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Un fabricant américain pour les yaourts de Système U

Un fabricant américain pour les yaourts de Système U dans ACTEURS yaourt-U-k7LG-U10713568607JYE-860x420@lafranceagricole.fr

Système U annonce un partenariat avec le groupe laitier américain Schreiber pour la fourniture exclusive de yaourts à la marque U à compter de 2019… avec du lait français.

Où l’Américain Schreiber fabriquera-t-il les yaourts à la marque U à compter de 2019 ? Le communiqué de presse diffusé par Système U ce 21 mars 2017 ne le dit pas. Le seul détail que l’enseigne livre est qu’il « est prévu que Schreiber investisse prochainement dans un outil de production en France. [Car] Schreiber s’est engagé, dans le cadre de ce projet, à se fournir uniquement en lait issu de la production française. »

47 000 t par an

Selon Le Figaro, Schreiber serait en train de racheter une usine du groupe Bel (1) située dans l’est de la France. Des investissements seraient prévus pour agrandir ce site, avec à la clé, une centaine d’embauches. « Les prévisions de volume seraient de l’ordre de 47 000 tonnes de produits par an », annonce Système U. Le groupe Bel nous a fait savoir qu’aucun accord de vente d’un site n’a été finalisé à ce jour. Et donc que toute communication est prématurée.

L’enseigne ne cache pas qu’elle a l’ambition de faire de sa marque U la marque le leader des rayons ultra-frais de ses magasins. « Cette démarche s’inscrit dans la volonté de Système U de mieux maîtriser et sécuriser son approvisionnement […], détaille le communiqué. Le partenariat s’inscrirait dans la durée. »

publié à http://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/lait-un-fabricant-americain-pour-les-yaourts-de-systeme-u-1,1,1571944660.html

 

CAPTEURS De précieuses aides connectées pour l’agriculteur

Dans tous les gestes de l’agriculture, les capteurs permettent d’acquérir des informations et de faire des objets connectés de véritables outils d’aide à la décision pour améliorer ses pratiques, au service de l’environnement et de l’économie.

L’agriculture numérique. Extrait d’une fresque présente sur l’espace L’agriculture numérique. Extrait d’une fresque présente sur l’espace « agriculture numérique de demain » sur le stand de Terre-net Média au Sima 2017. (©Terre-net Média)En agriculture aussi, les objets connectés sont en pleine émergence. Ces outils bourrés d’électronique et capables de communiquer seront certainement plus de 50 millions en France, après 2020.

S’inspirant des avancées dans le domaine industriel, les instituts techniques et autres start-up se sont intéressés aux applications agricoles. De jour en jour, la gamme des objets connectés s’élargit donc, quitte le confidentiel pour s’installer dans le quotidien. Leur démocratisation permet aussi d’en faire baisser les prix. « Demain, nous aurons de plus en plus d’objets qui enregistreront des données et après-demain, au fur et à mesure des renouvellements, tout le matériel sera connecté », prévoit Alexandre Diaz, responsable innovation et transition numérique chez Isagri.

Un capteur enregistre des données et les transmet sous forme numérique à un ordinateur ou un smartphone.

Ce qui « connecte » un objet est la présence d’un capteur, capable d’enregistrer des données et de les transmettre sous forme numérique à un ordinateur ou un smartphone. Un capteur se compose d’une sonde qui transforme une grandeur physique (température, hydrométrie mais aussi mouvement) en impulsion électrique, d’une source d’énergie (batterie ou panneaux solaires pour travailler sans réseau électrique) et d’un module de communication sans fil. Plusieurs capteurs, parfois jusqu’à une cinquantaine sur une station météo élaborée, peuvent être combinés dans un seul appareil.

Pour transférer leurs données, les capteurs utilisent d’autres moyens de communication que nos portables « pour ne pas être dépendants de la couverture du territoire. L’utilisation des capteurs est rendu possible par le développement des communications sans fil, explique François Pinet, chercheur à l’Irstea. Si les capteurs sont assez près de l’exploitation, les transferts d’informations peuvent, par exemple, se faire  par de la communication à base de technologies ZigBee, qui créent un mini-réseau privé ». Quand la distance augmente, de nouvelles technologies ont vu le jour, comme Sigfox, un opérateur télécom spécialisé sur les applications à très bas débit, ou LoRa, une technologie basée sur les ondes radio longue portée.

