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La Chine ferme une usine de viande fournissant McDonald’s et KFC

Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014
Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014 (Photo STR. AFP)

La ville de Shanghai a fermé une usine du fournisseur américain OSI Group après qu’il a vendu de la viande périmée à de grandes entreprises de restauration dont McDonald’s et KFC, ont annoncé les autorités lundi, dans ce qui semble être le dernier scandale alimentaire chinois.

Selon la télévision shanghaïenne, qui a rapporté les premières allégations, les employés de l’usine d’OSI en Chine mélangeaient de la viande périmée à de la viande fraîche et ont délibérément faussé l’enquête des contrôleurs de qualité envoyés par McDonald’s.

Parmi les autres clients de l’usine figuraient les chaînes Burger King, Papa John’s Pizza, Starbucks coffee et Subway, a rapporté le Shanghai Daily lundi.

Les responsables locaux ont fermé l’usine dimanche et auraient saisi des produits qui utilisaient de la viande périmée, d’après un communiqué de l’administration en charge de la sécurité alimentaire.

Selon cet organisme, la police enquête et menace de «représailles sévères» pour des cas similaires à l’avenir.

McDonald’s a déclaré dans un communiqué avoir «immédiatement» arrêté d’utiliser la production de cette usine et le groupe de restauration Yum a indiqué que ses restaurants KFC et Pizza Hut avaient également cessé de servir de cette viande.

KFC avait déjà rencontré des problèmes en 2012 quand des niveaux indus d’antibiotiques avaient été découverts dans ses poulets.

La Chine a été ébranlée par une série de problèmes de sécurité alimentaire dus à l’application laxiste de la réglementation en la matière, et aux stratégies de certains producteurs pour la contourner.

L’un des plus gros scandales remonte à 2008, lorsqu’il a été avéré que de la mélamine, une substance toxique, avait été ajoutée à des laits pour bébés, tuant au moins six d’entre eux et rendant 300.000 personnes malades.

Le géant de la grande distribution américaine Walmart a indiqué au début de l’année qu’il renforcerait les inspections de ses fournisseurs chinois, après qu’il a été forcé de rappeler de la viande d’âne qui s’était avérée contenir du renard.

L’année dernière, la Chine a arrêté des centaines de personnes pour des délits liés à la sécurité alimentaire, notamment la vente de viande de rat et de renard étiquetée comme du boeuf et du mouton, après une campagne de répression de trois mois, a indiqué la police.

AFP

Publié par Libération.fr à http://www.liberation.fr/economie/2014/07/21/la-chine-ferme-une-usine-de-viande-fournissant-mcdonald-s-et-kfc_1067641

Agroalimentaire : les nouveaux enjeux de la sécurité sanitaire

La maîtrise des risques sanitaires est une exigence fondamentale des sociétés modernes, en particulier dans le domaine sensible de l’alimentation. Les progrès considérables ont été réalisés depuis cinquante ans. Néanmoins, l’horizon semble parfois reculer et des crises surviennent régulièrement. Il reste difficile d’accepter que le risque zéro n’existe pas alors que des dangers apparaissent, dont on n’avait pas conscience jusqu’à présent. Quels sont les défis aujourd’hui, et comment les relever ?

Commençons par revenir sur les évolutions récentes, qui sont spectaculaires. La sécurité sanitaire des aliments connaît depuis plusieurs décennies une sorte de révolution permanente, marquées à la fois par des crises, des ruptures technologiques, et de profondes évolutions sociales, économiques et politiques.

Le risque sanitaire au centre des attentions
Ces changements concernent au premier chef l’espace et le temps. L’espace, d’abord : les échelles auxquelles on doit analyser les dangers sanitaires ont été fondamentalement modifiées. En quelques décennies on est passé d’une appréciation des risques au niveau familial et local à des échelles nationales, continentales, puis globales. La fameuse crise de la vache folle, comme les crises associées aux Listeria, dans les années 1990, en sont de bons exemples, puisqu’elles ont impliqué des flux nationaux voire transfrontaliers. Le temps, ensuite : les temporalités sur lesquelles on doit gérer ces risques se sont contractées. On est passé d’une gestion sur le long cours, insistant sur l’éducation à l’hygiène et la réduction progressive des dangers, à une gestion dans l’instant et dans l’urgence, avant de faire un nouveau pas en avant avec la prévention généralisée, voire l’application du principe de précaution. Ainsi, dès le début des années 1990 émerge un nouveau champ d’application des mathématiques, celui de la modélisation et de la prévision des risques associés aux développements microbiens dans les aliments : la microbiologie prévisionnelle.

Aux changements d’échelle et de temporalité s’ajoute une complexification croissante des processus à prendre en compte dans l’analyse. Cela touche d’abord la maîtrise des dangers. L’insistance sur le risque est sans aucun doute un trait marquant de l’industrie agroalimentaire depuis ses origines, contemporaines de la microbiologie et de l’apparition des bases de l’hygiène. La prise en compte des dangers biologiques et microbiologiques reste aujourd’hui au cœur des procédures de fabrication et de contrôle. Mais le cadre d’analyse a changé : alors qu’il y a encore vingt ou trente ans on privilégiait une approche segmentée, isolant chacune des étapes de la vie du produit, on tend de plus en plus à considérer les processus dans leur intégralité, « du champ à la table ».

Dans ce contexte, il devient essentiel de pouvoir conduire des investigations épidémiologiques et remonter à la source des dangers dans « la vie du produit » et anticiper les liens de causalité de l’amont à l’aval. Comme pour la police scientifique, l’émergence des méthodes de typage moléculaire et d’amplification génique au début des années 1990 a sensiblement amélioré les capacités d’expertise et de contrôle le long de cette chaîne. L’analyse moléculaire permet ainsi d’identifier les agents responsables de la contamination, de déterminer la source d’infection et les voies de transmission. L’amplification génique permet de mettre en évidence in vitro des quantités infinitésimales d’ADN : on reproduit en grande quantité un fragment d’ADN correspondant à un gène connu, puis à l’identifier grâce à une sonde spécifique capable de reconnaître le gène.

