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Fermentalg ambitieux avec Protéines France

Fermentalg ambitieux avec Protéines France
Crédit photo © Fermentalg

(Boursier.com) — Fermentalg rejoint l’association Protéines France dans le cadre du développement de sa plateforme dédiée aux protéines alternatives. Protéines France est le consortium français d’entreprises ayant pour ambition d’accélérer le développement du secteur des protéines végétales et issues de nouvelles ressources (algues, champignons, etc.) et de faire de la France un leader mondial du domaine. Coordonnée par l’IAR, le Pôle de Compétitivité dédié à la Bio-économie, l’association compte 6 membres fondateurs (Avril, Limagrain, Terreos, Terrena, Roquette et Vivescia) et 13 adhérents dont Fermentalg.

En structurant et initiant une dynamique fédératrice sur toute la chaîne de valeur, de la production des ressources (végétales, algues, insectes, micro-organismes) jusqu’aux consommateurs, Protéines France s’est imposé comme le représentant des filières des protéines végétales et alternatives. L’association participe au développement du secteur afin de saisir les opportunités de croissance et de création d’emplois offertes par l’augmentation de la demande de protéines dans le monde. Protéines France intervient notamment au Protein Summit, la conférence mondiale dédiée au secteur, en présentant l’exemple unique de la structuration des acteurs français et en animant une session stratégique visant à contribuer à la définition d’une vision du secteur à l’horizon 2030.

Avec des profils nutritionnels et environnementaux nettement différenciés par rapport à ceux des protéines végétales, les protéines de micro-algues se positionnent comme une alternative plus complète et durable aux protéines animales. Par sa maîtrise des techniques de sélection naturelle et de fermentation à échelle industrielle, Fermentalg  »vise la production de protéines algales très nutritives, avec une empreinte environnementale bien plus faible que celle des protéines animales, notamment en matière de consommation de terres arables, d’eau potable, d’engrais, de pesticides et autres polluants ». Les protéines de micro-algues sont également adaptées aux populations végétariennes et véganes, et offrent des solutions durables face à l’épuisement des ressources agricoles et à la question croissante de la souffrance animale dans les circuits de production intensive de protéine animale.

Fermentalg vise en priorité les segments de marché ou la demande en protéines alternatives est la plus forte : la nutrition pour sportifs, le ‘Weight Management’ et la nutrition médicalisée, en particulier chez les séniors.

Après avoir réalisé plusieurs campagnes de fermentation à l’échelle pilote, Fermentalg entre dans une phase de pré-industrialisation. L’objectif est une montée en échelle du procédé de fabrication afin de fournir des échantillons commerciaux à ses premiers clients dès 2020. Préalablement, les dossiers réglementaires en vue d’obtenir les autorisations de commercialisation en Europe et aux Etats-Unis vont être déposés d’ici fin octobre 2019.

« Les discussions engagées avec plusieurs partenaires industriels et commerciaux potentiels ont révélé un très fort intérêt pour les protéines algales au sein du marché en plein essor des protéines alternatives (autres que viande, poisson, lait et oeuf), qui représentait 8 milliards de dollars en 2018 et pour lequel on estime un taux de croissance annuel moyen de 7% pour la période 2017-2024″, se félicite Fermentalg.

source!: Boursier.com https://www.boursier.com/actions/actualites/news/fermentalg-ambitieux-avec-proteines-france-805264.html?rss

Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

250.000 œufs contaminés ont été « mis sur le marché » en France

Invité ce matin de BFMTV-RMC, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a réagi à la polémique autour des œufs contaminés au Fipronil. Selon lui, « il ne s’agit pas d’un scandale sanitaire mais d’une fraude caractérisée » même si près de 250.000 œufs contaminés ont été commercialisés en France.

Les Français peuvent continuer à consommer des œufs sans danger. Alors que des millions d’œufs, commercialisés dans une douzaine de pays européens, ont été contaminés au Fipronil -dont l’usage sur les animaux destinés à la consommation est pourtant interdit- le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est montré rassurant au micro de BFMTV-RMC.

Commentant les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), saisie en début de semaine pour mener des enquêtes de traçabilité et évaluer les risques auxquels les consommateurs ont été potentiellement exposés, Stéphane Travert a indiqué que « le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux (de Fipronil, NDLR) constatés » dans les produits analysés.

À ce stade, « nous ne faisons donc pas face à un scandale sanitaire mais à une fraude sur un produit interdit en France » a précisé le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, estimant que « l’avis de l’Anses constitue une bonne nouvelle ».

Selon Stéphane Travert, le Fipronil a été introduit dans l’Hexagone « car les entreprises fabriquant des ovoproduits ont été trompées par leurs fournisseurs ». Pour rappel treize lots d’œufs contaminés, en provenance de la Belgique et des Pays-Bas, ont été livré à différents acteurs de l’industrie agroalimentaire.

Des œufs en coquille contaminés vendus en France

Le ministre a rappelé que les œufs en coquille issus des élevages français ne sont absolument pas concernés par cette crise bien qu’un éleveur ayant utilisé du Fipronil s’est « spontanément fait connaître » des autorités sanitaires.

