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Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Menace sur le beurre C’est qui le patron

CQLP Beurre

C’est à la fois la force et la limite de la démarche C’est qui le patron… D’abord, en affichant le prix sur les packs de ses produits, C’est qui le patron “norme” les PVC en rayons, freinant les évolutions que les coûts matière pourraient justifier. Ensuite, en instaurant le principe d’une forme de démocratie consumériste, impossible de modifier l’un des paramètres du cahier des charges (par exemple le prix) sans l’accord des sociétaires/consommateurs. Force et limite… Car le beurre C’est qui le patron est aujourd’hui menacé, à la fois par les calculs initiaux (et trop serrés) du fournisseur et par l’évolution des marchés mondiaux des sous-produits du lait. Explications en chiffres…

Depuis l’origine, le beurre C’est qui le patron est extrêmement est compétitif, trop peut-être : 2,20 € pour 250 g, qui plus est avec la garantie bio. Mais ce prix n’est plus tenable pour le fournisseur, Sodiaal. Le prix avait été calculé sur la base d’un paiement à l’éleveur de 450 €/1 000 l. Or Sodiaal paye actuellement 466 €. Première perte en ligne donc pour la coopérative. Ensuite, Sodiaal, en acceptant le marché, estimait pouvoir revendre la poudre de lait bio restante à 3 300 € la tonne. Or la valorisation actuelle n’atteint même pas 2 000 €. Conséquence : pour assurer la pérennité de la démarche, le prix en rayon devrait passer de 2,20 € à 2,94 €. Soit la bagatelle de + 30 %. D’où l’intérêt de la consultation en cours qui indiquera déjà jusqu’où les sociétaires sont prêts à aller. S’ils répondent “non” au nouveau prix suggéré, le produit disparaîtra automatiquement des rayons. S’ils l’acceptent, l’évolution des volumes vendus en dira aussi long sur la réelle volonté des consommateurs d’être des consomm’acteurs. Voilà pourquoi, et à bien des égards, le dossier “beurre CQLP” est bigrement intéressant.
Le 09 juillet 2019

source: https://www.olivierdauvers.fr/2019/07/09/menace-sur-le-beurre-cest-qui-le-patron/

Kraft Heinz plombé par les nouvelles habitudes alimentaires

Le géant américain de l’agroalimentaire connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre.

Kraft Heinz

Kraft Heinz est connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

 Le géant américain de l’agroalimentaire Kraft Heinz, connu pour son ketchup et ses biscuits d’apéritif, a dévoilé une dépréciation massive qui a fait basculer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre, ainsi qu’une enquête de l’autorité américaine des marchés sur sa comptabilité. Ces nouvelles ont fait plonger son titre à Wall Street, de 27,46% à 34,85 dollars, soit son niveau le plus bas depuis la fusion entre Kraft Foods et Heinz mi-2015. C’est la pire séance boursière du groupe en près de quatre ans.

Le groupe américain d’encas et produits transformés, l’un des plus célèbres aux Etats-Unis, a fait savoir jeudi soir 21 février dans ses résultats trimestriels qu’il avait passé une charge de dépréciation de 15,4 milliards de dollars sur deux de ses marques phares, Kraft et les produits carnés Oscar Mayer. Cette dépréciation reflète un changement du goût des consommateurs, qui se soucient de plus en plus des questions de santé et se tournent plus souvent vers les produits frais au détriment des aliments transformés.

Kraft a bâti sa notoriété sur des produits comme les macaronis au fromage prêts à manger ou des sauces d’apéritif au cheddar, tandis qu’Oscar Mayer est connu pour sa charcuterie ou ses hot-dogs. Né du rapprochement des groupes Heinz et Kraft Foods, le groupe compte parmi ses actionnaires de contrôle les milliardaires américain Warren Buffett et helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann (à la tête du fonds d’investissement 3G).

Tentant de coller à une autre préoccupation montante des consommateurs, l’environnement, Kraft Heinz avait annoncé l’an dernier qu’il souhaitait que tous ses emballages soient recyclables et réutilisables d’ici 2025.

Perte nette de 12,6 milliards de dollars

La dépréciation massive s’est soldée par une perte nette de 12,6 milliards de dollars. Par action et ajusté, le groupe affiche un bénéfice trimestriel de 84 cents, inférieur aux prévisions des analystes. Le chiffre d’affaires a quant à lui enregistré une faible progression de 0,7% à 6,9 milliards de dollars sur les trois derniers mois de 2018.

« Notre rentabilité est ressortie inférieure à nos prévisions en raison de l’inflation inattendue de certains coûts, combinée à des économies plus faibles qu’anticipé », a commenté le directeur général du groupe Bernardo Hees, cité dans le communiqué de résultats.

