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Une carte de France pour participer aux moissons

Une carte de France pour participer aux moissons

  • FIGARO DEMAIN – Les agriculteurs qui acceptent des visiteurs à bord de leur moissonneuse-batteuse sont recensés sur une carte. Un moyen pour les novices de mieux connaître le monde agricole et pour les exploitants de partager ce temps fort de leur métier.

Un agriculteur a créé une plateforme collaborative pour permettre aux novices de découvrir les travaux à la ferme. En pleine période de moisson en France, David Forge, exploitant céréalier en Indre et Loire, a ainsi conçu une carte interactive pour permettre aux agriculteurs qui souhaitent accueillir des visiteurs dans leurs moissonneuses de se signaler.

» À écouter dans l’Esprit d’initiative sur France inter

Dans toute la France, des agriculteurs volontaires indiquent où et quand ils vont moissonner, ils ajoutent une photo de leur machine et peuvent en préciser le modèle. S’ils le souhaitent, les paysans peuvent laisser un commentaire sur la carte pour décrire ce qu’ils proposent, «Place très confortable, aux premières loges pour voir comme la nature est magique. Une petite graine semée il y a plusieurs mois en a produit cent!», écrit ainsi un agriculteur.

L’idée de ces rencontres inattendues est de «répondre à la curiosité de tout le monde, les jeunes qui s’intéressent à l’agriculture, ceux qui aiment la mécanique ou encore les curieux qui veulent connaître le métier de près!», précise David Forge, à l’origine de cette initiative. La cabine est bien insonorisée, assure l’exploitant et devient un lieu privilégié pour les échanges et les discussions.

Briser la solitude des agriculteurs et faire découvrir leur métier

Pour les agriculteurs, c’est un moyen de briser la solitude dans laquelle leur métier peut parfois les plonger et créer un lieu d’échange privilégié. D’autant que les paysans apprécient généralement de partager leur expérience. «C’est agréable de répondre aux questions, d’éduquer, d’informer sur notre métier. La moisson est le point d’orgue du métier, c’est à ce moment où l’on voit si la récolte sera bonne ou pas et de l’expliquer à notre passager», indique le céréalier basé en Indre-et-Loire qui a déjà moissonné avec des amis à bord.

L’exploitant a eu l’idée de créer ce site après avoir vu, l’an passé, plusieurs agriculteurs proposer, sur Twitter, des places dans leur moissonneuse. Parallèlement, au moment du salon de l’agriculture, une moissonneuse était exposée et les visiteurs faisaient la queue pour pouvoir monter dans la machine qui restait pourtant immobile! L’agriculteur a ainsi voulu centraliser les offres pour permettre aux novices de vivre cette expérience grandeur nature.

Le site créé ce lundi recense déjà des dizaines de propositions d’agriculteurs. De fait, David Forge est très présent sur les réseaux sociaux et sur YouTube avec plusieurs dizaines de vidéos publiées depuis trois ans. Celui qui a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron compte en effet près de 40.000 abonnés à qui il dévoile son quotidien de paysan reconverti après avoir repris la ferme familiale. Parmi ses vidéos les plus vues (près de 200.000) figurent celles avec sa moissonneuse-batteuse.

Pour que la rencontre soit fructueuse, David Forge recommande aux visiteurs de rester au moins deux heures dans la machine, d’apporter quelques friandises et des boissons fraîches pour rendre le voyage encore plus convivial!


A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.
Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.Photo Antoine Placer. Voix du Nord. MAXPPP
REPORTAGE

A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Par Stéphanie Maurice, correspondante à Lille — 20 août 2018 à 19:46

Vitrines brisées, faux sang jeté, graffitis… Dans la ville, plusieurs établissements ont été l’objet de dégradations commises par des partisans de la cause animale. Chez les commerçants, le ton monte, tandis que les militants se divisent sur la pertinence de ce type de vandalisme.

Les antispécistes passent à l’attaque. Des pavés ont été lancés dans des vitrines d’artisans – bouchers, poissonniers, fromagers… – principalement à Lille, mais aussi dans les Yvelines ou à Angers (Maine-et-Loire), accompagnés de slogans antispécistes, ce mouvement opposé à l’exploitation animale sous toutes ses formes, élevage compris. Le ministère de l’Intérieur s’en est ému, sur interpellation de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT). Dernier fait en date, à Lille, le 31 juillet : le monument en l’honneur des 20 000 pigeons voyageurs morts pour la France, messagers de la guerre de 14-18, a été tagué : «Stop spécisme.» Etonnement du quidam, qui voit dans cette stèle, unique dans l’Hexagone, une reconnaissance du rôle des oiseaux dans le conflit. Mais les militants y voient d’abord une exploitation animale. L’antispécisme va plus loin que le simple véganisme, qui bannit la consommation de tous les produits issus de l’exploitation animale.«Il n’y a pas une espèce supérieure aux autres. L’homme n’a pas le droit de les exploiter pour son propre intérêt, alors qu’il peut faire autrement», explique Camille Ots, Lilloise et coordinatrice du réseau national des bénévoles de L214, cette association qui, entre autres, filme les mauvais traitements dans les abattoirs et les diffuse.

Au départ, la protestation a consisté à asperger les boucheries de faux sang, où un simple nettoyage suffisait. Au cours du seul mois d’avril, sept ont été visées dans les Hauts-de-France. A la mi-mai, changement de braquet : la boucherie haut de gamme de la rue Esquermoise, au cœur du chic Vieux-Lille, retrouve ses deux vitrines explosées. Suivront un volailler, une poissonnerie, une rôtisserie et enfin une fromagerie, le 18 juillet. Juste en face du magasin de Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs du Nord. Comme une provocation. C’est en tout cas comme cela qu’il le prend. «C’est toujours le même principe : provoquer le maximum de dégâts pour causer un coût financier à l’entreprise», et la fragiliser, affirme-t-il. Selon la taille des vitrines, la facture va de 3 000 à 10 000 euros par magasin. Rigaud est catégorique : «C’est la volonté d’extrémistes, pour qui on ne doit pas exister. Mais on ne courbera pas l’échine.» Laurent Rigaud a porté plainte pour diffamation contre Camille Ots. Elle avait dit sur RCF, une radio catholique, que «casser des vitrines est un acte citoyen». Elle plaide le quiproquo, avoir en réalité voulu parler d’un acte de citoyens isolés, non encadré par une association. Et la plainte a été classée sans suite, tient-elle à préciser.

