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Enquête Coronavirus : en Vendée, l’agroalimentaire profite-t-il vraiment de la crise ?

 

Si les ventes de certains produits alimentaires ont explosé depuis le début du confinement, pas sûr que les entreprises du secteur gagnent toutes en rentabilité. Les géants de l’industrie agroalimentaire Fleury Michon, Europe Snacks, Maître Coq ou La Mie Câline profitent-ils tous de la crise? Enquête en Vendée.

La chaîne de production de l'activité Catering Aérien, de Fleury Michon, à Pouzauges.
La chaîne de production de l’activité Catering Aérien, de Fleury Michon, avant la crise du coronavirus, à Pouzauges, en Vendée. Celle-ci est désormais quasiment à l’arrêt. — Photo : Le Journal des Entreprises

« L’activité de nos sociétés alimentaires a augmenté de 20 à 40 %. » C’est le constat que fait Olivier Joreau, directeur général adjoint de la coopérative agricole vendéenne Cavac, depuis le début du confinement. Le fabricant de jambons et lardons, Bioporc (108 salariés, 22,7 M€ de CA), basé à La Châtaigneraie, en Vendée, connaît une explosion de la demande. Tout comme Biofournil (81 salariés), une autre société de la coopérative agricole Cavac, qui fabrique du pain pour la grande distribution et les magasins spécialisés en bio.

Si l’agroalimentaire est le secteur économique qui souffre le moins de l’épidémie de coronavirus selon l’Insee, tous les industriels ne sont pas égaux face à la crise. Exactement comme les grandes et moyennes surfaces, à l’autre bout de la chaîne. La plupart de ceux qui fournissent des produits de premières nécessités tournent à plein régime mais certains souffrent de l’arrêt de la restauration collective ou d’une partie de leurs activités. D’autres sont boudés par les consommateurs ou connaissent des difficultés logistiques, d’approvisionnements ou de recrutement qui les empêchent d’avancer.

La chaîne de production de jambons de Fleury Michon, à Pouzauges, en Vendée.
La chaîne de production de jambons de Fleury Michon, à Pouzauges, en Vendée. – Photo : Le Journal des Entreprises

Des productions en surrégime

À Pouzauges, dans le bocage vendéen, le mastodonte Fleury Michon (3 900 salariés, 717 M€ de CA) illustre la multiplicité de situations que vit l’agroalimentaire à l’heure du coronavirus. Globalement, le groupe connaît une hausse d’activité.  La première semaine de confinement, le groupe estimait que ses livraisons de charcuteries et plats cuisinés avaient ainsi augmenté de 20 à 30 %. Depuis, le géant de l’agroalimentaire observe toujours une croissance de la demande, sans donner de chiffres. La grande distribution concentre 80 % de l’activité du groupe et représente 610 M€ de chiffre d’affaires en 2019. Mais en parallèle, l’activité catering aérien de l’industriel, qui représente 11 % de l’activité et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, a chuté avec l’arrêt quasi-total de l’activité aérienne. Deux des usines du groupe sont en conséquence à l’arrêt, au Canada et aux Pays Bas. La livraison de plateaux-repas est également en forte diminution, même si le groupe tente de repositionner l’une de ses offres avec une gamme de lunch box, pour ceux qui continuent de se rendre en entreprises. Le bilan n’est donc pas forcément positif pour le groupe, qui reste discret à ce sujet.

« Nous avons augmenté les volumes des produits les plus demandés par les consommateurs. Nous n’avons pas regardé la rentabilité »

Du côté du volailler Maître Coq, qui élabore également des produits de premières nécessités, la croissance n’est pas détonante non plus. Si l’industriel a fortement augmenté la cadence pour approvisionner les rayons libre-service des supermarchés, sa progression globale n’est que de 2 %. La raison ? Plusieurs de ses activités sont à l’arrêt, celle à destination de la restauration collective d’abord, mais également la préparation de volailles destinées aux rayons rôtisserie de la grande distribution. Maître Coq (2 500 salariés, 527 M€ de CA) basé à Saint-Fulgent en Vendée, travaille à 70 % pour la GMS. Et comme beaucoup d’industriels, il a été contraint de diminuer son nombre de références pour alimenter davantage les rayons.

Une solution pas toujours synonyme de profit. « Nous avons augmenté les volumes des produits les plus demandés par les consommateurs. Nous n’avons pas regardé la rentabilité », assure Christophe Guyony. Les produits de base sont ceux qui fonctionnent le mieux mais bénéficient rarement d’une forte valeur ajoutée. « Les œufs, le fromage, la farine, le lait sont les produits qui partent le plus », énumère Guillaume Allouin, directeur du Carrefour City de la Cité des Congrès, à Nantes. Si la hausse d’activité est parfois considérable, la rentabilité n’est donc pas toujours liée.

À Saint-Fulgent, en Vendée, le volailler Maître Coq travaille à 70 % pour la grande distribution.
À Saint-Fulgent, en Vendée, le volailler Maître Coq travaille à 70 % pour la grande distribution. – Photo : Le Journal des Entreprises

Le snacking à la peine

Les produits de snacking, plus rentables, sont quant à eux, souvent délaissés par les consommateurs. « Sur ces segments, la demande est en baisse », confirme Fleury Michon qui détient notamment le fabricant de préfou et de bouchées apéritives, Paso, dont la production est au ralenti. Le fabricant de produits apéritifs vendéen, Tapasti (7,2 M€ de CA, 50 salariés), basé à Pouzauges, a, quant à lui, vu son activité chuter de 70 %. Spécialisé dans les antipasti italiens et les tapas espagnols, la PME vendéenne travaille pourtant à 75 % pour les grandes et moyennes surfaces. Du côté des boulangeries, la chute d’activité est encore plus alarmante. À Saint-Jean-de-Monts, La Mie Câline, qui fabrique pains, viennoiseries et snacking a confié à Ouest-France, qu’elle avait diminué sa production de 90 % début avril. Selon l’association nationale des industries alimentaires (Ania), jusqu’à 88 % des entreprises agroalimentaires estiment que leur chiffre d’affaires baissait en mars. La moitié d’entre elles envisageait un recul supérieur à 25 % et un quart estimait que cette baisse serait supérieure à 50 %.