Le groupe a par ailleurs indiqué avoir reçu en octobre 2018 des demandes d’informations de l’autorité américaine des marchés, la SEC, qui a ouvert une enquête sur ses approvisionnements, « plus précisément ses pratiques comptables, ses procédures et contrôles internes liés à ses approvisionnements ».

Kraft Heinz précise avoir de son côté démarré une enquête interne sur ces activités, à l’aide de conseillers extérieurs. Au quatrième trimestre, à la suite de ces investigations, le groupe a enregistré « une hausse de coûts des produits de 25 millions de dollars » et estimé qu’ils n’étaient pas significatifs.

Il précise mettre en place « des améliorations de ses contrôles internes » pour remédier à ces problèmes. « Le groupe continue à coopérer pleinement avec la SEC » et ne s’attend pas à ce que les suites de ces enquêtes « aient un impact significatif sur la période actuelle ou tous comptes financiers déjà publiés ».

(Avec AFP)

Par Challenges.fr le 23.02.2019 à 10h02

 

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Après des années de pertes liées à la méfiance des Français après l’affaire de la viande de cheval, le marché des plats préparés semble aujourd’hui se relever. Les consommateurs gardent cependant une certaine méfiance vis-à-vis des plats surgelés et des conserves.

Ces dernières années ont été difficiles pour le secteur des plats cuisinés. Depuis trois ans, les ventes repartent progressivement à la hausse après des années de méfiance qui ont fait suite au scandale de la viande de cheval, provenant de l’usine Spanghero. En grandes et moyennes surfaces (qui représentent les trois quarts du marché), les ventes devraient progresser de 2,5% en 2019, soit autant qu’en 2018 selon l’analyste Xerfi France. Ainsi, à la fin de l’année, ce marché devrait atteindre au total cinq milliards d’euros et le chiffre d’affaires des fabricants de plats préparés devrait progresser de 2%.

Dégringolade depuis Spanghero et changement de méthode

En 2013, au moment du scandale de la viande de cheval, les ventes de produits cuisinés et surgelés ont lourdement chuté. Tous les secteurs étaient alors concernés, des pizzas aux plats tout faits en passant par les raviolis en conserve et les surgelés. Restaurants et fast-food s’inquiétaient comme les grandes surfaces de la méfiance des Français sur le sujet. Durant deux ou trois années, les ventes ont été incapables de se ressaisir, perdant parfois jusqu’à 50% en volume sur un an lors des pires semaines (plusieurs fois entre février et juin 2013) et près de 10% sur la seule année 2013. La perte de confiance suite à cette tromperie était alors inévitable.

L’enseigne Picard notamment a directement été impactée et a dû réagir pour rassurer les consommateurs. «Depuis cette crise, nous effectuons systématiquement des tests ADN sur tous nos produits. Nous sommes assurés désormais que nos plats préparés à base de bœuf sont 100% origine France et l’origine est systématiquement indiquée sur nos emballages», assure-t-on dans l’entreprise. Toutefois, leurs ventes ont plus nettement progressé que la moyenne. Entre 2013 et 2018, ils ont grimpé de 15%, malgré une baisse des ventes durant le scandale de près de 40%. Finalement, les seuls plats cuisinés à base de viande ont eux augmenté de 6,1% en 2017 et de 3,6% en 2018, témoignant du net rebond en place depuis deux ans.

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Autre gage de fiabilité, l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits. C’est sur ce domaine que se penchent de nombreuses entreprises depuis quelque temps, se tournant parfois vers le bio et le végétal. C’est notamment le cas des plats livrés, l’objectif étant de faire repartir tous les secteurs des plats préparés et de tourner la page du scandale Spanghero.

Aujourd’hui, les produits à forte valeur ajoutée se portent mieux

Car certains produits ne rassurent pas encore totalement. En effet, en 2018, les conserves et les surgelés amenuisent les bons résultats globaux du secteur. Ces deux types de produits, dont le marché est évalué à 2,1 milliards d’euros, séduisent moins les consommateurs. En cause, la crainte de consommer des produits «ultratransformés», comme l’explique Xerfi, mêlée à la frilosité de se procurer de «l’entrée de gamme» surgelée. Pour autant, la baisse des ventes enregistrée en 2018 sur les conserves et les surgelés devrait être moins importante en 2019, notamment suite à la mise en œuvre de stratégies industrielles qui visent à moderniser ces produits. Une promesse de montée en gamme, dont témoignent les conserves bios de et les recettes dites «premium» de certaines grandes marques.