« Cela permet de transmettre des données assez légères, sur une longue portée sans avoir besoin de trop d’énergie, complète Gil de Sousa, chercheur au centre Irstea de Clermont-Ferrand. Avec ces solutions, on peut travailler partout avec des objets connectés. Elles sont adaptées aux besoins agricoles car elles n’ont pas besoin de beaucoup d’énergie ».

Ces réseaux sont payants et sécurisés, ce qui permet d’être rassurés sur le transfert des données. Mais ce coût devra être intégré, comme celui de la maintenance, dans le raisonnement économique de son investissement. Mais l’échange de données « lourdes », comme par exemple les vidéos d’une caméra de surveillance, demande l’accès à internet, avec les inégalités digitales toujours fortes en zones rurales.

Gadget ou outil ?

Pour que les objets connectés dépassent la sphère des « early adopters », les friands de nouvelles technologies, il faut qu’ils apportent un réel service et que le retour sur investissement soit réel. Que permettent les capteurs ? Les plus simples sont les capteurs d’alerte : quand quelque chose ne fonctionne pas, ils vous envoient un message sur votre smartphone. On pense aux clôtures électriques qui préviennent en cas de dysfonctionnement ou des sondes thermiques qui avertissent d’un échauffement dans un stock de paille. Comme ils communiquent à distance, les capteurs permettent de s’affranchir de la distance, pour suivre les conditions hydriques de ses parcelles éloignées.

« Les détecteurs de vêlage sont certainement les capteurs les plus répandus en productions animales, avance Alexandre Diaz. Ils ont séduit les éleveurs car ils apportent un véritable retour sur investissement en termes de confort de travail dans des troupeaux de plus en plus grands où tous les animaux ne sont pas sur le même site, avec des gains chiffrables sur les performances de reproduction ».

Les capteurs allègent aussi le côté répétitif de certaines tâches et remplacent les enregistrements papier par des enregistrements informatiques transmis directement. Ils permettent d’anticiper (capteur de remplissage d’un silo) et d’organiser ses chantiers (stations météo et suivi des risques de maladies et de ravageurs).

Les capteurs sont de véritables outils d’aide au pilotage stratégique

Mais surtout, les capteurs répondent aux besoins d’une agriculture de précision, en permettant de suivre régulièrement et en détail ses cultures. Plus les outils connectés interagiront entre eux et plus on ira sur du cas par cas. Pourquoi ne pas imaginer que les capteurs de suivi d’humidité communiqueront avec un pivot qui pilotera au plus juste les apports d’eau selon les besoins réels des différentes zones de la parcelle ?

Les capteurs sont de véritables outils d’aide au pilotage stratégique. « Bien valorisées, les données d’une station météo sont une aide précieuse pour organiser ses chantiers, traiter dans de bonnes conditions, estime Alexandre Diaz. Le retour sur investissement est direct, un traitement fait au bon moment, ce sont des doses réduites et un rendement préservé ». Pour y arriver, il faut que ce que transmettent les capteurs soit analysé pour être transcrit en préconisations et en outils d’aide à la décision. Une donnée n’a de l’intérêt que si elle est valorisée. C’est l’agglomération de toutes les données collectées par différents agriculteurs qui alimentent de nouveaux modèles, pour anticiper les risques, affiner ses pratiques selon les conditions météo.

« Les agriculteurs ont tout intérêt à partager leurs données, conseille François Pinet. Après se pose la question de leurs propriétés, de leur valorisation ». Fait son chemin l’idée des plateformes collaboratives, où chacun partage ses chiffres et tire un bénéfice sous forme de conseils de la valorisation de l’ensemble des données. En même temps que la prise en main de ces nouveaux outils, les agriculteurs doivent réfléchir à l’enjeu de la collecte des données, de sa sécurité, de la propriété de ces données, de la valorisation de leur interprétation.

ven. 17 mars 2017 à 06:01 •  Cécile Julien • TERRE-NET MÉDIA

publié à: http://www.terre-net.fr/innovation-et-technologie/article/de-precieuses-aides-connectees-2894-126564.html#xtor=EREC-106-1[Le_mel_Agricole]-20160414&idemv=87356866

 

Matières premières: le bilan des récoltes

 

Matières premières: le bilan des récoltes dans amont moisson_article

La récolte de l’été 2015est en hausse de plus de 20% par rapport à l’année 2014, qui était très moyenne à cause de la sécheresse du printemps 2014. Ici la moisson dans les Hautes Côtes à l’Étang Vergy (21). Crédit photo : P. Maupetit pour Dijon Céréales.

 

Après une année 2014 difficile en particulier pour les blés, le bilan des récoltes 2015 est globalement bon. Le point avec Arvalis, Terre Univia et Terre Inovia sur le blé, l’orge, le colza et le pois.

