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La consommation de viande en France recule depuis 10 ans

Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en dix ans, en raison d’une prise de conscience environnementale et d’une hausse des prix.

 

L’étalage d’une boucherie française, le 26 octobre 2015.

Les viandards impénitents sont-ils une espèce menacée ? Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), publiée mardi 4 septembre, la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée. Prix, impact sur la santé et considérations environnementales permettent, en partie, d’expliquer ce constat mis en lumière ces dernières années par plusieurs études.

Depuis 2007, le Crédoc mène tous les trois ans une enquête intitulée « Comportements et consommations alimentaires des Français ». En 2016, un échantillon de 1 925 adultes âgés de 15 ans et plus et de 1 164 enfants de 3 à 14 ans a été interrogé, selon une méthode immuable. « Nous demandons de renseigner tout ce qui a été mangé pendant sept jours, lors des repas et hors repas, que ce soit au domicile ou à l’extérieur », détaille Gabriel Tavoularis, directeur d’étude et de recherche au Crédoc.

Notre entretien avec Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition :   « Il n’y a pas de danger pour la santé à réduire la consommation de viande »

La charcuterie particulièrement touchée

« Le constat est sans équivoque : les Français, tous âges et catégories sociales confondus, mangent moins souvent de viande », résume M. Tavoularis. Les « produits carnés » concernés sont les viandes bovine et ovine, la volaille, le gibier ou encore la charcuterie, qu’ils soient bruts, cuisinés ou présents dans un plat transformé, comme les pizzas.

En 2007, les Français mangeaient en moyenne 153 grammes de produits carnés par jour, contre 135 grammes en 2016, soit 18 grammes de moins en dix ans.

Les Français consomment en moyenne 46 grammes de viande de boucherie par jour, soit 12 grammes de moins qu’en 2007. La consommation de charcuterie est passée en dix ans de 35 grammes par jour à 29 grammes par jour. Quant à la volaille, elle a relativement stagné, passant de 34 à 33 grammes par jour.

La consommation de viande diminue

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour.
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers2007201020132016

SOURCE : CREDOC

Si cette baisse de la consommation de produits carnés concerne toutes les catégories sociales et toutes les générations, les jeunes de 18-24 ans semblent les moins concernés par cette évolution. « On constate chez cette génération, une consommation importante de produits carnés, par le biais de plats transformés, comme les pizzas, les hamburgers, les sandwichs », rapporte le directeur d’étude du Crédoc, qui évoque des « individus pressés, qui mangent davantage à l’extérieur et prennent moins de temps pour cuisiner ». Cette hausse de la consommation de plats transformés (les « ingrédients carnés » dans les deux graphiques) est d’ailleurs constatée dans l’ensemble de la population.

Les 18-24 ans, plus grands consommateurs de produits carnés

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour, en 2016
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers18-24 ans25-34 ans35-44 ans45-54 ans55-64 ans65-74 ans75 ans et plus

18-24 ans
● Ingrédients carnés: 37 g/jour
● Charcuterie: 25 g/jour
● Volaille, gibier: 39 g/jour
● Viande de boucherie: 46 g/jour
● Produits tripiers: 2 g/jour
SOURCE : CRÉDOC

« Un marqueur social fort »

Autre constat, les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées restent plus concernées par ce changement d’habitudes alimentaires. Dans le haut de l’échelle sociale, on consommait 140 grammes de viande en moyenne par jour en 2007, contre 113 grammes aujourd’hui, soit une baisse de 19 %. C’est chez les ouvriers que les quantités de viande consommées restent les plus importantes, avec 151 grammes par jour en moyenne. Mais là encore, la baisse est sensible (de 15 %).

En dix ans, forte baisse des produits carnés chez les cadres et les ouvriers

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés par les adultes (18 ans et plus), selon la profession ou catégorie socioprofessionnelle du responsable du ménage (en gramme par jour).
0 g/jour50 g/jour100 g/jour150 g/jour200 …20072016OuvrierAgriculteur, artisan,commerçant, chefd’entrepriseEmployéProfession intermédiaireCadre, professions libérales

SOURCE : CREDOC

« La consommation de viande est un marqueur social fort. On remarque chez les ouvriers que cela reste inconcevable, encore aujourd’hui, de faire un repas sans viande », souligne M. Tavoularis. « Signe de prospérité durant les trente glorieuses », l’image de la viande a évolué au cours du siècle passé, rappelle-t-il :

« Il y a quelques décennies, les recommandations étaient de manger de la viande à chaque repas, alors que maintenant on suggère de consommer de la viande, du poisson ou des œufs une fois par jour. »

Témoignages de consommateurs de viande :   « J’en mange moins, mais mieux. »

Les considérations de santé expliqueraient, en partie, cette baisse de la consommation de produits carnés. Dès les années 1980, le consommateur a commencé à recevoir des « alertes nutritionnelles, sur le cholestérol par exemple », expliquait ainsi Pierre Combris, directeur de recherches honoraire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), sur Europe 1 en 2017.

En 2015, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait confirmé ces inquiétudes en établissant un lien entre la consommation abusive de viande rouge et certains cancers. « Ces messages sont entrés progressivement dans les consciences, avant que les modes de consommation commencent à changer, vers un modèle consistant à manger moins de viande, mais mieux », détaille le directeur de recherche.

