a division of the security firm FireEye, are still investigating what happened in August, with the help of several companies in the United States that investigate cyberattacks on industrial control systems.

A team at Schneider Electric, which made the industrial systems that were targeted, called Triconex safety controllers, is also looking into the attack, the people who spoke to The Times said. So are the National Security Agency, the F.B.I., the Department of Homeland Security and the Pentagon’s Defense Advanced Research Projects Agency, which has been supporting research into forensic tools designed to assist hacking investigations.

All of the investigators believe the attack was most likely intended to cause an explosion that would have killed people. In the last few years, explosions at petrochemical plants in China and Mexico — though not triggered by hackers — have killed several employees, injured hundreds and forced evacuations of surrounding communities.

What worries investigators and intelligence analysts the most is that the attackers compromised Schneider’s Triconex controllers, which keep equipment operating safely by performing tasks like regulating voltage, pressure and temperatures. Those controllers are used in about 18,000 plants around the world, including nuclear and water treatment facilities, oil and gas refineries, and chemical plants.

“If attackers developed a technique against Schneider equipment in Saudi Arabia, they could very well deploy the same technique here in the United States,” said James A. Lewis, a cybersecurity expert at the Center for Strategic and International Studies, a Washington think tank.

The Triconex system was believed to be a “lock and key operation.” In other words, the safety controllers could be tweaked or dismantled only with physical contact.

So how did the hackers get in?

Investigators found an odd digital file in a computer at an engineering workstation that looked like a legitimate part of the Schneider controllers but was designed to sabotage the system. Investigators will not say how it got there, but they do not believe it was an inside job. This was the first time these systems were sabotaged remotely.

The only thing that prevented significant damage was a bug in the attackers’ computer code that inadvertently shut down the plant’s production systems.

Investigators believe that the hackers have probably fixed their mistake by now, and that it is only a matter of time before they deploy the same technique against another industrial control system. A different group could also use those tools for its own attack.

The August attack was also a significant step up from earlier attacks in Saudi Arabia. Starting on Nov. 17, 2016, computer screens at a number of Saudi government computers went dark and their hard drives were erased, according to researchers at Symantec, which investigated the attacks.

Two weeks later, the same attackers hit other Saudi targets with the same computer virus. On Jan. 23, 2017, they struck again, at Tasnee and other petrochemical firms, deploying a computer virus known as Shamoon, after a word embedded in its code.

The Shamoon virus first surfaced five years earlier at Saudi Aramco, wiping out tens of thousands of computers and replacing the data with a partial image of a burning American flag. Leon E. Panetta, the United States defense secretary at the time, said the attack could be a harbinger.

“An aggressor nation or extremist group could use these kinds of cyber tools to gain control of critical switches,” he said.

Government officials and cybersecurity experts in Saudi Arabia and the United States attributed the 2012 Shamoon attack to Iranian hackers.

“Another attacker could have adopted that code” for the January 2017 attacks, said Vikram Thakur, a senior researcher at Symantec, “but our analysis showed the likelihood it was the same perpetrator was pretty high.”

The attack in August was not a Shamoon attack. It was much more dangerous.

Investigators believe a nation-state was responsible because there was no obvious profit motive, even though the attack would have required significant financial resources. And the computer code had not been seen in any earlier assaults. Every hacking tool had been custom built.

The attackers not only had to figure out how to get into that system, they had to understand its design well enough to know the layout of the facility — what pipes went where and which valves to turn in order to trigger an explosion.

Investigators believe someone would have had to buy the same version of the Triconex safety system to figure out how it worked. The components, investigators said, could be purchased for $40,000 on eBay.

The attack has also shown the challenge of attributing with unquestionable evidence an attack to one country.

Security experts said Iran, China, Russia the United States and Israel had the technical sophistication to launch such attacks. But most of those countries had no motivation to do so. China and Russia are increasingly making energy deals with Saudi Arabia, and Israel and the United States have moved to cooperate with the kingdom against Iran.

That leaves Iran, which experts said had a growing military hacking program, although the Iranian government has denied any involvement in such attacks.

Tensions between Iran and Saudi Arabia have steadily escalated in recent years, and the conflict has drifted online.

United States officials and security analysts blamed Iranian hackers for a spate of attacks on American banks in 2012 and more recent espionage attacks on the airline industry. Iranian hackers were blamed for the 2012 Aramco attack and are also the leading suspects in the more recent Shamoon attacks.

The August attack was far more sophisticated than any previous attack originating from Iran, Mr. Thakur of Symantec said, but there is a chance Iran could have improved its hacking abilities or worked with another country, like Russia or North Korea.

Tasnee said in an email that it had hired experts from Symantec and IBM to study the attack against it. The company said it had also “completely overhauled our security standards” and started using new tools to prevent attacks.

“Being a global business,” the company said, “we believe that cybersecurity is a concern wherever you are in the world.”

Follow Nicole Perlroth and Clifford Krauss on Twitter: @nicoleperlroth and @ckrausss.

A version of this article appears in print on March 16, 2018, on Page B1 of the New York edition with the headline: How Hackers Lit a Fuse. Order ReprintsToday’s Paper|Subscribe

Steve Fankuchen

 March 16, 2018

CRISPR Cas9, une technique révolutionnaire pour modifier le génome

Une nouvelle méthode de génie génétique permet de modifier le chromosome en ôtant une zone portant un caractère à éliminer ou, au contraire, y ajouter des gènes d’intérêt

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- © Stanislav Dusko Ehrlich-Inra

Prononcez approximativement « Crisper Case 9 » ce nouvel acronyme qui s’écrit officiellement CRISPR-Cas9 (1). En tout cas, retenez ce nom qui, régulièrement, donne lieu à des articles dans la presse professionnelle mais aussi grand public et continuera à alimenter les magazines.

Au cours du séminaire Bioporc qui s’est déroulé à Rennes en décembre dernier, Alain Ducos, professeur à l’École vétérinaire de Toulouse, a présenté cette méthode de génie génétique « dont toute la communauté scientifique parle ». Elle permettrait de modifier, supprimer ou remplacer un gène des cellules animales ou végétales de façon précise, rapide et relativement peu coûteuse. Avec d’incroyables perspectives chez l’homme et chez l’animal mais avec aussi des questions éthiques, économiques et réglementaires en suspens.