Au-delà de ce changement de régime dans l’évaluation et la gestion du risque, la complexification se joue aussi dans une multiplication des enjeux, et donc des acteurs impliqués. Il n’est plus simplement question de nourrir la population ou de construire des filières : ce sont désormais des politiques de santé publique qui sont concernées – sécurité des aliments, qualité de l’alimentation, impact des régimes alimentaires. Avec la création de l’OMC (1995) et la prise en compte de l’analyse des risques sanitaires comme unique argument ou presque de limitation des échanges commerciaux transfrontaliers, les préoccupations touchant à la santé publique s’entrecroisent avec le souci de protéger certains marchés. Elles se combinent aussi désormais aux enjeux de préservation de l’environnement, ce qui fait peser de nouvelles contraintes sur les différentes filières et conduit à faire émerger de nouvelles instances d’expertise et de régulation.

Les pays développés ont entrepris de faire évoluer les relations entre les autorités publiques, l’expertise scientifique et les entreprises. Le cadre juridique s’est inscrit progressivement dans une harmonisation réglementaire internationale. Les responsabilités respectives des acteurs publics et privés dans la gestion des risques ont évolué : ainsi, dans l’Union européenne, le « Paquet Hygiène » (cinq règlements communautaires adoptés entre 2002 et 2005) fait reposer une grande partie de l’effort sur les entreprises : la charge de la preuve est à l’industriel qui doit démontrer l’innocuité des substances utilisées.

Il ne faut pas, enfin, négliger la dimension culturelle de l’alimentation, qui inscrit la sécurité sanitaire dans des contraintes parfois contradictoires. La perception du risque alimentaire et la relation que nous entretenons avec notre alimentation impliquent à la fois une attente de progrès et de modernité et un souci de préservation de repères traditionnels. À cet égard le rôle des médias et leurs interactions avec les différentes parties prenantes (entreprises, administrations, agences d’expertise, associations de consommateurs) sont fondamentaux.

C’est dans ce contexte que les sociétés occidentales, en pointe sur ce sujet, se sont dotées de dispositifs de gestion et d’expertises scientifiques performants visant à anticiper la plupart des dangers identifiés et de gérer les risques avec efficacité. Dans l’ensemble, c’est un succès : malgré un accroissement de la diversité des dangers, les niveaux de risque sont restés à des valeurs très faibles. Mais tant la nature que la perception des risques évoluent constamment, et nous sommes aujourd’hui confrontés à plusieurs questions.

La première touche aux prochaines menaces : quelle importance accorder, en particulier, aux risques chimiques ? Sachant, ensuite, que le risque zéro n’existe pas, peut-on néanmoins continuer à réduire les risques existants, et selon quelles approches ? Cela conduit notamment à interroger le rôle de l’expertise, et la confiance que l’on peut lui accorder. Comment, enfin, l’enjeu de sécurité sanitaire des aliments se trouve-t-il intégré dans les grands défis planétaires de demain ? Tentons d’y voir plus clair.

Les dangers chimiques, nouvelle frontière ?
L’histoire récente est marquée par l’émergence des risques chimiques et toxicologiques. Ces risques sont associés aux pratiques d’élevage (hormones, résidus d’antibiotiques), aux pratiques culturales (produits phytosanitaires), aux procédés de transformation des produits (par exemple l’acrylamide, un polymère cancérigène qui se forme dans la caisson de certains produits) ou plus largement aux contaminations de l’environnement de production ou de transformation.

Les débats récurrents sur l’innocuité des produits phytosanitaires dans les aliments (insecticides, antiparasitaires…) en sont des exemples. Le DDT est interdit d’utilisation en Norvège et en Suède depuis 1970, aux États-Unis depuis 1972, en Grande-Bretagne depuis 1984. Mais, malgré les mesures prises pour limiter leur présence dans l’environnement, la rémanence des produits toxiques reste un sujet d’actualité : on peut citer les crises survenues récemment aux Antilles avec la chlordécone, un pesticide parfois présent dans les sols utilisés pour les cultures vivrières.

De très nombreuses substances sont potentiellement présentes dans les environnements naturels, industriels et commerciaux (emballages) des matières premières agricoles et des aliments transformés. Cette présence peut être liée à un manque d’anticipation ou à une situation accidentelle, voire frauduleuse (pollution, mélange de produits interdits…). Les crises récentes associées aux dioxines en sont une bonne illustration. Ces substances ont été par exemple introduites en 2009 dans l’alimentation animale (volailles, porcs) à partir de graisses frelatées avec de l’huile de moteur. Elles ont aussi été retrouvées, dans les années 1990 et 2000, dans des produits d’origine animale (par exemple le lait) à la suite de la contamination des prairies au voisinage d’incinérateurs défectueux ou ne disposant pas des installations adéquates pour limiter les émissions.

Dans les années à venir, les questions associées aux dangers chimiques devraient mobiliser de façon croissante l’ensemble des acteurs publics et privés, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord les capacités de détection s’améliorent, avec notamment la disponibilité croissante des méthodes de mesures à haute résolution. Il faut noter à cet égard que les recherches en toxicologie alimentaire, quelque peu délaissées ces vingt dernières années, font à nouveau l’objet d’investissements. D’ores et déjà on peut entrevoir des améliorations majeures dans l’identification et la caractérisation des dangers, avec par exemple de nouvelles approches pour tester la toxicité.

Cette dynamique de recherche répond à l’émergence de nouveaux risques. L’agroalimentaire est en effet un secteur très innovant, marqué par des innovations de rupture. L’apparition de nouvelles substances dont on ne connaît pas encore l’innocuité, comme les nanoparticules, impose une plus grande vigilance.

