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Marques et transparence : Les propositions choc du think tank agroalimentaire

 jeu. 27 juin 2019 à 18:25 •  • Terre-net Média

Réunis au sein du think tank agroalimentaire, une trentaine d’acteurs agricoles et agroalimentaires ont présenté, jeudi 27 juin, 18 recommandations pour sortir l’agriculture et les filières agroalimentaires françaises des difficultés. Certaines d’entre elles – orienter la Pac vers la transition agricole, rentre totalement transparente l’origine des produits, créer « 20 marques d’excellence française » – chamboulent l’ordre agricole et agroalimentaire établi, quitte à remettre en cause le fonctionnement de filières entières, comme en viande bovine.

Table ronde lors de la présentation des 18 recommandations du think tank agroalimentaireDe gauche à droite: Olivier Dauvers, directeur du think tank agroalimentaire, Jean-Marie Séronie, agroéconomiste, Julie Davico-Pahin, fondatrice de la start’up Ombréa, Philippe Goetzmann, élu à la CCI d’Ile-de-France et Davod Barroux, des Echos. (©@LesEchosEvents)

Les représentants du think tank agroalimentaire ne voulaient pas être trop pessimistes quant à l’évolution économique des secteurs agricoles et agroalimentaires. Mais quelques chiffres, présentés en introduction de la présentation de leurs 18 recommandations « pour une nouvelle politique agricole et alimentaire »jeudi 27 juin 2019, ont suffi à brosser un panorama alarmiste. « Alors que les exportations ont progressé d’un tiers, les importations ont augmenté de moitié. Aujourd’hui, l’Allemagne exporte plus de fromages que la France », a expliqué Jean-Marc Vittori, économiste et éditorialiste aux Echos, pour qui il y a de « nombreuses raisons de s’inquiéter ».

« Depuis 2000, la production agricole stagne. Nous perdons donc des parts de marché. La France est passé de la 2e place à la 5e place en termes de parts de marché mondial derrière les États-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Brésil » explique Olivier Dauvers, directeur du think tank, et spécialiste de la distribution et de la consommation agroalimentaire. Et bientôt à la 6e place derrière la Chine.

Il faut bousculer cette défense du modèle agricole familial à la française.

Alors comment sauver l’agriculture et les agriculteurs, la puissance agroalimentaire du pays ? « Nos recommandations vont piquer certains », prévient-il. « Il faut arrêter de croire qu’il n’y aura, demain, que des exploitations de 50 vaches allaitantes », poursuit Jean-Marc Vittori.

Des aides Pac pour accompagner la transition et non plus soutenir un revenu

L’un des leviers proposés par le think tank s’oriente logiquement vers la réforme de la Pac. « Les aides de soutien direct au revenu sont sans perspectives à long terme », juge Jean-Marie Séronie, agroéconomiste ayant participé aux réflexions. En viande bovine par exemple, les aides couplées sont pour beaucoup dans la déconnexion de la filière au marché.

« Les aides ne doivent plus être un soutien au revenu, mais un accompagnement à la transformation », tranche-t-il. Il s’agit « d’accompagner les évolutions sous deux angles : la transition agroécologique et l’économie ». « La transition agroécologique, c’est tout sauf revenir à l’agriculture des grands-parents, comme le disent certains ». L’auditoire aura compris l’allusion aux propos récents du ministre de l’agriculture. « Au contraire, c’est extrêmement technique. Il s’agira à la fois d’ exploiter le numérique et les nouvelles technologiestout en revenant au naturel, en exploitant toutes les interactions entre systèmes vivants.

L’agriculture sera gourmande, non plus en intrants, mais en connaissances.

S’il faut, selon lui, ne plus utiliser les fonds européens comme soutien au revenu des agriculteurs, les aides de la Pac doivent néanmoins aider économiquement un secteur fragile, voire en difficulté. « Les systèmes assuranciels sont une voie d’avenir. Actuellement, la Pac ne porte pas les systèmes assuranciels. Ça pourrait être un élément commun européen. » Des propos qui font allusion, là encore, mais dans le même sens cette fois, à ceux de Didier Guillaume qui souhaite une « assurance généralisée » pour les agriculteurs ».

« Industriels, arrêtez de faire semblant de soutenir l’agriculture française ! »

Si le secteur agricole doit opérer sa « transformation », le secteur agroalimentaire et la distribution sont aussi montrés comme responsables de ce déclin français face à nos concurrents internationaux. Sur le marché intérieur, le think tank exhorte les industriels à inciter les consommateurs à « consommer français ». « Seule une modification de la demande des consommateurs pourra soutenir l’offre française » et donc l’agriculture, remarque Olivier Dauvers. « Or, aujourd’hui, il n’y a pas de transparence, mais beaucoup d’hypocrisie : L’origine du produit n’est visible que si elle est valorisante. »

Aujourd’hui, il n’y a pas de transparence, mais beaucoup d’hypocrisie.

Olivier Dauvers a ainsi taclé les représentants industriels présents dans la salle, photos à l’appui. Sur une photo d’un rayon de supermarché, une conserve de lapin « origine France » côtoie un autre, quasi identique, sans mention de l’origine. « Arrêtez cette hypocrisie. Indiquez que le lapin est chinois s’il vient de là-bas ! » Selon lui, la mention de l’origine, surtout quand elle n’est pas française, orienterait davantage les consommateurs vers les produits français. Cela contribuerait à soutenir l’agriculture française.

Industriels, vous ne valorisez l’origine française que quand ça vous arrange ! Arrêtez de faire semblant de soutenir à l’agriculture française.

Cette totale transparence de l’origine ne serait possible que de deux manières : « une manière coercitive en imposant par la loi aux industriels et distributeurs de mentionner l’origine » quelle qu’elle soit, ou « un engagement des marques et des enseignes à la symétrie dans les promesses d’origine, avec la collaboration des fédérations des filières ».

À l’instar du comté, créer ou développer des marques d’excellence

Enfin, à l’export, le think tank suggère de concentrer les moyens mis en œuvre sur une vingtaine de marques, à créer ou dynamiser, et non sur des labels dans lequel le consommateur ne s’y retrouve pas. « Le comté ou le roquefort ont une valeur de marque très forte ». Mais quid des autres produits des autres filières ? Dans la filière céréalière, «  le pain à la française est un produit extraordinaire mais non valorisé », estime Philippe Goetzmann, ancien directeur des relations institutionnelles d’Auchan Retail France. « On pourrait faire de la baguette une marque à forte valeur sociétale. » Le think tank propose d’identifier des produits avec un potentiel fort à l’international, et de définir une « origine clairement identifiée et un cahier des charges amont et aval, notamment en termes de qualité sanitaire et gustative et de valeur sociétale ».