 

 

  • Mis à jour le 21/01/2019 à 17:37

 

  • Publié le 21/01/2019 à 17:04

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Ainsi, ce sont les plats jugés plus frais qui portent clairement le secteur des plats préparés. Les plats emballés ou encore les pizzas et les entrées fraîches notamment soutiennent nettement les ventes car ils profitent, eux, d’une bonne image: pratique, plus sain et relativement abordable.

La consommation de viande en France recule depuis 10 ans

Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en dix ans, en raison d’une prise de conscience environnementale et d’une hausse des prix.

 

L’étalage d’une boucherie française, le 26 octobre 2015.

Les viandards impénitents sont-ils une espèce menacée ? Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), publiée mardi 4 septembre, la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée. Prix, impact sur la santé et considérations environnementales permettent, en partie, d’expliquer ce constat mis en lumière ces dernières années par plusieurs études.

Depuis 2007, le Crédoc mène tous les trois ans une enquête intitulée « Comportements et consommations alimentaires des Français ». En 2016, un échantillon de 1 925 adultes âgés de 15 ans et plus et de 1 164 enfants de 3 à 14 ans a été interrogé, selon une méthode immuable. « Nous demandons de renseigner tout ce qui a été mangé pendant sept jours, lors des repas et hors repas, que ce soit au domicile ou à l’extérieur », détaille Gabriel Tavoularis, directeur d’étude et de recherche au Crédoc.

Notre entretien avec Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition :   « Il n’y a pas de danger pour la santé à réduire la consommation de viande »

La charcuterie particulièrement touchée

« Le constat est sans équivoque : les Français, tous âges et catégories sociales confondus, mangent moins souvent de viande », résume M. Tavoularis. Les « produits carnés » concernés sont les viandes bovine et ovine, la volaille, le gibier ou encore la charcuterie, qu’ils soient bruts, cuisinés ou présents dans un plat transformé, comme les pizzas.

En 2007, les Français mangeaient en moyenne 153 grammes de produits carnés par jour, contre 135 grammes en 2016, soit 18 grammes de moins en dix ans.

Les Français consomment en moyenne 46 grammes de viande de boucherie par jour, soit 12 grammes de moins qu’en 2007. La consommation de charcuterie est passée en dix ans de 35 grammes par jour à 29 grammes par jour. Quant à la volaille, elle a relativement stagné, passant de 34 à 33 grammes par jour.

La consommation de viande diminue

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour.
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers2007201020132016

SOURCE : CREDOC

Si cette baisse de la consommation de produits carnés concerne toutes les catégories sociales et toutes les générations, les jeunes de 18-24 ans semblent les moins concernés par cette évolution. « On constate chez cette génération, une consommation importante de produits carnés, par le biais de plats transformés, comme les pizzas, les hamburgers, les sandwichs », rapporte le directeur d’étude du Crédoc, qui évoque des « individus pressés, qui mangent davantage à l’extérieur et prennent moins de temps pour cuisiner ». Cette hausse de la consommation de plats transformés (les « ingrédients carnés » dans les deux graphiques) est d’ailleurs constatée dans l’ensemble de la population.

Les 18-24 ans, plus grands consommateurs de produits carnés

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés en g/jour, en 2016
0 g/jour25 g/jour50 g/jour75 g/jour100 g/jour125 g/jour150 g/jour175 g/jourIngrédients carnésCharcuterieVolaille, gibierViande de boucherieProduits tripiers18-24 ans25-34 ans35-44 ans45-54 ans55-64 ans65-74 ans75 ans et plus

18-24 ans
● Ingrédients carnés: 37 g/jour
● Charcuterie: 25 g/jour
● Volaille, gibier: 39 g/jour
● Viande de boucherie: 46 g/jour
● Produits tripiers: 2 g/jour
SOURCE : CRÉDOC

« Un marqueur social fort »

Autre constat, les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées restent plus concernées par ce changement d’habitudes alimentaires. Dans le haut de l’échelle sociale, on consommait 140 grammes de viande en moyenne par jour en 2007, contre 113 grammes aujourd’hui, soit une baisse de 19 %. C’est chez les ouvriers que les quantités de viande consommées restent les plus importantes, avec 151 grammes par jour en moyenne. Mais là encore, la baisse est sensible (de 15 %).

