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Le Label rouge, cinquante ans de confiance

Créée en 1965 à l’initiative d’éleveurs de poulets landais, l’appellation est un gage sérieux de qualité. Elle bénéficie d’une forte crédibilité auprès des Français.

Premier estampillé  Label rouge, le poulet jaune des Landes.
Premier estampillé Label rouge, le poulet jaune des Landes. | paul & henriette pour Le Monde

Il porte allègrement la cinquantaine. La chair ferme, la peau tendue, le teint maïs, conditionné entier dans sa barquette, le poulet jaune des Landes arbore fièrement son écusson Label rouge.

Quelque 1,4 kg pour 14,90 euros dans les linéaires de l’Epicerie Le Bon Marché à Paris. Il fut le premier Label rouge attribué en 1965 sous le n° 01 65. En 2013, sa production dépassait les 7 millions dans 460 élevages dispersés sous les pins et les fougères des Landes. Son succès se confond avec celui du label.

L’idée en revient à un éleveur sarrois installé dans les Landes. Albert Falkenberg a su convaincre les professionnels d’organiser la filière avec une structure collective forte, obéissant à des règles communes strictes qui permettraient de commercialiser leur poulet partout en France, en brandissant l’appartenance géographique et la qualité comme valeurs fortes.

Années 1960 : la qualité alimentaire s’affiche

Nous sommes au début des années 1960, Edgard Pisani est ministre de l’agriculture et la notion de signe de qualité alimentaire commence à s’installer dans les esprits alors que l’agriculture intensive est en plein essor. La Commission supérieure de la qualité des produits agricoles et alimentaires est créée en 1964 et le Label rouge voit le jour par décret du 13 janvier 1965.

Le système élaboré par les fermiers landais servira de modèle pour son attribution à l’avenir. Les producteurs regroupés en association définissent un cahier des charges et déposent la demande d’habilitation au ministère de l’agriculture. Le label est accordé ou pas à l’association – aujourd’hui un ODG (organisme de défense et de gestion) –, et non à chaque producteur individuellement.

Ainsi, le poulet jaune doit appartenir à une race de croissance lente – en l’occurrence le « cou-nu à la peau fine » –, être nourri à plus de 80 % de céréales, dont du maïs produit sur place. Sa durée d’élevage est de quatre-vingt-un jours minimum (quarante-deux pour le poulet standard) en totale liberté dans la nature, sans clôture et dans des petites cabanes mobiles déplacées avec chaque « lot » – pas plus de 4 400 poulets – sur un terrain régénéré.

C’est la spécificité de l’élevage des volailles landaises. Ces « marensines » étaient jadis construites dans la forêt avec les mauvaises planches des pins abattus, pour abriter l’eau et les graines qui allaient nourrir un « lot » de poulets lâchés alentour durant trois mois. Une fois ceux-ci vendus, on démontait la marensine pour l’installer ailleurs afin de ne pas polluer trop longtemps au même endroit avec les déjections animales.

« Un mobile home pour poulets »

« Maintenant, nous avons amélioré le système. Les cabanes sont construites avec des panneaux, mieux isolées et ventilées et on ne les démonte plus. On leur a installé des roues pour les remorquer avec les tracteurs. C’est comme un mobile home pour poulets. » Bernard Tauzia, président de l’association Volailles fermières des Landes, s’en félicite. Comme de la bonne organisation de la filière, qui va de l’accouveur (fournisseur de poussins) à l’abattoir en passant par le fabricant d’aliments. « Chaque lot est contrôlé par un organisme indépendant, explique-t-il. Si un lot ne respecte pas le cahier des charges, il est déclassé en poulet standard. L’éleveur doit alors se mettre aux normes et peut encourir une pénalité en interne. »

C’est la condition de la crédibilité. Et celle du Label rouge reste élevée chez les consommateurs, notamment pour la viande et la volaille qui représentent 300 des 500 labels existant.

Quelque « 60 % des poulets entiers achetés par les ménages sont Label rouge », selon Marie Guyot, directrice générale du Synalaf, le syndicat national des labels avicoles de France. Et sur les 105 millions de volailles produites en 2013 en France, 15 millions sont sous Label rouge, ainsi que 40 % des éleveurs. « Il répond à une véritable demande, qui ne faiblit pas chez les consommateurs », conclut Marie Guyot.

Face à la multiplication des appellations, mentions valorisantes, certifications et dénominations diverses, il convient de rappeler qu’il n’existe que cinq signes de qualité officiels dignes de confiance : le Label rouge, le label AB pour le « bio », l’AOC devenue AOP pour l’appellation d’origine protégée, l’IGP pour l’indication géographique protégée et le petit dernier, le STG, spécialité traditionnelle garantie, qui ne concerne qu’un seul produit en France : les moules de bouchots.

Tout le reste n’est qu’outil de marketing.

 JP Géné

LE MONDE | 08.01.2015 à 18h16 |Par JP Géné

Publié à http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2015/01/08/le-label-rouge-cinquante-ans-de-confiance_4552218_4497319.html#O2MwBv4iIwyGVcoU.99

 

 

La carte de France des alternatives : 89 révolutions locales pour un changement global

PAR IVAN DU ROY 23 DÉCEMBRE 2014

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Elles sont ancrées dans l’écologie et dans l’innovation sociale. Elles ont en commun de proposer des réponses concrètes, à contre-courant du modèle économique dominant : la coopération plutôt que la concurrence, le souci du bien commun plutôt que la cupidité individuelle, le partage plutôt que l’accaparement, la préservation de l’environnement plutôt que sa destruction, la solidarité et l’ouverture à l’Autre plutôt que le repli sur soi et la xénophobie. Elles constituent souvent des réponses immédiates à des enjeux quotidiens : se nourrir sans s’empoisonner, créer des emplois, redonner du sens au travail et à l’activité économique, favoriser l’économie locale, proposer des logements de qualité et financièrement accessibles, s’éclairer sans polluer, mutualiser des savoirs, partager des biens et des services, renouveler la démocratie locale…

Voir la carte

Ces alternatives sont portées par une pluralité d’acteurs : des individus, des collectifs, des salariés, des élus, des associations, des coopératives, des municipalités. Comme toutes expérimentations, elles peuvent comporter des limites, des contradictions, des insuffisances. Mais elles montrent que les idées, les initiatives et les tentatives de transformer la société en partant de l’échelon local, foisonnent. Et peuvent essaimer un peu partout sur le territoire et inspirer d’autres citoyens.

Nous les avons classées en deux grandes familles (la signification de chaque icône figure en bas de la carte). Les alternatives plutôt écologiques (en vert, forcément) : à l’exemple d’une ferme pratiquant l’agro-écologie près de Rouen, d’une cantine scolaire servant intégralement des produits bio locaux en Dordogne, des HLM à basse consommation d’énergie en Mayenne ou en Bretagne… Et celles plutôt sociales (en rouge, historiquement) : une entreprise reprise par ses salariés en Savoie, une monnaie locale au Pays basque, le partage de technologies dans des quartiers populaires franciliens ou dans la banlieue de Grenoble. Le plus souvent, ces alternatives intègrent ces différentes dimensions, écologiques, économiques et sociales.

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Cette carte n’est bien évidemment pas exhaustive. Elle recense les 89 – chiffre symbolique – expériences alternatives menées en France dont Basta ! s’est fait l’écho ces dernières années par des reportages, des enquêtes ou des témoignages, publiés au sein de notre rubrique « Inventer ». Nous n’avons pas encore eu le temps de nous rendre partout où nous le souhaitions ! Vous pouvez également nous suggérer des expériences écologiques, sociales et solidaires à découvrir pour de futurs articles. En attendant, bon voyage dans le monde de demain !