«Divisions»

Les échanges entre les deux camps sont à fleurets mouchetés, mais la situation pourrait s’envenimer. Laurent Rigaud menace de répliquer en septembre si la série de dégradations ne s’arrête pas. «Si L214 ou d’autres groupes végans ont des actions prévues à Lille, nous viendrons au contact et nous aurons nos propres outils de communication. Ils montrent des animaux en sang, eh bien, nous aurons des affiches des façades fracassées.» On note cependant que le président du syndicat des bouchers-charcutiers a légèrement modéré son propos : il y a peu, il parlait de s’en prendre aux magasins végans de la métropole lilloise. Pourtant, Rigaud n’est pas le plus réfractaire à la notion de bien-être animal : avant d’être boucher, il a été éleveur et respecte les bêtes même s’il les met à mort, ce qui est antinomique pour un antispéciste. Il se dit favorable à l’installation de caméras dans les abattoirs, à l’étourdissement obligatoire des animaux avant leur mise à mort, refuse l’élevage en batterie des poulets.

Camille Ots, de son côté, condamne les caillassages. «Ce ne sont pas les modes d’action que nous prônons. Nous menons des actions de sensibilisation du grand public, avec des stands d’information. La stratégie, c’est d’emmener toute la société avec nous, pas de nous la mettre à dos.» Elle souligne aussi que ces vitrines brisées «créent des divisions, même au sein de la communauté végane». Sur Facebook par exemple, beaucoup sont remontés contre ces actes radicaux qu’ils estiment inutiles. Camille Ots le reconnaît, elle a été «assez partagée» lors du premier commerce touché. D’un côté, se disait-elle, si cela ouvre le débat sur le spécisme… «Mais au fur et à mesure, j’ai mesuré les conséquences dans le débat interne, et à l’extérieur. Cela ne donne pas une bonne image du mouvement. Il ne faudrait pas que le grand public résume la lutte antispéciste à des personnes qui cassent des vitrines.»

Ce n’est pas l’avis de tous les militants, loin s’en faut. Agathe, organisatrice du mouvement antispéciste Anonymous for the Voiceless à Lille s’appuie sur les résultats de Google Trends, l’outil de mesure des mots les plus demandés sur le moteur de recherche. Depuis mai et le premier caillassage, la recherche «spécisme» explose, affirme-t-elle. La courbe s’envole effectivement, mais le lien avec les actes de vandalisme n’est pas prouvé.Fabian Santer, militant de L214, est «persuadé» que la multiplicationdes débats autour du spécisme «a été déclenchée par les pavés». Les deux refusent de condamner les bris de vitrines même si, disent-ils, eux-mêmes n’iront pas agir. «Ne faire que de la sensibilisation ne suffit pas, estime Agathe. Il y a de plus en plus de végans, de végétariens, mais l’offre animale reste importante, le nombre d’animaux tués ne baisse pas. Il faut d’autres types d’actions, plus directes et plus conflictuelles.» Elle souligne le contexte politique, avec le refus de l’Assemblée nationale au mois de mai d’interdire l’élevage des poules pondeuses en cage et la castration à vif des porcelets, ou le broyage des poussins. Fabian s’indigne : «Même [François] Ruffin a dit qu’il était opposé à l’élevage des poules en batterie, mais qu’il n’avait rien contre leur mort.» Il a le sentiment d’un combat inaudible : «Nous avons pourtant besoin de lois pour protéger les animaux.»

«Lâcheté»

Le terme de casseur ne convient pas à Agathe. Elle voudrait qu’on parle plutôt d’activistes antispécistes. A ses yeux, «une vitrine brisée, c’est dérisoire par rapport au degré de violence que subissent les animaux».Et le geste rendrait public la souffrance des espèces, par exemple celle des vaches laitières «invisibilisées» à qui on enlève les bébés pour fabriquer fromages, beurre et yaourts. La fromagère lilloise attaquée avoue ne pas bien comprendre : «Ils se trompent de cible. Nos petits producteurs respectent leurs animaux.» Laurent Rigaud brandit un argument qui fait mal : pourquoi viser des artisans, attentifs à la qualité, alors que 80 % de la viande est vendue en grande surface ? «C’est trop risqué pour eux, c’est de la lâcheté», tranche-t-il. De fait, cet aspect de la question met mal à l’aise les militants rencontrés. Camille Ots le reconnaît à demi-mot : «Ils ne veulent pas se faire attraper, ils sont encagoulés, avec des gants.» Fabian Santer est plus direct : «C’est dégueulasse de s’attaquer aux boucheries, elles ne sont qu’un maillon de la chaîne. Mais malheureusement c’est facile, et le symbole est fort.» Camille Ots trouve une autre explication : «Pourquoi ces commerces-là, en pleine ville ? Ils ont pignon sur rue, cela interpelle le chaland. Une grande surface, c’est réparé plus rapidement.» Elle en veut pour preuve une attaque contre le McDonald’s de la grand-place de Lille, dont personne n’a parlé : l’enseigne n’a pas communiqué, mais confirme par téléphone. Camille Ots l’a appris, affirme-t-elle, par les renseignements territoriaux, qui suivent de près ces affaires.

Pour Agathe, cibler les grandes surfaces comporterait un risque de mauvaise interprétation : «On verrait d’abord un message anticapitaliste, alors que le message est antispéciste.» Et le mouvement n’est pas fondamentalement contre l’industrie de la nourriture. Agathe : «Si les OGM peuvent empêcher l’abattage des animaux, je suis pour.» Fabian Santer sourit : «S’ils arrivaient à reproduire la viande en grande quantité en laboratoire, des tas de végans en mangeraient.» Lui estime cependant que les luttes sont liées : «On ne sortira du spécisme que si on sort du capitalisme : s’il y a une ressource animale à exploiter, celui-ci le fera.»

