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Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Après des années de pertes liées à la méfiance des Français après l’affaire de la viande de cheval, le marché des plats préparés semble aujourd’hui se relever. Les consommateurs gardent cependant une certaine méfiance vis-à-vis des plats surgelés et des conserves.

Ces dernières années ont été difficiles pour le secteur des plats cuisinés. Depuis trois ans, les ventes repartent progressivement à la hausse après des années de méfiance qui ont fait suite au scandale de la viande de cheval, provenant de l’usine Spanghero. En grandes et moyennes surfaces (qui représentent les trois quarts du marché), les ventes devraient progresser de 2,5% en 2019, soit autant qu’en 2018 selon l’analyste Xerfi France. Ainsi, à la fin de l’année, ce marché devrait atteindre au total cinq milliards d’euros et le chiffre d’affaires des fabricants de plats préparés devrait progresser de 2%.

Dégringolade depuis Spanghero et changement de méthode

En 2013, au moment du scandale de la viande de cheval, les ventes de produits cuisinés et surgelés ont lourdement chuté. Tous les secteurs étaient alors concernés, des pizzas aux plats tout faits en passant par les raviolis en conserve et les surgelés. Restaurants et fast-food s’inquiétaient comme les grandes surfaces de la méfiance des Français sur le sujet. Durant deux ou trois années, les ventes ont été incapables de se ressaisir, perdant parfois jusqu’à 50% en volume sur un an lors des pires semaines (plusieurs fois entre février et juin 2013) et près de 10% sur la seule année 2013. La perte de confiance suite à cette tromperie était alors inévitable.

L’enseigne Picard notamment a directement été impactée et a dû réagir pour rassurer les consommateurs. «Depuis cette crise, nous effectuons systématiquement des tests ADN sur tous nos produits. Nous sommes assurés désormais que nos plats préparés à base de bœuf sont 100% origine France et l’origine est systématiquement indiquée sur nos emballages», assure-t-on dans l’entreprise. Toutefois, leurs ventes ont plus nettement progressé que la moyenne. Entre 2013 et 2018, ils ont grimpé de 15%, malgré une baisse des ventes durant le scandale de près de 40%. Finalement, les seuls plats cuisinés à base de viande ont eux augmenté de 6,1% en 2017 et de 3,6% en 2018, témoignant du net rebond en place depuis deux ans.

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Autre gage de fiabilité, l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits. C’est sur ce domaine que se penchent de nombreuses entreprises depuis quelque temps, se tournant parfois vers le bio et le végétal. C’est notamment le cas des plats livrés, l’objectif étant de faire repartir tous les secteurs des plats préparés et de tourner la page du scandale Spanghero.

Aujourd’hui, les produits à forte valeur ajoutée se portent mieux

Car certains produits ne rassurent pas encore totalement. En effet, en 2018, les conserves et les surgelés amenuisent les bons résultats globaux du secteur. Ces deux types de produits, dont le marché est évalué à 2,1 milliards d’euros, séduisent moins les consommateurs. En cause, la crainte de consommer des produits «ultratransformés», comme l’explique Xerfi, mêlée à la frilosité de se procurer de «l’entrée de gamme» surgelée. Pour autant, la baisse des ventes enregistrée en 2018 sur les conserves et les surgelés devrait être moins importante en 2019, notamment suite à la mise en œuvre de stratégies industrielles qui visent à moderniser ces produits. Une promesse de montée en gamme, dont témoignent les conserves bios de et les recettes dites «premium» de certaines grandes marques.

 

 

  • Mis à jour le 21/01/2019 à 17:37

 

  • Publié le 21/01/2019 à 17:04

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Ainsi, ce sont les plats jugés plus frais qui portent clairement le secteur des plats préparés. Les plats emballés ou encore les pizzas et les entrées fraîches notamment soutiennent nettement les ventes car ils profitent, eux, d’une bonne image: pratique, plus sain et relativement abordable.

Une plante a poussé sur la Lune

Une graine de coton aurait germé dans le petit caisson étanche emporté par la sonde Chang’e 4 qui s’est posée sur la Lune le 3 janvier. C’est la première fois que l’homme fait pousser une plante sur la Lune.

La Chine aurait fait pousser une plante sur la Lune. Pas dans le sol lunaire évidemment, mais dans un petit caisson étanche en aluminium d’un volume d’un litre et de près 3 kg emporté par la sonde Chang’e 4, qui s’est posée le 3 janvier. Ce serait une des graines de coton qui aurait germé, selon l’agence de presse officielle Xinhua. Cette dernière s’est toutefois trompée en légendant les images qu’elle a diffusées puisqu’elle a pris les trois photos prises dans le conteneur témoin resté sur Terre (ci-dessous) pour des images prises dans le caisson envoyé sur la Lune…

Les images de l'expérience-témoin restée sur Terre (ci-dessus) ont été prises pour des images réalisées dans le caisson envoyé sur la Lune...

Dès lors il semble difficile de faire confiance aux différentes sources qui reprennent l’agence. Le communiqué de l’université de Chongqing, responsable de l’expérience,ne précise pas, d’après ce que nous en comprenons (il n’est disponible qu’en chinois pour le moment), que c’est une graine de coton qui a germé sur la Lune.

Sur les 170 clichés pris au cours de l’expérience, seul un a été rendu public. Pris le 7 janvier, il semble effectivement montrer ce qui ressemble à une feuille. Notons que c’est une image historique: c’est la première fois que l’humanité fait pousser un organisme ailleurs que sur Terre (si l’on met de côté la Station spatiale internationale dans laquelle les astronautes ont déjà cultivé – et mangé! – de nombreux végétaux). Cela démontre d’une certaine manière qu’il devrait être possible de cultiver des plantes dans un environnement contrôlé le jour où l’humanité voudra s’installer dans la Lune.

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L’université précise par ailleurs qu’un caisson témoin resté sur Terre a vu germer des graines de cotons et de colza. Ce dernier était contrôlé pour que les conditions de températures, de pression, etc, soient les mêmes que celle régnant sur la Lune. Seule la gravité devait changer entre les deux dispositifs.

Les espèces de plantes envoyées par la Chine sur la Lune.