Les applications potentielles de ce nouvel outil de génie génétique sont considérables : des applications biomédicales en particulier dans le traitement des maladies génétiques orphelines, des animaux modifiés tels que des moustiques qui ne pourraient plus transmettre le paludisme, et, bien entendu, des applications dans le domaine de la sélection des animaux d’élevage. Alain Ducos, professeur à l’ENVT n’a pas dissimulé son enthousiasme – mais aussi ses réserves – sur cette technique qu’il a qualifié d’emblée de révolutionnaire.

Une « paire de ciseaux génétique »

Pour schématiser, elle consiste à utiliser une enzyme bactérienne et un « dispositif de guidage », le Cas9. Celui-ci détecte la zone d’ADN où « intervenir », et l’enzyme va « couper » les deux brins qui constituent l’ADN à l’endroit précis recherché, par exemple une séquence à l’origine de maladies orphelines, d’une sensibilité aux maladies, etc. La technique permet aussi de « réparer » une anomalie en incluant une séquence d’ARN manquante (voir schéma). Voilà qui explique que la méthode ait pu être baptisée le « couteau suisse de la génétique » dans les magazines grand public.

En soi, la méthode n’est pas totalement nouvelle puisque dès les années 2000 les chercheurs étaient parvenus à produire des cellules transgéniques par micro-injection. Ce qui change c’est l’incroyable progrès qu’a apporté ce Cas9 dans la technique : plus rapide, bien plus précise et moins coûteuse que ses « ancêtres », elle offre des perspectives d’applications innombrables. « Tout étudiant en biologie de niveau Master qui dispose des équipements standards d’un laboratoire est à même de manipuler le système Crispr-Cas9 pour modifier un gène », annonce Emmanuelle Charpentier, qui n’est autre que la chercheuse française qui, avec l’américaine Jennifer Doudna, a découvert la technique en 2012. La découverte ne se limite plus aux recherches fondamentales mais va trouver très vite des applications pratiques. Elle va permettre de transférer un allèle d’intérêt existant dans une population (une race, une lignée), vers une autre population. Des chercheurs (2) sont ainsi parvenus à obtenir des porcs résistants à la souche américaine du virus du SDRP en inactivant un gène précis. Avec évidemment des perspectives commerciales qui n’auraient pas échappé à un des leaders mondiaux de la génétique porcine, à savoir PIC selon certains observateurs… Cette firme a-t-elle déjà introduit la technique dans ses outils de sélection ? Impossible de le vérifier.

Alain Ducos, professeur à l’école vétérinaire de Toulouse. « La technique CRISPR CAS9 pose de nombreuses questions d’ordre éthique, réglementaire, économique et stratégique. »
Alain Ducos, professeur à l’école vétérinaire de Toulouse. « La technique CRISPR CAS9 pose de nombreuses questions d’ordre éthique, réglementaire, économique et stratégique. » – © C. Gérard

OGM ou non OGM ?

Et c’est là une des questions majeures que pose cette manipulation génétique : les animaux qui en sont issus sont-ils considérés comme des OGM ? La question fait largement débat dans le monde entier. Alain Ducos rappelle la définition officielle (directive UE 2001/18) : « Un OGM est un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Les défenseurs de Criprs-Cas9 argumentent sur le fait que, précisément la technique permet de reproduire des modifications apparues naturellement… Par ailleurs, les modifications du génome ainsi obtenues sont quasiment indétectables. Alors comment réglementer ? Bref, autant de questions « d’ordre éthique, réglementaire, économique et stratégique », comme le souligne le chercheur qui, en tout état de cause, confirme que des sommes considérables sont aujourd’hui investies dans la recherche sur ce sujet, dans le monde entier. Enfin, les deux chercheuses ayant découvert cette technique, actuellement en procédure judiciaire aux États-Unis pour faire valoir leurs droits (et un brevet ?) sont pressenties pour recevoir un futur prix Nobel.

 

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- © Infographie Réussir

(1) Clustered Regularly Interspersed Short Palindronic Repeats
(2) Whitworth et al

Des applications multiples envisagées en élevage

Les domaines d’application du CRISPR Cas9 vont de la recherche fondamentale — applications biomédicales, thérapies humaines, maladies génétiques… —
aux applications en agriculture.
Dans le domaine de l’élevage, des recherches ont déjà été publiées sur les sujets suivants :

- des vaches, brebis ou chèvres produisant dans leurs glandes mammaires des protéines aux propriétés antimicrobiennes;
- des poulets produisant un ARN jouant le rôle de leurre pour le virus de l’influenza aviaire ;
- des porcs devenus résistants à certaines souches de SDRP;
- des bovins sans cornes;
- un système permettant d’éliminer très précocement les poussins mâles au cours de l’incubation pour les poussins destinés à la ponte ;
- des ruminants ne produisant plus de protéines allergisantes dans le lait ;
- des poules ne produisant plus de protéines allergisantes dans les œufs.
Et bien entendu, la liste n’est pas exhaustive et les recherches se poursuivent partout dans le monde, donnant lieu à de multiples publications scientifiques.

publié par: http://porc.reussir.fr/actualites/crispr-cas9-une-technique-revolutionnaire-pour-modifier-le-genome:FKCPN5PT.html

 

Biotechnologie : modifier le génome est maintenant rapide, précis et bon marché grâce à « CRISPR ». Pourquoi est-ce une révolution ?

