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DÉVELOPPEMENT D’APPLICATIONS MOBILES : APPLIQUEZ LA MÉTHODE LEAN !

Nous avons abordé ici plusieurs fois le sujet du Lean Marketing comme un marketing intelligent et extrêmement qualitatif qui apprend de ses erreurs. Nous nous sommes notamment inspiré des écrits d’Eric Ries dans son livre “The Lean Start Up”, qui applique la démarche Lean à la création d’entreprise et au management de l’innovation, pour rapprocher l’Inbound Marketing du Lean Marketing. Et nous ne sommes pas les seuls !

Dans une économie où “ce n’est pas le gros qui mange le petit mais le rapide qui dévore le lent”, lancer un projet mobile nécessite rapidité et adaptation au changement. Le système de production Lean est une méthode de travail qui cherche à éliminer toute forme de gaspillage. Voici trois de ces principes, qui, appliqués au développement mobile, permettent d’améliorer la productivité et la performance des équipes pour réduire le time-to-market.

#1 – COMBATTRE LE MUDA OU “TOUT CE QUI EST SANS VALEUR”

La première faille à combattre est le gaspillage ! Le gaspillage est ce qui est produit mais n’ajoute pas de valeur du point de vue de l’utilisateur.  Cela peut être une fonctionnalité qui n’a pas été demandée par les utilisateurs, une perte de temps dans le processus de développement, une tâche inutile, etc. Appliqué à la conception d’applications web ou mobiles, cela donne quelques principes qui permettent in fine d’accélérer la vitesse de développement et ainsi de délivrance du produit.

CASSER LES SILOS

Dans les cycles de projets classiques, le métier émet le besoin, les business analysts rédigent les spécifications, les designers conçoivent l’application, les développeurs la développent, les testeurs la testent et enfin les utilisateurs peuvent commencer à l’utiliser. Dans une démarche Lean, on optimise cette boucle en incluant les développeurs, les designers et les experts métier de la conception jusqu’au déploiement. Le Product Owner, qui a la vision du produit et la connaissance des utilisateurs finaux, pilote directement l’équipe de développement, sans l’intermédiaire d’un chef de projet. Souvent réunis en un même lieu, l’équipe de développement, l’UX designer et le Product Owner travaillent ensemble pour optimiser les cycles de décisions et les interactions. C’est le concept de plateau projet intégré.

#2 – COMBATTRE LE “MURI” OU LA SURPRODUCTION

Le second cheval de bataille du Lean est la surproduction et les stocks. Le premier indice de cette surproduction est apparue dans une étude Comscore de 2014 révélant que 65% des américains ne téléchargent aucune application chaque mois. Le second est que 83% des applications sur les stores sont des “zombies”, qui sont invisibles des utilisateurs car elles n’apparaissent dans aucun classement ou catégorie du store. Alors comment faire ressortir votre application des 2 millions d’autres ?

CONCEVOIR UNE APPLICATION UTILE ET UTILISÉE

Pour concevoir une application utilisée, vous devez connaître vos utilisateurs. Rien ne sert de passer 3 mois en conception afin de produire l’intégralité des écrans de l’application sans la confronter à l’usage. La démarche Lean UX, initialement théorisée par Jeff Gothelf,  a pour objectif d’optimiser la conception d’un produit en s’appuyant, notamment, sur le principe de la boucle de feedback. Cette conception itérative alterne 3 phases : Observer, Apprendre et Concevoir. Plus les itérations sont courtes, plus l’équipe apprend vite et a d’occasions d’améliorer le produit. Des itérations d’une semaine sont idéales pour pouvoir réagir rapidement aux changements du marché et ré-étalonner ses priorités régulièrement.

SE LIMITER À L’ESSENTIEL, LE MVP

Tant que l’application n’est pas sur les stores, tout ce qu’on a produit n’apporte pas de valeur à l’utilisateur : on accumule les stocks. La clé est de se concentrer sur l’essentiel en développant le parcours utilisateur minimum – le Minimum Viable Product – pour être vite sur le marché. Une application mobile représente un investissement pour votre entreprise : commencer petit, avec une UX irréprochable, vous permettra de valider vos hypothèses pour faire évoluer l’application avec les fonctionnalités que les utilisateurs réclament.

#3 – DEVENIR UNE ORGANISATION APPRENANTE

Tout au long de votre projet, vos idées, le design, le parcours, les fonctionnalités de votre application vont évoluer au gré des retours utilisateurs. Pour gérer ces changements, la clé est de s’adapter en temps réel. Dès 2011, Amazon déployait en production toutes les 11.6 secondes en moyenne !

MESURER ET OPTIMISER

Pour optimiser votre retour sur investissement, vous devez mesurer les performances de vos applications. Vous pouvez opter pour des mesures qualitatives ou quantitatives :

  • Les mesures qualitatives s’obtiennent en réalisant des tests en conditions réelles, dès la seconde semaine de développement et de façon régulière (au moins 1 test par semaine) :
    • soit avec des utilisateurs finaux de l’application,
    • soit avec des utilisateurs choisis au hasard (vos collègues, des proches, etc.) à qui on demande de se mettre dans la peau de l’utilisateur cible par le biais d’un scénario (user story).
  • Les mesures quantitatives s’obtiennent via l’implémentation d’analytics dès la première semaine de développement.

APPRENDRE ET RÉAGIR

Collecter des données utilisateurs en production est une mine d’informations pour votre entreprise. Les analyser en temps réel permet d’en apprendre beaucoup sur vos utilisateurs et de réagir. On passe ainsi par différentes étapes :

  • Définir des standards c’est-à-dire des objectifs à atteindre
    • Collecter de la donnée via les analytics ou des retours utilisateurs
    • Visualiser l’écart au standard : cela peut être grâce à un graphique qui affiche le standard et les données collectées par exemple
  • Analyser les causes de cet écart en émettant des hypothèses sur les points de blocage dans le processus qui ne me permettent pas d’atteindre le standard
  • Prioriser les actions en fonction de l’objectif que vous voulez atteindre le plus vite.

