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CHAQUE SEMAINE, NOUS AVALONS CINQ GRAMMES DE PLASTIQUE, LE POIDS D’UNE CARTE DE CRÉDIT

Avec ou sans sel ? Selon un rapport de l’université de Newcastle pour le WWF, une personne avale jusqu’à 5 grammes de plastique par semaine, l’équivalent du poids d’une carte de crédit. Nous ingurgitons ces microparticules de plastique principalement en buvant de l’eau en bouteille mais également en mangeant des fruits de mer, qui eux-mêmes avalent nos déchets plastiques.

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Les microparticules de plastique se trouvent notamment dans l’eau en bouteille.
©CC0

Cinq grammes. C’est le poids de plastique qu’un individu moyen ingère chaque semaine, soit le poids d’une carte de crédit, selon un rapport commandé par le WWF à l’université de Newcastle (Australie). Selon ces résultats, compilation de 50 études menées sur l’ingestion humaine de plastiques, chaque humain avalerait environ 2 000 micropièces et particules chaque semaine, soit quelque 250 grammes annuellement.

Des études ont précédemment montré que les humains ingèrent et respirent une nuée de particules de plastique chaque année, mais le défi pour les chercheurs australiens était d’en évaluer le poids. « Alors que la prise de conscience grandit quant à l’existence des microplastiques et à leur impact sur l’environnement, cette étude fournit pour la première fois un calcul précis des taux d’ingestion », a expliqué Thava Palanisami, professeur à l’Université de Newcastle. Ce qui  »contribuera à cerner les potentiels risques toxicologiques pour les humains ».

Du plastique dans l’eau, les fruits de mer, le sel…

La première source de ce plastique ingurgité est l’eau, surtout si elle est embouteillée. Selon une étude canadienne parue le 5 juin, basée sur le mode de vie d’un Américain, un adulte ingère jusqu’à 52 000 microparticules de plastique par an, auxquelles s’ajoutent 90 000 supplémentaires s’il boit uniquement de l’eau en bouteille (et 4 000 s’il se contente de l’eau du robinet).

Parmi les autres produits de consommation analysés, les fruits de mer sont aussi vecteurs de plastique. Une étude publiée en janvier 2017 par l’université de Gand, en Belgique, a montré que les consommateurs de produits de la mer (poissons, fruits de mer…) absorbent jusqu’à 11 000 microparticules de plastique chaque année. Si 99 % de ces microparticules traversent le corps humain, les 1 % restant sont absorbés par les tissus corporels. La bière et le sel sont aussi concernés.

Et si l’on prend en compte la pollution de l’air, et donc l’inhalation, ce chiffre passe à 121 000. Ces estimations variant individuellement selon le mode et le lieu de vie, ajoutait cette étude parue dans la revue Environmental Science and Technology.

Le gouvernement a saisi l’Agence de sécurité sanitaire

Pour le WWF,  »c’est un signal d’alarme pour les gouvernements : les plastiques ne polluent pas juste nos rivières et océans, ils ne tuent pas seulement la vie marine, mais ils sont en chacun d’entre nous », souligne Marco Lambertini, directeur général du WWF International, dans un communiqué.

Face à la situation, le gouvernement a annoncé avoir saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses.  »J’ai saisi l’Anses pour qu’elle lance une étude détaillée approfondie pour savoir clairement ce qu’il en est pour les Français », a déclaré sur RMC, Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique,  »je veux fonder tout mon travail sur la science, je ne sais pas si cette étude est vraie, pas vraie, a tort ».

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend

 

La pression devient grande sur l’abus d’emballages en plastique dans l’agroalimentaire. Véritable risque pour les entreprises, deux mastodontes, Coca et PepsiCo, avaient déjà annoncé vouloir diminuer leur empreinte. Cette fois-ci, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires veut commercialiser moitié moins de plastique neuf d’ici 2025.

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend dans ACTEURS Unilever
Unilever, l’un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire, veut réduire son empreinte plastique.
@Unilever

Unilever, leader mondial de l’agroalimentaire et des cosmétiques, veut réduire ses emballages en plastique neuf d’ici 2025. Il répond ainsi à la pression croissante des consommateurs sur les multinationales en matière d’environnement.  »D’ici 2025, Unilever garantira une réduction de moitié de ses emballages en plastique et collectera et transformera plus d’emballages en plastique qu’il n’en commercialise », a déclaré dans un communiqué le groupe anglo-néerlandais.