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- La carte de France des alternatives écologiques et sociales

Cartographie : Mathieu Lapprand
Graphisme : Guillaume Seyral
Base de données : Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

Source: http://www.bastamag.net/La-carte-de-France-des-4598

Pays-de-la-Loire. La coopérative étend son royaume céréalier

En 2013-2014, à Thouarcé, la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL) a fait l’acquisition de deux négociants. Sa collecte céréalière atteint les 300 000 tonnes de grains.

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300 000 tonnes de grains dans les silos

À Thouarcé, la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL) forte de 102 salariés et 3 300 adhérents, n’aime les feux des projecteurs. C’est en toute discrétion qu’elle a presque doublé sa collecte de céréales, portée à 300 000 tonnes de grains, en 2013-2014. La CAPL a changé de braquet en faisant l’acquisition de deux entreprises de négoce, aussitôt transformées en filiales. Dotée de solides réserves financières, bénéficiant de la confiance des banques, confortée par de bons résultats économiques (1,1 million d’euros de bénéfices sur 108 millions d’euros de recettes), la coopérative s’est mise en « mode de conquête », comme l’avaient annoncé, il y a un an, son directeur général, Jean-Michel Mignot, et son président, Bernard Belouard.

Deux entreprises de négoce dans l’escarcelle

Première opération en décembre 2013. La CAPL achète la Société commerciale de produits agricoles (SCPA, 35 salariés, 30 millions d’euros de chiffre d’affaires), située au Puy-Notre-Dame. Rebelote en juin 2014, avec la prise de contrôle de la société Céneray (18 salariés, 11 millions d’euros de chiffre d’affaires) à Bazouges-sur-le-Loir (Sarthe). « Ces deux entreprises sont des intervenants importants en agrofourniture, particulièrement en viticulture et en arboriculture, et elles réalisent une collecte de céréales d’environ 80 000 tonnes chaque année », indiquent les dirigeants de la coopérative thouarcéenne. Ces emplettes permettent à la CAPL d’étendre son royaume céréalier au nord des Deux-Sèvres et au sud de la Sarthe.

Grandes manoeuvres

Les yeux rivés sur les courbes croissantes de la population mondiale et de la consommation de céréales, Jean-Michel Mignot et Bernard Belouard sont persuadés du bien-fondé de leur stratégie d’expansion, réalisée au prix d’une montée en flèche de l’endettement (69 millions d’euros en 2013-2014, contre 46 millions en 2012-2013). D’autant que dans le secteur des céréales, les concentrations d’entreprises se multiplient. Y compris en Anjou, avec le rapprochement entre le groupe Terrena et le négociant Anjou Maine céréales. La CAPL ne pouvait pas se permettre de laisser passer les trains si elle voulait garder son rang d’« acteur majeur » dans les métiers du grain et de l’agrofourniture (distribution d’engrais, semences, produits phytosanitaires, matériel de culture…).

Les orfèvres du grain

Pour bien rémunérer ses 900 céréaliers, la CAPL joue les cartes de la diversification et de la qualité. « Nous sommes les bijoutiers du grain », se plaît à dire Jean-Michel Mignot, en référence aux multiples filières de valorisation des grains explorées par la coopérative : orge de brasserie, huile de tournesol et de colza, nutrition animale, agrocarburants… Sur une superficie totale de 500 ha, les lentilles vertes, le blé noir, le quinoa, le lin, le millet blanc et l’épeautre complètent l’éventail des cultures. Sans parler des légumes d’industrie (carottes, petits pois, haricots verts pour conserves et surgelés) développés en partenariat avec la coopérative bretonne Triskalia.

source: http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/pays-loire-cooperative-etend-son-royaume-cerealier-12-12-2014-177923

Charal cherche à remettre le boeuf dans le quotidien des Français

La marque innove techniquement produit composé d'une superposition fines tranches viande.

La marque innove techniquement avec ce produit composé d’une superposition de fines tranches de viande. – Photo Charal

Face aux nouveaux comportements des consommateurs, la marque réplique par des innovations et de la pédagogie.

Les Français manquent de culture sur la viande. Charal l’a bien compris et fait feu de tout bois pour leur donner les clefs leur permettant de mieux connaître le boeuf. La marque vient ainsi de lancer sur son site Internet une version en ligne des ateliers qu’elle avait réalisés grandeur nature lors d’événements éphémères. Au menu : des conseils pour réussir la cuisson de la viande, un lexique ou des détails sur les races des animaux. Un jeu autour des pièces du boucher permet, en outre, de tester ses connaissances sur les différents morceaux qui sont présentés en vidéo par l’un des 500 bouchers de Charal. « Les consommateurs sont de plus en plus en attente d’expertise et de redécouverte », constate Stéphanie Bérard-Gest, responsable marketing.

Attirer d’autres consommateurs

Face à des Français consommant moins de viande, fournir des clefs est indispensable. Si le steak haché est aujourd’hui si présent dans les paniers des consommateurs, c’est en effet parce qu’au-delà du prix, tout le monde sait comment le servir. En revanche, il existe un manque de connaissances sur la manière de préparer les pièces de viande. « Il n’y a pas eu chez les moins de 40 ans de vraie transmission de la part des parents autour de la cuisine de la viande. Et ils ont souvent peur de ne pas réussir leur cuisson. Pour eux, comme pour les autres, il faut apporter des solutions. Notre rôle comme marque leader est de remettre le boeuf dans le quotidien des Français, de créer de nouvelles occasions de consommation », estime Stéphanie Bérard-Gest.

L’une des pistes passe par le lancement de produits simples à mettre en oeuvre. Plus d’une personne sur deux ne s’estime pas capable de faire un boeuf bourguignon ou une blanquette de veau – des plats bien ancrés dans l’imaginaire hexagonal ? La marque vient de sortir des kits cuisine pour les réaliser facilement. Aux morceaux de viande coupés à la bonne taille s’ajoute un sachet d’assaisonnement.

Pour répondre aux attentes d’un public qui plébiscite le caractère tendre du boeuf, Charal a également lancé une innovation technique réalisée par une superposition de fines tranches jouant la carte du fondant. Ce Tendre de boeuf permet de faire le pont entre l’univers du steak haché et la pièce de boeuf.

Dans un univers que l’on aurait pu penser banalisé, l’industriel mise largement sur les innovations et en sort entre douze et quinze par an. Parmi elles figurent des produits surfant sur les tendances alimentaires du moment. Comme les boulettes ou les bagels. Mais aussi des portions plus petites, adaptées notamment à l’appétit des seniors.

Simplifier la vie

Pour la marque qui pèse environ 1 milliard d’euros aux rayons frais et surgelés, l’accompagnement du consommateur prend différentes formes. La marque mise sur le packaging pour l’aider à préparer ses plats. Comme pour le tartare au couteau accompagné d’une sauce qui se mélange dans la barquette-bol fournie. Les emballages doivent aussi encore plus guider l’acheteur. Ils ont été revus pour indiquer précisément la place des morceaux sur l’animal et leurs caractéristiques organoleptiques. Charal joue de surcroît les pionniers en matière de codes QR en les démultipliant. Sur ses packagings, il en existe plus d’une cinquantaine, adaptés aux gammes, et donnant accès à des astuces, des recettes. Le contenu varie selon le moment et les opérations en cours.