Enfin, la sensibilité nouvelle de l’opinion publique à l’égard des risques chimiques amène un peu partout dans le monde un renforcement des dispositions réglementaires. C’est notoirement le cas en Europe, avec la directive Reach de 2006 qui vise à supprimer progressivement dans l’Union les substances chimiques évaluées comme les plus dangereuses et ce quelles que soient les utilisations.

Jusqu’où peut-on réduire les risques ?
Qu’il s’agisse de risques chimiques ou microbiologiques, conventionnels ou émergents, le risque zéro n’existe pas. Cette réalité, redécouverte à la faveur des grandes crises qui ont marqué les années 1990 (ESB, Listeria…), est source d’inquiétude et de frustration. La population est travaillée par des craintes que ni l’expert (souvent incompréhensible), ni le politique (accusé de partialité), ni l’entreprise (suspectée d’être motivée par des considérations strictement économiques), ne sont en mesure de lever.

Pour le consommateur, le risque est d’autant moins acceptable qu’en dépit des exigences de traçabilité il ne connaît pas la provenance des matières premières ni plus généralement ce qui « se cache » derrière le produit : le danger, le processus, les acteurs impliqués. Son inquiétude est en quelque sorte la rançon de la complexité, de la sophistication des process industriels et des connaissances scientifiques engagés dans la production et la vérification des produits.

De fait, le nombre de dangers potentiels a nettement augmenté avec le développement, alors même que les risques sont globalement de mieux en mieux maîtrisés grâce à l’ensemble des dispositifs d’évaluation et de gestion. Les niveaux de risque considérés comme acceptables atteignent aujourd’hui des valeurs très faibles. Prenons l’exemple de la listériose, une infection très dangereuse causée par la Listeria monocytogenes. Entre 1987 et 1997 l’incidence des listérioses en France est passée de 16,7 cas par million d’habitants (toutes catégories de patients confondues) à 5,4 cas par million d’habitants , pour varier ensuite autour de 4 cas par million de 1999 à 2006. En Europe cette incidence se situe entre 2 et 10 cas par million. Peut-on aller encore plus bas sans que cela ait un impact sur notre modèle alimentaire et sur les coûts à supporter par les industriels et in fine les consommateurs ?

Pour les dangers désormais évalués et entrant dans les dispositifs de maîtrise, la recherche d’une diminution supplémentaire des risques aurait du mal, en général, à se justifier, dans la mesure où les dispositions déjà en vigueur sont respectées. La question n’est pas de savoir s’il faut éviter à tout prix une émergence, un accident qui est, en toutes probabilités, inévitable. L’objectif doit plutôt être de s’assurer qu’en cas de défaillance ou d’émergence du danger, les systèmes d’évaluation et de gestion soient réactifs pour limiter toute propagation. Certes, il existe encore des contrexemples récents tels que la crise des E.coli O104/H7, dites du « concombre », en Allemagne. Néanmoins, dans de nombreux pays, les dispositifs d’investigation, d’alerte, d’évaluation et de rappel ont fortement progressé.

On peut donc retourner le problème, en considérant que la question touche moins aux progrès possibles qu’à l’acceptation sociale du fait que les risques ne soient jamais nuls et que leur valeur soit fortement dépendante de nos choix de société. Il nous faudra donc, collectivement, réaliser des arbitrages. Le débat public est à cet égard balbutiant. Un enjeu fort des prochaines années sera d’offrir aux citoyens-consommateurs des informations leur permettant de mieux appréhender les conséquences économiques, sociales, environnementales d’une réduction supplémentaire de certains de risques vers une valeur encore plus faible (on parle de balance coût-bénéfice). Pour l’instant cette notion est peu présente dans les débats. Elle est pourtant au cœur de la période qui s’annonce : celle de la tension économique dans les territoires de production, celle de la tension globale sur nos ressources essentielles, celle d’un nouveau cadre d’innovation et de développement.

L’expertise en crise ?
Avec l’évolution des marchés alimentaires et les changements d’échelle de production et de distribution, les dimensions économiques et politiques associées aux questions sanitaires ont pris une importance stratégique. Cette accentuation des enjeux économiques et sociaux a placé l’expertise au cœur des décisions. Les recommandations scientifiques ont progressivement pris une dimension collective jamais égalée que ce soit sur le plan sanitaire, en raison de grande diffusion des produits concernés, ou sur le plan économique, en raison de l’importance prise par l’évaluation dans toutes les régulations nationales et internationales. L’expertise est donc devenue le centre de toutes les attentions… et de toutes les méfiances. La confiance dans les experts a été mise à mal avec les grandes crises des années 1990. Plus largement, elle ne peut en aucun cas se décréter, s’instituer. Il ne suffit plus de convoquer des compétences, des références académiques pour obtenir des citoyens une confiance aveugle dans les recommandations qui sont produites. Cette confiance est un sentiment fragile qui touche à des aspects fondamentaux de notre existence, comme la sécurité et le « vivre ensemble ». Elle se mérite, dit-on ! Pour y parvenir, trois grands principes se détachent des évolutions en cours. Un, l’intelligence collective et la pluralité des points de vue sont plus robustes qu’un avis individuel ; deux, l’expertise ne doit pas être influencée par des enjeux autres que ceux qui consistent à mobiliser en toute objectivité, la connaissance et l’analyse scientifique la plus pertinente ; trois, le citoyen doit avoir accès à l’information de façon transparente et ce pendant tout le processus d’expertise, de la question posée au résultat de l’analyse.