Vous souhaitez en savoir davantage sur le Lean et les méthodes agiles appliqués au développement mobile ? N’hésitez pas à les découvrir plus en détail ou à échanger avec les équipes de BAM qui proposent des solutions sur mesure pour vos projets mobiles. Posté le 10 novembre 2016 à https://www.markentive.fr/blog/lean-developpement-applications-mobiles/

La journée de travail des générations Y et Z va vous étonner

On a beaucoup parlé du nouveau rapport des jeunes au travail, des exigences desgénérations Y et au niveau du management, de leur défiance vis-à-vis du monde de l’entreprise… Mais tout cela n’est rien en comparaison de leurs manières de travailler, radicalement différentes de celle de leurs aînés, les baby-boomers et la génération X.

Les horaires, c’est l’horreur

Horaires

Pour les digital natives qui sont nés avec les nouvelles technologies, le temps ne s’écoule pas de la même manière. L’espace aussi est replié et raccourci de même que l’accès à l’information, comme l’a décrit Michel Serres dans son livre Petite poucette.

Multitasking, blurring, bleisure et micro-leisure…

Les conséquences sur le déroulement d’une journée de travail sont nombreuses : on parle demultitasking, le travail multi-tâches qui nous fait zapper d’un dossier à l’autre et perdre en efficacité, mais aussi de « blurring » pour désigner l’effacement de la frontière entre la vie professionnelle et personnelle. Tout se mélange allègrement au travail comme à la maison et même pendant les déplacements professionnels avec une tendance au « bleisure » qui incite à concilier travail et loisir pendant les voyages d’affaires.

Bienvenue dans l’ère de la micro-pause

Un nouveau terme anglo-saxon (micro-leisure), permet de mieux comprendre comment les technologies impactent le monde de l’entreprise et modifient notre rapport au temps de travail. Pas uniquement celui des jeunes générations d’ailleurs qui y sont les plus sensibles mais tous les actifs connectés qui changent leurs méthodes de travail. Ce terme de micro-leisure (qu’on pourrait traduire par micro-loisir ou micro-pause). C’est l’agence MRY dans son étude « The New Micro leisure » qui l’explique. Le concept s’adresse plus aux professionnels du marketing et de la publicité, mais les managers devraient aussi y jeter un coup d’œil pour saisir la révolution en marche dans le monde de l’entreprise.

Ce que ce concept traduit c’est la fin de l’a journée de travail « à la papa ». Ou plutôt des horaires classiques 9h-18h. (Dans les pays anglo-saxons on parle de 9h-17h mais leur pause du midi est en général nettement plus courte que la nôtre, question de culture !). Pour illustrer son propos l’agence MRY a réalisé des schémas très parlants :

La journée de travail des Baby-boomers et de la génération X

Journee-travail-generationX

La journée de travail nouvelle génération (Y et Z)

Journee-travail-GenerationY-Z

La journée n’est plus rythmée de la même manière avec le départ collectif quand la cloche sonne la Golden hour, l’heure de quitter le bureau pour aller au pub. Tout au long de la journée de boulot, les jeunes passent du travail au loisir, échangent avec leurs amis, répondent à leurs mails perso, font des achats en ligne ou réservent leurs prochaines vacances. Les activités et notamment les loisirs sont plus morcelés, l’attention également même si elle se déploie au delà des horaires normaux : travail le soir, la nuit, les jeunes sont capables de bosser de n’importe où et n’importe quand. Il reste un ressort commun pour l’engagement des employés : la promesse de bien-être et de plaisir (voir aussi l’importance de l’émotion sur cette dimension de la qualité de vie au travail). Car les jeunes entretiennent un rapport très ambivalent avec l’hyperconnexion : ils se sentent coupables de passer trop de temps sur les réseaux sociaux, tout en reconnaissant que leur smartphone est le meilleur allié pour améliorer leur vie personnelle et les loisirs qui vont avec.

Que doivent faire les entreprises ?

Comment les entreprises peuvent-elles composer avec un changement aussi radical ? Il n’y a pas de solution miracle mais les pistes à explorer tournent autour de la déculpabilisation et du plaisir à venir travailler. Dans ce contexte, bloquer l’accès aux réseaux sociaux pour les salariés apparaît évidemment complètement ubuesque. Au contraire, les entreprises auront tout intérêt à développer des réseaux sociaux internes qui fonctionnent sur le même registre de partage de l’information et de travail collaboratif. Mais elles peuvent aller beaucoup plus loin qu’un simple RSE, par exemple en lâchant du lest :

  • Arrêter avec les horaires fixes
  • Fournir des outils de communication adaptés à ces nouveaux usages et choisis par les collaborateurs. Pour les appareils on parle de BYOD (Bring your own device), mais également de plus en plus du CYOD (choose your own device).
  • Décloisonner l’entreprise en offrant des plages pour travailler sur des projets personnels, encourager l’intrapreneuriat
  • Faciliter l’accès des salariés à des services extra-professionnels (conciergerie, crèche d’entreprises, salle de sport..)

Ces pistes ne sont pas les seules. Elles sont déjà expérimentées dans beaucoup d’entreprises pour faciliter l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle. Une aspiration partagée par toutes les générations, pas seulement les Y et les Z.

Uber s’attaque au marché de la livraison de plats à domicile et lance UberEATS à Paris

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Déjà actif dans neuf villes, le service de livraison de plats à domicile UberEATS débarque en France.

