Archives pour la catégorie AGRO

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie)

L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

Lancée en septembre, l’évaluation grandeur nature des logos nutritionnels simplifiés, dont les conclusions devraient être connues fin janvier, a mobilisé 40 magasins durant 10 semaines pour un budget évalué à 2 millions d’euros. Que Choisir s’est rendu en magasins afin d’évaluer cette expérimentation controversée dont l’objectif est de permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à leur santé.

AU RAYON DES CONSERVES

C’est au rayon des plats en conserve que le peu d’engagement des marques nationales dans ce test est le plus flagrant. Ainsi, seules 16 % des conserves de marque nationale étaient étiquetées. Nulle trace en effet d’un étiquetage simplifié sur les leaders du marché que sont Wiliam Saurin ou Buitoni. À l’inverse, 75 % des conserves des marques de distributeurs (MDD) affichaient un logo simplifié. Un constat d’autant plus regrettable que les marques nationales représentent plus de 60 % du chiffre d’affaires du rayon !

AU RAYON TRAITEUR FRAIS

Au rayon traiteur frais (plats cuisinés, pizzas, pâtes à tarte…), seuls 5 produits sur 10 affichent un logo simplifié. Soit 69 % des produits de marques de distributeurs et 42 % des produits de grandes marques. À l’instar du rayon des plats en conserve, la faible participation des marques nationales à l’expérimentation est d’autant plus dommageable qu’elles représentent en réalité plus de la moitié du chiffre d’affaires de ce rayon.

AU RAYON DES PÂTISSERIES INDUSTRIELLES

C’est au rayon des viennoiseries industrielles (pains au lait, madeleines, etc.) et de la panification sèche (pains de mie, pains spéciaux) que l’on trouve le plus de produits étiquetés avec en moyenne 7 produits sur 10 portant un logo simplifié en face avant. Dans le détail, les trois quarts des produits de marques de distributeurs et 4 produits de marques nationales sur 6 jouent le jeu de l’expérimentation, dont certains grands groupes du secteur tels que Harrys ou Jacquet.

PEU DE PRODUITS « DÉSÉQUILIBRÉS » AFFICHENT UN LOGO

Au cours de leurs visites, nos enquêteurs ont relevé un très faible taux d’étiquetage de produits « déséquilibrés » signalés par un E rouge sur le logo Nutri-Score et un triangle à la pointe violette sur logo Sens. Ainsi, dans le rayon des viennoiseries industrielles des magasins expérimentant ces systèmes, moins d’un produit sur 7 était étiqueté d’un E rouge et moins d’un produit sur 5 possède un triangle violet. Difficile d’évaluer si les consommateurs se détournent de ces produits au profit d’autres si l’expérimentation peine à les inclure.

visu-etiquettes-nutritionnellesLe E rouge du logo Nutri-Score et le triangle violet du logo Sens

À PROPOS DE L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie) dans -- comportements alimentaires principal-19561

Marie-Noëlle Delaby

 publié à https://www.quechoisir.org/actualite-etiquetage-nutritionnel-simplifie-infographie-l-experimentation-du-gouvernement-sous-le-feu-des-critiques-n23573/

Agroalimentaire. Pourquoi les Toblerone ont rétréci au Royaume-Uni

Chérie, j’ai rétréci le chocolat. Le nouveau format des barres Toblerone vendues au Royaume-Uni est le dernier exemple de “rétréciflation” [“shrinkflation”] dans l’industrie chocolatière, un phénomène par lequel, à prix constant, la quantité de produit diminue.

Mondelez, géant de l’agroalimentaire américain propriétaire de la marque Toblerone, impute la réduction du nombre de triangles de ses barres, fabriquées en Suisse, à l’augmentation du prix des matières premières et des coûts de production. Le fort renchérissement des ingrédients “pose problème dans l’ensemble du secteur depuis un certain temps déjà”, affirme le groupe.

Toblerone n’est en effet pas la seule chocolaterie affectée par cette rétréciflation, due à l’augmentation du prix de l’ingrédient principal, le cacao. Ces dernières

Porte-toasts ou parking à vélo ?

“Peu de friandises se distinguent autant”, par leur forme et leur packaging, que le Toblerone, constate le Financial Times. “Alors pourquoi diable cette marque, qui appartient au groupe américain Mendelez, a-t-elle décidé d’altérer la perfection [de son produit] ?”
Pour réduire ses coûts, l’industriel a en effet réduit de 10 % le poids de ses barres chocolatées au Royaume-Uni. Mais au lieu de le faire uniformément, il a considérablement élargi l’espace entre les triangles. Lorsque le mardi 8 novembre, les Britanniques ont découvert le désastre, ils se sont déchaînés sur les réseaux sociaux. D’après eux, le Toblerone ne ressemble plus à rien, si ce n’est, peut-être, à un porte-toasts ou à un parking à vélo. “L’affaire est sérieuse puisque pendant plusieurs heures, la nouvelle s’est hissée en tête du site de la BBC, devant les élections américainesnote Le TempsMercredi matin, le hashtag #tobleronegate était toujours l’un des plus suivis sur Twitter.”
Comme ce changement ne concerne que le Royaume-Uni, certains y ont vu l’un des premiers effets du Brexit. Ce qu’a démenti Mendelez, qui invoque plutôt la hausse du franc suisse, depuis 2015, explique le Financial Times. Depuis sa création en 1908 par Jean Tobler, cette friandise est en effet fabriquée à Berne.