Hausse des prix

Une raison plus prosaïque permet également de comprendre cette baisse : le prix de la viande a augmenté ces dernières années plus rapidement que l’inflation, comme le confirme un rapport de France AgriMer publié en 2015. « La viande devient peu à peu un produit de luxe, que l’on consomme avec plus de sobriété, un peu comme le vin de table bas de gamme qui a disparu au profit d’une consommation plus festive », analyse M. Tavoularis.

Le rapport du Crédoc souligne d’ailleurs que la patrie de Rabelais entretient « une bonne image de la viande ». Plus de 90 % des personnes interrogées la considèrent comme un aliment « nourrissant »« qui a du goût » et qui « fait partie des aliments qu’on a plaisir à manger ».

Notre enquête :   Se nourrir sainement quand on est pauvre

Une explication d’ordre moral explique également l’émergence de ce nouveau modèle alimentaire. Le bien-être animal, l’environnement, le coût en émission de CO2 de la production de viande constituent autant d’éléments auxquels les Français sont attentifs. « Aujourd’hui, cela fait bien de ne pas manger trop de viande, certains cadres s’en vantent, alors que c’était l’inverse il y a trente ans », rappelle le directeur de recherche.

En 2018, 35 % des Français, et 43 % des cadres, déclarent en effet avoir réduit leur consommation de viande, vers un modèle « flexitarien », selon une autre enquête du Crédoc sur les comportements alimentaires. L’étude souligne d’ailleurs que le nombre de personnes n’ayant pas consommé de viande durant une semaine, et pouvant être assimilées à des végétariens, a été multiplié par trois, passant de 0,3 % à 1 %. Signe que la consommation de viande est encore loin d’être menacée de disparition dans l’Hexagone.

Les conclusions de Terra Nova :   le règne de la viande est révolu

LE MONDE | 06.09.2018 à 06h28 • Mis à jour le 06.09.2018 à 15h12 |Par Cécile Bouanchaud

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau

 

Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas. | @BELADON

 

Une entreprise spécialisée dans les bâtiments flottants construit actuellement une ferme laitière au beau milieu du port de Rotterdam. Parfaitement autosuffisante, la structure pourra accueillir 40 vaches minimum et produire 800 litres de lait par jour. Un moyen de rapprocher producteurs et consommateurs en installant des lieux de culture et d’élevage au cœur de la ville.

Produire du lait sur l’eau ? Apparemment c’est possible, et en passe de devenir une réalité à Rotterdam (Pays-Bas). Depuis début août, une étrange structure est apparue dans le port de Merwehaven : les fondations d’une future ferme laitière flottante, la première du monde, conçue par la société Beladon.

Pensé sur trois niveaux, le bâtiment consacré à l’agriculture urbaine hébergera d’ici quelques mois 40 vaches minimum, capables de produire 800 litres de lait par jour. Cela permettra de fournir la ville en divers produits sans avoir à utiliser des moyens de transport polluants, rapporte RTL.

Autonome et écologique

La future ferme aura tout pour être autonome et fonctionner dans une logique d’économie circulaire et locale. 80 % des déchets industriels de la ville (pelouse tondue des stades, pelures de légumes des restaurants) serviront à nourrir les vaches. Une serre high-tech dans la ferme produira le reste.

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau dans AGRO fQ7BSdRc_normal

AgCrowd@AgCrowd

The world’s first « floating farm » – an offshore dairy farm opens in the Netherlands aiming to help Rotterdam produce more of its own food sustainably. What do you think?http://www.agcrowd.com.au 

 

Des panneaux solaires sur le toit permettront d’offrir une indépendance énergétique au bâtiment, le fumier des bêtes servira d’engrais et l’eau de pluie sera récupérée et réutilisée. Enfin, la ferme comprendra un atelier de transformation et conditionnement du lait en produits tels que des yaourts, des crèmes et du fromage.

L’agriculture urbaine, une nécessité

Peter van Wingerden, ingénieur chez Beladon, est à l’origine du projet. « En voyant la dévastation causée par l’ouragan Sandy, j’ai été frappé par la nécessité de produire de la nourriture le plus près possible des consommateurs », explique à la BBC celui qui vivait à New York en 2012 au moment de la catastrophe.

L’agriculture urbaine est aujourd’hui envisagée comme une nécessité absolue : en 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville, contre 55 % aujourd’hui, rappelle Futura Sciences. Rapprocher les lieux de culture des consommateurs est un enjeu économique et écologique considérable. Les Pays-Bas hébergent déjà la plus grande ferme urbaine d’Europe : 1 200 m² de concombres, tomates, aubergines et autres légumes à La Haye.

Ouest-France avec agence

Alimentation: le secteur agroalimentaire dénonce un « marketing de la panique »

Alimentation: le secteur agroalimentaire dénonce un

Richard Girardot le 25 avril 2017. Il dénonce une « DMA », une destruction massive de l’alimentation AFP/ARCHIVES – FRANCOIS NASCIMBENI

Le nouveau président de l’association nationale des industries alimentaires (Ania), Richard Girardot, a dénoncé mardi le « marketing de la panique » qui cible selon lui son secteur, à la veille de la reprise des débats à l’Assemblée nationale sur la loi Alimentation.