« Nous n’arrivons pas à répondre à toutes les commandes de nos clients. »

D’autant que certaines sociétés, qui connaissent une hausse de la demande, ne sont pas en capacité d’y répondre car elles rencontrent des difficultés logistiques, d’approvisionnements ou de recrutement. Europe Snacks (2 200 salariés, 380 M€ de CA), le géant du biscuit apéritif à marque de distributeurs installé à Saint-Denis-le-Chevasse en Vendée, n’est, lui, pas freiné par la baisse de la demande mais par l’absentéisme. L’industriel cherche à recruter entre 50 et 100 salariés en urgence sur ces différents sites, basés en Vendée et dans le Maine-et-Loire. « Environ 30 % de nos effectifs sont absents, précise Dominique Duprat, directeur général d’Europe Snacks France. Nous n’arrivons pas à répondre à toutes les commandes de nos clients. »

Europe Snacks est le leader français des biscuits apéritifs à marques de distributeurs. Il est basé à Saint-Denis-la-Chevasse, en Vendée.
Europe Snacks est le leader français des biscuits apéritifs à marques de distributeurs. Il est basé à Saint-Denis-la-Chevasse, en Vendée. – Photo : Le Journal des Entreprises

« Cela prouve la pertinence d’un modèle économique local »

Selon l’Ania, 25 % des entreprises agroalimentaires ont des difficultés liées à la main-d’œuvre. Le principal problème qu’elles rencontrent est logistique, il concerne 70 % d’entre elles. Quant aux difficultés d’approvisionnements, elles touchent 40 % des entreprises. Les sociétés qui semblent épargnées sont celles qui misent sur le circuit-court. « Nos clients et fournisseurs sont locaux, nous n’avons pas de difficulté logistique ni d’approvisionnement pour le moment. Cela prouve la pertinence d’un modèle économique local », se satisfait, pour sa part, la coopérative agricole vendéenne Cavac. Un constat partagé par Reynald Naulleau, cofondateur de l’entreprise Vite mon marché, qui livre à domicile à Nantes et à La Roche-sur-Yon, et qui a vu son nombre de commandes multipliées par 3,5. « Nous n’avons jamais été aussi proches des consommateurs. Je pense que ce lien devrait perdurer et témoigner de la pertinence des circuits courts », estime-t-il.

Pour les industriels, les conditions à réunir sont donc nombreuses pour bénéficier d’une hausse d’activité. Travailler quasi exclusivement avec les réseaux de distribution classiques ou spécialisés, de préférence en circuit court pour éviter les problèmes logistiques ou d’approvisionnement. Le tout en limitant le taux d’absentéisme et en continuant, bien sûr, à produire des denrées à forte valeur ajoutée. Pas évident de profiter de cette crise…

Par Jéromine Doux, le 08 avril 2020

Plongée en 2040 dans les habitudes alimentaires d’une jeune active

Comme 75% Français 2040, Megan flexitarienne.
Comme 75% des Français de 2040, Megan est flexitarienne. @Guetty Images

DOCU-Fiction // Née en 2014, Megan, fraîchement diplômée, vient de décrocher son premier job de thérapeute en intelligence artificielle.

Comme 75% des Français de 2040, elle est flexitarienne. Il faut dire que nous sommes désormais 9 milliards de Terriens… Nous la suivons dans un monde dystopique où la pause-déjeuner des Français n’existe plus.

Après avoir obtenu en 2039 un double diplôme en programmation et en psychologie numérique à Psycho ParisTech, la grande école  de psychologie numérique, Megan, thérapeute en intelligence artificielle (TIA), a rejoint Robot Inclusive, une entreprise internationale spécialisée dans les interactions entre humains et robots. Aujourd’hui, les TIA sont les nouveaux développeurs des années 2000. En début de carrière, ce professionnel de la santé mentale des algorithmes gagne en moyenne 65.000 EUcoins par an (une monnaie descendant du feu bitcoin). Encadrée par une équipe de chercheurs, la jeune femme veille à ce que la relation entre le travailleur humain et le robot dans les entreprises ne tourne pas au vinaigre.

Analyse de ses microbiotes au petit-déjeuner

6h30. Comme chaque lundi matin, Megan commence sa journée par une analyse de son microbiote (autrement dit de ses selles). Cinq minutes après le dépôt de l’échantillon dans l’appareil XYX connecté aux toilettes, elle reçoit une alerte via son assistant personnel. La voix lui dresse un état des lieux de sa flore intestinale. Elle ne regrette pas d’avoir investi deux ans plus tôt dans ce dispositif qui lui a permis d’adapter son alimentation à ses besoins énergétiques en période d’examens. Désormais en poste, elle veut mettre les bouchées doubles pour décrocher sa première promotion dans quelques mois. Son alimentation personnalisée lui permet de gagner en efficacité, surtout quand elle fait de longues journées. Son credo : « Bien manger, c’est bien : respecter les besoins de son corps, c’est mieux ».

Lancement d’un restaurant végan industriel

Elle poursuit sa matinée par une séance de yoga de 45 minutes, en visioconférence. Plus besoin de se retrouver dans un studio, chaque élève se connecte et fait son namasté devant son écran. Maddie, prof de yoga, végétalienne, anime la séance. Après le cours, Maddie enfile son tablier pour entamer sa deuxième vie. A 30 ans, cette slasheuse est également fondatrice de Vodexo, une entreprise spécialisée dans la restauration collective végane. Lancé en 2035, le groupe nourrit chaque mois près de 15 % des travailleurs français. Elle affiche un taux de croissance de près de 50 % par an.

8h20. C’est l’heure de se mettre à table avant de filer travailler. Megan est ravie ce matin-là de ne pas avoir à avaler son Feed Breakfast sur le chemin. Elle a beau savoir que ce substitut de petit-déjeuner à forte valeur nutritionnelle contient tout ce qu’il lui faut pour démarrer la journée, rien ne vaut de se poser un moment avec un thé à la menthe cultivée dans son petit potager d’intérieur à basse consommation d’énergie. Thé, qu’elle accompagne d’une barre énergétique banane, chocolat noir et d’insectes concassés de chez ChocoSect, commandée en ligne.