Il y a quelques jours, Uber faisait de nouveau trembler ses concurrents avec l’annonce d’une baisse de 20% de ses tarifs à Paris. Aujourd’hui, il y a fort à parier que ce sont d’autres dents qui vont grincer. Depuis quelques mois, Uber s’est lancé un nouveau défi : s’imposer sur le marché de la livraison de plats à domicile avec son service UberEATS, qui promet une livraison d’une sélection de plats de restaurants en vogue en moins de dix minutes. Déjà disponible dans neuf villes, mais seulement à Barcelone en ce qui concerne l’Europe, le service UberEATS entrera en activité dans quelques jours dans la capitale.

La livraison de nourriture à domicile, ou au bureau,  est en plein boom. Selon une étude de Rocket Internet, le marché mondial de livraison de repas devrait ainsi générer près de 90 milliards de dollars d’ici 2019.

En France, de nombreuses startups se sont lancées sur ce créneau, selon des formules diverses. Chez FoodChéri, qui vient d’annoncer une levée d’1 million d’euros, pas de restaurants partenaires, le consommateur choisit parmi une sélection de plats cuisinés par les chefs maison.

Une formule différente de celle de Foodora, dont le logo rose s’expose partout dans le métro parisien en ce moment, et qui propose la livraison, à vélo, de plats des restaurants les plus en vue, tout comme Deliveroo. Quant à celui qui revendique la place de leader sur ce marché, Resto In, c’est avec la livraison gratuite pour toutes les commandes passées dans des établissements situés à moins d’1 km du domicile, un service qui vient tout juste d’être annoncé, que ce dernier entend bien tirer son épingle du jeu. En Belgique, le service Take Eat Easy a même levé 10 millions d’euros.

Les investisseurs y croient, et mettent au pot, et de l’autre côté de l’Atlantique, Amazon se prépare également à attaquer. Le géant américain a posté de nombreuses annonces sur le site Linkedin pour recruter des collaborateurs pour son offre « Amazon Restaurants ». Un nouveau service qui permet aux consommateurs de se faire livrer les plats de leurs restaurants préférés en même temps que leur livre de chevet et leur nouvelle brosse à dents électrique.

Crédit photo : The globe and mail
publié par http://www.maddyness.com/startup/2015/10/12/ubereats/

Nutella, Kinder et Fanta : top 3 des marques sur les réseaux sociaux

L’agence Bolero Web Intelligence a mesuré les citations spontanées par les internautes de 500 marques françaises et internationales sur le web : Facebook, Twitter, blogs et forums, sur une période d’un an. Le résultat met en exergue non pas les marques les plus actives sur les réseaux sociaux, mais celles qui font le plus parler.

Le top 3 des marques agroalimentaires est : 

- Nutella,

- Kinder,

- Fanta.

Ces marques font essentiellement parler d’elles sur Twitter. « C’est le média de l’instant et de l’humeur par excellence, pas étonnant donc que sur les dix premières marques agroalimentaire, huit soient des produits sucrés », analyse Bolero Web Intelligence. Ces huit premières marques sur Twitter sont en effet : Nutella, Kinder, Fanta, Milka, RedBull, Haribo, Orangina et Sprite.

Les blogs constituent le second support de prédilection pour parler des marques, avec une grande diversité d’angles : du décryptage des stratégies de communication aux recettes de cuisine.

P.C. | 24 Novembre 2014

source: http://www.processalimentaire.com/Flash/Nutella-Kinder-et-Fanta-top-3-des-marques-sur-les-reseaux-sociaux-25295

 

Comment Europe 1 a fêté ses 60 ans sur les réseaux sociaux

Pour ses 60 ans, Europe 1 a renforcé le lien avec ses auditeurs grâce à des actions spécifiques sur Facebook et Twitter.

Comment Europe 1 a fêté ses 60 ans sur les réseaux sociaux

Le 4 février dernier, pour ses 60 ans, Europe 1 a chamboulé ses programmes tout au long de la journée. Mais l’événement a également été célébré en ligne, où l’équipe en charge du social media a mis en place une opération spéciale pour renforcer le lien entre la station et ses auditeurs.

Tout a commencé par un appel à témoignages, via un module intégré au site d’Europe 1, sur lequel les internautes étaient invités à répondre à la question : « Quel a été votre moment le plus fort avec Europe 1 ? ». Résultat : plus de 1.000 messages reçus sur le site Web mercredi 4 février. Une idée de Jean-Noël Buisson, Social Media Manager d’Europe 1 : « J’avais publié un post Facebook il y a quelques années invitant les fans à partager leur meilleure histoire avec Europe 1, et cela avait un vrai succès ».

Cette fois, la station a recontacté les internautes pour en savoir plus sur leurs histoires, puis enregistré en interne chaque anecdote avant de les diffuser à l’antenne, sous forme de pastilles, tout au long de la journée. Un moyen efficace d’impliquer la communauté dans la célébration de l’événement. « Cela traduit bien le lien d’affection avec les auditeurs », confirme Jean-Noël Buisson, satisfait du nombre de retours sur cette opération.

Des albums photos sur Facebook

L’anniversaire d’Europe 1 a également été l’occasion de ressortir les archives des soixante dernières années, pour refaire vivre les grandes voix de la station, dont certaines aujourd’hui disparues, comme Coluche. Du contenu relayé sur le site Web, mais aussi sur les réseaux sociaux. Sur la page Facebook d’Europe 1, un album photo « 60 visages pour 60 ans » a ainsi été spécialement créé.

Un autre album photo, « Journée spéciale 60 ans d’Europe 1 » a aussi été publié sur la page Facebook, pour partager avec les fans les photos des animateurs, anciens et actuels, qui ont posé devant le photographe tout au long de la journée afin d’immortaliser l’événement. Du contenu visuel pour partager avec les fans les coulisses de cette journée spéciale, en plus de la dizaine de posts publiés le 4 février sur la page d’Europe 1. « Nous avons obtenu 30.000 engagements ce jour-là sur la page Facebook, explique Jean-Noël Buisson. Quasi 100% des messages étaient positifs, ce qui nous a fait extrêmement plaisir. Nos meilleurs ambassadeurs restent nos auditeurs ».