Cela concerne plus de 400 marques, dont Knorr, Lipton, Magnum, ou encore Dove. Le groupe, dont l’ »empreinte plastique » est d’environ 700 000 tonnes par an, veut accélérer l’utilisation de plastique recyclé et mettre fin à l’utilisation automatique d’emballages individuels pour certains produits, comme les glaces ou les savons.

« Le plastique a sa place, mais pas dans l’environnement. Nous ne pouvons réduire les déchets plastiques qu’en agissant rapidement et en prenant des mesures radicales« , a affirmé le directeur général du groupe, Alan Jope. « Nous devons introduire de nouveaux matériaux d’emballage innovants et développer de nouveaux modèles commerciaux, tels que les emballages réutilisables« , et ceci avec « une rapidité et une intensité sans précédent« , a-t-il ajouté.

Nestlé, Coca et Pepsi en lice aussi

Unilever n’est pas la première multinationale à se plier à la pression des consommateurs sur le sujet. En août dernier, Coca-Cola et PepsiCo ont annoncé simultanément leur retrait de la Plastics Industry Association, principal lobby du secteur plastique outre-Atlantique. Coca veut collecter et recycler l’équivalent de tous ses contenants d’ici 2030. De son côté, Nestlé vise pour 2025 100 % d’emballages recyclables ou réutilisables.

Par ailleurs, fin août, le patron d’Unilever Alan Jope a déclaré que le groupe pourrait se séparer de certaines de ses marques si elles ne faisaient pas la preuve de leur durabilité. « Est-ce que ces marques peuvent rendre la société ou la planète meilleure de façon durable, sur les prochaines décennies ?« , interroge le dirigeant.  »Certaines marques peuvent améliorer leur process de fabrication, réduire les emballages ou améliorer le bien-être animal. Si elles échouent, elles seront radiées du portefeuille », explique-t-il.

Ludovic Dupin avec AFP 

pour Novethic https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/a-partir-de-2025-le-geant-de-l-agroalimentaire-unilever-veut-collecter-plus-de-plastique-qu-il-n-en-vend-147775.html

Fermentalg ambitieux avec Protéines France

Fermentalg ambitieux avec Protéines France
Crédit photo © Fermentalg

(Boursier.com) — Fermentalg rejoint l’association Protéines France dans le cadre du développement de sa plateforme dédiée aux protéines alternatives. Protéines France est le consortium français d’entreprises ayant pour ambition d’accélérer le développement du secteur des protéines végétales et issues de nouvelles ressources (algues, champignons, etc.) et de faire de la France un leader mondial du domaine. Coordonnée par l’IAR, le Pôle de Compétitivité dédié à la Bio-économie, l’association compte 6 membres fondateurs (Avril, Limagrain, Terreos, Terrena, Roquette et Vivescia) et 13 adhérents dont Fermentalg.

En structurant et initiant une dynamique fédératrice sur toute la chaîne de valeur, de la production des ressources (végétales, algues, insectes, micro-organismes) jusqu’aux consommateurs, Protéines France s’est imposé comme le représentant des filières des protéines végétales et alternatives. L’association participe au développement du secteur afin de saisir les opportunités de croissance et de création d’emplois offertes par l’augmentation de la demande de protéines dans le monde. Protéines France intervient notamment au Protein Summit, la conférence mondiale dédiée au secteur, en présentant l’exemple unique de la structuration des acteurs français et en animant une session stratégique visant à contribuer à la définition d’une vision du secteur à l’horizon 2030.

Avec des profils nutritionnels et environnementaux nettement différenciés par rapport à ceux des protéines végétales, les protéines de micro-algues se positionnent comme une alternative plus complète et durable aux protéines animales. Par sa maîtrise des techniques de sélection naturelle et de fermentation à échelle industrielle, Fermentalg  »vise la production de protéines algales très nutritives, avec une empreinte environnementale bien plus faible que celle des protéines animales, notamment en matière de consommation de terres arables, d’eau potable, d’engrais, de pesticides et autres polluants ». Les protéines de micro-algues sont également adaptées aux populations végétariennes et véganes, et offrent des solutions durables face à l’épuisement des ressources agricoles et à la question croissante de la souffrance animale dans les circuits de production intensive de protéine animale.