Le groupe agroalimentaire italien Ferrero veut croquer les biscuits Delacre

Le groupe italien Ferrero aimerait acquérir les biscuits Delacre.
Le groupe italien Ferrero aimerait acquérir les biscuits Delacre.

afp.com/GIUSEPPE CACACE

Ferrero, connu pour son célèbre Nutella, a fait une offre pour acquérir les biscuits Delacre. Selon certaines sources, l’objectif est de boucler cette acquisition d’ici la fin de l’année.

Le groupe italien agroalimentaire Ferrero a fait une offre pour acquérir les biscuits Delacre, a indiqué un porte-parole du groupe ce samedi, confirmant des informations de presse. Delacre, qui fête cette année ses 125 ans d’existence, possède notamment une usine à Nieppe, dans le nord de la France.

« Il y a bien eu une offre, la procédure est en cours », a indiqué un porte-parole de Ferrero France, qui n’était pas en mesure de donner une échéance précise pour le bouclage de cette opération. Selon Reuters, le groupe aurait en réalité l’intention de clore cette acquisition d’ici la mi-décembre, l’offre ayant été présentée fin juillet.

Conquérir le marché nord-américain

Le fabricant des Ferrero Rocher, des oeufs Kinder et de la pâte à tartiner Nutella mettrait ainsi la main sur les Cigarettes russes, Délichoc et autres Sprits. En achetant Delacre – qui fait partie du groupe United Biscuits, racheté fin 2014 par le conglomérat turc Yildiz – le groupe pourrait croquer aussi une plus grande part du marché nord-américain, et ce juste avant Noël, souligne Les Echos.

Ce serait aussi l’occasion pour le groupe de se positionner sur les produits haut-de-gamme et réduire sa dépendance aux produits à base de chocolat, parmi lesquels le célèbre Nutella, composé en partie de cacao.

Plus globalement, l’épisode témoigne de l’agitation qui règne actuellement dans le secteur du biscuiterie. Ces dernières semaines, des rumeurs bruissaient de l’intention de la maison mère de Delacre de mettre en vente la biscuiterie nantaise et ses fameux Choco BN.

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 26/11/2016 à 18:36 , mis à jour à 18:39

L’agroalimentaire français à l’heure des protéines végétales

Start-ups et grands groupes, comme Fleury Michon et Herta, se lancent tour à tour sur le marché en plein boom des aliments à base de protéines végétales. Une tendance pleinement visible au Salon international de l’alimentation (Sial).

[Sial 2016] L’agroalimentaire français à l’heure des protéines végétales

Steaks et boulettes à base de légumineuses bios de la marque Le Boucher Vert

 Ils poussent partout cette année dans les allées du Salon international de l’alimentation (Sial), qui se tient à Paris-Nord Villepinte jusqu’au 20 octobre. Phénomène de mode ou répondant à de réels besoins nutritionnels, les aliments à base de protéines végétales ont le vent en poupe. Cette année, le Sial d’or de l’innovation, la récompense suprême du salon, a été remis à la start-up lyonnaise Ici & Là pour ses steaks et boulettes de légumineuses bios à la marque Le Boucher Vert. « Jusqu’ici les alternatives aux steaks de viande étaient à base de légumes, de soja ou de tofu, mais pas avec des légumineuses (ndlr : légumes secs riches en protéines), comme les lentilles, les pois chiches ou les flageolets », explique Benoît Plisson, l’un des deux fondateurs de la start-up Ici & Là, qui rappelle que « les légumineuses sont une source de fibres, de vitamines et de minéraux ». Destinés d’abord à la restauration hors domicile, les produits Le Boucher Vert viennent d’arriver dans les magasins bios du réseau Biocoop. « L’originalité de notre démarche tient aussi à notre production. Nous utilisons des légumineuses bios et cultivées exclusivement en France et faisons appel à un partenaire industriel rhônalpin« , ajoute le dirigeant. La start-up née il y a deux ans a choisi de posséder ses propres outils de transformation et conditionnement, mais de les installer au sein de l’usine Boiron Surgélation (groupe Clément Fauger) et de former ses salariés.

Fleury Michon et Herta à l’assaut des protéines végétales

Les grands groupes de l’agroalimentaire partent également à l’assaut de ce nouveau marché qui attire une nouvelle catégorie de consommateurs : les flexitariens, ces personnes qui réduisent leur consommation de viande au profit de protéines végétales. Fleury Michon et Herta (groupe Nestlé) s’engouffrent elles-aussi sur ce nouveau créneau. Une petite révolution pour ces spécialistes de la charcuterie et des produits traiteurs ! « Les flexitariens représentent déjà 25 % de la population française. Notre marque est légitime pour accompagner les consommateurs dans une transition vers une alimentation plus variée », estime Patrick Le Rüe, directeur marketing charcuterie de Fleury Michon. Six références de steaks, pavés, émincés ou encore de falafels à base de fèves, pois chiche, ou maïs ont fait leur apparition depuis quelques jours dans les linéaires, avec une gamme intitulée « Coté végétal ». En janvier, ils seront suivis par quatre plats cuisinés à base de protéines végétales. Tous ces produits seront fabriqués dans les usines vendéennes du groupe.