Première place des Sujets Tendance France sur Twitter

L’équipe social media d’Europe 1, composée d’un Social Media Manager, d’un Community Manager en charge de la communication et d’une dizaine de Community Managers répartis entre les émissions (toutes live tweetées), a travaillé en amont de l’opération. La veille de l’anniversaire, les anciens logos d’Europe 1 ont ainsi été placés comme avatars sur les profils Facebook et Twitter de la station, le temps d’une journée spéciale.

Pour garantir la viralité de l’opération sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, le hashtag #60ansE1 a été créé, puis utilisé dès la diffusion du premier programme spécial de la journée à 6h du matin. Très vite, le hashtag s’est retrouvé en première position des Trending Topics France sur Twitter« de manière organique, précise Jean-Noël Buisson (NDLR : sans achat d’espace publicitaire). Nous avons beaucoup reetweeté les auditeurs, et avons-nous-même été mentionnés au cours de la journée par des personnalités, des concurrents, des hommes politiques et des marques, comme Citroën ou la Fnac« .

Pour favoriser sa visibilité sur les réseaux sociaux, Europe 1 a adopté une stratégie d’ambassadeurs, qui s’appuie sur les journalistes, animateurs et chroniqueurs de la station. Une armée mobilisée le jour J pour célébrer les 60 ans sur Twitter : « On leur a juste donné le hashtag #60ansE1, puis on les a laissé libres de faire ce qu’ils voulaient sur les réseaux sociaux, explique Jean-Noël Buisson. Ils le font d’ailleurs d’eux-mêmes spontanément ». C’est le cas par exemple de Wendy Bouchard, qui intègre déjà les tweets des auditeurs dans son émission Europe 1 Midi. Une preuve que la social radio a de beaux jours devant elle, à l’heure où la social TV n’a jamais autant fait parler d’elle.

La télévision, un sujet qui intéresse de plus en plus les radios. Pour preuve, le lancement à venir d’Europe 1 TV, déclinaison télévisée de la station, selon des informations de L’Opinion. La nouvelle chaîne, qui n’a pas vocation à arriver sur la TNT, diffuserait principalement les 18 heures d’antenne de la station déjà filmées. Le projet sera officialisé dans dix jours lors d’une conférence de presse. RMC, de son côté, prépare également pour la rentrée sa propre chaîne de télévision numérique, tandis que France Info planche sur un projet de « radio visuelle ».

http://www.e-marketing.fr/Thematique/Medias-1006/TV-Radio-10028/Breves/Comment-Europe-fete-ses-ans-reseaux-sociaux-250598.htm#

 

Charal cherche à remettre le boeuf dans le quotidien des Français

La marque innove techniquement produit composé d'une superposition fines tranches viande.

La marque innove techniquement avec ce produit composé d’une superposition de fines tranches de viande. – Photo Charal

Face aux nouveaux comportements des consommateurs, la marque réplique par des innovations et de la pédagogie.

Les Français manquent de culture sur la viande. Charal l’a bien compris et fait feu de tout bois pour leur donner les clefs leur permettant de mieux connaître le boeuf. La marque vient ainsi de lancer sur son site Internet une version en ligne des ateliers qu’elle avait réalisés grandeur nature lors d’événements éphémères. Au menu : des conseils pour réussir la cuisson de la viande, un lexique ou des détails sur les races des animaux. Un jeu autour des pièces du boucher permet, en outre, de tester ses connaissances sur les différents morceaux qui sont présentés en vidéo par l’un des 500 bouchers de Charal. « Les consommateurs sont de plus en plus en attente d’expertise et de redécouverte », constate Stéphanie Bérard-Gest, responsable marketing.

Attirer d’autres consommateurs

Face à des Français consommant moins de viande, fournir des clefs est indispensable. Si le steak haché est aujourd’hui si présent dans les paniers des consommateurs, c’est en effet parce qu’au-delà du prix, tout le monde sait comment le servir. En revanche, il existe un manque de connaissances sur la manière de préparer les pièces de viande. « Il n’y a pas eu chez les moins de 40 ans de vraie transmission de la part des parents autour de la cuisine de la viande. Et ils ont souvent peur de ne pas réussir leur cuisson. Pour eux, comme pour les autres, il faut apporter des solutions. Notre rôle comme marque leader est de remettre le boeuf dans le quotidien des Français, de créer de nouvelles occasions de consommation », estime Stéphanie Bérard-Gest.

L’une des pistes passe par le lancement de produits simples à mettre en oeuvre. Plus d’une personne sur deux ne s’estime pas capable de faire un boeuf bourguignon ou une blanquette de veau – des plats bien ancrés dans l’imaginaire hexagonal ? La marque vient de sortir des kits cuisine pour les réaliser facilement. Aux morceaux de viande coupés à la bonne taille s’ajoute un sachet d’assaisonnement.

Pour répondre aux attentes d’un public qui plébiscite le caractère tendre du boeuf, Charal a également lancé une innovation technique réalisée par une superposition de fines tranches jouant la carte du fondant. Ce Tendre de boeuf permet de faire le pont entre l’univers du steak haché et la pièce de boeuf.

Dans un univers que l’on aurait pu penser banalisé, l’industriel mise largement sur les innovations et en sort entre douze et quinze par an. Parmi elles figurent des produits surfant sur les tendances alimentaires du moment. Comme les boulettes ou les bagels. Mais aussi des portions plus petites, adaptées notamment à l’appétit des seniors.

