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Agriculture. Les serres du futur testées à Carquefou

Le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes cherche à concilier économies d’énergie et meilleurs rendements en tomates.

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À Carquefou (Loire-Atlantique), le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (trente salariés permanents et une quinzaine de saisonniers) a étoffé sa station expérimentale de 3 000 m2 supplémentaires de serres très hautes (7 mètres), très lumineuses, dédiées à la culture de la tomate et du concombre. Le nouvel équipement a coûté 2,2 millions d’euros, dont 625 000 € apportés par le conseil régional des Pays de la Loire.

Ce sont des serres ultramodernes, vouées à se propager chez les producteurs. « La taille de cet équipement, subdivisé en trois compartiments de 1 000 m2, est représentative des conditions de production. Les références collectées seront directement transposables chez les producteurs », explique Éric Brajeul, chef du centre de Carquefou.

Réduire la consommation d’énergie

Ces serres du futur abritent un programme de recherche ayant pour objectif de réduire notablement la consommation d’énergie tout en améliorant les rendements et la qualité des tomates. Tout un pan de la serre, appelé corridor technique, peut s’ouvrir sur les commandes de l’ordinateur climatique.

L’air extérieur du haut de la serre est aspiré, transite par des filtres cartonnés humidifiés, puis est impulsé par des gaines de ventilation sous les cultures suspendues. Les châssis restent fermés, à l’exception de petites ouvertures qui évacuent la surpression.

Un pare-soleil intelligent

Le réglage fin des paramètres par l’ordinateur climatique permet de cultiver les tomates dans les conditions optimales de température (25°), d’humidité, de teneur en gaz carbonique, avec une consommation d’énergie réduite de 25 %. « Tout se passe comme si on passait du radiateur de fonte à la climatisation dans les serres », jubile Éric Brajeul. L’ordinateur prend aussi en compte les informations captées par des sondes de rayonnement pour piloter un écran thermique isolant et un écran d’ombrage. Finies les peintures blanches sur les vitrages des serres. L’informatique sort son pare-soleil intelligent.

Dans ses nouvelles serres, le CTIFL teste aussi de nouvelles techniques d’irrigation. « On va incorporer dans l’eau des bactéries ou des champignons qui vont lutter contre d’autres bactéries et champignons vecteurs des maladies racinaires des tomates et des concombres », ajoute Éric Brajeul. Pour mener à bien ces recherches, la pluridisciplinarité est de mise. Un ingénieur climaticien et un ingénieur spécialiste de la physiologie des plantes ont été embauchés par le CTIFL.

Publié par Ouest France à http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agriculture-serres-futur-testees-carquefou-08-07-2014-152814

L’agroalimentaire à l’offensive contre l’étiquetage des OGM aux Etats-Unis

WASHINGTON, 06 fév 2014 (AFP) – L’industrie agroalimentaire américaine a lancé jeudi une nouvelle offensive pour défendre les OGM, contenus dans 80 % des aliments aux Etats-Unis, rejetant avec force tout étiquetage obligatoire.

Cette initiative menée par une coalition d’organisations agroalimentaires intervient alors qu’une bataille sur l’étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM) bat son plein dans le pays. Les projets de lois se sont multipliés dans une vingtaine d’Etats en faveur de labels signalant au consommateur que tel ou tel produit en contient. Un tel étiquetage est obligatoire dans une soixantaine de pays dans le monde.

La coalition formée de 29 membres dont la puissante Grocery Manufacturers Association, qui représente les grands groupes agroalimentaires et agrochimiques américains, lance un appel au Congrès « pour rapidement trouver une solution au niveau fédéral qui établirait des normes de sécurité et d’étiquetage des aliments et des boissons produits avec des OGM ». « Une solution fédérale à la question de l’étiquetage des OGM renforcerait la confiance des consommateurs dans la sûreté des aliments aux Etats-Unis, en réaffirmant le rôle de l’Agence des produits alimentaires et des médicaments (FDA) comme seule autorité nationale sur l’étiquetage de ces produits », a fait valoir lors d’une conférence de presse Martin Barbre, le président du Groupement américain des producteurs de maïs. Une telle approche dissiperait « la confusion et l’incertitude d’un patchwork de lois de 50 Etats sur la sûreté et l’étiquetage des OGM », estime la coalition.

Celle-ci propose de rendre obligatoire un examen par la FDA de la sûreté de nouvelles technologiesd’OGM avant qu’elles puissent être commercialisées. Aujourd’hui, l’agence se contente de prendre pour argent comptant ce que déclarent les entreprises, sans contre-vérification.

« LES OGM SONT NÉCESSAIRES »

Concernant les OGM, la coalition propose un étiquetage obligatoire seulement si les autorités constatent qu’un de ces produits pose un risque pour le consommateur. En revanche, insistent les groupes agroalimentaires, « il n’y a aucune raison d’imposer un étiquetage pour tous les produits OGM jugés sûrs », soit la quasi-totalité.

La coalition propose en outre que la FDA établisse des normes fédérales pour les sociétés qui volontairement étiquetteraient leurs produits pour indiquer la présence ou non d’OGM. Enfin, elle demande à ce que la FDA « définisse le terme « produit naturel » » pouvant être appliqué par les sociétés agroalimentaires à leurs produits, permettant de créer un cadre légal de référence pour l’industrie et les consommateurs. « Aujourd’hui, 80 % de notre alimentation contient des OGM dont le maïs et le soja, et il n’y a pas une seule étude scientifique qui montre que ces aliments sont différents des autres », a souligné devant la presse Pamela Bailey, présidente de la Grocery Manufacturers Association.

« Les lois régissant la sûreté et l’étiquetage de nos aliments ne devraient pas être décidées par des campagnes politiques ou des législatures des Etats mais par la FDA », a-t-elle aussi martelé. « Les aliments produits avec des OGM sont sûrs et présentent nombre de bienfaits importants pour le public et la planète », a dit Pamela Bailey, précisant que les cultures OGM nécessitent moins d’eau et de pesticides.