En dix ans, forte baisse des produits carnés chez les cadres et les ouvriers

Quantités moyennes journalières de produits carnés consommés par les adultes (18 ans et plus), selon la profession ou catégorie socioprofessionnelle du responsable du ménage (en gramme par jour).
0 g/jour50 g/jour100 g/jour150 g/jour200 …20072016OuvrierAgriculteur, artisan,commerçant, chefd’entrepriseEmployéProfession intermédiaireCadre, professions libérales

SOURCE : CREDOC

« La consommation de viande est un marqueur social fort. On remarque chez les ouvriers que cela reste inconcevable, encore aujourd’hui, de faire un repas sans viande », souligne M. Tavoularis. « Signe de prospérité durant les trente glorieuses », l’image de la viande a évolué au cours du siècle passé, rappelle-t-il :

« Il y a quelques décennies, les recommandations étaient de manger de la viande à chaque repas, alors que maintenant on suggère de consommer de la viande, du poisson ou des œufs une fois par jour. »

Témoignages de consommateurs de viande :   « J’en mange moins, mais mieux. »

Les considérations de santé expliqueraient, en partie, cette baisse de la consommation de produits carnés. Dès les années 1980, le consommateur a commencé à recevoir des « alertes nutritionnelles, sur le cholestérol par exemple », expliquait ainsi Pierre Combris, directeur de recherches honoraire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), sur Europe 1 en 2017.

En 2015, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait confirmé ces inquiétudes en établissant un lien entre la consommation abusive de viande rouge et certains cancers. « Ces messages sont entrés progressivement dans les consciences, avant que les modes de consommation commencent à changer, vers un modèle consistant à manger moins de viande, mais mieux », détaille le directeur de recherche.

Hausse des prix

Une raison plus prosaïque permet également de comprendre cette baisse : le prix de la viande a augmenté ces dernières années plus rapidement que l’inflation, comme le confirme un rapport de France AgriMer publié en 2015. « La viande devient peu à peu un produit de luxe, que l’on consomme avec plus de sobriété, un peu comme le vin de table bas de gamme qui a disparu au profit d’une consommation plus festive », analyse M. Tavoularis.

Le rapport du Crédoc souligne d’ailleurs que la patrie de Rabelais entretient « une bonne image de la viande ». Plus de 90 % des personnes interrogées la considèrent comme un aliment « nourrissant »« qui a du goût » et qui « fait partie des aliments qu’on a plaisir à manger ».

Notre enquête :   Se nourrir sainement quand on est pauvre

Une explication d’ordre moral explique également l’émergence de ce nouveau modèle alimentaire. Le bien-être animal, l’environnement, le coût en émission de CO2 de la production de viande constituent autant d’éléments auxquels les Français sont attentifs. « Aujourd’hui, cela fait bien de ne pas manger trop de viande, certains cadres s’en vantent, alors que c’était l’inverse il y a trente ans », rappelle le directeur de recherche.

En 2018, 35 % des Français, et 43 % des cadres, déclarent en effet avoir réduit leur consommation de viande, vers un modèle « flexitarien », selon une autre enquête du Crédoc sur les comportements alimentaires. L’étude souligne d’ailleurs que le nombre de personnes n’ayant pas consommé de viande durant une semaine, et pouvant être assimilées à des végétariens, a été multiplié par trois, passant de 0,3 % à 1 %. Signe que la consommation de viande est encore loin d’être menacée de disparition dans l’Hexagone.

Les conclusions de Terra Nova :   le règne de la viande est révolu

LE MONDE | 06.09.2018 à 06h28 • Mis à jour le 06.09.2018 à 15h12 |Par Cécile Bouanchaud

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau

 

Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau à Rotterdam, aux Pays-Bas. | @BELADON

 

Une entreprise spécialisée dans les bâtiments flottants construit actuellement une ferme laitière au beau milieu du port de Rotterdam. Parfaitement autosuffisante, la structure pourra accueillir 40 vaches minimum et produire 800 litres de lait par jour. Un moyen de rapprocher producteurs et consommateurs en installant des lieux de culture et d’élevage au cœur de la ville.

Produire du lait sur l’eau ? Apparemment c’est possible, et en passe de devenir une réalité à Rotterdam (Pays-Bas). Depuis début août, une étrange structure est apparue dans le port de Merwehaven : les fondations d’une future ferme laitière flottante, la première du monde, conçue par la société Beladon.

Pensé sur trois niveaux, le bâtiment consacré à l’agriculture urbaine hébergera d’ici quelques mois 40 vaches minimum, capables de produire 800 litres de lait par jour. Cela permettra de fournir la ville en divers produits sans avoir à utiliser des moyens de transport polluants, rapporte RTL.

Autonome et écologique

La future ferme aura tout pour être autonome et fonctionner dans une logique d’économie circulaire et locale. 80 % des déchets industriels de la ville (pelouse tondue des stades, pelures de légumes des restaurants) serviront à nourrir les vaches. Une serre high-tech dans la ferme produira le reste.