Cette démarche consistant à « construire une stratégie de filière en partant des besoins des consommateurs mondiaux et non de la production » pourrait cependant bouleverser de nombreuses logiques de filière, comme en viande bovine. « Ça fera mal à la filière bovine, en particulier aux éleveurs, mais ils doivent choisir : rester comme actuellement ou changer de modèle. »

Pour une nouvelle politique agricole et alimentaire : Les 18 recommandations du think tank agroalimentaire

Voici les 18 recommandations « faites au gouvernement et aux acteurs de la filière » :

  • Réaffirmer la mission agricole et agroalimentaire de la France
  • Repenser les périmètres et les compositions des interprofessions
  • Accepter la diversité des modèles agricoles, y compris les exploitations « agro-industrielles »
  • Limiter les distorsions dans les coûts de main-d’œuvre entre pays de l’UE
  • Remettre « le choc de simplification » à l’ordre du jour
  • Conditionner les aides à la mise en œuvre d’une réelle transition agricole
  • Revendiquer un référentiel européen
  • Assurer le contrôle du socle européen de bonnes pratiques
  • Mettre davantage en cohérence la politique agricole avec l’ensemble des politiques européennes
  • Acter le principe de non-surtransposition
  • Donner aux exploitants les moyens de gérer les aléas avec des outils assurantiels
  • Créer un observatoire des distorsions dans les conditions de production selon les pays
  • Détecter les points d’inéquité majeurs pour concentrer la négociation avec les partenaires européens
  • Accepter la remise en cause d’un modèle de « flux poussé »
  • Accroître la transparence avec la blockchain
  • Identifier 20 marques/filières d’excellence alimentaire française pour concentrer les moyens
  • Permettre réellement l’identification de l’origine des produits par le consommateur
  • Favoriser l’émergence d’un indicateur de valeur sociétale

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Food Vision présente les enjeux alimentaires de demain

Pour la deuxième année consécutive, l’agence Protéines présente une étude sur les nouvelles tendances alimentaires : Food Vision. Elle vise à anticiper les futurs besoins des consommateurs et à faire bouger les lignes auprès des industriels et des distributeurs. Cette année, l’observatoire a été mené avec le cabinet XTC, qui vient de fusionner avec l’agence.

Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019
Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019

Avec Food Vision 2019, l’agence Protéines et XTC veulent donner les clés aux industriels et aux distributeurs afin de cerner au mieux le consommateur de demain et ses besoins. L’étude analyse les changements dans la filière alimentaire et tente d’imaginer les tendances du futur. « 2/3 des innovations sont des échecs au bout de deux ans avec de gros montants d’investissements en R&D perdus. 50 % de ce que nous aurons en rayon dans 5 ans n’existe pas aujourd’hui », indique Xavier Terlet, fondateur de XTC. Face à l’accélération des évolutions des habitudes de consommations, un mot d’ordre : anticipation. Sur l’édition 2019, l’étude montre six axes clés de changement.

Un super-consommateur

Déjà le fort engouement pour tout ce qui concerne l’environnement. Dans ce cadre, des mouvements voient le jour comme #onestpret. Des prises de conscience qui se répercutent dans les comportements alimentaires avec par exemple la lutte contre le plastique et la volonté d’avoir moins d’emballage, en utilisant plus de vrac.

Deuxième item : la justice avec la notion de commerce équitable, de juste rémunération des producteurs. Des initiatives comme « C’est qui le patron » ou encore « Les éleveurs vous disent merci », montrent que les Français sont d’accord pour payer plus afin de mieux rémunérer l’amont agricole. Par ailleurs, le bio et les produits équitables sont désormais omniprésents.
Troisième axe : l’expérience de la food chain. Aujourd’hui le pack est un vecteur de communication qui a plus d’influence que la publicité tv. « Une marque qui se raconte sur un pack est de plus en plus normal et n’est plus uniquement l’apanage des petites griffes », explique Xavier Terlet.
Par ailleurs, les consommateurs ont soif de réassurance et de transparence. Si des initiatives ont déjà été menées à l’instar de journées portes ouvertes dans les usines, les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Ils veulent moins de transformation et contrôlent leur alimentation avec des recherches de preuves, qui vont au-delà des applications comme Yuka. C’est l’émergence du « super-consommateurs ».

Toujours de la défiance vis-à-vis des grandes industries

On note également des évolutions de comportements alimentaires avec le flexitarisme. Ces consommateurs, qui représentent 40 à 50 % de la population, fonctionnent au plaisir. « Le discours des marques autour du végétal est axé plaisir et gourmandise. On est désormais loin de la notion de santé », ajoute-t-il.
Enfin, les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle clé pour faire éclore les niches. « Ces derniers sont à regarder de près pour anticiper les nouvelles tendances, qui sont souvent véhiculées par des influenceurs », détaille Xavier Terlet.
De manière générale, il ressort donc une prise de responsabilité de l’ensemble des acteurs, dont les consommateurs. Aujourd’hui, si ces derniers restent encore défiants à l’égard des grandes industries, ce sentiment tend à diminuer grâce au travail opéré : montées en gamme, le bio, la premiumisation des produits. Mais ils ont encore du travail à faire. Pour rassurer, la course aux labels n’est plus forcément la meilleure solution. « Trop de labels tuent les labels. Et ceux non expliqués aux consommateurs ne servent à rien », ajoute Xavier Terlet.

En alimentaire, les Français restent classiques

A l’occasion du Sial 2018, Nielsen s’est penché sur les comportements alimentaires des Français, et aux régimes suivis par ces derniers. L’enquête révèle qu’en majorité (70% d’entre eux), les Français déclarent manger de tout, tout en essayant de manger équilibré (73%), et pour plus de la moitié d’entre eux, les repas sont toujours une occasion de partager un moment en famille ou entre amis, et ils préfèrent la cuisine familiale française.

Néanmoins la moitié des Français surveillent ce qu’ils mangent, et pour certains cette surveillance va jusqu’à prendre des mesures draconiennes en termes d’alimentation. Si les régimes existent depuis longtemps, pour des raisons médicales, (22%), allergies, diabète…, ou pour surveiller son poids (42%), de nouvelles tendances commencent à se répandre, comme les régimes ayurvédiques ou paléolithiques.

Quel est le poids de ces régimes dans la société ?

Au-delà du sans gluten, du sans lactose, des végétariens et vegans, 7% des Français suivent un régime ayurvédique, c’est-à-dire considèrent que la nourriture est un aliment/médicament pour le corps et l’esprit. 3% ne mangent que des aliments crus, et 2% ont une alimentation paléolithique, mangeant beaucoup de végétaux non transformés et de protéines, et peu voire pas de céréales, légumes secs et produits laitiers.

“Ces chiffres semblent certes petits, mais ils traduisent une peur face aux aliments transformés, et sont in fine une forme de protection face aux dangers perçus par ces foyers. Pour les industriels, les recommandations de bon sens, transparence, limitation du nombre d’ingrédients, traçabilité, origine sont la meilleure réponse aux attentes consommateurs”, commente Isabelle Kaiffer, directrice insights consommateurs chez Nielsen.

Les Français, plus bio-locaux que les allemands

L’étude a abouti à la définition d’une typologie en 7 groupes pour caractériser la relation des Français à leur alimentation. Pour le moment la photographie de la population face à la nutrition reste plutôt classique, les traditionnels et les conviviaux représentent 45% des ménages français et dominent encore les autres comportements alimentaires. Suivent les   »vite fait », adeptes du sans cuisine.

Il faut souligner que les bio-locaux, qui associent leur penchant pour les produits bio à l’achat de produits locaux, représentent déjà 1 foyer sur 6, comme les vite-fait. La surprise vient également de ces 6% de Français pour qui le bien-être animal a une influence sur leur comportement d’achat alimentaire, les amenant à consommer moins de produits carnés et charcuterie”, complète Isabelle Kaiffer

La variable temps (passé à faire les sources, à faire la cuisine) est une clé de lecture supplémentaire pour comprendre la répartition des consommateurs selon les différents groupes. Aux deux extrêmes se retrouvent les vite fait (les courses et la cuisine sont réduites au minimum) et les bio-local qui se rendent fréquemment en magasin (petits paniers, produits frais…) et passent le plus d’heures en cuisine.