  • CRISPR est une biotechnologie qui permet de supprimer et/ou ajouter et/ou désactiver un gène dans l’ADN de n’importe quelle cellule de n’importe quel organisme, que ce soit une plante, un vers de terre, un lapin ou un humain.
  • Cette technologie reproduit et perfectionne la capacité du système immunitaire de certaines bactéries à reconnaître et neutraliser certains gènes chez des virus les attaquant.
  • Pouvoir supprimer et/ou ajouter un gène dans l’ADN d’un organisme n’est pas nouveau en soi.
  • La nature le fait déjà par le biais des mutations naturelles, c’est ce qui nous a permis de passer du petit rongeur à l’homme, entre autres merveilles.
  • L’homme le fait aussi depuis des lustres indirectement via la reproduction sélective des plantes et animaux, et plus récemment et directement, en laboratoire avec les OGM.
  • Ce qui est nouveau : CRISPR est bien plus rapide, précis, fiable et économique que toutes les méthodes utilisées jusque là. C’est ce qui en fait une véritable révolution ! 
  • En gros, CRISPR donne la possibilité d’éditer très facilement le génome d’un individu au sein d’une espèce.
  • Pensez « ciseaux génétiques », « couper/copier coller génétique »
  • Ce qui prenait un an avec les anciennes méthodes prend maintenant quelques semaines.
  • 30 millions de personnes dans le monde souffrent d’une des 6000 maladies génétiques identifiées à ce jour. CRISPR offre, entre autres, l’espoir de les guérir.
  • Un enjeu pour la recherche est de savoir si l’on peut modifier les cellules reproductives, au-delà des cellules non-reproductives.
  • Modifier des gènes au sein de cellules non-reproductives permettrait de guérir l’individu sans que ces mutations puissent être transmises aux enfants. À la différence des modifications des gènes des cellules reproductives. C’est le dernier cas qui est le plus sensible au niveau éthique.
  • Les 5 applications principales devant connaître le plus de progrès en 2017
    • Comprendre à quoi sert chaque gène, et quels sont les gènes derrière un comportement ou une aptitude : on est très loin de savoir quels gènes codent pour quelles aptitudes ou caractéristiques, pouvoir inhiber un gène facilement est le moyen rêvé d’expérimenter afin de dévoiler les mystères de l’ADN
    • Mettre au point des OGMs encore plus adaptés à nos besoins et contraintes, et plus écologiques : des plantes nécessitant moins d’eau, moins de pesticides, moins d’engrais, plus résistantes à la sécheresse, aux insectes et au sel, croissant plus vite et produisant de plus gros grains.
    • Identifier des traitements possibles pour Alzheimer, contre le cancer, le SIDA, l’herpès et l’hépatite
    • Réduire notre dépendance aux hydrocarbures : CRISPR permettrait de modifier des levures pour les conduire à transformer des sucres en hydrocarbures, et notamment les molécules dont nous avons besoin pour produire du plastique, du nylon ou tout autre matériau aujourd’hui dérivé des produits pétrochimiques
    • Pour produire vaccins et médicaments : et ce, en insérant des gènes particuliers dans le génome de plantes pour leur faire produire les cellules et composés organiques voulus
    • Source en anglais – Vox.com

 

  • Les 4 principales raisons pour lesquelles on voudrait pouvoir éditer le génome de cellules humaines, de la moins à la plus controversée :
    • Faire de la recherche fondamentale sur ces cellules humaines en laboratoire : pour comprendre quel gène sert à quoi par exemple, et sans jamais chercher à produire un embryon viable ou à modifier directement un être humain.
    • Essais cliniques en vue de modifier les cellules non-reproductives d’un être humain : ce sont les fameuses thérapies géniques devant permettre de guérir cancer, sida, ainsi que les maladies génétiques. Ces modifications de l’ADN n’encourent pas le risque d’être transmis aux enfants et suscitent donc moins le débat.
    • Modifier le bagage génétique d’une ovule, d’un spermatozoïde voire d’un embryon pour couper court à une maladie génétique :
      • il ne s’agit plus là d’éditer un humain, mais d’éditer l’humanité car on touche aux cellules dites reproductives
      • les changements pourront être transmis de génération en génération
      • l’influente « National Academy of Sciences » américaine a rendu un rapport en février dernier recommandant d’autoriser ces pratiques hautement controversées dans le seul objectif de traiter des maladies génétiques graves pour lesquelles aucune alternative n’existe
    • Modifier le génome d’un individu dans le but non pas de le soigner mais de l’améliorer, le rendre plus fort, plus intelligent : c’est aujourd’hui ce qu’il y a de plus sensible, et est interdit partout dans le monde a priori, pour l’instant…

résumé français écrit par http://www.parlonsfutur.com/blog/5-taxe-sur-les-robots-cryoconserver-votre-cerveau-le-copi

Article originel:

Scientists can now genetically engineer humans. A big new report asks whether we should.

Updated by Brad Plumer@bradplumerbrad@vox.com  Feb 15, 2017, 1:53pm EST
Biotechnologie : modifier le génome est maintenant rapide, précis et bon marché grâce à

Gotta love that designer baby stock art.

 (Shutterstock)

Biotechnology has advanced so rapidly over the past few years that scientists can now edit the genomes of plants and animals with ever-increasing precision. Using new techniques like CRISPR/Cas9, researchers have already shown they can alter genes to create hornless cattle or mushrooms that don’t brown easily.

But the really big question — the stuff of sci-fi — is whether we’ll use genome-editing tools on people to wipe out heritable diseases or to enhance human capabilities. It’s no longer a question of whether we’ll be able to create “designer babies”: The technology is improving at a stunning pace. Instead, it’s a question of whether we should. It’s an ethics question, a policy question.

On Tuesday, the influential National Academy of Sciences released a 261-page report on this issue, titled “Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance.” It’s one of the most thorough looks yet at what’s likely to be possible with new genome-editing techniques — and why scientists should tread carefully.

The report’s recommendations are eyebrow-raising: In very, very limited cases, editing of viable human embryos should be allowed to go forward in the United States — a conclusion that’s certain to prove controversial. In particular, the report argues, clinical trials to edit human sperm, eggs, and embryos should be permissible in cases where there’s a high chance of preventing babies from being born with serious genetic diseases and no “reasonable alternatives” exist.

By contrast, the panel says editing embryos for human enhancement — say, making people stronger or more intelligent — should absolutely not proceed in the United States until there’s much broader society-wide discussion of the thorny ethics involved, like the risks of exacerbating the gap between rich and poor. The report is an in-depth discussion of the issues at play here, so let’s dig in.

The four big reasons we might want to edit the human genome

The report starts by taking stock of all the powerful biotech tools available today, from zinc finger nucleases to TALEN to CRISPR/Cas9. While the technical details vary, these techniques “can be used to make precise changes in the genome at a high frequency and with considerable accuracy.” Here’s a diagram showing how CRISPR/Cas9 works:

A basic guide to how CRISPR works.

 (Javier Zarracina)

There are four big reasons why scientists might want to tinker with the genetic material of human beings in particular — ranging from least controversial to most controversial:

1) Basic research on human cells in a lab. This one’s straightforward. A scientist takes cultures of human cells and uses, say, TALEN or CRISPR to tinker with the genetic code to figure out how our molecular processes actually work — or better understand what our genes do. Scientists might edit “somatic” cells (nonreproductive cell types like skin or liver cells) or “germline” cells (eggs or sperm). But these experiments would never produce viable embryos or modify living human beings.

This is basic, essential research that’s not much different from what’s been going on for decades, and the report argues that existing guidelines should be sufficient to govern these practices. Nothing too contentious here.