« Avec une population mondiale qui devrait passer de sept à neuf milliards de personnes d’ici 2050, nous aurons besoin de produire 70 % d’aliments en plus et les OGM sont nécessaires », a-t-elle ajouté.

Selon un sondage du New York Times fin 2013, 93 % des Américains sont favorables à l’étiquetage des OGM. Pour Andrew Kimbrell, directeur du « Center for Food Safety », un groupe de défense des consommateurs, cette nouvelle coalition de puissants intérêts est une nouvelle tentative pour contrecarrer les pressions en faveur de l’étiquetage des OGM. « Ils savent que le mouvement dans le public en faveur de l’étiquetage des OGM grandit et que ce n’est qu’une question de temps », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Andrew Kimbrell rappelle que ces sociétés agroalimentaires ont dépensé près de 70 millions de dollars en Californie et dans l’Oregon pour faire échouer des projets de lois rendant obligatoire l’étiquetage. Cette question est également un point épineux des discussions entre les Etats-Unis et l’Union européenne sur la création d’une zone de libre échange transatlantique.

Publié par Terre-net à http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/l-agroalimentaire-a-l-offensive-contre-l-etiquetage-des-ogm-202-97974.html

Terrena candidat des trophées de l’ »innovation en pays de Loire »:

TERRENA est une coopérative agricole dont l’activité est à la source d’un groupe agro-alimentaire. Impliquée dans l’innovation agricole autour de l’agriculture écologiquement intensive, elle offre aujourd’hui aux consommateurs des produits labellisés « La Nouvelle Agriculture ».

Basée à Ancenis (44), TERRENA est une coopérative agricole dont l’activité est à la source d’un groupe agro-alimentaire (22 000 agriculteurs adhérents et 12 000 salariés). Impliquée dans l’innovation agricole autour de l’agriculture écologiquement intensive, elle offre aujourd’hui aux consommateurs des produits labélisés « La Nouvelle Agriculture ». Rencontre avec Hubert Garaud, président de TERRENA qui fait partie des 8 lauréats Trophées 2013 Territoires Innovation catégorie Coup de cœur.

Quelle est l’approche de TERRENA en matière d’innovation ?

Les ruptures, on le sait, surviennent souvent à des moments charnière. Au printemps 2008, alors que le monde prend à peine conscience de la crise à venir, Terrena dévoile son projet « Vision 2015 » s’appuyant sur une « agriculture écologiquement intensive ». Car les agriculteurs de Terrena sont convaincus que les pratiques agricoles doivent évoluer profondément pour relever le nouveau défi de ce siècle, produire plus et mieux avec moins. Plus, pour nourrir une population toujours plus nombreuse à un prix accessible au plus grand nombre. Mieux, pour améliorer les qualités nutritionnelles des produits et contribuer par l’alimentation à la préservation du capital santé de chacun d’entre nous. Et avec moins en réduisant le recours aux pesticides, antibiotiques et autres engrais chimiques : en d’autres mots avec moins d’intrants non renouvelables. Pour cela il s’agit d’innover pour mieux utiliser le potentiel naturel des sols, pour replacer l’animal et son confort au cœur de nos pratiques d’élevage. En d’autres termes il s’agit de pratiquer une Agriculture Ecologiquement Intensive (AEI), c’est-à-dire qui voit l’environnement comme un levier d’innovation plutôt qu’une contrainte.

Comment cela se concrétise-t-il ?

Cela passe par un travail au quotidien, les bottes aux pieds ! Les agriculteurs expérimentent de nouvelles techniques, parfois issues de pratiques anciennes mais avec la connaissance et la technologie d’aujourd’hui. Ce travail porte sur tout le système de production : sol, eau, plantes, machines, nutrition et santé animales, biodiversité, énergie. La mission de Terrena est d’aider les agriculteurs à faire évoluer leurs modes de production pour produire mieux et plus avec moins. Tout n’est cependant pas qu’affaire de technologies. Il faut assurer la diffusion des innovations et la formation aux bonnes pratiques. Atout de taille : parce que l’entreprise est une coopérative, un « fonds de partage du risque » accompagne les pionniers qui osent le pari. C’est tout le travail que nous réalisons avec les Sentinelles de la terre, des agriculteurs qui acceptent d’expérimenter de nouvelles pratiques permettant de mettre en œuvre une Agriculture Ecologiquement Intensive. Pour cela nous avons renforcé nos moyens d’innovation avec la création d’une équipe de 100 personnes regroupées au sein de Terrena Innovation. Aujourd’hui, les agriculteurs de Terrena ont la volonté de permettre aux consommateurs d’accéder aux produits issus de ces nouvelles pratiques.

Qu’appelez-vous la Nouvelle Agriculture ?

C’est d’abord une agriculture innovante permettant de faire de concilier écologie et économie. La Nouvelle Agriculture tient avant tout à des agriculteurs organisés en coopérative, véritables Sentinelles de la Terre, un socle technologique: l’Agriculture Ecologiquement Intensive et enfin un bénéfice Nutrition Santé pour les consommateurs. Nous avons initié cette démarche en 2008 avec en amont 25 solutions innovantes à destination des agriculteurs et en aval des produits issus de modes d’élevages plus naturels comme le lapin, élevé sans antibiotique d’après un cahier des charges très détaillé, comprenant une alimentation avec luzerne et graines de lin et sans OGM. Avec le temps, les consommateurs se sont éloignés de l’agriculture à tel point qu’aujourd’hui ils s’interrogent sur l’origine de leur alimentation, la façon dont elle a été produite ou son impact sur leur santé. La Nouvelle Agriculture est notre signature qui marque notre engagement et celui des éleveurs pour la qualité et la sécurité alimentaire.