Fermentalg vise en priorité les segments de marché ou la demande en protéines alternatives est la plus forte : la nutrition pour sportifs, le ‘Weight Management’ et la nutrition médicalisée, en particulier chez les séniors.

Après avoir réalisé plusieurs campagnes de fermentation à l’échelle pilote, Fermentalg entre dans une phase de pré-industrialisation. L’objectif est une montée en échelle du procédé de fabrication afin de fournir des échantillons commerciaux à ses premiers clients dès 2020. Préalablement, les dossiers réglementaires en vue d’obtenir les autorisations de commercialisation en Europe et aux Etats-Unis vont être déposés d’ici fin octobre 2019.

« Les discussions engagées avec plusieurs partenaires industriels et commerciaux potentiels ont révélé un très fort intérêt pour les protéines algales au sein du marché en plein essor des protéines alternatives (autres que viande, poisson, lait et oeuf), qui représentait 8 milliards de dollars en 2018 et pour lequel on estime un taux de croissance annuel moyen de 7% pour la période 2017-2024″, se félicite Fermentalg.

source!: Boursier.com https://www.boursier.com/actions/actualites/news/fermentalg-ambitieux-avec-proteines-france-805264.html?rss

Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Prix “C’est qui le patron” : incorrigibles Leclerc !

Prix “C’est qui le patron” : incorrigibles Leclerc !

Le 23 juillet 2019

LeclercCquiLePatron2

Annoncé en grande pompe par MEL et Nicolas Chabanne fin mai, le “deal” Leclerc / C’est qui le patron se met progressivement en place avec la “descente” des produits en magasin.

Sous-vendeur de la gamme, largement distancé par Carrefour dans le soutien à cette démarche consumériste/équitable, Leclerc promet, depuis, de devenir le meilleur élève de la classe.

Sur les volumes, l’ouverture des 600 hypers de l’enseigne à toute la gamme ou presque va produire un effet mécanique sensible. Mais le risque – si C’est qui le patron n’y prend pas garde – est d’agacer singulièrement les concurrents de Leclerc, et notamment le soutien historique Carrefour.

Car, incorrigibles, de nombreux Leclerc profitent de prix affichés sur les packs pour… vendre moins cher. Et, ce faisant, se payer une bonne tranche d’image-prix. Comme ici dans cet hyper où 13 des produits présents sont moins chers que le “bon” prix (comprendre : celui qui a été voté par les consommateurs et qui est affiché on-pack). Parfois, l’écart est énorme : 20 % sur la compote. Incorrigibles Leclerc mais… tellement prévisibles.

source: https://www.olivierdauvers.fr/2019/07/23/prix-cest-qui-le-patron-incorrigibles-leclerc/

Menace sur le beurre C’est qui le patron

CQLP Beurre

C’est à la fois la force et la limite de la démarche C’est qui le patron… D’abord, en affichant le prix sur les packs de ses produits, C’est qui le patron “norme” les PVC en rayons, freinant les évolutions que les coûts matière pourraient justifier. Ensuite, en instaurant le principe d’une forme de démocratie consumériste, impossible de modifier l’un des paramètres du cahier des charges (par exemple le prix) sans l’accord des sociétaires/consommateurs. Force et limite… Car le beurre C’est qui le patron est aujourd’hui menacé, à la fois par les calculs initiaux (et trop serrés) du fournisseur et par l’évolution des marchés mondiaux des sous-produits du lait. Explications en chiffres…

Depuis l’origine, le beurre C’est qui le patron est extrêmement est compétitif, trop peut-être : 2,20 € pour 250 g, qui plus est avec la garantie bio. Mais ce prix n’est plus tenable pour le fournisseur, Sodiaal. Le prix avait été calculé sur la base d’un paiement à l’éleveur de 450 €/1 000 l. Or Sodiaal paye actuellement 466 €. Première perte en ligne donc pour la coopérative. Ensuite, Sodiaal, en acceptant le marché, estimait pouvoir revendre la poudre de lait bio restante à 3 300 € la tonne. Or la valorisation actuelle n’atteint même pas 2 000 €. Conséquence : pour assurer la pérennité de la démarche, le prix en rayon devrait passer de 2,20 € à 2,94 €. Soit la bagatelle de + 30 %. D’où l’intérêt de la consultation en cours qui indiquera déjà jusqu’où les sociétaires sont prêts à aller. S’ils répondent “non” au nouveau prix suggéré, le produit disparaîtra automatiquement des rayons. S’ils l’acceptent, l’évolution des volumes vendus en dira aussi long sur la réelle volonté des consommateurs d’être des consomm’acteurs. Voilà pourquoi, et à bien des égards, le dossier “beurre CQLP” est bigrement intéressant.
Le 09 juillet 2019