Une typologie similaire a été réalisée en Allemagne : les Français s’avèrent plus souvent bio-locaux (17% des foyers) que leurs voisins (12%), un peu plus souvent tradis également (29% vs 27%). Inversement les Allemands se distinguent par une proportion plus significative d’esthètes (9% vs 5% des Français).

Les groupes en synthèse

1/ Les tradis cuisinent tous les jours et consacrent beaucoup de temps aux courses, ainsi qu’à la cuisine. Manger est très important pour eux. Ils privilégient les aliments bon marché et la quantité aux labels de qualité. Ce sont plutôt des foyers plus âgés.

 2/ Pour les vite-fait, la cuisine, l’alimentation et la nutrition sont peu importantes. Ils cuisinent rarement et le facteur temps est décisif. Ils privilégient les produits finis, achètent souvent des snacks. Ce sont plutôt des jeunes familles.

3/ Les conviviaux mangent de tout et ont une alimentation assez traditionnelle, suivent peu les tendances alimentaires. Le plus important pour eux, dans l’alimentation, c’est le goût.

Ils aiment se faire plaisir, sans se priver et sans faire attention.

Ce sont plutôt des familles, souvent en zone rurale.

4/ Les bio-locaux mangent des produits saisonniers, préfèrent les produits bio et/ou locaux, par respect pour l’environnement et pour soutenir leur région, mais aussi pour la fraîcheur, la qualité, et la traçabilité des produits.

Ce sont plutôt des couples plus âgés, et aisés.

5/ Les régimes : ces foyers suivent un régime alimentaire et font attention à certains aliments (gras, sucre, cholestérol) ou mangent des produits «sans» (sans gluten, sans sucres ajoutés…). Un comportement adopté pour des raisons de santé : ils sont malades ou en tout cas se sentent mieux en suivant ce régime.

Parfois, ils sont influencés par un proche.

6/ Suite aux récents scandales sur les risques alimentaires ou les pratiques d’élevage, les foyers ‘conscience animale’ sont sensibles à la cruauté envers les animaux. Ils limitent leur consommation de viande et sont contre l’abattage. Ce sont plutôt des mono-foyers, souvent urbains, avec animal de compagnie.

7/ Les esthètes font attention à leur alimentation, la nutrition est un sujet capital pour eux, pour se sentir mieux physiquement, surveiller leur poids, ou améliorer leurs performances physiques et mentales.

Ils sont plutôt jeunes et urbains.

22 octobre 2018

 

Alimentation : un étiquetage pour les plats préparés dès 2017 ?

Stéphane Le Foll a annoncé que le projet de traçabilité de la viande dans les plats cuisinés était bien en marche. Le ministre de l’Agriculture a en effet déposé un projet de décret au Conseil d’État…

Alimentation : un étiquetage pour les plats préparés dès 2017 ?

(Boursier.com) — Les Français pourraient bientôt savoir d’où vient le boeuf de leur plat cuisiné… Un projet de décret visant à rendre l’étiquetage de l’origine des viandes obligatoire, lorsqu’elles sont présentes comme ingrédients dans les plats préparés, a en effet été déposé auprès du Conseil d’Etat. Dans le communiqué du ministère de l’Agriculture, il est indiqué que le projet devrait également concerner le lait, utilisé comme ingrédient dans les produits laitiers.

Le Conseil d’État a deux mois pour donner son avis. S’il est positif, le dispositif pourrait ainsi « entrer en vigueur au 1er janvier 2017 pour une période de 2 ans », annonce le ministère de l’Agriculture. Le 11 mars dernier,Stéphane Le Foll avait déjà saisi la Commission européenne d’un projet de décret prévoyant l’étiquetage de ces produits.

La Commission européenne a donné son feu vert

Le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs indiqué avoir reçu l’aval du commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire en mars 2016. Vytenis Andriukaïtis a affirmé dans une lettre adressée aux autorités français que « rien ne s’opposait au lancement d’une expérimentation telle que proposée par la France ».

Dès cet été, une concertation est prévue pour définir « les modalités précises de mise en oeuvre de ces règles d’étiquetage, avec l’ensemble de la filière et les associations de défense des consommateurs », indique le ministère dans le communiqué.

Selon les informations d »Europe 1, le décret ferait référence à la présence d’au moins 50% de viandes ou de lait dans le plat concerné. Concernant la viande, le décret rendra obligatoire la précision d’origine, au « pays de naissance, d’engraissement et d’abattage » de l’animal. Pour le lait, il faudra indiquer « le pays de collecte, de conditionnement et de transformation ».

Un étiquetage demandé depuis quelques années

Alors que cela se fait déjà pour la viande fraîche, l’étiquetage des produits transformés dans les plats cuisinés est réclamé depuis plusieurs années, aussi bien par les associations de consommateurs que par les éleveurs français. La demande s’est endurcie depuis le scandale sanitaire des lasagnes à la viande de cheval qui avait éclaté en 2013. Au moins six pays avaient alors affirmé avoir trouvé du cheval dans des lasagnes surgelées : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la Suède et la Norvège.

Selon une enquête publiée en février par « Familles rurales », 41% de Français ne se sentaient pas mieux informés sur l’origine de la viande, après la crise des « lasagnes au cheval ». Pour les plats préparés qu’ils consomment plus particulièrement, 91% des sondés ne savaient d’où elle provient…

Estelle Nguyen — ©2016, Boursier.com

Publié le 6/7/2016 à http://www.boursier.com/actualites/economie/alimentation-un-etiquetage-pour-les-plats-prepares-des-2017-32159.html?fil17

 

 

Que représente le marché du halal en France ?

Rayonnage halal dans un supermarché d’Illzach (Haut-Rhin).image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/08/534×0/4943055_6_e4c9_rayonnage-halal-dans-un-supermarche_8b6dfaf6dde03e8ae7397362ddd8d612.jpg

Rayonnage halal dans un supermarché d’Illzach (Haut-Rhin). SEBASTIEN BOZON / AFP

« Le goût de l’Orient » chez Auchan, « Toutes les saveurs du ramadan » chez Carrefour, « Spécial Orient » chez Intermarché… Les enseignes de la grande distribution sortent leurs décors des mille et une nuits et profitent du ramadan, qui a commencé lundi 6 juin, pour mettre en avant des produits destinés spécifiquement aux musulmans, et en particulier des aliments estampillés « halal ».

1. Qu’est-ce que le halal ?

Dans la religion musulmane, halal correspond à tout ce qui est licite, permis par opposition au haram, qui est prohibé ou impur. Parmi les interdits majeurs de la religion musulmane figurent la consommation d’alcool, de drogue et de porc sous toutes ses formes, ainsi que « le sang, la bête morte ou celle sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu » (sourate 5 du Coran). Le halal est beaucoup moins restrictif que le casher de la religion juive, qui implique d’autres interdits : crustacés et poissons sans écailles, contact entre lait et viande…

En théorie, donc, le Coran peut accepter comme licite la viande abattue par des « gens du Livre », c’est-à-dire les chrétiens et les juifs. Dans la pratique, les viandes abattues selon le rite casher (en particulier les parties postérieures des ovins, non consommées par les juifs pratiquants) sont considérées comme halal. Selon le rituel musulman (la dhabila), pour être halal, un animal doit être tourné vers la Mecque, égorgé et saigné vivant par un musulman. Cette pratique est réalisée dans des conditions particulières (immobilisation de la bête), par dérogation à la législation française qui préconise l’étourdissement.