Soigner les fidèles

Si la marque veut convaincre les néophytes de mettre plus souvent du boeuf à leur menu, elle n’en oublie pas pour autant de cultiver le lien avec ses fidèles. Son Club Avantages compte 120.000 membres. Ils obtiennent des bons de réduction sur leurs produits préférés, ont accès à des jeux spécifiques, mais aussi à des recettes exclusives, un peu décalées, dans l’esprit humoristique de la communication. Et ils collectionnent les fameuses « boîtes à Hummm », ces objets qui émettent le gimmick publicitaire guttural « Hummm… Charal » lorsqu’on les retourne. Une nouvelle édition sort chaque année. A n’utiliser qu’avec modération pour préserver la paix des ménages…

Clotilde Briard, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150106/lec2_industrie_et_services/0204027957336-charal-cherche-a-remettre-le-boeuf-dans-le-quotidien-des-francais-1080498.php?zLtZS40111QU0LF6.99#xtor=CS1-33

Philippe Mangin : « Le modèle coopératif gagne en performance et se rapproche des citoyens »

Philippe Mangin procède à un large tour d'horizon sur l'avenir des coopératives alimentaires

Philippe Mangin procède à un large tour d’horizon sur l’avenir des coopératives alimentaires

A l’occasion d’un hors série consacré spécifiquement aux coopératives alimentaires et agricoles, Philippe Mangin, président de Coop de France, nous a accordé une interview exclusive, que nous publions ici intégralement. Il analyse sans détour les forces et les faiblesses du modèle coopératif, qui produit la moitié de l’alimentation en France.

LSA – Comment les coopératives traversent-elles la crise ? On entend surtout parler des difficultés dans les filières animales, de restructurations, de cessions…

Philippe Mangin - La coopération est dans le prolongement des exploitations agricoles et subit les mêmes difficultés qu’elles rencontrent, notamment dans certaines filières de l’élevage. Le porc, la volaille, les bovins même souffrent depuis plusieurs années. Les coop dans ces filières se sont fragilisées. On en connaît les raisons : l’exacerbation d’une concurrence intracommunautaire, d’Allemagne, du nord de l’Europe, parce que les coûts sociaux et donc les écarts de prix sont très importants ; certaines entreprises, dans la volaille, n’ont pas anticipé la baisse des subventions à l’exportation, ce qui expose leurs coopératives d’approvisionnement ; et enfin la crise, que la France traverse. Mais une fois ce constat fait, globalement, les coopératives agricoles et agroalimentaires restent plus solides que les entreprises concurrentes du privé. Leur part de marché ne s’effrite pas. Il naît même des acteurs économiques de plus en plus puissants, comme Tereos et Cristal Union dans le sucre, qui sont des réussites remarquables. On voit des progrès fulgurants dans le domaine viticole, comme Nicolas Feuillate, dans le champagne, Val d’Orbieu parmi d’autres dans le Bassin méditerranéen avec une production qui devient insuffisante, et, pour les grandes cultures et la valorisation des productions végétales, nous voyons l’émergence de leaders, Vivescia dans la malterie, numéro un mondial, et dans la meunerie-viennoiserie avec Nutrixo et Délifrance ; Axereal dans la farine, Limagrain avec Vilmorin et Jacquet, et, dans le lait, avec Laita, SodiaalAgrial qui ont pignon sur rue. Il faut d’ailleurs en faire émerger d’autres.

LSA – Le modèle économique historique est-il vraiment un avenir pour ces entreprises ?

P. M. - La difficulté à laquelle sont confrontées les coopératives pour assurer leur développement est la mobilisation des capitaux, un problème que les grandes entreprises capitalistes ne rencontrent pas. Pour atteindre leurs objectifs de croissance, qui nécessitent des investissements, afin de développer des marques, atteindre la taille critique, beaucoup de coop se disent amenées à rechercher des capitaux extérieurs qu’elles ne peuvent trouver parmi leurs membres. Pour autant, le statut du modèle s’en trouve-t-il menacé ? Je ne crois pas. La coopérative est le prolongement des membres, les activités industrielles sont filialisées et peuvent appeler des capitaux extérieurs, industriels ou financiers. Et rien n’est menacé tant que la coopérative maison mère maintient son pouvoir dans les montages financiers. Les producteurs de Limagrain ont une filiale, Vilmorin, cotée en Bourse. Ils n’ont pas eu un instant l’impression d’être dessaisis de ce qui les anime dans leur stratégie. L’esprit coopératif peut être conservé. Ce serait le contraire même si les groupes coopératifs étaient rendus impuissants à rivaliser avec les autres entreprises dans le paysage européen et mondial. Certes, les leaders français ont pris un peu de retard, qui est en train de se combler, les plus grandes coopératives sont encore dans le nord de l’Europe, mais nous avons sept groupes coopératifs dans le top 20 européen, deux au niveau mondial. Nous sommes aussi attendus, partout dans le monde, sur une offre coopérative. Nous devons mettre les bouchées doubles pour grandir encore.

« NOUS PROGRESSSONS DE 1,5 % MALGRÉ LES DIFFICULTÉS DE LA FILIÈRE ANIMALE »

LSA – La course à la taille est-elle le seul moyen pour une coopérative d’être compétitive ?

P. M. - Évidemment non ! Il y a de très belles PME coopératives qui ont montré combien leur stratégie était gagnante. Dans le vin, de nombreuses coopératives pourraient être citées : La Chablisienne, Plaimont, La Cave de Tain. Dans le lait, aux côtés des trois précédemment cités, Isigny, La Prospérité et L’Hermitage, dans les Vosges, démontrent tous les jours combien leur action est efficace, et ces entreprises ne sont pas confrontées à une insuffisance de taille pour faire leurs preuves. Dans les fruits et légumes, Saveol, Blue Whale ou, avec une stratégie plus territoriale, Les Fermiers de Figeac, ont montré leur efficacité. Unicoque est devenu un des leaders européens de la noisette avec un vrai plan de croissance. Pour celles-là, le modèle est pérenne. Nous manquons peut-être de naissances de nouvelles coopératives. On en voit quelques-unes, dans le commerce alimentaire, des Amap qui adoptent le statut coopératif pour que les agriculteurs puissent s’épauler encore plus efficacement. La filière bio, dont les coopératives sont les championnes en termes de quantités produites et écoulées, montre aussi son dynamisme. Dans une situation de crise, ce n’est pas si mal, nous progressons de 1,5 % par an, malgré les difficultés de la filière animale.

LSA – Vous êtes à la fois président d’InVivo et de Coop de France. Les deux structures ont une gouvernance commune. Pouvezvous nous rappeler pour quelles raisons ?

P. M. - Coop de France est le syndicat professionnel qui représente les 2 800 coopératives françaises, qui est leur porte-voix en matière de lobbying et qui les accompagne en expertises et en services. InVivo est une union de coopératives, une coop de deuxième niveau, contrairement à Vivescia, Terrena ou Maisadour, par exemple, qui sont des entités de premier niveau. InVivo est leader, mais grâce à ses 230 coopératives adhérentes. Sa stratégie vient d’être redéfinie dans son projet « 2025 by InVivo », pour chacun de ses métiers historiques : le commerce des grains, la nutrition animale, la distribution, avec les jardineries Gamm vert, et enfin l’agrofourniture, avec l’ambition de développer de nouvelles activités. InVivo et Coop de France ont effectivement une gouvernance commune. Le rapprochement répond à une logique : elles traitent de sujets communs. InVivo peut apporter son expertise à Coop de France, et vice versa. C’est ce rapprochement qui a permis la mise en place d’une communication grand public très efficace ; la création de l’Institut de la coopération agricole en matière de formation, et l’ouverture d’une réflexion dans le vin pour les stratégies à l’export. Auparavant, nous étions dénués de moyens, ou ils étaient trop dispersés. Aujourd’hui, nous pouvons agir sur plusieurs fronts en synergie et avec succès.