L’enseigne lui a livré la semaine dernière ses barres composées par ses soins en fonction de ses besoins en protéines, vitamines et fibres. Le tout pour un prix très raisonnable : 3,50 EUcoins pour une boîte de 10. Les contenants sont biodégradables et les aliments se transforment en engrais une fois la date de péremption dépassée. Sur le réseau TikTak, elle discute avec la communauté des meilleurs mélanges, et demande des recommandations personnalisées de nutritionnistes qui ont accès aux informations sur sa flore intestinale, et ses données de santé.

Commande de son repas et livraison dans un food corner

9h15. Megan anticipe sur le déjeuner. Elle commande sur Techno Food Business, une entreprise spécialisée dans la livraison de kit alimentaire, fait maison. Pour un abonnement de 75 EUcoins par mois, la start-up vous prépare une poche de nutriments express par jour. Pour booster sa longue journée, la thérapeute en intelligence artificielle opte pour un menu protéiné avec une mixture rassemblant des galettes d’algues croustillantes, des lentilles vertes du Puy-en-Velay, un hachis parmentier à base de viande végétale, et un crumble aux pommes avec une chapelure de lombrics. Une recette qu’elle a piquée à une influenceuse qu’elle suit sur TikTak.

Pour bénéficier de sa réduction de 2 EUcoins, elle rapporte les emballages utilisés la fois précédente et opte pour une livraison dans un Food Delivery. On en trouve à peu près tous les 800 mètres à Paris. Le code envoyé par mail permet de récupérer son kit, à l’adresse indiquée, cinq minutes après la commande.Elle choisit le lieu de livraison en fonction de ses rendez-vous du jour. Aujourd’hui, elle se fait livrer à côté de Station Green. En parallèle de son activité au sein de Robot Inclusive, deux demi-journées par semaine, Megan, jeune active engagée, y fait du mécénat de compétences auprès des start-up en « early stage ».

Les jeunes diplômés veulent de vraies valeurs alimentaires

10h30. Elle assiste à un atelier sur les bienfaits de l’alimentation organisé par Julie, une de ses amies de chez EatWell, une start-up incubée à Station Green, spécialisée dans l’éducation alimentaire. Après un master en RH et un début de carrière dans l’industrie agroalimentaire, son amie a décidé de se reconvertir. Elle est désormais healthy food office manager. Son métier est de s’assurer le bien-être et l’hygiène alimentaire des collaborateurs. Et ce n’est pas vraiment par pure philanthropie. D’après la dernière étude de PGQ, un cabinet de recrutement spécialisé dans les jobs les plus bienveillants, 57 % des jeunes diplômés sont attirés par les entreprises qui affichent de vraies valeurs alimentaires et environnementales. Aujourd’hui, toutes les start-up s’arrachent les food office managers.

 

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Guetty Images

Une fois par semaine, Julie anime également un atelier sur le lien entre alimentation et productivité dans le hall de Station Green. Dans son pitch, la healthy food office manager de 28 ans explique aux entrepreneurs que le planning des repas de la semaine est aussi important que la préparation de la prochaine levée de fonds. Une raison à cela : les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’assiette des entrepreneurs, et tissent un lien entre leur capacité à prendre soin de leur corps et leur aptitude à faire grandir l’entreprise.

Récupérer le repas au food corner

13h00. Julie et Megan se retrouvent au food corner. Chacune récupère son kit, le connecte d’une part à un cathéter de l’autre à leur smartphone qui régule l’injection des nutriments en fonction des analyses du matin. Pendant leur déjeuner, elles discutent de « EatMirror », une série de science-fiction qui raconte le futur de l’alimentation en 2121. Dans le dernier épisode, le personnage principal est un agriculteur qui lance la première culture de soja sur la planète Mars, une piste qui permettrait de répondre au défi de l’alimentation mondiale.

Après les 5 minutes d’injection, les deux jeunes femmes partent s’installer dans le grand parc de Station Green, situé au coeur de Central Paris, un parc de 30 hectares, construit à la place de l’ancien Opéra Bastille. Sa mère une ancienne influenceuse, très en vogue en 2019 sur feu Instagram (un réseau social où a commencé la starification de l’alimentation), lui a raconté que la construction de ce parc de près d’un milliard et demi a démarré en 2022, lorsque tous les groupes politiques se sont entendus pour recouvrir la capitale de verdure.

15h30. Megan continue sa journée chez Robot Inclusive. Pour calmer sa petite fringale, Megan prendra une banane, made in Paris. Station Green a investi dans des serres tropicales où se cultivent des fruits et légumes tropicaux depuis que l’on a interdit le transport maritime de fruits et légumes venant d’outre-mer.

Escale dans le jardin partagé

17h30. Elle rejoint son petit ami Tom, un concepteur d’organe médical. Expert dans le traitement des cellulessouches et de la bio-impression 3D de tissus biologiques. Il construit des organes bioartificiels pouvant être greffés sans possibilité de rejet par les patients. Le couple n’habite pas encore ensemble, mais ils partagent une parcelle dans un jardin. Cette activité de jardinage permet au jeune couple de se retrouver et de relâcher la pression de la journée. Leur jardin est sur le toit de chez Tom, qui vit dans un co-living, dans le quartier Margaret Hamilton, une ville située dans le sud du Grand Paris, à 10 minutes à pied de son laboratoire.

Le jeune homme de 27 ans partage sa cuisineavec d’autres locataires. Chaque premier lundi du mois, il rejoint ses voisins pour un cours de cuisine avec un chef étoilé. La dernière session a, par exemple, été animée par Hugues Pierrus, à la tête d’un restaurant spécialisé en viande alternative. Au programme : un boeuf-carottes avec des viandes cultivées à 50 kilomètres de Paris, et des carottes qui viennent du toit végétalisé de la résidence. Quand la production locale n’est pas suffisante, les résidents de Margaret Hamilton achètent des aliments en « nanoencapsulation ». Le goût est légèrement altéré mais les nutriments sont là !

Soirée dans un restaurant en 3D

19h15. Ce soir, les amoureux vont dîner chez Tokyo Supreme, un restaurant de sushis imprimés en 3D ! Dès l’entrée, on voit un grand spectacle d’imprimantes dotées de bras robotiques géants concevoir les plats, sous l’oeil attentif d’un maître sushi. C’est carrément TikTakable !