Publié par territoires innovation pays de la Loire à http://www.territoires-innovation.paysdelaloire.fr/succes-temoignages/tous-les-succes-temoignages/terrena-530655.kjsp#.U6mUDML9LQ0.twitter

Agriculture biologique: Les coopératives proposent leur appui

Les coopératives agricoles sont de plus en plus présentes dans la production bio, a souligné Christophe Lecuyer, président de la Sica Axéréal Bio et de la commission des filières biologiques au sein de Coop de France, le 12 juin 2014 à Paris. Quelque 550 coopératives, unions ou filiales sont désormais impliquées dans la bio, de même que 7.500 sociétaires de coopératives, soit un tiers du total des agriculteurs bio en France.

En 2013, les coopératives ont collecté 85 % du porc bio, 75 % des grandes cultures bio, 70 % des ovins bio, 65 % des œufs bio, 36 % du lait bio, 32 % des bovins bio, 20 % des fruits et légumes ou des vins bio. L’agriculture biologique, « ça fonctionne », résume Christophe Lecuyer, qui appelle à dépasser les dernières réticences d’ordre « culturel » qui pourraient demeurer ici ou là. Une agricultrice du Cambrésis avait ainsi témoigné, le 10 juin à l’occasion des Rencontres professionnelles de la bio, que Tereos lui avait refusé une production expérimentale de betteraves sucrières bio. A ceux qui hésiteraient à convertir leur exploitation en bio, Christophe Lecuyer et Julien Bidaud, producteur de porcs bio et administrateur de Biodirect, expliquent que les coopératives sont là pour les accompagner : « Sécuriser des productions dans la durée, trouver de nouveaux débouchés, accompagner les agriculteurs sur le plan technique, les aider à innover, c’est le rôle des coopératives », font-ils valoir, en substance. La fin de la mixité des exploitations : un « mauvais signal » Sur le plan réglementaire, deux préoccupations sont apparues récemment. Le règlement-cadre européen en préparation prévoit la spécialisation à 100 % des exploitations bio, alors que 25 % d’entre elles sont mixtes actuellement. « Ce n’est pas un bon signal pour les producteurs conventionnels qui envisageraient une conversion, en particulier dans le secteur des grandes cultures », estime Christophe Lecuyer. Lui-même témoigne qu’il aurait hésité à démarrer à 100 % en bio. Autre préoccupation : le devenir des aides au maintien de l’agriculture biologique. « La régionalisation des aides bio ne nous importe pas en tant que telle, mais celles-ci pourraient être remises en cause dans certaines régions », avertit Christophe Lecuyer. Un autre mauvais signal adressé aux récents installés ou convertis. A télécharger :

Par Benoît Contour. En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agriculture-biologique-les-cooperatives-proposent-leur-appui-coop-de-france-90020.html#gZfbL2Ij8ZHGliut.99

Terrena annonce un plan d’investissement de 100 millions d’euros

Le groupe coopératif agricole Terrena, troisième de France dans ce secteur, poursuit son expansion en lançant un grand plan de modernisation et de développement sur dix ans pour son activité de grandes cultures.

Dans un communiqué du 28 mai 2014, le groupe entend, grâce à ce plan, « anticiper l’évolution des marchés, gagner en compétitivité, s’adapter à l’augmentation des débits de chantiers et innover pour la “nouvelle agriculture” ».

« Selon les années, Terrena exporte entre 40 et 60 % des blés collectés, principalement vers l’Afrique », rappelle le communiqué. En raison de sa proximité des ports de Montoir et de La Palice, le groupe se positionne sur les marchés à l’exportation et pourra encore gagner en compétitivité grâce à ce plan. De plus, Terrena entend innover pour la « nouvelle agriculture » en « prenant l’initiative des cahiers des charges et en développant une traçabilité et des plans de progrès ».

Sur les 100 millions d’euros d’investissements, 47 millions iront « à la construction de nouvelles capacités de stockage et de réception et 53 millions à la rénovation et à la réorganisation des sites actuels ». Cela permettra « d’augmenter la productivité par site en augmentant les capacités de réception », précise le communiqué.

Fusion avec Val Nantais (légumes)

Par ailleurs, les adhérents de Terrena, réunis le 28 mai en assemblée générale extraordinaire, « ont approuvé à 98 % le projet de fusion avec Val Nantais », la coopérative maraîchère – projet qui avait déjà été entériné par les adhérents le 16 mai dernier.

« Val Nantais constitue dorénavant la branche spécialisée des légumes de Terrena tout en conservant son identité », précise le groupe. La fusion sera effective le 30 septembre prochain. Le groupe aura ainsi, selon lui, « la capacité de développer des produits pour la nouvelle agriculture sur l’ensemble de la table alimentaire ».

publié par France Agricole sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/grandes-cultures-terrena-annonce-un-plan-d-investissement-de-100-millions-d-euros-88844.html#yg6ifHpZk4mxBV5Z.99

Un think tank agricole

La Saf devient « Saf agr’iDées », un think tank agricole pour agir

Laurent Klein souhaite décloisonner  le fonctionnement de l’organisation et l’ancrer dans l’agriculture du 21ème siècle des chefs d’entreprises agricoles.

La Société des agriculteurs de France passe en mode think tank et devient  « Saf agr’iDées, réfléchir pour agir ». Et selon la volonté de son président, Laurent Klein, chaque adhérent devra être acteur du travail de réflexion qui y sera conduit en toute indépendance, articulé autour de six thèmes : les politiques agricoles, le développement rural, les industries agroalimentaires, la recherche, l’alimentation, la consommation. Enfin, les notes et les prescriptions produites à partir de ces travaux d’expertises constitueront des supports d’aides à la décision des hommes politiques auxquels elles seront adressées.

Dès l’arrivée de son nouveau secrétaire général, Patrick Ferrere, la Saf a entrepris sa mutation en remplaçant les entretiens de la rue d’Athènes par l’organisation mensuelle de Saf agr’iDébats d’une demi-journée et de Saf agr’iDays d’une journée. Le prochain débat du think tank agricole et agroalimentaire portera sur le rôle des Safer et le contrôle des structures.

Les chefs d’entreprises pourront par ailleurs se retrouver au sein de Saf agr’iDécideurs pour participer à des réunions économiques et stratégiques qui leur seront réservées.

