Archives pour la catégorie Environnement

Les géants du lait sont accusés d’appauvrir les fromages AOP

Véronique Richez-Lerouge, auteure de Main basse sur les fromages AOP.

 LIVRES ET IDÉES – Véronique Richez-Lerouge, journaliste et défenseure de la diversité des fromages français, dénonce l’hégémonie grandissante des multinationales du lait sur les fromages AOP.

Coup de tonnerre dans le monde du camembert au lait cru normand. Lactalis, le géant lavallois du lait, met la main sur Graindorge, l’un des derniers producteurs de camembert au lait cru AOP (appellation d’origine protégée). Il fait ainsi tomber dans son escarcelle le numéro deux du camembert de Normandie, mais aussi le leader du livarot et du pont-l’évêque, deux autres AOP normandes très reconnues.

C’est de ce rachat apparemment anodin que part Véronique Richez-Lerouge, journaliste et défenseure de la diversité des fromages français, pour dénoncer l’hégémonie grandissante des multinationales du lait sur les fromages AOP. Ce label français dont les contours s’affirment en 1935 avec la première AOP roquefort aurait largement perdu de son efficacité. De fait, il n’empêche plus l’hyper-industrialisation de savoir-faire

Les géants du lait sont accusés d'appauvrir les fromages AOP dans ACTEURS XVM24ab3278-0191-11e7-aad0-d9371b2c396c-300x400

 

centenaires. Un an après La vache qui pleurequi dénonçait la déperdition qualitative du lait industriel, et alors que s’est clos dimanche le Salon de l’agriculture, Véronique Richez-Lerouge dévoile avec Main basse sur les fromages AOPune enquête très fouillée au cœur des territoires des 50 AOP laitières françaises.

Volume ne rime pas avec maintien de la qualité

Après un détour sur la genèse du label AOP et son rôle de protection des savoir-faire fromagers tricolores, l’amoureuse du fromage dresse un état des lieux des forces en présence. Elle démontre l’impact négatif sur la qualité des fromages AOP de la concentration du secteur aux mains des multinationales. «Il n’est pas question d’attaquer les industriels, ce que sont aussi les PME qui font des AOP de très bonne qualité, explique l’auteure. Mais l’histoire montre qu’il est impossible de concilier une logique de volumes – celle des multinationales – et le maintien de la qualité.» Aucun grand groupe laitier, privé ou coopératif, n’est épargné: de Lactalis à Sodiaal en passant par Savencia ou Eurial (branche lait d’Agrial). «Tous vont dans les AOP, car même si c’est une petite partie de leur activité, c’est une vitrine très flatteuse auprès du consommateur, avec des images d’Épinal.»

Problème: en recourant systématiquement à la pasteurisation (autorisée dans la majorité des cahiers des charges AOP), les multinationales tirent vers le bas la qualité de ces fromages. Au travers de l’enquête, la journaliste revient aussi sur les raisons du dévoiement progressif du système AOP, «un système génial à l’origine qui a permis à des filières entières de se développer, mais qui n’assure plus son rôle de protection».

Aujourd’hui, deux tiers des fromages AOP (camembert, roquefort, cantal…) sont ainsi sous la coupe de géants laitiers. Infiltrés à l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), un organisme censé défendre les AOP, ces groupes pèsent de tout leur poids pour ne pas durcir les cahiers des charges – parfois très légers – des AOP fromagères. De quoi conduire à des affrontements avec des producteurs fermiers qui veulent éliminer la pasteurisation de la production AOP. Un combat perdu d’avance pour Véronique Richez-Lerouge, tant l’Inao se déclare incompétent sur les sujets économiques.

Ce laissez-faire est dénoncé par l’auteure, tout comme le silence de l’Autorité de la concurrence, qui laisse notamment Savencia contrôler 80 % de l’époisses ou Lactalis 90 % du marché du livarot. Du coup, l’auteure préconise une réaffirmation du rôle de ces deux entités, en limitant à 20 % la présence des multinationales dans les AOP.

  • Par Olivia Detroyat
  • Publié le 09/03/2017 à 00:39
  • par http://www.lefigaro.fr/conso/2017/03/09/20010-20170309ARTFIG00001-les-geants-du-lait-sont-accuses-d-appauvrir-les-fromages-aop.php

Nutrition et durabilité : les boissons rafraîchissantes sans alcool s’engagent

L’accord collectif qui vient d’être signé par Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, et Vincent Delozière, président du Syndicat national des boissons rafraîchissantes (et directeur général de Refresco France) démontre une nouvelle avancée du Programme National pour l’Alimentation, dans le cadre duquel il a été signé.

Réduire de 5 % le taux de sucres

Le secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool s’engage à réduire de 5 % le taux moyen de sucres de l’ensemble des boissons du secteur, sur la période 2010-2015. Ces boissons contribuent à hauteur de 6 à 11 % aux apports en sucres des Français.

Moins de publicité dans les émissions pour enfants de moins de douze ans

L’objectif repose sur la baisse des teneurs dans les produits existants et sur le lancement de produits moins sucrés. L’accord comprend également l’engagement de ne plus faire de publicité télé ou Internet dans les émissions où l’audience est constituée à plus de 35 % d’enfants de moins de douze ans.

Réduction de 15 % de la consommation d’eau pendant la production

Parallèlement, l’accord comprend des engagements en termes de durabilité. Entre 2010 et 2020, l’engagement est pris de réduire d’au moins 15 % la consommation d’eau nécessaire à la production d’un litre de boisson, soit une économie de 600 millions de litres d’eau chaque année. Autre décision : porter la quantité moyenne de plastique (PET) recyclé dans les emballages à 25 % et afficher des consignes de tri complémentaires.

Comparativement à une charte PNNS (Programme National Nutrition Santé) concentrée sur l’aspect nutritionnel, l’accord collectif dans le cadre du PNA donne une vision plus complète intégrant le développement durable.

L’accord qui vient d’être signé implique les poids lourds du secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool. Les signataires (Refresco Gerber France, Orangina Schweppes France, Coca-Cola Entreprise, Coca-cola France et Pepsico France) représentent plus de 80 % du marché en valeur et en volume.

A noter que Refresco Délifruits (à Margès dans la Drôme) avait remporté l’édition 2012 du Prix de l’Usine alimentaire durable, organisé par le magazine Process Alimentaire en lien avec Linéaires et Rayon Boissons. (Pour en savoir plus, cliquez ici)

http://www.processalimentaire.com/Flash/Nutrition-et-durabilite-les-boissons-rafraichissantes-sans-alcool-s-engagent-24976

En France, les toits des zones commerciales seront verts ou ne seront pas

L’Assemblée nationale vient de voter un amendement obligeant les nouveaux centres commerciaux à végétaliser leurs toits, ou à y installer des moyens de production d’énergie renouvelable. L’objectif : limiter les « îlots de chaleur urbains ».