C’est à l’aune de ces principes que les agences créées dans les années 1990 à la suite des grandes crises sanitaires ont conduit leur action. Le cas de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est exemplaire. Dès ses premiers mois d’existence, en 1999, l’agence a mis en place un processus indépendant et transparent de recrutement des experts ; elle a formalisé la conduite de l’expertise collective ; elle a établi des déclarations publiques d’intérêts (pour les experts comme pour ses personnels) ; elle a mené une politique très active d’information et de transparence, elle a joué son rôle de vigilance et d’alerte…

Cette nouvelle approche de l’expertise sanitaire a contribué à renforcer la confiance de la population. Cependant, la performance de ces dispositions n’est jamais acquise définitivement. Il existe des possibilités de dérives, des points de fragilité. À côté des conflits d’intérêts, d’autres défauts d’indépendance peuvent perturber l’objectivité de l’analyse scientifique : les partis pris idéologiques, éthiques, politiques. Il est très difficile d’en maîtriser l’expression. La seule façon d’y remédier consiste à s’appuyer sur la grande diversité des experts mobilisés dans les évaluations collectives. Le débat sur les OGM, tout comme celui qui a prévalu lors des crises sanitaires des années 90, sont des exemples particulièrement illustratifs de la fragilité de l’argumentation scientifique si celle-ci ne se conduit dans un cadre parfaitement neutre, légitime au yeux de tous et protégé de toutes suspicions.

Plus largement, il est très important que les processus d’expertise fassent l’objet d’évaluations régulières. Ces évaluations doivent porter sur les trois principes évoqués précédemment : pluralité des points de vue, indépendance et transparence.

L’enjeu de sécurité sanitaire et les défis planétaires
Les prévisions démographiques estiment la population mondiale à l’horizon 2050 à plus de 9 milliards d’humains. Cette évolution de la population pourrait conduire à une forte pression sur les productions agricoles et alimentaires. Dans ce contexte, la ressource agricole constitue une des quatre ressources fondamentales de l’humanité, avec l’eau de qualité en quantité suffisante, l’énergie disponible à coût supportable, la biodiversité et les services écologiques qui lui sont associés.

Le défi à relever n’engage pas seulement notre capacité collective à préserver la disponibilité de chacune de ces ressources. Il tient aussi à leur forte interrelation, qui rend l’ensemble du système particulièrement instable, et à l’arrivée d’un nouveau facteur de perturbation, le changement climatique.

Ces nouveaux enjeux de durabilité produisent déjà des perturbations dans les flux de produits et de matières premières: aux effets des grandes variations climatiques sur les récoltes s’ajoutent la spéculation sur les matières premières et la demande croissante des pays émergents en produits agricoles transformés… L’engagement très important des filières agricoles et agro-industrielles des pays industrialisés dans une société de consommation a conduit à un niveau de développement qui est aujourd’hui la référence imposée à l’ensemble des pays dans le contexte de l’OMC. Pour les pays en développement, la globalisation des échanges agricoles et des produits agro-industriels est enjeu social et économique majeur.

Un pays comme le Brésil a pris la mesure de ces enjeux en investissant fortement dans ce secteur et en se positionnant parmi les leaders mondiaux. Mais pour la très grande majorité des pays en développement, la mondialisation va de pair avec une forte pression sur les prix et des contraintes difficiles à anticiper au plan sanitaire. Ces pays affrontent plusieurs défis à la fois : assurer la sécurité alimentaire d’une population en forte croissance, structurer des filières de production et transformation, disposer des compétences et des moyens technologiques pour assurer la sécurité sanitaire des produits et des procédés à des niveaux d’exigence équivalents à ceux mis en place dans les pays industrialisés. Ce qui revient à obtenir, en quelques années, un niveau de capacité en productivité, compétitivité et fiabilité sanitaire, équivalent à celui atteint par les pays industrialisés en cinquante ans.

Or, comme le rappellent Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, sur les 3 milliards de « paysans » et agriculteurs présents sur la planète, 1,3 milliard sont des actifs agricoles dont un tiers travaille à la main sans semence sélectionnée, sans engrais, sans animal de trait. Le nombre de tracteurs dans le monde est estimé à environ une trentaine de millions. Les pays les moins avancés ont une productivité qui peut être mille fois plus faible que celle des pays les plus productifs (les plus mécanisés). Seuls 10% de la production agricole mondiale circulent sur les marchés internationaux. Ces matières premières circulantes sont produites par les pays ayant les meilleures productivités et qui sont à l’origine des prix imposés à tous, fondés sur des rendements élevés et des coûts relativement faibles. On comprend donc bien la difficulté pour un paysan africain de vendre localement des produits sûrs et à un prix compétitif.

Le défi pour assurer la sécurité agricole et alimentaire mondiale consistera à obtenir en moyenne sur la planète, d’ici 2050, un quasi doublement de la production agricole. Cet effort de production pourrait nécessiter, dans certains pays faiblement développés, une multiplication par un facteur 5.

Certes, le modèle de massification de l’accès aux produits alimentaires tel qu’il s’est développé dans les pays industrialisés n’est pas nécessairement celui qui conviendra à l’ensemble des régions en développement. Mais quel que soit le modèle de développement qui s’imposera, les enjeux de sécurité sanitaire seront centraux. Ils constituent l’autre face du défi alimentaire.

Un des enjeux est évidemment la régulation des marchés des matières premières agricoles, afin d’éviter la double peine aux pays en développement. Au-delà, la pression sur les ressources agricoles et alimentaires ne peut être atténuée que s’ils se dotent d’une politique durable de développement agricole et agro-industriel. Cela suppose que les pays agro-industrialisés leur apportent leur expérience, par un transfert rapide d’expertise et d’innovation : l’enjeu est à la fois le développement de la consommation et la maîtrise de la sécurité sanitaire des produits.

Publié par ParisTechReview à http://www.paristechreview.com/2013/02/27/securite-sanitaire/

 

Consommation Réunion de la filière viande Eviter un nouveau scandale

L’abattoir de Gap (Hautes-Alpes), en mars 2011 Vincent OLLIVIERL’abattoir de Gap (Hautes-Alpes), en mars 2011 Vincent OLLIVIER

Les professionnels remettent aujourd’hui leurs propositions au gouvernement, mais leur principale demande, l’étiquetage, relève d’une décision des Vingt-Sept.