L’ancien président de Nestlé France a fustigé devant la presse une « +DMA+, destruction massive de l’alimentation » selon lui à l’oeuvre. « Les icônes, les marques que l’on a adorées, on les brûle. On est en face d’un marketing de la panique. Tout est fait pour assurer la qualité et la sécurité alimentaires. A priori, il n’y a plus de mort lié à l’alimentation », a-t-il développé.

Pour sa première conférence de presse depuis son élection le 21 juin pour trois ans à la tête de l’Ania, M. Girardot s’est montré à la fois agressif et protecteur.

« Ça va être un combat de défendre notre métier par rapport à la littérature. Il y a à longueur de temps une parution de livres qui lancent des polémiques, parfois justifiées. On est là pour faire du business mais ces gens font ce qu’ils nous reprochent. Mais manifestement, on ne donne pas satisfaction et il faut faire cet effort », a-t-il ajouté.

« L’agro-industrie française est enviée partout. Elle est performante à l’export, a-t-il encore défendu, en rappelant que les industriels avaient baissé de respectivement 20% et 30% les taux de sel et de sucre dans leurs produits ces dernières années. Il y a une vraie volonté d’aller au bout de la démarche mais ça prendra du temps de modifier nos recettes, de s’adapter aux clients ».

Dans la foulée des Etats généraux de l’alimentation en 2017, une grande loi permettant de redessiner l’équilibre entre tous les acteurs de la filière en France, et notamment aux producteurs d’améliorer leur niveau de vie, devait être votée au printemps mais elle n’a pu l’être avant l’été, aucun accord n’étant intervenu sur ce sujet en commission mixte paritaire.

« Il n’existe pas de lobby Ania contre les pauvres distributeurs, les pauvres consommateurs, les pauvres. On défend nos enjeux, c’est logique que tout le monde le fasse. Il n’y a pas les bons et les mauvais. Il faut réagir, arrêter de subir », a-t-il ajouté, sans détailler les positions du secteur avant la reprise des grandes manœuvres législatives.

L’un des points du texte de loi les plus âprement discutés entre producteurs, transformateurs et distributeurs porte sur l’établissement d’indices de coûts de production qui serviront au calcul des prix dans les contrats commerciaux entre producteurs et industriels de la transformation ou distributeurs.

L’Ania rassemble 19 fédérations nationales sectorielles et 20 associations régionales, représentatives des 17.647 entreprises alimentaires de France.

 

Par AFP le 11.09.2018 à 13h28

Start-up. Des plantes aromatiques produites par hydroponie à Saint-Grégoire

Adrien Thibodaux, responsable du développement des plantes aromatiques dans le conteneur Le Local, au centre Leclerc de Saint-Grégoire.

Adrien Thibodaux, responsable du développement des plantes aromatiques dans le conteneur Le Local, au centre Leclerc de Saint-Grégoire. | OUEST FRANCE

  • Le conteneur maritime disposé à l'entrée du centre commercial peut accueillir 980 pousses de plantes aromatiques.
    Le conteneur maritime disposé à l’entrée du centre commercial peut accueillir 980 pousses de plantes aromatiques. | OUEST FRANCE
  • Thierry Marec, responsable du rayon fruits et légumes, met à la disposition des clients les plantes aromatiques développées dans le conteneur.
    Thierry Marec, responsable du rayon fruits et légumes, met à la disposition des clients les plantes aromatiques développées dans le conteneur. | OUEST FRANCE

Ouest-France

Modifié le 27/08/2018 à 19h23

Publié le 27/08/2018 à 08h07

Produire des plantes fraîches dans des zones urbaines ? C’est le défi d’Urban Farm, grâce à qui 980 pousses de basilic et persil s’épanouissent dans un conteneur, au centre Leclerc de Saint-Grégoire, près de Rennes.

C’est muni de surchaussures que l’on peut entrer dans le conteneur maritime de 13 m² disposé devant l’entrée du centre Leclerc de Saint-Grégoire, près de Rennes. Le caisson permet le développement de plantes aromatiques dans un milieu presque aseptisé.

Baptisé Le Local, le lieu accueille basilic, persil, coriandre, dans un air climatisé et maintenu à 18 °C. « Nous surveillons avec un ordinateur de bord la température et l’humidité du conteneur », explique Adrien Thibodaux, ingénieur et en charge de la production.

« Les plantes se développent dans un substrat de laine de roche, maintenu dans un filet d’eau contenant les nutriments », explique le jeune homme. Pas de terre, ni de rayons de soleil dans le conteneur, des lampes à leds éclairent les végétaux avec différents spectres lumineux.

Les plantes poussent plus vite, et sans pesticides

L’air est traité et l’eau est filtrée, puis assainie. « Nous récoltons les productions trois fois par semaine. Le processus, de la graine au produit final, prend environ deux mois, soit un mois de moins qu’en conditions classiques », assure l’ingénieur. L’équipe précise aussi qu’il n’y a pas d’utilisation de pesticides ni d’OGM (organisme génétiquement modifié) pour cette culture hydroponique.

 

 

Côté rayon fruits et légumes, les productions sont mises en valeur dans un réfrigérateur bien en vue. « 15 à 30 lots de plantes aromatiques cueillies le matin même sont disposés pour nos clients », confie Thierry Marec, responsable du rayon. Une animation pédagogique pour expliquer ce projet soutenu par le centre Leclerc sera proposée début septembre sur place.