Simplifier la vie

Pour la marque qui pèse environ 1 milliard d’euros aux rayons frais et surgelés, l’accompagnement du consommateur prend différentes formes. La marque mise sur le packaging pour l’aider à préparer ses plats. Comme pour le tartare au couteau accompagné d’une sauce qui se mélange dans la barquette-bol fournie. Les emballages doivent aussi encore plus guider l’acheteur. Ils ont été revus pour indiquer précisément la place des morceaux sur l’animal et leurs caractéristiques organoleptiques. Charal joue de surcroît les pionniers en matière de codes QR en les démultipliant. Sur ses packagings, il en existe plus d’une cinquantaine, adaptés aux gammes, et donnant accès à des astuces, des recettes. Le contenu varie selon le moment et les opérations en cours.

Soigner les fidèles

Si la marque veut convaincre les néophytes de mettre plus souvent du boeuf à leur menu, elle n’en oublie pas pour autant de cultiver le lien avec ses fidèles. Son Club Avantages compte 120.000 membres. Ils obtiennent des bons de réduction sur leurs produits préférés, ont accès à des jeux spécifiques, mais aussi à des recettes exclusives, un peu décalées, dans l’esprit humoristique de la communication. Et ils collectionnent les fameuses « boîtes à Hummm », ces objets qui émettent le gimmick publicitaire guttural « Hummm… Charal » lorsqu’on les retourne. Une nouvelle édition sort chaque année. A n’utiliser qu’avec modération pour préserver la paix des ménages…

Clotilde Briard, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150106/lec2_industrie_et_services/0204027957336-charal-cherche-a-remettre-le-boeuf-dans-le-quotidien-des-francais-1080498.php?zLtZS40111QU0LF6.99#xtor=CS1-33

Agroalimentaire. Paysan Breton devient Bai Shang en Chine

Propriété de la coopérative laitière Laïta, la marque et ses produits (beurres, fromages…) seront bientôt commercialisés en Chine sous le nom Bai Shang.

Éric d’Humières et Jean-Marie Le Bris.
Ouest-France

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Laïta a le sens du tempo. C’est au coeur du Sial  que la coopérative laitière bretonne (1) a présenté, hier, son plan d’action pour la Chine. Pour s’adapter au marché, elle a décidé d’adapter le nom de sa marque Paysan Breton. Dans l’Empire du milieu, beurres et fromages (camemberts, bries, emmental…) seront commercialisés sous celui de Bai Shang, traduction de Paysan Breton.

Une première pour Laïta, qui s’est jusque-là limitée à personnaliser les emballages en fonction des pays. Mais l’international est la priorité de l’entreprise, présente dans près de 110 pays (l’export représente aujourd’hui 20 à 25 % de son chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros).

« C’est un accélérateur de ventes et de compréhension », explique Jean-Marie Le Bris, directeur Produits grande consommation (PGC) et filiales de Laïta. Objectif : capter la croissance où elle est, surtout à l’est, alors que la suppression des quotas laitiers, imposée par l’Union européenne, se profile en 2015. Un salarié va être installé à Hô-Chi-Minh-Ville (Vietnam) pour comprendre les attentes des marchés asiatiques.

Cibler la jeunesse

L’initiative en vaudrait la peine. En Chine, la consommation de fromage n’atteint que « 4 grammes par an et par habitant », contre 23 kilos en France, sourit Éric d’Humières, directeur export PGC. Tout est à faire dans ce marché de niche. Le made in France pourrait permettre de s’y faire une place.

Les premiers produits Bai Shang (des centaines de tonnes ; à relativiser au regard des 50 000 tonnes de PGC exportées dans le monde par Laïta) seront lancés d’ici à trois mois, dans les hôtels et restaurants. Ils attendront avant de prendre place dans les supermarchés, le temps que la marque s’installe. Les cibles ? «Les jeunes et les enfants, par qui la consommation se développe » et « une population éduquée, qui a voyagé », détaille Éric d’Humières, qui prévient : « Ça va mettre des années à se démocratiser. » Au vu du potentiel espéré (croissance de 25 % par an), Laïta est prêt à attendre.

Publié par ouest France à http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/23-10-2014-165851

 

William Saurin secoue le marché des plats cuisinés

À la rentrée, le leader des plats cuisinés appertisés lance Shake Me, une gamme innovante et une démarche marketing B to C to B, nouvelle pour une marque ancrée dans la tradition.

William Saurin secoue le marché des plats cuisinés

Le marché des plats cuisinés appertisés, qui représente plus de la moitié du total des plats cuisinés en GMS, n’est pas à la fête : – 8.6% en volume et – 4.4% en valeur (1). Même constat sur le segment des plats frais (respectivement -3.7% et -1.5%), et sur celui des plats surgelés, encore pire (- 13.4%) et -11.3%).

C’est donc un marché bien déprimé que William Saurin a décidé de secouer avec le lancement, à la rentrée, d’une nouvelle gamme de plats cuisinés micro-ondables, les Shake Me. Comme son nom l’indique, le packaging des cinq références de la gamme, à base de pâtes en sauce, doit être secoué avant consommation. Cette innovation produit, destinée à un coeur de cible jeune, 18 à 25 ans, se double, pour la marque, d’une nouvelle démarche marketing, avec un plan de lancement 360° qui fait la part belle aux réseaux sociaux.