«Consumérisme»

On touche là un élément déterminant, source de divergences : si le refus de la souffrance animale unit ces militants, ils sont issus de sphères différentes, certains de la mouvance anarchiste et/ou écolo, d’autres pas du tout. Agathe explique : «Le véganisme a été totalement réapproprié par le capitalisme. C’est devenu du consumérisme, les steaks de soja, le shampooing végan. On ne parle plus des animaux, mais d’un idéal de pureté personnel.» Insuffisant pour ces militants politiques, qui veulent changer la loi. Agathe : «Il faut profiter de cette vitrine offerte pour parler des animaux, ce qui serait plus intelligent que de dire que ces militants sont des extrémistes qui desservent la cause dans les commentaires Facebook.» Fabian Santer abonde : «C’est la stratégie du good cop, bad cop. Les associations sont là pour rattraper le coup, et gagner en notoriété.» Mais il le reconnaît, «casser à tout va» n’est pas tenable sur le long terme : «Ils doivent penser à stopper les attaques contre ces commerces.» Sinon, la rentrée s’annonce tendue, avec des charcutiers excédés et prêts à en découdre.

Stéphanie Maurice correspondante à Lille

 

Affaire Lactalis : vers une autorité unique de la sécurité alimentaire

En décembre, 38 nourrissons ont dû être hospitalisés après avoir ingéré du lait infantile contaminé à la salmonelle, produit dans l’usine Lactalis de Craon (Mayenne). - Shutterstock

Le député rapporteur de l’enquête parlementaire sur l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle plaide pour une autorité unique rattachée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Si  Lactalis est à l’origine de la contamination à la salmonelle  de 38 nourrissons, il y a bien eu des erreurs de « communication sur toute la chaîne », de la sécurité alimentaire. C’est en somme, les conclusions que devrait tirer le député LREM, Grégory Besson-Moreau, rapporteur de l’enquête parlementaire chargée de trouver le moyen d’éviter un autre scandale du genre.

Dans son rapport, qui ne sera remis que le 18 juillet. Le député y plaiderait « pour la création d’une autorité unique de la sécurité alimentaire », croit savoir le Figaro. Celle-ci serait ainsi rattachée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et aurait pour tâche de gérer ce type de crise et la communication qui va avec. Lors de l’affaire Lactalis, « les crèches, par exemple n’ont reçu  aucune communication de l’Etat ou de Lactalis sur les produits rappelés », s’étonne ainsi le député.

Un site et une application unique

Pour l’heure, la sécurité sanitaire en France sur les questions alimentaires est répartie entre trois organismes, chacun placé sous la tutelle d’un ministère. La Direction générale de l’alimentation (DGAL), rattachée au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ; la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dépendante du ministère de l’Economie ; et enfin l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui répond au ministère de la Santé

L’autorité unique, imaginée par le député, ne gérerait qu’un seul site et une application unique permettant de mieux prévenir toutes les personnes et entreprises concernées en cas d’alerte. Pour la gérer, le rapporteur tablerait sur des créations d’emplois promises par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, rapporte le Figaro.

 Sanctionner lourdement industriels et distributeurs

Grégory Besson-Moreau proposera par ailleurs de « lourdement sanctionner » l’industriel à l’origine de la défaillance. Mais aussi  les distributeurs qui ne rappelleraient pas ou ne retireraient pas les produits incriminés. Enfin, il souhaiterait remplace les codes-barres par des QR Code, plus efficace pour identifier et cibler les produits à bloquer en caisse.

Article paru sur lesechos

Sur Twitter, 2/3 des échanges sont effectués par des robots

PUBLIÉ PAR ALICE HUOT LE 10/04/2018
chappie le robot
INTRODUCTION
Lorsque vous cliquez sur un lien Twitter, il y a 66% de chance pour qu’il ait été envoyé par un robot.

Une étude du Pew Research Center révèle que, sur Twitter, les « bots » représentent 66% des messages contenant des liens vers des sites web populaires. Et ils ont plutôt tendance à partager des contenus pour adulte (90%) et des sites de sport (76%). L’analyse d’1,2 millions de tweets a montré que 2/3 des liens pointant vers des sites d’informations et d’actualités ont été générés automatiquement. Les humains ne sont pas non plus à l’origine de 89% des liens vers des agrégateurs de flux.

infographie du pew research center

source : Pew Research Center

Les conditions d’utilisation de Twitter n’interdisent pas le recours aux programmes automatiquespour envoyer des messages. Le réseau social impose quand même quelques restrictions : ces utilisateurs non-humains n’ont pas le droit de s’adonner à la manipulation de masse et sont limités au partage d’« informations utiles » et de « campagnes créatives ». De toute façon, au jeu des fausses informationsles humains sont plus doués que les robots. Les chercheurs du Pew Research Center n’ont ainsi rien trouvé permettant de montrer que les informations partagées automatiquement sur Twitter suivent des biais politiques.

Les analystes du Pew Research Institute ont d’ailleurs utilisé un algorithme de machine learningpour automatiser leurs recherches. Le Botometer leur a permis de prendre en compte simultanément des milliers d’informations afin de déterminer si un lien provient d’un robot ou d’un humain.


Les chercheurs du Pew Research Center ont analysé 1,2 million de tweets en anglais sur une période la période du 27 juillet 2017 au 6 septembre 2017

A Cyberattack in Saudi Arabia Had a Deadly Goal. Experts Fear Another Try

 

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Sadara Chemical Company is a joint venture between Saudi Aramco and Dow Chemical. Its computer systems were hit by one in a string of cyberattacks last year. CreditChristophe Viseux for The New York Times

In August, a petrochemical company with a plant in Saudi Arabia was hit by a new kind of cyberassault. The attack was not designed to simply destroy data or shut down the plant, investigators believe. It was meant to sabotage the firm’s operations and trigger an explosion.

The attack was a dangerous escalation in international hacking, as faceless enemies demonstrated both the drive and the ability to inflict serious physical damage. And United States government officials, their allies and cybersecurity researchers worry that the culprits could replicate it in other countries, since thousands of industrial plants all over the world rely on the same American-engineered computer systems that were compromised.

Investigators have been tight-lipped about the August attack. They still won’t identify the company or the country where it is based and have not identified the culprits.

But the attackers were sophisticated and had plenty of time and resources, an indication that they were most likely supported by a government, according to more than a dozen people, including cybersecurity experts who have looked into the attack and asked not to be identified because of the confidentiality of the continuing investigation.

The only thing that prevented an explosion was a mistake in the attackers’ computer code, the investigators said.

The assault was the most alarming in a string of hacking attacks on petrochemical plants in Saudi Arabia. In January 2017, computers went dark at the National Industrialization Company, Tasnee for short, which is one of the few privately owned Saudi petrochemical companies. Computers also crashed 15 miles away at Sadara Chemical Company, a joint venture between the oil and chemical giants Saudi Aramco and Dow Chemical.