LSA – Avez-vous le sentiment que Coop de France a plus de poids auprès des pouvoirs publics ? Il semble que vous ayez réussi à obtenir une baisse de la fiscalité…

P. M. - Ce que j’ai voulu faire, avec Coop de France, c’est un vrai syndicat d’entreprises coopératives. C’est le Medef des coopératives agricoles. Avant, la tendance était de vouloir parler au nom des agriculteurs, d’être redondant avec le syndicalisme agricole sur des sujets qui concernent les agriculteurs. Je me suis battu pour que nous quittions ce terrain-là. Coop de France intervient désormais pour les sujets qui nous concernent en tant que syndicat d’entreprises coopératives. Le bénéfice que nous en tirons, avec la baisse de la fiscalité, ou les lois d’avenir agricole ou sur l’économie sociale et solidaire, découle de cette ligne claire pour tout le monde. Même si on se sent concernés quand le potentiel de production est menacé, puisque nous en sommes le prolongement. Et oui, nous avons obtenu la suppression anticipée de la C3S (une taxe sur le chiffre d’affaires) pour les coopératives, puisque nous ne sommes pas éligibles au CICE. J’ai connu une époque où nous étions les oubliés des pouvoirs publics. Nous devions rappeler les cabinets ministériels pour demander pourquoi nous n’étions pas conviés sur des sujets qui nous concernaient directement ! Cela n’arrive plus. Il n’y a plus de réunions où Coop de France, aux côtés de la FNSEA et l’Ania, ne soit pas conviée, dans les ministères ou auprès des parlementaires. Et nous pouvons agir, y compris en matière de fiscalité. Auparavant, des amendements pouvaient être adoptés, contre nous, de nuit, sans que nous ayons aucun moyen de réagir, et cela avait d’ailleurs été le cas de la C3S, il y a une dizaine d’années !

« L’AFFAIRE SPANGHERO A ABOUTI À LA DÉMISSION DU VICE-PRÉSIDENT EN CHARGE DE LA SOCIÉTÉ »

LSA – On sait que les coop reposent sur le modèle un homme/une voix, mais pensez-vous vraiment qu’elles appartiennent encore aux exploitants ? Ou plutôt aux équipes dirigeantes en place ?

P. M. - J’entends ce reproche fréquemment évoqué, y compris par le personnel politique, mais je constate précisément le contraire : le pouvoir des agriculteurs s’exprime toujours et à bon escient à chaque fois que la situation est difficile. Il y a deux exemples récents. L’affaire Spanghero a provoqué une assemblée générale chez Lur Berri, qui a abouti à la démission du vice-président, en charge de Spanghero. Autre exemple, Coralis dans le lait à Rennes, dont l’équipe dirigeante militait pour une alliance stratégique sans consulter sa base. Toute l’équipe dirigeante, conseil d’administration y compris, a été congédiée. Quand tout va bien, on pourrait croire que les exploitants sont peu mobilisés, mais quand les dirigeants n’ont pas fait bien leur travail ou n’ont pas bien expliqué la stratégie, il y a sanction. Non, les exploitants agricoles n’ont pas perdu le pouvoir au bénéfice des dirigeants.

LSA – Vis-à-vis des citoyens, on n’a pas vraiment le sentiment que le modèle soit connu, ni même qu’il pourrait leur procurer des avantages particuliers. Y en a-t-il ?

P. M. - Que le modèle coopératif ne soit pas connu, nous en sommes sûrs et nous avons des études d’opinion qui le prouvent. D’où la nécessité d’expliquer ce que nous sommes. Et nous sommes convaincus de l’intérêt du citoyen pour le modèle d’entreprise durable que nous représentons, qui n’a pas plongé dans la financiarisation, qui reste éloigné du modèle boursier. Et, du point de vue du consommateur de son attention à notre capacité à raccourcir la chaîne, à maîtriser l’origine des produits mieux que d’autres et que, s’il y a profit, il est d’abord tourné vers les producteurs agricoles, l’investissement et pas vers des actionnaires ou je ne sais quel paradis fiscal. Si nous sommes capables d’aller à la rencontre du citoyen et du consommateur sur ces thèmes, je suis confiant pour qu’il soit à l’écoute et qu’on puisse distinguer nos produits de ceux des autres sociétés, et faire savoir que D’Aucy, Candia, Paysan breton, par exemple, sont la propriété des paysans.

LSA - En termes de gouvernance, vous avez déclaré vous-même qu’il y a des progrès à faire…

P. M. - Les coopératives doivent travailler sur des mesures qui permettent une plus grande implication de leurs membres, des exploitants agricoles,  dans l’entreprise et dans ses filiales quand elle est insuffisante. Il y a de plus en plus de moyens pour y parvenir, via le numérique, sans obliger chacun à se déplacer en permanence. Force est de constater que nous n’avons pas réussi à attirer beaucoup de femmes à la gouvernance, alors qu’elles occupent presque un quart des nouvelles installations. Nous devons multiplier les efforts pour les attirer. Notamment les jeunes, diplômées, compétentes, déjà à la pointe pour la gestion de leurs exploitations. Nombreuses sont les agricultrices qui ont le profil d’administratrices ou de dirigeantes, à nous de les convaincre. Nous devons nous imposer la parité. Pour les compétences, la loi Hamon impose un plan de formation annuel des dirigeants élus. C’est une obligation que nous avons réclamée. Et c’est ce qui permettra de déverrouiller des situations de conseils d’administration trop figés.

« L’APPARTENANCE EST REDEVENUE IMPORTANTE ET VALORISANTE »

LSA – Les Français savent-ils que la moitié de leur alimentation provient de vos usines ?

P. M. - Nous avions perdu une image de modernité que nous sommes en train de retrouver. Sous l’effet de la crise, la coopération et le mutualisme ont été remis au goût du jour. L’intérêt est grandissant et les groupes coopératifs peuvent prendre la parole et vont le faire, y compris localement. Nous sommes en train de construire un réseau de dirigeants et porte-parole pour les 2 800 entreprises réalisant 84 milliards d’euros de chiffre d’affaires et employant 160 000 salariés, parce que peu de gens connaissent cette réalité, et aussi en révélant les produits qui sont fabriqués par ces mêmes entreprises. La fierté coopérative est en train de renaître, l’appartenance est redevenue importante et valorisante, à nous de pousser les feux.

LSA – Vous venez de créer Coop de France agroalimentaire au sein de Coop de France. Dans quel but ?

P. M. - Nous créons cette plate-forme pour que ces entreprises agroalimentaires à capitaux coopératifs aient justement un lieu de rencontre et d’expression, qui n’existait pas. Il peut arriver que nous ayons des nuances de positions, par exemple sur la mention d’origine des produits, avec l’Ania. Nous ne quittons pas l’Ania pour cela, bien au contraire. Mais nous devons pouvoir prendre la parole au nom des coopératives et de leurs filiales, comme le font l’Ilec pour les multinationales et la Feefpour les PME. Coop de France agroalimentaire réunira beaucoup plus les opérationnels que les élus, à savoir les directeurs généraux, le marketing, les juristes. Notre première réunion entre Coop de France agroalimentaire et l’équipe dirigeante de Carrefour récemment a d’ailleurs suscité l’enthousiasme de nos membres. Ce type d’échange n’existait pas auparavant.

LSA – Les coopératives détiennent une grande quantité de marques. La valeur immatérielle de ces marques est-elle estimée et gérée en conséquence ?

P. M. - Non. Nous avons quelques idées, puisque Yoplait a été valorisée dans le cadre de l’accord entre General Mills et Sodiaal. Les coopératives qui ouvrent le capital de leurs filiales le savent aussi, comme Vivescia Industrie, dont la marque Délifrance est valorisée. Nous avons encore du chemin à faire pour prendre connaissance de la valeur de l’ensemble de nos marques et leur attribuer ce qui est nécessaire pour maintenir et accroître cette valeur. Nous avons des centaines de marques, avec une forte notoriété, et leur valeur devra être connue. Les coopératives ont un énorme potentiel qu’elles doivent encore mieux maîtriser.

« NOUS POUVONS FAIRE VALOIR NOTRE DIFFÉRENCE VIS À VIS DES ENSEIGNES »

LSA – Les valeurs citoyennes que vous revendiquez sont-elles reconnues dans la relation commerciale avec la distribution ?