Stéphane Travert a cependant indiqué que quelque 196.000 œufs en coquille (provenant de Belgique) et contaminés au Fipronil ont été vendus en grande surface entre le 16 avril et le 2 mai. « Ces oeufs ont déjà été consommés, sans impact pour la santé » a-t-il précisé.

Originaire des Pays-Bas, un second lot d’œufs en coquille, soit 48.000 unités, a également été commercialisé dans l’Hexagone. Vendus au sein de l’enseigne Leader Price, leurs coquilles portent le numéro 0NL43651-01. Selon le ministre, les clients « peuvent les consommer sans aucun danger ».

Enfin, Stéphane Travert a précisé que « tous les produits transformés (pâtisseries industrielles, plats cuisinés,…), contenant des œufs en provenance des pays concernés seront retirés du marché pour analyse, puis remis en vente en fonction des résultats ».

A.M.

Nutri-Score: classer un aliment en rouge, orange ou vert

Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique.

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REUTERS
Nutri-Score: comment marche la recette d’Oxford pour classer un aliment en rouge, orange ou vert

SANTÉ – Le ministère de la Santé a tranché. Il a retenu l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score et son code à 5 couleurs, du vert au rouge, pour informer les Français sur la qualité de leurs aliments. Il va entrer en application en avril, a annoncé ce 15 mars la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Élaboré sur la base des travaux de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), il avait la faveur des nutritionnistes au lancement du test en septembre.

En effet, derrière son code couleur ultra simple, il prend en compte suffisamment de critères pour distinguer la bonne de la mauvaise pizza au fromage, par exemple. De quoi encourager des choix plus sains en rayon, et d’influencer les recettes des industriels.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement:

Comment marche Nutri-Score

La vignette Nutri-Score va du vert foncé au rouge, en passant par l’orange. Elle indique quels sont les aliments que l’on devrait manger souvent, ou occasionnellement et en petite quantité.

 

 

 dans AGROMINISTERE DE LA SANTE

 

Si le résultat est simple, le calcul qui y aboutit est un peu plus complexe. « On part des données sur les étiquettes, et on effectue un calcul très transparent, conçu par des confrères d’Oxford, explique serge Hercberg, spécialiste de la nutrition à l’Inserm, dont les travaux ont servi de base au Nutri-Score. Ensuite, on l’a adapté aux spécificités de notre alimentation. »

Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique, comme on peut le voir dans ce rapport de mars 2015 publié par l’Anses. Ce score est ensuite minimisé par la teneur en protéines et en fibres.

Sur 13.000 produits de marque étudiés par l’Inserm, les scores varient de -5 pour les mieux notés à 25 pour les moins recommandables.

 

 dans nutrition santeANSES

 

Pourquoi l’huile d’olive n’aura pas la pastille rouge

Le but du Nutri-Score est autant d’informer les consommateurs sur leur alimentation, que les orienter vers des choix plus sains. Dans une même catégorie de produit, il est conçu pour distinguer les bons des mauvais élèves. « L’intérêt du logo n’est pas de dire qu’il vaut mieux manger des brocolis que des chips, tout le monde le sait », décrypte Serge Hercberg pour le HuffPost.

Ainsi, au rayon chips, la version classique va être en orange, celle au fromage en rouge, mais les tortillas au maïs pourra être en vert. Même chose pour les 35 marques de muesli aux pépites de chocolat, ou les 20 marques de pizza au fromage dans le commerce, dont les Nutri-Score vont du vert au rouge.

Aussi, la méthodologie anglaise de base a été modifiée pour mieux prendre en compte trois catégories d’aliments: les fromages, les boissons sucrées et les matières grasses ajoutées (huile, beurre…).

Alors qu’ils devraient tous être en rouge, les fromages les moins gras, les sodas les moins sucrés, seront en orange pour encourager leur consommation. Et parce que l’huile d’olive expose moins aux maladies cardiovasculaires que le beurre, elle sera aussi en orange.

Comment les industriels peuvent passer du rouge à l’orange

Cet étiquetage sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire. Jugeant le Nutri-Score stigmatisant, les industriels et la grande distribution avaient réclamé une étude en conditions réelles d’achat.

« C’est la deuxième idée de ce barème, dont on attend beaucoup. Faire pression pour améliorer les produits », anticipe Serge Hercberg, de l’Inserm, pour le HuffPost.

« Je compte sur la pression des consommateurs, qui demandent à être informés, pour que les industriels s’engagent dans cette voie », insiste Marisol Touraine, ministre de la santé.

Grâce aux barèmes publics sur l’attribution des points en fonction des teneurs en sel, gras, sucre, etc., les industriels auront les cartes en main pour modifier leur recette et passer à la catégorie supérieure. Du rouge à l’orange foncé, à l’orange clair, et ainsi de suite.

publié par http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/15/nutri-score-comment-marche-la-recette-doxford-pour-classer-un/

le 15/03/2017 14:21 CET | Actualisé 16/03/2017 14:24 CET

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort. Manger de tout en quantité raisonnable est l’option qui présente le moins de risques pour bien grandir d’abord, et bien vieillir ensuite.