S’appliquant à la viande, le halal s’étend ensuite logiquement aux produits élaborés : charcuterie, surgelés, plats préparés, sauces… mais aussi les bonbons, qui ne doivent pas contenir de gélatine de porc.

Le terme halal a ensuite été utilisé pour toutes sortes d’activités : la « finance halal » définit le système de finance islamique qui proscrit la notion d’usure ; le « tourisme halal » garantit aux voyageurs l’absence de nourriture ou de comportement illicite ; la « cosmétique halal » ne contient pas d’alcool… « On pourrait aussi imaginer de l’immobilier halal, avec par exemple un espace de prière orienté vers la Mecque, des alarmes pour les heures de prière, des espaces d’ablution séparés hommes-femmes », explique Mai Lam Nguyen-Conan, consultante en marketing, qui a écrit Le Marché de l’ethnique, un modèle d’intégration ? (Michalon, 2011). Toutefois, hors de l’alimentaire, le marché du halal reste extrêmement marginal en France.

2. Qui consomme des produits halal ?

Tout le monde peut acheter de la nourriture halal mais les clients « cibles » sont bien évidemment les musulmans. Problème : dans un pays où les statistiques ethniques sont interdites, difficile de savoir s’ils sont plutôt 2,1 millions de pratiquants, selon l’enquête trajectoires et origines de l’INED et l’Insee, ou 4 à 5 millions, voire davantage si on inclut toutes les personnes de culture musulmane. La France compte une importante immigration maghrébine, mais aussi de nombreux musulmans originaires d’Afriquesubsaharienne, de Turquie ou d’Asie.

Lire aussi :   Quel est le poids de l’islam en France ?

Selon un sondage de l’IFOP de 2010, 59 % des musulmans interrogés affirmaient consommer systématiquement de la viande halal, et 28 % occasionnellement. Les pratiquants sont 91 % à consommer halal, mais même les non-pratiquants le font à 44 %.

L’agence de marketing ethnique Solis précise dans son étude Horizons Shoppers 2015 que les consommateurs plébiscitent le halal pour la viande (86 %), les bouillons en cube (43 %), les sauces tomate de type bolognaise (29 %), les plats cuisinés (24 %), les soupes (22 %) et les petits pots pour bébé (8 %)… On trouve même du foie gras halal.

3. Comment sont certifiés les produits halal ?

Comme l’explique l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler dans Comprendre le halal (Edipro, 2010), le marché halal a été inventé par les pays occidentaux, dans les années 1970-1980. Afin d’exporter leurs carcasses dans les pays musulmans, les producteurs de viande (comme le volailler Doux, par exemple) les ont abattues selon le rite halal. Il s’agissait alors d’un marché de « dégagement » pour des produits de faible qualité ou en surproduction. La demande a ensuite émergé en France par le biais des populations immigrées.

Pour simplifier et rentabiliser la chaîne de production, les abattoirs préfèrent abattre de manière rituelle des lots entiers de viande, même si seule une partie sera commercialisée sous l’appellation halal. Au total, 26 % des bêtes en France étaient abattues (en particulier les ovins) selon le rite musulman en 2011, selon le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Au grand dam des protecteurs des animaux, qui réclament l’obligation de l’étourdissement avant la mise à mort, et de l’extrême droite qui y a trouvé matière à polémique en 2012. L’encadrement des abattages rituels a été renforcé par un décret fin 2011.

Après la création du premier certificateur, AVS, en 1991, des dizaines d’organismes ont émergé dans les années 2000. Les plus importants sont liés aux trois grandes mosquées de ParisLyon et Evry. Toutefois, les mosquées n’interviennent directement que pour délivrer des habilitations aux sacrificateurs. Mais les organismes certificateurs eux-mêmes divergent sur les méthodes de contrôle et les pratiques (par exemple, l’autorisation ou non d’un étourdissement préalable). Des polémiques éclatent régulièrement.

En 2011, le groupe Herta avait été accusé de vendre des Knackis halal contenant de l’ADN de porc. Bien qu’un second test ait blanchi le fabricant et son certificateur, le produit a été retiré du marché. D’autre part, le magazine Capital qui vient de faire tester 42 échantillons de viande halal a décelé trois produits contenant du porc.

De nombreux acteurs appellent donc à créer un cahier des charges ou un label unique, comme on en trouve pour les produits « bio » ou les « AOP ».

4. Un marché de 5,5 milliards d’euros ?

En l’absence d’une filière unique, il est très difficile d’évaluer le chiffre d’affaires du halal en France. Ainsi, les abattoirs ne connaissent pas la proportion de viande abattue selon le rituel qui sera réellement commercialisée comme halal. Par ailleurs, l’essentiel des ventes se fait via les boucheries musulmanes et les épiceries de quartier, petites structures indépendantes dont la comptabilité n’est pas centralisée.

L’étude la plus reprise dans les médias a été réalisée par le cabinet Solis, spécialisé dans le marketing « identitaire » à partir de questionnaires déclaratifs. Basée sur l’hypothèse de 5 millions de musulmans en France, elle conclut que le marché s’établissait à 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 4,5 milliards en produits alimentaires et 1 milliard en restauration hors domicile (kebab, fast-food, pizzeria).

« Ce n’est pas une étude exhaustive, mais une estimation, précise Abbas Bendali, directeur de Solis. Les musulmans sont jeunes, actifs et surconsommateurs de viande, surtout lors d’événement comme l’Aïd, les naissances, les mariages… Ils achètent à 85 % de la viande, dans des boucheries halal qui, contrairement aux boucheries traditionnelles, résistent très bien et vendent de gros volumes. »

Cette étude a été corroborée par le cabinet Xerfi, qui évoquait, en 2011, un marché de 4 milliards d’euros. Elle est toutefois remise en cause par d’autres observateurs. Pour Mai Lam Nguyen-Conan, le chiffre a été « complètement gonflé ». Jean-Christophe Despres, directeur de l’agence de marketing ethnique Sopi, calcule qu’« à titre d’exemple, la société Zaphir (Isla Délice) réalisait 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, pour une part de marché de 45 %. Certes la réalité se trouve du côté des produits carnés bruts, mais l’opacité des filières ne permet pas de mettre en place une démarche convaincante. Il n’y a pas de marché, côté entreprises, pour mener à bien de telles études en toute rigueur. »

Même dans la grande distribution, le marché est éclaté, entre des marques spécialisées (Isla Délice, leader du secteur, Medina Halal), des géants de l’agroalimentaire qui lancent une gamme halal (Fleury Michon, Nestlé) et des marques de distributeurs (Wassila pour Casino).

Du côté des grandes surfaces, les ventes de produits halal avec code à barres (ce qui exclut la viande fraîche étiquetée différemment) atteignent 205 millions d’euros, selon l’institut Nielsen. Les produits les plus plébiscités sont les charcuteries de volaille (77 millions d’euros), les viandes surgelées (37 millions), les saucisses (16 millions) et les plats cuisinés, loin devant les confiseries (2,8 millions).