P. M. - J’ai entendu les enseignes, lors d’une rencontre avec Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, dire pour la première fois unanimement qu’elles auraient une approche segmentée entre les grandes marques des multinationales, les PME et le secteur du frais. On sent bien que les enseignes veulent faire une différence entre les entreprises à capitaux familiaux et les autres, la Feef l’a démontré. Et nous avons aussi notre place à prendre, avec notre différence. Si nous ne l’avons pas, c’est de notre faute, pas de celle des distributeurs. Nous avons établi un guide des conditions générales de vente, nous voulons qu’apparaisse notre spécificité coopérative. Elle est désormais recevable par la totalité des enseignes. Nous pouvons nourrir une démarche citoyenne avec elles vis-à-vis des consommateurs, notamment via la contractualisation, comme nous le faisons avec McDonald’s pour les pommes de terre ou le blé. Il y a des choses formidables à faire, il faut faire le saut.

LSA - Pourtant, on a le sentiment que les dirigeants de coopératives agricoles se focalisent plus sur leurs adhérents en amont que sur leurs clients…

P. M. - C’est un peu vrai pour les  coopératives, qui n’avaient pas la culture du marketing, de la vente et de l’attente client, même si toutes les coopératives ont des clients, transformateurs ou exportateurs. C’est faux en revanche pour ce qui concerne les filiales et les marques, comme Agrial avec Florette ou Terrena avec Tendre et plus. Car celles qui sont dans la transformation ont mis depuis longtemps le consommateur dans la stratégie. Le problème se pose pour les coopératives de collecte, d’élevage, qui sont moins au contact du distributeur.

LSA – Allez-vous vous intéresser de plus en plus à la distribution ? Vous détenez l’enseigne Gamm vert et ouvrez Frais d’Ici, Unicor ouvre les Halles d’Aveyron, Maisadour détient la Comtesse du Barry… C’est l’avenir ?

P. M. - Les initiatives foisonnent et il serait d’ailleurs bon de les fédérer et de viser un plan de croissance. La création de Frais d’Ici, de Panier d’Ici dans le centre, de Hop’la dans l’Est de la France, ou de la vente directe de viande par la Cavac sur internet, vise le modèle du circuit court. Ce sont des volumes microscopiques, mais ces initiatives donnent de la proximité avec le consommateur, et l’offre est constituée de produits locaux venant majoritairement des coopératives. Mais on ne nous attend pas ! Et nous sommes aussi fournisseurs d’enseignes qui sauront nous le rappeler. Restons modestes sur ces développements, même si j’y crois. Pour les jardineries Gamm vert – qui ont aussi une offre alimentaire et textile –, dont le réseau est étoffé de 1 000 magasins, c’est désormais l’international que nous visons.

« NOUS AVONS RACHETÉ DEUX ENTREPRISES DE CODAGE ET NOUS AVONS DÉJÀ DES IMPRIMANTES 3D »

LSA – Menez-vous une réflexion globale, sur le numérique ou le Big Data, qui pourraient révolutionner l’industrie ?

P. M. - Les investissements sont colossaux dans ces domaines. Le Big Data devient incontournable, nous le répétons à nos dirigeants. InVivo vient d’ailleurs de racheter deux entreprises de codage qui nous placent parmi les trois leaders du secteur. Dans les coopératives de matériel (Cuma), nous faisons déjà appel à des imprimantes 3D qui fabriquent les pièces de rechange des tracteurs, sans délai d’attente et pour un très faible coût. Coop de France pilote une Union, Adhérents.coop, qui est leader dans les portails extranet pour les coopératives. C’est une révolution qui nous attend et dans tous les domaines, y compris les marques alimentaires, les emballages… Nous devons y travailler, s’y préparer, anticiper l’avenir.

LSA – Les coopératives chassent-elles « en meute » à l’international ?

P. M. -La filière bovine a créé un GIE Export il y a quelques années, mais en dehors des acteurs économiques. Il n’a pas duré six mois! Rien ne peut se faire sans les acteurs économiques. En revanche, il faut qu’il y ait des lieux d’appui, un lien avec le Quai d’Orsay, rapprocher Sopexa et UbiFrance, fédérer les initiatives des conseils généraux et des chambres de commerce. Voilà qui pourra permettre aux coopératives de chasser en meute à l’international. Au sein de nos pôles, nous devons aussi améliorer le réseautage. Le fait que Tereos soit au Brésil est un avantage qui peut permettre d’y exporter ou d’y investir. De même qu’InVivo, qui ouvre un bureau à Singapour en veille pour nos métiers, mais qui peut aussi servir de lien pour d’autres coopératives. Delpeyrat s’allie avec Univitis pour chasser en Chine en mariant vins et foies gras. Et puis, n’oublions pas que les grandes enseignes françaises sont aussi à l’international. On peut se batailler ici durement sur lesnégociations commerciales, mais aussi chercher à mieux profiter de leur présence à l’échelle mondiale. Elles nous y invitent, d’ailleurs !

« LES RAPPROCHEMENTS DANS LA DISTRIBUTION DOIVENT NOUS INCITER À NOUS RESTRUCTURER »

LSA – Le monde des coopératives doit-il encore se restructurer ? Des marques ont été confiées au privé, Yoplait, Labeyrie… Est-ce un signe de fragilité ?

P. M. - Labeyrie, pour Lur Berri, était un très gros morceau, qui nécessitait la recherche d’un partenaire, d’où l’arrivée de PAI qui impose son management. Et l’alliance de Sodiaal avec General Mills a sa logique. Ce sont deux cas isolés. En tout état de cause, nous ne sommes pas assez présents à l’international et nous continuons, à Coop de France, à promouvoir les alliances entre coopératives pour qu’elles se renforcent et atteignent la taille pour conquérir l’international. Quand on voit le rapprochement des enseignes, Auchan avec Système U et Casino avec Intermarché, nous n’avons pas le choix ! À une concentration de la distribution, nous devons répondre par une réflexion sur nos propres organisations. Nous devons nous unir, aller plus loin.

LSA – Au niveau mondial, le modèle coopératif est-il en croissance ?

P. M. - Oui, et le nouveau sommet mondial de Québec devient d’ailleurs le Davos de l’économie coopérative. Le modèle coopératif ou mutualiste est celui qui peut le mieux aider les pays en développement pour structurer l’agriculture. Et dans les pays riches, où l’État va intervenir de moins en moins, il va aussi se développer. Ce sont les coopératives et les mutuelles qui vont prendre le relais des pouvoirs publics dans de nombreux domaines, parce que leur fonctionnement, leur modèle, impose une éthique, un sens que les citoyens, et surtout les jeunes, recherchent. ???

Propos recueillis Par Sylvain Aubril

Publié le 27 novembre 2014 par SYLVAIN AUBRIL sur LSA à http://www.lsa-conso.fr/philippe-mangin-le-modele-cooperatif-gagne-en-performance-et-se-rapproche-des-citoyens,193189

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE

Agroalimentaire. Paysan Breton devient Bai Shang en Chine

Propriété de la coopérative laitière Laïta, la marque et ses produits (beurres, fromages…) seront bientôt commercialisés en Chine sous le nom Bai Shang.

Éric d’Humières et Jean-Marie Le Bris.
Ouest-France

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Laïta a le sens du tempo. C’est au coeur du Sial  que la coopérative laitière bretonne (1) a présenté, hier, son plan d’action pour la Chine. Pour s’adapter au marché, elle a décidé d’adapter le nom de sa marque Paysan Breton. Dans l’Empire du milieu, beurres et fromages (camemberts, bries, emmental…) seront commercialisés sous celui de Bai Shang, traduction de Paysan Breton.