Pour y accéder ? Vous réservez votre table en ligne, avec la validation vous recevez un kit santé. Vous devrez vous munir d’échantillons biologiques qui permettront aux chefs de vous concocter un menu de sushis basé sur vos besoins physiologiques. Pour accompagner le repas, ils commandent une bouteille de vin provenant d’un des plus grands vignobles de Bourgogne, où le vin est entièrement développé par des robots, mais dans cette région, la récolte des grappes de raisin se fait toujours par des ouvriers bien humains. Pour la petite histoire, l’an dernier Megan a accompagné ces robots sommeliers à développer leur palais. Au dessert, les amoureux se partagent une panacotta à base de cannabidiol, idéal pour finir la journée en légèreté.


*Cette fiction a été pensée grâce aux expertises de :
Didier Toubia, cofondateur d’Aleph Farms
Charlotte Thienpont, cofondatrice de Prune, restaurant bistronomique
Matthieu Vincent, cofondateur du DigitalFoodLab
Olivier Tangopoulos, fondateur de Foodette
Xavier Boidevezi, secrétaire nationale de la Food Tech
Ariane Voyatzakis, responsable du secteur agroalimentaire à la Direction de l’innovation de bpifrance.
Christophe Lavelle, commissaire scientifique de l’exposition « Je mange donc je suis » par le usée de l’Homme.

Par Fabiola Dor  21/02/2020 à 19:37, mis à jour le 21/02/2020
publié à https://start.lesechos.fr/innovations-startups/tech-futur/plongee-en-2040-dans-les-habitudes-alimentaires-d-une-jeune-active-17467.php

Fermentalg ambitieux avec Protéines France

Fermentalg ambitieux avec Protéines France
Crédit photo © Fermentalg

(Boursier.com) — Fermentalg rejoint l’association Protéines France dans le cadre du développement de sa plateforme dédiée aux protéines alternatives. Protéines France est le consortium français d’entreprises ayant pour ambition d’accélérer le développement du secteur des protéines végétales et issues de nouvelles ressources (algues, champignons, etc.) et de faire de la France un leader mondial du domaine. Coordonnée par l’IAR, le Pôle de Compétitivité dédié à la Bio-économie, l’association compte 6 membres fondateurs (Avril, Limagrain, Terreos, Terrena, Roquette et Vivescia) et 13 adhérents dont Fermentalg.

En structurant et initiant une dynamique fédératrice sur toute la chaîne de valeur, de la production des ressources (végétales, algues, insectes, micro-organismes) jusqu’aux consommateurs, Protéines France s’est imposé comme le représentant des filières des protéines végétales et alternatives. L’association participe au développement du secteur afin de saisir les opportunités de croissance et de création d’emplois offertes par l’augmentation de la demande de protéines dans le monde. Protéines France intervient notamment au Protein Summit, la conférence mondiale dédiée au secteur, en présentant l’exemple unique de la structuration des acteurs français et en animant une session stratégique visant à contribuer à la définition d’une vision du secteur à l’horizon 2030.

Avec des profils nutritionnels et environnementaux nettement différenciés par rapport à ceux des protéines végétales, les protéines de micro-algues se positionnent comme une alternative plus complète et durable aux protéines animales. Par sa maîtrise des techniques de sélection naturelle et de fermentation à échelle industrielle, Fermentalg  »vise la production de protéines algales très nutritives, avec une empreinte environnementale bien plus faible que celle des protéines animales, notamment en matière de consommation de terres arables, d’eau potable, d’engrais, de pesticides et autres polluants ». Les protéines de micro-algues sont également adaptées aux populations végétariennes et véganes, et offrent des solutions durables face à l’épuisement des ressources agricoles et à la question croissante de la souffrance animale dans les circuits de production intensive de protéine animale.

Fermentalg vise en priorité les segments de marché ou la demande en protéines alternatives est la plus forte : la nutrition pour sportifs, le ‘Weight Management’ et la nutrition médicalisée, en particulier chez les séniors.

Après avoir réalisé plusieurs campagnes de fermentation à l’échelle pilote, Fermentalg entre dans une phase de pré-industrialisation. L’objectif est une montée en échelle du procédé de fabrication afin de fournir des échantillons commerciaux à ses premiers clients dès 2020. Préalablement, les dossiers réglementaires en vue d’obtenir les autorisations de commercialisation en Europe et aux Etats-Unis vont être déposés d’ici fin octobre 2019.

« Les discussions engagées avec plusieurs partenaires industriels et commerciaux potentiels ont révélé un très fort intérêt pour les protéines algales au sein du marché en plein essor des protéines alternatives (autres que viande, poisson, lait et oeuf), qui représentait 8 milliards de dollars en 2018 et pour lequel on estime un taux de croissance annuel moyen de 7% pour la période 2017-2024″, se félicite Fermentalg.

source!: Boursier.com https://www.boursier.com/actions/actualites/news/fermentalg-ambitieux-avec-proteines-france-805264.html?rss

Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Kraft Heinz plombé par les nouvelles habitudes alimentaires

Le géant américain de l’agroalimentaire connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre.

Kraft Heinz

Kraft Heinz est connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

 Le géant américain de l’agroalimentaire Kraft Heinz, connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif, a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre, ainsi qu’une enquête de l’autorité américaine des marchés sur sa comptabilité. Ces nouvelles ont fait plonger son titre à Wall Street, de 27,46% à 34,85 dollars, soit son niveau le plus bas depuis la fusion entre Kraft Foods et Heinz mi-2015. C’est la pire séance boursière du groupe en près de quatre ans.

Le groupe américain d’encas et produits transformés, l’un des plus célèbres aux Etats-Unis, a fait savoir jeudi soir 21 février dans ses résultats trimestriels qu’il avait passé une charge de dépréciation de 15,4 milliards de dollars sur deux de ses marques phares, Kraft et les produits carnés Oscar Mayer. Cette dépréciation reflète un changement du goût des consommateurs, qui se soucient de plus en plus des questions de santé et se tournent plus souvent vers les produits frais au détriment des aliments transformés.

Kraft a bâti sa notoriété sur des produits comme les macaronis au fromage prêts à manger ou des sauces d’apéritif au cheddar, tandis qu’Oscar Mayer est connu pour sa charcuterie ou ses hot-dogs. Né du rapprochement des groupes Heinz et Kraft Foods, le groupe compte parmi ses actionnaires de contrôle les milliardaires américain Warren Buffett et helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann (à la tête du fonds d’investissement 3G).