Ils ne seront pas moins de trois ministres (Agriculture, Agroalimentaire et Consommation) pour recevoir ce matin les professionnels de la filière viande. Mais sans pouvoir sur la décision que tout le monde attend : imposer la traçabilité des viandes, et l’étiquetage sur les plats cuisinés vendus en magasin, qui permettrait au consommateur de savoir vraiment ce qu’il mange.

L’affaire des lasagnes à la viande de cheval a éclaté en février dernier. Elle avait mis au jour l’incroyable parcours du « minerai », qui devait être du bœuf et n’était que du cheval, entre plusieurs pays européens.

Sanctions durcies

Depuis, les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs. La Commission européenne a proposé de renforcer les contrôles le long de la chaîne alimentaire, et de durcir les sanctions financières.

Le gouvernement français a adopté un projet de loi début mai qui prévoit également un durcissement des sanctions pour la fraude économique, dont les tromperies sur la marchandise, avec des amendes indexées sur le chiffre d’affaires de l’entreprise coupable. Mais la principale solution, qui est d’imposer la traçabilité et l’étiquetage, attend encore une décision au niveau européen. « Je suis 100 % en désaccord avec la Commission européenne », attaquait récemment le ministre de la Consommation, pour protester contre son refus d’imposer cette mesure.

Le processus est lancé à vitesse européenne

Et Benoît Hamon d’accuser ces pays européens qui « reviennent à leurs bonnes vieilles habitudes libérales et veulent enterrer toute réglementation ».

En fait, le processus est lancé, mais à une vitesse « européenne ». Une étude d’évaluation d’impact est en cours, dont les résultats sont attendus au plus tôt en septembre. C’est sur la base de cette étude que les ministres pourront commencer de travailler, à essayer de s’entendre entre eux et avec la Commission, avant de convaincre le parlement européen. Autant dire que principe de la traçabilité n’est pas enterré, mais que sa mise en œuvre n’est pas pour demain.

par F.B., publiée le 21/05/2013 à 05:00 par DNA les Dernieres Nouvelles d’Alsace à http://www.dna.fr/sante/2013/05/21/lasagnes-au-cheval-en-attendant-l-europe

Communication et marketing : je t’aime, moi non plus

Si les avis divergent, si des directeurs du marketing annoncent la toute-puissance de la communication produit sur la communication de l’organisation, d’autres estiment que ces deux fonctions sont complémentaires et c’est probablement la bonne attitude. Il convient en effet de constater que depuis quelques années, la communication corporate (ou institutionnelle ou des organisations) ne cesse de se développer. Les entreprises ne craignent plus parler d’elles-mêmes, et ce, bien au-delà des seuls produits ou des marques, dont les durées de vie sont plus qu’incertaines en période de crise économique.

Les tentatives récentes de mettre en place des plateformes de marques par exemple cèdent à une tendance très moderne. Cependant, à l’occasion, les entreprises font bien souvent la redécouverte de ce qui, dans les années 80 et 90, s’appelait déjà politique de communication. Une politique fondée sur les valeurs de l’entreprise, la culture de l’organisation, l’étude de l’environnement, la prise en compte des salariés… Le concept de plateforme de marque a donc bien été marketé… Il n’y a donc rien de plus normal aujourd’hui pour une entreprise de s’exprimer non plus à travers ses seuls produits (pneus, yaourt, services…), mais bien plus profondément, c’est-à-dire sur son ADN, sur ses salariés, ses missions et ses ambitions.

Oser la communication

Toutes les associations de professionnels du secteur de la communication, les cercles de réflexion sur le management, estiment la communication des organisations plus importante que la communication produits. Tout d’abord parce que la communication corporate est une fonction centrale du management (j’oserai dire qu’elle est consubstantielle au management) alors que la communication marketing n’est qu’une fonction opérationnelle de l’organisation. Donc avant l’opératif, le stratégique. De plus, il est évident que les entreprises ont tout à gagner à développer des stratégies et des discours d’entreprises vis-à-vis de publics de plus en plus méfiants, moins réceptifs et désormais sur la défensive face à des techniques marketing de plus en plus intrusives.

La communication corporate est un positionnement stratégique, une philosophie d’entreprise ancrée dans des racines culturelles, un ou des mythes fondateurs, des objets de rassemblement (dont le produit n’est qu’une des composantes). Elle prend toutes ses dimensions tant auprès des salariés que vis-à-vis des publics externes et les parties prenantes de l’entreprise. C’est pourquoi les communicants doivent lutter contre l’idée selon laquelle seuls le produit ou le service peuvent sauver une entreprise. C’est doublement faux : d’une part, parce qu’il s’agit d’un raisonnement à très court terme et que jamais la multiplication de la production d’un produit qui ne se vend pas, a permis à une entreprise de se redresser.

D’autre part, c’est une erreur de croire qu’en supprimant des budgets de communication, l’entreprise va sauver son avenir financier. C’est faux à long terme. C’est parce qu‘une entreprise est en crise qu’elle doit oser la communication. C’est en défendant ses savoir-faire, en valorisant ses compétences, son histoire et ses salariés que les entreprises en danger économiquement pourront se sortir de situations difficiles. Ainsi l’effondrement de la sidérurgie française n’est pas dû à sa qualité, mais bien à une communication catastrophique de longue date tant au niveau politique que managérial.

Certes, ce type de raisonnement passe mal dans les têtes de dirigeants dont les yeux sont rivés sur les indicateurs de gestion et de performance que les marketeurs maitrisent à la perfection. C’est aussi un enjeu pour les communicants de rattraper leur retard en terme d’évaluation des actions de communication. Sans capacité à mesurer l’efficacité de la communication et à justifier les budgets de communication, les communicants sont voués à rester aphones.

Identité, proximité, légitimité

La communication d’entreprise regroupe dans son champ toutes les typologies de communication existantes, des médias sociaux à l’événementiel aux relations presse… Mais ce ne sont que des outils au service d’une pensée stratégique portant sur l’image et la réputation de l’entreprise. Car il s’agit, grâce à la communication corporate, de conquérir une proximité, une légitimité et une identité sociale. Proximité envers les publics, légitimité de la mission de l’entreprise, identité de compréhension de la mission de l’organisation. Sans ce triptyque fondamental, l’entreprise est vouée à l’ignorance, d’elle-même et de ses produits.