2) Clinical trials to edit somatic cells in living humans. Increasingly, however, scientists are also interested in using genome-editing techniques to treat diseases in humans. Last June, the National Institutes of Health approved the first-ever clinical trial to use CRISPR as a cancer treatment. Scientists at the University of Pennsylvania will take immune cells out of 18 cancer patients, edit the cells to make them more effective at targeting cancer, and then infuse the cells back into the patient to see what happens. (This trial is mainly intended to probe the safety of this technique.)

This sort of “gene therapy” will become more common as editing techniques improve. The NAS report cites a long list of potential applications down the road. An excerpt:

 (National Academies of Sciences)

The panel argues that there aren’t any hugely troubling ethical issues here, since this involves altering somatic (i.e., nonreproductive) cells, and the altered traits can’t be passed on to offspring. The panel does, however, urge caution. Genome-editing techniques still aren’t perfect, and they can sometimes misfire, leading to random mutations or other “off-target” effects in the edited cells. What’s more, no one’s yet been able to develop clear safety standards around what misfires are acceptable.

So, the report says, regulators at NIH will need to scrutinize proposals for gene therapy trials on a case-by-case basis. In general, it’s safest to take a cell out of a patient and edit it (known as “ex vivo” treatment), because researchers can more easily check for off-target effects. By contrast, there are still plenty of technical challenges involved in editing cells directly inside a human body (“in vivo” treatment).

3) Editing sperm, eggs, and embryos to stop inheritable diseases. Okay, now we’re getting to the controversial stuff. It’s one thing to edit an adult’s immune cells. If anything goes awry, the effects won’t be passed on. It’s another matter entirely to edit sperm, eggs, or embryos (known as the “germline”) and create genetic changes that can be passed down from generation to generation. Now we’re no longer talking about editing a single human. We’re talking about editing humanity.

For now, the FDA and NIH are barred from approving research on editing human embryos, because of the potentially fraught social and ethical concerns involved. But other countries, like China and the United Kingdom, are moving forward with embryo editing, and interest is certain to grow. There are thousands of inheritable diseases caused by mutations to a single gene (like Huntington’s). For many families, genome-editing may be the only way to prevent kids from being born with certain conditions.

So the panel tries to strike a balance here. It argues that the US government should allow clinical trials on editing sperm, eggs, or embryos — but only under very, very limited conditions. It should be done only to try to prevent “serious diseases” where there’s a convincing link between the gene in question and the disease — and only when there are no “reasonable alternatives.” The panel also urges rigorous oversight and a “continued reassessment of both health and societal benefits and risks.”

The panel concedes that this recommendation is likely to prove contentious. Some people will find the idea of editing viable sperm, eggs, or embryos morally wrong. Others will note that concepts like “reasonable alternatives” and “serious disease” are left frustratingly vague. And still other researchers may find these guidelines so strict as to bar useful research. (More on this below.)

It’s also not clear how widespread embryo editing would become even if US regulators did approve it. As the panel notes, there are still “major technical challenges to be addressed in developing this technology for safe and predictable use in humans.” As a result, the panel predicts that we aren’t likely to see much germline genome editing to prevent disease “in the foreseeable future.”

4) Editing the human genome for “enhancement.” Of course, if scientists could one day edit viable embryos to eliminate diseases, they could also conceivably edit embryos for enhancement. Stronger babies. Smarter babies. Babies born only with blue eyes. Gattacaterritory, basically.

The NAS report notes that this possibility raises all sorts of thorny issues. Would the use of genetic enhancement make inequality worse? Might it one day become so prevalent that enhancement becomes mandatory, like vaccines are today? Should parents have a right to improve their children through genetic modification? How far should regulations around genome editing go to respect religious and cultural discomfort? Are there risks we haven’t even thought of yet? (Almost certainly.)

The report basically concludes that we haven’t even begun to have a serious discussion around these issues, as a society. Nor do policymakers really understand yet what sorts of regulations and governance these techniques should require. As such, the panel recommends that “genome editing for purposes other than treatment or prevention of disease and disability should not proceed at this time.”

But that’s easier said than done. The report notes that the boundary between disease prevention and enhancement can often be hazy. Using genome editing to improve musculature for patients with muscular dystrophy might be okay. But what about improving musculature for people genetically disposed to be weaker than normal? Where do you draw the line? What about genetic editing to improve cholesterol levels? As such, the report notes, scientists and policymakers are going to have to think harder about what counts as “normal” and what is an “enhancement.”

This report won’t end controversy around human genome editing

Should we?

 (Shutterstock)

Suffice to say, this report doesn’t have all the answers for what’s okay and what’s not around human genome-editing — and it would be ridiculous to expect as much. This is a complex debate that will persist for decades.

Instead, the National Academy of Sciences panel tried to lay out some principles to guide further discussions. The development of any new regulations around genome-editing needs to be transparent and open, with ample public input. For instance: “Ongoing reassessment and public participation should precede and clinical trials of heritable germline editing.” And: “Incorporate public participation into the human genome editing policy process about ‘enhancement.’”

Even experts who are steeped in this topic have wildly different views of what’s appropriate. Back in 2015, a group of scientists wrote a letter in Nature calling for a moratorium on all embryo editing, period. The authors, led by Edward Lanphier of the DNA editing company Sangamo Therapeutics, argued that the potential benefits were still too hazy right now and the risks were too great:

In our view, genome editing in human embryos using current technologies could have unpredictable effects on future generations. This makes it dangerous and ethically unacceptable. Such research could be exploited for non-therapeutic modifications.

The critics also worried that a backlash against embryo modification could end up stifling promising research around gene therapy (No. 2 on our list in the last section):

We are concerned that a public outcry about such an ethical breach could hinder a promising area of therapeutic development, namely making genetic changes that cannot be inherited.

In an interview with Science on Tuesday, the lead author of that essay, Lanphier, expressed disappointment with the new NAS report’s cautious approval of embryo editing in some cases: “It changes the tone to an affirmative position in the absence of the broad public debate this report calls for.”

By contrast, George Church, a geneticist at Harvard and one of the pioneers of CRISPR, has long argued that while the benefits of editing embryos seem small right now, they are compelling enough to expand research. Here’s what he told Stat in 2015:

We need only one compelling argument to initiate a new social norm — even when the market is small (as for orphan drugs). For germline modification, we have at least three compelling cases: 1) mitochondrial diseases; 2) families in which post-natal remedies are inadequate and both parents are fully afflicted (20 percent of the world’s marriages involve close relatives); and 3) scenarios in which treating (and possibly pre-screening) single germ cells is safer than treating millions of somatic cells, since each cell adds to the collective risk of developing cancer.