Un toit végétalisé, à Toronto (Crédit : Scott Torrance Landscape Architect Ltd)

Un toit végétalisé, à Toronto (Crédit : Scott Torrance Landscape Architect Ltd)
Lors de son inauguration, en avril 2014, le centre commercial Beaugrenelle faisait figure d’exception. 7 000 m2 de toiture recouverts de plantes, en plein Paris ! Mais ce qui reste, à ce jour, la plus vaste toiture végétalisée de la capitale, devrait bientôt devenir la norme.

Car désormais, en France, tous les nouveaux bâtiments situés en zone commerciale devront suivre cet exemple. L’amendement adopté jeudi 19 mars, dans le cadre du projet de loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » (votée mardi 24 mars à l’Assemblée nationale), prévoit l’installation, sur les toitures, de « dispositifs végétalisés » destinées à rafraîchir l’air ou « de production d’énergie renouvelable ».


Le toit du Palais de Chaillot, à Paris (Crédit : Milena Chessa / Le Moniteur.fr)

Le toit du Palais de Chaillot, à Paris (Crédit : Milena Chessa / Le Moniteur.fr)
Les associations écologiques et les Verts souhaitaient initialement que ces aménagements soient réalisés « sur l’ensemble des toitures »des nouveaux bâtiments. Mais le gouvernement, craignant une mesure trop « contraignante pour les porteurs de projets commerciaux », a opté pour un compromis : les constructeurs pourront choisir de recouvrir « tout ou une partie » de leurs toits de verdure. Et s’ils ne souhaitent pas y planter de fleurs ou autres plantes, ils peuvent choisir d’y installer des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques.

Comme la surface minimale de ces dispositifs n’a pas encore été précisée, les associations sont dans l’attente d’une deuxième lecture, ou d’un décret d’application qui en fixerait les normes et les seuils. « Même si cette question n’a pas encore tranchée, l’amendement en soi est un grand pas », affirme Christophe Aubel, président d’Humanité et Biodiversité. « En attendant, nous allons continuer à inciter les bâtiments existants, dont la structure supporterait de telles installations sans avoir recours à de coûteux travaux d’investissement, à verdir leurs toits également ».

LA CINQUIÈME FAÇADE QUI RAFRAÎCHIT LES VILLES

Si la mesure ne concerne que les zones commerciales, c’est que les toits des bâtiments y sont suffisamment vastes et bas. Les végétaux qu’ils supportent peuvent ainsi refroidir des volumes d’air conséquents, à proximité du sol.

En effet, les toits végétalisés favorisent l’absorption et le stockage de l’eau de pluie. Une eau qui, lors du processus d’évaporation, rafraîchit l’air ambiant, ce qui permet de réduire l’usage de la climatisation à l’intérieur des bâtiments.

Mais les toits végétalisés génèrent un autre type d’économies d’énergie pour les bâtiments : cette « cinquième façade » améliore leur isolation, notamment au niveau du dernier étage.

L’apport d’énergies renouvelables, enfin, doit aider à couvrir une grande partie de leur consommation.


(Crédit : GEP VegDUD-VD synthèse P&C, oct. 2014)

(Crédit : GEP VegDUD-VD synthèse P&C, oct. 2014)
D’après une étude réalisée entre 1998 et 2008 par l’Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) et Météo-France, « les toitures végétalisées permettent d’économiser de l’énergie quelle que soit la saison », avec 23 % de gains en été, voire 28 % si les toitures sont arrosées régulièrement.

En hiver, ces gains de consommation sont plus faibles (4,5 %), mais « les économies d’énergies correspondantes [sont] plus importantes ». Seule limite observée par l’Ifsttar : ces toits verts n’amélioreraient que « peu » le confort thermique à l’intérieur des bâtiments.

 L'ONG Climate Change a imaginé une infographie interactive qui permet de comprendre le réchauffement des villes à l'horizon 2010 (Crédit : Climate Change Central)
L’ONG Climate Change a imaginé une infographie interactive qui permet de comprendre le réchauffement des villes à l’horizon 2010 (Crédit : Climate Change Central)
Des gains d’ores et déjà observés à Toronto, au Canada, où, depuis 2009, les toits verts sont obligatoires pour toute construction de bâtiments en zone industrielle et résidentielle.

Ces initiatives visent à rendre les villes, que les chercheurs décrivent comme des « îlots de chaleur urbains », plus vivables et moins énergivores. D’autant que la température qui y règne va croissante. Selon une récente étude de l’ONG scientifique Climate Change Central, à l’horizon 2100, New York devrait par exemple connaître les températures de la Floride.

Lara Charmeil
Journaliste à We Demain
@LaraCharmeil

Agroalimentaire : comment le développement durable profite à Slaney Foods

INNOVATIONL'éleveur irlandais Pat Murray, l'un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.

L’éleveur irlandais Pat Murray, l’un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.(Crédits : Tiphaine Honoré)
Tiphaine Honoré  |  10/10/2014, 12:38  -  817  mots
Ce spécialiste de l’agneau et du bœuf irlandais a opté pour le développement durable avec Origin Green, un programme national pour améliorer les pratiques de la filière agroalimentaire. L’objectif est double: réduire ses coûts et améliorer ses exportations tout en réduisant son impact environnemental, encore élevé pour ce secteur…

« Quand on peut prouver les qualités environnementales et sociales de sa chaîne de production, on convainc plus facilement les acheteurs de nous choisir. Aujourd’hui, ces deux critères sont très importants pour nos clients étrangers ».

Rory Fanning, directeur général de Slaney Foods, implantée au sud de Dublin, est persuadé d’avoir fait le bon choix en misant sur le créneau du développement durable. « C’est un avantage marketing important mais aussi une source d’économies non négligeable ».

Une initiative encouragée par l’État

Slaney Foods a adhéré, dès son lancement il y a deux ans, au programme national Origin Green, chapeauté par le bureau de l’agroalimentaire irlandais (Bord Bia). Celui-ci évalue et encourage les entreprises du secteur dans leurs efforts pour une « durabilité » de leurs pratiques. Loin du cahier des charges exigeant de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, il incite simplement à rationaliser sa consommation d’eau, d’électricité et de matières premières, tout en s’engageant à améliorer les conditions de travail de ses employés.

La charte à respecter reste souple pour que les entreprises participent selon leurs moyens: chaque dirigeant fait le choix de se fixer ses propres objectifs parmi les grandes thématiques imposées par Origin Green. D’abord la durabilité de l’approvisionnement auprès de ses fournisseurs – les agriculteurs dans le cas de Slaney Foods -, puis les procédés de fabrication, et pour finir la responsabilité sociale de l’entreprise.

Lire sur ce sujet : Quand l’agroalimentaire irlandais veut devenir champion du développement durable

Réduire de 10% la consommation d’électricité d’ici 2017

Slaney Foods s’est ainsi fixé des buts à atteindre d’ici 2017, comme le prévoit la charte. D’abord réduire de 10% la consommation d’électricité en améliorant la réfrigération de la viande et en acquérant des outils de mesure plus précis de la température. Une source d’économie importante pour cette entreprise qui dépense 1 million d’euros par an pour ce budget…

Ensuite, l’utilisation d’eau dans la production devra encore être réduite de 10%, après une première coupe déjà importante de 11% entre 2011 et 2012, permise par l’investissement dans un nouvel abattoir. Mais c’est dans le recyclage, la collecte et la quantité d’emballage que la baisse sera la plus drastique avec 90% de déchets en moins prévus.