Un marché en plein essor

Quelques semaines plus tôt, le concurrent Herta avait également lancé une gamme baptisée « Le Bon Végétal » composée d’escalopes au soja et blé, de pavés épinards et fromage et de carrés tomates et mozzarella. Aux côtés des initiatives des deux grands de la charcuterie, des acteurs plus petits se lancent également sur ce marché des produits à base de protéines végétales, qui a progressé de plus de 65 % depuis le début de l’année. Le groupe laitier Triballat-Noyal propose un dessert frais et une boisson à base de graines de chanvre, tandis que la PME auvergnate Sabarot lance des boudins prêts à trancher à base de quinoa ou de polenta. Le breton Guyader lancera de son côté prochainement une gamme « Guyader nature », composée de cakes, soupes et plats cuisinés à base de légumineuses et céréales mais aussi d’algues. Cet engouement pour les protéines végétales aura le mérite de dynamiser l’innovation agroalimentaire et susciter des vocations.  »C’est le développement de l’offre des marques qui va faire la croissance de ce marché », assure Patrick Le Rüe de Fleury Michon. Cela semble bien parti, pour quelques temps en tous cas.

Adrien Cahuzac

Nouvelle mesure d’étiquetage des produits laitiers, bonne idée ou poudre aux yeux ?

À partir du 1er janvier 2017, une mesure d’étiquetage du lait et des produits dérivés comme le fromage et les yaourts sera testée pendant deux ans. Lancée avec l’accord de Bruxelles et du Conseil d’État, cette mesure oblige les industriels à préciser l’origine du lait utilisé dans leurs produits. À qui profite cette mesure, et quels en sont les buts avoués et cachés ?

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La provenance du lait, un argument de vente ?

Une mesure de protection des consommateurs

Dans le communiqué annonçant la validation du Conseil d’État, Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll s’est félicité de cette mesure « qui permettra aux citoyens de bénéficier d’une meilleure information ». Effectivement, les consommateurs peuvent être désireux d’acheter des produits locaux, pour limiter le transport des marchandises et la pollution, favoriser l’économie locale et les éleveurs français, et bénéficier de la qualité que l’on peut attendre des produits des fermes françaises.

Une mesure de protection des agriculteurs

La mesure sert surtout à soutenir les producteurs. Les industriels auront tout intérêt à s’approvisionner en France et à utiliser la provenance française de leurs produits laitiers comme argument de vente. N’achèteriez-vous pas un produit estampillé « Lait conditionné et collecté en France » plutôt qu’un autre ? Mais Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières (FNIL), estime que cet étiquetage est contraire au principe de libre-échange dans l’Union européenne. Il affirme que la France n’a pas besoin de cette mesure protectionniste, car le pays exporte 40% de sa production. Pourtant, les importations sont en augmentation constante ces dernières années, motivées par des prix plus bas chez les producteurs voisins.

Une mesure favorablement accueillie

Les consommateurs sont en demande de transparence. De leur côté, les producteurs laitiers ne cessent de dénoncer une pression tarifaire des grandes industries laitières. Selon eux, le prix négocié par Lactalis avec les producteurs ne permet même pas de couvrir les coûts de production. Ils ont donc procédé à leur propre campagne d’étiquetage. Le 29 juillet, on pouvait lire sur les bouteilles de lait Lactalis de la Sarthe : « Ce produit laitier ruine les éleveurs » ou « Ce produit laitier crée du chômage ». Mais selon Lactalis, le vrai problème est la surproduction laitière en Europe, malgré la forte demande chinoise. Le problème n’est donc pas résolu, mais gageons que cette mesure renforcera les liens entre producteurs locaux et consommateurs français.

Trucs et astuces

La mesure adoptée prévoit également un étiquetage indiquant l’origine de la viande sur les produits transformés. N’oubliez pas vos lunettes au moment de faire les courses, il risque d’y avoir de la lecture !

Boursorama avec Pratique.fr le 09/08/2016 à 12:15

Alimentation : un étiquetage pour les plats préparés dès 2017 ?

Stéphane Le Foll a annoncé que le projet de traçabilité de la viande dans les plats cuisinés était bien en marche. Le ministre de l’Agriculture a en effet déposé un projet de décret au Conseil d’État…

Alimentation : un étiquetage pour les plats préparés dès 2017 ?

(Boursier.com) — Les Français pourraient bientôt savoir d’où vient le boeuf de leur plat cuisiné… Un projet de décret visant à rendre l’étiquetage de l’origine des viandes obligatoire, lorsqu’elles sont présentes comme ingrédients dans les plats préparés, a en effet été déposé auprès du Conseil d’Etat. Dans le communiqué du ministère de l’Agriculture, il est indiqué que le projet devrait également concerner le lait, utilisé comme ingrédient dans les produits laitiers.

Le Conseil d’État a deux mois pour donner son avis. S’il est positif, le dispositif pourrait ainsi « entrer en vigueur au 1er janvier 2017 pour une période de 2 ans », annonce le ministère de l’Agriculture. Le 11 mars dernier,Stéphane Le Foll avait déjà saisi la Commission européenne d’un projet de décret prévoyant l’étiquetage de ces produits.