In that same piece, NIH director Francis Collins is much more worried about the potentially risky side effects of human germline editing; you should read their entire exchange.

This new report is hardly going to be the last word on this debate, but the NAS tends to be influential in guiding US government policy, and it’s nudged the discussion significantly in the direction of allowing designer babies — even in limited cases.

Further reading

  • simple guide to CRISPR, one of the biggest science stories of the decade
  • While designer babies get all the attention, there are tons of cool things CRISPR can do that have nothing to do with editing humans. Here’s a list of a few.

Les géants du lait sont accusés d’appauvrir les fromages AOP

Véronique Richez-Lerouge, auteure de Main basse sur les fromages AOP.

 LIVRES ET IDÉES – Véronique Richez-Lerouge, journaliste et défenseure de la diversité des fromages français, dénonce l’hégémonie grandissante des multinationales du lait sur les fromages AOP.

Coup de tonnerre dans le monde du camembert au lait cru normand. Lactalis, le géant lavallois du lait, met la main sur Graindorge, l’un des derniers producteurs de camembert au lait cru AOP (appellation d’origine protégée). Il fait ainsi tomber dans son escarcelle le numéro deux du camembert de Normandie, mais aussi le leader du livarot et du pont-l’évêque, deux autres AOP normandes très reconnues.

C’est de ce rachat apparemment anodin que part Véronique Richez-Lerouge, journaliste et défenseure de la diversité des fromages français, pour dénoncer l’hégémonie grandissante des multinationales du lait sur les fromages AOP. Ce label français dont les contours s’affirment en 1935 avec la première AOP roquefort aurait largement perdu de son efficacité. De fait, il n’empêche plus l’hyper-industrialisation de savoir-faire

Les géants du lait sont accusés d'appauvrir les fromages AOP dans ACTEURS XVM24ab3278-0191-11e7-aad0-d9371b2c396c-300x400

 

centenaires. Un an après La vache qui pleurequi dénonçait la déperdition qualitative du lait industriel, et alors que s’est clos dimanche le Salon de l’agriculture, Véronique Richez-Lerouge dévoile avec Main basse sur les fromages AOPune enquête très fouillée au cœur des territoires des 50 AOP laitières françaises.

Volume ne rime pas avec maintien de la qualité

Après un détour sur la genèse du label AOP et son rôle de protection des savoir-faire fromagers tricolores, l’amoureuse du fromage dresse un état des lieux des forces en présence. Elle démontre l’impact négatif sur la qualité des fromages AOP de la concentration du secteur aux mains des multinationales. «Il n’est pas question d’attaquer les industriels, ce que sont aussi les PME qui font des AOP de très bonne qualité, explique l’auteure. Mais l’histoire montre qu’il est impossible de concilier une logique de volumes – celle des multinationales – et le maintien de la qualité.» Aucun grand groupe laitier, privé ou coopératif, n’est épargné: de Lactalis à Sodiaal en passant par Savencia ou Eurial (branche lait d’Agrial). «Tous vont dans les AOP, car même si c’est une petite partie de leur activité, c’est une vitrine très flatteuse auprès du consommateur, avec des images d’Épinal.»

Problème: en recourant systématiquement à la pasteurisation (autorisée dans la majorité des cahiers des charges AOP), les multinationales tirent vers le bas la qualité de ces fromages. Au travers de l’enquête, la journaliste revient aussi sur les raisons du dévoiement progressif du système AOP, «un système génial à l’origine qui a permis à des filières entières de se développer, mais qui n’assure plus son rôle de protection».

Aujourd’hui, deux tiers des fromages AOP (camembert, roquefort, cantal…) sont ainsi sous la coupe de géants laitiers. Infiltrés à l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), un organisme censé défendre les AOP, ces groupes pèsent de tout leur poids pour ne pas durcir les cahiers des charges – parfois très légers – des AOP fromagères. De quoi conduire à des affrontements avec des producteurs fermiers qui veulent éliminer la pasteurisation de la production AOP. Un combat perdu d’avance pour Véronique Richez-Lerouge, tant l’Inao se déclare incompétent sur les sujets économiques.

Ce laissez-faire est dénoncé par l’auteure, tout comme le silence de l’Autorité de la concurrence, qui laisse notamment Savencia contrôler 80 % de l’époisses ou Lactalis 90 % du marché du livarot. Du coup, l’auteure préconise une réaffirmation du rôle de ces deux entités, en limitant à 20 % la présence des multinationales dans les AOP.

  • Par Olivia Detroyat
  • Publié le 09/03/2017 à 00:39
  • par http://www.lefigaro.fr/conso/2017/03/09/20010-20170309ARTFIG00001-les-geants-du-lait-sont-accuses-d-appauvrir-les-fromages-aop.php

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort. Manger de tout en quantité raisonnable est l’option qui présente le moins de risques pour bien grandir d’abord, et bien vieillir ensuite.

S’opposant au fait que l’on puisse exploiter et tuer des animaux, plusieurs associations « vegan » ont manifesté au Salon de l’agriculture. De nouvelles attaques qui ont amené l’ensemble des syndicats agricoles (JA, Coordination rurale, FNSEA et Confédération paysanne) à faire front commun pour afficher leur ras-le-bol de cette « culpabilisation des consommateurs » et « stigmatisation des éleveurs. »

Attaques qui finissent par accroître le doute dans l’esprit des consommateurs, de moins en moins enclins à manger de la viande. Et à mettre mal à l’aise l’ensemble des filières de productions animales. Invité à l’occasion des 70 ans de l’entreprise Michel, Philippe Legrand, directeur du laboratoire de biochimie – nutrition humaine de l’AgroCampus Rennes et de l’unité Inra associée, a apporté un regard purement scientifique dans ce débat virulent. Sans même parler du plaisir lié à une alimentation diversifiée incluant des produits animaux.

Règle principale : l’homme est omnivore. « Les végétaliens, qui excluent de leur alimentation tous les produits animaux, se mettent en danger. Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est une prise de risque insensée », déclare Philippe Legrand, qui depuis plus de 30 ans collabore à des recherches sur la nutrition humaine.