Mais si ce marché reste encore « confidentiel » en hyper et supermarchés (0,2 % des produits de grande consommation), il est en croissance continue, selon Nielsen : + 7,3 % entre 2015 et 2016, + 20 % depuis 2013. De quoi aiguiser l’appétit de certains acteurs industriels.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/08/que-represente-le-marche-du-halal-en-france_4943058_4355770.html#rHwBvJ6z0JPkYP6y.99

LE MONDE | 08.06.2016 à 15h43 • Mis à jour le 08.06.2016 à 16h32 | Par Anne-Aël Durand

Les limites du drive

IRI dresse un portrait de l’état des lieux du drive : croissance spectaculaire depuis deux ans, 2% de PDM sur les principales familles de PGC… Mais l’institut s’interroge sur l’essoufflement de ce nouveau format et sur sa viabilité à long terme.

Les limites du drive

C’est, selon IRI,  » LE grand évènement au sein de la distribution alimentaire depuis au moins une décennie, du moins avec l’évolution de la législation (LME) ». Grâce à son historique de deux ans (*), IRI dresse un solide état des mieux du drive, au delà de tout ce qui peut se dire ou s’écrire sur ce nouveau mode de distribution qui a révolutionné la distribution en général et le e-commerce des GSA (grandes surfaces alimentaires) en particulier.

Quelques enseignements de cette étude

Le parc

La structure du parc des drives montre la suprématie de l’enseigne Leclerc en termes d’effectifs (près de 40% des points de vente du e-commerce GSA), devant Carrefour avec ses deux enseignes (Carrefour et Carrefour Market) qui réunit aujourd’hui tout juste 1/3 des effectifs. Monoprix arrive en troisième position (11%), suivi d’Auchan (9%) et de Cora (6%).

La croissance du drive est très spectaculaire depuis 23 mois. Entre janvier 2012 et aujourd’hui, le parc a quasiment triplé, passant de 312 magasins à 988 en décembre 2013. Cette croissance, note IRI, est assez régulière et le rythme moyen d’ouvertures est de l’ordre de 30 par mois. Cette croissance vient surtout du nombre d’ouvertures au sein du groupe Carrefour. A titre d’exemple, le parc de l’enseigne d’hypermarchés était anecdotique en janvier 2012 (une dizaine de magasins), il dépasse aujourd’hui la centaine d’unités.

Les particularités

Selon IRI, l’activité drive est saisonnière : sa PDM est très faible sur la période estivale (comme pour les grands hypermarchés) en raison des flux migratoires, notamment de la part du coeur de cible (les familles avec de jeunes enfants). L’activité est aussi affectée sur le mois de décembre, vraisemblablement par le retour en magasin pour les fêtes de fin d’année.

La performance par rayon et par catégorie varie. Le poids du e-commerce GSA en 2013 varie de moins de 1% pour la beauté et les alcools à plus de 5% pour l’alimentation infantile (et pratiquement la même part de marché pour la volaille libre service/LS), soit un écart de 1 à 6. Variations encore plus fortes par catégories : les ventes en drive sont totalement marginales pour des produits tels que la coloration ou le maquillage (0,1% ou 0,2%) pour monter à près de 7% pour les viandes élaborées au rayon frais.

Cependant, sur les principales familles des PGC, en dehors bien sûr des alcools et des produits de beauté, la part de marché du drive atteint ou dépasse aujourd’hui le seuil des 2%.

La sur-représentation des MDD

Les PDM des MDD sont en moyenne de 30% en valeur et 40% en volume en hypermarchés et supermarchés. Dans le e-commerce, elles sont respectivement de41% et de 52%. Ce qui donne un différentiel de l’ordre de 11 points qui s’explique, bien sûr, par un phénomène d’offre.

La proportion de produits MDD dans l’assortiment frôle en effet la barre des 40% dans le drive alors qu’elle dépasse de peu 25% dans les magasins physiques. Un écart qui monte à près de 13 points sur la part d’offre.

Sauf cas particulier (Cora notamment), l’assortiment des magasins e-commerce GSA est un assortiment restreint. Un peu plus de 5 000 références, contre 20 000 en HM et 10 000 en SM.

L’effet de cannibalisation

Entre 2012 et 2013, la PDM du drive est passée de 1,44% à 2,18% du marché total HM+SM+HD+e-commerce. Dans ce même temps, les hypermarchés et supermarchés ont plutôt bien résisté, contrairement au hard discount qui continue sa chute. Mais, on ne peut, indique IRI déduire qu’il existe un transfert entre les deux formats. En effet, le HD ne recule pas plus sur les catégories dans lesquelles le e-commerce GSA gagne le plus de terrain. A l’inverse, le drive ne gagne pas plus de part de marché sur les catégories sur lesquelles le HD s’effondre que sur les catégories sur lesquelles il résiste.

En ce qui concerne l’évolution du drive, le white paper d’IRI montre que les nouveaux drives reproduisent la structure d’achat des drive plus anciens et que les drives installés ont du mal à améliorer leurs performances sur des catégories éloignées de leur positionnement initial ou historique.

En examinant les magasins drive accolés à un magasin physique, IRI déduit à une cannibalisation globale. Le drive représente désormais 11% de l’activité du couple magasin+drive. Il a donc pris 6,5 points sur le magasin physique, soit plus de la moitié de son activité. le drive continue de progresser dans la contribution ) l’activité du couple mais de façon marginale, sans dynamique du couple.

Les études shoppers ne distinguent que peu de spécificités entre l’hypermarché et le drive fréquenté.Les deux magasins deviennent rapidement assez substituables à un instant T, notamment sur le type de courses effectué. La fréquentation à un moment donné dépendra donc essentiellement des conditions particulières en termes de proximité au moment de la commande et surtout de la future récupération (domicile/travail), de disponibilité en termes de temps et enfin de la nature des achats envisagés (liste des courses).

Chaque format de magasin dispose cependant de points forts qui peuvent les rendre complémentaires. Pour les hypermarchés, le contact direct avec les produits, le choix, les promotions plus perceptibles et le plaisir des courses. Pour le drive : l’efficacité (gain de temps) et le confort (éviter le transport des produits pondéreux). Les utilisateurs fidélisés au drive équilibrent leurs achats entre le magasin traditionnel et le magasin virtuel. Et IRI estime qu’ils continueront à avoir recours à ces deux points de vente.

Conclusion

Même si le drive est un événement majeur dans l’histoire de la distribution, il a, selon IRI, du moins dans sa configuration actuelle quelque peu figé ses limites. L’institut s’appuie sur plusieurs niveaux :

- Sur les deux derniers mois de 2013, son rythme de croissance semble se ralentir, malgré la croissance continue de son parc.

- Le phénomène de cannibalisation semble de plus en plus fort sur les drives qui s’ouvrent aujourd’hui. Les gains de trafic s’effectuent surtout sur certaines catégories mais parfois avec une perte d’activité sur les autres familles.

Sa viabilité à long terme est très dépendante de sa rentabilité. Même si le format peut s’avérer rentable à partir d’un certain niveau d’activité et grâce à différents cadrages, logistiques notamment, le doute plane toujours sur les aspects législatifs et réglementaires.