Pays-Bas. Une ferme laitière va bientôt voir le jour… sur l’eau dans AGRO fQ7BSdRc_normal

AgCrowd@AgCrowd

The world’s first « floating farm » – an offshore dairy farm opens in the Netherlands aiming to help Rotterdam produce more of its own food sustainably. What do you think?http://www.agcrowd.com.au 

 

Des panneaux solaires sur le toit permettront d’offrir une indépendance énergétique au bâtiment, le fumier des bêtes servira d’engrais et l’eau de pluie sera récupérée et réutilisée. Enfin, la ferme comprendra un atelier de transformation et conditionnement du lait en produits tels que des yaourts, des crèmes et du fromage.

L’agriculture urbaine, une nécessité

Peter van Wingerden, ingénieur chez Beladon, est à l’origine du projet. « En voyant la dévastation causée par l’ouragan Sandy, j’ai été frappé par la nécessité de produire de la nourriture le plus près possible des consommateurs », explique à la BBC celui qui vivait à New York en 2012 au moment de la catastrophe.

L’agriculture urbaine est aujourd’hui envisagée comme une nécessité absolue : en 2050, 70 % de la population mondiale vivra en ville, contre 55 % aujourd’hui, rappelle Futura Sciences. Rapprocher les lieux de culture des consommateurs est un enjeu économique et écologique considérable. Les Pays-Bas hébergent déjà la plus grande ferme urbaine d’Europe : 1 200 m² de concombres, tomates, aubergines et autres légumes à La Haye.

Ouest-France avec agence

LEVÉES DE FONDS EN CRYPTO-MONNAIES : FAUT-IL AVOIR PEUR DU SUCCÈS DES ICOS ?

Les levées de fonds en crypto-monnaies, baptisées ICOs (initial Coin offering) explosent. Sur les 6 premiers mois de l’année, plus de 10 milliards de dollars ont été réunis de cette manière dans le monde. En France, ce nouveau de moyen de financement en est encore à ses prémices, mais le gouvernement veut le développer. Un article est ainsi consacré à son encadrement dans la loi Pacte.

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Depuis début 2018, les ICOs ont permis de lever 10 milliards de dollars.
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Dans quelques mois, la France devrait être le premier pays au monde à avoir une réglementation sur les ICOs. Cet acronyme signifie « Initial Coins Offering », c’est-à-dire des levées de fonds en crypto-monnaies (voir le fonctionnement ci-dessous). Et celles-ci connaissent un succès fulgurant. « Une révolution est en cours, dont le bitcoin n’était que le précurseur (…) La blockchain va offrir des opportunités inédites à nos startups pour lever des fonds », assure le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Selon le site de référence Coinschedule, depuis janvier plus de 400 ICO auraient permis de lever 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) dans le monde. Certaines d’entre elles, comme celle de la messagerie Telegram, ont atteint plus d’1,7 milliard de dollars ! Et selon plusieurs observateurs, des entreprises du CAC 40 seraient prêtes à se lancer…

Un mode d’émission qui préfigure l’avenir mais reste risqué

En France, si on dénombre seulement une quarantaine d’opérations de ce genre à ce jour selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), c’est que l’environnement ne s’y prêtait guère. Aussi, plusieurs startups ont réalisé d’importantes ICOs depuis la Suisse. Mais le gouvernement entend bien inverser le cours des choses.

Dans le projet de loi Pacte, présenté début juin, un article est consacré à la création d’un cadre incitatif et souple, avec un système de visa, doit permettre de les développer. Il s’agirait de la première réglementation mondiale sur les ICOs, affirme le gouvernement même si d’autres pays comme la Suisse voient les autorités de marché émettre des tampons validant la crédibilité des démarches.

Manque de garantie

L’enjeu est important. Sur ce marché non régulé, le mode d’émission des ICOs « préfigure sans doute l’avenir, mais il n’offre aujourd’hui aucune garantie réelle aux souscripteurs », souligne l’ancien sous-gouverneur de la Banque de France, Jean-Pierre Landau, dans son rapport sur les crypto-monnaies remis le 4 juillet à Bercy (1). Les arnaques sont encore fréquentes et peuvent faire perdre aux investisseurs la totalité de leur mise, avertit de son côté l’AMF.

Autre problème, ces levées de fonds émettent des actifs numériques, des jetons appelés Tokens, que les investisseurs achètent en cryptomonnaie. Mais les bénéfices qui y sont associés ne sont pas toujours très clairs : s’agit-il d’un droit de vote, de propriété, d’usage ? Il faut également se méfier de la volatilité des cours des cryptomonnaies. Ceux-ci font parfois les montagnes russes comme on a pu le voir ces derniers mois avec le bitcoin, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur ces derniers mois.