Tentant de coller à une autre préoccupation montante des consommateurs, l’environnement, Kraft Heinz avait annoncé l’an dernier qu’il souhaitait que tous ses emballages soient recyclables et réutilisables d’ici 2025.

Perte nette de 12,6 milliards de dollars

La dépréciation massive s’est soldée par une perte nette de 12,6 milliards de dollars. Par action et ajusté, le groupe affiche un bénéfice trimestriel de 84 cents, inférieur aux prévisions des analystes. Le chiffre d’affaires a quant à lui enregistré une faible progression de 0,7% à 6,9 milliards de dollars sur les trois derniers mois de 2018.

« Notre rentabilité est ressortie inférieure à nos prévisions en raison de l’inflation inattendue de certains coûts, combinée à des économies plus faibles qu’anticipé », a commenté le directeur général du groupe Bernardo Hees, cité dans le communiqué de résultats.

Le groupe a par ailleurs indiqué avoir reçu en octobre 2018 des demandes d’informations de l’autorité américaine des marchés, la SEC, qui a ouvert une enquête sur ses approvisionnements, « plus précisément ses pratiques comptables, ses procédures et contrôles internes liés à ses approvisionnements ».

Kraft Heinz précise avoir de son côté démarré une enquête interne sur ces activités, à l’aide de conseillers extérieurs. Au quatrième trimestre, à la suite de ces investigations, le groupe a enregistré « une hausse de coûts des produits de 25 millions de dollars » et estimé qu’ils n’étaient pas significatifs.

Il précise mettre en place « des améliorations de ses contrôles internes » pour remédier à ces problèmes. « Le groupe continue à coopérer pleinement avec la SEC » et ne s’attend pas à ce que les suites de ces enquêtes « aient un impact significatif sur la période actuelle ou tous comptes financiers déjà publiés ».

(Avec AFP)

Par Challenges.fr le 23.02.2019 à 10h02

 

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Après des années de pertes liées à la méfiance des Français après l’affaire de la viande de cheval, le marché des plats préparés semble aujourd’hui se relever. Les consommateurs gardent cependant une certaine méfiance vis-à-vis des plats surgelés et des conserves.

Ces dernières années ont été difficiles pour le secteur des plats cuisinés. Depuis trois ans, les ventes repartent progressivement à la hausse après des années de méfiance qui ont fait suite au scandale de la viande de cheval, provenant de l’usine Spanghero. En grandes et moyennes surfaces (qui représentent les trois quarts du marché), les ventes devraient progresser de 2,5% en 2019, soit autant qu’en 2018 selon l’analyste Xerfi France. Ainsi, à la fin de l’année, ce marché devrait atteindre au total cinq milliards d’euros et le chiffre d’affaires des fabricants de plats préparés devrait progresser de 2%.

Dégringolade depuis Spanghero et changement de méthode

En 2013, au moment du scandale de la viande de cheval, les ventes de produits cuisinés et surgelés ont lourdement chuté. Tous les secteurs étaient alors concernés, des pizzas aux plats tout faits en passant par les raviolis en conserve et les surgelés. Restaurants et fast-food s’inquiétaient comme les grandes surfaces de la méfiance des Français sur le sujet. Durant deux ou trois années, les ventes ont été incapables de se ressaisir, perdant parfois jusqu’à 50% en volume sur un an lors des pires semaines (plusieurs fois entre février et juin 2013) et près de 10% sur la seule année 2013. La perte de confiance suite à cette tromperie était alors inévitable.

L’enseigne Picard notamment a directement été impactée et a dû réagir pour rassurer les consommateurs. «Depuis cette crise, nous effectuons systématiquement des tests ADN sur tous nos produits. Nous sommes assurés désormais que nos plats préparés à base de bœuf sont 100% origine France et l’origine est systématiquement indiquée sur nos emballages», assure-t-on dans l’entreprise. Toutefois, leurs ventes ont plus nettement progressé que la moyenne. Entre 2013 et 2018, ils ont grimpé de 15%, malgré une baisse des ventes durant le scandale de près de 40%. Finalement, les seuls plats cuisinés à base de viande ont eux augmenté de 6,1% en 2017 et de 3,6% en 2018, témoignant du net rebond en place depuis deux ans.

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Autre gage de fiabilité, l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits. C’est sur ce domaine que se penchent de nombreuses entreprises depuis quelque temps, se tournant parfois vers le bio et le végétal. C’est notamment le cas des plats livrés, l’objectif étant de faire repartir tous les secteurs des plats préparés et de tourner la page du scandale Spanghero.

Aujourd’hui, les produits à forte valeur ajoutée se portent mieux

Car certains produits ne rassurent pas encore totalement. En effet, en 2018, les conserves et les surgelés amenuisent les bons résultats globaux du secteur. Ces deux types de produits, dont le marché est évalué à 2,1 milliards d’euros, séduisent moins les consommateurs. En cause, la crainte de consommer des produits «ultratransformés», comme l’explique Xerfi, mêlée à la frilosité de se procurer de «l’entrée de gamme» surgelée. Pour autant, la baisse des ventes enregistrée en 2018 sur les conserves et les surgelés devrait être moins importante en 2019, notamment suite à la mise en œuvre de stratégies industrielles qui visent à moderniser ces produits. Une promesse de montée en gamme, dont témoignent les conserves bios de et les recettes dites «premium» de certaines grandes marques.

 

 

  • Mis à jour le 21/01/2019 à 17:37

 

  • Publié le 21/01/2019 à 17:04

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Ainsi, ce sont les plats jugés plus frais qui portent clairement le secteur des plats préparés. Les plats emballés ou encore les pizzas et les entrées fraîches notamment soutiennent nettement les ventes car ils profitent, eux, d’une bonne image: pratique, plus sain et relativement abordable.

La consommation de viande en France recule depuis 10 ans

Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en dix ans, en raison d’une prise de conscience environnementale et d’une hausse des prix.

 

L’étalage d’une boucherie française, le 26 octobre 2015.

Les viandards impénitents sont-ils une espèce menacée ? Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), publiée mardi 4 septembre, la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée. Prix, impact sur la santé et considérations environnementales permettent, en partie, d’expliquer ce constat mis en lumière ces dernières années par plusieurs études.