Rajeunir la marque

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« Tous nos moyens d’action se recentrent sur Facebook, avec une page William Saurin aux couleurs de Shake Me, explique Solène Le Borgne, chef de marque William Saurin. C’est le point de ralliement d’un grand jeu concours, d’actions en magasins et de street marketing. On va là où est notre cible« . Avec des conséquences sur le plan média. « Notre cible passe plus de temps sur YouTube que sur Tf1, donc pas de télévision, mais du digital et aussi, de l’affichage, pour monter en notoriété et toucher les jeunes sur leurs lieux de transport quotidien« . Autres moyens de toucher la cible, un packaging dont les codes « street art » tranchent sur ceux des autres plats de la marque, un jeu-concours récompensant des vidéos, dont les prix vont d’un séjour pour 4 personnes à Ibiza à des caméras GoPro, ou encore un food truck qui va visiter écoles et universités dès le début de 2015, et dont l’itinéraire sera à découvrir sur… Facebook.

Séduire les conso-acteurs

En 2011, William Saurin lançait sur le marché des plats cuisinés micro-ondables la Cocotte individuelle. C’est la seule technologie nouvelle qui a permis de recruter de nouveaux consommateurs et apporté de la croissance au marché. En 2014, la marque récidive donc avec ses shakers.

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Le produit a été bien accueilli par la distribution et Casino a laissé ses clients choisir eux-mêmes les 4 références sur cinq qui seront vendus par l’enseigne. En juin dernier, sur la plateforme C’Vous du distributeur, plus de 5000 consommateurs en trois semaines ont voté pour donner leur avis et gagner différents lots.

Un nouvel axe marketing

« On va de plus en plus vers cette interaction entre produits et consommateurs, poursuit Solène Le Borgne, et de plus en plus, on va construire notre offre avec le consommateur. Ça se fait déjà dans l’IT, et les jeux vidéos, mais c’est encore rare dans l’alimentaire. Aujourd’hui, c’est un outil de communication, on expérimente un marketing B to C to B. Demain, on sera dans le C to C et dans le futur, ce sera du C to B« .

(1) Source IRI, en cumul annuel mobile, 2013 vs 2012.

Publié sur emarketing.fr le 15/07/2014 par Marie J. Guillet

En quoi les Big Data sont-elles personnelles ?

A l’occasion du colloque “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel “organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’Ecole normale supérieure de Lyon qui se tenait le 21 novembre 2013, Yves-Alexandre de Montjoye (@yvesalexandre) était venu présenter ses travaux, et à travers lui, ceux du MediaLab sur ce sujet (Cf“D’autres outils et règles pour mieux contrôler les données” ). Yves-Alexandre de Montjoye est doctorant au MIT. Il travaille au laboratoire de dynamique humaine du Media Lab, aux côtés de Sandy Pentland, dont nous avons plusieurs fois fait part des travaux.

Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales

Faire correspondre des empreintes digitales n’est pas si simple, rappelle Yves-Alexandre de Montjoye. Dans Les preuves de l’identitéEdmond Locard, le fondateur de la police scientifique, explique qu’il suffit d’utiliser 12 points de références pour être sur et certain d’identifier les empreintes digitales d’un individu.

Nos traces numériques laissent bien plus d’empreintes que 12 petits points… Nos téléphones laissent derrière eux, dans les données des opérateurs, de nombreuses informations : qui on appelle, quand, pendant combien de temps, de quel endroit… Nos données de mobilités listent tous les endroits où nous sommes allés. Or, nos façons de nous déplacer sont très régulières, répétitives, uniques, pareilles à des empreintes digitales. Quand on regarde une base de données d’opérateur téléphonique, on est confronté à des millions d’enregistrements. On semble n’y voir personne et pourtant, chacun d’entre nous est là. Comment retrouver quelqu’un dans de telles bases ? Quel serait le nombre de points nécessaires pour identifier à coup sûr une personne dans de telles bases ?

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Image : illustration de l’unicité de nos parcours repérés via des antennes mobiles. Image tirée de l’étude “Unique dans la foule”.

Et Yves-Alexandre de nous inviter à retrouver un de ses collègues du Media Lab. Sur son compte Flickr, on voit qu’il a posé une photo prise dans le centre de Boston entre 10h et 11h. Sur Foursquare, Twitter ou Facebook, il indique être allé voir Lisa, une collègue à Cambridge à 11h30. En partant des traces laissées sur le web peut-on retrouver son collègue dans la base de données de son opérateur téléphonique ? Combien de points faut-il pour retrouver Charlie ? C’est un peu le travail qu’a réalisé Yves-Alexandre avec ses collègues dans “Unique dans la foule” (Cf“Peut-on fouiller les données des téléphones mobiles en respectant la vie privée ?”). Dans une base de données d’un opérateur national comprenant quelques 1,5 millions d’abonnés, il suffit de 4 points pour identifier 95% des gens. “Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales.”

Peut-on rendre la ré-identification moins précise ? Peut-on diminuer la résolution de cette ré-identification ? Et Yves-Alexandre de Montjoye de montrer un trombinoscope et d’y appliquer une diminution de la résolution pour montrer qu’à partir d’un certain degré, nous ne sommes plus capables de reconnaître les personnes sur les photos, de distinguer chacun… Peut-on faire pareil avec les données de mobilité ? A partir de quel moment la résolution ne permet plus d’identifier les gens ?

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Image : Quand on change la résolution d’un trombinoscope, on rend les gens non identifiable. Peut-on faire pareil avec les données de nos téléphones mobiles ?

Les chercheurs du MIT ont pris les données de mobilité et ont réduit la résolution spatiale et la résolution temporelle. Plutôt que d’avoir une information sur telle ou telle antenne de téléphonie mobile, les chercheurs les ont remplacés par des données plus générales, par grandes zones géographiques et par indications temporelles larges plutôt que précises. Certes, réduire la résolution spatiale et temporelle rend la réidentification plus difficile, mais il suffit alors de quelques points supplémentaires pour rétablir l’identification. En fait, nos routines journalières sont tellement uniques qu’il est extrêmement difficile de se cacher dans la foule. La réduction de la résolution n’est pas un système d’anonymisation suffisant. Nous avons tous l’impression d’être semblables quand nous nous entassons chaque matin dans le même métro, alors que nous sommes tous parfaitement uniques.