« Les bénéfices espérés sont difficiles à chiffrer », explique Rory Fanning. Mais, malgré les investissements importants que cet engagement nécessite, les économies dégagées devraient les compenser sur le long terme. En commençant par « améliorer son image de marque« .

Un impact environnemental à améliorer

Parmi les objectifs que l’entreprise s’est fixé, l’approvisionnement en matières premières respectueuses de l’environnement est celui où la marge de progression est importante… Car le « point noir » de la filière viande irlandaise reste les émissions de gaz à effet de serre. Selon un rapport de Teagasc, l’autorité de développement et de conseil de la filière agroalimentaire, l’Irlande est l’un des pays européens où l’agriculture rejette le plus de gaz néfastes à l’environnement : 29,1% des émissions nationales contre 9% en moyenne pour l’Union européenne.

Par ailleurs, toujours selon ce rapport, l’élevage irlandais de bœuf à viande reste près de deux fois plus émetteur de CO2 et de méthane que les fermes produisant du lait. Dans sa liste de fournisseurs, Slaney Foods a pour sa part décidé de privilégier des agriculteurs présents dans un rayon de 100 kilomètres et qui ont eux aussi adhéré au programme Origin Green.

« Pour réduire leur impact en CO2, nos éleveurs partenaires sont incités à garder moins longtemps leurs animaux en élevage en passant de 27 à 22 mois avant l’abattage », note Dympna Skelton, responsable environnement chez Slaney Foods.

La biodiversité répertoriée

L’un d’eux, Pat Murray, installé dans le sud de l’Irlande, a déjà progressé en ce sens. Son troupeau de presque 200 bœufs a remporté le prix de l’élevage irlandais le plus « durable » début septembre. En plus de réduire le temps passé par ses animaux sur ses terres, Pat Murray a divisé par deux l’épandage d’azote (constituant le nitrate) sur ses prairies. Un point sur lequel l’agroalimentaire irlandais a également du chemin à faire.

« L’Irlande possède une dérogation européenne pour l’épandage de l’azote à 250 unités par hectare, contre 170 pour la France et le reste de l’Union », rappelle Fabien Trihan, conseiller en gestion spécialiste du milieu agricole au CER France.

A travers Origin Green, Slaney Foods compte bien voir ses fournisseurs améliorer leurs pratiques environnementales pour pouvoir s’affirmer « durable » sur toute la ligne. Le programme national en est aujourd’hui à la collecte d’informations sur les fermes, telles que la part de haies et de points d’eau dans chaque exploitation. Une première étape pour préserver la biodiversité locale et mieux rayonner à l’international

source: La Tribune à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20141009trib748cdf53a/slaney-foods-l-eti-qui-mise-sur-la-gestion-verte-pour-booster-sa-competitivite.html

 

Les Dix Géants De L’agroalimentaire Émettent Un Total De 263,7 Millions De Tonnes De GES, Soit Plus Que La Finlande, La Suède, Le Danemark Et La Norvège Réunis

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis

Selon une enquête menée par l’organisation OXFAM, les dix géants de l’agroalimentaire peuvent réduire leurs émissions de CO2 de 80 millions de tonnes, soit l’équivalent des émissions du parc automobile de ces quatre grandes villes réunies. New York, Pékin, Londres, Los Angeles.

Tout en étant très vulnérables au changement climatique, les dix plus grandes entreprises du secteur agroalimentaire contribuent considérablement au problème. Selon Oxfam, leurs émissions cumulées de gaz à effet de serre (GES) sont si importantes que, s’ils formaient un pays, ces « dix géants » se placeraient au 25e rang mondial des grands pollueurs. Or ils sont loin d’en faire assez pour les réduire.

L’organisation a calculé que les « dix géants » – Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelēz International, Nestlé, PepsiCo et Unilever – devraient pouvoir réduire l’ensemble de leurs émissions de 80 millions de tonnes à l’horizon 2020. Cela équivaudrait à retirer de la circulation le parc automobile des villes de Los Angeles, Pékin, Londres et New York réunies.

Oxfam a publié le 20 mai dernier un nouveau rapport, « Les bras croisés », dans le cadre de sa campagne « La face cachée des marques » qui passe régulièrement au crible les politiques sociales et environnementales des dix plus grandes entreprises du secteur agroalimentaire. La campagne a déjà convaincu quelques-unes des grandes entreprises mondiales du secteur agroalimentaire de renforcer leurs politiques dans des domaines comme la lutte contre les accaparements de terres et la promotion des droits des femmes.

Du poison dans nos assiettes ? – 20h40 – ARTE – le 04 octobre 2011
Une négligence criante

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis. De ce total, 29,8 millions de tonnes sont imputables à leurs activités, tandis qu’environ la moitié provient de la production de matières agricoles dans leurs chaînes d’approvisionnement – une moitié dont ces entreprises ne tiennent pas compte dans leurs objectifs de réduction. C’est sur ce volet des émissions agricoles qu’Oxfam pointe la négligence criante des leaders du secteur.

Le changement climatique contribue à la multiplication des tempêtes, des inondations et des sécheresses, ainsi qu’à l’imprévisibilité croissante des conditions météorologiques. Ce phénomène affecte notre approvisionnement alimentaire et fait pression sur les prix, avec pour conséquence l’aggravation de la faim et de la pauvreté dans le monde. Les expert-e-s prédisent que d’ici 2050, 50 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim en raison du changement climatique.

Des préjudices financiers pour les entreprises elles-mêmes

Certains des « dix géants » admettent que le changement climatique commence déjà à leur occasionner un préjudice financier. Selon Unilever, il représente une perte annuelle de 415 millions de dollars. De son côté, General Mills a déclaré avoir perdu 62 jours de production au cours du premier trimestre 2014 du seul fait des conditions météorologiques extrêmes qui vont s’aggravant avec le changement climatique. Oxfam estime en outre que le changement climatique risque d’entraîner, au cours des quinze prochaines années, une hausse du prix de produits phares, comme les pétales de maïs Corn Flakes de Kellogg et les céréales de petit-déjeuner Kix de General Mills, pouvant atteindre 44 %.

Selon Oxfam, environ 25 % des émissions mondiales de GES sont imputables au système alimentaire et ce type d’émissions augmente avec la demande alimentaire. Les expert-e-s affirment que, pour maintenir le réchauffement climatique sous le seuil critique de 2 °C jusqu’en 2050, les émissions mondiales nettes issues de l’agriculture et des forêts doivent tomber à zéro et que le secteur doit en fait devenir un « puits de carbone » d’ici le milieu du siècle – c’est-à-dire contribuer à absorber les GES de l’atmosphère. Les émissions suivent pourtant la tendance inverse.

Une « révolution » des méthodes de production

« Trop d’entreprises de l’agroalimentaire croisent les doigts, espérant que le changement climatique ne perturbera pas le système alimentaire et s’imaginant que quelqu’un d’autre remédiera à ses failles actuelles. Les « dix géants » génèrent un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars par jour et jouissent d’une influence considérable dans les chaînes alimentaires à travers le monde. Le secteur doit poursuivre plus activement l’objectif de la « faim zéro » dans le monde tout en accomplissant une révolution dans ses méthodes de production », affirme Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam.