L’université donne aussi quelques précisions sur les conditions de l’expérience. Celle-ci a démarré après l’alunissage le 3 janvier. Ce n’est qu’à ce moment que l’eau a été injectée dans les différentes expériences. Les caissons comprenaient quatre plantes différentes – des graines de colza, de coton, de pomme de terre et d’arabidopsis (une plante modèle très courante en biologie) – ainsi que des larves de drosophiles et de la levure. L’idée était de recréer une petite biosphère isolée. Les plantes devaient générer l’oxygène et la nourriture nécessaires à la levure et aux mouches, qui devaient, elles, émettre en respirant le dioxyde de carbone nécessaire aux plantes. Les levures devaient enfin décomposer les déchets tout en pouvant servir de nourriture aux drosophiles.

Les mêmes graines avaient également été plantées dans des bacs ouverts gardés dans le laboratoire, après avoir observé la même période de trois mois d’hibernation que celles envoyées dans l’espace (deux mois avant le lancement, puis un mois de voyage vers la Lune avant de se poser). Trois plantes y ont germé: coton, colza et pomme de terre.

Rien ne laisse en revanche penser que la petite biosphère envoyée vers la Lune s’est développée correctement après son long périple. L’université ne donne aucune information, à notre connaissance, sur le sort des levures et des drosophiles. Elle précise simplement que les plantes qui ont germé (sans préciser lesquelles, encore une fois) ont poursuivi leur croissance jusqu’au 12 janvier, date à laquelle l’expérience a été arrêtée. La nuit tombait en effet pour une durée de 14 jours. La sonde manquant déjà cruellement d’énergie pour se réchauffer elle-même, elle ne pouvait pas en consacrer pour maintenir en vie cette petite expérience.

Ce que l’on peut dire avec certitude aujourd’hui, c’est que tout ce que le caisson contenait de vivant est désormais congelé. Et lorsque le Soleil se lèvera dans une dizaine de jours, toute cette matière organique morte devrait se décomposer rapidement. Le caisson étant étanche, ces résidus biologiques ne devraient toutefois pas contaminer la surface lunaire.

LE JOUR OÙ LES CITOYENS ONT ATTAQUÉ L’ÉTAT FRANÇAIS SUR LE CLIMAT

C’est un succès inattendu qui va sûrement amener le gouvernement français à repenser ses ambitions climatiques. La pétition « L’Affaire du siècle », qui soutient une attaque en justice du gouvernement pour inaction climatique, réunit près de deux millions de signatures.

Cela en fait la pétition la plus signée en France. Pour l’instant, seul le ministre de la Transition écologique François de Rugy a réagi : « J’ai été agréablement surpris de ce succès (…) Il faut faire entendre la voix du climat. Sur ce sujet, le pire ennemi, c’est l’inertie« . Puis il nuance : « Ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre« .

Romain Slitine, spécialiste des innovations et des transitions économiques, sociales et politiques, maître de conférences à Sciences-Po Paris, estime que ce succès « montre que la légitimité démocratique ne peut plus se limiter aux élections. Quand vous réussissez à mobiliser deux millions de personnes autour d’une cause, vous êtes largement aussi légitime qu’un député qui peut être élu avec moins de 12 000 voix« .

En alimentaire, les Français restent classiques

A l’occasion du Sial 2018, Nielsen s’est penché sur les comportements alimentaires des Français, et aux régimes suivis par ces derniers. L’enquête révèle qu’en majorité (70% d’entre eux), les Français déclarent manger de tout, tout en essayant de manger équilibré (73%), et pour plus de la moitié d’entre eux, les repas sont toujours une occasion de partager un moment en famille ou entre amis, et ils préfèrent la cuisine familiale française.

Néanmoins la moitié des Français surveillent ce qu’ils mangent, et pour certains cette surveillance va jusqu’à prendre des mesures draconiennes en termes d’alimentation. Si les régimes existent depuis longtemps, pour des raisons médicales, (22%), allergies, diabète…, ou pour surveiller son poids (42%), de nouvelles tendances commencent à se répandre, comme les régimes ayurvédiques ou paléolithiques.

Quel est le poids de ces régimes dans la société ?

Au-delà du sans gluten, du sans lactose, des végétariens et vegans, 7% des Français suivent un régime ayurvédique, c’est-à-dire considèrent que la nourriture est un aliment/médicament pour le corps et l’esprit. 3% ne mangent que des aliments crus, et 2% ont une alimentation paléolithique, mangeant beaucoup de végétaux non transformés et de protéines, et peu voire pas de céréales, légumes secs et produits laitiers.

“Ces chiffres semblent certes petits, mais ils traduisent une peur face aux aliments transformés, et sont in fine une forme de protection face aux dangers perçus par ces foyers. Pour les industriels, les recommandations de bon sens, transparence, limitation du nombre d’ingrédients, traçabilité, origine sont la meilleure réponse aux attentes consommateurs”, commente Isabelle Kaiffer, directrice insights consommateurs chez Nielsen.

Les Français, plus bio-locaux que les allemands

L’étude a abouti à la définition d’une typologie en 7 groupes pour caractériser la relation des Français à leur alimentation. Pour le moment la photographie de la population face à la nutrition reste plutôt classique, les traditionnels et les conviviaux représentent 45% des ménages français et dominent encore les autres comportements alimentaires. Suivent les   »vite fait », adeptes du sans cuisine.

Il faut souligner que les bio-locaux, qui associent leur penchant pour les produits bio à l’achat de produits locaux, représentent déjà 1 foyer sur 6, comme les vite-fait. La surprise vient également de ces 6% de Français pour qui le bien-être animal a une influence sur leur comportement d’achat alimentaire, les amenant à consommer moins de produits carnés et charcuterie”, complète Isabelle Kaiffer

La variable temps (passé à faire les sources, à faire la cuisine) est une clé de lecture supplémentaire pour comprendre la répartition des consommateurs selon les différents groupes. Aux deux extrêmes se retrouvent les vite fait (les courses et la cuisine sont réduites au minimum) et les bio-local qui se rendent fréquemment en magasin (petits paniers, produits frais…) et passent le plus d’heures en cuisine.

Une typologie similaire a été réalisée en Allemagne : les Français s’avèrent plus souvent bio-locaux (17% des foyers) que leurs voisins (12%), un peu plus souvent tradis également (29% vs 27%). Inversement les Allemands se distinguent par une proportion plus significative d’esthètes (9% vs 5% des Français).