Blé tendre: production dépassant 40 millions de tonnes

Pour le blé tendre, les nouvelles sont bonnes selon Arvalis. Avec quelques jours d’avance par rapport à la date moyenne des quatre dernières années, les moissons étaient achevées au 10 août 2015 et se sont déroulées dans de très bonnes conditions. Le manque d’eau n’a finalement pas impacté les cultures, car il est intervenu hors de la floraison. Au 5 août, la production de blé dépasserait 40 millions de tonnes grâce à une hausse des surfaces de 3 % par rapport à 2014 et des rendements élevés estimés à 78,3 quintaux par ha en moyenne nationale. Pour rappel, la moyenne des cinq dernières années tournait autour de 72,6 q/ha. Sur le plan qualitatif, le taux de protéines est proche de celui de 2014, les autres critères physico-chimiques sont bons à très bons. Les teneurs moyennes en protéines sont comprises entre 10,5 et 11,5 %. Les indices de chute de Hagberg (l’aptitude d’un blé à être utilisé dans les industries de cuisson ) devraient également afficher un très bon niveau sur l’ensemble du pays compte tenu des conditions de remplissage et de maturation des grains.

 

 

Blé dur: amélioration par rapport à 2014

En ce qui concerne le blé dur, la récolte s’est achevée dans de bonnes conditions. L’avancement des cultures lors des épisodes de fortes températures a limité la dégradation du potentiel en place fin mai. Au final, les rendements moyens se situeraient autour de 50 q/ha dans le Sud-Ouest, entre 60 et 70 q/ha dans l’Ouest et elles sont supérieures à 70 q/ha dans le Centre. Elles sont en revanche inférieures à 35 q/ha dans le Sud-Est. Par la combinaison des rendements et de la hausse des surfaces d’environ 12% par rapport à 2014, la production nationale devrait ainsi revenir au niveau de 2013, autour de 1,8 million de tonnes, soit une augmentation de 21% par rapport à l’an passé. Les teneurs en protéines sont comprises entre 13,5 et 14,5 %. Néanmoins, on observe une certaine hétérogénéité. Le Sud-Est et l’Ouest sont en moyenne au-dessus de 14%, le Sud-Ouest entre 13,5 et 14%, le Centre plus hétérogène entre 12 et 14%.

 

 

Orge: bonne récolte pour les cultures d’hiver, plus mitigée pour celle de printemps

Dans le domaine de l’orge, les surfaces sont en léger retrait de moins de 1 % par rapport à l’an passé. Les surfaces d’orges d’hiver continuent à augmenter (+ 6%) alors que les surfaces d’orges de printemps diminuent (-15%). Les teneurs en protéines de l’orge d’hiver sont homogènes et basses, entre 9,5 et 10% en zone Nord. Ces valeurs devraient répondre aux besoins des utilisateurs brassicoles dans une majorité de cas. Les calibrages des orges brassicoles sont bons à très bons, très régulièrement proches de 90%. La récolte totale 2015 d’orges d’hiver est estimée à 9,6 millions de tonnes contre 8,4 en 2014. Par contre, la récolte d’orge de printemps est en baisse. La production devrait ainsi atteindre 2,9 millions de tonnes contre 3,2 l’an passé.

 

 

Pois et colza: année correcte

Pour le pois, Terres Univia et Terres Inovia observent de bons résultats de récolte en 2015, mais une déception en colza dans le grand quart Sud-Ouest. L’année 2015, avec des températures élevées au moment de la floraison des cultures et une fin de cycle avec un fort déficit hydrique cumulé à de fortes chaleurs, n’augurait rien de bon. Toutefois, les résultats des cultures oléagineuses et protéagineuses sont jugés relativement satisfaisants et meilleurs qu’attendus. Pour le colza, la production devrait dépasser les 5 millions de tonnes, en dessous de la campagne de 2014 (5,5 millions de tonnes), mais au-delà de la moyenne de production des cinq dernières années. Le rendement moyen national est estimé à plus de 35 q/ha pour une surface de récolte de 1,48 million d’hectares.

 

Dans un contexte climatique difficile pour les cultures de printemps, les performances en pois d’hiver et printemps dans les régions les plus au Nord permettent d’atteindre un rendement moyen national supérieur à 40 q/ha, comparable à 2014. Avec 155 000 ha de surfaces, en hausse de 13 % par rapport à 2014, la production est estimée à 650 000 tonnes. Les performances du pois de printemps en sec dans le Nord ont été meilleures que ce que pouvaient laisser présager les conditions climatiques de fin de cycle, avec un net avantage aux pois d’hiver, qui devraient poursuivre leur développement la prochaine campagne.