La Commission européenne a donné son feu vert

Le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs indiqué avoir reçu l’aval du commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire en mars 2016. Vytenis Andriukaïtis a affirmé dans une lettre adressée aux autorités français que « rien ne s’opposait au lancement d’une expérimentation telle que proposée par la France ».

Dès cet été, une concertation est prévue pour définir « les modalités précises de mise en oeuvre de ces règles d’étiquetage, avec l’ensemble de la filière et les associations de défense des consommateurs », indique le ministère dans le communiqué.

Selon les informations d »Europe 1, le décret ferait référence à la présence d’au moins 50% de viandes ou de lait dans le plat concerné. Concernant la viande, le décret rendra obligatoire la précision d’origine, au « pays de naissance, d’engraissement et d’abattage » de l’animal. Pour le lait, il faudra indiquer « le pays de collecte, de conditionnement et de transformation ».

Un étiquetage demandé depuis quelques années

Alors que cela se fait déjà pour la viande fraîche, l’étiquetage des produits transformés dans les plats cuisinés est réclamé depuis plusieurs années, aussi bien par les associations de consommateurs que par les éleveurs français. La demande s’est endurcie depuis le scandale sanitaire des lasagnes à la viande de cheval qui avait éclaté en 2013. Au moins six pays avaient alors affirmé avoir trouvé du cheval dans des lasagnes surgelées : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la Suède et la Norvège.

Selon une enquête publiée en février par « Familles rurales », 41% de Français ne se sentaient pas mieux informés sur l’origine de la viande, après la crise des « lasagnes au cheval ». Pour les plats préparés qu’ils consomment plus particulièrement, 91% des sondés ne savaient d’où elle provient…

Estelle Nguyen — ©2016, Boursier.com

Publié le 6/7/2016 à http://www.boursier.com/actualites/economie/alimentation-un-etiquetage-pour-les-plats-prepares-des-2017-32159.html?fil17

 

 

BREXIT : QUEL IMPACT POUR LE SECTEUR AGROALIMENTAIRE ?

Alors que les britanniques se sont prononcés hier, par la voie du référendum, en faveur de la sortie de leur pays de l’Union européenne (UE), les conséquences d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne apparaissent de prime abord négatives pour la France, et plus incertaines à moyen-terme dans leurs éventuels bienfaits.

Les conséquences économiques sont donc très difficiles à évaluer. En effet, les modalités d’une éventuelle sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni demeurent à ce jour indéterminées

Toutefois, l’idée que le « Brexit » aurait d’importantes conséquences économiques et budgétaires, aussi bien pour le Royaume-Uni que pour les autres Etats européens, fait aujourd’hui consensus.

Malgré la grande incertitude liée aux conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, dans l’agroalimentaire, les secteurs qui pourraient être les plus impactés sont naturellement ceux qui contribuent le plus significativement au solde commercial français : vins et produits laitiers notamment.

Dans l’agroalimentaire, les secteurs les plus touchés seraient notamment le vin et les produits laitiers, qui contribuent très nettement au solde commercial français.

Chiffres clés :

  • Total des exportations agroalimentaires françaises en 2015 : 44,3 Md€
  • 66 % des exportations agroalimentaires sont à destination de l’Union européenne
  • 14% des exportations agroalimentaires françaises sont à destination du Royaume-Uni
  • Solde commercial agroalimentaire français : 8,1 Md€ en 2015 ; déficit de -3,6 Md€ hors boissons

 

Le secteur agroalimentaire pourrait être impacté, par la conjonction de plusieurs facteurs :

 

  •  Le secteur agroalimentaire français demeure très fortement internationalisé, avec des performances commerciales concentrées sur un nombre limité de secteurs ;

Il exporte en 2015 44,3 Md€ (21 % de son CA est exporté), ce qui le classe comme 4e secteur exportateur mondial. L’essentiel de ces exportations est à destination des pays européens (autour de 66 % des exportations agroalimentaires).  (Sources Insee, Douanes).

Le solde commercial, largement excédentaire du secteur (8,1 Md€) repose sur un nombre très limité de secteurs (boissons, produits laitiers et glaces) qui sont très largement importés par le Royaume-Uni (chiffre). Hors boissons, le solde commercial français demeure négatif (-3,6 Md€), depuis 2007.

 

  • Le Royaume –Uni reste un partenaire commercial important 

Au global (tous secteurs confondus), le Royaume-Uni (629 milliards de dollars) est le quatrième importateur mondial après les Etats-Unis (2306 milliards), la Chine (1680 milliards) et l’Allemagne (1056 milliards). C’est le premier insulaire, devant le Japon en 2015.

Sur 456 milliards d’euros exportés, le Royaume-Uni est le cinquième partenaire français à l’export,  et représente 7% de ses exportations en valeur. Les exportations au Royaume-Uni représentent 31,775 milliards d’euros en 2015, dont 4,539 milliards pour l’agroalimentaire (soit 14% en valeur en 2015).

 

  • D’éventuelles incidences économiques négatives à ne pas écarter 

Le secteur agroalimentaire serait impacté, dans des proportions difficilement quantifiables. Depuis la fin de l’année, l’OCDE a noté un net recul du change de la livre sterling par rapport au dollar et à l’euro, les enquêtes auprès des directeurs d’affaires des entreprises britanniques indiquent une forte incertitude concernant les conditions économiques.