La complexité du processus et les risques associés demandent un accompagnement que les entreprises n’hésitent plus à solliciter. C’est notamment pour cela que l’agence de communication Havas a créé une offre dédiée. « La blockchain ou les cryptomonnaies sont devenues des ‘buzzwords’ , mais il faut avoir un intérêt à ‘tokeniser’ son business model (donner accès à un service lancé par une société dans la blockchain, ndr) pour faire une levée de fonds en cryptomonnaies et ce n’est pas toujours bien compris…Chaque mois, nous recevons une centaine de projets, dont beaucoup d’ICO. Nous en retenons très peu », souligne Fabien Aufrechter, responsable d’Havas blockchain.

Ne pas tuer la dynamique

La réglementation à venir permettra-t-elle de développer cette nouvelle façon de lever de l’argent ? La consultation lancée par l’AMF avant la loi Pacte montrait qu’une large majorité des acteurs de l’économie numérique, des avocats et professionnels de la finance soutenaient l’idée d’une réglementation, souple pour assurer la sécurité des investisseurs tout en préservant l’attractivité de la France. Mais d’autres observateurs restent sceptiques sur l’urgence et la pertinence d’une telle démarche pour une technologie et un marché encore très évolutif.

« Imposer des bonnes pratiques est louable », écrit, dans une tribune (2), François-Xavier Thoorens, président et CTO d’Ark System, qui détient Ark, la plus importante crypto-monnaie française. « Il est temps en effet de moraliser le secteur ». Mais le projet de réglementation comporte des « lacunes majeures en termes monétaires, bancaires et fiscales », estime-t-il. Il craint que cela puisse « tuer le développement du secteur de la blockchain en France beaucoup plus sûrement que la concurrence étrangère ».

Béatrice Héraud @beatriceheraud 

(1) le rapport est à consulter ici 

(2) la tribune est à lire ici

 

Encadré : Comment fonctionnent les ICO ?

La première ICO (“Initial Coin Offering”) a été lancée en 2013. Ce type de levée de fonds d’un nouveau genre consiste à émettre des actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies, comme le bitcoin ou l’éther par exemple. Ces actifs sont des jetons, appelés tokens. Ils sont créés par l’entreprise à l’origine de l’ICO et peuvent être achetés par tout un chacun en échange de cryptomonnaies. Ces tokens ne sont pas des actions mais permettent un droit d’usage du futur service proposé par l’entreprise émettrice. Pour lancer son ICO, l’entreprise réalise une annonce publique via un executive summary qui résume l’objectif de la société puis un white paper est diffusé aux investisseurs potentiels. Les investisseurs qui participent à la levée de fonds via une cryptomonnaie reçoivent ensuite des tokens.

Consommation responsable : Après le lait, le beurre arrive en rayon pour Les éleveurs vous disent Merci !

En février dernier, Intermarché et Agromousquetaires lançaient le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! », en co-construction avec 136 éleveurs de la Laiterie Saint Père (44). 5 mois plus tard, le seu…

Celine Agromedia | 13 juillet 2018 0

Consommation responsable : Après le lait, le beurre arrive en rayon pour Les éleveurs vous disent Merci ! dans - Pays de Loire beurre69% des consommateurs se disent prêts à payer plus cher leur produits alimentaires si c’est pour mieux rémunérer les agriculteurs.
En février dernier, Intermarché et Agromousquetaires lançaient le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! », en co-construction avec 136 éleveurs de la Laiterie Saint Père (44). 5 mois plus tard, le seuil des 7 millions de litres vendus a été franchi. En juillet, la gamme « les éleveurs vous disent Merci ! » s’élargit, puisqu’Intermarché annonce le lancement du beurre.

30% d’éleveurs en plus

Pour Thierry Cotillard, Président d’Intermarché, «ces chiffres dépassent largement nos prévisions les plus optimistes qui étaient d’atteindre 5 millions de litres sur une année. Cela confirme l’engagement des Français en faveur d’une consommation plus responsable : ils sont 69% à se déclarer prêts à payer plus cher leur produits alimentaires si c’est pour mieux rémunérer les agriculteurs»
C’est dans ce contexte plus que favorable qu’Intermarché lance en ce début juillet 2018 son beurre doux estampillé « Les éleveurs vous disent Merci ! », le deuxième produit de la gamme.
Président de l’organisation de producteurs, Valéry Cheneau, éleveur à Saint-Père-en-Retz, se réjouit de cet engouement : «De plus en plus de producteurs, convaincus par notre démarche, nous rejoignent dans notre organisation qui compte désormais 171 éleveurs, soit 30% de plus en quelques mois ! »