Davantage de responsabilité

Même si la marge de progression d’Unilever, de Coca-Cola et de Nestlé reste importante, les politiques et mesures de lutte contre le changement climatique de ces trois entreprises apparaissent relativement plus fermes.

Oxfam met sur la sellette Kellogg et General Mills, deux mauvais élèves dans ce domaine, et les appelle à faire évoluer le secteur vers plus de responsabilité. Selon Oxfam, les entreprises doivent communiquer ouvertement leurs volumes d’émissions agricoles, publier les noms de leurs fournisseurs les plus pollueurs, adopter des objectifs chiffrés de réduction des émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement et davantage inciter les autres secteurs et les États à s’attaquer au « dérèglement climatique ».

Voici les principales conclusions de l’évaluation menée par Oxfam :

  • Les « dix géants » reconnaissent tous le besoin de réduire les émissions agricoles indirectes dans leurs chaînes d’approvisionnement et sept d’entre eux mesurent ces émissions et en rendent compte dans le cadre de l’initiative Carbon Disclosure Project. Ce n’est pas le cas de Kellogg, de General Mills ni d’Associated British Foods.
  • Seuls Unilever et Coca-Cola ont fixé des objectifs de réduction des émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement, mais aucun des « dix géants » ne s’est clairement engagé à atteindre des objectifs de réduction visant plus précisément les émissions agricoles.
  • Aucun des « dix géants » n’impose à ses fournisseurs d’adopter des objectifs de réduction de leurs émissions.
  • Les « dix géants » se sont tous fixé des objectifs de réduction des émissions générées par leurs propres opérations, mais souvent, ceux-ci ne reposent pas sur des données scientifiques et ne prennent pas en compte toute la mesure de leur contribution au problème.
  • Plusieurs des « dix géants » se sont engagés à un calendrier ambitieux pour mettre fin aux pratiques de déforestation dans leurs chaînes d’approvisionnement en huile de palme, mais seules les politiques de Mars et de Nestlé incluent d’autres matières premières également sources de déforestation et de changements d’affectation des sols.
  • Une entreprise indonésienne qui fournit de l’huile de palme à Cargill, fournisseur de Kellogg et de General Mills, entre autres géants de l’agroalimentaire, est présumée impliquée dans le défrichement par le feu de terrains forestiers en vue de la production d’huile de palme et avoir contribué à un énorme incendie forestier qui a généré à lui seul l’équivalent des émissions produites en un an par 10,3 millions d’automobiles.
  • À l’exception d’Unilever, de Coca-Cola et de Mars, les entreprises n’en font pas assez pour engager publiquement les États et les autres entreprises à intensifier leur lutte contre le changement climatique et doivent notamment s’opposer aux positions préjudiciables ou inappropriées prises par les associations sectorielles qui les représentent.

« Le secteur agroalimentaire a l’obligation morale et la responsabilité commerciale de redoubler d’efforts pour lutter contre le changement climatique, insiste Winnie Byanyima. Les « dix géants » n’utilisent pas leur influence de manière responsable et nous en subirons toutes et tous les conséquences. Kellogg et General Mills, en particulier, ne font pas leur part. Ces entreprises devraient être un fer de lance dans les efforts pour empêcher que le changement climatique n’aggrave la faim dans le monde. Il est temps qu’elles passent à l’action. »

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunissource:

Toshiba se lance dans les légumes

L’IDÉEToshiba prévoit aussi de cultiver des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C. (Photo: Reuters)

Toshiba prévoit aussi de cultiver des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C. (Photo: Reuters)
Le groupe japonais s’apprête à produire en usine des légumes sans pesticides ni autres substances chimiques, grâce à un phénoménal appareillage électronique permettant de maintenir une ambiance aseptisée. L’objectif: contribuer à maintenir les hommes en bonne santé.

Les appareils électroniques et les réacteurs nucléaires ne suffisent plus à Toshiba. Le conglomérat industriel japonais a annoncé jeudi qu’il allait se lancer dans une nouvelle activité: la production et la vente de légumes.

Des salades sans pesticide grâce à l’électronique

Sans pesticides ni autres substances chimiques, les légumes seront fabriqués dans une usine totalement aseptisée et régie par un phénoménal appareillage électronique. Le groupe est notamment en train d’équiper un établissement inutilisé dans la banlieue de Tokyo, qui sera doté « d’éclairages fluorescents spéciaux optimisés pour la croissance des végétaux, d’un air conditionné qui maintient toujours la même température et un degré d’humidité constant, d’un dispositif de surveillance de l’état physique des plantes et d’équipements de stérilisation pour l’emballage des produits ».

« En minimisant l’entrée en contact de particules avec les produits, il est possible d’en augmenter considérablement la conservation en bon état », a expliqué Toshiba.

La délicate gestion de l’ensemble reposera sur des moyens similaires à ceux employés dans les usines de semi-conducteurs, autre spécialité du groupe.

Des laitues en guise de médicaments

Sur une surface de près de 2.000 mètres carrés, le groupe va produire l’équivalent de 3 millions de salades par an, pour approvisionner supermarchés, supérettes et restaurants.

Cette nouvelle activité est parfaitement cohérente avec la stratégie du groupe, a expliqué Toshiba:

« Nous allons donner une nouvelle dimension à notre division de soins sanitaires ».

Le conglomérat, qui est aussi un spécialiste des équipements médicaux et gère son propre hôpital à Tokyo, dit vouloir contribuer à maintenir les hommes en bonne santé, par la fabrication en usine, sous certaines conditions technologiques, d’une nourriture saine. Le groupe japonais prévoit d’ailleurs aussi de cultiver, en fonction de la demande, des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C.

Plusieurs « usines à légumes » au Japon

D’autres groupes d’électroniques du Japon se sont déjà intéressés aux « usines à légumes ». Panasonic et Fujitsu ont aussi des « exploitations agricoles » de ce type, ouvertes récemment dans la préfecture de Fukushima où une partie de la population craint que les légumes cultivés dans les champs ne soient radioactifs.

Toshiba de son côté voit grand: il dit aussi étudier la construction d’une grande usine de légumes hors du Japon ainsi que la vente d’équipements dédiés à ce type d’installations.

Publié par latribune.fr le 15/05/2014 à : http://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/20140515trib000830103/toshiba-se-lance-dans-les-legumes-sans-pesticides.html

Les géants de l’agroalimentaire émettent autant de gaz à effet de serre que la Scandinavie

 

Une étude d’Oxfam montre que les dix plus grands groupes agroalimentaires mondiaux – parmi lesquels Danone, Nestlé, Unilever et Coca-Cola – ont émis en 2013, selon leurs propres déclarations, 263,7 millions de tonnes de carbon dans l’atmosphère. Soit autant que le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande combinés. La production agricole en amont de leur chaîne de production représente près de la moitié de ces émissions. Si ces multinationales commencent à prendre conscience des risques que le changement climatique fait peser sur la viabilité à long terme de leur filières d’approvisionnement, elles agissent encore très peu pour réduire leurs propres émissions.