Délit de maltraitance nutritionnelle

Aujourd’hui en France, des signaux d’alarme commencent à apparaître par rapport au végétalisme. « Il y a eu des cas d’enfants en dénutrition avancée, et des morts liées à ce type de régime. Nous devons agir suffisamment tôt pour résoudre ce problème qui survient pourtant au sein des classes sociales les plus élevées. » Des scientifiques en lien avec l’Anses souhaitent l’instauration d’un délit de maltraitance nutritionnelle. Pour l’expert, il y aura sans doute un plafond à cet accroissement de végétaliens et végétariens. Est-il atteint ? On ne le sait pas encore.

Philippe Legrand ne défend pas non plus une trop forte consommation de viande. « Nous ne sommes pas obligés de consommer de la viande ou du poisson à tous les repas, mais il n’y a aucune raison de s’en passer dans une journée. » Et d’ajouter : « Ne pas manger suffisamment de produits végétaux comporte aussi des risques. » Sans doute qu’à l’avenir la consommation de viande pourrait baisser en Europe, mais ces produits pourront être exportés. « Partout dans le monde et depuis toujours, l’apport de produits carnés résout les problèmes de nutrition. »

Les végétaliens doivent leur survie à la chimie

Reste qu’il est difficile de communiquer avec des gens radicalisés pour qui il ne suffit pas d’admettre que l’homme mange des produits animaux depuis des millions d’années. Selon Philippe Legrand, s’adresser plutôt à l’entourage peut être une solution. Face aux attaques, les professionnels des filières animales peuvent aussi s’intéresser aux traumatisés du végétalisme, les faire témoigner. Parmi les arguments contre ce type d’alimentation, le plus fort est le manque de vitamine B 12, qui est présente exclusivement dans les produits animaux. « Les végétaliens doivent obligatoirement être complémentés. Sinon, c’est la mort. Ils doivent donc leur survie à la chimie. Le comble, c’est que ces suppléments sont produits par des levures souvent OGM… ».

« N’éliminez rien »

S’agissant du fer, il y en a dans les végétaux, mais il est beaucoup moins assimilable et en quantité moindre. « Pour compenser 100 g de viande, il faudrait manger 12 kg de mâche. » De plus, les besoins en vitamine A ne sont pas couverts avec des végétaux uniquement. Autre point de friction : protéines animales versus protéines végétales. Là encore, l’avantage revient de loin aux premières contenant beaucoup plus d’acides aminés essentiels, par ailleurs plus digestibles. « Un végétalien motivé peut réussir à vivre, mais il devra trouver les plantes capables d’équilibrer son menu et faire des calculs savants. »

Sans compter qu’il lui sera très difficile de bien vieillir. Nourrissant le cerveau et jouant un rôle contre les maladies dégénératives, les acides gras omega 3 sont présents en bonne quantité dans les poissons et les viandes. Les produits laitiers fournissent le calcium nécessaire à la croissance et la densité osseuse, et aussi des vitamines A et D. « Chez les femmes qui avaient rejeté les produits laitiers étant jeunes et qui ont plus de 50 ans aujourd’hui, on a fait le lien avec davantage de fractures osseuses. » Enfin, la science actuelle est loin de connaître tous les secrets d’un bon vieillissement. Alors autant manger de tout en quantité raisonnable pour rester en bonne santé le plus longtemps possible.

‘Viandes et cancer, une erreur’
Questionné sur l’étude faisant un lien entre consommation de viandes et cancer colorectal, Philippe Legrand pense que c’était une erreur. « Dans cette étude, les rats mangeaient une très grande quantité de viande, sans consommation de végétaux. Or des interactions existent entre ces aliments, avec les produits laitiers également. C’est vrai que le fer ferreux des viandes peut conduire à abimer la paroi intestinale, mais il faut aussi voir ses bienfaits. Sans fer, il n’y a pas de vie. Cela nous amène à la question de la juste dose. »

Pour en savoir plus : Philippe Legrand a publié « Coup de pied dans le plat » aux éditions Marabout.

Agnès CussonneauDe Agnès Cussonneau à 9 mars 2017

Publié sur: http://www.paysan-breton.fr/amp/2017/03/les-risques-du-sans-viande-le-vegetalisme-insense-pour-les-jeunes/

 

DÉVELOPPEMENT D’APPLICATIONS MOBILES : APPLIQUEZ LA MÉTHODE LEAN !

Nous avons abordé ici plusieurs fois le sujet du Lean Marketing comme un marketing intelligent et extrêmement qualitatif qui apprend de ses erreurs. Nous nous sommes notamment inspiré des écrits d’Eric Ries dans son livre “The Lean Start Up”, qui applique la démarche Lean à la création d’entreprise et au management de l’innovation, pour rapprocher l’Inbound Marketing du Lean Marketing. Et nous ne sommes pas les seuls !

Dans une économie où “ce n’est pas le gros qui mange le petit mais le rapide qui dévore le lent”, lancer un projet mobile nécessite rapidité et adaptation au changement. Le système de production Lean est une méthode de travail qui cherche à éliminer toute forme de gaspillage. Voici trois de ces principes, qui, appliqués au développement mobile, permettent d’améliorer la productivité et la performance des équipes pour réduire le time-to-market.

#1 – COMBATTRE LE MUDA OU “TOUT CE QUI EST SANS VALEUR”

La première faille à combattre est le gaspillage ! Le gaspillage est ce qui est produit mais n’ajoute pas de valeur du point de vue de l’utilisateur.  Cela peut être une fonctionnalité qui n’a pas été demandée par les utilisateurs, une perte de temps dans le processus de développement, une tâche inutile, etc. Appliqué à la conception d’applications web ou mobiles, cela donne quelques principes qui permettent in fine d’accélérer la vitesse de développement et ainsi de délivrance du produit.

CASSER LES SILOS

Dans les cycles de projets classiques, le métier émet le besoin, les business analysts rédigent les spécifications, les designers conçoivent l’application, les développeurs la développent, les testeurs la testent et enfin les utilisateurs peuvent commencer à l’utiliser. Dans une démarche Lean, on optimise cette boucle en incluant les développeurs, les designers et les experts métier de la conception jusqu’au déploiement. Le Product Owner, qui a la vision du produit et la connaissance des utilisateurs finaux, pilote directement l’équipe de développement, sans l’intermédiaire d’un chef de projet. Souvent réunis en un même lieu, l’équipe de développement, l’UX designer et le Product Owner travaillent ensemble pour optimiser les cycles de décisions et les interactions. C’est le concept de plateau projet intégré.