S’opposant au fait que l’on puisse exploiter et tuer des animaux, plusieurs associations « vegan » ont manifesté au Salon de l’agriculture. De nouvelles attaques qui ont amené l’ensemble des syndicats agricoles (JA, Coordination rurale, FNSEA et Confédération paysanne) à faire front commun pour afficher leur ras-le-bol de cette « culpabilisation des consommateurs » et « stigmatisation des éleveurs. »

Attaques qui finissent par accroître le doute dans l’esprit des consommateurs, de moins en moins enclins à manger de la viande. Et à mettre mal à l’aise l’ensemble des filières de productions animales. Invité à l’occasion des 70 ans de l’entreprise Michel, Philippe Legrand, directeur du laboratoire de biochimie – nutrition humaine de l’AgroCampus Rennes et de l’unité Inra associée, a apporté un regard purement scientifique dans ce débat virulent. Sans même parler du plaisir lié à une alimentation diversifiée incluant des produits animaux.

Règle principale : l’homme est omnivore. « Les végétaliens, qui excluent de leur alimentation tous les produits animaux, se mettent en danger. Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est une prise de risque insensée », déclare Philippe Legrand, qui depuis plus de 30 ans collabore à des recherches sur la nutrition humaine.

Délit de maltraitance nutritionnelle

Aujourd’hui en France, des signaux d’alarme commencent à apparaître par rapport au végétalisme. « Il y a eu des cas d’enfants en dénutrition avancée, et des morts liées à ce type de régime. Nous devons agir suffisamment tôt pour résoudre ce problème qui survient pourtant au sein des classes sociales les plus élevées. » Des scientifiques en lien avec l’Anses souhaitent l’instauration d’un délit de maltraitance nutritionnelle. Pour l’expert, il y aura sans doute un plafond à cet accroissement de végétaliens et végétariens. Est-il atteint ? On ne le sait pas encore.

Philippe Legrand ne défend pas non plus une trop forte consommation de viande. « Nous ne sommes pas obligés de consommer de la viande ou du poisson à tous les repas, mais il n’y a aucune raison de s’en passer dans une journée. » Et d’ajouter : « Ne pas manger suffisamment de produits végétaux comporte aussi des risques. » Sans doute qu’à l’avenir la consommation de viande pourrait baisser en Europe, mais ces produits pourront être exportés. « Partout dans le monde et depuis toujours, l’apport de produits carnés résout les problèmes de nutrition. »

Les végétaliens doivent leur survie à la chimie

Reste qu’il est difficile de communiquer avec des gens radicalisés pour qui il ne suffit pas d’admettre que l’homme mange des produits animaux depuis des millions d’années. Selon Philippe Legrand, s’adresser plutôt à l’entourage peut être une solution. Face aux attaques, les professionnels des filières animales peuvent aussi s’intéresser aux traumatisés du végétalisme, les faire témoigner. Parmi les arguments contre ce type d’alimentation, le plus fort est le manque de vitamine B 12, qui est présente exclusivement dans les produits animaux. « Les végétaliens doivent obligatoirement être complémentés. Sinon, c’est la mort. Ils doivent donc leur survie à la chimie. Le comble, c’est que ces suppléments sont produits par des levures souvent OGM… ».

« N’éliminez rien »

S’agissant du fer, il y en a dans les végétaux, mais il est beaucoup moins assimilable et en quantité moindre. « Pour compenser 100 g de viande, il faudrait manger 12 kg de mâche. » De plus, les besoins en vitamine A ne sont pas couverts avec des végétaux uniquement. Autre point de friction : protéines animales versus protéines végétales. Là encore, l’avantage revient de loin aux premières contenant beaucoup plus d’acides aminés essentiels, par ailleurs plus digestibles. « Un végétalien motivé peut réussir à vivre, mais il devra trouver les plantes capables d’équilibrer son menu et faire des calculs savants. »

Sans compter qu’il lui sera très difficile de bien vieillir. Nourrissant le cerveau et jouant un rôle contre les maladies dégénératives, les acides gras omega 3 sont présents en bonne quantité dans les poissons et les viandes. Les produits laitiers fournissent le calcium nécessaire à la croissance et la densité osseuse, et aussi des vitamines A et D. « Chez les femmes qui avaient rejeté les produits laitiers étant jeunes et qui ont plus de 50 ans aujourd’hui, on a fait le lien avec davantage de fractures osseuses. » Enfin, la science actuelle est loin de connaître tous les secrets d’un bon vieillissement. Alors autant manger de tout en quantité raisonnable pour rester en bonne santé le plus longtemps possible.

‘Viandes et cancer, une erreur’
Questionné sur l’étude faisant un lien entre consommation de viandes et cancer colorectal, Philippe Legrand pense que c’était une erreur. « Dans cette étude, les rats mangeaient une très grande quantité de viande, sans consommation de végétaux. Or des interactions existent entre ces aliments, avec les produits laitiers également. C’est vrai que le fer ferreux des viandes peut conduire à abimer la paroi intestinale, mais il faut aussi voir ses bienfaits. Sans fer, il n’y a pas de vie. Cela nous amène à la question de la juste dose. »

Pour en savoir plus : Philippe Legrand a publié « Coup de pied dans le plat » aux éditions Marabout.