Within minutes of the attack at Tasnee, the hard drives inside the company’s computers were destroyed and their data wiped clean, replaced with an image of Alan Kurdithe small Syrian child who drowned off the coast of Turkey during his family’s attempt to flee that country’s civil war.

The intent of the January attacks, Tasnee officials and researchers at the security company Symantec believe, was to inflict lasting damage on the petrochemical companies and send a political message. Recovery took months.

Energy experts said the August attack could have been an attempt to complicate Crown Prince Mohammed bin Salman’s plans to encourage foreign and domestic private investment to diversify the Saudi economy and produce jobs for the country’s growing youth population.

“Not only is it an attack on the private sector, which is being touted to help promote growth in the Saudi economy, but it is also focused on the petrochemical sector, which is a core part of the Saudi economy,” said Amy Myers Jaffe, an expert on Middle East energy at the Council on Foreign Relations.

Saudi Arabia has cut oil exports in recent years to support global oil prices, a strategy central to its efforts to make a potential public offering of shares of government-controlled Saudi Aramco more attractive to international investors. The kingdom has tried to compensate for its lost revenue by expanding its petrochemical and refining industry.

Some technical details of the attack in August have been previously reported, but this is the first time the earlier attacks on Tasnee and other Saudi petrochemical companies have been reported.

Security analysts at Mandiant, a division of the security firm FireEye, are still investigating what happened in August, with the help of several companies in the United States that investigate cyberattacks on industrial control systems.

A team at Schneider Electric, which made the industrial systems that were targeted, called Triconex safety controllers, is also looking into the attack, the people who spoke to The Times said. So are the National Security Agency, the F.B.I., the Department of Homeland Security and the Pentagon’s Defense Advanced Research Projects Agency, which has been supporting research into forensic tools designed to assist hacking investigations.

All of the investigators believe the attack was most likely intended to cause an explosion that would have killed people. In the last few years, explosions at petrochemical plants in China and Mexico — though not triggered by hackers — have killed several employees, injured hundreds and forced evacuations of surrounding communities.

What worries investigators and intelligence analysts the most is that the attackers compromised Schneider’s Triconex controllers, which keep equipment operating safely by performing tasks like regulating voltage, pressure and temperatures. Those controllers are used in about 18,000 plants around the world, including nuclear and water treatment facilities, oil and gas refineries, and chemical plants.

“If attackers developed a technique against Schneider equipment in Saudi Arabia, they could very well deploy the same technique here in the United States,” said James A. Lewis, a cybersecurity expert at the Center for Strategic and International Studies, a Washington think tank.

The Triconex system was believed to be a “lock and key operation.” In other words, the safety controllers could be tweaked or dismantled only with physical contact.

So how did the hackers get in?

Investigators found an odd digital file in a computer at an engineering workstation that looked like a legitimate part of the Schneider controllers but was designed to sabotage the system. Investigators will not say how it got there, but they do not believe it was an inside job. This was the first time these systems were sabotaged remotely.

The only thing that prevented significant damage was a bug in the attackers’ computer code that inadvertently shut down the plant’s production systems.

Investigators believe that the hackers have probably fixed their mistake by now, and that it is only a matter of time before they deploy the same technique against another industrial control system. A different group could also use those tools for its own attack.

The August attack was also a significant step up from earlier attacks in Saudi Arabia. Starting on Nov. 17, 2016, computer screens at a number of Saudi government computers went dark and their hard drives were erased, according to researchers at Symantec, which investigated the attacks.

Two weeks later, the same attackers hit other Saudi targets with the same computer virus. On Jan. 23, 2017, they struck again, at Tasnee and other petrochemical firms, deploying a computer virus known as Shamoon, after a word embedded in its code.

The Shamoon virus first surfaced five years earlier at Saudi Aramco, wiping out tens of thousands of computers and replacing the data with a partial image of a burning American flag. Leon E. Panetta, the United States defense secretary at the time, said the attack could be a harbinger.

“An aggressor nation or extremist group could use these kinds of cyber tools to gain control of critical switches,” he said.

Government officials and cybersecurity experts in Saudi Arabia and the United States attributed the 2012 Shamoon attack to Iranian hackers.

“Another attacker could have adopted that code” for the January 2017 attacks, said Vikram Thakur, a senior researcher at Symantec, “but our analysis showed the likelihood it was the same perpetrator was pretty high.”

The attack in August was not a Shamoon attack. It was much more dangerous.

Investigators believe a nation-state was responsible because there was no obvious profit motive, even though the attack would have required significant financial resources. And the computer code had not been seen in any earlier assaults. Every hacking tool had been custom built.

The attackers not only had to figure out how to get into that system, they had to understand its design well enough to know the layout of the facility — what pipes went where and which valves to turn in order to trigger an explosion.

Investigators believe someone would have had to buy the same version of the Triconex safety system to figure out how it worked. The components, investigators said, could be purchased for $40,000 on eBay.

The attack has also shown the challenge of attributing with unquestionable evidence an attack to one country.

Security experts said Iran, China, Russia the United States and Israel had the technical sophistication to launch such attacks. But most of those countries had no motivation to do so. China and Russia are increasingly making energy deals with Saudi Arabia, and Israel and the United States have moved to cooperate with the kingdom against Iran.

That leaves Iran, which experts said had a growing military hacking program, although the Iranian government has denied any involvement in such attacks.

Tensions between Iran and Saudi Arabia have steadily escalated in recent years, and the conflict has drifted online.

United States officials and security analysts blamed Iranian hackers for a spate of attacks on American banks in 2012 and more recent espionage attacks on the airline industry. Iranian hackers were blamed for the 2012 Aramco attack and are also the leading suspects in the more recent Shamoon attacks.

The August attack was far more sophisticated than any previous attack originating from Iran, Mr. Thakur of Symantec said, but there is a chance Iran could have improved its hacking abilities or worked with another country, like Russia or North Korea.

Tasnee said in an email that it had hired experts from Symantec and IBM to study the attack against it. The company said it had also “completely overhauled our security standards” and started using new tools to prevent attacks.

“Being a global business,” the company said, “we believe that cybersecurity is a concern wherever you are in the world.”

Follow Nicole Perlroth and Clifford Krauss on Twitter: @nicoleperlroth and @ckrausss.