Mais c’est Laurent Klein qui est l’artisan de la mutation opérée par l’organisation qu’il présidait pour l’ancrer dans le 21ème siècle. Jusqu’à présent, son fonctionnement en « club privé » était trop confidentiel alors qu’elle était reconnue pour la qualité de ses rapports d’experts

Selon le président de Saf agr’iDées, « le think tank se donne dorénavant les moyens de conquérir de nouveaux adhérents de tous horizons socioprofessionnels, intéressés par les questions agricoles. »

A ce jour, la Saf agr’iDées comprend un peu moins de 600 adhérents. Ils constituent d’ores et déjà une communauté sur Linkedin et seront reliés à un compte twitter. Saf agr’iDées aura aussi une adresse Facebook.

Les 1.500 lecteurs de la revue bimestrielle du think tank et les 6.500 destinataires de la newsletter devenue bimensuelle constituent le vivier des nouveaux adhérents à prospecter.

21/03/2014 | par 

Article publié par Terre.net à http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/la-saf-devient-saf-agr-idees-un-think-tank-agricole-pour-agir-205-99259.html

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« Notre modèle agricole mondial est à bout de souffle »

Une crise des prix alimentaires, les débats sur les agrocarburants ou sur les « accaparements de terres », un duel à fleurets mouchetés avec Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) jusqu’en 2013 : les six années qu’a passées le juriste belge Olivier De Schutter au poste de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation ont été bien remplies. Alors que son mandat arrive à échéance mercredi 30 avril et que la Turque Hilal Elver devrait lui succéder d’ici quelques semaines, il affirme que le modèle agro-industriel est dépassé et que la solution aux défis alimentaires actuels ne viendra pas des Etats mais des citoyens.

Quels progrès ont été effectués sous votre mandat en matière de droit à l’alimentation ?

Olivier De Schutter L’accueil qu’a reçu mon rapport final, que j’ai présenté en mars au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, montre un consensus qui aurait été inimaginable il y a six ans. En premier lieu sur le fait qu’il faut aider chaque pays à se nourrir lui-même et que la question de l’alimentation ne pourra pas être résolue par la concentration de la production dans les régions les plus efficientes, l’aide alimentaire et le commerce international. C’est un premier changement de paradigme.

Le deuxième changement, c’est l’importance qu’a pris la question de la nutrition, un sujet largement occulté depuis trente ans. Enfin, troisième changement : la prise de conscience que notre modèle agricole, fondé sur des intrants intensifs (engrais et pesticides) et dépendant de l’industrialisation toujours plus poussée de l’agriculture, est à bout de souffle. Il faut donc changer de cap et aller vers l’agroécologie. Le problème, c’est que les Etats rencontrent beaucoup d’obstacles pour passer du discours aux actes.

Pouvez-vous être plus précis ?

Je dénombre quatre verrous. Le premier est d’ordre technologique : la modernisation de l’agriculture mondiale s’est fait uniquement selon un modèle productiviste. Le deuxième est socio-économique : de grands acteurs dominent le marché, aussi bien au niveau des producteurs d’intrants que des industries de transformation. La possibilité pour de petits acteurs ou même des acteurs de taille moyenne de créer des alternatives est donc très limitée.
Le troisième obstacle est culturel : nos modes de vie pressés dépendent d’une alimentation transformée et facile à préparer. Enfin, l’obstacle politique : les gouvernements sont sensibles aux intérêts de leurs grandes entreprises agro-alimentaires, qui se trouvent de fait disposer d’un droit de veto sur les transformations d’ensemble.

Les Nations unies ont fait de 2014 l’année de l’agriculture familiale, mais ne reste-t-on pas dans le pur discours ?

Il y a une prise de conscience de ce que l’agriculture familiale apporte en matière de réduction de la pauvreté rurale, de gestion raisonnée des écosystèmes ou de diversité des productions agricoles et des systèmes alimentaires. Mais rares sont les gouvernements ayant les moyens budgétaires de la soutenir, comme l’a fait le Brésil, qui a compris la nécessité d’organiser la coexistence entre agriculture industrielle et agriculture familiale.

Quelle est la part de responsabilité des pays en développement, qui négligent leurs propres agriculteurs depuis des décennies ?

Il existe un problème de perception de ce qu’est la modernisation de l’agriculture. Elle est vue et comprise par les élites de ces pays comme une industrialisation toujours plus poussée. Quand on parle avec les dirigeants des pays les moins avancés, on constate que leur vision consiste à effectuer chez eux la même transformation qui s’est opérée au Nord tout au long du XXe siècle vers une agriculture industrialisée, remplaçant les hommes par des machines et utilisant de fortes doses d’intrants.

A cela s’ajoute un problème politique qui est celui de la sous-représentation des petits agriculteurs dans les structures de décision. C’est une frange importante de la population mais qui a du mal à se faire entendre par manque d’organisation. L’idée qu’il s’agit d’une catégorie de la population vouée à disparaître continue à être dominante. Alors qu’il serait de l’intérêt des Etats concernés de revenir sur une vision qui, depuis trois décennies, les a conduits à négliger les agriculteurs dans leurs politiques publiques.

Peut-on compter sur les gouvernements actuellement en place pour mettre en place ces réformes, alors que nombre d’entre eux semblent donner la priorité à des intérêts particuliers plutôt qu’au bien commun ?

L’absence de prise en compte de l’intérêt général et des intérêts à long terme des populations rurales est un obstacle considérable. Beaucoup de réformes, dont chacun reconnaît pourtant la nécessité, sont rendues difficiles par le fait que ces gouvernements n’ont pas à rendre de comptes à leur population. Et une raison pour laquelle certains pays ont fait leur révolution agricole, en fournissant des intrants à leurs agriculteurs et sans s’attaquer aux raisons structurelles de leur faible productivité, c’est que les intérêts des gouvernements étaient très proches de ceux des fournisseurs d’engrais ou de pesticides.

Que pensez-vous du rôle de plus en plus important du secteur privé dans les politiques de soutien à l’agriculture dans les pays du Sud ?