 

 

 

En revanche en dehors de ces cultures, Dijon Céréales estime que les cultures de printemps (maïs, tournesol, soja) donneront un résultat médiocre. En effet, leur développement s’est construit dans des conditions difficiles (chaleur et manque d’eau).

L’agriculture numérique : l’avènement de la ferme du futur

L'agriculture numérique : l'avènement de la ferme du futur dans amont 1414445445L’agriculture n’échappe pas à la « disruption » de l’économie numérique : on voit émerger aujourd’hui de nombreuses applications logicielles dans le secteur agricole qui permettent une rationalisation de l’exploitation et une augmentation de la productivité. Traite des vaches, irrigation, usage des fertilisants ou alimentation des animaux, le digital est partout. Bienvenue dans la ferme connectée !

La révolution digitale en agriculture va au-delà de la simple automatisation et robotisation (comme celle de la traite laitière) amorcée depuis les années 1960. Elle découle des NTIC, dont les potentialités ne se sont déployées pleinement dans la sphère économique qu’à partir des années 2000.

Objets connectés, logiciels et agriculture

Le principal vecteur des NTIC au sein de la ferme est l’internet des objets (ou IoT, pour « Internet of Things »). Ce concept désigne l’échange de données entre Internet et des « objets » ou dispositifs présents dans le monde réel, autres que des ordinateurs.

Ainsi l’agriculteur peut connecter à Internet ses tracteurs, moissonneuses-batteuses, semoirs ou pulvérisateurs. Une telle mise en réseau lui permet de mémoriser, commander et centraliser les fonctions, les réglages et les données produites par la totalité de son parc de machines.  A ces fins, des normes internationales telles que le protocole de communication standardisée Isobus - supportée par l’Agricultural Industry Electronics Foundation (AEF) -, permettent déjà à des machines agricoles de marques différentes de communiquer entre elles, autorisant une centralisation du traitement des données.

De la même manière, dans le domaine de l’élevage, des étables connectées et équipées de systèmes électroniques permettent d’identifier, de tracer, et de produire des informations sur chaque animal, permettant notamment une alimentation personnalisée  - en fonction du poids, de la santé, ou de la période dans le cycle de lactation.

Cartographie agricole : capteurs intelligents et drones agricoles

Drone agricole survolant des vignes

Un autre exemple d’IoT au sein de la ferme est celui des sondes de mesures. Une entreprise comme l’américain Solum s’est spécialisé dans la vente de sondes enterrées, géolocalisées et connectées à Internet, qui mesurent l’humidité des sols et les taux de minéraux et de nitrates. Cela permet ensuite devisualiser ces paramètres en les superposant à des images satellite, et d’adapter l’irrigation et la fertilisation en les dosant de manière ciblée et différenciée entre les différentes parcelles.

Pour analyser des hectares entiers de terres agricoles, la start-up française Airinov a développé un système de cartographie agronomique par drone guidé automatiquement par GPS et qui mesure grâce à un capteur la surface de seuil, le taux de chlorophylle ou encore le taux d’azote.

Production raisonnée et agriculture de précision

Agriculture de précision

L’économie informationnelle a vocation à englober le secteur agricole, et ce dernier va progressivement prendre le visage d’une agriculture de la connaissance, et de la précision. En produisant des données précises et mises en ligne dans le cloud, l’agriculteur centralise l’information à tous les niveaux et peut gérer son exploitation en programmant, depuis son ordinateur, l’écosystème (humidité, nutrition) des plantes qu’il cultive, à l’aide de farm management softwares. Il peut ensuite combiner les données produites depuis son champ avec des données extérieures (prévisions météo, cours boursiers des produits agricoles). Enfin, desoutils d’aide à la décision, reposant sur les données recueillies et sur des modèles mathématiques d’interprétation, indiquent à l’exploitant quand il pourra faire sa récolte et à quel prix il la vendra.

Avec ce genre de dispositifs, les rendements agricoles sont accrus grâce à une irrigation et des apports en intrants ciblés, adaptés, et surtout limités aux besoins naturels des  plants. Cela réduit le gaspillage en eau,limite l’usage excessif de pesticides et la pollution qui y est associée, et permet de réduire l’utilisation des engrais et donc de réduire les coûts (l’engrais représente par exemple le premier poste de dépense dans la culture du blé, devant le gazole et les frais de personnel).