Dans ce contexte, les exportations agroalimentaires britanniques reculent de près de 5 % sur un an, sur les 4 premiers mois de l’année 2016, alors qu’elles progressaient encore en 2015. (Source Douanes)

 

  • A moyen terme, le « Brexit » pourrait entraîner une limitation des échanges commerciaux :

Via le rétablissement de droits de douanes sur les flux britanico-européens ou de la perte du bénéfice associé à l’existence d’une union douanière. Ces droits de douanes peuvent être particulièrement élevés s’agissant des biens alimentaires

Par l’apparition de barrières « non-tarifaires » : dans ce cadre, les coûts administratifs peuvent représenter près de 25 % de la valeur des biens échangés. (Source OCDE)

 

  • Les secteurs les plus touchés seraient surtout le vin, les produits laitiers, qui portent les performances agroalimentaires françaises à l’export

Dans les exportations françaises (globales) à destination du Royaume-Uni, figurent notamment :

  • le vin pour 5,7%
  • les produits laitiers pour 2% (fromage et beurre)
  • viennoiseries, produits issus de boulangerie et de céréales pour 1,6%

Il convient surtout de noter que l’impact du Brexit sur les exportations françaises dépendent beaucoup des conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et d’éventuels accords à venir.

Read more at https://presse.ania.net/actualites/brexit-quel-impact-pour-le-secteur-agroalimentaire-4eff-53c7f.html#SzUxfwfaJH8JkqMF.99

 

Des nanoparticules dans nos assiettes

 

Nanoparticules.

A notre insu, les nanoparticules ont envahi notre environnement quotidien. Présentes dans de multiples produits de consommation courante – crèmes solaires, textiles, articles de sport, carburants, pneus, appareils électroménagers, panneaux solaires, ciments, peintures, vernis, équipements médicaux… –, elles se sont aussi introduites, subrepticement, dans nos assiettes.

Cela, sans que le consommateur en soit averti par un étiquetage spécifique, pourtant requis par la réglementation européenne. Et, surtout, sans qu’il se doute des dangers potentiels de ces substances. C’est ce que révèle une enquête de l’association Agir pour l’environnement, rendue publique mercredi 15 juin.

L’association a fait analyser, par le très officiel Laboratoire national de métrologie et d’essais, rattaché au ministère de l’industrie, quatre produits des plus ordinaires : des biscuits chocolatés de la marque Lu, des chewing-gums Malabar, une conserve de blanquette de veau commercialisée par William-Saurin et un mélange d’épices pour guacamole vendu sous la marque Carrefour.

Résultat des tests : tous contiennent des nanoparticules, de dioxyde de titane (TiO2) pour les trois premiers échantillons, et de dioxyde de silicium (SiO2) pour le quatrième. Des adjuvants utilisés par les industriels pour blanchir les aliments ou modifier la teinte de leurs colorants, dans le cas du premier ingrédient, et pour fixer l’humidité et empêcherl’agglomération des poudres, dans le cas du second.

Aucun étiquetage pour avertir le consommateur

Cette « cuisine nanoparticulaire » n’est pas une pratique neuve. On savait déjà que l’industrie agroalimentaire agrémente certaines de ses recettes d’une pincée de nano-éléments pour en améliorer l’aspect, la saveur, la texture ou la conservation. Mais, dénonce Agir pour l’environnement, l’ajout de ces composants à notre menu pose deux problèmes, l’un réglementaire, l’autre sanitaire.

D’après les investigations menées par l’association dans les rayons des supermarchés français, aucun produit n’est aujourd’hui étiqueté comme contenant des nanoparticules. A fortiori, aucun des quatre soumis à l’analyse.

Or, depuis décembre 2014, la réglementation européenne exige la mention « nano » sur les denrées alimentaires qui en recèlent. Une obligation dont la mise en œuvre a été retardée, mais qui aurait dû entrer en vigueur en décembre 2015, en vertu du règlement sur les « nouveaux aliments ».

Doivent ainsi être signalés à l’acheteur les produits dans lesquels sont incorporés des nanomatériaux « présentant une ou plusieurs dimensions de l’ordre de 100 nanomètres[milliardièmes de mètres] ou moins », mais aussi « des agrégats qui peuvent avoir une taille supérieure (…) mais qui conservent des propriétés typiques de la nano-échelle ».

Toxicité encore mal connue

Généralement retenu dans les règlements sur les nanomatériaux, le seuil de 100 nanomètres n’a en réalité pas de fondement scientifique absolu. En tout état de cause, il est franchi dans les quatre échantillons expertisés.

Tous contiennent des nanoparticules dont la taille est inférieure à 100 nanomètres, dans des proportions variables : 2,5 % du total des particules pour les chewing-gums, 12 % pour les biscuits chocolatés, 16 % pour la blanquette de veau et… 100 % pour le mélange d’épices. Tous auraient donc dû être étiquetés. Même si les nanoparticules ne se retrouvent dans ces denrées qu’à l’état de traces, de l’ordre du millième, voire du cent millième du produit fini.

Surtout, la toxicité des nanomatériaux, pour la santé et pour l’environnement, est encore très mal connue. Leurs dimensions lilliputiennes – un nanomètre est environ 50 000 fois plus fin qu’un cheveu – leur confèrent des propriétés physiques, chimiques ou biologiques hors du commun, qu’il s’agisse de résistance, d’élasticité, de conductivité ou de réactivité.