Depuis 2007, le Crédoc mène tous les trois ans une enquête intitulée « Comportements et consommations alimentaires des Français ». En 2016, un échantillon de 1 925 adultes âgés de 15 ans et plus et de 1 164 enfants de 3 à 14 ans a été interrogé, selon une méthode immuable. « Nous demandons de renseigner tout ce qui a été mangé pendant sept jours, lors des repas et hors repas, que ce soit au domicile ou à l’extérieur », détaille Gabriel Tavoularis, directeur d’étude et de recherche au Crédoc.

Notre entretien avec Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition :   « Il n’y a pas de danger pour la santé à réduire la consommation de viande »

La charcuterie particulièrement touchée

« Le constat est sans équivoque : les Français, tous âges et catégories sociales confondus, mangent moins souvent de viande », résume M. Tavoularis. Les « produits carnés » concernés sont les viandes bovine et ovine, la volaille, le gibier ou encore la charcuterie, qu’ils soient bruts, cuisinés ou présents dans un plat transformé, comme les pizzas.

En 2007, les Français mangeaient en moyenne 153 grammes de produits carnés par jour, contre 135 grammes en 2016, soit 18 grammes de moins en dix ans.

Les Français consomment en moyenne 46 grammes de viande de boucherie par jour, soit 12 grammes de moins qu’en 2007. La consommation de charcuterie est passée en dix ans de 35 grammes par jour à 29 grammes par jour. Quant à la volaille, elle a relativement stagné, passant de 34 à 33 grammes par jour.

La consommation de viande diminue

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour.
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers2007201020132016

SOURCE : CREDOC

Si cette baisse de la consommation de produits carnés concerne toutes les catégories sociales et toutes les générations, les jeunes de 18-24 ans semblent les moins concernés par cette évolution. « On constate chez cette génération, une consommation importante de produits carnés, par le biais de plats transformés, comme les pizzas, les hamburgers, les sandwichs », rapporte le directeur d’étude du Crédoc, qui évoque des « individus pressés, qui mangent davantage à l’extérieur et prennent moins de temps pour cuisiner ». Cette hausse de la consommation de plats transformés (les « ingrédients carnés » dans les deux graphiques) est d’ailleurs constatée dans l’ensemble de la population.

Les 18-24 ans, plus grands consommateurs de produits carnés

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour, en 2016
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers18-24 ans25-34 ans35-44 ans45-54 ans55-64 ans65-74 ans75 ans et plus

18-24 ans
● Ingrédients carnés: 37 g/jour
● Charcuterie: 25 g/jour
● Volaille, gibier: 39 g/jour
● Viande de boucherie: 46 g/jour
● Produits tripiers: 2 g/jour
SOURCE : CRÉDOC

« Un marqueur social fort »

Autre constat, les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées restent plus concernées par ce changement d’habitudes alimentaires. Dans le haut de l’échelle sociale, on consommait 140 grammes de viande en moyenne par jour en 2007, contre 113 grammes aujourd’hui, soit une baisse de 19 %. C’est chez les ouvriers que les quantités de viande consommées restent les plus importantes, avec 151 grammes par jour en moyenne. Mais là encore, la baisse est sensible (de 15 %).

En dix ans, forte baisse des produits carnés chez les cadres et les ouvriers

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés par les adultes (18 ans et plus), selon la profession ou catégorie socioprofessionnelle du responsable du ménage (en gramme par jour).
0 g/jour50 g/jour100 g/jour150 g/jour200 …20072016OuvrierAgriculteur, artisan,commerçant, chefd’entrepriseEmployéProfession intermédiaireCadre, professions libérales

SOURCE : CREDOC

« La consommation de viande est un marqueur social fort. On remarque chez les ouvriers que cela reste inconcevable, encore aujourd’hui, de faire un repas sans viande », souligne M. Tavoularis. « Signe de prospérité durant les trente glorieuses », l’image de la viande a évolué au cours du siècle passé, rappelle-t-il :

« Il y a quelques décennies, les recommandations étaient de manger de la viande à chaque repas, alors que maintenant on suggère de consommer de la viande, du poisson ou des œufs une fois par jour. »

Témoignages de consommateurs de viande :   « J’en mange moins, mais mieux. »

Les considérations de santé expliqueraient, en partie, cette baisse de la consommation de produits carnés. Dès les années 1980, le consommateur a commencé à recevoir des « alertes nutritionnelles, sur le cholestérol par exemple », expliquait ainsi Pierre Combris, directeur de recherches honoraire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), sur Europe 1 en 2017.

En 2015, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait confirmé ces inquiétudes en établissant un lien entre la consommation abusive de viande rouge et certains cancers. « Ces messages sont entrés progressivement dans les consciences, avant que les modes de consommation commencent à changer, vers un modèle consistant à manger moins de viande, mais mieux », détaille le directeur de recherche.

Hausse des prix

Une raison plus prosaïque permet également de comprendre cette baisse : le prix de la viande a augmenté ces dernières années plus rapidement que l’inflation, comme le confirme un rapport de France AgriMer publié en 2015. « La viande devient peu à peu un produit de luxe, que l’on consomme avec plus de sobriété, un peu comme le vin de table bas de gamme qui a disparu au profit d’une consommation plus festive », analyse M. Tavoularis.

Le rapport du Crédoc souligne d’ailleurs que la patrie de Rabelais entretient « une bonne image de la viande ». Plus de 90 % des personnes interrogées la considèrent comme un aliment « nourrissant »« qui a du goût » et qui « fait partie des aliments qu’on a plaisir à manger ».

Notre enquête :   Se nourrir sainement quand on est pauvre

Une explication d’ordre moral explique également l’émergence de ce nouveau modèle alimentaire. Le bien-être animal, l’environnement, le coût en émission de CO2 de la production de viande constituent autant d’éléments auxquels les Français sont attentifs. « Aujourd’hui, cela fait bien de ne pas manger trop de viande, certains cadres s’en vantent, alors que c’était l’inverse il y a trente ans », rappelle le directeur de recherche.

En 2018, 35 % des Français, et 43 % des cadres, déclarent en effet avoir réduit leur consommation de viande, vers un modèle « flexitarien », selon une autre enquête du Crédoc sur les comportements alimentaires. L’étude souligne d’ailleurs que le nombre de personnes n’ayant pas consommé de viande durant une semaine, et pouvant être assimilées à des végétariens, a été multiplié par trois, passant de 0,3 % à 1 %. Signe que la consommation de viande est encore loin d’être menacée de disparition dans l’Hexagone.