La communication corporate fournit aux entreprises une réponse adaptée aux problématiques de communication et aux conflits potentiels générés par l’instabilité économique. En l’absence de communication corporate, pas de réflexion en amont sur les orientations économiques, incohérence des stratégies discursives de marque et discontinuité du management. Il faut hélas souligner la profonde ignorance de beaucoup de managers qui croient encore que la communication, c’est de la publicité ou qu’elle n’est réduite qu’à un objet promotionnel. Cette vision courte est fondamentalement dangereuse pour l’organisation parce qu’elle est directement la conséquence d’une pensée marketing rivée sur la performance et les parts de marché.

Communication de crise corporate

Enfin, il convient de souligner qu’en situation de crise (comme les cas récents de Findus, Picard, Spanghero, Sanofi, France Telecom, Société Générale…), si la conséquence première est, par exemple, le retrait de produit, c’est bien l’image et la réputation de l’entreprise qui sont en jeu à long terme. Ce n’est pas parce qu’une firme sortira de nouveaux produits qu’elle effacera les crises précédentes. Or on peut constater que les entreprises en crise d’image renforcent surtout leur communication corporate. Il s’agit de défendre ou de reconstruire un capital de valeurs, et non du packaging… Ainsi, plus les entreprises auront développé de la communication corporate en temps normal, plus elles seront aptes à affronter des tempêtes. Et la fonction marketing ne viendra qu’en appui.

Les managers doivent en être convaincus : la communication est un levier fort de réputation et de croissance

Source: les Echos à http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/management/organisation/221171978/communication-et-marketing-t-aime-moi-non-plus

ÉCRIT PAR

 

 

 

 

Les boulettes, suite et faim

 » Les boulettes, suite et faim » est le titre du mail envoyé aux porteurs de la carte de fidélité IKEA le 4 /04/2013. Mail dont voici le contenu:
IKEA remet en vente dans ses restaurants des boulettes nouvellement produites, issues de contrôles qualité renforcés et d’une traçabilité sans faille. Elles seront également disponibles dans les Épiceries suédoises dès le 15 avril.
Fin février 2013, le groupe IKEA suspendait la vente des boulettes suite à la découverte de traces de viande de cheval. Depuis, le Groupe a pris toutes les mesures garantissant la qualité et la sécurité encadrant leur fabrication, dans le respect de la recette traditionnelle suédoise :

 

nouvelle production
tests ADN sur la viande
teneur en viande 84% – boeuf et porc uniquement
(et 16% d’oignons, oeufs, sel et chapelure)

 

« La confiance de nos clients et de nos collaborateurs est d’une importance capitale pour IKEA. Pour répondre aux attentes de ses clients, IKEA France est heureuse de proposer à nouveau à la vente dans ses restaurants dans un premier temps, puis dans ses épiceries à la mi-avril, ses emblématiques boulettes de viande, fabriquées selon la recette traditionnelle suédoise.
Notre Groupe a opéré des changements importants pour assurer une traçabilité sans faille tout au long de la chaîne alimentaire. Nous nous engageons à servir et vendre uniquement des produits de première qualité, de façon responsable, avec des normes de sécurité exigeantes ».
Stéphane Guérin, Directeur IKEA Food France.

Viande de cheval: Spanghero, un coupable trop facile?

Par Julie de la Brosse - publié le 15/02/2013 à 18:40

Le gouvernement accuse l’entreprise Spanghero d’être le responsable du « horsegate » qui secoue l’Europe depuis le début de la semaine. Mais n’est-ce pas toute la filière qu’il faut pointer du doigt

Selon le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon, Spanghero savait qu'elle revendait de la viande de cheval pour de la viande de boeuf. Le gouvernement a retiré à Spanghero l'agrément sanitaire lui permettant de traiter de la viande.

Selon le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon, Spanghero savait qu’elle revendait de la viande de cheval pour de la viande de boeuf. Le gouvernement a retiré à Spanghero l’agrément sanitaire lui permettant de traiter de la viande.
REUTERS/Jean-Philippe Arles

En politique comme ailleurs, il y a une règle qu’il faut toujours respecter: lorsqu’il y a scandale, il faut des responsables. Dansl’affaire de la viande de cheval qui secoue l’Europe depuis le début de la semaine, le gouvernement français a trouvé le sien. Lecoupable idéal s’appelle Spanghero. Ce serait dans cette société française de transformation de viande que le cheval se serait mystérieusement transformé en boeuf.

Jeudi, lors d’une conférence de presse très médiatique, Benoît Hamon, sorti de son frigo pour l’occasion, a en effet affirmé que l’entreprise s’était rendue coupable de « tromperie économique » et qu’elle serait poursuivie à ce titre avec des sanctions sévères à la clé. En clair, Spanghero aurait consciemment, et consciencieusement même, changé l’étiquetage de la viande de cheval roumaine en « Viande boeuf origine UE ». Pour l’heure, l’entreprise de Castelnaudary, qui s’est vue retirée son agrément, dément catégoriquement ces accusations. Elle estime que le gouvernement est allé un peu vite en besogne dans ses conclusions.

Les dysfonctionnements de la chaîne alimentaireQuand bien même Spanghero serait coupable d’avoir falsifié les étiquettes de ses produits, il va falloir tirer les conséquences de ce scandale qui a révélé les dysfonctionnements de la chaîne agroalimentaire. Car l’affaire du cheval va bien plus loin qu’une simple escroquerie à la réglementation. Elle a mis en lumière, une nouvelle fois, les pratiques douteuses et les circuits incontrôlables de l’industrie agroalimentaire.