À quelques exceptions près, les multinationales de l’agroalimentaire font un effort de transparence sur leurs émissions de gaz à effet de serre, en incluant leur chaîne d’approvisionnement, dans le cadre d’initiatives comme le Carbon Disclosure Project (CDP), qui sert ici de base à Oxfam.

La plupart d’entre elles ont également fixé – quoique souvent de manière peu précise et transparente – des objectifs de réduction des émissions dans leurs propres opérations directes. Cependant, celles-ci ne représentent qu’une part modeste de leurs émissions globales (29,8 millions de tonnes). En revanche, aucune de ces entreprises n’a véritablement fixé d’objectifs de réduction précis concernant leur chaîne d’approvisionnement et, en particulier, concernant la production agricole en amont de chaîne. Et aucune ne requiert de ses fournisseurs – qui sont en majorité de grandes entreprises agricoles gérant des plantations, pas des petits paysans – qu’il se fixe des objectifs de réduction de ses émissions.

L’ONG ne s’étend pas, dans le cadre de cette étude, sur les moyens concrets par lesquels les multinationales agroalimentaires pourraient réduire leurs émissions agricoles. Elle n’aborde de manière un peu détaillée que leur politique de lutte contre la déforestation, en lien avec l’huile de palme. Là encore, le bilan n’est pas très flatteur.

On est surtout en droit de se demander si une véritable politique de réduction des émissions globales de gaz à effet de serre de l’industrie agroalimentaire ne requerrait pas surtout de remettre en cause le modèle commercial même des géants du secteur, basé sur une agriculture industrielle et des chaînes d’approvisionnement internationales.

L’étude (en anglais) est accessible ici. Les dix multinationales concernées sont Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelez International, Nestlé, PepsiCo et Unilever.

Olivier Petitjean

publié à http://multinationales.org/Les-geants-de-l-agroalimentaire

 

À Belle-Île, la première maison française en carton

À quelques encablures des falaises de la pointe du Skeul, à Belle-Île, le village de Locmaria est le cadre d’un chantier inhabituel : sort de terre une construction en carton recyclé. « La première en France« , souligne Nicole Lenoble. Cette maison en carton, qui n’a rien d’un cube, est bâtie dans le prolongement d’une maison en pierre traditionnelle : « Nous voulions une extension avec chambre d’hôtes à l’étage. »

Lundi, annonce Ouest-France, ont débarqué sur l’île les camions chargés de plaques de cellulose alvéolaire qui proviennent d’une cartonnerie du Nord. Ces plaques de 20 centimètres d’épaisseur sont assemblées et enchâssées en force autour d’une ossature en bois. Comme un gros Meccano. L’ensemble est conçu pour résister aux tempêtes d’hiver. Quant aux éventuels parasites, ils ne digèrent pas la cellulose. Solides et légères, les plaques sont performantes en termes de qualité thermique.

Le procédé a été mis au point par Terra Nova, une entreprise de Guérande (Loire-Atlantique). Le chantier de construction lui-même ne produit aucun déchet et ne nécessite pas d’eau. Sur une île, c’est capital. Le sol de la maison reste constitué d’une chape de béton, mais le plancher de l’étage est également en carton. En dépit du matériau, la nouvelle maison de 90 mètres carrés respecte le paysage local sur lequel veille l’architecte des bâtiments de France : lucarne en chien assis et corniche sont de rigueur. Murs et charpente ont été terminés vendredi et la semaine prochaine interviendra le couvreur. « Deux semaines pour être hors d’eau. Avec un prix de revient de 60 000 euros contre le double en béton », calcule Nicole Lenoble. Les chambres d’hôtes de la maison en carton seront équipées des meubles en carton conçus par la propriétaire.

Publié par Le Point.fr à http://www.lepoint.fr/societe/a-belle-ile-la-premiere-maison-francaise-en-carton-29-11-2013-1763240_23.php

Voir aussi la vidéo sur le site  http://magazine.loire-atlantique.fr/#!/sa-maison-est-en-carton

 

Agroalimentaire : les nouveaux enjeux de la sécurité sanitaire

La maîtrise des risques sanitaires est une exigence fondamentale des sociétés modernes, en particulier dans le domaine sensible de l’alimentation. Les progrès considérables ont été réalisés depuis cinquante ans. Néanmoins, l’horizon semble parfois reculer et des crises surviennent régulièrement. Il reste difficile d’accepter que le risque zéro n’existe pas alors que des dangers apparaissent, dont on n’avait pas conscience jusqu’à présent. Quels sont les défis aujourd’hui, et comment les relever ?

Commençons par revenir sur les évolutions récentes, qui sont spectaculaires. La sécurité sanitaire des aliments connaît depuis plusieurs décennies une sorte de révolution permanente, marquées à la fois par des crises, des ruptures technologiques, et de profondes évolutions sociales, économiques et politiques.

Le risque sanitaire au centre des attentions
Ces changements concernent au premier chef l’espace et le temps. L’espace, d’abord : les échelles auxquelles on doit analyser les dangers sanitaires ont été fondamentalement modifiées. En quelques décennies on est passé d’une appréciation des risques au niveau familial et local à des échelles nationales, continentales, puis globales. La fameuse crise de la vache folle, comme les crises associées aux Listeria, dans les années 1990, en sont de bons exemples, puisqu’elles ont impliqué des flux nationaux voire transfrontaliers. Le temps, ensuite : les temporalités sur lesquelles on doit gérer ces risques se sont contractées. On est passé d’une gestion sur le long cours, insistant sur l’éducation à l’hygiène et la réduction progressive des dangers, à une gestion dans l’instant et dans l’urgence, avant de faire un nouveau pas en avant avec la prévention généralisée, voire l’application du principe de précaution. Ainsi, dès le début des années 1990 émerge un nouveau champ d’application des mathématiques, celui de la modélisation et de la prévision des risques associés aux développements microbiens dans les aliments : la microbiologie prévisionnelle.

Aux changements d’échelle et de temporalité s’ajoute une complexification croissante des processus à prendre en compte dans l’analyse. Cela touche d’abord la maîtrise des dangers. L’insistance sur le risque est sans aucun doute un trait marquant de l’industrie agroalimentaire depuis ses origines, contemporaines de la microbiologie et de l’apparition des bases de l’hygiène. La prise en compte des dangers biologiques et microbiologiques reste aujourd’hui au cœur des procédures de fabrication et de contrôle. Mais le cadre d’analyse a changé : alors qu’il y a encore vingt ou trente ans on privilégiait une approche segmentée, isolant chacune des étapes de la vie du produit, on tend de plus en plus à considérer les processus dans leur intégralité, « du champ à la table ».