La performance de l’outil de production

Yves Audo, Président d’Agromousquetaires, le pôle agroalimentaire du Groupement Les Mousquetaires, rappelle : «La performance de notre outil de production et l’absence d’intermédiaires entre producteurs, laiterie et points de vente Intermarché nous ont permis de réussir ce challenge»
Disponible dans tous les points de vente Intermarché, le lait « Les éleveurs vous disent Merci ! » se démarque par sa transparence sur la répartition du prix – clairement présentée sur le packaging. Avec une rémunération de 440 euros les 1 000 litres définie en partenariat avec les éleveurs, cette brique de lait est, dans sa catégorie, celle qui rémunère le mieux les producteurs.

800 millions de poulets : et vous, et vous, et vous…

800 millions de poulets : et vous, et vous, et vous… dans ACTEURS carrousel-enquete800millions-900x253

Photo L214

Les vidéos de L214 Éthique et Animaux  se succèdent depuis 2013. Chacune révèle, sans exception, et sans que cela soit dû au hasard, la terrible souffrance des animaux dits « de ferme » destinés, du moins est-ce ainsi qu’en ont décidé les humains, à la consommation. Et pourtant, on pourrait vivre en bonne santé en épargnant des vies animales, qui, tout autant que nous, ont un intérêt propre à exister. Mardi 12 juin, L214 a dévoilé le calvaire des poulets de chair. Entretien avec Sébastien Arsac, cofondateur, avec Brigitte Gothière, de L214, et porte-parole de l’association.

Que montre cette récente enquête, d’avril et mai derniers ?
Les images que nous avons diffusées concernent un élevage de quelque 100 000 poulets industriels élevés pour la chair, qui produit des poulets pour la marque Maître Coq. Maître Coq est une marque très connue du groupe Arrivé, filiale du géant LDC [association des sociétés Lambert et de la SA Dodard Chancereul, ndlr], premier groupe volailler européen. Il s’agit également d’un élevage « vitrine » qui accueille notamment des élèves en BTSA Productions animales, ainsi que d’autres jeunes qui passent une certification « Conduite d’élevage avicole ».

Que découvre-t-on ?
Sur le site d’exploitation, situé en Vendée, trois bâtiments de 1 500 m2 abritent plus de 30 000 poulets chacun, élevés en une quarantaine de jours sans aucun accès à l’extérieur, à une densité de plus de 21 poulets au mètre carré. Sur les images, on peut voir des plans d’ensemble avec des poulets à perte de vue, des poulets boiteux (qui ne peuvent plus atteindre les abreuvoirs), malades, en détresse respiratoire, des poulets morts… Sur la composition de leur alimentation, un antibiotique, du narasin (nom de la molécule) est systématiquement ajouté à leur nourriture. Par ailleurs, un rapport récent de la Commission européenne nous apprend qu’au niveau européen « plus de la moitié (55 %) des poulets de chair élevés à la densité maximale se trouvent en France ». Dans certains pays de l’Union européenne – Allemagne, Autriche, Suède –, la densité d’élevage autorisée en France est interdite. Nous allons porter plainte auprès du jury de déontologie publicitaire en rapport avec le discours de Maître Coq sur le bien-être animal et sur l’usage des antibiotiques, qui n’est pas conforme à leur pratique.

En septembre 2017, vous avez diffusé une première enquête concernant la marque Doux.
Celle révélée ici en est la suite, et c’est également le point de départ d’une campagne suivie et active. La viande de poulet est une des rares viandes pour lesquelles la production continue d’augmenter. Sept animaux sur dix tués en abattoir en France sont des poulets. À la suite de la diffusion de cette enquête, trente-cinq actions de rue ont eu lieu les 16 et 17 juin, dans différentes grandes villes de France. Fin de l’entretien

Huit cents millions de poulets sont tués, chaque année, en France. Et pourtant, les poulets sont des êtres sensibles, vivants… du moins au départ – 83 % connaissent ce même sort dans les élevages intensifs.
Propos recueillis par Luce Lapin

 

Comment Alibaba veut mettre l’agriculture à l’heure de l’intelligence artificielle

ActualitéAsieBusinessFoodTechTech

Comment Alibaba veut mettre l’agriculture à l’heure de l’intelligence artificielle

• 07/06/2018

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Comment Alibaba veut mettre l’agriculture à l’heure de l’intelligence artificielle dans ACTEURS Image(1)