L’enjeu de la propriété des données

Par conséquent, la maîtrise des données sur le vivant sera stratégique à mesure que les agriculteurs se saisissent des outils des NTIC.

La détention et la protection de ces grandes quantités de données générées à propos des sols, des plants, des animaux, des machines et des conditions environnementales, et ce par les objets connectés, est un enjeu majeur. Qui détiendra ces données ? Seront-elles revendues à des tiers ? La question est sensible lorsque l’on sait que les données peuvent intéresser tant les assureurs que les fournisseurs auprès de qui se ravitaillent les agriculteurs en produit.

L'enjeu de la donnée agricole

De plus, le métier d’agriculteur pourrait devenir à long terme une simple fonction de sous-traitant du propriétaire de ces données collectées. Ce dernier émettrait des consignes à l’ouvrier agricole et gérerait à distance l’exploitation. L’intuition et l’expérience qu’un agriculteur avait de son terrain et de son métier, qui jouait auparavant un rôle essentiel, sont condamnées à se faire remplacer par des données objectives, mesurées et traitées par de l’informatique. C’est pourquoi les données recueillies auprès des exploitations individuelles sont précieuses et doivent rester la propriété de l’agriculteur : c’est ce qu’a estimé en janvier 2014 l’American Farm Bureau Association.

Anonymisées, ces bases de données ne restent cependant pas confinées aux exploitations. Des projets de « big data » sont actuellement à l’étude pour remonter, par exemple, les données de traite à l’échelon national. Ces traitements de données en masse pourraient servir pour affiner des schémas de sélection génétique et de production accélérée de cultivars hybrides, ou de préventions de propagation de maladies ou de parasites, grâce notamment à des supercalculateurs comme Watson d’IBM.

Un enjeu stratégique mondial : la production et le traitement de la donnée agricole

Les technologies de collecte et de traitement de l’information offrent des perspectives d’économies de plusieurs dizaines de milliards de dollars grâce aux outils d’optimisation, de rationalisation, et de ciblage offerts par les TIC. Elles signent une rupture dans l’histoire agricole après une longue période d’industrialisation et d’uniformisation des techniques agricoles et de la variété génétique des cultivars depuisla révolution verte de la deuxième moitié du 20e siècle. L’agriculture a désormais vocation à revenir à une approche plus locale et différenciée grâce à la prise en compte des données sur l’environnement des exploitations.

Antoine Goursaud

Publié par Portail de l’IE le 29/10/14

Le Label rouge, cinquante ans de confiance

Créée en 1965 à l’initiative d’éleveurs de poulets landais, l’appellation est un gage sérieux de qualité. Elle bénéficie d’une forte crédibilité auprès des Français.

Premier estampillé  Label rouge, le poulet jaune des Landes.
Premier estampillé Label rouge, le poulet jaune des Landes. | paul & henriette pour Le Monde

Il porte allègrement la cinquantaine. La chair ferme, la peau tendue, le teint maïs, conditionné entier dans sa barquette, le poulet jaune des Landes arbore fièrement son écusson Label rouge.

Quelque 1,4 kg pour 14,90 euros dans les linéaires de l’Epicerie Le Bon Marché à Paris. Il fut le premier Label rouge attribué en 1965 sous le n° 01 65. En 2013, sa production dépassait les 7 millions dans 460 élevages dispersés sous les pins et les fougères des Landes. Son succès se confond avec celui du label.

L’idée en revient à un éleveur sarrois installé dans les Landes. Albert Falkenberg a su convaincre les professionnels d’organiser la filière avec une structure collective forte, obéissant à des règles communes strictes qui permettraient de commercialiser leur poulet partout en France, en brandissant l’appartenance géographique et la qualité comme valeurs fortes.

Années 1960 : la qualité alimentaire s’affiche

Nous sommes au début des années 1960, Edgard Pisani est ministre de l’agriculture et la notion de signe de qualité alimentaire commence à s’installer dans les esprits alors que l’agriculture intensive est en plein essor. La Commission supérieure de la qualité des produits agricoles et alimentaires est créée en 1964 et le Label rouge voit le jour par décret du 13 janvier 1965.

Le système élaboré par les fermiers landais servira de modèle pour son attribution à l’avenir. Les producteurs regroupés en association définissent un cahier des charges et déposent la demande d’habilitation au ministère de l’agriculture. Le label est accordé ou pas à l’association – aujourd’hui un ODG (organisme de défense et de gestion) –, et non à chaque producteur individuellement.