Une première pour Laïta, qui s’est jusque-là limitée à personnaliser les emballages en fonction des pays. Mais l’international est la priorité de l’entreprise, présente dans près de 110 pays (l’export représente aujourd’hui 20 à 25 % de son chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros).

« C’est un accélérateur de ventes et de compréhension », explique Jean-Marie Le Bris, directeur Produits grande consommation (PGC) et filiales de Laïta. Objectif : capter la croissance où elle est, surtout à l’est, alors que la suppression des quotas laitiers, imposée par l’Union européenne, se profile en 2015. Un salarié va être installé à Hô-Chi-Minh-Ville (Vietnam) pour comprendre les attentes des marchés asiatiques.

Cibler la jeunesse

L’initiative en vaudrait la peine. En Chine, la consommation de fromage n’atteint que « 4 grammes par an et par habitant », contre 23 kilos en France, sourit Éric d’Humières, directeur export PGC. Tout est à faire dans ce marché de niche. Le made in France pourrait permettre de s’y faire une place.

Les premiers produits Bai Shang (des centaines de tonnes ; à relativiser au regard des 50 000 tonnes de PGC exportées dans le monde par Laïta) seront lancés d’ici à trois mois, dans les hôtels et restaurants. Ils attendront avant de prendre place dans les supermarchés, le temps que la marque s’installe. Les cibles ? «Les jeunes et les enfants, par qui la consommation se développe » et « une population éduquée, qui a voyagé », détaille Éric d’Humières, qui prévient : « Ça va mettre des années à se démocratiser. » Au vu du potentiel espéré (croissance de 25 % par an), Laïta est prêt à attendre.

Publié par ouest France à http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/23-10-2014-165851

 

Agroalimentaire : comment le développement durable profite à Slaney Foods

INNOVATIONL'éleveur irlandais Pat Murray, l'un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.

L’éleveur irlandais Pat Murray, l’un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.(Crédits : Tiphaine Honoré)
Tiphaine Honoré  |  10/10/2014, 12:38  -  817  mots
Ce spécialiste de l’agneau et du bœuf irlandais a opté pour le développement durable avec Origin Green, un programme national pour améliorer les pratiques de la filière agroalimentaire. L’objectif est double: réduire ses coûts et améliorer ses exportations tout en réduisant son impact environnemental, encore élevé pour ce secteur…

« Quand on peut prouver les qualités environnementales et sociales de sa chaîne de production, on convainc plus facilement les acheteurs de nous choisir. Aujourd’hui, ces deux critères sont très importants pour nos clients étrangers ».

Rory Fanning, directeur général de Slaney Foods, implantée au sud de Dublin, est persuadé d’avoir fait le bon choix en misant sur le créneau du développement durable. « C’est un avantage marketing important mais aussi une source d’économies non négligeable ».

Une initiative encouragée par l’État

Slaney Foods a adhéré, dès son lancement il y a deux ans, au programme national Origin Green, chapeauté par le bureau de l’agroalimentaire irlandais (Bord Bia). Celui-ci évalue et encourage les entreprises du secteur dans leurs efforts pour une « durabilité » de leurs pratiques. Loin du cahier des charges exigeant de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, il incite simplement à rationaliser sa consommation d’eau, d’électricité et de matières premières, tout en s’engageant à améliorer les conditions de travail de ses employés.

La charte à respecter reste souple pour que les entreprises participent selon leurs moyens: chaque dirigeant fait le choix de se fixer ses propres objectifs parmi les grandes thématiques imposées par Origin Green. D’abord la durabilité de l’approvisionnement auprès de ses fournisseurs – les agriculteurs dans le cas de Slaney Foods -, puis les procédés de fabrication, et pour finir la responsabilité sociale de l’entreprise.

Lire sur ce sujet : Quand l’agroalimentaire irlandais veut devenir champion du développement durable

Réduire de 10% la consommation d’électricité d’ici 2017

Slaney Foods s’est ainsi fixé des buts à atteindre d’ici 2017, comme le prévoit la charte. D’abord réduire de 10% la consommation d’électricité en améliorant la réfrigération de la viande et en acquérant des outils de mesure plus précis de la température. Une source d’économie importante pour cette entreprise qui dépense 1 million d’euros par an pour ce budget…

Ensuite, l’utilisation d’eau dans la production devra encore être réduite de 10%, après une première coupe déjà importante de 11% entre 2011 et 2012, permise par l’investissement dans un nouvel abattoir. Mais c’est dans le recyclage, la collecte et la quantité d’emballage que la baisse sera la plus drastique avec 90% de déchets en moins prévus.

« Les bénéfices espérés sont difficiles à chiffrer », explique Rory Fanning. Mais, malgré les investissements importants que cet engagement nécessite, les économies dégagées devraient les compenser sur le long terme. En commençant par « améliorer son image de marque« .

Un impact environnemental à améliorer

Parmi les objectifs que l’entreprise s’est fixé, l’approvisionnement en matières premières respectueuses de l’environnement est celui où la marge de progression est importante… Car le « point noir » de la filière viande irlandaise reste les émissions de gaz à effet de serre. Selon un rapport de Teagasc, l’autorité de développement et de conseil de la filière agroalimentaire, l’Irlande est l’un des pays européens où l’agriculture rejette le plus de gaz néfastes à l’environnement : 29,1% des émissions nationales contre 9% en moyenne pour l’Union européenne.

Par ailleurs, toujours selon ce rapport, l’élevage irlandais de bœuf à viande reste près de deux fois plus émetteur de CO2 et de méthane que les fermes produisant du lait. Dans sa liste de fournisseurs, Slaney Foods a pour sa part décidé de privilégier des agriculteurs présents dans un rayon de 100 kilomètres et qui ont eux aussi adhéré au programme Origin Green.

« Pour réduire leur impact en CO2, nos éleveurs partenaires sont incités à garder moins longtemps leurs animaux en élevage en passant de 27 à 22 mois avant l’abattage », note Dympna Skelton, responsable environnement chez Slaney Foods.

La biodiversité répertoriée

L’un d’eux, Pat Murray, installé dans le sud de l’Irlande, a déjà progressé en ce sens. Son troupeau de presque 200 bœufs a remporté le prix de l’élevage irlandais le plus « durable » début septembre. En plus de réduire le temps passé par ses animaux sur ses terres, Pat Murray a divisé par deux l’épandage d’azote (constituant le nitrate) sur ses prairies. Un point sur lequel l’agroalimentaire irlandais a également du chemin à faire.

« L’Irlande possède une dérogation européenne pour l’épandage de l’azote à 250 unités par hectare, contre 170 pour la France et le reste de l’Union », rappelle Fabien Trihan, conseiller en gestion spécialiste du milieu agricole au CER France.

A travers Origin Green, Slaney Foods compte bien voir ses fournisseurs améliorer leurs pratiques environnementales pour pouvoir s’affirmer « durable » sur toute la ligne. Le programme national en est aujourd’hui à la collecte d’informations sur les fermes, telles que la part de haies et de points d’eau dans chaque exploitation. Une première étape pour préserver la biodiversité locale et mieux rayonner à l’international

source: La Tribune à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20141009trib748cdf53a/slaney-foods-l-eti-qui-mise-sur-la-gestion-verte-pour-booster-sa-competitivite.html

 

Charal se lance sur les plats cuisinés surgelés

Charal investit le segment des plats cuisinés surgelés
Charal investit le segment des plats cuisinés surgelés

Le horsegate, même pas peur ! Le leader de la viande en France, qui est passé entre les gouttes du scandale de la viande de cheval, se lance à l’assaut d’un nouveau marché : les plats cuisinés.