 

 

La start-up Urban Farm a installé un second conteneur à Saint-Malo pour une production plus haut de gamme. « Nous travaillons avec des chefs de cuisine pour les fournir en moutarde, en menthe ou en micropousses pour leur carte », glisse Adrien Thibodaux.

 

 

L’ingénieur voit un potentiel développement de l’hydroponie, notamment dans les centres commerciaux, dans les années futures.

La start-up Urban Farm à l’origine du Local

Fondée en 2016 par le Rennais Fabien Persico, la société Urban Farm se veut pilote sur « la ferme hydroponique de demain ».

Avec une culture optimisée et contrôlée, « la production au sein de la Farmbox ne nécessite aucun produits chimiques et phytosanitaires », peut-on lire sur le site de la société.

Urban Farm est entre-autre soutenue par la région Bretagne et Rennes métropole.

Avec ses conteneurs, ce fils d’agriculteur déclare « pouvoir faire pousser à peu près n’importe quel légume dans ces conditions ».

A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.
Le 15 mai, les gérants de cette boucherie haut de gamme du Vieux-Lille ont découvert leur enseigne vandalisée.Photo Antoine Placer. Voix du Nord. MAXPPP
REPORTAGE

A Lille, antispécistes et charcutiers à couteaux tirés

Par Stéphanie Maurice, correspondante à Lille — 20 août 2018 à 19:46

Vitrines brisées, faux sang jeté, graffitis… Dans la ville, plusieurs établissements ont été l’objet de dégradations commises par des partisans de la cause animale. Chez les commerçants, le ton monte, tandis que les militants se divisent sur la pertinence de ce type de vandalisme.

Les antispécistes passent à l’attaque. Des pavés ont été lancés dans des vitrines d’artisans – bouchers, poissonniers, fromagers… – principalement à Lille, mais aussi dans les Yvelines ou à Angers (Maine-et-Loire), accompagnés de slogans antispécistes, ce mouvement opposé à l’exploitation animale sous toutes ses formes, élevage compris. Le ministère de l’Intérieur s’en est ému, sur interpellation de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT). Dernier fait en date, à Lille, le 31 juillet : le monument en l’honneur des 20 000 pigeons voyageurs morts pour la France, messagers de la guerre de 14-18, a été tagué : «Stop spécisme.» Etonnement du quidam, qui voit dans cette stèle, unique dans l’Hexagone, une reconnaissance du rôle des oiseaux dans le conflit. Mais les militants y voient d’abord une exploitation animale. L’antispécisme va plus loin que le simple véganisme, qui bannit la consommation de tous les produits issus de l’exploitation animale.«Il n’y a pas une espèce supérieure aux autres. L’homme n’a pas le droit de les exploiter pour son propre intérêt, alors qu’il peut faire autrement», explique Camille Ots, Lilloise et coordinatrice du réseau national des bénévoles de L214, cette association qui, entre autres, filme les mauvais traitements dans les abattoirs et les diffuse.

Au départ, la protestation a consisté à asperger les boucheries de faux sang, où un simple nettoyage suffisait. Au cours du seul mois d’avril, sept ont été visées dans les Hauts-de-France. A la mi-mai, changement de braquet : la boucherie haut de gamme de la rue Esquermoise, au cœur du chic Vieux-Lille, retrouve ses deux vitrines explosées. Suivront un volailler, une poissonnerie, une rôtisserie et enfin une fromagerie, le 18 juillet. Juste en face du magasin de Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs du Nord. Comme une provocation. C’est en tout cas comme cela qu’il le prend. «C’est toujours le même principe : provoquer le maximum de dégâts pour causer un coût financier à l’entreprise», et la fragiliser, affirme-t-il. Selon la taille des vitrines, la facture va de 3 000 à 10 000 euros par magasin. Rigaud est catégorique : «C’est la volonté d’extrémistes, pour qui on ne doit pas exister. Mais on ne courbera pas l’échine.» Laurent Rigaud a porté plainte pour diffamation contre Camille Ots. Elle avait dit sur RCF, une radio catholique, que «casser des vitrines est un acte citoyen». Elle plaide le quiproquo, avoir en réalité voulu parler d’un acte de citoyens isolés, non encadré par une association. Et la plainte a été classée sans suite, tient-elle à préciser.

«Divisions»

Les échanges entre les deux camps sont à fleurets mouchetés, mais la situation pourrait s’envenimer. Laurent Rigaud menace de répliquer en septembre si la série de dégradations ne s’arrête pas. «Si L214 ou d’autres groupes végans ont des actions prévues à Lille, nous viendrons au contact et nous aurons nos propres outils de communication. Ils montrent des animaux en sang, eh bien, nous aurons des affiches des façades fracassées.» On note cependant que le président du syndicat des bouchers-charcutiers a légèrement modéré son propos : il y a peu, il parlait de s’en prendre aux magasins végans de la métropole lilloise. Pourtant, Rigaud n’est pas le plus réfractaire à la notion de bien-être animal : avant d’être boucher, il a été éleveur et respecte les bêtes même s’il les met à mort, ce qui est antinomique pour un antispéciste. Il se dit favorable à l’installation de caméras dans les abattoirs, à l’étourdissement obligatoire des animaux avant leur mise à mort, refuse l’élevage en batterie des poulets.