La montée en puissance du secteur privé, à travers des partenariats comme la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition ou des fondations philanthropiques comme la Fondation Gates, est un phénomène dont on ne mesure pas encore la portée. Le problème que j’y vois est que l’agenda du secteur privé n’est pas forcément convergent avec celui de la réduction de la pauvreté rurale et du renforcement des capacités des petits agriculteurs. Le savoir-faire du secteur privé est irremplaçable, mais il revient aux gouvernements d’encadrer ses activités et de canaliser l’investissement privé vers la réduction de la pauvreté rurale.

Dans le cadre de la Nouvelle Alliance, des gouvernements s’engagent en matière de cession de terres agricoles et de développement d’infrastructures en passant par dessus la tête des populations. Dans plusieurs pays où je me suis rendu, la Nouvelle alliance est considérée comme une initiative technocratique d’où la dimension participative est totalement absente. Je constate qu’il existe aujourd’hui un agenda « schizophrène » entre un secteur privé qui donne le ton sur la manière dont se transforment les systèmes agro-alimentaires et des gouvernements qui voudraient aller dans une autre direction mais n’ont pas tous les leviers en main.

La nécessité pour les pays les moins avancés de se doter d’un socle de protection sociale dans le cadre de la lutte contre la faim est une idée qui semble progresser…

Il s’agit de l’une des évolutions les plus prometteuses de ces trois ou quatre dernières années. Pour un pays en développement, se doter d’un système de protection sociale constitue un investissement dont les bénéfices à moyen terme seront considérables. Une protection sociale solide entraîne une baisse mécanique du taux de natalité – le nombre d’enfants faisant aujourd’hui office d’assurance-vieillesse pour les plus pauvres– et une augmentation de l’investissement dans l’éducation.

Avec la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, Magdalena Sepulveda, nous avons proposé la création d’un fonds mondial pour la protection sociale. Il s’agit de donner aux pays les moins avancés la garantie que leur système sera financé en cas de catastrophe naturelle, de baisse de leurs recettes d’exportation ou d’augmentation de leur facture d’importations.

Dans votre rapport final, vous appelez à mettre un terme aux politiques basées sur des prix alimentaires peu élevés. N’est-ce pas paradoxal ?

L’idée que l’on ne peut aider les populations pauvres qu’en leur garantissant l’accès aux denrées alimentaires à un prix abordable relève du passé, car elle revient à limiter les revenus des petits agriculteurs et à maintenir une approche « low cost » de l’agriculture. Il faut aujourd’hui que les plus pauvres soient aidés par des politiques publiques redistributives qui leur garantissent le droit à une protection sociale.

Tout au long de votre mandat, vous avez bataillé avec Pascal Lamy, alors directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Vos divergences perdurent-elles ?

Le fantôme du XXe siècle hante toujours l’OMC, qui fait figure de dernier des Mohicans. De toutes les agences internationales qui s’intéressent aux questions d’agriculture et d’alimentation, l’OMC est la seule qui n’ait pas fait sa mue vers la reconnaissance de la nécessité pour chaque pays d’assurer sa production alimentaire et d’investir dans les sytèmes locaux.

J’ai vu cette mue s’opérer partout, que ce soit à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou à la Banque mondiale, mais l’OMC continue de défendre un modèle dépassé, qui consiste à accentuer la division internationale du travail, au risque d’une dépendance de plus en plus forte des régions les moins compétitives. La crise des prix alimentaires de 2008 a montré la grande vulnérabilité qui résultait de ce modèle pour les pays en voie de développement.

Une crise similaire pourrait-elle se produire de nouveau aujourd’hui ?

La crise de 2008 a résulté d’une réaction de panique par rapport à des informations sur le niveau des stocks de matières premières agricoles et sur la qualité des récoltes. Il y a eu un effet domino, certains pays limitant leurs exportations, d’autres achetant en masse. Un élément a été amélioré depuis : la capacité de la communauté internationale à réagir aux crises grâce à la mise en place du Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), qui limite les risques de réaction en chaîne, et au développement des systèmes d’alerte précoce dans les pays du Sud.

Malheureusement, les facteurs structurels de deséquilibre perdurent. Il en est ainsi de l’augmentation de la consommation de protéines animales ou d’agrocarburants dans le monde comme de notre incapacité à traiter le problème du gaspillage et des fuites dans les systèmes agro-alimentaires. Je ne suis par conséquent pas du tout rassuré : nous allons au-devant d’une période de prix alimentaires élevés et volatils, qui vont nécessiter de la part des gouvernements des mesures beaucoup plus énergiques que celles qui ont été prises jusqu’à présent.

Vous appelez notamment à la fin des politiques de soutien aux agrocarburants…

Les Etats se sont trompés dans leur appréciation sur les agrocarburants, et c’est quelque chose de très difficile à reconnaître pour leurs dirigeants. Ils n’ont pas anticipé les trois grands impacts des politiques de soutien, menées notamment par les Etats-Unis et l’Union européenne : la connexion des prix alimentaires avec ceux de l’énergie, ce qui a entraîné une plus grande volatilité ; une spéculation très forte sur les matières premières agricoles ; et une pression considérable sur les terres dans les pays en voie de développement.

Ces effets sont aujourd’hui parfaitement connus, mais c’est un domaine où l’idéologie l’emporte sur la science et où l’on n’a pas eu encore le courage de revenir sur les promesses faites aux investisseurs. Pour moi, c’est un échec de ne pas avoir réussi à infléchir le cours de ces politiques.

Faudra-t-il une crise mondiale majeure pour faire bouger les Etats ?

Il appartient à chacun d’entre nous de tirer les conséquences de ce que nous savons sur l’impact du gaspillage alimentaire, de la consommation de viande et d’agrocarburants. Je suis relativement optimiste, car je sens une impatience de plus en plus vive face à la lenteur des gouvernements. Si les citoyens ne prennent pas eux-mêmes les choses en main, on risque de devoir attendre une crise majeure qui nous contraindra à des changements de comportement de manière beaucoup plus drastique.