Dans ce contexte, il devient essentiel de pouvoir conduire des investigations épidémiologiques et remonter à la source des dangers dans « la vie du produit » et anticiper les liens de causalité de l’amont à l’aval. Comme pour la police scientifique, l’émergence des méthodes de typage moléculaire et d’amplification génique au début des années 1990 a sensiblement amélioré les capacités d’expertise et de contrôle le long de cette chaîne. L’analyse moléculaire permet ainsi d’identifier les agents responsables de la contamination, de déterminer la source d’infection et les voies de transmission. L’amplification génique permet de mettre en évidence in vitro des quantités infinitésimales d’ADN : on reproduit en grande quantité un fragment d’ADN correspondant à un gène connu, puis à l’identifier grâce à une sonde spécifique capable de reconnaître le gène.

Au-delà de ce changement de régime dans l’évaluation et la gestion du risque, la complexification se joue aussi dans une multiplication des enjeux, et donc des acteurs impliqués. Il n’est plus simplement question de nourrir la population ou de construire des filières : ce sont désormais des politiques de santé publique qui sont concernées – sécurité des aliments, qualité de l’alimentation, impact des régimes alimentaires. Avec la création de l’OMC (1995) et la prise en compte de l’analyse des risques sanitaires comme unique argument ou presque de limitation des échanges commerciaux transfrontaliers, les préoccupations touchant à la santé publique s’entrecroisent avec le souci de protéger certains marchés. Elles se combinent aussi désormais aux enjeux de préservation de l’environnement, ce qui fait peser de nouvelles contraintes sur les différentes filières et conduit à faire émerger de nouvelles instances d’expertise et de régulation.

Les pays développés ont entrepris de faire évoluer les relations entre les autorités publiques, l’expertise scientifique et les entreprises. Le cadre juridique s’est inscrit progressivement dans une harmonisation réglementaire internationale. Les responsabilités respectives des acteurs publics et privés dans la gestion des risques ont évolué : ainsi, dans l’Union européenne, le « Paquet Hygiène » (cinq règlements communautaires adoptés entre 2002 et 2005) fait reposer une grande partie de l’effort sur les entreprises : la charge de la preuve est à l’industriel qui doit démontrer l’innocuité des substances utilisées.

Il ne faut pas, enfin, négliger la dimension culturelle de l’alimentation, qui inscrit la sécurité sanitaire dans des contraintes parfois contradictoires. La perception du risque alimentaire et la relation que nous entretenons avec notre alimentation impliquent à la fois une attente de progrès et de modernité et un souci de préservation de repères traditionnels. À cet égard le rôle des médias et leurs interactions avec les différentes parties prenantes (entreprises, administrations, agences d’expertise, associations de consommateurs) sont fondamentaux.

C’est dans ce contexte que les sociétés occidentales, en pointe sur ce sujet, se sont dotées de dispositifs de gestion et d’expertises scientifiques performants visant à anticiper la plupart des dangers identifiés et de gérer les risques avec efficacité. Dans l’ensemble, c’est un succès : malgré un accroissement de la diversité des dangers, les niveaux de risque sont restés à des valeurs très faibles. Mais tant la nature que la perception des risques évoluent constamment, et nous sommes aujourd’hui confrontés à plusieurs questions.

La première touche aux prochaines menaces : quelle importance accorder, en particulier, aux risques chimiques ? Sachant, ensuite, que le risque zéro n’existe pas, peut-on néanmoins continuer à réduire les risques existants, et selon quelles approches ? Cela conduit notamment à interroger le rôle de l’expertise, et la confiance que l’on peut lui accorder. Comment, enfin, l’enjeu de sécurité sanitaire des aliments se trouve-t-il intégré dans les grands défis planétaires de demain ? Tentons d’y voir plus clair.

Les dangers chimiques, nouvelle frontière ?
L’histoire récente est marquée par l’émergence des risques chimiques et toxicologiques. Ces risques sont associés aux pratiques d’élevage (hormones, résidus d’antibiotiques), aux pratiques culturales (produits phytosanitaires), aux procédés de transformation des produits (par exemple l’acrylamide, un polymère cancérigène qui se forme dans la caisson de certains produits) ou plus largement aux contaminations de l’environnement de production ou de transformation.

Les débats récurrents sur l’innocuité des produits phytosanitaires dans les aliments (insecticides, antiparasitaires…) en sont des exemples. Le DDT est interdit d’utilisation en Norvège et en Suède depuis 1970, aux États-Unis depuis 1972, en Grande-Bretagne depuis 1984. Mais, malgré les mesures prises pour limiter leur présence dans l’environnement, la rémanence des produits toxiques reste un sujet d’actualité : on peut citer les crises survenues récemment aux Antilles avec la chlordécone, un pesticide parfois présent dans les sols utilisés pour les cultures vivrières.

De très nombreuses substances sont potentiellement présentes dans les environnements naturels, industriels et commerciaux (emballages) des matières premières agricoles et des aliments transformés. Cette présence peut être liée à un manque d’anticipation ou à une situation accidentelle, voire frauduleuse (pollution, mélange de produits interdits…). Les crises récentes associées aux dioxines en sont une bonne illustration. Ces substances ont été par exemple introduites en 2009 dans l’alimentation animale (volailles, porcs) à partir de graisses frelatées avec de l’huile de moteur. Elles ont aussi été retrouvées, dans les années 1990 et 2000, dans des produits d’origine animale (par exemple le lait) à la suite de la contamination des prairies au voisinage d’incinérateurs défectueux ou ne disposant pas des installations adéquates pour limiter les émissions.

Dans les années à venir, les questions associées aux dangers chimiques devraient mobiliser de façon croissante l’ensemble des acteurs publics et privés, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord les capacités de détection s’améliorent, avec notamment la disponibilité croissante des méthodes de mesures à haute résolution. Il faut noter à cet égard que les recherches en toxicologie alimentaire, quelque peu délaissées ces vingt dernières années, font à nouveau l’objet d’investissements. D’ores et déjà on peut entrevoir des améliorations majeures dans l’identification et la caractérisation des dangers, avec par exemple de nouvelles approches pour tester la toxicité.

Cette dynamique de recherche répond à l’émergence de nouveaux risques. L’agroalimentaire est en effet un secteur très innovant, marqué par des innovations de rupture. L’apparition de nouvelles substances dont on ne connaît pas encore l’innocuité, comme les nanoparticules, impose une plus grande vigilance.

Enfin, la sensibilité nouvelle de l’opinion publique à l’égard des risques chimiques amène un peu partout dans le monde un renforcement des dispositions réglementaires. C’est notoirement le cas en Europe, avec la directive Reach de 2006 qui vise à supprimer progressivement dans l’Union les substances chimiques évaluées comme les plus dangereuses et ce quelles que soient les utilisations.

Jusqu’où peut-on réduire les risques ?
Qu’il s’agisse de risques chimiques ou microbiologiques, conventionnels ou émergents, le risque zéro n’existe pas. Cette réalité, redécouverte à la faveur des grandes crises qui ont marqué les années 1990 (ESB, Listeria…), est source d’inquiétude et de frustration. La population est travaillée par des craintes que ni l’expert (souvent incompréhensible), ni le politique (accusé de partialité), ni l’entreprise (suspectée d’être motivée par des considérations strictement économiques), ne sont en mesure de lever.