Camille Ots, de son côté, condamne les caillassages. «Ce ne sont pas les modes d’action que nous prônons. Nous menons des actions de sensibilisation du grand public, avec des stands d’information. La stratégie, c’est d’emmener toute la société avec nous, pas de nous la mettre à dos.» Elle souligne aussi que ces vitrines brisées «créent des divisions, même au sein de la communauté végane». Sur Facebook par exemple, beaucoup sont remontés contre ces actes radicaux qu’ils estiment inutiles. Camille Ots le reconnaît, elle a été «assez partagée» lors du premier commerce touché. D’un côté, se disait-elle, si cela ouvre le débat sur le spécisme… «Mais au fur et à mesure, j’ai mesuré les conséquences dans le débat interne, et à l’extérieur. Cela ne donne pas une bonne image du mouvement. Il ne faudrait pas que le grand public résume la lutte antispéciste à des personnes qui cassent des vitrines.»

Ce n’est pas l’avis de tous les militants, loin s’en faut. Agathe, organisatrice du mouvement antispéciste Anonymous for the Voiceless à Lille s’appuie sur les résultats de Google Trends, l’outil de mesure des mots les plus demandés sur le moteur de recherche. Depuis mai et le premier caillassage, la recherche «spécisme» explose, affirme-t-elle. La courbe s’envole effectivement, mais le lien avec les actes de vandalisme n’est pas prouvé.Fabian Santer, militant de L214, est «persuadé» que la multiplicationdes débats autour du spécisme «a été déclenchée par les pavés». Les deux refusent de condamner les bris de vitrines même si, disent-ils, eux-mêmes n’iront pas agir. «Ne faire que de la sensibilisation ne suffit pas, estime Agathe. Il y a de plus en plus de végans, de végétariens, mais l’offre animale reste importante, le nombre d’animaux tués ne baisse pas. Il faut d’autres types d’actions, plus directes et plus conflictuelles.» Elle souligne le contexte politique, avec le refus de l’Assemblée nationale au mois de mai d’interdire l’élevage des poules pondeuses en cage et la castration à vif des porcelets, ou le broyage des poussins. Fabian s’indigne : «Même [François] Ruffin a dit qu’il était opposé à l’élevage des poules en batterie, mais qu’il n’avait rien contre leur mort.» Il a le sentiment d’un combat inaudible : «Nous avons pourtant besoin de lois pour protéger les animaux.»

«Lâcheté»

Le terme de casseur ne convient pas à Agathe. Elle voudrait qu’on parle plutôt d’activistes antispécistes. A ses yeux, «une vitrine brisée, c’est dérisoire par rapport au degré de violence que subissent les animaux».Et le geste rendrait public la souffrance des espèces, par exemple celle des vaches laitières «invisibilisées» à qui on enlève les bébés pour fabriquer fromages, beurre et yaourts. La fromagère lilloise attaquée avoue ne pas bien comprendre : «Ils se trompent de cible. Nos petits producteurs respectent leurs animaux.» Laurent Rigaud brandit un argument qui fait mal : pourquoi viser des artisans, attentifs à la qualité, alors que 80 % de la viande est vendue en grande surface ? «C’est trop risqué pour eux, c’est de la lâcheté», tranche-t-il. De fait, cet aspect de la question met mal à l’aise les militants rencontrés. Camille Ots le reconnaît à demi-mot : «Ils ne veulent pas se faire attraper, ils sont encagoulés, avec des gants.» Fabian Santer est plus direct : «C’est dégueulasse de s’attaquer aux boucheries, elles ne sont qu’un maillon de la chaîne. Mais malheureusement c’est facile, et le symbole est fort.» Camille Ots trouve une autre explication : «Pourquoi ces commerces-là, en pleine ville ? Ils ont pignon sur rue, cela interpelle le chaland. Une grande surface, c’est réparé plus rapidement.» Elle en veut pour preuve une attaque contre le McDonald’s de la grand-place de Lille, dont personne n’a parlé : l’enseigne n’a pas communiqué, mais confirme par téléphone. Camille Ots l’a appris, affirme-t-elle, par les renseignements territoriaux, qui suivent de près ces affaires.

Pour Agathe, cibler les grandes surfaces comporterait un risque de mauvaise interprétation : «On verrait d’abord un message anticapitaliste, alors que le message est antispéciste.» Et le mouvement n’est pas fondamentalement contre l’industrie de la nourriture. Agathe : «Si les OGM peuvent empêcher l’abattage des animaux, je suis pour.» Fabian Santer sourit : «S’ils arrivaient à reproduire la viande en grande quantité en laboratoire, des tas de végans en mangeraient.» Lui estime cependant que les luttes sont liées : «On ne sortira du spécisme que si on sort du capitalisme : s’il y a une ressource animale à exploiter, celui-ci le fera.»