Son succès restera conditionné par sa gratuité pour le consommateur final.  »Peut-être jusqu’à ce que l’acheteur en magasin ne réclame une réduction (ou une ristourne) pour réaliser lui-même ses courses !! », conclut IRI. A suivre…

IRI et le drive

(*) IRI couvre en e-commerce GSA, les enseignes suivantes :

- Auchan Drive

- Carrefour et Carrefour Market Drive

- Cora Drive

- Leclerc Drive

- Monoprix et Monoprix.fr

L’institut couvre les ventes, en census, sur l’ensemble du parc de ces 988 magasins sur un parc total de plus de 2 500 entités offrant ce service aux consommateurs. Un peu plus de 40% de distribution numérique (DN). Toutefois, par recoupements de différentes sources (données issues des panels de consommateurs faisant l’objet de publications, chiffres fournis par les enseignes), IRI peut estimer que la distribution valeur (DV) de « son » e-commerce GSA est de l’ordre de 70%.

Sont exclus de ce suivi, les pure players, tels que Chronodrive ou Amazon. Ne sont pas non plus intégrées, pour le moment, essentiellement pour des raisons techniques, les ventes de nombreux magasins qui ont mis en place un système de picking au sein de leurs points de vente. Il s’agit essentiellement des points de vente d’enseignes d’indépendants tels qu’Intermarché et Système U, mais aussi les drives du groupe Casino.
Publié le 20/01/2014 par Catherine Heurtebise par e marketing à http://www.e-marketing.fr/Thematique/Etudes-1007/Breves/Les-limites-drive-232731.htm?utm_source=ETUDES_22_01_2014&utm_medium=e-mail&utm_campaign=newsletter&xtor=EPR-602&XType={XType}&isn=22/01/2014

Le business intelligence destiné à l’agroalimentaire

Horecast. La start-up vient d’intégrer l’incubateur the Ark. Elle développe un système d’aide à la décision.

Horecast, basé à Martigny, est l’une des trois nouvelles start-up intégrées au sein de l’incubateur valaisan The Ark (l’Agefi du 3 juillet). Co-créée par Marco Brienza et Guillaume Savoy, elle entend proposer un système de business intelligence destiné notamment aux multinationales agroalimentaires. La plateforme développée par la start-up intégrera des données relatives au secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés (Horeca). Ces informations sont en effet indisponibles dans les solutions actuelles qui se basent uniquement sur les données provenant du retail. Le secteur Horeca est pourtant stratégique pour les groupes agroalimentaires. Il représenterait ainsi jusqu’à 50% de leur chiffre d’affaires, explique Marco Brienza dans cet entretien. La start-up espère également proposer dans un deuxième temps aux restaurants de taille moyenne des systèmes de caisse et des applications pour tablette. Elle recherche en outre entre 150.000 et 200.000 francs pour financer la première phase du projet.

Comment est né le projet?

L’idée m’est venue lorsque j’étais responsable marketing pour Henniez chez Nestlé Waters. Nous avions alors accès à un panel de données dynamiques pour le secteur du retail en Suisse. L’outil de business intelligence nous permettait ainsi d’analyser et d’évaluer de manière globale ce marché. Or, le problème que nous rencontrions, c’est que ces données n’étaient pas disponibles pour le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés (Horeca). Nous étions alors contraints d’utiliser les résultats de sondage réalisés très ponctuellement (parfois annuellement). Un outil d’aide à la décision insuffisant pour un secteur stratégique qui peut représenter jusqu’à 50% du chiffre d’affaires d’une multinationale.

Concrètement, quel modèle souhaitez-vous proposer?

Notre objectif est donc de proposer aux grossistes de nous fournir, contre rétribution financière, les données concernant leurs livraisons. Avec les données récoltées, nous créerons un système d’information destiné en premier lieu aux multinationales. Nous sommes conscients que ce modèle présuppose une très grande masse d’informations, raison pour laquelle la prise de contact avec les grossistes constituera un élément déterminant pour notre réussite. Le défi est également d’ordre technique. Notre projet nécessite un travail important au niveau de la notion complexe de «big data». De plus, il devra nous permettre de financer notre deuxième phase de développement prévue courant 2015.

C’est-à-dire?

Nous souhaiterions en effet proposer ensuite aux restaurants de taille moyenne (jusqu’à 150 couverts par jour) des systèmes de caisse et des applications pour tablette, notamment. Le but étant de leur permettre d’optimiser leur gestion afin de gagner du temps, réduire leurs coûts et d’améliorer la qualité du service. L’objectif ultime à long terme sera d’incorporer les informations collectées par ces restaurants dans notre système d’information. Nous pourrons ainsi proposer à nos clients également des données complètes provenant des consommateurs finaux.

Il y a ainsi une problématique de confidentialité des données. Comment allez-vous gérer cet aspect?

Oui, nous sommes tout à fait conscients que notre projet inclut une dimension légale importante. C’est d’ailleurs un gros challenge. Nous avons ainsi déjà débuté des discussions avec des juristes en ce sens. Mais je reste tout à fait optimiste. En voyant par exemple ce que fait Google avec les données des internautes, je suis certain qu’il reste des petites fenêtres d’opportunités pour nous.

Comment est financé la start-up?

Les fonds proviennent essentiellement des deux créateurs, moi-même et Guillaume Savoy. Nous avons maintenant besoin d’environ 150.000 à 200.000 francs pour financer la première phase du projet. La seconde nécessitera pour sa part des montants plus importants. Nous avons déjà établi des contacts avec des investisseurs potentiels, sans promesse concrète pour l’instant.

A combien estimez-vous votre avance concurrentielle?

Je pense que nos deux modèles sont difficiles à copier. La mise en place de notre système d’information est complexe à mettre en place, pas seulement d’un point de vue technique, mais également car il nécessite un travail important au niveau des négociations avec les parties prenantes. Les systèmes de caisse que nous souhaitons proposer lors de la deuxième phase, auront selon moi trois ans avant d’être copiés.

interview: Yoann schenker

Publié par l’Agefi à http://www.agefi.com/une/detail/archive/2013/july/artikel/horecast-la-start-up-vient-dintegrer-lincubateur-the-ark-elle-developpe-un-systeme-daide-a-la-decision.html

 

Très chères données personnelles

La Data Protection Regulation est un projet de règlement européen visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens.

 Un restaurant chic de Strasbourg, proche du Parlement européen. En ce jour d’avril, une quinzaine de convives déjeunent dans un salon privé. Il y a là deux députés, quelques assistants parlementaires, des fonctionnaires de la Commission, et face à eux, quatre membres de l’US Chamber of Commerce, association défendant les intérêts des entreprises américaines partout dans le monde – dont un senior manager arrivé tout droit de Washington.

Au menu du jour, un dossier hautement stratégique et très polémique : le Data Protection Regulation (DPR), projet de règlement visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens quand elles sont stockées dans des bases de données ou qu’elles circulent sur Internet. Face aux fonctionnaires de la Commission qui défendent stoïquement leur projet, les Américains mènent une attaque sans merci.

Le DPR a été proposé en janvier 2012 par la commissaire à la justice, Viviane Reding, qui souhaite remplacer les règles disparates de protection de données personnelles actuellement en vigueur dans les 27 pays de l’Union par une loi commune. Pour toutes les démarches, un guichet unique sera instauré : si un internaute allemand est en conflit avec une entreprise basée en Irlande, il ne sera plus obligé de s’adresser à l’agence irlandaise de protection des données. L’agence allemande prendra son affaire en charge.