source: https://www.olivierdauvers.fr/2019/07/09/menace-sur-le-beurre-cest-qui-le-patron/

Food Vision présente les enjeux alimentaires de demain

Pour la deuxième année consécutive, l’agence Protéines présente une étude sur les nouvelles tendances alimentaires : Food Vision. Elle vise à anticiper les futurs besoins des consommateurs et à faire bouger les lignes auprès des industriels et des distributeurs. Cette année, l’observatoire a été mené avec le cabinet XTC, qui vient de fusionner avec l’agence.

Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019
Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019

Avec Food Vision 2019, l’agence Protéines et XTC veulent donner les clés aux industriels et aux distributeurs afin de cerner au mieux le consommateur de demain et ses besoins. L’étude analyse les changements dans la filière alimentaire et tente d’imaginer les tendances du futur. « 2/3 des innovations sont des échecs au bout de deux ans avec de gros montants d’investissements en R&D perdus. 50 % de ce que nous aurons en rayon dans 5 ans n’existe pas aujourd’hui », indique Xavier Terlet, fondateur de XTC. Face à l’accélération des évolutions des habitudes de consommations, un mot d’ordre : anticipation. Sur l’édition 2019, l’étude montre six axes clés de changement.

Un super-consommateur

Déjà le fort engouement pour tout ce qui concerne l’environnement. Dans ce cadre, des mouvements voient le jour comme #onestpret. Des prises de conscience qui se répercutent dans les comportements alimentaires avec par exemple la lutte contre le plastique et la volonté d’avoir moins d’emballage, en utilisant plus de vrac.

Deuxième item : la justice avec la notion de commerce équitable, de juste rémunération des producteurs. Des initiatives comme « C’est qui le patron » ou encore « Les éleveurs vous disent merci », montrent que les Français sont d’accord pour payer plus afin de mieux rémunérer l’amont agricole. Par ailleurs, le bio et les produits équitables sont désormais omniprésents.
Troisième axe : l’expérience de la food chain. Aujourd’hui le pack est un vecteur de communication qui a plus d’influence que la publicité tv. « Une marque qui se raconte sur un pack est de plus en plus normal et n’est plus uniquement l’apanage des petites griffes », explique Xavier Terlet.
Par ailleurs, les consommateurs ont soif de réassurance et de transparence. Si des initiatives ont déjà été menées à l’instar de journées portes ouvertes dans les usines, les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Ils veulent moins de transformation et contrôlent leur alimentation avec des recherches de preuves, qui vont au-delà des applications comme Yuka. C’est l’émergence du « super-consommateurs ».

Toujours de la défiance vis-à-vis des grandes industries

On note également des évolutions de comportements alimentaires avec le flexitarisme. Ces consommateurs, qui représentent 40 à 50 % de la population, fonctionnent au plaisir. « Le discours des marques autour du végétal est axé plaisir et gourmandise. On est désormais loin de la notion de santé », ajoute-t-il.
Enfin, les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle clé pour faire éclore les niches. « Ces derniers sont à regarder de près pour anticiper les nouvelles tendances, qui sont souvent véhiculées par des influenceurs », détaille Xavier Terlet.
De manière générale, il ressort donc une prise de responsabilité de l’ensemble des acteurs, dont les consommateurs. Aujourd’hui, si ces derniers restent encore défiants à l’égard des grandes industries, ce sentiment tend à diminuer grâce au travail opéré : montées en gamme, le bio, la premiumisation des produits. Mais ils ont encore du travail à faire. Pour rassurer, la course aux labels n’est plus forcément la meilleure solution. « Trop de labels tuent les labels. Et ceux non expliqués aux consommateurs ne servent à rien », ajoute Xavier Terlet.