«Consumérisme»

On touche là un élément déterminant, source de divergences : si le refus de la souffrance animale unit ces militants, ils sont issus de sphères différentes, certains de la mouvance anarchiste et/ou écolo, d’autres pas du tout. Agathe explique : «Le véganisme a été totalement réapproprié par le capitalisme. C’est devenu du consumérisme, les steaks de soja, le shampooing végan. On ne parle plus des animaux, mais d’un idéal de pureté personnel.» Insuffisant pour ces militants politiques, qui veulent changer la loi. Agathe : «Il faut profiter de cette vitrine offerte pour parler des animaux, ce qui serait plus intelligent que de dire que ces militants sont des extrémistes qui desservent la cause dans les commentaires Facebook.» Fabian Santer abonde : «C’est la stratégie du good cop, bad cop. Les associations sont là pour rattraper le coup, et gagner en notoriété.» Mais il le reconnaît, «casser à tout va» n’est pas tenable sur le long terme : «Ils doivent penser à stopper les attaques contre ces commerces.» Sinon, la rentrée s’annonce tendue, avec des charcutiers excédés et prêts à en découdre.

Stéphanie Maurice correspondante à Lille

 

Gaspillage alimentaire : en 2030, 66 tonnes de nourriture seront jetées chaque seconde

Un tiers de la nourriture produite chaque année finit à la poubelle. Et le problème ne va faire que s’empirer, révèle une nouvelle étude. Plusieurs entreprises ont pourtant pris des initiatives efficaces pour réduire ce gaspillage. 

Chaque année, 1.600 milliards de tonnes de nourriture partent à la poubelle dans le monde, soit un tiers de tout ce qui est produit sur Terre. Quelques chiffres de la FAO suffisent à rendre compte de l’ampleur du phénomène. Songez par exemple qu’un tiers des récoltes de céréales et près de la moitié des fruits et légumes sont perdus au cours de la chaîne alimentaire. Que 35 % des poissons et fruits de mer pêchés sont rejetés à la mer ou que 20 % du lait produit est finalement jeté. Un gaspillage d’autant plus révoltant que dans le même temps, 870 millions de personnes souffrent de malnutrition et que la production jetée génère 8 % des émissions de gaz à effet de serre.

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30 % de la production de céréales, 45 % des fruits et légumes et 35 % des poissons sont perdus pour la consommation. © FAO

Hélas, le problème n’est pas prêt de s’arranger. D’après les projections du Boston Consulting Group (BCG), le volume des déchets alimentaires va continuer à s’accroître de 1,9 % par an d’ici 2030, soit 2.100 milliards de tonnes à cette échéance. Pour donner un ordre de grandeur, cela revient à 66 tonnes de nourriture jetée chaque seconde. L’Asie sera la région la plus touchée : « Au fur et à mesure que les habitants s’enrichissent, ils augmentent leur consommation et demandent des aliments plus variés, souvent non produits localement », détaille Shalini Unnikrishnan, une des auteurs de l’étude.

De la récolte au placard du consommateur, un gaspillage à tous les niveaux

Les pertes s’additionnent tout au long de la chaîne d’approvisionnement. La plus grosse source de gaspillage se situe au niveau de la production, avec par exemple des rongeurs ou parasites qui dévorent les récoltes ou des dégâts mécaniques qui abîment les fruits lors de la cueillette. Du côté de la chaîne d’approvisionnement, où 360 millions de tonnes sont perdues chaque année, le problème vient surtout du manque d’infrastructures adaptées (chaîne du froid inexistante dans de nombreux pays) ou de processus industriels qui se préoccupent davantage d’efficacité et de vitesse plutôt que de réduire les pertes. Enfin, au niveau de la commercialisation, les standards différents selon les pays et l’imposition de dates de péremption trop strictes aboutissent à des gaspillages équivalent à 110 milliards de dollars, estime le BCG.

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La majeure partie du gaspillage alimentaire intervient en aval et en amont de la chaîne alimentaire. C.D, Futura, d’après BCG

« Les consommateurs ont souvent une conception erronée des mesures à adopter », regrette Shalini Unnikrishnan. « Ils pensent par exemple que les fruits et légumes frais sont plus sains que les surgelés, alors que c’est le contraire. Les denrées fraîches perdent leurs nutriments lors du transport et augmentent le risque de gaspillage. » Autre dérive pointée du doigt : les promotions qui encouragent à acheter en grande quantité et qui conduisent le consommateur à jeter la nourriture qu’il n’a pas eu le temps de manger avant qu’elle ne s’abîme. Au total, résoudre l’ensemble des problèmes de la chaîne alimentaire permettrait d’économiser 700 milliards de dollars par an en nourriture, estime le BCG.

Les entreprises en première ligne pour la réduction du gaspillage

Si les gouvernements et les consommateurs ont un rôle à jouer, les entreprises doivent être le fer de lance de la lutte contre le gaspillage. Elles sont déjà nombreuses à avoir lancé des initiatives :

  • les grands semenciers (BASF, Bayer, Syngenta ou Monsanto) ont formé plus de trois millions de petits agriculteurs aux bonnes pratiques agricoles pour lutter contre les nuisibles et réduire les pertes lors de la récolte ;
  • avec son initiative des « fruits et légumes moches » lancée en 2014, Intermarché redonne une chance à des produits non « standards » d’être consommés ;
  • en Angleterre, Marks & Spencer vend ses fraises sous un emballage spécial absorbant l’éthylène, permettant d’allonger la durée de conservation de 50 % ;
  • à Taïwan, Carrefour a ouvert un restaurant où sont cuisinés les produits invendus de ses fournisseurs ou magasins ;
  • Sodexo et Ikea ont noué un partenariat avec la start-up LeanPath pour mesurer et analyser le gaspillage et sensibiliser le personnel dans les espaces de restauration collective ;
  • au Kenya, la fondation Rockefeller collabore avec la compagnie TechnoServe pour fournir aux petits paysans des unités de stockage de froid alimentées à l’énergie solaire pour conserver leurs fruits et légumes ;
  • le distributeur britannique Tesco recycle ses aliments périmés en nourriture pour animaux et son huile usagée en biodiesel ;
  • PepsiCo a revu son approvisionnement en fruits et légumes pour favoriser des fournisseurs de proximité et réduire les pertes dans le transport.
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Avec ses fruits et légumes moches, Intermarché donne une seconde chance aux produits mal calibrés. © Intermarché