Ainsi, depuis le début de la semaine, tout le monde essaie de comprendre la tortueuse trajectoire empruntée par la viande incriminée: achetée en Roumanie par un trader chypriote, Draap Trading Ltd -cette société achetait sa viande via une boîte postale belge pour la stocker ensuite dans un entrepôt situé aux Pays-Bas- elle a ensuite atterri dans le sud de la France (chez Spanghero) pour être envoyée au Luxembourg où elle a pu être transformée (par Comigel) et être ensuite commercialisée dans six pays au moins en Europe. Pour la plupart de ces pays, peu adeptes du canasson en sauce, le choc a été rude (il est en effet important de rappeler qu’il n’y a pas eu de crise sanitaire puisque la viande en question n’était pas avariée). Par ailleurs, les consommateurs ont sans doute été contents d’apprendre qu’un même fabricant, Comigel, fournissait une importante partie des barquettes de lasagnes européennes, commercialisées sous des marques différentes (Findus, mais aussi Picard ou encore Monoprix)!

Viande de cheval: Spanghero, un coupable trop facile?Carte de l’Europe montrant les différentes étapes en Europe de la commercialisation de la viande de cheval contenue dans les plats Findus.

AFP

Que faut-il conclure de toutes ces découvertes? Déjà qu’il ne s’agit peut-être pas d’une découverte. Bruno le Maire, ancien ministre de l’agriculture, qui s’est dit scandalisé vendredi, ou Stéphane le Foll, son successeur, pouvaient-il vraiment ne rien connaître à la complexité de ces circuits alimentaires, comme ils l’affirment aujourd’hui? Le journaliste Fabrice Nicolino, auteur de Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde, en doute. « La transformation de la viande est un business mondialisé, avec sa spéculation, ses traders et ses truands », estime le journaliste dans les colonnes de Libération.

Surtout, il faut rappeler que la filière agroalimentaire n’en est pas à son premier scandale: de la mélanine dans du lait maternel en Chine, de l’huile de vidange dans de l’huile d’olive en Espagne… les scandales sont légions dans l’agraolimentaire. Surtout dans la filière de la viande où les petites magouilles seraient quasiment culturelles, comme le révèlent ces nombreux témoignages qui ont fleuri dans les médias tout au long de la semaine.

La faute aux consommateurs ou à la grande distribution?Plus que la traçabilité, qui ne réglerait pas la question des fraudes, certains se demandent aujourd’hui s’il n’est pas temps de s’interroger sur le problème de fond. A savoir les prix toujours plus bas dans les rayons. Est-il en effet possible de vouloir consommer des lasagnes à 2,50 euros la barquette et espérer que la viande qu’elle contient soit de qualité? Quand on sait qu’un steak haché de qualité moyenne coûte environ autour de 10-12 euros le kilo en grande surface, on se demande bien comment la lasagne de Findus « 100% pur boeuf » – qui a nécessité une importante transformation- peut-être vendue autour de 3,5 euros le kilo. En l’occurrence, en 2012, le kg de cheval roumain était de 2,2 euros, contre 3,7 euros pour le boeuf…

Pour certains, ce ne sont d’ailleurs pas les producteurs qu’il faut blâmer, mais la grande distribution, qui veut toujours accroitre ses marges sans augmenter ses prix pour rester attractive. En 2012, « le prix de la viande de boeuf n’a pas arrêté de grimper (+12%, soit 50 centimes de plus) mais la grande distribution exigeait qu’on baisse nos prix », témoigne Danielle Lo Stimolo, une responsable deSyndigel, la fédération européenne du secteur du surgelé (50 adhérents). Face à ces distributeurs tous puissants, les industriels, des PME ou TPE pour la plupart, n’auraient guère le choix. Pour survivre, il faut baisser les prix. Quitte à tricher sur la marchandise.

Quitte à tricher sur la marchandise.

Publié par L’Expansion, l’Express à: http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/viande-de-cheval-spanghero-un-coupable-trop-facile_372800.html?xtor=EPR-175-%5bXPN_18h%5d-20130215–1385607@231415718-20130215193051

Mailing du Président de Picard à l’occasion de la tromperie à la viande de cheval

Cher client,

Dans l’affaire de la viande de cheval, le gouvernement, après enquête, vient de mettre en cause la responsabilité d’un industriel français.

Deux lots de lasagnes bolognaise Formule Express Picard ont été cuisinés avec de la viande provenant de ce fournisseur, ce qui n’aurait jamais dû se produire : Spanghero ne faisant pas partie des fournisseurs validés par Picard dans le cahier des charges signé entre Picard et Comigel.

Je vous prie d’accepter, au nom des équipes Picard et en mon nom personnel, toutes nos excuses et je vous assure que nous mettons tout en œuvre pour qu’une telle tromperie ne se reproduise plus.

Nous vous rappelons par ailleurs que :

- toutes nos viandes de bœuf piécées et tous nos steaks hachés Picard proviennent de la Filière Viande Bovine Française,

- nous privilégions pour tous nos plats cuisinés à base de bœuf, l’origine France.

 

 

La qualité de nos produits et votre satisfaction sont une priorité absolue et nous vous remercions à nouveau de votre confiance.

Philippe Pauze
Président de Picard

 

 

Picard s’engage à répondre à vos questions :

Par téléphone

 

Par email
client@picard.fr

 

 

Viande de cheval : le scandale sanitaire s’étend

Le Point.fr – Publié le 13/02/2013 à 18:25 - Modifié le 13/02/2013 à 19:34

Des lots de lasagnes contenaient de la viande de cheval en Suisse. Les premiers soupçons apparaissent en Allemagne ainsi qu’en Norvège.