Mais, en raison de cette très petite taille, ils peuvent pénétrer dans les poumons ou dans le sang, par inhalation ou par ingestion, et franchir les barrières physiologiques protégeant l’organisme : barrière cutanée, alvéolo-capillaire (isolant les alvéoles pulmonaires des vaisseaux sanguins), hémato-encéphalique (protégeant le cerveau des agents pathogènes du sang), placentaire (séparant les circulations sanguines de la mère et du fœtus)…

« Dans dix ans, il sera trop tard »

Dans un avis rendu en mai 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu que certains de ces matériaux microscopiques sont « toxiques pour l’homme ». Elle a donc appelé à « mettre en place un encadrement réglementaire européen renforcé » et à « peser l’utilité » de leur mise sur le marché.

« Nous ne disons pas que tous les nanomatériaux sont dangereux, précisait alors Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques. Les incertitudes restent grandes et les recherches doivent être poursuivies. Mais il existe suffisamment de données scientifiques pour pointer les risques de certains d’entre eux. Dans dix ans, il sera trop tard pour seposer la question de leur encadrement. »

Lire aussi : Les nanomatériaux, ennemis invisibles et omniprésents

Toute la difficulté vient de ce que les nanomatériaux passent encore à travers les mailles du filet sanitaire européen. En effet, le système d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation Reach ne s’applique qu’aux productions chimiques de plus d’une tonne par an. Sa révision a été demandée par plusieurs pays, mais elle tarde à se concrétiser.

Appel à un « moratoire »

Pourtant, dès 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le dioxyde de titane (TiO2 ), même sous forme non nanométrique, comme « cancérigène possible » pour l’homme lorsqu’il est inhalé. Et voilà quelques jours, l’Anses a mis en consultation publique une proposition, soumise à l’Agence européenne des produits chimiques, de classer le TiO2 comme substance cancérogène par inhalation « présumée ».

Face à ces risques, même potentiels, Agir pour l’environnement appelle, en vertu du principe de précaution, à un « moratoire » sur l’incorporation de nanoparticules dans l’alimentation.

« Nous avons fait analyser quatre produits, mais bien d’autres sont probablement concernés. Il est inadmissible qu’on y trouve des nanoparticules non évaluées et non étiquetées,proteste Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes de l’association. Les pouvoirs publics doivent protéger les consommateurs, particulièrement les publics vulnérables, comme les enfants et les femmes enceintes. »

Membre de l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies et rédactrice du site Internet VeilleNanos, Mathilde Detcheverry« espère que cette enquête, inédite en France, va inciter les associations de consommateurs à mener d’autres tests ». Et pousser les industriels comme les pouvoirs publics à instaurer « une transparence » sur le contenu de nos assiettes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/06/15/des-nanoparticules-dans-nos-assiettes_4950584_3244.html#iSiyXe8yaWqIqOGj.99

LE MONDE | 15.06.2016 à 06h38 • Mis à jour le 15.06.2016 à 15h20 | Par Pierre Le Hir

  Pierre Le Hir

Journaliste au Monde

image: http://s1.lemde.fr/image/2014/03/27/24×24/1100511786_4_bf67_13959224495644-lehir-pierre-planete-20131127-084_c496bcdb52e4f7588a00e3247d0f6399.jpg

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Des logos nutritionnels sur les aliments testés dès septembre 2016

À partir de septembre 2016, des logos nutritionnels vont faire leur apparition dans les rayons de certains supermarchés. Visant à renseigner les consommateurs sur l’apport nutritionnel des produits alimentaires, quatre systèmes graphiques seront à l’étude avant le lancement mi-2017.

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Des logos nutritionnels sur les aliments testés dès septembre 2016

Le 14 mai 2016

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Le mardi 10 mai dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé que quatre logos résumant leurs scores nutritionnels, seraient testés sur les produits alimentaires, un dispositif prévu dans la loi de modernisation du système de santé, dans le but de permettre aux consommateurs de savoir ce qu’ils mangent. Ces logos seront évalués dans 50 supermarchés en France, et ce, dès le mois de septembre.

Quatre visuels en test pour l’étiquetage des produits alimentaires

Plusieurs solutions graphiques ont été proposées, suivant les deux approches existantes aujourd’hui : l’approche analytique, qui présente les principaux composants du produit et les quantifie, et l’approche synthétique, fondée sur un code couleur.

En septembre 2016, quatre systèmes seront mis sur pied par les divers acteurs de la concertation. Deux seront synthétiques : Nutri-Score et SENS, et les deux autres : Nutri-Repère et Traffic Lights, analytiques. Selon le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, un test préalable des logos nutritionnels permettra de « déterminer avec précision quel système est le plus efficace sur les comportements d’achat ».

Nutri-Score

Un système à couleurs répartissant les produits en cinq catégories, élaborées sur la base d’un score caractérisant la qualité nutritionnelle du produit à partir des teneurs en nutriments majeurs. Les cinq couleurs apparaissent systématiquement sur l’emballage, avec une loupe.