Le segment ne s’est toujours pas remis de la tourmente et enregistre encore des ventes valeur en recul de 5% et de 4,6% en volume (P5, CAD 2014 IRI). « Cette catégorie est la 4ème en volume du marché, c’est donc un segment incontournable. Aujourd’hui, le frein à l’achat repose sur la crainte de l’origine de la viande. Sur notre gamme, nous allons donc communiquer sur la sélection des morceaux, l’origine Viande Bovine Française et la fabrication en Normandie, à Lisieux », explique Cyril Bourrut-Lacouture, responsable de marque surgelée Charal.

Ainsi, la gamme sera composée de recettes emblématiques: un hachis Parmentier, une Moussaka, gratin boulettes au bœuf à la bolognaise et gratin boulettes au bœuf façon couscous. « Nous voulons développer des plats dont l’ingrédient principal est la viande », ajoute-t-il. D’ailleurs, la marque ne lésine pas sur les taux de bœuf. Le hachis sera composé de 28% de viande (contre environ 20% pour le marché), les gratins de 24% et la moussaka de 23%.

Publié le 17 juillet 2014 par LSA à http://www.lsa-conso.fr/charal-se-lance-sur-les-plats-cuisines-surgeles,180811?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Lsa-rss+(LSA+-+Grande+consommation+et+distribution)

ecrit par CAMILLE HAREL

 

L’agroforesterie se développe en Limousin

Des châtaigners en cultures diversifiées… Comme première approche. Un exemple d’agroforesterie, qui en l’occurrence se développe en Limousin.

Le 11 avril dernier, le Sénat a donné son feu vert à la création des Groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), mesure qui autorise les agriculteurs à consolider, améliorer, voire créer, collectivement, des systèmes de production performants sur les plans écologique et économique. En parallèle, le cadre législatif en place permet aujourd’hui le développement de l’agroforesterie ; tout est réuni pour lancer le projet « Agroforeveri ».

Sur 469 dossiers de GIEE déposés, 103 ont été retenus, dont le projet« Agroforeveri » en Pays de Saint-Yrieix-la-Perche. Situé au croisement de la Haute-Vienne, la Corrèze et la Dordogne,  le territoire est connu pour ses productions bovins-viande, ses vergers de pomme AOP « Golden du Limousin », et ses châtaignes. Le fruit, qui figure parmi les produits identitaires de la région (une feuille de châtaigner est représentée sur le logo de la région Limousin), voit sa production relancée, grâce aux efforts du Groupement  de vulgarisation agricole (GVA) de Saint-Yrieix-la-Perche, du Syndicat des producteurs de marrons, châtaignes et petits fruits du Limousin, de la coopérative Limdor et de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. La construction d’un atelier de conditionnement, alimenté chaque année par environ 200 tonnes de châtaignes, a boosté la filière, ce qui a encouragé la plantation : 150 hectares ont été plantés depuis 4 ans.

Pour Emmanuel Rabaud, initiateur du projet et président du Syndicat des producteurs de marrons, les efforts ne doivent pas s’arrêter là. « Nous cherchons à produire plus en volume, car nous importons 70 % des châtaignes consommées en France. Le problème de perte de tonnage à la récolte pourrait être résolu par une mécanisation du chantier de récolte, et il faut améliorer des méthodes de lutte contre le cynips, ravageur qui sera sur notre département d’ici un à deux ans. »

Des projets de diversification

En face, la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne accompagne à l’installation en production de poulets Label Rouge, dont le cahier des charges impose au moins 2m² de parcours arboré par animal. « Quelques éleveurs, sur le territoire, ont testé l’agroforesterie avec un parcours de châtaigniers plus des volailles. Un agriculteur de Corrèze a modifié son parcellaire pour que ses bovins puissent pâturer au milieu des châtaigniers. Ces projets de diversification devaient être encouragés », explique Isabelle Masle, en charge du suivi du projet à la Chambre d’Agriculture.

C’est dans ce contexte qu’elle répond à l’appel à projet pour la création d’un GIEE afin de promouvoir l’agroforesterie autour du châtaignier. Le Limousin n’est pas une région connue pour ses systèmes agroforestiers ; les pionniers en la matière sont plutôt les Gersois, suivis par la région Poitou-Charentes, la Normandie. Les volumes les plus importants de bois, principal ressource obtenue des essences forestières utilisées, sont produits dans le Sud de la France.

Pour Emmanuel Rabaud, le projet d’agroforesterie en Pays Arédien est intéressant car il va permettre de formaliser les expériences chez les uns pour les mettre en place chez les autres. « L’association de productions revient à la mode. On se réapproprie des techniques culturales délaissées dans les années 1960. Dans un territoire dominé par la production bovine, nous avons besoin de diversification. Il faut donc identifier ce qui se fait et voir comment on peut le démultiplier sur les exploitations de la région. »

L’arrivée du cynips, hyménoptère parasite du châtaignier, n’encourage pas à la plantation de châtaigniers. Outre les dégâts qu’il peut engendrer (jusqu’à 80 % de pertes de récolte), ce ravageur fait toujours l’objet d’une règlementation stricte : « Saint-Yrieix La Perche fait partie des rares zones qui ne sont pas encore contaminées par le ravageur. Ainsi, jusqu’à l’automne dernier, ceux qui souhaitaient planter se rendaient en masse dans les pépinières installées dans une zone également indemne de cynips… ce qui limitait la disponibilité en certaines variétés, comme Bouche de Bétizac, pourtant toujours résistante au cynips à ce jour », explique Raphaël Rapp, rédacteur du bulletin de santé du végétal Châtaigne à la Chambre régionale d’agriculture du Limousin. Néanmoins, une première évolution règlementaire, à l’automne 2013, simplifie les échanges, sous certaines conditions. De plus, une évolution du statut règlementaire du ravageur est attendue pour l’automne 2014.

Dans ce contexte, la plantation est incitée en mettant en avant les avantages d’une association « châtaigniers + céréales » ou « châtaigniers + élevage ». La bibliographie a permis au comité de pilotage du projet « Agroforeveri » d’identifier plusieurs atouts potentiels, qui demandent à être précisés par rapport à l’espèce châtaignier en particulier. Au-delà de l’ombrage créé par les arbres, les volailles pourraient par exemple réduire la pression des ravageurs comme le carpocapse de la châtaigne.

Alain Canet, président de l’Association française d’agroforesterie (AFAF), aborde la question par un saut dans le passé. « Avant, les châtaigniers étaient agroforestiers par définition. L’agroforesterie est une technique ancestrale à adapter aux techniques modernes. Dans la nature, les sols sont couverts en permanence. La lignine, structure majeure des arbres, apporte un humus stable, pour maintenir la fertilité des sols et sortir d’une logique de fertilisation. Copier le modèle de la forêt conservera nos sols. »

Savoir respecter les bonnes proportions

Les multiples expériences connues à ce jour attestent que mettre des arbres dans des cultures ou au milieu des animaux d’élevage est très productif. En outre, l’association arbres-cultures participe à amortir les chocs climatiques : on évite les aléas des périodes très chaudes, très froides, très sèches ou très humides. Et la faisabilité économique des systèmes agroforestiers n’a plus à être prouvée, comme en témoignent les nombreux travaux de l’équipe de Christian Dupraz, de l’UMR System, à l’Inra de Montpellier.

Alain Canet insiste : « Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas, sauf si on ne maîtrise pas les bases. Par exemple, si la proportion d’animaux par rapport au nombre d’arbres est trop importante, on peut aggraver l’état du sol et obtenir l’effet inverse de celui attendu. En agroforesterie, il faut un pilote dans l’avion ! » Pour Alain Canet, il faudra mener une réflexion poussée sur plusieurs points de l’itinéraire technique : comment tailler le châtaignier pour profiter au maximum de l’association avec des céréales ? Comment disposer les arbres pour éviter un piétinement du sol par les animaux ?