Les conclusions de Terra Nova :   le règne de la viande est révolu

LE MONDE | 06.09.2018 à 06h28 • Mis à jour le 06.09.2018 à 15h12 |Par Cécile Bouanchaud

Gaspillage alimentaire : en 2030, 66 tonnes de nourriture seront jetées chaque seconde

Un tiers de la nourriture produite chaque année finit à la poubelle. Et le problème ne va faire que s’empirer, révèle une nouvelle étude. Plusieurs entreprises ont pourtant pris des initiatives efficaces pour réduire ce gaspillage. 

Chaque année, 1.600 milliards de tonnes de nourriture partent à la poubelle dans le monde, soit un tiers de tout ce qui est produit sur Terre. Quelques chiffres de la FAO suffisent à rendre compte de l’ampleur du phénomène. Songez par exemple qu’un tiers des récoltes de céréales et près de la moitié des fruits et légumes sont perdus au cours de la chaîne alimentaire. Que 35 % des poissons et fruits de mer pêchés sont rejetés à la mer ou que 20 % du lait produit est finalement jeté. Un gaspillage d’autant plus révoltant que dans le même temps, 870 millions de personnes souffrent de malnutrition et que la production jetée génère 8 % des émissions de gaz à effet de serre.

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30 % de la production de céréales, 45 % des fruits et légumes et 35 % des poissons sont perdus pour la consommation. © FAO

Hélas, le problème n’est pas prêt de s’arranger. D’après les projections du Boston Consulting Group (BCG), le volume des déchets alimentaires va continuer à s’accroître de 1,9 % par an d’ici 2030, soit 2.100 milliards de tonnes à cette échéance. Pour donner un ordre de grandeur, cela revient à 66 tonnes de nourriture jetée chaque seconde. L’Asie sera la région la plus touchée : « Au fur et à mesure que les habitants s’enrichissent, ils augmentent leur consommation et demandent des aliments plus variés, souvent non produits localement », détaille Shalini Unnikrishnan, une des auteurs de l’étude.

De la récolte au placard du consommateur, un gaspillage à tous les niveaux

Les pertes s’additionnent tout au long de la chaîne d’approvisionnement. La plus grosse source de gaspillage se situe au niveau de la production, avec par exemple des rongeurs ou parasites qui dévorent les récoltes ou des dégâts mécaniques qui abîment les fruits lors de la cueillette. Du côté de la chaîne d’approvisionnement, où 360 millions de tonnes sont perdues chaque année, le problème vient surtout du manque d’infrastructures adaptées (chaîne du froid inexistante dans de nombreux pays) ou de processus industriels qui se préoccupent davantage d’efficacité et de vitesse plutôt que de réduire les pertes. Enfin, au niveau de la commercialisation, les standards différents selon les pays et l’imposition de dates de péremption trop strictes aboutissent à des gaspillages équivalent à 110 milliards de dollars, estime le BCG.

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La majeure partie du gaspillage alimentaire intervient en aval et en amont de la chaîne alimentaire. C.D, Futura, d’après BCG

« Les consommateurs ont souvent une conception erronée des mesures à adopter », regrette Shalini Unnikrishnan. « Ils pensent par exemple que les fruits et légumes frais sont plus sains que les surgelés, alors que c’est le contraire. Les denrées fraîches perdent leurs nutriments lors du transport et augmentent le risque de gaspillage. » Autre dérive pointée du doigt : les promotions qui encouragent à acheter en grande quantité et qui conduisent le consommateur à jeter la nourriture qu’il n’a pas eu le temps de manger avant qu’elle ne s’abîme. Au total, résoudre l’ensemble des problèmes de la chaîne alimentaire permettrait d’économiser 700 milliards de dollars par an en nourriture, estime le BCG.

Les entreprises en première ligne pour la réduction du gaspillage

Si les gouvernements et les consommateurs ont un rôle à jouer, les entreprises doivent être le fer de lance de la lutte contre le gaspillage. Elles sont déjà nombreuses à avoir lancé des initiatives :

  • les grands semenciers (BASF, Bayer, Syngenta ou Monsanto) ont formé plus de trois millions de petits agriculteurs aux bonnes pratiques agricoles pour lutter contre les nuisibles et réduire les pertes lors de la récolte ;
  • avec son initiative des « fruits et légumes moches » lancée en 2014, Intermarché redonne une chance à des produits non « standards » d’être consommés ;
  • en Angleterre, Marks & Spencer vend ses fraises sous un emballage spécial absorbant l’éthylène, permettant d’allonger la durée de conservation de 50 % ;
  • à Taïwan, Carrefour a ouvert un restaurant où sont cuisinés les produits invendus de ses fournisseurs ou magasins ;
  • Sodexo et Ikea ont noué un partenariat avec la start-up LeanPath pour mesurer et analyser le gaspillage et sensibiliser le personnel dans les espaces de restauration collective ;
  • au Kenya, la fondation Rockefeller collabore avec la compagnie TechnoServe pour fournir aux petits paysans des unités de stockage de froid alimentées à l’énergie solaire pour conserver leurs fruits et légumes ;
  • le distributeur britannique Tesco recycle ses aliments périmés en nourriture pour animaux et son huile usagée en biodiesel ;
  • PepsiCo a revu son approvisionnement en fruits et légumes pour favoriser des fournisseurs de proximité et réduire les pertes dans le transport.
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Avec ses fruits et légumes moches, Intermarché donne une seconde chance aux produits mal calibrés. © Intermarché

Céline Deluzarche

Journaliste

Publié le 22/08/2018

 

Ce qu’il faut retenir
  • Un tiers de la nourriture produite est déjà jeté et cela ne va faire que s’empirer au fur et à mesure que les populations s’enrichissent.
  • Les pertes se produisent tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
  • Certaines entreprises ont mis en place des mesures astucieuses pour limiter le gaspillage.
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Merci Bocaux, la nouvelle enseigne de produits ultra frais de Fleury-Michon

C’est dans le magasin E.Leclerc de Rueil en région parisienne que la première enseigne Merci Bocaux a été inaugurée. Un concept clé en main proposé par Esprit Frais, filiale à 100% de Fleury-Michon, dédié à la pause déjeuner sous la forme de produits ultra frais à déguster en bocaux.