Agnès CussonneauDe Agnès Cussonneau à 9 mars 2017

Publié sur: http://www.paysan-breton.fr/amp/2017/03/les-risques-du-sans-viande-le-vegetalisme-insense-pour-les-jeunes/

 

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie)

L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

Lancée en septembre, l’évaluation grandeur nature des logos nutritionnels simplifiés, dont les conclusions devraient être connues fin janvier, a mobilisé 40 magasins durant 10 semaines pour un budget évalué à 2 millions d’euros. Que Choisir s’est rendu en magasins afin d’évaluer cette expérimentation controversée dont l’objectif est de permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à leur santé.

AU RAYON DES CONSERVES

C’est au rayon des plats en conserve que le peu d’engagement des marques nationales dans ce test est le plus flagrant. Ainsi, seules 16 % des conserves de marque nationale étaient étiquetées. Nulle trace en effet d’un étiquetage simplifié sur les leaders du marché que sont Wiliam Saurin ou Buitoni. À l’inverse, 75 % des conserves des marques de distributeurs (MDD) affichaient un logo simplifié. Un constat d’autant plus regrettable que les marques nationales représentent plus de 60 % du chiffre d’affaires du rayon !

AU RAYON TRAITEUR FRAIS

Au rayon traiteur frais (plats cuisinés, pizzas, pâtes à tarte…), seuls 5 produits sur 10 affichent un logo simplifié. Soit 69 % des produits de marques de distributeurs et 42 % des produits de grandes marques. À l’instar du rayon des plats en conserve, la faible participation des marques nationales à l’expérimentation est d’autant plus dommageable qu’elles représentent en réalité plus de la moitié du chiffre d’affaires de ce rayon.

AU RAYON DES PÂTISSERIES INDUSTRIELLES

C’est au rayon des viennoiseries industrielles (pains au lait, madeleines, etc.) et de la panification sèche (pains de mie, pains spéciaux) que l’on trouve le plus de produits étiquetés avec en moyenne 7 produits sur 10 portant un logo simplifié en face avant. Dans le détail, les trois quarts des produits de marques de distributeurs et 4 produits de marques nationales sur 6 jouent le jeu de l’expérimentation, dont certains grands groupes du secteur tels que Harrys ou Jacquet.

PEU DE PRODUITS « DÉSÉQUILIBRÉS » AFFICHENT UN LOGO

Au cours de leurs visites, nos enquêteurs ont relevé un très faible taux d’étiquetage de produits « déséquilibrés » signalés par un E rouge sur le logo Nutri-Score et un triangle à la pointe violette sur logo Sens. Ainsi, dans le rayon des viennoiseries industrielles des magasins expérimentant ces systèmes, moins d’un produit sur 7 était étiqueté d’un E rouge et moins d’un produit sur 5 possède un triangle violet. Difficile d’évaluer si les consommateurs se détournent de ces produits au profit d’autres si l’expérimentation peine à les inclure.

visu-etiquettes-nutritionnellesLe E rouge du logo Nutri-Score et le triangle violet du logo Sens

À PROPOS DE L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie) dans -- comportements alimentaires principal-19561

Marie-Noëlle Delaby

 publié à https://www.quechoisir.org/actualite-etiquetage-nutritionnel-simplifie-infographie-l-experimentation-du-gouvernement-sous-le-feu-des-critiques-n23573/

L’agroalimentaire français à l’heure des protéines végétales

Start-ups et grands groupes, comme Fleury Michon et Herta, se lancent tour à tour sur le marché en plein boom des aliments à base de protéines végétales. Une tendance pleinement visible au Salon international de l’alimentation (Sial).

[Sial 2016] L’agroalimentaire français à l’heure des protéines végétales

Steaks et boulettes à base de légumineuses bios de la marque Le Boucher Vert

 Ils poussent partout cette année dans les allées du Salon international de l’alimentation (Sial), qui se tient à Paris-Nord Villepinte jusqu’au 20 octobre. Phénomène de mode ou répondant à de réels besoins nutritionnels, les aliments à base de protéines végétales ont le vent en poupe. Cette année, le Sial d’or de l’innovation, la récompense suprême du salon, a été remis à la start-up lyonnaise Ici & Là pour ses steaks et boulettes de légumineuses bios à la marque Le Boucher Vert. « Jusqu’ici les alternatives aux steaks de viande étaient à base de légumes, de soja ou de tofu, mais pas avec des légumineuses (ndlr : légumes secs riches en protéines), comme les lentilles, les pois chiches ou les flageolets », explique Benoît Plisson, l’un des deux fondateurs de la start-up Ici & Là, qui rappelle que « les légumineuses sont une source de fibres, de vitamines et de minéraux ». Destinés d’abord à la restauration hors domicile, les produits Le Boucher Vert viennent d’arriver dans les magasins bios du réseau Biocoop. « L’originalité de notre démarche tient aussi à notre production. Nous utilisons des légumineuses bios et cultivées exclusivement en France et faisons appel à un partenaire industriel rhônalpin« , ajoute le dirigeant. La start-up née il y a deux ans a choisi de posséder ses propres outils de transformation et conditionnement, mais de les installer au sein de l’usine Boiron Surgélation (groupe Clément Fauger) et de former ses salariés.