Les groupes en synthèse

1/ Les tradis cuisinent tous les jours et consacrent beaucoup de temps aux courses, ainsi qu’à la cuisine. Manger est très important pour eux. Ils privilégient les aliments bon marché et la quantité aux labels de qualité. Ce sont plutôt des foyers plus âgés.

 2/ Pour les vite-fait, la cuisine, l’alimentation et la nutrition sont peu importantes. Ils cuisinent rarement et le facteur temps est décisif. Ils privilégient les produits finis, achètent souvent des snacks. Ce sont plutôt des jeunes familles.

3/ Les conviviaux mangent de tout et ont une alimentation assez traditionnelle, suivent peu les tendances alimentaires. Le plus important pour eux, dans l’alimentation, c’est le goût.

Ils aiment se faire plaisir, sans se priver et sans faire attention.

Ce sont plutôt des familles, souvent en zone rurale.

4/ Les bio-locaux mangent des produits saisonniers, préfèrent les produits bio et/ou locaux, par respect pour l’environnement et pour soutenir leur région, mais aussi pour la fraîcheur, la qualité, et la traçabilité des produits.

Ce sont plutôt des couples plus âgés, et aisés.

5/ Les régimes : ces foyers suivent un régime alimentaire et font attention à certains aliments (gras, sucre, cholestérol) ou mangent des produits «sans» (sans gluten, sans sucres ajoutés…). Un comportement adopté pour des raisons de santé : ils sont malades ou en tout cas se sentent mieux en suivant ce régime.

Parfois, ils sont influencés par un proche.

6/ Suite aux récents scandales sur les risques alimentaires ou les pratiques d’élevage, les foyers ‘conscience animale’ sont sensibles à la cruauté envers les animaux. Ils limitent leur consommation de viande et sont contre l’abattage. Ce sont plutôt des mono-foyers, souvent urbains, avec animal de compagnie.

7/ Les esthètes font attention à leur alimentation, la nutrition est un sujet capital pour eux, pour se sentir mieux physiquement, surveiller leur poids, ou améliorer leurs performances physiques et mentales.

Ils sont plutôt jeunes et urbains.

22 octobre 2018

 

Une carte de France pour participer aux moissons

Une carte de France pour participer aux moissons

  • FIGARO DEMAIN – Les agriculteurs qui acceptent des visiteurs à bord de leur moissonneuse-batteuse sont recensés sur une carte. Un moyen pour les novices de mieux connaître le monde agricole et pour les exploitants de partager ce temps fort de leur métier.

Un agriculteur a créé une plateforme collaborative pour permettre aux novices de découvrir les travaux à la ferme. En pleine période de moisson en France, David Forge, exploitant céréalier en Indre et Loire, a ainsi conçu une carte interactive pour permettre aux agriculteurs qui souhaitent accueillir des visiteurs dans leurs moissonneuses de se signaler.

» À écouter dans l’Esprit d’initiative sur France inter

Dans toute la France, des agriculteurs volontaires indiquent où et quand ils vont moissonner, ils ajoutent une photo de leur machine et peuvent en préciser le modèle. S’ils le souhaitent, les paysans peuvent laisser un commentaire sur la carte pour décrire ce qu’ils proposent, «Place très confortable, aux premières loges pour voir comme la nature est magique. Une petite graine semée il y a plusieurs mois en a produit cent!», écrit ainsi un agriculteur.

L’idée de ces rencontres inattendues est de «répondre à la curiosité de tout le monde, les jeunes qui s’intéressent à l’agriculture, ceux qui aiment la mécanique ou encore les curieux qui veulent connaître le métier de près!», précise David Forge, à l’origine de cette initiative. La cabine est bien insonorisée, assure l’exploitant et devient un lieu privilégié pour les échanges et les discussions.

Briser la solitude des agriculteurs et faire découvrir leur métier

Pour les agriculteurs, c’est un moyen de briser la solitude dans laquelle leur métier peut parfois les plonger et créer un lieu d’échange privilégié. D’autant que les paysans apprécient généralement de partager leur expérience. «C’est agréable de répondre aux questions, d’éduquer, d’informer sur notre métier. La moisson est le point d’orgue du métier, c’est à ce moment où l’on voit si la récolte sera bonne ou pas et de l’expliquer à notre passager», indique le céréalier basé en Indre-et-Loire qui a déjà moissonné avec des amis à bord.

L’exploitant a eu l’idée de créer ce site après avoir vu, l’an passé, plusieurs agriculteurs proposer, sur Twitter, des places dans leur moissonneuse. Parallèlement, au moment du salon de l’agriculture, une moissonneuse était exposée et les visiteurs faisaient la queue pour pouvoir monter dans la machine qui restait pourtant immobile! L’agriculteur a ainsi voulu centraliser les offres pour permettre aux novices de vivre cette expérience grandeur nature.

Le site créé ce lundi recense déjà des dizaines de propositions d’agriculteurs. De fait, David Forge est très présent sur les réseaux sociaux et sur YouTube avec plusieurs dizaines de vidéos publiées depuis trois ans. Celui qui a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron compte en effet près de 40.000 abonnés à qui il dévoile son quotidien de paysan reconverti après avoir repris la ferme familiale. Parmi ses vidéos les plus vues (près de 200.000) figurent celles avec sa moissonneuse-batteuse.

Pour que la rencontre soit fructueuse, David Forge recommande aux visiteurs de rester au moins deux heures dans la machine, d’apporter quelques friandises et des boissons fraîches pour rendre le voyage encore plus convivial!


Le saviez-vous sur la pollution digitale ?

C’est quoi la pollution digitale ?