Kraft Heinz plombé par les nouvelles habitudes alimentaires

Le géant américain de l’agroalimentaire connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre.

Kraft Heinz

Kraft Heinz est connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

 Le géant américain de l’agroalimentaire Kraft Heinz, connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif, a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre, ainsi qu’une enquête de l’autorité américaine des marchés sur sa comptabilité. Ces nouvelles ont fait plonger son titre à Wall Street, de 27,46% à 34,85 dollars, soit son niveau le plus bas depuis la fusion entre Kraft Foods et Heinz mi-2015. C’est la pire séance boursière du groupe en près de quatre ans.

Le groupe américain d’encas et produits transformés, l’un des plus célèbres aux Etats-Unis, a fait savoir jeudi soir 21 février dans ses résultats trimestriels qu’il avait passé une charge de dépréciation de 15,4 milliards de dollars sur deux de ses marques phares, Kraft et les produits carnés Oscar Mayer. Cette dépréciation reflète un changement du goût des consommateurs, qui se soucient de plus en plus des questions de santé et se tournent plus souvent vers les produits frais au détriment des aliments transformés.

Kraft a bâti sa notoriété sur des produits comme les macaronis au fromage prêts à manger ou des sauces d’apéritif au cheddar, tandis qu’Oscar Mayer est connu pour sa charcuterie ou ses hot-dogs. Né du rapprochement des groupes Heinz et Kraft Foods, le groupe compte parmi ses actionnaires de contrôle les milliardaires américain Warren Buffett et helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann (à la tête du fonds d’investissement 3G).

Tentant de coller à une autre préoccupation montante des consommateurs, l’environnement, Kraft Heinz avait annoncé l’an dernier qu’il souhaitait que tous ses emballages soient recyclables et réutilisables d’ici 2025.

Perte nette de 12,6 milliards de dollars

La dépréciation massive s’est soldée par une perte nette de 12,6 milliards de dollars. Par action et ajusté, le groupe affiche un bénéfice trimestriel de 84 cents, inférieur aux prévisions des analystes. Le chiffre d’affaires a quant à lui enregistré une faible progression de 0,7% à 6,9 milliards de dollars sur les trois derniers mois de 2018.

« Notre rentabilité est ressortie inférieure à nos prévisions en raison de l’inflation inattendue de certains coûts, combinée à des économies plus faibles qu’anticipé », a commenté le directeur général du groupe Bernardo Hees, cité dans le communiqué de résultats.

Le groupe a par ailleurs indiqué avoir reçu en octobre 2018 des demandes d’informations de l’autorité américaine des marchés, la SEC, qui a ouvert une enquête sur ses approvisionnements, « plus précisément ses pratiques comptables, ses procédures et contrôles internes liés à ses approvisionnements ».

Kraft Heinz précise avoir de son côté démarré une enquête interne sur ces activités, à l’aide de conseillers extérieurs. Au quatrième trimestre, à la suite de ces investigations, le groupe a enregistré « une hausse de coûts des produits de 25 millions de dollars » et estimé qu’ils n’étaient pas significatifs.

Il précise mettre en place « des améliorations de ses contrôles internes » pour remédier à ces problèmes. « Le groupe continue à coopérer pleinement avec la SEC » et ne s’attend pas à ce que les suites de ces enquêtes « aient un impact significatif sur la période actuelle ou tous comptes financiers déjà publiés ».

(Avec AFP)

Par Challenges.fr le 23.02.2019 à 10h02

 

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Après des années de pertes liées à la méfiance des Français après l’affaire de la viande de cheval, le marché des plats préparés semble aujourd’hui se relever. Les consommateurs gardent cependant une certaine méfiance vis-à-vis des plats surgelés et des conserves.

Ces dernières années ont été difficiles pour le secteur des plats cuisinés. Depuis trois ans, les ventes repartent progressivement à la hausse après des années de méfiance qui ont fait suite au scandale de la viande de cheval, provenant de l’usine Spanghero. En grandes et moyennes surfaces (qui représentent les trois quarts du marché), les ventes devraient progresser de 2,5% en 2019, soit autant qu’en 2018 selon l’analyste Xerfi France. Ainsi, à la fin de l’année, ce marché devrait atteindre au total cinq milliards d’euros et le chiffre d’affaires des fabricants de plats préparés devrait progresser de 2%.