Fleury Michon et Herta à l’assaut des protéines végétales

Les grands groupes de l’agroalimentaire partent également à l’assaut de ce nouveau marché qui attire une nouvelle catégorie de consommateurs : les flexitariens, ces personnes qui réduisent leur consommation de viande au profit de protéines végétales. Fleury Michon et Herta (groupe Nestlé) s’engouffrent elles-aussi sur ce nouveau créneau. Une petite révolution pour ces spécialistes de la charcuterie et des produits traiteurs ! « Les flexitariens représentent déjà 25 % de la population française. Notre marque est légitime pour accompagner les consommateurs dans une transition vers une alimentation plus variée », estime Patrick Le Rüe, directeur marketing charcuterie de Fleury Michon. Six références de steaks, pavés, émincés ou encore de falafels à base de fèves, pois chiche, ou maïs ont fait leur apparition depuis quelques jours dans les linéaires, avec une gamme intitulée « Coté végétal ». En janvier, ils seront suivis par quatre plats cuisinés à base de protéines végétales. Tous ces produits seront fabriqués dans les usines vendéennes du groupe.

Un marché en plein essor

Quelques semaines plus tôt, le concurrent Herta avait également lancé une gamme baptisée « Le Bon Végétal » composée d’escalopes au soja et blé, de pavés épinards et fromage et de carrés tomates et mozzarella. Aux côtés des initiatives des deux grands de la charcuterie, des acteurs plus petits se lancent également sur ce marché des produits à base de protéines végétales, qui a progressé de plus de 65 % depuis le début de l’année. Le groupe laitier Triballat-Noyal propose un dessert frais et une boisson à base de graines de chanvre, tandis que la PME auvergnate Sabarot lance des boudins prêts à trancher à base de quinoa ou de polenta. Le breton Guyader lancera de son côté prochainement une gamme « Guyader nature », composée de cakes, soupes et plats cuisinés à base de légumineuses et céréales mais aussi d’algues. Cet engouement pour les protéines végétales aura le mérite de dynamiser l’innovation agroalimentaire et susciter des vocations.  »C’est le développement de l’offre des marques qui va faire la croissance de ce marché », assure Patrick Le Rüe de Fleury Michon. Cela semble bien parti, pour quelques temps en tous cas.

Adrien Cahuzac

Le premier burger bio et sans antibiotique de chez McDo arrive

Nourriture bio et McDonald’s, ça ne va pas vraiment ensemble.

Pourtant, la chaîne de fast-food américaine vient d’annoncer qu’elle va bientôt commercialiser son premier hamburger entièrement « bio » à ses clients. Alors, attention, le mot bio est ici utilisé car la viande sera « garantie sans antibiotique » ce qui sera une petite révolution pour la chaîne de restaurant, pas vraiment habituée à de telles mesures. Mais pour permettre au chiffre d’affaire de repartir vers la hausse (les chiffres sont plutôt mauvais pour 2014), McDonald’s tente donc de proposer une nourriture un peu plus dans l’air du temps.

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Le « McB » puisque ce sera le nom de ce burger, sera introduit dans un premier temps dans l’ensemble des fast-food d’Allemagne. Ce sera un sandwich assez classique, composé de « fromage-buns-laitue » le tout avec de la viande bio donc. Pas de grande campagne de publicité prévue mais simplement une vidéo pour expliquer comment ce nouveau burger est produit. Le « McB » sera disponible du 1er octobre au 18 novembre chez nos amis Allemands qui seront heureux puisque leur pays est le second plus gros consommateur de produits estampillés « Bio » derrière les Etats-Unis.

Et vous, seriez-vous contents de l’arrivée de cet hamburger en France ?

Source

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http://www.jdubuzz.com/2015/09/25/le-premier-burger-bio-et-sans-antibiotique-de-chez-mcdo-arrive/

 

Nourriture 2.0

 

La nourriture semble être le nouvel Eldorado des technologies d’avant-garde. Il y a plusieurs bonnes raisons à cela : le réchauffement climatique, la surpopulation… Nous sommes aujourd’hui sept milliards d’individus, et nous atteindrons les neuf milliards en 2050. Vu la pénurie annoncée de ressources, une innovation en matière alimentaire va devenir indispensable. A tout cela s’ajoute le fait que le numérique envahit toutes choses, il tend à transformer les aspects les plus basiques, les plus matériels du monde qui nous entoure. Après avoir conquis les objets, avec l’impression 3D, il n’est guère surprenant de le voir s’attaquer au vivant, avec la biologie synthétique. De fait, la fabrication d’une viande artificielle a fait le « buzz » il y a quelques mois, et récemment nous reportions les travaux de James King et ses projets de « design » de la nourriture synthétique.