A version of this article appears in print on March 16, 2018, on Page B1 of the New York edition with the headline: How Hackers Lit a Fuse. Order ReprintsToday’s Paper|Subscribe

Steve Fankuchen

 March 16, 2018

Drive piéton : Leclerc attaque les centres-villes

Leclerc ouvrira en avril son premier drive piéton, dans le centre-ville de Lille. Un local de 50 mètres carrés, alimenté par un drive en périphérie urbaine, qui promet de « faire rentrer un hypermarché » dans le quartier.

C’est à un cadre… d’Auchan (dont le siège est dans le Nord) que l’on doit cette découverte, partagée sur Twitter.

Leclerc va proposer 12.000 références dans 40 m2 à Lille. C’est nouveau ? @Dauvers70 @Grande_Distrib

Leclerc a d’abord utilisé ses drives pour mailler plus étroitement les abords des grandes agglomérations. Quelques implantations urbaines existent, mais sont rarissimes. En s’attaquant aujourd’hui aux centres-villes, avec un modèle dédié, l’enseigne met enfin un pied dans des zones qu’elle lorgnait avec gourmandise.

Le drive piéton ouvrira ses portes le 1er avril, avec la promesse d’un assortiment de « 12.000 produits du quotidien ». Il est situé place Louise Bettignies, dans un quartier pittoresque et très animé du vieux Lille. Le projet est porté par Thomas Pocher, un adhérent déjà propriétaire des hypers de Templeuve et Wattrelos, qui se fait fort d’apporter « les prix Leclerc » à de nouveaux clients urbains. « On sera à l’indice 95″, clame-t-il déjà sur Twitter. Il se dit aussi capable, sur certains créneaux, de tenir un délai d’une heure entre la commande et la remise des achats.

Cette formule de point de retrait, en ville, de commandes passées sur le site de l’enseigne est déjà expérimentée à Paris par AuchanDirect, depuis 2014. Cora a lancé un concept de drive piéton à Metz, baptisé « Cora en ville », à la fin de l’été 2016. Deux enseignes justement spécialistes du grand hyper, qui explorent elles aussi un territoire qui leur était jusqu’à présent inaccessible.

Drive piéton : Leclerc attaque les centres-villes
publié par Linéaires à http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Drive-pieton-Leclerc-attaque-les-centres-villes-50044

Des nanoparticules dans nos assiettes

 

Nanoparticules.

A notre insu, les nanoparticules ont envahi notre environnement quotidien. Présentes dans de multiples produits de consommation courante – crèmes solaires, textiles, articles de sport, carburants, pneus, appareils électroménagers, panneaux solaires, ciments, peintures, vernis, équipements médicaux… –, elles se sont aussi introduites, subrepticement, dans nos assiettes.

Cela, sans que le consommateur en soit averti par un étiquetage spécifique, pourtant requis par la réglementation européenne. Et, surtout, sans qu’il se doute des dangers potentiels de ces substances. C’est ce que révèle une enquête de l’association Agir pour l’environnement, rendue publique mercredi 15 juin.

L’association a fait analyser, par le très officiel Laboratoire national de métrologie et d’essais, rattaché au ministère de l’industrie, quatre produits des plus ordinaires : des biscuits chocolatés de la marque Lu, des chewing-gums Malabar, une conserve de blanquette de veau commercialisée par William-Saurin et un mélange d’épices pour guacamole vendu sous la marque Carrefour.

Résultat des tests : tous contiennent des nanoparticules, de dioxyde de titane (TiO2) pour les trois premiers échantillons, et de dioxyde de silicium (SiO2) pour le quatrième. Des adjuvants utilisés par les industriels pour blanchir les aliments ou modifier la teinte de leurs colorants, dans le cas du premier ingrédient, et pour fixer l’humidité et empêcherl’agglomération des poudres, dans le cas du second.

Aucun étiquetage pour avertir le consommateur

Cette « cuisine nanoparticulaire » n’est pas une pratique neuve. On savait déjà que l’industrie agroalimentaire agrémente certaines de ses recettes d’une pincée de nano-éléments pour en améliorer l’aspect, la saveur, la texture ou la conservation. Mais, dénonce Agir pour l’environnement, l’ajout de ces composants à notre menu pose deux problèmes, l’un réglementaire, l’autre sanitaire.

D’après les investigations menées par l’association dans les rayons des supermarchés français, aucun produit n’est aujourd’hui étiqueté comme contenant des nanoparticules. A fortiori, aucun des quatre soumis à l’analyse.

Or, depuis décembre 2014, la réglementation européenne exige la mention « nano » sur les denrées alimentaires qui en recèlent. Une obligation dont la mise en œuvre a été retardée, mais qui aurait dû entrer en vigueur en décembre 2015, en vertu du règlement sur les « nouveaux aliments ».

Doivent ainsi être signalés à l’acheteur les produits dans lesquels sont incorporés des nanomatériaux « présentant une ou plusieurs dimensions de l’ordre de 100 nanomètres[milliardièmes de mètres] ou moins », mais aussi « des agrégats qui peuvent avoir une taille supérieure (…) mais qui conservent des propriétés typiques de la nano-échelle ».

Toxicité encore mal connue

Généralement retenu dans les règlements sur les nanomatériaux, le seuil de 100 nanomètres n’a en réalité pas de fondement scientifique absolu. En tout état de cause, il est franchi dans les quatre échantillons expertisés.

Tous contiennent des nanoparticules dont la taille est inférieure à 100 nanomètres, dans des proportions variables : 2,5 % du total des particules pour les chewing-gums, 12 % pour les biscuits chocolatés, 16 % pour la blanquette de veau et… 100 % pour le mélange d’épices. Tous auraient donc dû être étiquetés. Même si les nanoparticules ne se retrouvent dans ces denrées qu’à l’état de traces, de l’ordre du millième, voire du cent millième du produit fini.

Surtout, la toxicité des nanomatériaux, pour la santé et pour l’environnement, est encore très mal connue. Leurs dimensions lilliputiennes – un nanomètre est environ 50 000 fois plus fin qu’un cheveu – leur confèrent des propriétés physiques, chimiques ou biologiques hors du commun, qu’il s’agisse de résistance, d’élasticité, de conductivité ou de réactivité.