Et oui, vous avez bien lu, la pollution digitale, induite par nos usages numériques et les usines du 21ème siècle : les data centers !
La pollution digitale est produite par le parc informatique autant que par l’usage d’internet, nous sommes donc tous responsables. Tout cela s’aggrave d’années en années avec le nombre de personnes connectées et d’usages, en plus du cloud qui est très énergivore et de l’utilisation de la 4G qui a un impact énergétique très lourd : 20 fois plus élevé que l’ADSL.
Mon propos ici n’est pas de décrier le digital, mais de nous rendre tous plus conscients et donc plus responsables…
Quelques chiffres pour comprendre tout cela…
D’abord, savez-vous que si le digital était un pays, il serait le 7ème pays consommateur d’énergie. En France, les Data Centers consomment environ 10% de l’électricité du pays avec 2 58 944 antennes relais installées en France et dans les Dom-Tom, ce qui correspond à 45.72kg de déchets électriques et électroniques par seconde (source)
En 2020, 16% de la consommation mondiale d’électricité sera induite par le digital… l’activité numérique est responsable de 2% des émissions de CO2 de la planète
1 mail envoyé = 20 grammes de CO2 émis dans l’atmosphère et mettre en copie 10 personnes multiplie par 4 cet effet (vous pouvez aller sur ce site pour comprendre davantage !)
30 mails envoyés = une ampoule allumée toute la journée, sachant que chaque heure, 10 milliards de mails sont transmis dans le monde, imaginez le nombre d’ampoules ! En une heure, plus de 12 milliards de mails sont envoyés, représentant plus de  4 000 tonnes de pétrole…
L’organisation WWF explique que : « En termes d’émission de gaz à effet de serre, une journée de travail sur ordinateur correspondrait à 9 km de circulation en voiture », ou encore à « la consommation de 80 ampoules. »
Notre merveilleuse planète accueille 7.3 milliards d’êtres humains avec un nombre de smartphones actifs de 8.5 milliards !
La fabrication d’un ordinateur demande 100 fois son poids final en matières premières, sans compter que les outils numériques sont compliqués à recycler, surtout si on ajoute l’obsolescence programmée…
Ok, mais quoi faire ?
Voici des pistes sur 4 axes afin de mettre en place une stratégie d’écologie digitale :
  1. Les mails
  2. La recherche sur Internet
  3. Le matériel informatique
  4. Les impressions
Les mails
Les mails sont responsables de la principale forme de pollution numérique appelée la « pollution dormante » qui est en grande partie due au stockage des emails… Le stockage des données fait tourner l’équivalent de 5 centrales nucléaires dans le monde et le volume des données stockées double tous les deux ans !
  • organiser sa ou ses boites mails (vous en avez combien vous ?) et supprimer tous les messages qui ne sont pas utiles… sans oublier de vider la poubelle, sinon ça reste stocké, c’est ballot ! Et oui, il n’y a rien de plus polluant qu’une corbeille pleine ou qu’une boîte de spams pleine, car les data centers qui hébergent ces millions de données marchent à plein régime pendant ce temps-là…
  • Se désabonner facilement des newsletters qui ne vous intéressent pas ou plus
  • éviter les conversations par mail, préférer un coup de téléphone, plus rapide, plus efficace, et moins énergivore !
  • bannir autant que possible le bouton « répondre à tous » (lire l’article)
  • relire ses mails afin d’éviter le « mail de complément ».
  • Limiter les pièces jointes et les images peu utiles dans la signature
  • Vider régulièrement la corbeille de sa boîte mail ainsi que celle des spams et de la boîte d’envoi
La recherche sur Internet
Par exemple, la recherche online sur Google d’une pizza représente de 6 à 8 grammes en CO2 et 12 centilitres d’eau ! Pensez aux kilomètres de câbles parcourus pour trouver les réponses, c’est de l’énergie nucléaire, du charbon, du fuel de l’uranium…
  • fermer les onglets web dès que la recherche est terminée
  • Privilégier des moteurs de recherche écologiques et éthiques, comme Lilo qui finance des projets environnementaux et sociaux grâce aux revenus générés par la publicité, Ecosia qui plante des arbres…. (Lire le top 5 des moteurs de recherches solidaires)
  • Même sur les tablettes ou smartphone, désactiver les notifications et désactiver les applis non utilisées ou les supprimer
Le matériel informatique
En prendre soin et ne pas le changer tous les 4 matins, éteindre les box, éviter le cloud si ce n’est pas nécessaire.
60 millions de tonnes d’appareils numériques sont jetées chaque année (déchets d’équipement électriques et électroniques : D3E) pour seulement 5% recyclées, le digital contribue aussi, à sa manière, à l’épuisement des ressources, à la pollution de la terre, de l’air et des eaux.
Devenir conso-responsable grâce au « reconditionné » pour lutter en petit colibri contre l’obsolescence programmée technologique ! Économique et responsable, le reconditionnement vous permet de vous offrir des produits high-tech ayant déjà été utilisés, à des prix imbattables, des tablettes, smartphones, de l’électroménager qui a été envoyé dans un centre de recyclage, remis à neuf et vendus par des professionnels certifiés pour une seconde vie avec vous ! ;)
D’autres pister :
  • Débrancher son ordinateur à chaque fois que la batterie est entièrement chargée ou débrancher la prise pour adoucir la facture d’électricité.
  • Mettre son ordinateur, sa tablette ou son smartphone en mode avion lorsque l’on n’utilise pas internet, pour les recharger moins souvent.
  • Baisser la luminosité l’écran, c’est mieux pour la batterie… et pour les yeux
  • Éviter d’ouvrir 50 fenêtres de navigation, pour utiliser moins de puissance de ton ordinateur et ainsi sauver encore une fois la batterie.
Les impressions
Mieux vaut imprimer un document trop long à lire, à partir de 4 pages ou de 15 minutes, mieux vaut imprimer (papier recyclé recto-verso…)
Et quitte à imprimer, favoriser les polices d’écriture les plus fines, afin d’économiser l’encre !
Le mot de la fin…
Et je ne rappelle pas qu’il est préférable d’éteindre son ordinateur (comme tous les appareils électriques) plutôt que de les laisser en veille, vous pouvez d’ailleurs vous amuser à pratiquer quelques respirations conscientes en attendant qu’il s’allume tout frais et dispo le matin ?
Je ne suis pas technophobe mais utilisatrice responsable, et vous ?
source: http://rhconseilpme.blogs.com/saviezvous/

La consommation de viande en France recule depuis 10 ans

Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en dix ans, en raison d’une prise de conscience environnementale et d’une hausse des prix.

 

L’étalage d’une boucherie française, le 26 octobre 2015.

Les viandards impénitents sont-ils une espèce menacée ? Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), publiée mardi 4 septembre, la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée. Prix, impact sur la santé et considérations environnementales permettent, en partie, d’expliquer ce constat mis en lumière ces dernières années par plusieurs études.