Le changement doit venir des pays industrialisés, car, à travers nos modes de consommation, nous sommes responsables de cette pression sur les ressources qui introduit une concurrence entre populations riches du Nord et pauvres du Sud. L’Union européenne utilise ainsi 20 millions d’hectares de terre dans les pays du Sud, notamment au Brésil et en Argentine, pour produire le soja consommé par ses élevages industriels.

Qu’avez-vous appris au long de vos six années de mandat ?

Je croyais à la toute-puissance de l’Etat, je crois aujourd’hui à la toute-puissance de la démocratie. Je ne pense plus qu’il faille attendre passivement que les gouverments agissent d’eux-mêmes. Les blocages sont trop nombreux ; les pressions qui s’exercent sur eux, trop réelles ; et les acteurs faisant obstacle au changement, trop puissants.

Je pense que la transformation des systèmes alimentaires s’opérera à partir d’initiatives locales. Partout où je vais dans le monde, je vois des citoyens qui en ont assez d’être considérés comme des consommateurs ou des électeurs et veulent être de véritables acteurs du changement en cherchant à inventer des façons plus responsables de produire et de consommer.

Le message final que je remets aux gouvernements, c’est la nécessité de démocratiser les systèmes alimentaires. Cela signifie qu’ils doivent admettre qu’ils ne détiennent pas toutes les solutions et qu’il faut accorder une grande place aux citoyens dans la prise de décision. Je crois aujourd’hui davantage à une transition imposée par des initiatives venues d’en bas que par des réglementations imposées d’en haut.

Gilles van Kote
Journaliste au Monde

Olivier De Schutter :
Le Monde.fr | 29.04.2014 à 11h44 • Mis à jour le 30.04.2014 à 12h55 |
Propos recueillis par Gilles van Kote

Terrena et Système U lancent une filière du porc révolutionnaire

Après deux ans de négociation, le distributeur s’engage à acheter aux éleveurs de la coopérative plus de 50.000 tonnes annuelles pendant 3 ans. Il commercialisera une viande positionnée entre le bio et l’intensif.

Un contrat de vente de trois ans et qui garantit aux producteurs une plus-value de 8 à 12 centimes d’euros le kilogramme de porc. C’est l’accord avantageux qu’ont décroché les éleveurs de la coopérative Terrena auprès de Système U. Son président Hubert Garaud a présenté mardi soir avec Serge Papin, président du distributeur et Guillaume Garot, Ministre délégué à l’agroalimentaire un partenariat qui a exigé deux ans de discussion. « Nous sommes parvenus à sortir des négociations annuelles très dures qui régissent en France les rapports entre le monde agricole et le commerce. C’est un contrat proche de ce que font les Anglo-Saxons ou les Allemands » estime Hubert Garaud. Pour Serge Papin, c’est également une façon de sortir du rapport de force. Le distributeur compte déjà une dizaine d’accords de ce type, dont le plus développé porte sur le lait bio. « Il s’agit de remettre de la régulation dans ce marché dont les prix varient de 2,5 euros à 9 euros le kilogramme de porc » rappelle Serge Papin.

Dès le 4 mars, les linéaires de Système U vendront des barquettes de porc sous la marque Agriculture Nouvelle avec les deux logos des partenaires. Cette marque concrétise pour le consommateur le niveau de qualité sur lequel Terrena s’est engagé, en contrepartie de la visibilité et de la prime que lui garantit ce contrat innovant. « Nos éleveurs s’engagent à nourrir leurs bêtes avec des graines de lin et du colza au profit de la santé des consommateurs. A réduire progressivement les antibiotiques et à améliorer le bien-être des animaux » explique Hubert Garaud. Le dirigeant explique que le surcoût de ces pratiques plus durables est de l’ordre de 3 à 5 centimes le kilogramme, soit 8.000 euros en moyenne par exploitation. Les éleveurs ont accepté cet investissement grâce à la sécurisation de leur débouché. Aux cours de leurs négociations serrées, les deux partenaires ont également réussi à supprimer des coûts inutiles. « Nous valorisons mieux toutes les parties du cochon, à travers par exemple de nouvelles recettes de saucisses. Nous avons travaillé aussi sur le déclassement, sur la logistique, etc » précise-t-il.

Filière du lapin

Sur les 150 éleveurs de Terrena, seule une trentaine de producteurs s’est pour l’instant lancée dans cette nouvelle agriculture et doit fournir 50.000 tonnes de viande la première année, sur un total de 400.000 tonnes produites par Terrena. « Nous allons monter en puissance » assure Hubert Garaud. Pour lui, il existe un marché entre les produits bio et l’agriculture conventionnelle  : « Les consommateurs veulent des produits locaux, sains, sans OGM et qui ont un impact environnemental inférieur ».

Terrena prépare cette conversion depuis plusieurs années à traverssa démarche « Nouvelle Agriculture » fondée sur les préceptes de l’agriculture écologiquement intensive. Moins radicale que le bio, cette agronomie cherche à concilier forte productivité et réduction des intrants. Terrena engage progressivement ses différentes filières mais la production de lapin était jusqu’ici est la seule à avoir commercialisé cette offre, il y a un an. Une première tentative que Terrena juge aujourd’hui transformée. Lancée par une vingtaine d’éleveurs, cette filière va mobiliser bientôt jusqu’à 120 producteurs.

Maximilien Rouer dirigele cabinet Becitizen qui a accompagné les deux partenaires depuis le début de leurs discussions en 2010. « La filière du porc est celle qui a le plus besoin de nouer des accords globaux de ce type. Contrairement à la filière bovine qui parvient à bien vendre les parties avant des bêtes (steaks), la valorisation du porc par les saucisses et les salaisons est plus difficile » explique-t-il. Pour lui, ce partenariat permettra une évolution vers des porcheries du 21e siècle qui améliorent le bien-être et l’hygiène des bêtes. Maximilien Rouer cite l’exemple d’une température de chauffage différenciée entre les petits et leurs mères. « Le seul fait pour un éleveur de se laver les mains avant de rentrer dans une porcherie permet de réduire les médicaments » illustre-t-il. « En vitesse de croisière, une fois la période de conversion passée, ces pratiques peuvent être jusqu’à 4 fois moins cher en économisant le prix des médicaments, de vétérinaire, du soja, etc » affirme le consultant.