Lorsque nous rencontrons Christophe Baylet, éleveur à Saint-Hilaire-les-Places (Haute-Vienne), il est, avec son stagiaire, en pleine construction de poulaillers pour accueillir son élevage de volailles Label Rouge. En parallèle, il organise, avec l’appui de la Chambre d’agriculture, la plantation d’un parcours ombragé de châtaigniers. « Je suis curieux, j’aime me former à de nouvelles pratiques, et je souhaitais diversifier mes productions. Je voulais que les arbres ne soient pas là uniquement pour faire de l’ombre. Sachant qu’ils ne produisent qu’au bout de 8-10 ans, les poulets sont déjà une source de revenu en attendant les châtaignes. Je plante les arbres à l’hiver 2015-2016, car je pourrais à cette date bénéficier de subventions. Ils seront menés en bio, car je refuse de traiter des arbres sachant qu’il y aura des poulets en dessous ! » explique l’agriculteur.

Emmanuel Rabaud, lui, a pratiqué l’agroforesterie dans un contexte différent : en attendant que ses châtaigniers produisent des fruits, il a semé des céréales entre les rangées d’arbres. Lorsque les arbres ont commencé à produire, il a passé les châtaigniers en bio et supprimé les céréales. « J’ai implanté une prairie pour avoir un sol qui se tient, et une facilité à la récolte des châtaignes. » A la réflexion, il se dit qu’en conservant une bande cultivée en céréales mais réduite, il aurait peut être pu conserver le bénéfice de la double production arbre-céréales.

Le projet de GIEE est soutenu par un financement Casdar d’une durée de 3 ans. Pour 2014, il s’agit, pour les acteurs impliqués, d’identifier les exploitations qui font de l’agroforesterie sur le territoire. C’est le travail de Claire Mangin, technicienne vergers à la coopérative Limdor, qui cartographie les parcelles agroforestières. Ensuite, il faudra s’approprier le concept d’agroforesterie, notamment par des visites d’exploitations et un voyage d’étude dans le Gers. Comme le rappelle Isabelle Masle (conseillère développement & territoire à la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne), « les agriculteurs considèrent l’arbre comme un obstacle, alors que certains font de l’agroforesterie sans le savoir. Il faut éclaircir cela ». Ensuite, le comité de pilotage devra étudier les différents types d’agroforesterie possibles sur le territoire, par rapport aux dimensions économique, écologique et sociale. Comme le rappelle Claire Mangin, « il faut transférer l’expérience de l’agroforesterie en parcours de volaille vers les systèmes bovins et pourquoi pas ovins. Il sera difficile de quantifier exactement les avantages que les animaux apportent, par exemple à la gestion de l’enherbement du verger, car chaque exploitation a sa manière de faire. Mais les expériences dans les fermes nous donneront une idée des erreurs à ne pas faire ». Fin 2016, des expérimentations devraient être mises en place, avec suivi par des indicateurs.

Projets

Aller encore plus loin dans la diversification est envisagé. Emmanuel Rabaud propose de remplacer le châtaignier par des variétés anciennes de pommiers, qui pourraient approvisionner l’usine de vinaigre, située dans le secteur, à Champsac.

Alain Canet, lui, propose de cultiver plusieurs essences d’arbres : « afin de diminuer la pression des ravageurs, sur 100 arbres plantés, on peut en planter 12 qui ne soient pas des châtaigniers ». L’idée pourrait faire partie des protocoles d’expérimentation dans le pays Arédien.

 

Nos photos sont fournies par Limdor et montrent un parcours de volailes sous châtaigners, puis des céréales sous châtaigners.L'agroforesterie se développe en Limousin dans AEI VollaillesSousChataigners

 dans amont

article publié sur wiki agri par http://wikiagri.fr/articles/lagroforesterie-se-developpe-en-limousin/1192

 

Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l’abattoir Tilly-Sabco

L’avenir de l’abattoir breton de volailles Tilly-Sabco, un des principaux acteurs de la filière poulets à l’export, suscite l’inquiétude de ses quelque 340 salariés qui en appellent à l’Etat, son principal fournisseur ayant cessé l’approvisionnement en poussins en l’absence de garanties de paiement.

« Depuis le 28 juin, il n’y a plus de poussins mis en place chez les éleveurs par Nutréa », une filiale de la coopérative bretonne Triskalia, a expliqué à l’AFP Corinne Nicole, déléguée CGT de cet abattoir dont le principal marché est le Moyen-Orient où il fait face à la féroce concurrence du Brésil.

Les volailles étant élevées environ 45 jours avant d’être achetées par l’abattoir, « il n’y a rien de programmé en termes d’activité à partir de 11 août et jusqu’au 8 septembre », se désole Corinne Nicole. Au-delà, « il faudrait que Nutréa remette des poulets » à l’élevage, poursuit-elle.

« Voilà l’enjeu », pointe la déléguée syndicale, selon laquelle Tilly-Sabco, basé à Guerlesquin (Finistère) « fait vivre au total 1.000 emplois directs ».

« A partir du moment où on n’a pas de vision de paiement des poulets, on préfère ne pas les mettre en place chez les éleveurs », justifie la direction de Nutréa, seul fournisseur de Tilly-Sabco.

Selon Mme Nicole, Nutréa serait « prêt à s’engager s’ils ont des garanties de l’Etat sur le paiement ».

Les salariés de Tilly-Sabco — qui n’en sont pas à leur première manifestation — mais aussi des éleveurs, qui partagent la même inquiétude, se sont mobilisés jeudi et ont notamment bloqué les voies de chemin de fer à Guingamp. Ils prévoient mardi après-midi une nouvelle action, encore secrète, avant une réunion en préfecture de Région, à Rennes, programmée mercredi, selon Mme Nicole.

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production est destinée au Moyen-Orient, principalement dans la péninsule arabique, remontent à la suppression au milieu de l’année 2013 des aides européennes à l’exportation pour les poulets congelés — les restitutions — qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d’euros par an.

- Filière malade -

Les deux groupes français Doux — lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés — et Tilly-Sabco, étaient les derniers à toucher ces subventions en Europe. Celles-ci leur permettaient de supporter le différenciel de compétitivité avec le Brésil, principal concurrent des Français sur le marché du poulet congelé destiné au Moyen-Orient, un différenciel dû notamment aux coûts de production, aux normes sanitaires et aux parités monétaires.

La France a dégagé, fin 2013, 15 millions d’euros afin d’aider la filière « poulet export » à gérer la fin de ces subventions européennes. De son côté, Tilly-Sabco a récemment bénéficié d’une avance de 4 millions d’euros remboursables de la part de l’Etat, du Conseil régional de Bretagne et de la CCI de Morlaix.

Pour Corinne Nicole, c’est « toute la filière export qui est malade du fait de la concurrence » internationale. « On ne règlera pas le problème de Tilly-Sabco si on ne règle pas le problème de la filière export », analyse-t-elle.

En attendant, il est nécessaire que le gouvernement français redistribue une part de la PAC à la filière volailles, estiment les intéressés. Une aide, plaide-t-on chez Tilly-Sabco, qui serait versée aux producteurs, ce qui permettrait à l’abattoir d’acheter moins cher le poulet vivant et de conserver ainsi les parts de marché sur le Moyen-Orient.

Corinne Nicole évalue le montant de l’aide nécessaire à « 60 millions d’euros par an, pour toute la filière », le temps qu’elle « se restructure, trouve des solutions pour se passer un jour des aides ».

Pour elle, l’enjeu est de taille: « la filière volaille export représente entre 12 et 15.000 emplois directs et indirects en Bretagne », affirme-t-elle.

publié par boursorama.fr à http://www.boursorama.com/actualites/agroalimentaire-inquietude-des-salaries-de-l-abattoir-tilly-sabco-6838089dccd4d2ba25b0dd8c81bd6e5a

source: Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l'abattoir Tilly-Sabco dans - Bretagne afpCopyright © 2014 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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