Merci Bocaux

C’est dans le magasin E.Leclerc de Rueil en région parisienne, que le premier kiosque Merci Bocaux vient d’être inauguré. Le concept? Une offre large de restauration rapide de produits ultra-frais assemblés ou terminés sur place selon les recettes et présentés en bocaux. A la manoeuvre, on retrouve Fleury-Michon, ou plus exactement Esprit Frais, la filiale de l’entreprise vendéenne qui a été structurée il y a tout juste un an. Pilotée par Julien Fournier, Esprit Frais a pour mission de développer de nouveaux concepts de restauration clé en main.

L’expertise de Room Saveurs

Sur ce marché, Fleury-Michon, fort de l’acquisition de Room Saveurs, entreprise spécialisée dans la livraison de plateaux repas et de cocktails, ne part pas d’une feuille blanche. C’est justement en s’appuyant sur le réseau de fabricants de Room Saveurs qu’Esprit Frais compte bien pousser ses pions sur le marché de la restauration et des produits ultra frais. A son actif, Esprit Frais compte déjà la Saucisserie, un concept de de hot-dog artisanal à la française testé dans deux magasins Carrefour depuis le début de l’année qui doit faire encore l’objet d’ajustements.

Des produits ultra-frais

« Sur ce marché du traiteur, notre vocation n’est pas de nous substituer au magasin mais bien d’apporter des concepts clés en main avec un service différent à forte valeur ajoutée », assure Julien Fournier. C’est ainsi qu’Esprit Frais a également développé depuis 12 mois une gamme de produits snacking ultra frais sous le nom de «Par Ici ». Composée de salades sandwichs, soupes et de desserts, la carte change tous les trois mois. L’offre est implantée dans 80 magasins Franprix à Paris. « Notre valeur-ajouté va bien au-delà du produit, puisque la livraison en magasin, l’implantation en rayon et la gestion de la casse sont assurées par nos soins », détaille Julien Fournier. C’est avec ce type de service que Fleury-Michon espère ramener en GMS les clients devenus adeptes des enseignes de restauration urbaine.

Nutri-Score: classer un aliment en rouge, orange ou vert

Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique.

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REUTERS
Nutri-Score: comment marche la recette d’Oxford pour classer un aliment en rouge, orange ou vert

SANTÉ – Le ministère de la Santé a tranché. Il a retenu l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score et son code à 5 couleurs, du vert au rouge, pour informer les Français sur la qualité de leurs aliments. Il va entrer en application en avril, a annoncé ce 15 mars la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Élaboré sur la base des travaux de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), il avait la faveur des nutritionnistes au lancement du test en septembre.

En effet, derrière son code couleur ultra simple, il prend en compte suffisamment de critères pour distinguer la bonne de la mauvaise pizza au fromage, par exemple. De quoi encourager des choix plus sains en rayon, et d’influencer les recettes des industriels.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement:

Comment marche Nutri-Score

La vignette Nutri-Score va du vert foncé au rouge, en passant par l’orange. Elle indique quels sont les aliments que l’on devrait manger souvent, ou occasionnellement et en petite quantité.

 

 

 dans AGROMINISTERE DE LA SANTE

 

Si le résultat est simple, le calcul qui y aboutit est un peu plus complexe. « On part des données sur les étiquettes, et on effectue un calcul très transparent, conçu par des confrères d’Oxford, explique serge Hercberg, spécialiste de la nutrition à l’Inserm, dont les travaux ont servi de base au Nutri-Score. Ensuite, on l’a adapté aux spécificités de notre alimentation. »

Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique, comme on peut le voir dans ce rapport de mars 2015 publié par l’Anses. Ce score est ensuite minimisé par la teneur en protéines et en fibres.

Sur 13.000 produits de marque étudiés par l’Inserm, les scores varient de -5 pour les mieux notés à 25 pour les moins recommandables.

 

 dans nutrition santeANSES

 

Pourquoi l’huile d’olive n’aura pas la pastille rouge

Le but du Nutri-Score est autant d’informer les consommateurs sur leur alimentation, que les orienter vers des choix plus sains. Dans une même catégorie de produit, il est conçu pour distinguer les bons des mauvais élèves. « L’intérêt du logo n’est pas de dire qu’il vaut mieux manger des brocolis que des chips, tout le monde le sait », décrypte Serge Hercberg pour le HuffPost.

Ainsi, au rayon chips, la version classique va être en orange, celle au fromage en rouge, mais les tortillas au maïs pourra être en vert. Même chose pour les 35 marques de muesli aux pépites de chocolat, ou les 20 marques de pizza au fromage dans le commerce, dont les Nutri-Score vont du vert au rouge.

Aussi, la méthodologie anglaise de base a été modifiée pour mieux prendre en compte trois catégories d’aliments: les fromages, les boissons sucrées et les matières grasses ajoutées (huile, beurre…).

Alors qu’ils devraient tous être en rouge, les fromages les moins gras, les sodas les moins sucrés, seront en orange pour encourager leur consommation. Et parce que l’huile d’olive expose moins aux maladies cardiovasculaires que le beurre, elle sera aussi en orange.

Comment les industriels peuvent passer du rouge à l’orange

Cet étiquetage sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire. Jugeant le Nutri-Score stigmatisant, les industriels et la grande distribution avaient réclamé une étude en conditions réelles d’achat.

« C’est la deuxième idée de ce barème, dont on attend beaucoup. Faire pression pour améliorer les produits », anticipe Serge Hercberg, de l’Inserm, pour le HuffPost.

« Je compte sur la pression des consommateurs, qui demandent à être informés, pour que les industriels s’engagent dans cette voie », insiste Marisol Touraine, ministre de la santé.

Grâce aux barèmes publics sur l’attribution des points en fonction des teneurs en sel, gras, sucre, etc., les industriels auront les cartes en main pour modifier leur recette et passer à la catégorie supérieure. Du rouge à l’orange foncé, à l’orange clair, et ainsi de suite.

publié par http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/15/nutri-score-comment-marche-la-recette-doxford-pour-classer-un/

le 15/03/2017 14:21 CET | Actualisé 16/03/2017 14:24 CET
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