Ainsi, le poulet jaune doit appartenir à une race de croissance lente – en l’occurrence le « cou-nu à la peau fine » –, être nourri à plus de 80 % de céréales, dont du maïs produit sur place. Sa durée d’élevage est de quatre-vingt-un jours minimum (quarante-deux pour le poulet standard) en totale liberté dans la nature, sans clôture et dans des petites cabanes mobiles déplacées avec chaque « lot » – pas plus de 4 400 poulets – sur un terrain régénéré.

C’est la spécificité de l’élevage des volailles landaises. Ces « marensines » étaient jadis construites dans la forêt avec les mauvaises planches des pins abattus, pour abriter l’eau et les graines qui allaient nourrir un « lot » de poulets lâchés alentour durant trois mois. Une fois ceux-ci vendus, on démontait la marensine pour l’installer ailleurs afin de ne pas polluer trop longtemps au même endroit avec les déjections animales.

« Un mobile home pour poulets »

« Maintenant, nous avons amélioré le système. Les cabanes sont construites avec des panneaux, mieux isolées et ventilées et on ne les démonte plus. On leur a installé des roues pour les remorquer avec les tracteurs. C’est comme un mobile home pour poulets. » Bernard Tauzia, président de l’association Volailles fermières des Landes, s’en félicite. Comme de la bonne organisation de la filière, qui va de l’accouveur (fournisseur de poussins) à l’abattoir en passant par le fabricant d’aliments. « Chaque lot est contrôlé par un organisme indépendant, explique-t-il. Si un lot ne respecte pas le cahier des charges, il est déclassé en poulet standard. L’éleveur doit alors se mettre aux normes et peut encourir une pénalité en interne. »

C’est la condition de la crédibilité. Et celle du Label rouge reste élevée chez les consommateurs, notamment pour la viande et la volaille qui représentent 300 des 500 labels existant.

Quelque « 60 % des poulets entiers achetés par les ménages sont Label rouge », selon Marie Guyot, directrice générale du Synalaf, le syndicat national des labels avicoles de France. Et sur les 105 millions de volailles produites en 2013 en France, 15 millions sont sous Label rouge, ainsi que 40 % des éleveurs. « Il répond à une véritable demande, qui ne faiblit pas chez les consommateurs », conclut Marie Guyot.

Face à la multiplication des appellations, mentions valorisantes, certifications et dénominations diverses, il convient de rappeler qu’il n’existe que cinq signes de qualité officiels dignes de confiance : le Label rouge, le label AB pour le « bio », l’AOC devenue AOP pour l’appellation d’origine protégée, l’IGP pour l’indication géographique protégée et le petit dernier, le STG, spécialité traditionnelle garantie, qui ne concerne qu’un seul produit en France : les moules de bouchots.

Tout le reste n’est qu’outil de marketing.

 JP Géné

LE MONDE | 08.01.2015 à 18h16 |Par JP Géné

Publié à http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2015/01/08/le-label-rouge-cinquante-ans-de-confiance_4552218_4497319.html#O2MwBv4iIwyGVcoU.99

 

 

La carte de France des alternatives : 89 révolutions locales pour un changement global

PAR IVAN DU ROY 23 DÉCEMBRE 2014

La carte de France des alternatives : 89 révolutions locales pour un changement global dans AEI arton4598-f8b4c

Elles sont ancrées dans l’écologie et dans l’innovation sociale. Elles ont en commun de proposer des réponses concrètes, à contre-courant du modèle économique dominant : la coopération plutôt que la concurrence, le souci du bien commun plutôt que la cupidité individuelle, le partage plutôt que l’accaparement, la préservation de l’environnement plutôt que sa destruction, la solidarité et l’ouverture à l’Autre plutôt que le repli sur soi et la xénophobie. Elles constituent souvent des réponses immédiates à des enjeux quotidiens : se nourrir sans s’empoisonner, créer des emplois, redonner du sens au travail et à l’activité économique, favoriser l’économie locale, proposer des logements de qualité et financièrement accessibles, s’éclairer sans polluer, mutualiser des savoirs, partager des biens et des services, renouveler la démocratie locale…

Voir la carte

Ces alternatives sont portées par une pluralité d’acteurs : des individus, des collectifs, des salariés, des élus, des associations, des coopératives, des municipalités. Comme toutes expérimentations, elles peuvent comporter des limites, des contradictions, des insuffisances. Mais elles montrent que les idées, les initiatives et les tentatives de transformer la société en partant de l’échelon local, foisonnent. Et peuvent essaimer un peu partout sur le territoire et inspirer d’autres citoyens.