Dégringolade depuis Spanghero et changement de méthode

En 2013, au moment du scandale de la viande de cheval, les ventes de produits cuisinés et surgelés ont lourdement chuté. Tous les secteurs étaient alors concernés, des pizzas aux plats tout faits en passant par les raviolis en conserve et les surgelés. Restaurants et fast-food s’inquiétaient comme les grandes surfaces de la méfiance des Français sur le sujet. Durant deux ou trois années, les ventes ont été incapables de se ressaisir, perdant parfois jusqu’à 50% en volume sur un an lors des pires semaines (plusieurs fois entre février et juin 2013) et près de 10% sur la seule année 2013. La perte de confiance suite à cette tromperie était alors inévitable.

L’enseigne Picard notamment a directement été impactée et a dû réagir pour rassurer les consommateurs. «Depuis cette crise, nous effectuons systématiquement des tests ADN sur tous nos produits. Nous sommes assurés désormais que nos plats préparés à base de bœuf sont 100% origine France et l’origine est systématiquement indiquée sur nos emballages», assure-t-on dans l’entreprise. Toutefois, leurs ventes ont plus nettement progressé que la moyenne. Entre 2013 et 2018, ils ont grimpé de 15%, malgré une baisse des ventes durant le scandale de près de 40%. Finalement, les seuls plats cuisinés à base de viande ont eux augmenté de 6,1% en 2017 et de 3,6% en 2018, témoignant du net rebond en place depuis deux ans.

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Autre gage de fiabilité, l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits. C’est sur ce domaine que se penchent de nombreuses entreprises depuis quelque temps, se tournant parfois vers le bio et le végétal. C’est notamment le cas des plats livrés, l’objectif étant de faire repartir tous les secteurs des plats préparés et de tourner la page du scandale Spanghero.

Aujourd’hui, les produits à forte valeur ajoutée se portent mieux

Car certains produits ne rassurent pas encore totalement. En effet, en 2018, les conserves et les surgelés amenuisent les bons résultats globaux du secteur. Ces deux types de produits, dont le marché est évalué à 2,1 milliards d’euros, séduisent moins les consommateurs. En cause, la crainte de consommer des produits «ultratransformés», comme l’explique Xerfi, mêlée à la frilosité de se procurer de «l’entrée de gamme» surgelée. Pour autant, la baisse des ventes enregistrée en 2018 sur les conserves et les surgelés devrait être moins importante en 2019, notamment suite à la mise en œuvre de stratégies industrielles qui visent à moderniser ces produits. Une promesse de montée en gamme, dont témoignent les conserves bios de et les recettes dites «premium» de certaines grandes marques.

 

 

  • Mis à jour le 21/01/2019 à 17:37

 

  • Publié le 21/01/2019 à 17:04

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Ainsi, ce sont les plats jugés plus frais qui portent clairement le secteur des plats préparés. Les plats emballés ou encore les pizzas et les entrées fraîches notamment soutiennent nettement les ventes car ils profitent, eux, d’une bonne image: pratique, plus sain et relativement abordable.

En alimentaire, les Français restent classiques

A l’occasion du Sial 2018, Nielsen s’est penché sur les comportements alimentaires des Français, et aux régimes suivis par ces derniers. L’enquête révèle qu’en majorité (70% d’entre eux), les Français déclarent manger de tout, tout en essayant de manger équilibré (73%), et pour plus de la moitié d’entre eux, les repas sont toujours une occasion de partager un moment en famille ou entre amis, et ils préfèrent la cuisine familiale française.

Néanmoins la moitié des Français surveillent ce qu’ils mangent, et pour certains cette surveillance va jusqu’à prendre des mesures draconiennes en termes d’alimentation. Si les régimes existent depuis longtemps, pour des raisons médicales, (22%), allergies, diabète…, ou pour surveiller son poids (42%), de nouvelles tendances commencent à se répandre, comme les régimes ayurvédiques ou paléolithiques.

Quel est le poids de ces régimes dans la société ?

Au-delà du sans gluten, du sans lactose, des végétariens et vegans, 7% des Français suivent un régime ayurvédique, c’est-à-dire considèrent que la nourriture est un aliment/médicament pour le corps et l’esprit. 3% ne mangent que des aliments crus, et 2% ont une alimentation paléolithique, mangeant beaucoup de végétaux non transformés et de protéines, et peu voire pas de céréales, légumes secs et produits laitiers.