Consultant pour la grande distribution,Philippe Bretonestime que ce type d’accord permet également au distributeur de sécuriser leur approvisionnement, d’assurer la qualité de ses produits et d’en faire un élément différenciateur par rapport à la concurrence. Pour lui, le contrat a également le mérite de transcrire en action les promesses de Serge Papin dans son livre « Pour un nouveau pacte alimentaire » paru en 2012. Terrena devra néanmoins honorer sa promesse de diminuer progressivement les antibiotiques, un pari technique sur lequel butent encore les premiers éleveurs engagés dans la démarche.

MATTHIEU QUIRET MATTHIEU QUIRET | LE 18/02/14 À 18H08
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/18/02/2014/lesechos.fr/0203323569574_terrena-et-systeme-u-lancent-une-filiere-du-porc-revolutionnaire.htm?texte=maximilien%20rouer#r2s7JBgEWQLJxvvT.99

Chez les pionniers de l’économie circulaire

En cinq ans, Terrena a révolutionné tout son business model. La stratégie de cette coopérative agricole concilie agriculture, science et technos de pointe. Son credo: produire plus, mais mieux, avec moins. 

Chez les pionniers de l'économie circulaire

 Jean-Yves et Anthony Menard, en Anjou, méthanisent leurs biodéchets

Une odeur de terre et d’herbes mouillées s’élève du champ fraîchement semé, surplombé ce matin-là d’un ciel ardoise. D’un geste ferme mais délicat, la main plonge un canif au manche de bois dans le sol et en sort une graine de lupin d’un jaune pâle. « Vous voyez, là, la première racine se déploie déjà », pointe Yoann Goubaud. Visage tanné par le soleil, pantalon de toile bleue, chemise à carreaux, bottes de caoutchouc marron, ce père de trois enfants est, avec son épouse et son beau-frère, à la tête d’une exploitation agricole de 90 hectares située à Couffé (44).

Depuis trois ans, « nous semons au pied du lupin du triticale, un hybride entre le blé et le seigle, explique Yoann Goubaud. Cette simple association a réduit de moitié notre consommation de fongicides, soit une économie de 52 euros par hectare et par an. » Le triticale protège le lupin des insectes et des maladies et empêche les mauvaises herbes de pousser. « Nous récoltons en plus 40 rouleaux de paille pour notre usage et la revente », complète l’agriculteur.

Adeptes de l’agriculture écologiquement intensive

Produire plus et mieux avec moins. Sur son exploitation, Yoann Goubaud applique la philosophie de Terrena, le groupe agricole d’Ancenis (44), dont il est l’un des 22 000 adhérents. Cette très grosse coopérative, qui a réalisé 4,5 milliards de chiffre d’affaires l’an passé et emploie quelque 12 000 salariés en équivalent temps plein, vit depuis 2008 une révolution silencieuse et courageuse.

Finie, l’agriculture « à la papa », productiviste et polluante. Bienvenue dans le monde de l’agriculture écologiquement intensive (AEI)! Conceptualisée par Michel Griffon, alors directeur général adjoint de l’Agence nationale de la recherche, l’AEI prône une agriculture plus économe en chimie, en eau, en énergies fossiles, qui se fonde sur une meilleure connaissance de l’écosystème, de la biodiversité et, surtout, demandeuse de technologies de pointe.

« C’est un virage à 180 degrés, un véritable changement de business model », observe Maximilien Rouer, président de BeCitizen, qui accompagne depuis le départ Terrena dans cette transition. « Nous acceptons la baisse des ventes de produits phytosanitaires, qui représentaient une part importante de notre chiffre d’affaires, pour basculer vers un modèle pionnier d’agriculture responsable », commente Hubert Garaud, président de Terrena.

Au coeur de la nouvelle stratégie, un cocktail qui associe agriculture, science et high-tech. Dès 2009, Terrena met sur pied une cellule de R&D. Six ingénieurs sillonnent alors la planète pour sélectionner, transposer et transmettre les solutions existantes les plus innovantes aux adhérents. En 2012, la filiale Terrena Innovation voit le jour. Elle débute avec 94 collaborateurs. « Nous avons investi 15 millions d’euros sur cinq ans, soit la moitié de notre résultat », lance Alain Montembault, directeur scientifique R&D, un ancien de Danone. Afin de tester grandeur nature les innovations, le groupe a structuré un réseau d’agriculteurs (42 à ce jour), baptisés les « sentinelles de la terre ». « Nous prenons en charge la moitié de leurs risques », souligne Christophe Couroussé, le directeur de la communication.

Terrena promeut aussi auprès de ses adhérents une sélection de 23 outils d’aide à la décision. Fondé sur l’imagerie satellite, Farmstar Expert aide 1 920 agriculteurs à optimiser la gestion globale des engrais sur quelque 79 000 hectares de parcelles. « Nous avons réduit la consommation d’azote de nos adhérents de 800 tonnes par an », se félicite Hubert Garaud. D’ici trois à quatre ans, des drones devraient permettre d’affiner le procédé. Autre exemple, le pilotage de l’irrigation du maïs à la parcelle, entraînant « 22% d’économie d’eau sur les terrains », souligne Bertrand Pinel, ingénieur agronome ParisTech, de l’équipe R&D de Terrena.

Former les agriculteurs, la base de la mutation

Pour répandre les bonnes pratiques élaborées par la R&D et les « sentinelles de la terre », Terrena table sur la formation. « La meilleure arme antigaspi, c’est le savoir! », résume Yoann Goubaud, qui se souvient qu’il y a une vingtaine d’années, « on se contentait d’acheter de l’engrais au commercial, sans autre réflexion ». Depuis dix-huit mois, un programme d’écoconduite de deux jours est proposé aux agriculteurs. Tracteurs sous capteurs, coaching pour limiter la surconsommation et optimiser l’entretien du véhicule… « En modifiant ses habitudes, on peut réaliser en moyenne 20% d’économie de carburant », souligne Alain Montembault.