Pour le consommateur, le risque est d’autant moins acceptable qu’en dépit des exigences de traçabilité il ne connaît pas la provenance des matières premières ni plus généralement ce qui « se cache » derrière le produit : le danger, le processus, les acteurs impliqués. Son inquiétude est en quelque sorte la rançon de la complexité, de la sophistication des process industriels et des connaissances scientifiques engagés dans la production et la vérification des produits.

De fait, le nombre de dangers potentiels a nettement augmenté avec le développement, alors même que les risques sont globalement de mieux en mieux maîtrisés grâce à l’ensemble des dispositifs d’évaluation et de gestion. Les niveaux de risque considérés comme acceptables atteignent aujourd’hui des valeurs très faibles. Prenons l’exemple de la listériose, une infection très dangereuse causée par la Listeria monocytogenes. Entre 1987 et 1997 l’incidence des listérioses en France est passée de 16,7 cas par million d’habitants (toutes catégories de patients confondues) à 5,4 cas par million d’habitants , pour varier ensuite autour de 4 cas par million de 1999 à 2006. En Europe cette incidence se situe entre 2 et 10 cas par million. Peut-on aller encore plus bas sans que cela ait un impact sur notre modèle alimentaire et sur les coûts à supporter par les industriels et in fine les consommateurs ?

Pour les dangers désormais évalués et entrant dans les dispositifs de maîtrise, la recherche d’une diminution supplémentaire des risques aurait du mal, en général, à se justifier, dans la mesure où les dispositions déjà en vigueur sont respectées. La question n’est pas de savoir s’il faut éviter à tout prix une émergence, un accident qui est, en toutes probabilités, inévitable. L’objectif doit plutôt être de s’assurer qu’en cas de défaillance ou d’émergence du danger, les systèmes d’évaluation et de gestion soient réactifs pour limiter toute propagation. Certes, il existe encore des contrexemples récents tels que la crise des E.coli O104/H7, dites du « concombre », en Allemagne. Néanmoins, dans de nombreux pays, les dispositifs d’investigation, d’alerte, d’évaluation et de rappel ont fortement progressé.

On peut donc retourner le problème, en considérant que la question touche moins aux progrès possibles qu’à l’acceptation sociale du fait que les risques ne soient jamais nuls et que leur valeur soit fortement dépendante de nos choix de société. Il nous faudra donc, collectivement, réaliser des arbitrages. Le débat public est à cet égard balbutiant. Un enjeu fort des prochaines années sera d’offrir aux citoyens-consommateurs des informations leur permettant de mieux appréhender les conséquences économiques, sociales, environnementales d’une réduction supplémentaire de certains de risques vers une valeur encore plus faible (on parle de balance coût-bénéfice). Pour l’instant cette notion est peu présente dans les débats. Elle est pourtant au cœur de la période qui s’annonce : celle de la tension économique dans les territoires de production, celle de la tension globale sur nos ressources essentielles, celle d’un nouveau cadre d’innovation et de développement.

L’expertise en crise ?
Avec l’évolution des marchés alimentaires et les changements d’échelle de production et de distribution, les dimensions économiques et politiques associées aux questions sanitaires ont pris une importance stratégique. Cette accentuation des enjeux économiques et sociaux a placé l’expertise au cœur des décisions. Les recommandations scientifiques ont progressivement pris une dimension collective jamais égalée que ce soit sur le plan sanitaire, en raison de grande diffusion des produits concernés, ou sur le plan économique, en raison de l’importance prise par l’évaluation dans toutes les régulations nationales et internationales. L’expertise est donc devenue le centre de toutes les attentions… et de toutes les méfiances. La confiance dans les experts a été mise à mal avec les grandes crises des années 1990. Plus largement, elle ne peut en aucun cas se décréter, s’instituer. Il ne suffit plus de convoquer des compétences, des références académiques pour obtenir des citoyens une confiance aveugle dans les recommandations qui sont produites. Cette confiance est un sentiment fragile qui touche à des aspects fondamentaux de notre existence, comme la sécurité et le « vivre ensemble ». Elle se mérite, dit-on ! Pour y parvenir, trois grands principes se détachent des évolutions en cours. Un, l’intelligence collective et la pluralité des points de vue sont plus robustes qu’un avis individuel ; deux, l’expertise ne doit pas être influencée par des enjeux autres que ceux qui consistent à mobiliser en toute objectivité, la connaissance et l’analyse scientifique la plus pertinente ; trois, le citoyen doit avoir accès à l’information de façon transparente et ce pendant tout le processus d’expertise, de la question posée au résultat de l’analyse.

C’est à l’aune de ces principes que les agences créées dans les années 1990 à la suite des grandes crises sanitaires ont conduit leur action. Le cas de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est exemplaire. Dès ses premiers mois d’existence, en 1999, l’agence a mis en place un processus indépendant et transparent de recrutement des experts ; elle a formalisé la conduite de l’expertise collective ; elle a établi des déclarations publiques d’intérêts (pour les experts comme pour ses personnels) ; elle a mené une politique très active d’information et de transparence, elle a joué son rôle de vigilance et d’alerte…

Cette nouvelle approche de l’expertise sanitaire a contribué à renforcer la confiance de la population. Cependant, la performance de ces dispositions n’est jamais acquise définitivement. Il existe des possibilités de dérives, des points de fragilité. À côté des conflits d’intérêts, d’autres défauts d’indépendance peuvent perturber l’objectivité de l’analyse scientifique : les partis pris idéologiques, éthiques, politiques. Il est très difficile d’en maîtriser l’expression. La seule façon d’y remédier consiste à s’appuyer sur la grande diversité des experts mobilisés dans les évaluations collectives. Le débat sur les OGM, tout comme celui qui a prévalu lors des crises sanitaires des années 90, sont des exemples particulièrement illustratifs de la fragilité de l’argumentation scientifique si celle-ci ne se conduit dans un cadre parfaitement neutre, légitime au yeux de tous et protégé de toutes suspicions.

Plus largement, il est très important que les processus d’expertise fassent l’objet d’évaluations régulières. Ces évaluations doivent porter sur les trois principes évoqués précédemment : pluralité des points de vue, indépendance et transparence.

L’enjeu de sécurité sanitaire et les défis planétaires
Les prévisions démographiques estiment la population mondiale à l’horizon 2050 à plus de 9 milliards d’humains. Cette évolution de la population pourrait conduire à une forte pression sur les productions agricoles et alimentaires. Dans ce contexte, la ressource agricole constitue une des quatre ressources fondamentales de l’humanité, avec l’eau de qualité en quantité suffisante, l’énergie disponible à coût supportable, la biodiversité et les services écologiques qui lui sont associés.

Le défi à relever n’engage pas seulement notre capacité collective à préserver la disponibilité de chacune de ces ressources. Il tient aussi à leur forte interrelation, qui rend l’ensemble du système particulièrement instable, et à l’arrivée d’un nouveau facteur de perturbation, le changement climatique.