Nous les avons classées en deux grandes familles (la signification de chaque icône figure en bas de la carte). Les alternatives plutôt écologiques (en vert, forcément) : à l’exemple d’une ferme pratiquant l’agro-écologie près de Rouen, d’une cantine scolaire servant intégralement des produits bio locaux en Dordogne, des HLM à basse consommation d’énergie en Mayenne ou en Bretagne… Et celles plutôt sociales (en rouge, historiquement) : une entreprise reprise par ses salariés en Savoie, une monnaie locale au Pays basque, le partage de technologies dans des quartiers populaires franciliens ou dans la banlieue de Grenoble. Le plus souvent, ces alternatives intègrent ces différentes dimensions, écologiques, économiques et sociales.

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Cette carte n’est bien évidemment pas exhaustive. Elle recense les 89 – chiffre symbolique – expériences alternatives menées en France dont Basta ! s’est fait l’écho ces dernières années par des reportages, des enquêtes ou des témoignages, publiés au sein de notre rubrique « Inventer ». Nous n’avons pas encore eu le temps de nous rendre partout où nous le souhaitions ! Vous pouvez également nous suggérer des expériences écologiques, sociales et solidaires à découvrir pour de futurs articles. En attendant, bon voyage dans le monde de demain !

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- La carte de France des alternatives écologiques et sociales

Cartographie : Mathieu Lapprand
Graphisme : Guillaume Seyral
Base de données : Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

Source: http://www.bastamag.net/La-carte-de-France-des-4598

Pays-de-la-Loire. La coopérative étend son royaume céréalier

En 2013-2014, à Thouarcé, la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL) a fait l’acquisition de deux négociants. Sa collecte céréalière atteint les 300 000 tonnes de grains.

Pays-de-la-Loire. La coopérative étend son royaume céréalier dans - Pays de Loire ok

300 000 tonnes de grains dans les silos

À Thouarcé, la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL) forte de 102 salariés et 3 300 adhérents, n’aime les feux des projecteurs. C’est en toute discrétion qu’elle a presque doublé sa collecte de céréales, portée à 300 000 tonnes de grains, en 2013-2014. La CAPL a changé de braquet en faisant l’acquisition de deux entreprises de négoce, aussitôt transformées en filiales. Dotée de solides réserves financières, bénéficiant de la confiance des banques, confortée par de bons résultats économiques (1,1 million d’euros de bénéfices sur 108 millions d’euros de recettes), la coopérative s’est mise en « mode de conquête », comme l’avaient annoncé, il y a un an, son directeur général, Jean-Michel Mignot, et son président, Bernard Belouard.

Deux entreprises de négoce dans l’escarcelle

Première opération en décembre 2013. La CAPL achète la Société commerciale de produits agricoles (SCPA, 35 salariés, 30 millions d’euros de chiffre d’affaires), située au Puy-Notre-Dame. Rebelote en juin 2014, avec la prise de contrôle de la société Céneray (18 salariés, 11 millions d’euros de chiffre d’affaires) à Bazouges-sur-le-Loir (Sarthe). « Ces deux entreprises sont des intervenants importants en agrofourniture, particulièrement en viticulture et en arboriculture, et elles réalisent une collecte de céréales d’environ 80 000 tonnes chaque année », indiquent les dirigeants de la coopérative thouarcéenne. Ces emplettes permettent à la CAPL d’étendre son royaume céréalier au nord des Deux-Sèvres et au sud de la Sarthe.

Grandes manoeuvres

Les yeux rivés sur les courbes croissantes de la population mondiale et de la consommation de céréales, Jean-Michel Mignot et Bernard Belouard sont persuadés du bien-fondé de leur stratégie d’expansion, réalisée au prix d’une montée en flèche de l’endettement (69 millions d’euros en 2013-2014, contre 46 millions en 2012-2013). D’autant que dans le secteur des céréales, les concentrations d’entreprises se multiplient. Y compris en Anjou, avec le rapprochement entre le groupe Terrena et le négociant Anjou Maine céréales. La CAPL ne pouvait pas se permettre de laisser passer les trains si elle voulait garder son rang d’« acteur majeur » dans les métiers du grain et de l’agrofourniture (distribution d’engrais, semences, produits phytosanitaires, matériel de culture…).