Depuis 2007, le Crédoc mène tous les trois ans une enquête intitulée « Comportements et consommations alimentaires des Français ». En 2016, un échantillon de 1 925 adultes âgés de 15 ans et plus et de 1 164 enfants de 3 à 14 ans a été interrogé, selon une méthode immuable. « Nous demandons de renseigner tout ce qui a été mangé pendant sept jours, lors des repas et hors repas, que ce soit au domicile ou à l’extérieur », détaille Gabriel Tavoularis, directeur d’étude et de recherche au Crédoc.

Notre entretien avec Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition :   « Il n’y a pas de danger pour la santé à réduire la consommation de viande »

La charcuterie particulièrement touchée

« Le constat est sans équivoque : les Français, tous âges et catégories sociales confondus, mangent moins souvent de viande », résume M. Tavoularis. Les « produits carnés » concernés sont les viandes bovine et ovine, la volaille, le gibier ou encore la charcuterie, qu’ils soient bruts, cuisinés ou présents dans un plat transformé, comme les pizzas.

En 2007, les Français mangeaient en moyenne 153 grammes de produits carnés par jour, contre 135 grammes en 2016, soit 18 grammes de moins en dix ans.

Les Français consomment en moyenne 46 grammes de viande de boucherie par jour, soit 12 grammes de moins qu’en 2007. La consommation de charcuterie est passée en dix ans de 35 grammes par jour à 29 grammes par jour. Quant à la volaille, elle a relativement stagné, passant de 34 à 33 grammes par jour.

La consommation de viande diminue

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour.
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers2007201020132016

SOURCE : CREDOC

Si cette baisse de la consommation de produits carnés concerne toutes les catégories sociales et toutes les générations, les jeunes de 18-24 ans semblent les moins concernés par cette évolution. « On constate chez cette génération, une consommation importante de produits carnés, par le biais de plats transformés, comme les pizzas, les hamburgers, les sandwichs », rapporte le directeur d’étude du Crédoc, qui évoque des « individus pressés, qui mangent davantage à l’extérieur et prennent moins de temps pour cuisiner ». Cette hausse de la consommation de plats transformés (les « ingrédients carnés » dans les deux graphiques) est d’ailleurs constatée dans l’ensemble de la population.

Les 18-24 ans, plus grands consommateurs de produits carnés

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour, en 2016
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers18-24 ans25-34 ans35-44 ans45-54 ans55-64 ans65-74 ans75 ans et plus

18-24 ans
● Ingrédients carnés: 37 g/jour
● Charcuterie: 25 g/jour
● Volaille, gibier: 39 g/jour
● Viande de boucherie: 46 g/jour
● Produits tripiers: 2 g/jour
SOURCE : CRÉDOC

« Un marqueur social fort »

Autre constat, les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées restent plus concernées par ce changement d’habitudes alimentaires. Dans le haut de l’échelle sociale, on consommait 140 grammes de viande en moyenne par jour en 2007, contre 113 grammes aujourd’hui, soit une baisse de 19 %. C’est chez les ouvriers que les quantités de viande consommées restent les plus importantes, avec 151 grammes par jour en moyenne. Mais là encore, la baisse est sensible (de 15 %).

En dix ans, forte baisse des produits carnés chez les cadres et les ouvriers

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés par les adultes (18 ans et plus), selon la profession ou catégorie socioprofessionnelle du responsable du ménage (en gramme par jour).
0 g/jour50 g/jour100 g/jour150 g/jour200 …20072016OuvrierAgriculteur, artisan,commerçant, chefd’entrepriseEmployéProfession intermédiaireCadre, professions libérales

SOURCE : CREDOC

« La consommation de viande est un marqueur social fort. On remarque chez les ouvriers que cela reste inconcevable, encore aujourd’hui, de faire un repas sans viande », souligne M. Tavoularis. « Signe de prospérité durant les trente glorieuses », l’image de la viande a évolué au cours du siècle passé, rappelle-t-il :

« Il y a quelques décennies, les recommandations étaient de manger de la viande à chaque repas, alors que maintenant on suggère de consommer de la viande, du poisson ou des œufs une fois par jour. »

Témoignages de consommateurs de viande :   « J’en mange moins, mais mieux. »

Les considérations de santé expliqueraient, en partie, cette baisse de la consommation de produits carnés. Dès les années 1980, le consommateur a commencé à recevoir des « alertes nutritionnelles, sur le cholestérol par exemple », expliquait ainsi Pierre Combris, directeur de recherches honoraire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), sur Europe 1 en 2017.

En 2015, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait confirmé ces inquiétudes en établissant un lien entre la consommation abusive de viande rouge et certains cancers. « Ces messages sont entrés progressivement dans les consciences, avant que les modes de consommation commencent à changer, vers un modèle consistant à manger moins de viande, mais mieux », détaille le directeur de recherche.

Hausse des prix

Une raison plus prosaïque permet également de comprendre cette baisse : le prix de la viande a augmenté ces dernières années plus rapidement que l’inflation, comme le confirme un rapport de France AgriMer publié en 2015. « La viande devient peu à peu un produit de luxe, que l’on consomme avec plus de sobriété, un peu comme le vin de table bas de gamme qui a disparu au profit d’une consommation plus festive », analyse M. Tavoularis.

Le rapport du Crédoc souligne d’ailleurs que la patrie de Rabelais entretient « une bonne image de la viande ». Plus de 90 % des personnes interrogées la considèrent comme un aliment « nourrissant »« qui a du goût » et qui « fait partie des aliments qu’on a plaisir à manger ».

Notre enquête :   Se nourrir sainement quand on est pauvre

Une explication d’ordre moral explique également l’émergence de ce nouveau modèle alimentaire. Le bien-être animal, l’environnement, le coût en émission de CO2 de la production de viande constituent autant d’éléments auxquels les Français sont attentifs. « Aujourd’hui, cela fait bien de ne pas manger trop de viande, certains cadres s’en vantent, alors que c’était l’inverse il y a trente ans », rappelle le directeur de recherche.

En 2018, 35 % des Français, et 43 % des cadres, déclarent en effet avoir réduit leur consommation de viande, vers un modèle « flexitarien », selon une autre enquête du Crédoc sur les comportements alimentaires. L’étude souligne d’ailleurs que le nombre de personnes n’ayant pas consommé de viande durant une semaine, et pouvant être assimilées à des végétariens, a été multiplié par trois, passant de 0,3 % à 1 %. Signe que la consommation de viande est encore loin d’être menacée de disparition dans l’Hexagone.