Ces nouveaux enjeux de durabilité produisent déjà des perturbations dans les flux de produits et de matières premières: aux effets des grandes variations climatiques sur les récoltes s’ajoutent la spéculation sur les matières premières et la demande croissante des pays émergents en produits agricoles transformés… L’engagement très important des filières agricoles et agro-industrielles des pays industrialisés dans une société de consommation a conduit à un niveau de développement qui est aujourd’hui la référence imposée à l’ensemble des pays dans le contexte de l’OMC. Pour les pays en développement, la globalisation des échanges agricoles et des produits agro-industriels est enjeu social et économique majeur.

Un pays comme le Brésil a pris la mesure de ces enjeux en investissant fortement dans ce secteur et en se positionnant parmi les leaders mondiaux. Mais pour la très grande majorité des pays en développement, la mondialisation va de pair avec une forte pression sur les prix et des contraintes difficiles à anticiper au plan sanitaire. Ces pays affrontent plusieurs défis à la fois : assurer la sécurité alimentaire d’une population en forte croissance, structurer des filières de production et transformation, disposer des compétences et des moyens technologiques pour assurer la sécurité sanitaire des produits et des procédés à des niveaux d’exigence équivalents à ceux mis en place dans les pays industrialisés. Ce qui revient à obtenir, en quelques années, un niveau de capacité en productivité, compétitivité et fiabilité sanitaire, équivalent à celui atteint par les pays industrialisés en cinquante ans.

Or, comme le rappellent Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, sur les 3 milliards de « paysans » et agriculteurs présents sur la planète, 1,3 milliard sont des actifs agricoles dont un tiers travaille à la main sans semence sélectionnée, sans engrais, sans animal de trait. Le nombre de tracteurs dans le monde est estimé à environ une trentaine de millions. Les pays les moins avancés ont une productivité qui peut être mille fois plus faible que celle des pays les plus productifs (les plus mécanisés). Seuls 10% de la production agricole mondiale circulent sur les marchés internationaux. Ces matières premières circulantes sont produites par les pays ayant les meilleures productivités et qui sont à l’origine des prix imposés à tous, fondés sur des rendements élevés et des coûts relativement faibles. On comprend donc bien la difficulté pour un paysan africain de vendre localement des produits sûrs et à un prix compétitif.

Le défi pour assurer la sécurité agricole et alimentaire mondiale consistera à obtenir en moyenne sur la planète, d’ici 2050, un quasi doublement de la production agricole. Cet effort de production pourrait nécessiter, dans certains pays faiblement développés, une multiplication par un facteur 5.

Certes, le modèle de massification de l’accès aux produits alimentaires tel qu’il s’est développé dans les pays industrialisés n’est pas nécessairement celui qui conviendra à l’ensemble des régions en développement. Mais quel que soit le modèle de développement qui s’imposera, les enjeux de sécurité sanitaire seront centraux. Ils constituent l’autre face du défi alimentaire.

Un des enjeux est évidemment la régulation des marchés des matières premières agricoles, afin d’éviter la double peine aux pays en développement. Au-delà, la pression sur les ressources agricoles et alimentaires ne peut être atténuée que s’ils se dotent d’une politique durable de développement agricole et agro-industriel. Cela suppose que les pays agro-industrialisés leur apportent leur expérience, par un transfert rapide d’expertise et d’innovation : l’enjeu est à la fois le développement de la consommation et la maîtrise de la sécurité sanitaire des produits.

Publié par ParisTechReview à http://www.paristechreview.com/2013/02/27/securite-sanitaire/

 

Les légumes asiatiques lourdement contaminés aux pesticides

06/2013

Les légumes asiatiques lourdement contaminés aux pesticides

Réagissez :
Partagez :
On savait déjà que les cultivateurs asiatiques qui travaillent massivement pour l’export ont la main lourde en matière de produits phytosanitaires (insecticides, herbicides et fongicides, engrais). Mais c’est la Suisse qui enfonce le clou : un laboratoire confirme la pollution massive et les Autorités sanitaires suisses ont réagi en retirant du marché nombre de légumes importés d’Asie, trop chargés en pesticides.

L’agriculture asiatique : trop de pesticides et fongicides

PesticidesInsecticides, herbicides et fongicides affectent non seulement l’environnement mais aussi la santé humaine. En consommer n’est pas sans conséquence et pourtant, tous ceux qui mangent des légumes qui proviennent de Chine ou d’Asie le font. Or cette zone est devenue une grande zone exportatrice pour bien des produits, comme notamment les champignons qui sont abondamment couverts de pesticides.70% de la consommation de champignons de Paris en France proviennent de Chine et de ses 10 millions d’éleveurs !

En 2012, Greenpeace avait trouvé 29 pesticides dans le thé des Chinois. Il n’y a pas de débat. Comme le confirme l’ONG Food Sentry: les aliments d’origine chinoise sont bien ceux qui posent le plus problème en termes de pollution aux pesticides, malgré une politique qui officiellement cherche à les limiter depuis 2007.

Un rapport qui fait peur : 1 légume sur 4 retiré du marché

Un laboratoire cantonal de Zurich a jeté un froid* et bien qu’on ne veuille pas être trop alarmiste sur consoGlobe, il nous parait important de le partager avec vous :

pesticides-toxique-danger>Sur 230 légumes exotiques prélevés directement aux frontières suis à des fins d’analyse, 63 ont été retirés du marché (27%) à cause de teneurs en pesticides excessives.

Pire, les Autorités sanitaires ont considéré que les légumes pouvaient représenter un danger pour la santé dans 7% des cas !

Le chimiste genevois, Patrick Edder, explique la gravité de la chose et que «les dépassements sont énormes. Il n’est pas rare d’observer des valeurs qui 10 fois ou même 100 fois supérieures aux normes admises». La Confédération suisse a réagi très vite et décidé de renforcer ses contrôles aux frontières.

Les pesticides de plus en plus décriés

L’impact négatif des pesticides sur la santé humaine fait toujours l’objet de débats parmi les chercheurs. Car l’enjeu économique est énorme. Le marché mondial s’élevait en 2011 à 33 milliards d’euros (44 mds $) :

On avait cru un moment, en 2001, à un léger mieux car il y avait un peu moins de pesticides dans nos légumes.  Mais, un récent rapport alarmiste a montré qu’en matière de pesticides, nous sommes plus exposés en France qu’ailleurs.

Developpement durable articleD’où l’importance d’améliorer l’estimation des réels dégâts causés par les pesticides. Le rapport de l’Inserm du 13 juin dernier a dévoilé une étude de grande ampleur qui fait le point sur l’ensemble des connaissances internationales actuelles. C’est déprimant ! Sa conclusion est accablante :  l’exposition à des pesticides, qui s’accumulent dans le sang, «conduit à des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies», au nombre desquelles figurent les cancers, les maladies du sang, les troubles neurologiques et les malformations.

etoilePlus que jamais, il faut savoir d’où viennent les fruits et légumes que vous achetez et d’interroger votre producteur préféré. Direction l’annuaire des Amap et des producteurs BIO. Bon appétit !

Publié par Consoglobe à http://www.consoglobe.com/legumes-asiatiques-contamines-pesticides-cg

 

12345

croquefeuille |
Succès Marketing |
Entre Organisation et Equit... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 3D-Margot-Marina-Franck
| On s'amuse...
| cuisinebio