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© Ministère des Affaires sociales et de la Santé

SENS

Un système à quatre couleurs comportant une indication sur la fréquence de consommation. Il est construit à partir d’une classification réalisée sur la base de la teneur en nutriments majeurs du produit. Les articles afficheront l’un des quatre visuels, dont voici deux exemples :

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© Ministère des Affaires sociales et de la Santé

Nutri-Repère

Ce système améliore le système déjà existant, les « RNJ » (Repères Nutritionnels Journaliers), et permet de visualiser en pourcentage et valeur absolue, la contribution d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel.

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© Ministère des Affaires sociales et de la Santé

Traffic Lights

Ce système, mis en oeuvre au Royaume-Uni depuis plusieurs années, est fondé sur une échelle de trois couleurs fournissant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion de l’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, sucre, sel, matières grasses et acides gras saturés.

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© Ministère des Affaires sociales et de la Santé

L’objectif final de cette initiative est de déterminer quel système est le plus efficace sur les comportements d’achat, sur la base d’un protocole de recherche établi par un comité scientifique indépendant.

Les résultats devront être communiqués en décembre 2016, et c’est sur cette base que l’un ou l’autre des systèmes d’information nutritionnelle sera recommandé par les pouvoirs publics, ainsi que le prévoit la loi de modernisation du système de santé. La mise en place sur les emballages par les producteurs d’aliments devrait débuter au cours du premier semestre 2017.

En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/logos-nutritionnels-aliments-septembre-2016-cg#ksFAdAJwr18ejbOO.99

Rédigé par Hugo Quinton

Que représente le marché du halal en France ?

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Rayonnage halal dans un supermarché d’Illzach (Haut-Rhin). SEBASTIEN BOZON / AFP

« Le goût de l’Orient » chez Auchan, « Toutes les saveurs du ramadan » chez Carrefour, « Spécial Orient » chez Intermarché… Les enseignes de la grande distribution sortent leurs décors des mille et une nuits et profitent du ramadan, qui a commencé lundi 6 juin, pour mettre en avant des produits destinés spécifiquement aux musulmans, et en particulier des aliments estampillés « halal ».

1. Qu’est-ce que le halal ?

Dans la religion musulmane, halal correspond à tout ce qui est licite, permis par opposition au haram, qui est prohibé ou impur. Parmi les interdits majeurs de la religion musulmane figurent la consommation d’alcool, de drogue et de porc sous toutes ses formes, ainsi que « le sang, la bête morte ou celle sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu » (sourate 5 du Coran). Le halal est beaucoup moins restrictif que le casher de la religion juive, qui implique d’autres interdits : crustacés et poissons sans écailles, contact entre lait et viande…

En théorie, donc, le Coran peut accepter comme licite la viande abattue par des « gens du Livre », c’est-à-dire les chrétiens et les juifs. Dans la pratique, les viandes abattues selon le rite casher (en particulier les parties postérieures des ovins, non consommées par les juifs pratiquants) sont considérées comme halal. Selon le rituel musulman (la dhabila), pour être halal, un animal doit être tourné vers la Mecque, égorgé et saigné vivant par un musulman. Cette pratique est réalisée dans des conditions particulières (immobilisation de la bête), par dérogation à la législation française qui préconise l’étourdissement.

S’appliquant à la viande, le halal s’étend ensuite logiquement aux produits élaborés : charcuterie, surgelés, plats préparés, sauces… mais aussi les bonbons, qui ne doivent pas contenir de gélatine de porc.

Le terme halal a ensuite été utilisé pour toutes sortes d’activités : la « finance halal » définit le système de finance islamique qui proscrit la notion d’usure ; le « tourisme halal » garantit aux voyageurs l’absence de nourriture ou de comportement illicite ; la « cosmétique halal » ne contient pas d’alcool… « On pourrait aussi imaginer de l’immobilier halal, avec par exemple un espace de prière orienté vers la Mecque, des alarmes pour les heures de prière, des espaces d’ablution séparés hommes-femmes », explique Mai Lam Nguyen-Conan, consultante en marketing, qui a écrit Le Marché de l’ethnique, un modèle d’intégration ? (Michalon, 2011). Toutefois, hors de l’alimentaire, le marché du halal reste extrêmement marginal en France.

2. Qui consomme des produits halal ?

Tout le monde peut acheter de la nourriture halal mais les clients « cibles » sont bien évidemment les musulmans. Problème : dans un pays où les statistiques ethniques sont interdites, difficile de savoir s’ils sont plutôt 2,1 millions de pratiquants, selon l’enquête trajectoires et origines de l’INED et l’Insee, ou 4 à 5 millions, voire davantage si on inclut toutes les personnes de culture musulmane. La France compte une importante immigration maghrébine, mais aussi de nombreux musulmans originaires d’Afriquesubsaharienne, de Turquie ou d’Asie.

Lire aussi :   Quel est le poids de l’islam en France ?

Selon un sondage de l’IFOP de 2010, 59 % des musulmans interrogés affirmaient consommer systématiquement de la viande halal, et 28 % occasionnellement. Les pratiquants sont 91 % à consommer halal, mais même les non-pratiquants le font à 44 %.

L’agence de marketing ethnique Solis précise dans son étude Horizons Shoppers 2015 que les consommateurs plébiscitent le halal pour la viande (86 %), les bouillons en cube (43 %), les sauces tomate de type bolognaise (29 %), les plats cuisinés (24 %), les soupes (22 %) et les petits pots pour bébé (8 %)… On trouve même du foie gras halal.