Céline Deluzarche

Journaliste

Publié le 22/08/2018

 

Ce qu’il faut retenir
  • Un tiers de la nourriture produite est déjà jeté et cela ne va faire que s’empirer au fur et à mesure que les populations s’enrichissent.
  • Les pertes se produisent tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
  • Certaines entreprises ont mis en place des mesures astucieuses pour limiter le gaspillage.
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Les adhérents de Triskalia et D’aucy votent en faveur d’un rapprochement

Les membres des coopératives Triskalia et D’aucy se sont dits favorables, lors d’un vote, au rapprochement entre les deux structures, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019 après avis de l’autorité de la concurrence. Le nouveau géant de l’agroalimentaire breton table sur un chiffre d’affaires de cinq milliards d’euros.

Le vote a été approuvé « à la quasi-unanimité des adhérents », ont annoncé lundi les groupes Triskalia et D’aucy dans un communiqué, lors d’une assemblée générale qui a eu lieu respectivement les 22 juin et 6 juillet. L’union des deux entités sera suivie, « à horizon de deux ans, par la fusion de D’aucy et de Triskalia dans une coopérative unique », selon ce communiqué. Ce nouveau géant, fort d’un réseau de distribution de plus de 200 magasins, va venir concurrencer les leaders Terrena (15 000 salariés, 29 000 adhérents, 5 milliards de chiffre d’affaires) et Agrial (20 000 salariés, 14 000 adhérents, 5,2 milliards de chiffre d’affaires).

Le groupe D’aucy, groupe alimentaire coopératif, rassemble 9 000 agriculteurs adhérents sur les quatre départements bretons et emploie 4 300 salariés (1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires). Il compte 28 sites industriels en France, en Hongrie et en Espagne et réalise 30 % de son chiffre d’affaires à l’international. Le groupe coopératif agricole Triskalia fédère 16 000 agriculteurs et emploie 4 800 salariés (1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires). La coopérative compte 35 sites industriels, dont deux en Espagne.

Consommation responsable : Après le lait, le beurre arrive en rayon pour Les éleveurs vous disent Merci !

En février dernier, Intermarché et Agromousquetaires lançaient le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! », en co-construction avec 136 éleveurs de la Laiterie Saint Père (44). 5 mois plus tard, le seu…

Celine Agromedia | 13 juillet 2018 0

Consommation responsable : Après le lait, le beurre arrive en rayon pour Les éleveurs vous disent Merci ! dans - Pays de Loire beurre69% des consommateurs se disent prêts à payer plus cher leur produits alimentaires si c’est pour mieux rémunérer les agriculteurs.
En février dernier, Intermarché et Agromousquetaires lançaient le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! », en co-construction avec 136 éleveurs de la Laiterie Saint Père (44). 5 mois plus tard, le seuil des 7 millions de litres vendus a été franchi. En juillet, la gamme « les éleveurs vous disent Merci ! » s’élargit, puisqu’Intermarché annonce le lancement du beurre.

30% d’éleveurs en plus

Pour Thierry Cotillard, Président d’Intermarché, «ces chiffres dépassent largement nos prévisions les plus optimistes qui étaient d’atteindre 5 millions de litres sur une année. Cela confirme l’engagement des Français en faveur d’une consommation plus responsable : ils sont 69% à se déclarer prêts à payer plus cher leur produits alimentaires si c’est pour mieux rémunérer les agriculteurs»
C’est dans ce contexte plus que favorable qu’Intermarché lance en ce début juillet 2018 son beurre doux estampillé « Les éleveurs vous disent Merci ! », le deuxième produit de la gamme.
Président de l’organisation de producteurs, Valéry Cheneau, éleveur à Saint-Père-en-Retz, se réjouit de cet engouement : «De plus en plus de producteurs, convaincus par notre démarche, nous rejoignent dans notre organisation qui compte désormais 171 éleveurs, soit 30% de plus en quelques mois ! »

La performance de l’outil de production

Yves Audo, Président d’Agromousquetaires, le pôle agroalimentaire du Groupement Les Mousquetaires, rappelle : «La performance de notre outil de production et l’absence d’intermédiaires entre producteurs, laiterie et points de vente Intermarché nous ont permis de réussir ce challenge»
Disponible dans tous les points de vente Intermarché, le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! » se démarque par sa transparence sur la répartition du prix – clairement présentée sur le packaging. Avec une rémunération de 440 euros les 1 000 litres définie en partenariat avec les éleveurs, cette brique de lait est, dans sa catégorie, celle qui rémunère le mieux les producteurs.