UN TRÉSOR DE 315 MILLIARDS DE DOLLARS

La Commission souhaite aussi renforcer la règle du « consentement explicite » : avant de s’emparer des données d’un consommateur, il faudra lui en demander la permission. Autre contrainte : la collecte de données sera autorisée uniquement pour servir les « intérêts légitimes » de l’entreprise, dans le cadre de son activité principale. Les entreprises de plus de 250 salariés devront nommer un « délégué à la protection des données ».

Par ailleurs, le DPR réaffirme le « droit à l’oubli » : chacun pourra demander que ses données soient effacées – dans les limites du raisonnable, car sur Internet une suppression totale est souvent impossible. A noter que ce droit ne concernera sans doute pas les données publiées volontairement par un internaute sur un réseau social.

En cas de violation des nouvelles règles, l’amende sera sévère : jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires mondial de la société. Le DPR s’appliquera à toute entreprise étrangère visant les consommateurs européens, même si elle n’a pas de filiale enEurope.

Depuis un an, le projet est examiné par le Parlement. S’il voit le jour (probablement en 2014, pour une mise en application en 2016), il affectera tous les secteurs d’activité, publics et privés. Cela dit, les plus directement visés sont les sites Internet et les réseaux sociaux offrant des services gratuits, car leur business model repose entièrement sur la collecte et l’exploitation des données de leurs utilisateurs, pour établir des profils individualisés et envoyer des publicités ciblées. De même, les sites marchands et les applications pour mobiles ont développé des stratégies commerciales sophistiquées, fondées sur des fichiers clients mis à jour en permanence. Selon une étude américaine, les données personnelles des Européens représentaient en 2012 un trésor de 315 milliards de dollars.

UNE FORME SOURNOISE DE PROTECTIONNISME COMMERCIAL

Or, partout en Europe, ce marché est largement dominé par des sociétés américaines – GoogleFacebookAmazonAppleMicrosofteBay –, plus, en coulisses, des centaines d’autres moins connues, qui forment une nébuleuse très dense. Les Américains estiment donc avoir leur mot à dire dans cette affaire. Officiellement, ils sont favorables à l’harmonisation des lois nationales, qui simplifiera les démarches administratives – même si, en réalité, les géants de l’Internet ont su jouer des différences entre Etats : Facebook et Google ont installé leurs filiales européennes en Irlande, où la fiscalité est avantageuse, et où l’agence nationale de protection des données est peu active.

Pour le reste, ils rejettent l’essentiel du projet. Selon eux, ces mesures bureaucratiques sont en fait un nouveau type de « barrières non tarifaires » – une forme sournoise de protectionnisme commercial. Elles viendront alourdir les coûts de fonctionnement des entreprises du secteur, ce qui nuira à l’innovation, à l’investissement et à l’emploi. En particulier, le consentement explicite et le droit à l’oubli sont jugés irréalistes et passéistes.

En fait, le déjeuner de Strasbourg a un objectif précis. Les membres de l’US Chamber sont venus présenter un rapport très alarmiste sur l’impact du DPR, s’il était voté en l’état : diminution des échanges transatlantiques, baisse du PIB européen, et même chute du revenu des ménages pouvant atteindre 3,9 %… Les fonctionnaires réfutent ces chiffres avec force et accusent les auteurs du rapport de partialité, mais les députés et les assistants ont pris note. Puis les Européens s’en vont peu à peu, laissant aux membres de l’US Chamber le soin de payerl’addition pour tout le monde.

VASTE OFFENSIVE AMÉRICAINE

Ces rencontres, très fréquentes à Strasbourg et à Bruxelles, font partie d’une vaste offensive. Les grandes sociétés américaines ont embauché leurs propres lobbyistes, dont beaucoup ont fait une première carrière au sein des institutions européennes. Le responsable de la stratégie politique de Google à Bruxelles, Antoine Aubert, travaillait auparavant pour la Commission européenne. De son côté, pour diriger son bureau de Bruxelles, Facebook a embauché l’Allemande Erika Mann, qui fut députée européenne sociale-démocrate pendant quinze ans. Elle fut aussi présidente de l’association Transatlantic Policy Network, dont la mission est de « promouvoir les liens les plus étroits possibles » entre les Etats-Unis et l’Europe.

Parallèlement, plusieurs lobbies de l’industrie high-tech américaine, comme Techamerica ou Association for Competitive Technologies (ACT), ont ouvert des bureaux à Bruxelles – en général à moins de cinq minutes de marche du Parlement européen. Pour coordonner leur action contre le DPR, une quinzaine d’associations, y compris l’American Chamber of Commerce (filiale locale de l’US Chamber), se sont regroupées dans une nouvelle entité, baptisée Industry Coalition for Data Protection. Son principal porte-parole est l’Interactive AdvertisingBureau, regroupant des professionnels de la publicité en ligne américains et européens.

Le dispositif est renforcé par des instituts de recherche comme l’European Privacy Association, animés par des intellectuels européens, mais financés en partie par des entreprises américaines. Dans leurs publications, leurs conférences et leurs interventions médiatiques, ils relaient le message de leurs sponsors, avec plus ou moins de nuances.

QUATRE MILLE AMENDEMENTS AU DPR DÉPOSÉS

noter aussi l’action des grands cabinets d’avocats d’affaires anglo-saxons. Ainsi, la firme Hunton ESPERLUETTE Williams emploie à Bruxelles une dizaine d’avocats, dont cinq travaillent à plein temps sur des dossiers de protection des données.

Pour aller plus vite, les lobbyistes ont repris à leur compte une pratique classique : ils rédigent des propositions d’amendements prêts à l’emploi, qu’ils envoient aux eurodéputés jugés les plus favorables à leur cause – notamment les conservateurs et les eurosceptiques.

Le résultat est spectaculaire : en quelques mois, plus de quatre mille amendements au DPR ont été déposés, dont beaucoup sont directement inspirés de textes envoyés par les lobbyistes. L’ampleur du système a été mise au jour par le journaliste allemand Richard Gutjahr.

Avec l’aide d’un ami hacker, il a créé un moteur de recherche accessible sur Internet, baptisé « Lobbyplag » : « Grâce à l’aide discrète de quelques assistants parlementaires, nous nous sommes procuré des propositions d’amendements envoyées par les lobbies. Puis, nous les comparons, mot par mot, avec les textes des amendements déposés par les députés. » On découvre, par exemple, qu’un député britannique conservateur a déposé 55 amendements, dont 14 sont en fait des textes envoyés par Amazon, eBay et l’American Chamber of Commerce. Ils visent à supprimer les protections pour les données stockées sous pseudonyme, à baisser le montant des amendes en cas de violation du règlement, à faciliter le transfert de fichiers vers des sous-traitants, ou à limiter les droits des citoyens contre les profilages abusifs.

Cette pratique inquiète le député vert allemand Jan Philipp Albrecht, rapporteur du projet au sein de la commission des libertés civiles, chargée d’amender et devoter le texte :  »Plus de 80 % des propositions d’amendements arrivant de l’extérieur proviennent des entreprises, et principalement des géants de la Silicon Valley. » Il estime que, à la longue, le travail des lobbies s’avère efficace : « Ils sont si nombreux et si actifs que le même message semble arriver de partout à la fois. Cela crée une ambiance diffuse, qui influe sur l’état d’esprit général. » Selon lui, de nombreux députés du groupe PPE (centre droit), qui étaient favorables au DPR en 2012, sont devenus hésitants, ou hostiles. Les députés verts et socialistes, qui souhaitent au contraire un durcissement du projet, se retrouvent sur la défensive.