Mais finalement les innovations qui apparaissent aujourd’hui doivent assez peu à la « synbio » qui reste une technologie encore un peu futuriste. La plupart des nouvelles recherches nutritives se contentent plutôt d’optimiser et réorganiser les ressources déjà disponibles dans notre monde naturel.

L’avenir de la nourriture peut se décliner sous trois catégories (combinables, évidemment). Au premier chef, on s’en doute, les nouvelles formes d’aliments. Au second niveau figurent les ressources, a priori écartées de nos assiettes occidentales, mais qui pourront se révéler précieuses dans le monde de demain. On y trouve notamment les insectes, ou les algues. Enfin, il existe aussi des manières inédites de produire nos mets, comme l’impression 3D qui, dans ce domaine, pourrait apporter de nouvelles saveurs.

 

Nourriture, sauce techno

Un certain nombre de startups se lancent sur le marché de la « nouvelle nourriture ».Pour la Technology Review, ce pourrait bien être le marché de demain. La prestigieuse revue du MIT parle carrément de « nourriture 2.0″ et se concentre surtout sur Hampton Creek, qui cherche à réaliser des produits de remplacement pour les œufs. Son but est de trouver la bonne combinaison de protéines végétales qui permettrait de reproduire certaines des propriétés de l’œuf de poule sans nécessiter d’élevage animal. A la clé, moins de pollution, moins de ressources exigées et, bien sûr, moins de souffrance animale.

Son produit phare, une mayonnaise de substitution, Just Mayo, commence à être adoptée par de gros distributeurs, aux Etats-Unis mais également en Asie, à Hong Kong. Comme le relate l’article de la Technology Review :

« Le PDG de Hampton Creek, Josh Tetrick, veut faire à l’industrie des œufs, qui rapporte 60 milliards de dollars, ce qu’Apple a fait au secteur du CD. « Si nous partons de zéro, pourquoi chercher à obtenir des œufs à partir d’oiseaux entassés dans des cages si petites qu’ils ne peuvent pas battre des ailes, faisant leurs besoins les uns sur les autres, ingurgitant du soja et du maïs bourré d’antibiotiques, tout ça pour les amener à produire 283 œufs par an ? » (…). Alors qu’une ferme avicole utilise de grandes quantités d’eau et brûle 39 calories d’énergie pour chaque calorie de nourriture produite, Tetrick affirme pouvoir fabriquer des versions à base de plantes avec une fraction de l’eau et seulement deux calories d’énergie par calorie de nourriture – sans cholestérol, graisses saturées, allergènes, grippe aviaire, et sans cruauté envers les animaux. Le tout, pour la moitié du prix d’un œuf. »

Encore plus synthétique que les oeufs de Hampton creek, Soylent, créé par Rob Rhinehart, est une boisson composée de l’ensemble des nutriments nécessaires à la survie. A part un peu d’huile d’olive et du sel, rien dans Soylent ne s’apparente à de la « nourriture » au sens où on l’entend habituellement (la liste complète des ingrédients peut se trouver sur la page Wikipadia consacrée à ce produit).

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Image : Soylent. Bon appétit !

Rhinehart a partagé ses découvertes dans un post de blog, « Comment j’ai cessé de manger de la nourriture ». Il affirme que sa santé s’est améliorée sur de nombreux points grâce à un régime constitué exclusivement de Soylent. Aujourd’hui il s’est remis à « manger de la nourriture » mais, nous explique Techcrunch, 92 % de son alimentation reste constituée de Soylent. Pour commercialiser sa découverte, nous raconte le New Yorker, Rhinehart à commencé par une campagne de crowdfunding, qui s’est révélée un succès foudroyant (en deux heures les 100 000 dollars demandés étaient réunis). Par la suite, ils ont reçu l’aide de capital-risqueurs, comme Y Combinator et la société Andreessen Horowitz, qui a investi jusqu’à un million de dollars.

L’insecte est-il l’avenir de l’homme ?

Manger des insectes ? Ce n’est pas un scoop. Ces bestioles constituent aujourd’hui un aliment auquel recourent environ deux milliards de personnes, mais jusqu’ici, personne, surtout en occident, n’avait accepté d’y voir une solution à la malnutrition. Pourtant, les insectes ont plus d’un avantage, ils constituent une bonne source de protéines et demandent peu de ressources. Les sauterelles, par exemple, exigent douze fois moins de nourriture que les bœufs pour produire la même quantité de protéines.

En 2013, un rapport aux Nations Unies annonçait la couleur (.pdf). Face à la menace de surpopulation, les insectes, préconisait-on, pourraient nous fournir une bonne source alimentaire.

Outres les insectes séchés et les farines d’insectes, en France, Micronutris utilise la poudre d’insectes pour faire des biscuits et des chocolats. Khepri, fait de l’élevage pour les pays en développement et Ynsect des farines pour nourrir les animaux, rapportait récemment La Tribune. Aux Etats-Unis, Exo Protein cherche à produire des « barres » constituées de cette manne nutritive (voir leur projet sur Kickstater).