Mais, en raison de cette très petite taille, ils peuvent pénétrer dans les poumons ou dans le sang, par inhalation ou par ingestion, et franchir les barrières physiologiques protégeant l’organisme : barrière cutanée, alvéolo-capillaire (isolant les alvéoles pulmonaires des vaisseaux sanguins), hémato-encéphalique (protégeant le cerveau des agents pathogènes du sang), placentaire (séparant les circulations sanguines de la mère et du fœtus)…

« Dans dix ans, il sera trop tard »

Dans un avis rendu en mai 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu que certains de ces matériaux microscopiques sont « toxiques pour l’homme ». Elle a donc appelé à « mettre en place un encadrement réglementaire européen renforcé » et à « peser l’utilité » de leur mise sur le marché.

« Nous ne disons pas que tous les nanomatériaux sont dangereux, précisait alors Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques. Les incertitudes restent grandes et les recherches doivent être poursuivies. Mais il existe suffisamment de données scientifiques pour pointer les risques de certains d’entre eux. Dans dix ans, il sera trop tard pour seposer la question de leur encadrement. »

Lire aussi : Les nanomatériaux, ennemis invisibles et omniprésents

Toute la difficulté vient de ce que les nanomatériaux passent encore à travers les mailles du filet sanitaire européen. En effet, le système d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation Reach ne s’applique qu’aux productions chimiques de plus d’une tonne par an. Sa révision a été demandée par plusieurs pays, mais elle tarde à se concrétiser.

Appel à un « moratoire »

Pourtant, dès 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le dioxyde de titane (TiO2 ), même sous forme non nanométrique, comme « cancérigène possible » pour l’homme lorsqu’il est inhalé. Et voilà quelques jours, l’Anses a mis en consultation publique une proposition, soumise à l’Agence européenne des produits chimiques, de classer le TiO2 comme substance cancérogène par inhalation « présumée ».

Face à ces risques, même potentiels, Agir pour l’environnement appelle, en vertu du principe de précaution, à un « moratoire » sur l’incorporation de nanoparticules dans l’alimentation.

« Nous avons fait analyser quatre produits, mais bien d’autres sont probablement concernés. Il est inadmissible qu’on y trouve des nanoparticules non évaluées et non étiquetées,proteste Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes de l’association. Les pouvoirs publics doivent protéger les consommateurs, particulièrement les publics vulnérables, comme les enfants et les femmes enceintes. »

Membre de l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies et rédactrice du site Internet VeilleNanos, Mathilde Detcheverry« espère que cette enquête, inédite en France, va inciter les associations de consommateurs à mener d’autres tests ». Et pousser les industriels comme les pouvoirs publics à instaurer « une transparence » sur le contenu de nos assiettes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/06/15/des-nanoparticules-dans-nos-assiettes_4950584_3244.html#iSiyXe8yaWqIqOGj.99

LE MONDE | 15.06.2016 à 06h38 • Mis à jour le 15.06.2016 à 15h20 | Par Pierre Le Hir

  Pierre Le Hir

Journaliste au Monde

image: http://s1.lemde.fr/image/2014/03/27/24×24/1100511786_4_bf67_13959224495644-lehir-pierre-planete-20131127-084_c496bcdb52e4f7588a00e3247d0f6399.jpg

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Voyage au cœur de la troisième révolution industrielle

Voyage coeur de la révolution industrielle

Le numérique bouleverse en profondeur notre société. Economie, santé, éducation, travail, vie privée, politique… Sandrine Cassini et Philippe Escande nous proposent une plongée dans le monde du capitalisme 3.0.

La machine numérique est en train de s’attaquer à toute la société et personne n’en sortira indemne. Le monde change à tous les niveaux, du plus concret – l’usage des taxis à Paris, la réservation d’un hôtel, la fabrication d’une voiture –, au plus impalpable – les comportements, la façon de penser, de vivre et d’organiser la société. C’est le principe des grandes révolutions industrielles. Elles s’insinuent dans tous les secteurs, et les ­conséquences sociétales marchent de pair avec les bienfaits matériels. Le propos de ce livre (*) est de raconter comment, tout à coup, le monde bascule.

Un vent de révolte

Un vent de panique gagne la France. Le tsunami Internet, qui a déjà détruit une bonne part de l’industrie de la musique et de la presse, s’infiltre désormais partout. Les transports et l’hôtellerie sont les prochains sur la liste. Même le puissant monopole de la SNCF commence à se poser des questions. En septembre 2013, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a tenu devant ses troupes un étonnant discours à l’intonation guerrière. Le PDG assure que les nouveaux ennemis de la compagnie de chemin de fer et de ses deux cent soixante mille salariés s’appellent… Google et BlaBlaCar, le site de covoiturage qui transporte chaque mois plus de deux millions de voyageurs. Sa crainte : voir, comme dans le tourisme, émerger de nouveaux intermédiaires qui détournent sa clientèle et lui fassent perdre le contact avec ses voyageurs. Et, pourquoi pas, lui volent un jour son métier ! […] S’ils ont commencé par les industries de contenus facilement dématérialisables, comme les médias ou la musique, les nouveaux seigneurs du capitalisme s’attaquent désormais à la finance, l’énergie, la santé, l’éducation, l’immobilier, la construction et même l’agriculture ! Aucun pan de la société n’est à l’abri de la révolution numérique. C’est justement ce qui caractérise une révolution. […] Parue en septembre 2013, une étude de deux chercheurs de l’université d’Oxford a fait grand bruit. Elle prévoit que 47 % du total des emplois américains sont désormais menacés. Un sur deux !

Google, le nouveau General Electric

La boulimie d’expansion [de Google] n’est pas sans rappeler la glorieuse épopée d’Edison puis de General Electric au début du xxe siècle, explorant le moindre recoin de l’énergie électrique, des turbines de barrage aux ampoules, en passant par l’électroménager, les réseaux électriques et les machines-outils. C’est le propre des marchés non stabilisés et en forte croissance. Aujourd’hui, Google, entreprise de médias, est dans ce moment critique. Sa dernière grosse acquisition est un fabricant de thermostats, Nest, créé par l’ancien concepteur des iPod d’Apple. Une façon d’entrer dans la gestion de l’énergie dans les maisons.

Et après ? Pourquoi ne pas remonter la chaîne de valeur de l’énergie, jusqu’à la production d’électricité ? La société est après tout le premier utilisateur de panneaux solaires aux Etats-Unis. Comme Elon Musk entend le faire en combinant ses voitures électriques Tesla, ses batteries et ses panneaux solaires… Google va même encore plus loin de ses bases en achetant un laboratoire de biotechnologies spécialisé dans le vieillissement et en embauchant des cerveaux de la médecine pour trouver la recette d’une vie (presque) éternelle.