#2 – COMBATTRE LE “MURI” OU LA SURPRODUCTION

Le second cheval de bataille du Lean est la surproduction et les stocks. Le premier indice de cette surproduction est apparue dans une étude Comscore de 2014 révélant que 65% des américains ne téléchargent aucune application chaque mois. Le second est que 83% des applications sur les stores sont des “zombies”, qui sont invisibles des utilisateurs car elles n’apparaissent dans aucun classement ou catégorie du store. Alors comment faire ressortir votre application des 2 millions d’autres ?

CONCEVOIR UNE APPLICATION UTILE ET UTILISÉE

Pour concevoir une application utilisée, vous devez connaître vos utilisateurs. Rien ne sert de passer 3 mois en conception afin de produire l’intégralité des écrans de l’application sans la confronter à l’usage. La démarche Lean UX, initialement théorisée par Jeff Gothelf,  a pour objectif d’optimiser la conception d’un produit en s’appuyant, notamment, sur le principe de la boucle de feedback. Cette conception itérative alterne 3 phases : Observer, Apprendre et Concevoir. Plus les itérations sont courtes, plus l’équipe apprend vite et a d’occasions d’améliorer le produit. Des itérations d’une semaine sont idéales pour pouvoir réagir rapidement aux changements du marché et ré-étalonner ses priorités régulièrement.

SE LIMITER À L’ESSENTIEL, LE MVP

Tant que l’application n’est pas sur les stores, tout ce qu’on a produit n’apporte pas de valeur à l’utilisateur : on accumule les stocks. La clé est de se concentrer sur l’essentiel en développant le parcours utilisateur minimum – le Minimum Viable Product – pour être vite sur le marché. Une application mobile représente un investissement pour votre entreprise : commencer petit, avec une UX irréprochable, vous permettra de valider vos hypothèses pour faire évoluer l’application avec les fonctionnalités que les utilisateurs réclament.

#3 – DEVENIR UNE ORGANISATION APPRENANTE

Tout au long de votre projet, vos idées, le design, le parcours, les fonctionnalités de votre application vont évoluer au gré des retours utilisateurs. Pour gérer ces changements, la clé est de s’adapter en temps réel. Dès 2011, Amazon déployait en production toutes les 11.6 secondes en moyenne !

MESURER ET OPTIMISER

Pour optimiser votre retour sur investissement, vous devez mesurer les performances de vos applications. Vous pouvez opter pour des mesures qualitatives ou quantitatives :

  • Les mesures qualitatives s’obtiennent en réalisant des tests en conditions réelles, dès la seconde semaine de développement et de façon régulière (au moins 1 test par semaine) :
    • soit avec des utilisateurs finaux de l’application,
    • soit avec des utilisateurs choisis au hasard (vos collègues, des proches, etc.) à qui on demande de se mettre dans la peau de l’utilisateur cible par le biais d’un scénario (user story).
  • Les mesures quantitatives s’obtiennent via l’implémentation d’analytics dès la première semaine de développement.

APPRENDRE ET RÉAGIR

Collecter des données utilisateurs en production est une mine d’informations pour votre entreprise. Les analyser en temps réel permet d’en apprendre beaucoup sur vos utilisateurs et de réagir. On passe ainsi par différentes étapes :

  • Définir des standards c’est-à-dire des objectifs à atteindre
    • Collecter de la donnée via les analytics ou des retours utilisateurs
    • Visualiser l’écart au standard : cela peut être grâce à un graphique qui affiche le standard et les données collectées par exemple
  • Analyser les causes de cet écart en émettant des hypothèses sur les points de blocage dans le processus qui ne me permettent pas d’atteindre le standard
  • Prioriser les actions en fonction de l’objectif que vous voulez atteindre le plus vite.

Vous souhaitez en savoir davantage sur le Lean et les méthodes agiles appliqués au développement mobile ? N’hésitez pas à les découvrir plus en détail ou à échanger avec les équipes de BAM qui proposent des solutions sur mesure pour vos projets mobiles. Posté le 10 novembre 2016 à https://www.markentive.fr/blog/lean-developpement-applications-mobiles/

Bayer-Monsanto : pourquoi la fusion inquiète

Le rachat de Monsanto par Bayer, c'est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto), s'alarme en France la Confédération paysanne.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
L’oligopole naissant de ce mariage entre géants risque de nuire à une agriculture déjà fragilisée par la volatilité des prix des matières premières et le dérèglement climatique, craignent nombre d’ONG. Et la mauvaise réputation de Monsanto pourrait nuire à celle de Bayer, dénonce-t-on outre-Atlantique.

Rarement l’annonce d’une fusion suscite tant d’émoi. La nouvelle du mariage entre le titan allemand Bayer et le colosse américain Monsanto, publiquement confirmée mercredi 14 septembre, agite depuis ONG, analystes et même politiques. Alors que l’objectif de l’opération est clairement de réaliser une synergie permettant au nouveau groupe de contrôler toute la chaîne agricole, grâce à la puissance de Bayer dans le segment des pesticides, notamment en Europe et en Asie, et à celle de Monsanto sur les marchés des semences et des herbicides, en particulier dans le continent américain, les conséquences de ce nouvel oligopole sur le secteur inquiètent.

D’autant plus que l’agriculture est confrontée à des défis croissants. D’une part, l’augmentation de la population mondiale qui, selon l’ONU, devrait atteindre les 10 milliards de personnes en 2050. De l’autre, des crises de production liées au dérèglement climatique ainsi que des prix des matières premières de plus en plus volatiles. Si Monsanto et Bayer affirment justement fusionner pour « produire plus avec moins »  »aider les cultivateurs à surmonter les obstacles de demain »nombre de doutes persistent -sur lesquels  la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a promis de se pencher.

Plus de choix pour les agriculteurs?

Première source de préoccupation, l’accès aux semences. « Les deux tiers du marché mondial des semences commerciales sont aujourd’hui contrôlés par dix sociétés seulement », qui en profitent pour imposer leurs produits et leurs prix, dénonce l’ONG Swissaid: une position dominante que la nouvelle opération ne fera que renforcer.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne, citée par l’AFP: les paysans n’auront donc à terme « plus d’autres choix que d’acheter les produits de ce nouveau monstre », craint-elle. Monsanto a déjà attaqué aux Etats-Unis des agriculteurs qu’il accuse d’avoir violé ses brevets, lesquels ne couvrent d’ailleurs plus seulement les organismes génétiquement modifiés (OGM) -spécialité de l’Américain-, mais aussi des variétés traditionnelles.