La commission des libertés civiles souhaite voter le texte amendé avant l’été, mais aucune date n’a été fixée. Commencera alors une nouvelle étape : les négociations entre le Parlement et le Conseil européen, pour arriver à un texte final. Certains Etats membres, notamment le Royaume-Uni et l’Irlande, souvent proches des positions américaines, semblent décidés à intervenir pour réduire les contraintes imposées aux entreprises.

Par ailleurs, le dossier du transfert transatlantique de données va être à nouveau abordé lors les négociations sur le nouvel accord général de libre-échange entre l’Union européenne et le gouvernement des Etats-Unis qui vont s’ouvrir cet été. Déjà, les lobbyistes du secteur privé se préparent pour ce nouveau combat.

Yves Eudes

Article à la Une du Monde.fr à http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/06/02/tres-cheres-donnees-personnelles_3422477_3208.html

 

The Futuristic Food Packaging You Can Eat, Even After Washing It

 

MAD SCIENTIST DAVID EDWARDS IMAGINES CONSUMERS BUYING SELF-CONTAINED, WASHABLE BALLS OF SODA, YOGURT, AND CHEESE AT THE GROCERY STORE.

 

Remember David Edwards, the Harvard professor behind smokable chocolate and inhalable coffee? When we last wrote about Edwards, in March, he was introducing Wahh, a Philippe Starck-designed canister that delivers puffs of vaporized alcohol. Since then, Edwards’s team has been back in the kitchen, working with designer François Azambourg to develop the WikiCell, a product that has implications for the food industry that move well beyond novelty.

The Futuristic Food Packaging You Can Eat, Even After Washing It   dans AGRO Wikiyaourt_1

A great PRI report from earlier this week introduces us to the WikiCell, an edible packaging that attempts to reduce the massive amount of packaging used to sell food. « Think about the skin of a grape and how it protects the grape itself, » explains Edwards on WikiCell’s website. « This is how a WikiCell works. This soft skin may be comprised primarily of small particles of chocolate, dried fruit, nuts, seeds, or many other natural substances with delicious taste and often useful nutrients. Inside the skin may be liquid fruit juice, or thick pudding. »

A WikiCell (alternate name: Occupy Food?) is made from a few basic ingredients. First, Edwards and Azambourg start with a crushed food like chocolate, seeds, or nuts, depending on what’s inside the cell. That’s mixed with healthy ions like calcium and chitosan, a common polysaccharide derived from the shells of shrimp. Together, they form a gel-like material that can hold everything from cocktails to yogurt.

« I get home, and I hand [the food] to my son, and he hands it to his friend, » Edwards tells PRI. « And then the friend says, ‘But did you wash your hands?’ At that point, I clean it as I do fruit and vegetables today. I can run water over it, and it doesn’t dissolve, actually. And it can be cleaned, and then I can eat it. »

1671165-inline-wikicheese-3 dans Etudes donnees

This definitely isn’t the first or even tenth attempt at edible food packaging. For example, Diane Leclair Besson is developing an edible plate that won a Core77 Design Award last month. But beyond the technical advantages of WikiCells (the whole washing thing is impressive), Edwards might have a leg up on his competition with his experience launching challenging products into the consumer market. In September, he secured $10 million in venture capital from Flagship Ventures and Polaris Venture Partners.

The money has helped the team carry out its first consumer tests (perhaps surprisingly, few seem to have a problem with the concept) and found WikiCell Designs as an independent company. In 2013, Edwards plans to open a « WikiBar » in Paris, where visitors will be able to try the company’s first commercial product: WikiCell Ice Cream.

published by at FastCo Design at http://www.fastcodesign.com/1671165/the-futuristic-food-packaging-you-can-eat-even-after-washing-it#1

DA: Se débarrasser de l’image « junk food »

DA: Se débarrasser de l'image « junk food » dans -- comportements alimentaires 201210255088bd1c8dd2f-0-672755

Le secteur de la distribution automatique affiche une « bonne résistance » malgré un marché global de la consommation en crise, en surfant sur la mode du snacking et en renouvelant son offre de produits afin de sortir de l’image « junk food » qui lui est parfois associée.
En 2011, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros sur les 637 000 distributeurs automatiques, présents en France, très majoritairement (83 %) en entreprise.
« Après des années 2008-2010 difficiles, on sort un peu la tête de l’eau, même si le contexte général reste tendu » d’une part à cause de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs et de la mauvaise santé des entreprises « nos premiers clients » et d’autre part, de la hausse des prix des matières premières, a expliqué hier Nicolas Bodilis-Reguer, le patron de chambre syndicale nationale de Vente et Services Automatiques (NAVSA).
La résistance du secteur s’explique en premier lieu par le succès grandissant des modes de consommation nomades type snacking, qui constitue le cœur de métier du secteur. Selon une étude réalisée en 2011 par le cabinet Food Service Vision, 87 % des actifs consomment désormais des produits snacking au moins une fois par mois, dont 55 % le font via des distributeurs automatiques.
Les consommateurs, habitués à la disponibilité constante avec internet, apprécient également la facilité d’accès immédiat aux produits offerte par les distributeurs automatiques, et surtout (89 %) les horaires d’ouverture.
Mais pour beaucoup d’entre eux, les machines automatiques restent encore souvent associées à l’image de la « junk food » et du grignotage. Ils réclament ainsi à plus de 80 %, une offre en distribution automatique « plus qualitative, variée et mieux équilibrée ».
C’est en prenant en compte ces nouvelles attentes que le secteur a lancé cet été le label « Feel Good », destiné à « mieux accompagner le « manger mieux », une des tendances lourdes de la consommation de demain », a expliqué M. Bodilis-Reguer.
Ce concept vise à promouvoir, aux côtés des barres chocolatées et autres chips, quatre nouvelles catégories de produits : produits laitiers, fruits et légumes, boissons non sucrées et céréales.
De même, de nouveaux distributeurs automatiques, comme ceux de la société Traiteur Minute à Toulon, proposent des plats préparés non surgelés avec des recettes de chefs, concurrençant la restauration traditionnelle.
Le secteur commence également à nouer des partenariats avec les agriculteurs pour leur permettre de vendre directement leurs productions à toute heure du jour et de la nuit. C’est ainsi qu’un premier distributeur automatique de pommes de terre a vu le jour en décembre 2011 chez un exploitant agricole de Picardie, ou qu’une offre de distributeurs de « lait du jour » se développe chez des éleveurs vendéens.
Enfin, porté par les innovations en matière de moyens de paiement – les pièces étant de plus en plus remplacées par les cartes automatisées, puis à terme par les portables ou titres restaurant – la distribution automatique cherche aussi à s’étendre au non-alimentaire. Elle vend ainsi des produits de plus en plus variés et parfois inattendus, comme des médicaments, des cadeaux-souvenirs ou encore de l’eau bénite, pour prouver qu’elle peut-être « bien davantage qu’une simple machine à café ».

Publié à http://www.lunion.presse.fr/article/francemonde/se-debarrasser-de-limage-junk-food

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