Point d’orgue de cette mutation, la valorisation des déchets et la mise en place d’une véritable économie circulaire à la dimension de la coopérative. Le groupe détient ainsi 34% des parts de Valdis, une usine de méthanisation et de déconditionnement de biodéchets, aux côtés, notamment, de Saria Industries (51%). Inauguré en octobre 2012, cet investissement de 15 millions d’euros a une capacité de 58 600 tonnes. La méthanisation, procédé biologique naturel, permet de valoriser les déchets organiques récents.

Comme dans une Cocotte-Minute sans oxygène, les micro-organismes sont digérés en plusieurs étapes. Ce traitement génère du biogaz riche en méthane (revendu notamment à ERDF), ainsi qu’un digestat composé de matières organiques résiduelles (azote, phosphore et potasse) qui constitue un bon fertilisant. Cette sorte d’engrais bio servira à enrichir les terres des adhérents. « Grâce à la méthanisation, on jette encore moins de déchets (de coproduits) issus des bovins et des volailles », explique Léo Tissot, consultant à BeCitizen. De fait, 90% des bovins sont utilisés, contre 80% auparavant.

Terrena traque aussi les gaspillages d’énergie dans les bâtiments. L’installation d’échangeurs thermiques permet de récupérer la chaleur des bêtes pour la réutiliser. « Cela réduit de 30 à 40 % la consommation de gaz », observe Philippe Serrault, directeur de Proval, spécialisé dans les équipements d’élevage et filiale de Terrena. Depuis quelques mois, il est possible de capturer la chaleur du tank à lait (le réservoir) dans les salles de traite des vaches et de s’en servir pour réchauffer l’eau d’allaitement des veaux et pour nettoyer les équipements. Outre les économies d’énergie, ces mesures contribuent au bien-être de l’animal. Essentiel, résume Yoann Goubaud: « Si l’animal est bien, il grandit plus vite pour moins cher, car il valorise 98 % de ce qu’il mange. » Du gagnant-gagnant.

Un réseau d’alliances avec les grandes écoles

Pour changer l’échelle de ses actions, Terrena mise sur une stratégie d’alliances innovante. « Trop de structures travaillent en silo. Or, face à l’ampleur des défis environnementaux, personne n’a les clés tout seul », souligne Alain Montembault. Comme avec Saria pour la méthanisation, Terrena s’est associé à la Lyonnaise des eaux pour créer une société répondant aux besoins et aux problématiques d’eau et d’environnement des agriculteurs.

Le groupe d’Ancenis a également cofondé une chaire école-entreprise dédiée à l’agriculture écologiquement intensive, aux côtés de deux coopératives (Agrial et Triskalia) et de trois grandes écoles (Agrocampus Ouest, Groupe ESA et Oniris). Et il tisse des alliances avec des vétérinaires, des lycées agricoles… De l’open innovation au pays des coopératives.

Par  publié par L’Expansion, le 07/02/2014 à  10:34

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/terrena-chez-les-pionniers-de-l-economie-circulaire_1320760.html#8kEzsDA0ThzfqtjF.99

Agroalimentaire et « e-réputation »

Une étude en ligne fouille les commentaires sur les réseaux sociaux

« Que disent spontanément les consommateurs, les agriculteurs, et les employés de l’agroalimentaire à propos de ce secteur sur le web ? », s’est demandé Alphacoms, une agence nantaise de conseil en communication, entreprises et institutions. Les résultats de cette première étude en ligne mettent en lumière en ce qui concerne les agriculteurs différents sujets de préoccupation, en particulier les relations avec les acteurs de la filière.

Alphacoms a chargé une autre société nantaise, Dictanova, d’étudier « l’image de l’industrie agroalimentaire » sur le web à travers sa plate-forme d’écoute des réseaux sociaux.

Réalisée à partir de prises de parole spontanées sur le web sur la période 2011-2013, l’étude repose sur plus de 3.200 verbatims exprimés par des agriculteurs, des consommateurs ou des employés du secteur de l’agroalimentaire.

 

Pour les agriculteurs, le souhait d’une meilleure valorisation de leurs productions ressort, ainsi que la nécessité pour eux de faire évoluer leurs pratiques. Une autre grande préoccupation qui revient sur les réseaux sociaux concerne leurs relations avec les acteurs de la filière (industriels, coopératives, grande distribution) et les consommateurs.

 

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Les salariés du secteur agroalimentaire commentent principalement leurs conditions de travail. L’étude confirme le déficit d’image des métiers de l’agroalimentaire. Ainsi, de nombreux témoignages de jeunes qui y ont occupé des emplois saisonniers soulignent la pénibilité du travail et des niveaux de rémunération faibles.

 

Pour les consommateurs, les préoccupations principales sont l’exigence d’une nutrition de qualité (22 % des verbatims), la défiance envers l’industrie agroalimentaire (20 %), et la perception très nette des grands industriels derrière les marques de produit (9 %). Le pouvoir d’achat n’intervient, lui, qu’en quatrième place, avec 6 % des verbatims. Cette étude met aussi en évidence certains thèmes émergents autour des labels, du Made in France, du halal.

Les réactions au gré de l’actualité de la communauté des lecteurs de presse nationale ou spécialisée en ligne constituent la moitié des verbatims analysés, relève l’étude menée par Dictanova. Le reste des verbatims est issu de forums généralistes ou spécialisés, comme les forums féminins ou jeunes. Avec leur outil d’analyse des échanges des internautes sur les réseaux sociaux, Dictanova arrive à déterminer que les communautés liées à l’univers des jeux vidéos ont été un endroit d’expression particulièrement important au moment de l’affaire de la viande de cheval.

En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agroalimentaire-et-e-reputation-une-etude-en-ligne-fouille-les-commentaires-sur-les-reseaux-sociaux-81729.html#UXYuoyaC6hoSEI9g.99

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