Naturellement, cette forme de consommation originale devait attirer des adeptes des mouvements open et « libre »… Dans Wired, Klint Finley nous raconte l’histoire de Tiny Farms, un groupe qui se consacre à la création de « fermes d’insectes » et qui a lancé le projet « openbugfarm » un kit qui existe aujourd’hui en version beta pour environ 199 $, permettant de créer sa ferme pour produire des insectes pour la consommation.

Mais, explique Finley, le kit ne se contente pas de produire des vers en quantité. Il est aussi connecté. Chaque utilisateur peut recueillir les données de son élevage et les envoyer à Tiny Farms. Cela permet de découvrir et sélectionner les meilleures façons de faire. Car, continue Finley, le gros enjeu de cette nouvelle industrie agroalimentaire est non seulement de produire des insectes comestibles, mais en produire assez pour nourrir beaucoup de monde. Pour Finley, cette récente tendance qui consiste à conjoindre datas, open source et agriculture est déjà un mouvement : les ruches open source cherchent à maximiser la production de miel. Dans le domaine des « drones agricoles », un projet comme Farmbot peut être considéré comme un autre exemple de ce mouvement : il s’agit d’un robot open source, susceptible d’être construit avec une imprimante 3D. Lorsqu’il sera achevé, il sera en mesure, pour moins de 1000 $, de fournir une « agriculture de précision » : une nouvelle tendance qui consiste à donner aux plantes la quantité exacte de nutriments et d’eau dont elles ont besoin. Son créateur, Rory Aranson, serait actuellement en train d’élaborer pour son robot une interface « gamifiée ». Le but, pour employer encore une expression de Klint Finley, « faire pousser de la nourriture aussi facilement qu’on joue à Farmville ».

L’esprit de la Silicon Valley

Ce qui est important de comprendre chez ces nouveaux « cuisiniers » et « agriculteurs », c’est que leur formation et leur angle de réflexion ne doit rien à l’industrie agroalimentaire traditionnelle, mais tout à l’esprit startup de la Silicon Valley. Rhinehart, par exemple, travaille avant tout dans le logiciel et a une formation d’ingénieur. Megan Miller, qui dirige Chirp Farms, une entreprise fabriquant de la farine de sauterelles, est elle aussi une spécialiste du développement digital. A noter qu’à côté de Chirp Farms, elle s’occupe aussi d’une maison d’édition. C’est dire si ces nouveaux entrepreneurs sont différents des anciens acteurs du domaine…

Pour le New York Times, le parallèle entre ces entreprises et le monde du logiciel est frappant :

Certaines de ces sociétés ont des programmeurs écrivant du code pour tester les plats et déterminer les catégories d’ingrédients qui peuvent aller ensemble. D’autres approchent le management de la même manière que des startups effectuent leurs actions, utilisant un processus nommé la Méthode Agile, dans laquelle les gestionnaires de projets travaillent avec de très petits groupes contenant des programmeurs et recourent à des pratiques de développement logiciel comme Scrum, qui ont pour but de transformer et réaliser très vite des produits.

Fondamentalement ils gèrent le développement de produits alimentaires de la même façon que les startups technologiques organisent le code.

Imprimer sa nourriture

Au delà de des nouvelles formes de nourriture, on trouve aussi de nouvelles façons de l’élaborer. Il y a à peu près un an, un article de Quartz faisait le buzz (touchant même la presse généraliste francophone, par exemple avec cet article), en présentant une invention de l’ingénieur Anjan Contractor, qui envisageait d’utiliser l’impression 3D pour créer des pizzas et de nouvelles formes d’aliments, encore à base d’insectes. Cette imprimante, financée en partie par la NASA, devait pouvoir être utilisée par les astronautes. Mais en fait, un tel appareil pourrait servir surtout à lutter contre la faim et la malnutrition sur notre vieille planète.

Aujourd’hui, l’imprimante 3D « culinaire » a donné naissance à d’autres projets.

En restant dans les insectes, le projet « Insects au gratin » (non il n’y a pas de faute, c’est juste une malheureuse tentative de nos cousins britanniques pour utiliser du « français dans le texte »), sous la houlette de la designer Suzana Soares, repose lui aussi sur la fabrication d’une farine d’insectes destinée à l’impression 3D de plats. Plus traditionnel et appétissant, Natural Machines, startup de Barcelone, propose un appareil, Foodini, permettant de créer sa propre nourriture « saine ». On peut y insérer ses propres ingrédients et la machine se charge du reste.

Tout récemment l’Union Européenne s’est à son tour intéressée à l’impression 3D pour nourrir les personnes âgées. Selon le projet « PERFORMANCE » (pourPERsonalized FOod using Rapid MAnufacturing for the Nutrition of elderly ConsumErs, c’est-à-dire « nourriture personnalisée utilisant la fabrication rapide pour l’alimentation des consommateurs âgés »), un conseiller santé se rendrait au domicile des plus de 65 ans en ayant le besoin, puis effectuerait une étude sur leurs besoins alimentaires. Chaque profil ainsi créé est envoyé à une usine culinaire qui imprimera un plat personnalisé qui sera livré à la personne.