Les conclusions de Terra Nova :   le règne de la viande est révolu

LE MONDE | 06.09.2018 à 06h28 • Mis à jour le 06.09.2018 à 15h12 |Par Cécile Bouanchaud

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau

 

Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas. | @BELADON

 

Une entreprise spécialisée dans les bâtiments flottants construit actuellement une ferme laitière au beau milieu du port de Rotterdam. Parfaitement autosuffisante, la structure pourra accueillir 40 vaches minimum et produire 800 litres de lait par jour. Un moyen de rapprocher producteurs et consommateurs en installant des lieux de culture et d’élevage au cœur de la ville.

Produire du lait sur l’eau ? Apparemment c’est possible, et en passe de devenir une réalité à Rotterdam (Pays-Bas). Depuis début août, une étrange structure est apparue dans le port de Merwehaven : les fondations d’une future ferme laitière flottante, la première du monde, conçue par la société Beladon.

Pensé sur trois niveaux, le bâtiment consacré à l’agriculture urbaine hébergera d’ici quelques mois 40 vaches minimum, capables de produire 800 litres de lait par jour. Cela permettra de fournir la ville en divers produits sans avoir à utiliser des moyens de transport polluants, rapporte RTL.

Autonome et écologique

La future ferme aura tout pour être autonome et fonctionner dans une logique d’économie circulaire et locale. 80 % des déchets industriels de la ville (pelouse tondue des stades, pelures de légumes des restaurants) serviront à nourrir les vaches. Une serre high-tech dans la ferme produira le reste.

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau dans AGRO fQ7BSdRc_normal

AgCrowd@AgCrowd

The world’s first « floating farm » – an offshore dairy farm opens in the Netherlands aiming to help Rotterdam produce more of its own food sustainably. What do you think?http://www.agcrowd.com.au 

 

Des panneaux solaires sur le toit permettront d’offrir une indépendance énergétique au bâtiment, le fumier des bêtes servira d’engrais et l’eau de pluie sera récupérée et réutilisée. Enfin, la ferme comprendra un atelier de transformation et conditionnement du lait en produits tels que des yaourts, des crèmes et du fromage.

L’agriculture urbaine, une nécessité

Peter van Wingerden, ingénieur chez Beladon, est à l’origine du projet. « En voyant la dévastation causée par l’ouragan Sandy, j’ai été frappé par la nécessité de produire de la nourriture le plus près possible des consommateurs », explique à la BBC celui qui vivait à New York en 2012 au moment de la catastrophe.

L’agriculture urbaine est aujourd’hui envisagée comme une nécessité absolue : en 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville, contre 55 % aujourd’hui, rappelle Futura Sciences. Rapprocher les lieux de culture des consommateurs est un enjeu économique et écologique considérable. Les Pays-Bas hébergent déjà la plus grande ferme urbaine d’Europe : 1 200 m² de concombres, tomates, aubergines et autres légumes à La Haye.

Ouest-France avec agence

A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.
Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.Photo Antoine Placer. Voix du Nord. MAXPPP
REPORTAGE

A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Par Stéphanie Maurice, correspondante à Lille — 20 août 2018 à 19:46

Vitrines brisées, faux sang jeté, graffitis… Dans la ville, plusieurs établissements ont été l’objet de dégradations commises par des partisans de la cause animale. Chez les commerçants, le ton monte, tandis que les militants se divisent sur la pertinence de ce type de vandalisme.

Les antispécistes passent à l’attaque. Des pavés ont été lancés dans des vitrines d’artisans – bouchers, poissonniers, fromagers… – principalement à Lille, mais aussi dans les Yvelines ou à Angers (Maine-et-Loire), accompagnés de slogans antispécistes, ce mouvement opposé à l’exploitation animale sous toutes ses formes, élevage compris. Le ministère de l’Intérieur s’en est ému, sur interpellation de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT). Dernier fait en date, à Lille, le 31 juillet : le monument en l’honneur des 20 000 pigeons voyageurs morts pour la France, messagers de la guerre de 14-18, a été tagué : «Stop spécisme.» Etonnement du quidam, qui voit dans cette stèle, unique dans l’Hexagone, une reconnaissance du rôle des oiseaux dans le conflit. Mais les militants y voient d’abord une exploitation animale. L’antispécisme va plus loin que le simple véganisme, qui bannit la consommation de tous les produits issus de l’exploitation animale.«Il n’y a pas une espèce supérieure aux autres. L’homme n’a pas le droit de les exploiter pour son propre intérêt, alors qu’il peut faire autrement», explique Camille Ots, Lilloise et coordinatrice du réseau national des bénévoles de L214, cette association qui, entre autres, filme les mauvais traitements dans les abattoirs et les diffuse.

Au départ, la protestation a consisté à asperger les boucheries de faux sang, où un simple nettoyage suffisait. Au cours du seul mois d’avril, sept ont été visées dans les Hauts-de-France. A la mi-mai, changement de braquet : la boucherie haut de gamme de la rue Esquermoise, au cœur du chic Vieux-Lille, retrouve ses deux vitrines explosées. Suivront un volailler, une poissonnerie, une rôtisserie et enfin une fromagerie, le 18 juillet. Juste en face du magasin de Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs du Nord. Comme une provocation. C’est en tout cas comme cela qu’il le prend. «C’est toujours le même principe : provoquer le maximum de dégâts pour causer un coût financier à l’entreprise», et la fragiliser, affirme-t-il. Selon la taille des vitrines, la facture va de 3 000 à 10 000 euros par magasin. Rigaud est catégorique : «C’est la volonté d’extrémistes, pour qui on ne doit pas exister. Mais on ne courbera pas l’échine.» Laurent Rigaud a porté plainte pour diffamation contre Camille Ots. Elle avait dit sur RCF, une radio catholique, que «casser des vitrines est un acte citoyen». Elle plaide le quiproquo, avoir en réalité voulu parler d’un acte de citoyens isolés, non encadré par une association. Et la plainte a été classée sans suite, tient-elle à préciser.