Les traces de nos déplacements disent bien plus que nos déplacements

Or nos données de déplacements sont devenues très disponibles, comme l’ont souligné les écoutes de Verizon et de la NSA. Elles le sont aussi via les applications qu’on installe sur nos smartphones : 30 % d’entre elles enregistrent nos localisations. Nos données transactionnelles, celles issues de nos cartes bleues ou de nos cartes de transports, comportent aussi des données de localisation. Nos données contribuées, celles que l’on renseigne en utilisant des services sur le web, en appréciant des films ou des chansons, ou en appréciant des pages sur Facebook, permettent également d’en déduire beaucoup sur nos comportements et donc sur qui nous sommes.

Le BFI (Big Five Inventory), cet inventaire des cinq grands facteurs de personnalité est un test psychologique mis au point par les psychologues John, Donahue et Kentle en 1991 (voir Wikipédia), qui depuis une centaine de questions permet de décrire 5 grands types de caractères auxquels sont corrélés des caractéristiques comme la performance au travail ou la capacité à prendre des décisions d’achats. Pour chacun de ceux qui passe le test, le modèle distingue 5 grandes caractéristiques psychologiques comme l’ouverture à l’expérience (c’est-à-dire l’appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes, la curiosité et l’imagination), la conscienciosité (c’est-à-dire l’autodiscipline, le respect des obligations, l’organisation plutôt que la spontanéité), l’extraversion (l’énergie, la tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres), l’agréabilité (une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres) et enfin le névrosisme ou neuroticisme (c’est-à-dire le contraire de la stabilité émotionnelle, à savoir la tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude, la dépression ou la vulnérabilité). Pour les psychologues qui utilisent ces tests depuis longtemps, nos réponses permettent d’évaluer notre profil psychologique selon ces critères qui permettent à leur tour d’induire un grand nombre de caractéristiques comme la performance au travail ou la capacité à prendre des décisions d’achats…

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Image : les 5 caractéristiques psychologies du test BFI et leur niveau de corrélation avec des données de mobilité, via le poster de l’étude “Qu’est-ce que votre téléphone dit de vous ?”.

Le MIT a demandé à des étudiants de remplir ce test pour déterminer leur profil et a ensuite regardé leurs données de téléphones mobiles pour y trouver des corrélations, c’est-à-dire pour trouver depuis les données de mobilité des indicateurs permettant de déduire les 5 types de personnalités. Cette étude a permis de mettre à jour 36 indicateurs (localisation, usage du téléphone, régularité, diversité des contacts, activité des utilisateurs, par exemple le temps mis à répondre à un texto…) capables de prédire le résultat du test BFI de n’importe quel abonné. Le modèle est relativement fiable, par exemple, il est capable à partir des données de mobilité de prédire votre score d’extraversion d’une manière assez fidèle… Cela signifie qu’à partir d’un profil d’usage de votre téléphone, pris comme une simple ligne de chiffres dans une énorme base de données où chacun paraît protégé par la masse, on peut en déduire vos caractéristiques psychologiques… c’est-à-dire des choses qui n’ont rien à voir avec l’usage de votre mobile a priori. Et pourtant… Votre personnalité se dévoile dans le moindre de vos comportements et à l’heure où tous nos comportements sont enregistrés, nos personnalités sont dans toutes les traces de nos activités. Toutes nos données sont devenues personnelles, disions-nous déjà en 2009. C’est chaque jour plus vrai.

Cet exemple montre combien il est difficile d’anonymiser les données transactionnelles. Qu’enlever les numéros de téléphone ou les noms des abonnés ne suffit pas à rendre ce type de base anonyme. Et que de telles bases disent bien plus que les déplacements qui sont les nôtres ou les réseaux relationnels desquels on appartient. Bienvenue dans l’ère des corrélations ! Aussi imparfaits que soient les modèles ont peut désormais déduire des appréciations sur vous depuis le moindre de vos comportements enregistrés. Et il suffit de bien peu de données finalement pour le faire…

La technologie peut-elle réparer ce qu’elle a cassé ?

Alors faut-il arrêter d’utiliser Facebook ? Faut-il remiser son téléphone mobile ? Faut-il arrêter d’utiliser l’internet ?… Impossible répond l’ingénieur du MIT. Parce que ces données ont une valeur pour la science et pour chacun de nous. D’un point de vue social, elles vont permettre d’étudier le comportement humain et de répondre à des questions de société cruciales. D’un point de vue individuel, chacun d’entre nous veut connaître le meilleur chemin pour éviter les bouchons, écouter la musique qu’il va préférer… Ces services nous sont utiles et nous n’avons pas envie de nous en passer. Cela signifie qu’il est urgent de trouver un nouvel équilibre, un juste milieu technique et légal pour encadrer la collecte, comme le soulignait l’appel lancé il y a quelques semaines par Yves-Alexandre de Montjoye, Cesar Hidalgo et Sandy Pentland sur le Christian Science Monitor et Le Monde.

C’est ce à quoi travaille désormais le MIT : rétablir l’équilibre. Construire un New Deal autour des données. Ce New Deal nécessite que l’utilisateur ait accès à ses données ou au moins à une copie lui permettant de comprendre leur utilisation et imaginer de nouveaux services, estime le chercheur. C’est l’enjeu d’OpenPDS (que nous avions déjà évoqué). OpenPDS se veut un magasin de données personnelles, qui permet à l’utilisateur de conserver ses données transactionnelles et de gérer lui-même les accès aux services qui le veulent. Un coffre-fort de données personnelles.

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Image : OpenPDS aide à protéger sa vie privée.