“Ces chiffres semblent certes petits, mais ils traduisent une peur face aux aliments transformés, et sont in fine une forme de protection face aux dangers perçus par ces foyers. Pour les industriels, les recommandations de bon sens, transparence, limitation du nombre d’ingrédients, traçabilité, origine sont la meilleure réponse aux attentes consommateurs”, commente Isabelle Kaiffer, directrice insights consommateurs chez Nielsen.

Les Français, plus bio-locaux que les allemands

L’étude a abouti à la définition d’une typologie en 7 groupes pour caractériser la relation des Français à leur alimentation. Pour le moment la photographie de la population face à la nutrition reste plutôt classique, les traditionnels et les conviviaux représentent 45% des ménages français et dominent encore les autres comportements alimentaires. Suivent les   »vite fait », adeptes du sans cuisine.

Il faut souligner que les bio-locaux, qui associent leur penchant pour les produits bio à l’achat de produits locaux, représentent déjà 1 foyer sur 6, comme les vite-fait. La surprise vient également de ces 6% de Français pour qui le bien-être animal a une influence sur leur comportement d’achat alimentaire, les amenant à consommer moins de produits carnés et charcuterie”, complète Isabelle Kaiffer

La variable temps (passé à faire les sources, à faire la cuisine) est une clé de lecture supplémentaire pour comprendre la répartition des consommateurs selon les différents groupes. Aux deux extrêmes se retrouvent les vite fait (les courses et la cuisine sont réduites au minimum) et les bio-local qui se rendent fréquemment en magasin (petits paniers, produits frais…) et passent le plus d’heures en cuisine.

Une typologie similaire a été réalisée en Allemagne : les Français s’avèrent plus souvent bio-locaux (17% des foyers) que leurs voisins (12%), un peu plus souvent tradis également (29% vs 27%). Inversement les Allemands se distinguent par une proportion plus significative d’esthètes (9% vs 5% des Français).

Les groupes en synthèse

1/ Les tradis cuisinent tous les jours et consacrent beaucoup de temps aux courses, ainsi qu’à la cuisine. Manger est très important pour eux. Ils privilégient les aliments bon marché et la quantité aux labels de qualité. Ce sont plutôt des foyers plus âgés.

 2/ Pour les vite-fait, la cuisine, l’alimentation et la nutrition sont peu importantes. Ils cuisinent rarement et le facteur temps est décisif. Ils privilégient les produits finis, achètent souvent des snacks. Ce sont plutôt des jeunes familles.

3/ Les conviviaux mangent de tout et ont une alimentation assez traditionnelle, suivent peu les tendances alimentaires. Le plus important pour eux, dans l’alimentation, c’est le goût.

Ils aiment se faire plaisir, sans se priver et sans faire attention.

Ce sont plutôt des familles, souvent en zone rurale.

4/ Les bio-locaux mangent des produits saisonniers, préfèrent les produits bio et/ou locaux, par respect pour l’environnement et pour soutenir leur région, mais aussi pour la fraîcheur, la qualité, et la traçabilité des produits.

Ce sont plutôt des couples plus âgés, et aisés.

5/ Les régimes : ces foyers suivent un régime alimentaire et font attention à certains aliments (gras, sucre, cholestérol) ou mangent des produits «sans» (sans gluten, sans sucres ajoutés…). Un comportement adopté pour des raisons de santé : ils sont malades ou en tout cas se sentent mieux en suivant ce régime.

Parfois, ils sont influencés par un proche.

6/ Suite aux récents scandales sur les risques alimentaires ou les pratiques d’élevage, les foyers ‘conscience animale’ sont sensibles à la cruauté envers les animaux. Ils limitent leur consommation de viande et sont contre l’abattage. Ce sont plutôt des mono-foyers, souvent urbains, avec animal de compagnie.

7/ Les esthètes font attention à leur alimentation, la nutrition est un sujet capital pour eux, pour se sentir mieux physiquement, surveiller leur poids, ou améliorer leurs performances physiques et mentales.

Ils sont plutôt jeunes et urbains.

22 octobre 2018

 

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