« Sous prétexte de soigner des plantes sélectionnées pour être dépendantes de leurs pesticides, ce groupe aura le champ libre pour la commercialisation de quantités de produits », précise la Confédération paysanne, qui craint pour le maintien de la « souveraineté alimentaire que cette transaction à 59 milliards d’euros met en danger ».

Sur le même ton, le parti des Verts allemands dénonce l’émergence d’une « entreprise toute-puissante, qui ne va pas lutter contre la faim dans le monde, mais l’aggraver ».

Des prix déjà trop élevés

Le colosse contrôlera d’ailleurs aussi les coûts de ces semences, déjà en augmentation. « Une telle concentration ne fait jamais baisser les prix, bien au contraire », souligne sur le site de TVA Nouvelles le directeur-général de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Charles-Félix Ross:

« C’est un principe de base en économie lorsque la demande est forte, et le nombre de fournisseur devient limité. C’est préoccupant pour les agriculteurs, mais aussi pour les consommateurs », insiste-t-il.

Pourtant, augmentation des prix ne rime pas forcément avec meilleures récoltes, observe Swissaid, alors qu’elle « a pour effet d’accroître la pauvreté et la faim dans les campagnes ».

Cette hausse des prix pourrait néanmoins, à court terme, être freinée par la crise de l’agriculture elle-même, nombre de paysans n’étant plus en mesure d’acheter les semences les plus chères, dont l’efficacité est aussi mise en doute. Fin juin, en pleine négociation avec Bayer, Monsanto annonçait d’ailleurs une chute inattendue de ses bénéfices et ventes trimestriels: précarité qui justifie en partie la fusion.

La capacité innovatrice du « monstre » en cause

Quant à la capacité des deux géants de mieux répondre mains dans la main aux défis de l’avenir, « ils sont si étroitement spécialisés qu’on a le sentiment général qu’ils ne développeront pas les innovations dont nous avons besoin », estime le président de l’ONG canadienne ETC Group, Pat Mooney, cité par le Washington Post.

« Une grande partie de leur recherche se concentre sur les plus grandes cultures qui rapportent le plus d’argent », précise-t-il.

Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe, insistait pourtant dans un communiqué du 7 septembre sur « l’engagement de l’entreprise allemande en faveur de l’innovation et du développement durable » afin « de contribuer à l’agriculture de demain ». Monsanto s’est pour sa part déjà spécialisé dans l’agriculture numérique.

Un effet domino?

La méfiance est par ailleurs significativement aggravée par la mauvaise réputation dont jouit Monsanto, outre-Atlantique comme en Europe. Au-delà du fort lobbying qu’elle mène en faveur des OGM, elle est aussi connue pour les polémiques autour des conséquences sur la santé de son herbicide phare, le Roundup. Son image d’entreprise « prête à-tout » date d’ailleurs des années 60: elle fait en effet partie des neuf producteurs de l’Agent Orange, herbicide utilisé comme arme chimique par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam. Les manifestations contre Monsanto ont désormais pris un rythme régulier: toutes les années se tient une marché mondiale contre l’Américain, au centre d’ailleurs de la campagne européenne contre le traité d’échange transatlantique (Tafta ou TTIP). Un tribunal international baptisé « Tribunal Monsanto » jugera même en octobre de ses « crimes » contre l’environnement.

Ainsi, bien que le patron de Bayer, Werner Baumann, assure que son groupe « peut gérer la réputation de Monsanto », en Allemagne,  les effets de cette réputation sur celle dont le slogan est  »science pour une meilleure vie » sont ainsi devenus une préoccupation politique. La section des Grünen de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où siège Bayer, qui la gouverne avec le SPD, a même appelé Bayer à revoir sa décision.

Par Giulietta Gamberini  |  15/09/2016, 18:33  |  1019  mots

publié à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/bayer-monsanto-pourquoi-la-fusion-inquiete-599375.html

Pourquoi Bayer rachète Monsanto

Le futur numéro un mondial des semences et pesticides entend contrôler toute la chaîne agricole. Coût du deal : 59 milliards d’euros.

Une division de Monsanto Co. à Bergschenhoek aux Pays-Bas le 7 juillet.

 

Soixante-six milliards de dollars (59 milliards d’euros). C’est la somme gigantesque que le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer va verser aux actionnaires de Monsanto pour prendre le contrôle du groupe américain. Les deux entreprises ont annoncé leur intention de convoler dans un communiqué de presse commun, mercredi 14 septembre.

C’est un chiffre qui donne le vertige, de même que le nouveau groupe à naître. Le futur numéro un mondial des semences et des pesticides se donne pour ambition de contrôler toute la chaîne agricole, des semences à l’assiette du consommateur.

 

Sur le papier, le mariage fait sens. Bayer est puissant dans les pesticides et présent principalement en Europe et en Asie. Monsanto, lui, est le maître des semences, il distribue l’herbicide le plus vendu au monde, le très contesté Roundup, et tient fermement le marché nord et sud-américain.

Le groupe allemand met ainsi la main sur les nombreux brevets de Monsanto et profite de l’inventivité de l’américain, qui s’est illustré ces dernières années non seulement dans les biotechnologies – avec les organismes génétiquement modifiés (OGM) –, mais aussi dans le numérique. La « ferme digitale », qui permet de gérer les activités agricoles, les semences et l’épandage de pesticides en fonction de la température et de l’hydrographie est une des grandes spécialités de Monsanto.

« Aider les cultivateurs »Tout cela à un moment où l’agriculture fait face à des défis très importants : selon les Nations unies (ONU), la population mondiale devrait augmenter de 3 milliards d’habitants d’ici à 2050, pour atteindre les 10 milliards. Dans le même temps, le réchauffement climatique oblige les agriculteurs à repenser leurs méthodes.

« Produire plus avec moins » est le mot d’ordre des deux groupes, qui insistent sur leur démarche « durable »Le futur groupe entend répondre à cette nouvelle demande par une approche « qui intègre systématiquement une expertise portant notamment sur les semences, les traitements et la protection des cultures incluant les biotechnologies, avec un engagement fort pour l’innovation et les pratiques agricoles durables », a indiqué, mercredi, Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe. « Produire plus avec moins » est le mot d’ordre des deux groupes, qui insistent sur leur démarche « durable » pour « aider les cultivateurs…

LE MONDE ECONOMIE | 15.09.2016 à 06h48 • Mis à jour le 15.09.2016 à 17h00 | Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/15/bayer-et-monsanto-fusionnent-pour-creer-un-geant-de-l-agrochimie_4997867_3234.html#FSbhTk8Cy0GSv93S.99

 

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