«Divisions»

Les échanges entre les deux camps sont à fleurets mouchetés, mais la situation pourrait s’envenimer. Laurent Rigaud menace de répliquer en septembre si la série de dégradations ne s’arrête pas. «Si L214 ou d’autres groupes végans ont des actions prévues à Lille, nous viendrons au contact et nous aurons nos propres outils de communication. Ils montrent des animaux en sang, eh bien, nous aurons des affiches des façades fracassées.» On note cependant que le président du syndicat des bouchers-charcutiers a légèrement modéré son propos : il y a peu, il parlait de s’en prendre aux magasins végans de la métropole lilloise. Pourtant, Rigaud n’est pas le plus réfractaire à la notion de bien-être animal : avant d’être boucher, il a été éleveur et respecte les bêtes même s’il les met à mort, ce qui est antinomique pour un antispéciste. Il se dit favorable à l’installation de caméras dans les abattoirs, à l’étourdissement obligatoire des animaux avant leur mise à mort, refuse l’élevage en batterie des poulets.

Camille Ots, de son côté, condamne les caillassages. «Ce ne sont pas les modes d’action que nous prônons. Nous menons des actions de sensibilisation du grand public, avec des stands d’information. La stratégie, c’est d’emmener toute la société avec nous, pas de nous la mettre à dos.» Elle souligne aussi que ces vitrines brisées «créent des divisions, même au sein de la communauté végane». Sur Facebook par exemple, beaucoup sont remontés contre ces actes radicaux qu’ils estiment inutiles. Camille Ots le reconnaît, elle a été «assez partagée» lors du premier commerce touché. D’un côté, se disait-elle, si cela ouvre le débat sur le spécisme… «Mais au fur et à mesure, j’ai mesuré les conséquences dans le débat interne, et à l’extérieur. Cela ne donne pas une bonne image du mouvement. Il ne faudrait pas que le grand public résume la lutte antispéciste à des personnes qui cassent des vitrines.»

Ce n’est pas l’avis de tous les militants, loin s’en faut. Agathe, organisatrice du mouvement antispéciste Anonymous for the Voiceless à Lille s’appuie sur les résultats de Google Trends, l’outil de mesure des mots les plus demandés sur le moteur de recherche. Depuis mai et le premier caillassage, la recherche «spécisme» explose, affirme-t-elle. La courbe s’envole effectivement, mais le lien avec les actes de vandalisme n’est pas prouvé.Fabian Santer, militant de L214, est «persuadé» que la multiplicationdes débats autour du spécisme «a été déclenchée par les pavés». Les deux refusent de condamner les bris de vitrines même si, disent-ils, eux-mêmes n’iront pas agir. «Ne faire que de la sensibilisation ne suffit pas, estime Agathe. Il y a de plus en plus de végans, de végétariens, mais l’offre animale reste importante, le nombre d’animaux tués ne baisse pas. Il faut d’autres types d’actions, plus directes et plus conflictuelles.» Elle souligne le contexte politique, avec le refus de l’Assemblée nationale au mois de mai d’interdire l’élevage des poules pondeuses en cage et la castration à vif des porcelets, ou le broyage des poussins. Fabian s’indigne : «Même [François] Ruffin a dit qu’il était opposé à l’élevage des poules en batterie, mais qu’il n’avait rien contre leur mort.» Il a le sentiment d’un combat inaudible : «Nous avons pourtant besoin de lois pour protéger les animaux.»

«Lâcheté»

Le terme de casseur ne convient pas à Agathe. Elle voudrait qu’on parle plutôt d’activistes antispécistes. A ses yeux, «une vitrine brisée, c’est dérisoire par rapport au degré de violence que subissent les animaux».Et le geste rendrait public la souffrance des espèces, par exemple celle des vaches laitières «invisibilisées» à qui on enlève les bébés pour fabriquer fromages, beurre et yaourts. La fromagère lilloise attaquée avoue ne pas bien comprendre : «Ils se trompent de cible. Nos petits producteurs respectent leurs animaux.» Laurent Rigaud brandit un argument qui fait mal : pourquoi viser des artisans, attentifs à la qualité, alors que 80 % de la viande est vendue en grande surface ? «C’est trop risqué pour eux, c’est de la lâcheté», tranche-t-il. De fait, cet aspect de la question met mal à l’aise les militants rencontrés. Camille Ots le reconnaît à demi-mot : «Ils ne veulent pas se faire attraper, ils sont encagoulés, avec des gants.» Fabian Santer est plus direct : «C’est dégueulasse de s’attaquer aux boucheries, elles ne sont qu’un maillon de la chaîne. Mais malheureusement c’est facile, et le symbole est fort.» Camille Ots trouve une autre explication : «Pourquoi ces commerces-là, en pleine ville ? Ils ont pignon sur rue, cela interpelle le chaland. Une grande surface, c’est réparé plus rapidement.» Elle en veut pour preuve une attaque contre le McDonald’s de la grand-place de Lille, dont personne n’a parlé : l’enseigne n’a pas communiqué, mais confirme par téléphone. Camille Ots l’a appris, affirme-t-elle, par les renseignements territoriaux, qui suivent de près ces affaires.

Pour Agathe, cibler les grandes surfaces comporterait un risque de mauvaise interprétation : «On verrait d’abord un message anticapitaliste, alors que le message est antispéciste.» Et le mouvement n’est pas fondamentalement contre l’industrie de la nourriture. Agathe : «Si les OGM peuvent empêcher l’abattage des animaux, je suis pour.» Fabian Santer sourit : «S’ils arrivaient à reproduire la viande en grande quantité en laboratoire, des tas de végans en mangeraient.» Lui estime cependant que les luttes sont liées : «On ne sortira du spécisme que si on sort du capitalisme : s’il y a une ressource animale à exploiter, celui-ci le fera.»