3. Comment sont certifiés les produits halal ?

Comme l’explique l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler dans Comprendre le halal (Edipro, 2010), le marché halal a été inventé par les pays occidentaux, dans les années 1970-1980. Afin d’exporter leurs carcasses dans les pays musulmans, les producteurs de viande (comme le volailler Doux, par exemple) les ont abattues selon le rite halal. Il s’agissait alors d’un marché de « dégagement » pour des produits de faible qualité ou en surproduction. La demande a ensuite émergé en France par le biais des populations immigrées.

Pour simplifier et rentabiliser la chaîne de production, les abattoirs préfèrent abattre de manière rituelle des lots entiers de viande, même si seule une partie sera commercialisée sous l’appellation halal. Au total, 26 % des bêtes en France étaient abattues (en particulier les ovins) selon le rite musulman en 2011, selon le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Au grand dam des protecteurs des animaux, qui réclament l’obligation de l’étourdissement avant la mise à mort, et de l’extrême droite qui y a trouvé matière à polémique en 2012. L’encadrement des abattages rituels a été renforcé par un décret fin 2011.

Après la création du premier certificateur, AVS, en 1991, des dizaines d’organismes ont émergé dans les années 2000. Les plus importants sont liés aux trois grandes mosquées de ParisLyon et Evry. Toutefois, les mosquées n’interviennent directement que pour délivrer des habilitations aux sacrificateurs. Mais les organismes certificateurs eux-mêmes divergent sur les méthodes de contrôle et les pratiques (par exemple, l’autorisation ou non d’un étourdissement préalable). Des polémiques éclatent régulièrement.

En 2011, le groupe Herta avait été accusé de vendre des Knackis halal contenant de l’ADN de porc. Bien qu’un second test ait blanchi le fabricant et son certificateur, le produit a été retiré du marché. D’autre part, le magazine Capital qui vient de faire tester 42 échantillons de viande halal a décelé trois produits contenant du porc.

De nombreux acteurs appellent donc à créer un cahier des charges ou un label unique, comme on en trouve pour les produits « bio » ou les « AOP ».

4. Un marché de 5,5 milliards d’euros ?

En l’absence d’une filière unique, il est très difficile d’évaluer le chiffre d’affaires du halal en France. Ainsi, les abattoirs ne connaissent pas la proportion de viande abattue selon le rituel qui sera réellement commercialisée comme halal. Par ailleurs, l’essentiel des ventes se fait via les boucheries musulmanes et les épiceries de quartier, petites structures indépendantes dont la comptabilité n’est pas centralisée.

L’étude la plus reprise dans les médias a été réalisée par le cabinet Solis, spécialisé dans le marketing « identitaire » à partir de questionnaires déclaratifs. Basée sur l’hypothèse de 5 millions de musulmans en France, elle conclut que le marché s’établissait à 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 4,5 milliards en produits alimentaires et 1 milliard en restauration hors domicile (kebab, fast-food, pizzeria).

« Ce n’est pas une étude exhaustive, mais une estimation, précise Abbas Bendali, directeur de Solis. Les musulmans sont jeunes, actifs et surconsommateurs de viande, surtout lors d’événement comme l’Aïd, les naissances, les mariages… Ils achètent à 85 % de la viande, dans des boucheries halal qui, contrairement aux boucheries traditionnelles, résistent très bien et vendent de gros volumes. »

Cette étude a été corroborée par le cabinet Xerfi, qui évoquait, en 2011, un marché de 4 milliards d’euros. Elle est toutefois remise en cause par d’autres observateurs. Pour Mai Lam Nguyen-Conan, le chiffre a été « complètement gonflé ». Jean-Christophe Despres, directeur de l’agence de marketing ethnique Sopi, calcule qu’« à titre d’exemple, la société Zaphir (Isla Délice) réalisait 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, pour une part de marché de 45 %. Certes la réalité se trouve du côté des produits carnés bruts, mais l’opacité des filières ne permet pas de mettre en place une démarche convaincante. Il n’y a pas de marché, côté entreprises, pour mener à bien de telles études en toute rigueur. »

Même dans la grande distribution, le marché est éclaté, entre des marques spécialisées (Isla Délice, leader du secteur, Medina Halal), des géants de l’agroalimentaire qui lancent une gamme halal (Fleury Michon, Nestlé) et des marques de distributeurs (Wassila pour Casino).

Du côté des grandes surfaces, les ventes de produits halal avec code à barres (ce qui exclut la viande fraîche étiquetée différemment) atteignent 205 millions d’euros, selon l’institut Nielsen. Les produits les plus plébiscités sont les charcuteries de volaille (77 millions d’euros), les viandes surgelées (37 millions), les saucisses (16 millions) et les plats cuisinés, loin devant les confiseries (2,8 millions).

Mais si ce marché reste encore « confidentiel » en hyper et supermarchés (0,2 % des produits de grande consommation), il est en croissance continue, selon Nielsen : + 7,3 % entre 2015 et 2016, + 20 % depuis 2013. De quoi aiguiser l’appétit de certains acteurs industriels.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/08/que-represente-le-marche-du-halal-en-france_4943058_4355770.html#rHwBvJ6z0JPkYP6y.99

LE MONDE | 08.06.2016 à 15h43 • Mis à jour le 08.06.2016 à 16h32 | Par Anne-Aël Durand

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