 Crédit : dmitry_islentev / Shutterstock

Alibaba Cloud, la filiale de cloud computing du géant chinois du e-commerce, a lancé aujourd’hui son initiative ET Agricultural Brain. Présenté à l’occasion de sa conférence cloud organisée à Shangai, le projet, déjà à l’oeuvre dans plusieurs fermes à travers le pays, utilise des technologies telles que la reconnaissance d’images, la reconnaissance vocale ou le machine-learning, afin d’optimiser les performances des exploitations. Des capteurs intelligents permettent de recueillir les données, destinées à monitorer en temps réel les conditions d’exploitation et à nourrir les algorithmes d’intelligence artificielle du programme. Alibaba donne ainsi l’exemple de l’élevage porcin : le programme peut surveiller l’activité de chaque animal pour en déduire un plan d’alimentation personnalisé, suivre son état de santé général en détectant le bétail malade et évitant les accidents, réduire les erreurs humaines, ou observer l’environnement pour tendre vers la configuration optimale.

Fournisseur de solutions technologiques

Pour déployer sa technologie avec plus d’efficacité, Alibaba préfère fournir contre redevance sa plateforme logicielle aux sociétés agricoles et aux coopératives, qui se chargent ensuite de former les agriculteurs, plutôt que d’adresser directement ces derniers. Les données recueillies resteraient propriété des clients de la solution, selon un porte-parole d’Alibaba répondant à une question du site spécialisé Tech In Asia. En plus de fournir la technologie, Alibaba aide aussi les agriculteurs de distribuer leurs produits via Tmall.com.

La communiqué de presse d’Alibaba se félicite de ses premiers résultats de son intelligence artificielle, en avançant plusieurs indicateurs de performance sur les fermes qui ont déployé le programme : ET Agricultural Brain aurait permis « d’augmenter la production annuelle d’une truie de trois nouveaux nés, tout en réduisant la mort non naturelle de 3%. On estime que le nombre de porcs par truie par an (PSY), un indicateur important de l’efficacité de l’industrie, passera à 32, ce qui renforcera l’efficacité de l’industrie chinoise sur celle des pays les plus avancés. » Tequ Group, qui utilise la solution, souhaite élever 10 millions de porcs d’ici 2020 – objectif qui selon le partenaire d’Alibaba, « ne pourrait être atteint par aucun dispositif d’automatisation ordinaire, et encore moins humain. »

Selon Simon Hu, senior vice-president du groupe Alibaba et président d’Alibaba Cloud, « L’industrie de l’agriculture et de l’élevage est un secteur stratégique qui touche la vie de milliards d’individus en Chine. À l’avenir, ET Agricultural Brain peut être adopté dans de nombreux autres secteurs, y compris la sylviculture et la pêche, aidant les entreprises et les agriculteurs individuels à accroître leur efficacité et améliorer la qualité de la production et à offrir une option plus verte et plus saine aux consommateurs. »

ET Brain, le programme global d’Alibaba

Ce programme fait partie de l’ambition globale d’Alibaba, destinée à disrupter divers pans de marché et enjeux sociétaux grâce à l’intelligence artificielle : smart cities, véhicules autonomes, production industrielle, santé, protection de l’environnement sont parmi les sujets que compte adresser Alibaba, via ET Brain. L’ambition des entreprises chinoises pour prendre le lead global en matière d’intelligence artificielle n’est plus à démontrer. Dans cette course de vitesse mondiale, elles sont pleinement soutenues par les autorités, qui affichent la volonté politique de faire du pays le champion mondial du sujet d’ici 2030, grâce à l’exécution d’un plan de développement national. En termes de technologies, la Chine s’appuie tout particulièrement sur la reconnaissance faciale, qui s’intègre chaque jour un peu plus dans le quotidien des Chinois, à des fins de consommation ou de surveillance par les autorités. Citons ainsi les licornes Megvii et SenseTime ou la start-up CloudWalk.

IA et agriculture : un marché de 2,6 milliards de dollars d’ici 2025

Mais le groupe de Jack Ma n’est pas évidemment pas le seul à vouloir utiliser l’intelligence artificielle au service de l’agriculture. Drones, machines autonomes, capteurs, outils connectés… Les perspectives du smart farming sont infinies et suscitent l’intérêt marqué des investisseurs et des entreprises. Outre les startups dédiées, les éditeurs de plateformes SaaS comme Salesforce adressent aussi ce segment avec des offres spécifiques. Le marché de l’IA en matière d’agriculture, évalué à 520 millions de dollars en 2017, devrait croître de plus de 20% par an, pour atteindre 2,6 milliards de dollars, à horizon 2025, d’après Research and Markets.

source:

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