«Consumérisme»

On touche là un élément déterminant, source de divergences : si le refus de la souffrance animale unit ces militants, ils sont issus de sphères différentes, certains de la mouvance anarchiste et/ou écolo, d’autres pas du tout. Agathe explique : «Le véganisme a été totalement réapproprié par le capitalisme. C’est devenu du consumérisme, les steaks de soja, le shampooing végan. On ne parle plus des animaux, mais d’un idéal de pureté personnel.» Insuffisant pour ces militants politiques, qui veulent changer la loi. Agathe : «Il faut profiter de cette vitrine offerte pour parler des animaux, ce qui serait plus intelligent que de dire que ces militants sont des extrémistes qui desservent la cause dans les commentaires Facebook.» Fabian Santer abonde : «C’est la stratégie du good cop, bad cop. Les associations sont là pour rattraper le coup, et gagner en notoriété.» Mais il le reconnaît, «casser à tout va» n’est pas tenable sur le long terme : «Ils doivent penser à stopper les attaques contre ces commerces.» Sinon, la rentrée s’annonce tendue, avec des charcutiers excédés et prêts à en découdre.

Stéphanie Maurice correspondante à Lille

 

Gaspillage alimentaire : en 2030, 66 tonnes de nourriture seront jetées chaque seconde

Un tiers de la nourriture produite chaque année finit à la poubelle. Et le problème ne va faire que s’empirer, révèle une nouvelle étude. Plusieurs entreprises ont pourtant pris des initiatives efficaces pour réduire ce gaspillage. 

Chaque année, 1.600 milliards de tonnes de nourriture partent à la poubelle dans le monde, soit un tiers de tout ce qui est produit sur Terre. Quelques chiffres de la FAO suffisent à rendre compte de l’ampleur du phénomène. Songez par exemple qu’un tiers des récoltes de céréales et près de la moitié des fruits et légumes sont perdus au cours de la chaîne alimentaire. Que 35 % des poissons et fruits de mer pêchés sont rejetés à la mer ou que 20 % du lait produit est finalement jeté. Un gaspillage d’autant plus révoltant que dans le même temps, 870 millions de personnes souffrent de malnutrition et que la production jetée génère 8 % des émissions de gaz à effet de serre.

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30 % de la production de céréales, 45 % des fruits et légumes et 35 % des poissons sont perdus pour la consommation. © FAO

Hélas, le problème n’est pas prêt de s’arranger. D’après les projections du Boston Consulting Group (BCG), le volume des déchets alimentaires va continuer à s’accroître de 1,9 % par an d’ici 2030, soit 2.100 milliards de tonnes à cette échéance. Pour donner un ordre de grandeur, cela revient à 66 tonnes de nourriture jetée chaque seconde. L’Asie sera la région la plus touchée : « Au fur et à mesure que les habitants s’enrichissent, ils augmentent leur consommation et demandent des aliments plus variés, souvent non produits localement », détaille Shalini Unnikrishnan, une des auteurs de l’étude.

De la récolte au placard du consommateur, un gaspillage à tous les niveaux

Les pertes s’additionnent tout au long de la chaîne d’approvisionnement. La plus grosse source de gaspillage se situe au niveau de la production, avec par exemple des rongeurs ou parasites qui dévorent les récoltes ou des dégâts mécaniques qui abîment les fruits lors de la cueillette. Du côté de la chaîne d’approvisionnement, où 360 millions de tonnes sont perdues chaque année, le problème vient surtout du manque d’infrastructures adaptées (chaîne du froid inexistante dans de nombreux pays) ou de processus industriels qui se préoccupent davantage d’efficacité et de vitesse plutôt que de réduire les pertes. Enfin, au niveau de la commercialisation, les standards différents selon les pays et l’imposition de dates de péremption trop strictes aboutissent à des gaspillages équivalent à 110 milliards de dollars, estime le BCG.

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La majeure partie du gaspillage alimentaire intervient en aval et en amont de la chaîne alimentaire. C.D, Futura, d’après BCG

« Les consommateurs ont souvent une conception erronée des mesures à adopter », regrette Shalini Unnikrishnan. « Ils pensent par exemple que les fruits et légumes frais sont plus sains que les surgelés, alors que c’est le contraire. Les denrées fraîches perdent leurs nutriments lors du transport et augmentent le risque de gaspillage. » Autre dérive pointée du doigt : les promotions qui encouragent à acheter en grande quantité et qui conduisent le consommateur à jeter la nourriture qu’il n’a pas eu le temps de manger avant qu’elle ne s’abîme. Au total, résoudre l’ensemble des problèmes de la chaîne alimentaire permettrait d’économiser 700 milliards de dollars par an en nourriture, estime le BCG.

Les entreprises en première ligne pour la réduction du gaspillage

Si les gouvernements et les consommateurs ont un rôle à jouer, les entreprises doivent être le fer de lance de la lutte contre le gaspillage. Elles sont déjà nombreuses à avoir lancé des initiatives :

  • les grands semenciers (BASF, Bayer, Syngenta ou Monsanto) ont formé plus de trois millions de petits agriculteurs aux bonnes pratiques agricoles pour lutter contre les nuisibles et réduire les pertes lors de la récolte ;
  • avec son initiative des « fruits et légumes moches » lancée en 2014, Intermarché redonne une chance à des produits non « standards » d’être consommés ;
  • en Angleterre, Marks & Spencer vend ses fraises sous un emballage spécial absorbant l’éthylène, permettant d’allonger la durée de conservation de 50 % ;
  • à Taïwan, Carrefour a ouvert un restaurant où sont cuisinés les produits invendus de ses fournisseurs ou magasins ;
  • Sodexo et Ikea ont noué un partenariat avec la start-up LeanPath pour mesurer et analyser le gaspillage et sensibiliser le personnel dans les espaces de restauration collective ;
  • au Kenya, la fondation Rockefeller collabore avec la compagnie TechnoServe pour fournir aux petits paysans des unités de stockage de froid alimentées à l’énergie solaire pour conserver leurs fruits et légumes ;
  • le distributeur britannique Tesco recycle ses aliments périmés en nourriture pour animaux et son huile usagée en biodiesel ;
  • PepsiCo a revu son approvisionnement en fruits et légumes pour favoriser des fournisseurs de proximité et réduire les pertes dans le transport.
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Avec ses fruits et légumes moches, Intermarché donne une seconde chance aux produits mal calibrés. © Intermarché

Céline Deluzarche

Journaliste

Publié le 22/08/2018

 

Ce qu’il faut retenir
  • Un tiers de la nourriture produite est déjà jeté et cela ne va faire que s’empirer au fur et à mesure que les populations s’enrichissent.
  • Les pertes se produisent tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
  • Certaines entreprises ont mis en place des mesures astucieuses pour limiter le gaspillage.
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