Amazon Go : un deuxième magasin ouvrira ses portes cet automne

Six magasins devraient ouvrir d’ici la fin de l’année 2018

Amazon Go Seattle© GeekWire

Dès cet automne, un second point de vente Amazon Go ouvrira ses portes dans la ville de Seattle, même lieu que le premier magasin de la firme.

Au mois de janvier 2018, la firme de Jeff Bezos annonçait l’ouverture officielle d’Amazon Go, premier magasin portant directement le nom de l’entreprise. Après une mise au point longue et difficile du système, Amazon avait révélé une première boutique dont l’objectif était de mettre fin aux attentes en caisse. Remplaçant le personnel par des technologies basées sur l’intelligence artificielle, nul doute que le concept était ambitieux. Par la suite, la société avait indiqué qu’elle souhaitait ouvrir une demi-douzaine d’autres magasins d’ici la fin de l’année en cours, ciblant également les villes de Chicago et San Francisco.

Néanmoins, GeekWire indiquait dans un article daté du 3 juillet que la compagnie de ecommerce se tournait avant tout vers Seattle, la ville dans laquelle elle a ouvert sa première enseigne. Ainsi, le second magasin sera situé dans la nouvelle tour de bureaux du Madison Centre, à l’angle de la Cinquième Avenue et de la rue Marion. Par la suite, Amazon a confirmé cette prochaine ouverture, donnant un point de détail de plus : « Nous sommes excités d’amener Amazon Go au 920 5th Avenue à Seattle. Le magasin ouvrira à l’automne 2018 ».

Amazon Go Seattle

Sur les lieux, le média américain a indiqué avoir aperçu le slogan d’Amazon : « Pas de files. Pas de caisses. (Non, sérieusement) » ainsi que des rangées de bouteilles des marques Smartwater et Peligrino. Selon les dépôts de permis, le futur magasin fera la taille de 3 000 pieds, soit environ 278 mètres carrés, contre 1 800 pieds (environ 168 mètres carrés).

Quant au premier magasin, les clients semblent globalement contents de ce concept puisque l’enseigne revendique 4,5 étoiles sur l’application mobile Yelp.

800 millions de poulets : et vous, et vous, et vous…

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Photo L214

Les vidéos de L214 Éthique et Animaux  se succèdent depuis 2013. Chacune révèle, sans exception, et sans que cela soit dû au hasard, la terrible souffrance des animaux dits « de ferme » destinés, du moins est-ce ainsi qu’en ont décidé les humains, à la consommation. Et pourtant, on pourrait vivre en bonne santé en épargnant des vies animales, qui, tout autant que nous, ont un intérêt propre à exister. Mardi 12 juin, L214 a dévoilé le calvaire des poulets de chair. Entretien avec Sébastien Arsac, cofondateur, avec Brigitte Gothière, de L214, et porte-parole de l’association.

Que montre cette récente enquête, d’avril et mai derniers ?
Les images que nous avons diffusées concernent un élevage de quelque 100 000 poulets industriels élevés pour la chair, qui produit des poulets pour la marque Maître Coq. Maître Coq est une marque très connue du groupe Arrivé, filiale du géant LDC [association des sociétés Lambert et de la SA Dodard Chancereul, ndlr], premier groupe volailler européen. Il s’agit également d’un élevage « vitrine » qui accueille notamment des élèves en BTSA Productions animales, ainsi que d’autres jeunes qui passent une certification « Conduite d’élevage avicole ».

Que découvre-t-on ?
Sur le site d’exploitation, situé en Vendée, trois bâtiments de 1 500 m2 abritent plus de 30 000 poulets chacun, élevés en une quarantaine de jours sans aucun accès à l’extérieur, à une densité de plus de 21 poulets au mètre carré. Sur les images, on peut voir des plans d’ensemble avec des poulets à perte de vue, des poulets boiteux (qui ne peuvent plus atteindre les abreuvoirs), malades, en détresse respiratoire, des poulets morts… Sur la composition de leur alimentation, un antibiotique, du narasin (nom de la molécule) est systématiquement ajouté à leur nourriture. Par ailleurs, un rapport récent de la Commission européenne nous apprend qu’au niveau européen « plus de la moitié (55 %) des poulets de chair élevés à la densité maximale se trouvent en France ». Dans certains pays de l’Union européenne – Allemagne, Autriche, Suède –, la densité d’élevage autorisée en France est interdite. Nous allons porter plainte auprès du jury de déontologie publicitaire en rapport avec le discours de Maître Coq sur le bien-être animal et sur l’usage des antibiotiques, qui n’est pas conforme à leur pratique.

En septembre 2017, vous avez diffusé une première enquête concernant la marque Doux.
Celle révélée ici en est la suite, et c’est également le point de départ d’une campagne suivie et active. La viande de poulet est une des rares viandes pour lesquelles la production continue d’augmenter. Sept animaux sur dix tués en abattoir en France sont des poulets. À la suite de la diffusion de cette enquête, trente-cinq actions de rue ont eu lieu les 16 et 17 juin, dans différentes grandes villes de France. Fin de l’entretien

Huit cents millions de poulets sont tués, chaque année, en France. Et pourtant, les poulets sont des êtres sensibles, vivants… du moins au départ – 83 % connaissent ce même sort dans les élevages intensifs.
Propos recueillis par Luce Lapin

 

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