Photo d'illustrationPhoto d’illustration © Remy Gabalda / AFP

Le scandale sanitaire de la viande de cheval s’étend en Europe. Le groupe de distribution suisse Coop a annoncé sur son site internet que des analyses sur des lasagnes surgelées retirées mardi de la vente ont permis d’établir qu’ils contenaient de la viande de cheval. Coop avait retiré de la vente « par précaution » un produit de lasagne fabriqué par la société française Comigel. Une analyse des produits avait été décidée pour savoir « si et dans quelle mesure les livraisons de Comigel sont concernées par une déclaration fautive », avait indiqué mardi un porte-parole. Comigel, société dont le siège social se trouve à Metz dans l’est de la France, avait fabriqué les lasagnes de la marque Findus vendues en Grande-Bretagne censées être au boeuf et contenant de la viande de cheval.

Les autorités de sécurité alimentaire en Norvège ont également indiqué mercredi qu’elles avaient été informées que des plats Findus censés être à base de boeuf et soupçonnés d’avoir contenu du cheval avaient été retirés des rayons. « Des produits surgelés finis qui pourraient contenir de la viande de cheval ont été exportés vers la Norvège », mais « toutes les grandes chaînes de supermarchés et Findus ont confirmé à l’Autorité de l’alimentation qu’ils avaient retiré les produits et que ceux-ci n’étaient plus dans les rayons norvégiens », a fait savoir cette Autorité dans un communiqué.

Par ailleurs, les autorités allemandes ont annoncé mercredi avoir été informées d’un premier soupçon de viande frauduleusement étiquetée dans des lasagnes vendues en Allemagne alors que le scandale des produits congelés à la viande de cheval s’étend en Europe. Il s’agit de plats préparés de lasagnes qui ont été livrés à un grossiste dans l’État le plus peuplé d’Allemagne, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a déclaré une porte-parole du ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs, lors d’une conférence de presse régulière. Les autorités allemandes ont été averties mardi soir par leurs homologues luxembourgeoises via le système d’alerte mis en place en Europe, a-t-elle précisé.

Réunion au sommet à Bruxelles

Des tests doivent maintenant être pratiqués pour déterminer si ces plats préparés contiennent éventuellement de la viande de cheval. La ministre de la Protection des consommateurs, Ilse Aigner, devait s’exprimer plus tard dans la journée. Jusqu’ici, les autorités allemandes avaient affirmé que l’Allemagne n’était pas touchée par le scandale. La chaîne allemande de supermarchés Kaiser’s Tengelmann avait cependant déjà retiré à titre préventif des lasagnes de la vente.

À Bruxelles, les ministres européens de l’Agriculture tiennent une réunion de crise pour étudier les mesures à prendre au niveau de l’UE face au scandale des produits congelés à la viande de cheval qui s’amplifie, notamment au Royaume-Uni et en France. L’affaire a éclaté avec la découverte, la semaine dernière, en Grande-Bretagne de lasagnes de la marque Findus contenant de la viande de cheval estampillée boeuf. Elles avaient été fabriquées par un sous-traitant français, Comigel.

publié à: http://www.lepoint.fr/societe/viande-de-cheval-le-scandale-sanitaire-s-etend-13-02-2013-1627132_23.php par Le Point.fr

 

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Viande de cheval : l’UE demande des tests ADN aux pays concernés

Un abattoir en Roumanie.

 

Face à la pression des pays concernés et à l’ampleur du scandale des produits estampillés « bœuf » contenant de la viande de cheval, les autorités européennes ont demandé à tous les Etats membres de pratiquer des tests ADN sur ces produits, à l’issue d’une réunion d’urgence, mercredi 13 février.

Cette proposition va être soumise aux Etats membres dès vendredi, a indiqué le commissaire chargé de la santé et des consommateurs, Tonio Borg. Les premiers résultats devraient être connus d’ici la mi-avril. De plus, Bruxelles a demandé des contrôles pour détecter la présence éventuelle de phénylbutazone, un anti-inflammatoire pour les chevaux, qui rendrait la viande impropre à laconsommation.

« IL Y A UNE LÉGISLATION ET QUELQU’UN NE L’A PAS RESPECTÉE »

A plus long terme, la Commission a indiqué qu’elle réflechirait à un éventuel étiquetage des produits à base de bœuf pour indiquer l’origine de la viande. Depuis l’affaire de la vache folle, l’origine de la viande bovine fraîche doit être mentionnée. Ce n’est pas le cas pour les produits transformés à base de viande, qui sont seulement soumis à l’obligation de mentionner le type de viande utilisée.

La Grande-Bretagne, concernée en premier lieu par cette affaire, avait demandé des réponses rapides à Bruxelles. Avec l’Irlande, les deux pays ont plaidé pour que  l’exécutif européen propose un renforcement de l’étiquetage, précisant surtout le pays d’origine de la viande utilisée.

Regarder l’infographie Des lasagnes, deux traders, quatre entreprises et cinq pays

 

 Tonio Borg, commissaire européen à la santé.

 

Tonio Borg a répété que cette affaire concerne avant tout « une question d’étiquetage frauduleux. Ne donnons pas l’impression que cet incident s’est produit en raison d’un manque de législation d’étiquetage. Il y a une législation et quelqu’un ne l’a pas respectée« . Ce scandale de la viande de cheval ne présente a priori aucun danger pour la santé publique mais une telle tromperie sur la nature des produits a provoqué un tollé, notamment en Grande-Bretagne où l’idée demanger du cheval est taboue.

Lire l’éclairage Pourquoi la viande de cheval est un tabou en Grande-Bretagne

Jusqu’à mercredi soir, la Grande-Bretagne a mené des perquisitions dans deux usines soupçonnées d’avoir fourni de la viande de cheval pour des produits censés contenir du bœuf ; en France, de la viande de cheval a été trouvée dans des produits des marque Picard. Les résultats d’une enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) seront rendus publics jeudi 14 février.

La société Comigel, qui avait fabriqué les lasagnes incriminées, est également pointée du doigt en Suisse, où le groupe de distribution Coop a confirmé la présence de viande de cheval dans des lasagnes surgelées retirées mardi de la vente ; enfin, la Norvège a également retiré des produits Findus de ses supermarchés.

Consulter la liste des produits retirés de la vente en France

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

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