La voiture, le commerce, l’énergie, l’information, la bureautique, l’informatique, la santé, l’assurance… « Bientôt, les deux tiers des patrons du CAC 40 en viendront à se demander si leur premier concurrent demain ne sera pas Google », assure Philippe Lemoine, l’ancien patron de LaSer Cofinoga, président de la Fondation Internet nouvelle génération et auteur d’un rapport sur le sujet pour le gouvernement. Google est le General Electric des temps nouveaux. C’est pour cela qu’il fait peur à tout le monde.

Quand Bouygues a peur d’un thermostat

A Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, un « écoquartier » 100 % high-tech et 100 % développement durable a été construit dans l’ancien fort de la ville. Mille six cents logements symbolisent le futur de l’habitat et de la ville intelligents. Tout y est ­connecté. Dans chaque appartement, le résident programme à partir d’un écran tactile, situé dans l’entrée, l’allumage des lumières, de son chauffage et ses volets. L’écran l’informe également en temps réel de sa consommation énergétique. Luxe ultime, le tout est pilotable depuis une application mobile. […] A l’origine du Fort d’Issy, se trouve Bouygues Immobilier, qui a conçu non seulement les bâtiments, mais l’ensemble des services attenants. « On vend de plus en plus de l’usage, plutôt que de la propriété », justifie Christian Grellier, vice-président innovation et développement durable du groupe. Sur un bâtiment, Bouygues Immobilier prend des engagements en matière de consommation d’énergie, ce qui nécessite de capter et d’analyser les données afin d’optimiser la gestion du chauffage ou de la climatisation. A Issy-les-Moulineaux, le groupe a travaillé avec Microsoft et Bouy­gues Telecom. Sur sa route, il croise donc Nest, le thermostat racheté par Google, qui s’insère dans l’habitat et connaît mieux que vous-même vos habitudes de vie et de ­consommation.

Pour le moment, Nest reste un thermostat inoffensif. Mais que se passera-t-il s’il fait son entrée dans tous les foyers, devenant aussi indispensable qu’un smartphone ? « Demain, ils pourront nous dire : je sais comment fonctionne votre bâtiment, et je viens vous vendre les données. Nous voulons garder la propriété de nos données », avance Christian Grellier.

La fin du salariat

Emploi temporaire, sous-traitance, multi-activité, activité autonome, le CDI à vie issu des Trente Glorieuses se fissure sous les effets conjugués de la croissance faible qui perdure depuis les années 1970, et des technologies de l’information, note un rapport du Conseil pour l’orientation sur l’emploi publié en 2014. En France, le succès du statut d’autoentrepreneur, lancé en 2009, et qui a vu plus d’un million de personnes créer leur microentreprise, est la meilleure illustration de ce phénomène. […]

Au départ, travailler en solo ou monter sa microentreprise n’est pas forcément un choix. C’est face à un marché du travail qui ne veut plus d’eux que les individus optent pour l’indépendance. La plate-forme de taxis Uber emploie beaucoup d’anciens chômeurs qui deviennent autoentrepreneurs. Les nouveaux organes de presse font uniquement appel à des pigistes. EBay, PriceMinister ou Amazon, qui permettent à n’importe qui de monter facilement sa petite activité d’e-commerce, sont également des repaires d’actifs en difficulté.

[…] Mais l’indépendance ressemble aussi à une jungle où règne la loi du plus fort. Si Hopwork se vante de « libérer le travail », la plate-forme permet surtout aux entreprises d’attribuer des notes aux indépendants dont elles sont le plus satisfaites, créant ainsi un cercle vertueux (ou vicieux) qui privilégie le plus demandé et rejette le moins performant. Dans ce monde du travail du futur, plus émietté, plus morcelé, deux catégories de travailleurs émergent. D’un côté, les grands gagnants du système, à la fois doués, disposant de compétences rares et valorisées, à l’aise dans ce monde d’ultracompétition. Défaits de l’emprise hiérarchique de l’entreprise, ils gagneront en liberté, se retrouveront sur le même pied d’égalité que le donneur d’ordre. Les autres accompliront des tâches à plus faible valeur ajoutée, peu payées, qu’il faudra multiplier pour gagner de quoi vivre.

L’intimité

En 2010, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, affirmait que le concept de vie privée était dépassé et, d’ailleurs, que les individus s’en accommodaient très bien. Depuis, le jeune patron milliardaire a adouci ses propos. Et a montré qu’il tenait beaucoup à son intimité, en rachetant les villas avoisinant la sienne à Palo Alto. Vinton Cerf, l’un des pères fondateurs de l’Internet, devenu « chief evangelist » chez Google, avait jeté un pavé dans la mare en lançant que « la vie privée pourrait très bien être une anomalie » de l’histoire. […] De fait, le concept de vie privée est une invention récente. Il prend son essor après la Révolution française, dans la bourgeoisie du xixe siècle. Au Moyen Age, la maison n’est pas un espace privé mais public, un lieu où l’on travaille, où l’on dort. Les pièces ne sont pas séparées. Au départ, le désir de l’intime est mal vu. Il est synonyme d’égoïsme, d’intrigue, de complot, rappelle l’historienne Michelle Perrot.

[…] Le numérique brouille la frontière qui sépare vie privée et vie publique. « Les données personnelles servent à autre chose qu’à de la vie privée, et notamment à de la vie publique, à de l’exposition personnelle, à des modèles économiques », relate Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Les individus eux-mêmes attendent beaucoup de leurs données personnelles. « Jusqu’à présent, ils demandaient qu’elles soient protégées. Aujourd’hui, ils souhaitent en “faire ce qu’ils veulent”, ce qui relève d’un dessein individuel », indique la patronne de la CNIL.

Hypercapitalisme, ou partage ?

Sommes-nous à l’aube d’un hypercapitalisme où tout sera marchandise – les corps et les âmes –, porte ouverte à tous les excès et à tous les despotismes ? Nous dirigeons-nous, au contraire, vers un post­capitalisme où le partage remplacera l’échange commercial ? Ou plutôt, quel sera le dosage final entre ces deux solutions extrêmes ? Enfer ou paradis, libération ou asservissement, le monde que nous dessine la révolution numérique fera de nous et des générations à venir des êtres différents… et en même temps si semblables dans leurs élans et leurs doutes. Comme Prométhée, nous toucherons à la puissance divine pour nous apercevoir qu’elle est, à nouveau, plus loin que jamais.