 

Reste la dernière ligne de recherche : la création de systèmes susceptibles de nourrir l’homme dans l’espace. La NASA travaille en ce moment sur le projet Veggie, un système écologique clos permettant de faire pousser des salades au sein de la station spatiale internationale. De son côté, Wieger Wamelink, spécialiste de l’écologie, a testé la capacité du sol martien à faire pousser des plantes (il faudra bien sûr fournir l’air et l’eau). Pour ce faire, il a créé avec l’aide de la NASA un faux sol martien élaboré essentiellement à partir du terrain volcanique d’Hawaï et y a planté 14 espèces de végétaux. A son grand plaisir, il a pu constater que ceux-ci arrivaient à se développer. Bonne surprise, le sol martien contiendrait plus de nutriments que prévu : non seulement du phosphore ou de l’oxyde de fer, mais également de l’azote, fondamental pour la croissance des plantes.

De telles recherches sur l’espace suscitent souvent, injustement à mon avis, gausseries et marques de mépris, la chose étant vue comme une rêverie vaguement adolescente, ou pire, un investissement dans une entreprise inutile. Mais qu’on atteigne demain Mars ou qu’on construise une base sur la Lune n’est finalement pas le sujet. On le voit avec l’imprimante à « pizza » d’Anjan Contractor : conçue pour des cosmonautes elle pourrait servir à nourrir la planète. La survie dans l’espace nous enseigne les moyens de créer les outils nécessaires à la survie dans un environnement hautement hostile. Du coup, cela nous oblige à nous rappeler que notre bonne vieille Terre est elle-même, pour employer une expression de Buckminster Fuller, un vaisseau spatial. Savoir générer une station sur Mars implique des connaissances qui pourront être demain appliquées à une Terre réchauffée, surpeuplée et appauvrie.

Rémi Sussan sur le Blog Internetactu du Monde.fr à http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/05/30/nourriture-2-0/

 

Une entreprise nordiste se lance sur le marché de l’agroalimentaire à base de microalgues

  • Des farines à base de microalgues fabriquées par l'industriel de l'agroalimentaire nordiste Roquette.

INNOVATION – La société française Roquette, spécialisée dans la production d’amidon, développe des farines ouvrant de nouvelles solutions dans l’agroalimentaire, notamment pour les consommateurs allergiques au gluten…

On pourra peut-être bientôt parler d’or jaune ou d’or vert. La société Roquette, spécialiste ans la fabrication d’amidon, a inauguré officiellement, ce jeudi, sa nouvelle unité de production industrielle dédiée aux micro-algues dans son site de production industrielle de Lestrem (Pas-de-Calais), près de Lille.

Depuis le début d’année, le site nordiste s’est lancé dans la production de trois types de farine jaune et verte à base d’algues. «Pour l’instant, quelques produits dérivés sont commercialisés en Allemagne et une mayonnaise en Afrique du Nord», note Sergio Neves, directeur de cette nouvelle filière, dans laquelle l’entreprise fonde beaucoup d’espoir. «Les micro-algues ouvrent de nouvelles solutions dans l’agroalimentaire, notamment pour les consommateurs qui sont allergiques au gluten», souligne Guillaume Fichet, directeur du site.

Une productivité exceptionnelle

Voilà une dizaine d’années que le laboratoire de recherche et développement planche sur le sujet. «Cette innovation s’inscrit en complément de notre production d’amidon alimentaire à base de pommes de terre, de maïs ou de blé», explique le directeur. Cette année, Roquette sera en capacité de produire 4 à 5.000 tonnes de cette farine nouvelle, grâce à un procédé de fermentation breveté. «En quinze jours, une algue soigneusement sélectionnée, la chlorelle, est capable de se multiplier pour passer d’un gramme en éprouvette à vingt tonnes dans des fermenteurs de 300m3», raconte Laurent Desrousseaux, responsable process et production. Difficile de rêver productivité plus forte.

Un marché émergent

Ensuite, le lait d’algues obtenu est stérilisé comme dans une laiterie, pour garantir l’absence de contamination bactériologique. Il est alors asséché pour donner une farine propre à la consommation. «C’est un marché émergent dans lequel nous sommes pionniers», précise le directeur du site. Des produits contenant des micro-algues feront sans doute leur apparition bientôt dans les rayons, mais rien n’oblige les fabricants à le signaler sur l’étiquette.

 Gilles Durand pour 20minutes Lille. Publié à http://www.20minutes.fr/lille/1399858-un-filon-d-or-jaune-et-vert-dans-le-nord

Collaboration avec l’Allemagne

Pour sélectionner les souches de microalgues, Roquette collabore avec une usine allemande qui travaille aussi sur le processus de multiplication, mais par photosynthèse, depuis 2008. Ce site de culture à très haute valeur ajoutée  permet de récolter environ une quarantaine de tonnes par an, loin des capacités de production de Lestrem.

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