Mais c’est en même temps un peu plus que cela. A partir d’une implémentation d’OpenPDS, du côté de l’opérateur de données, le MIT imagine un service de requête permettant de protéger l’anonymat des données, tout en permettant de les utiliser. Safe Answers est un service à destination des services ou des chercheurs que pourraient implémenter les grands fournisseurs de données. En fait, les chercheurs et les services n’ont pas besoin d’accéder aux données brutes des banques ou des opérateurs téléphoniques par exemple. Les services de musique en ligne n’ont pas besoin d’accéder à toutes les chansons que vous écoutez depuis des années pour vous faire des recommandations pertinentes, une dizaine de chansons seraient largement suffisantes. L’idée de Safe Answers est de permettre de poser des questions sous forme de code à des bases de données tout en respectant la vie privée des utilisateurs. L’idée est de réduire la dimensionnalité des données à une simple réponse… L’idée aussi est, pour ces opérateurs de données, de créer un service supplémentaire d’accès à leurs données tout en préservant totalement leurs abonnés. Plutôt que de faire circuler des bases de données imparfaitement anonymisées, Safe Answers, propose de faire circuler les requêtes des gens du marketing ou des chercheurs, afin de fournir une réponse anonymisée.

Pour le jeune chercheur du MIT, il n’y a pas lieu de céder à la panique : l’anonymat n’est pas mort. Il faut ouvrir le débat. Trouver un juste milieu, trouver les bons outils… Car forcément, pour l’ingénieur, la réponse doit être technologique et le sera. C’est peut-être oublier un peu vite que les coffres-forts de données électroniques existent depuis longtemps sans rencontrer le moindre succès ou en restant souvent difficile à mettre en oeuvre pour l’usager, compliqués. La bonne volonté des services sera-t-elle suffisante ? Difficile d’y croire quand on constate que les révélations d’Edward Snowden n’ont pas vraiment fait bouger les grands barons des données… qui ont collaboré avec la NSA. Le risque n’est-il pas que se perpétue la situation actuelle de non-choix : entre la commodité de l’accès et le non-accès aux commodités, les utilisateurs ont vite choisi. Ils privilégient toujours l’accès, le service, à la confidentialité de leurs données…

Yves-Alexandre de Montjoye veut rester confiant. Pour lui OpenPDS promet d’être différent des coffres-forts de données existants. D’abord parce qu’il arrive au bon moment, ensuite parce qu’OpenPDS ne travaille sur n’importe quels types de données, mais cherche surtout à travailler sur les données transactionnelles et les données de mobilité, plus que les données contribuées. C’est un espace où l’on peut encore faire quelque chose, estime le chercheur, d’ailleurs, Apple et Google modifient sans cesse les modalités d’accès à ces données. Beaucoup de coffres-forts de données cherchaient à tout faire, à prendre en compte toutes les données sans faire une proposition de valeur suffisamment claire pour l’utilisateur, nous confie-t-il, même s’il reconnaît que rendre le contrôle à l’utilisateur est compliqué, non pas tant parce qu’il s’agit de transférer un pouvoir, mais plutôt en terme d’ergonomie, de simplicité d’accès à des solutions de contrôle de ses données.

Reste que le fait que l’utilisateur ait accès aux données ne signifie pas que le collecteur de données originel ou le fournisseur de service n’y ait plus d’accès ou diminue la collecte… La réponse technologique qu’avance l’ingénieur du MIT semble d’un coup effacer toutes les autres. Pas sûr qu’elle se suffise à elle-même. Il nous faut aussi des réponses sociales, pratiques, légales… »On n’arrivera pas à créer un écosystème différent pour l’utilisateur sans régulation », reconnaît le chercheur. Donner le contrôle à l’utilisateur est une manière de rendre le problème plus ouvert, plus compréhensible, “comme l’open data permet au citoyen de mieux comprendre le système politique”.“Donner accès aux données personnelles est une solution simple, techniquement accessible et qui va permettre de faire évoluer les choses.”

Reste que, même avec leurs données, les utilisateurs ne seront pas pour autant sur un pied d’égalité avec les services qui les utilisent, car ceux-ci savent les traiter… ce que l’utilisateur lambda ne sait pas nécessairement faire. Avoir accès à vos données de mobilité par exemple, ne permet pas à l’utilisateur lambda d’en déduire son profil BFI, alors que son opérateur téléphonique, lui, le peut… Si nous pouvions avoir accès à nos données de mobilités, nous ne saurions pas nécessairement qu’elles caractérisent aussi nos comportements d’achats, comme l’a montré Yves-Alexandre de Montjoye dans son exposé.

Effectivement, concède le chercheur… “Mais on peut avoir l’espoir que les chercheurs développeront des algorithmes équivalents à ce qui se fait commercialement, comme la communauté open source développe des logiciels équivalents voir supérieurs à ce qui se fait commercialement…”

Pour le dire autrement, demain, nous aurons certainement les outils nous permettant de traiter les données, des outils qui ne sont accessibles aujourd’hui qu’aux experts. Tout un chacun sera donc capable de faire « parler » des données. D’inférer d’un simple tweet par exemple, des informations celui qui l’a émis, selon des critères personnels. Certains seront à la recherche de votre taux de créativité, d’autres de votre capacité d’achat, d’autres de votre corrélation avec leurs propres idéaux… Cela dessine peut-être un monde où les capacités d’en tirer du sens seront plus réparties. Pas sûr que cela dessine pourtant un monde plus rassurant.

Hubert Guillaud

Publié le 21/12/13 par internetactu à http://www.internetactu.net/2013/12/05/en-quoi-les-big-data-sont-elles-personnelles/comment-page-1/

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Publié le 27 mai 2014 par Margot Ziegler pour LSA et assorti d’une vidéo à voir à http://www.lsa-conso.fr/quand-la-biere-tombe-du-ciel,175267#xtor=EPR-55

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