* « Bienvenue dans le capitalisme 3.0 », par Sandrine Cassini et Philippe Escande, éditions Albin Michel, 18 euros.

Article des Echos paru à http://www.lesechos.fr/thema/transformation-digital/021371371499-voyage-au-coeur-de-la-troisieme-revolution-industrielle-1162155.php?fWVkkxDx0VGYhUlO.99#xtor=RSS-38

publié  LE 05/10 À 07:00, MIS À JOUR LE 07/10 À 15:44

 

La Chine ferme une usine de viande fournissant McDonald’s et KFC

Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014
Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014 (Photo STR. AFP)

La ville de Shanghai a fermé une usine du fournisseur américain OSI Group après qu’il a vendu de la viande périmée à de grandes entreprises de restauration dont McDonald’s et KFC, ont annoncé les autorités lundi, dans ce qui semble être le dernier scandale alimentaire chinois.

Selon la télévision shanghaïenne, qui a rapporté les premières allégations, les employés de l’usine d’OSI en Chine mélangeaient de la viande périmée à de la viande fraîche et ont délibérément faussé l’enquête des contrôleurs de qualité envoyés par McDonald’s.

Parmi les autres clients de l’usine figuraient les chaînes Burger King, Papa John’s Pizza, Starbucks coffee et Subway, a rapporté le Shanghai Daily lundi.

Les responsables locaux ont fermé l’usine dimanche et auraient saisi des produits qui utilisaient de la viande périmée, d’après un communiqué de l’administration en charge de la sécurité alimentaire.

Selon cet organisme, la police enquête et menace de «représailles sévères» pour des cas similaires à l’avenir.

McDonald’s a déclaré dans un communiqué avoir «immédiatement» arrêté d’utiliser la production de cette usine et le groupe de restauration Yum a indiqué que ses restaurants KFC et Pizza Hut avaient également cessé de servir de cette viande.

KFC avait déjà rencontré des problèmes en 2012 quand des niveaux indus d’antibiotiques avaient été découverts dans ses poulets.

La Chine a été ébranlée par une série de problèmes de sécurité alimentaire dus à l’application laxiste de la réglementation en la matière, et aux stratégies de certains producteurs pour la contourner.

L’un des plus gros scandales remonte à 2008, lorsqu’il a été avéré que de la mélamine, une substance toxique, avait été ajoutée à des laits pour bébés, tuant au moins six d’entre eux et rendant 300.000 personnes malades.

Le géant de la grande distribution américaine Walmart a indiqué au début de l’année qu’il renforcerait les inspections de ses fournisseurs chinois, après qu’il a été forcé de rappeler de la viande d’âne qui s’était avérée contenir du renard.

L’année dernière, la Chine a arrêté des centaines de personnes pour des délits liés à la sécurité alimentaire, notamment la vente de viande de rat et de renard étiquetée comme du boeuf et du mouton, après une campagne de répression de trois mois, a indiqué la police.

AFP

Publié par Libération.fr à http://www.liberation.fr/economie/2014/07/21/la-chine-ferme-une-usine-de-viande-fournissant-mcdonald-s-et-kfc_1067641

L’agroalimentaire, un secteur stratégique pour le e-commerce

ecommerceTéléchargerLes ventes en ligne dans l’alimentation connaîtront une progression significative d’ici à 2018 grâce à la capacité d’innovation digitale des acteurs de la distribution. Elles devraient même dépasser les ventes d’électronique grand public.

La transition numérique des entreprises n’est pas encore complètement aboutie mais comme le démontre l’étude Digital IQ par PWC, 81% des dirigeants estiment que les avancées technologiques transformeront leur entreprise dans les années à venir. Le commerce de détail n’échappe pas à ce besoin de digitalisation et c’est le e-commerce qui constituerait un enjeu pour favoriser les ventes du commerce de détail. La dernière étude publiée par Forrester, « European Online Retail Forecast: 2013 To 2018« , s’intéresse à la croissance des ventes en ligne et prévoit qu’à l’horizon 2018, c’est le secteur alimentaire qui pèsera le plus lourd. Les acteurs traditionnels de la distribution doivent donc s’adapter et revoir leur offre pour rester compétitifs.

Le e-commerce et l’agroalimentaire à la hausse

Entre 2013 et 2018, Forrester prévoit un taux de croissance de 12% des ventes de détail en ligne en Europe pour un total d’environ 234 milliards d’euros en 2018. En France, les ventes devraient presque doubler entre 2013 et 2018 pour atteindre 47 milliards d’euros. En effet, la France ainsi que le Royaume-Uni et l’Allemagne constitueront les marchés les plus importants pour le e-commerce de détail. Il est surtout important de noter que le secteur agroalimentaire détiendra la plus forte croissance, dépassant ainsi le secteur de l’électronique grand public. Le secteur de l’habillement, toujours en tête des ventes en ligne enregistrera une croissance moindre. Ces chiffres de croissance positive pour le commerce en ligne s’expliquent surtout par la capacité des acteurs de la distribution à proposer des services adaptés au e-commerce. « La croissance constante des ventes internet en Europe dans le contexte fragile de reprise économique démontre l’importance de la présence digitale » explique Michelle Beeson, auteure de l’étude.

L’innovation digitale adoptée par les acteurs de la distribution

Le rapport démontre ainsi que les habitudes de consommation vont se tourner progressivement vers le online puisque les internautes effectuant leurs achats en ligne vont passer de 65% en 2013 à 75% en 2018. « Les commerçants européens doivent maintenir leur investissement dans le digital et l’innovation, et optimiser leur présence digitale sur l’ensemble des appareils. » déclare Michelle Beeson. À noter notamment l’émergence d’une catégorie d’acheteurs appelés les “super shoppers”, ces internautes qui recherchent leurs achats en ligne et consomment à travers différents canaux de manière régulière. Dernièrement, des initiatives prouvent que l’innovation digitale constitue un enjeu pour les commerçants. Citons par exemple  »Inspiration Corridor » de Klépierre qui permet de créer un pont entre magasin physique et e-commerce grâce à l’installation d’un couloir aux fonctions technologiques.

Publié Par  04 juin 2014 L’agroalimentaire, un secteur stratégique pour le e-commerce dans AGRO nadir

à http://www.atelier.net/trends/articles/agroalimentaire-un-secteur-strategique-e-commerce_429695

 

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