Les orfèvres du grain

Pour bien rémunérer ses 900 céréaliers, la CAPL joue les cartes de la diversification et de la qualité. « Nous sommes les bijoutiers du grain », se plaît à dire Jean-Michel Mignot, en référence aux multiples filières de valorisation des grains explorées par la coopérative : orge de brasserie, huile de tournesol et de colza, nutrition animale, agrocarburants… Sur une superficie totale de 500 ha, les lentilles vertes, le blé noir, le quinoa, le lin, le millet blanc et l’épeautre complètent l’éventail des cultures. Sans parler des légumes d’industrie (carottes, petits pois, haricots verts pour conserves et surgelés) développés en partenariat avec la coopérative bretonne Triskalia.

source: http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/pays-loire-cooperative-etend-son-royaume-cerealier-12-12-2014-177923

Agroalimentaire : comment le développement durable profite à Slaney Foods

INNOVATIONL'éleveur irlandais Pat Murray, l'un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.

L’éleveur irlandais Pat Murray, l’un des fournisseurs de bétail de Slaney Foods, reçoit la visite de Cian Keogh, chargé de communication du programme de développement durable Origin Green.(Crédits : Tiphaine Honoré)
Tiphaine Honoré  |  10/10/2014, 12:38  -  817  mots
Ce spécialiste de l’agneau et du bœuf irlandais a opté pour le développement durable avec Origin Green, un programme national pour améliorer les pratiques de la filière agroalimentaire. L’objectif est double: réduire ses coûts et améliorer ses exportations tout en réduisant son impact environnemental, encore élevé pour ce secteur…

« Quand on peut prouver les qualités environnementales et sociales de sa chaîne de production, on convainc plus facilement les acheteurs de nous choisir. Aujourd’hui, ces deux critères sont très importants pour nos clients étrangers ».

Rory Fanning, directeur général de Slaney Foods, implantée au sud de Dublin, est persuadé d’avoir fait le bon choix en misant sur le créneau du développement durable. « C’est un avantage marketing important mais aussi une source d’économies non négligeable ».

Une initiative encouragée par l’État

Slaney Foods a adhéré, dès son lancement il y a deux ans, au programme national Origin Green, chapeauté par le bureau de l’agroalimentaire irlandais (Bord Bia). Celui-ci évalue et encourage les entreprises du secteur dans leurs efforts pour une « durabilité » de leurs pratiques. Loin du cahier des charges exigeant de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, il incite simplement à rationaliser sa consommation d’eau, d’électricité et de matières premières, tout en s’engageant à améliorer les conditions de travail de ses employés.

La charte à respecter reste souple pour que les entreprises participent selon leurs moyens: chaque dirigeant fait le choix de se fixer ses propres objectifs parmi les grandes thématiques imposées par Origin Green. D’abord la durabilité de l’approvisionnement auprès de ses fournisseurs – les agriculteurs dans le cas de Slaney Foods -, puis les procédés de fabrication, et pour finir la responsabilité sociale de l’entreprise.

Lire sur ce sujet : Quand l’agroalimentaire irlandais veut devenir champion du développement durable

Réduire de 10% la consommation d’électricité d’ici 2017

Slaney Foods s’est ainsi fixé des buts à atteindre d’ici 2017, comme le prévoit la charte. D’abord réduire de 10% la consommation d’électricité en améliorant la réfrigération de la viande et en acquérant des outils de mesure plus précis de la température. Une source d’économie importante pour cette entreprise qui dépense 1 million d’euros par an pour ce budget…

Ensuite, l’utilisation d’eau dans la production devra encore être réduite de 10%, après une première coupe déjà importante de 11% entre 2011 et 2012, permise par l’investissement dans un nouvel abattoir. Mais c’est dans le recyclage, la collecte et la quantité d’emballage que la baisse sera la plus drastique avec 90% de déchets en moins prévus.

« Les bénéfices espérés sont difficiles à chiffrer », explique Rory Fanning. Mais, malgré les investissements importants que cet engagement nécessite, les économies dégagées devraient les compenser sur le long terme. En commençant par « améliorer son image de marque« .

Un impact environnemental à améliorer

Parmi les objectifs que l’entreprise s’est fixé, l’approvisionnement en matières premières respectueuses de l’environnement est celui où la marge de progression est importante… Car le « point noir » de la filière viande irlandaise reste les émissions de gaz à effet de serre. Selon un rapport de Teagasc, l’autorité de développement et de conseil de la filière agroalimentaire, l’Irlande est l’un des pays européens où l’agriculture rejette le plus de gaz néfastes à l’environnement : 29,1% des émissions nationales contre 9% en moyenne pour l’Union européenne.

Par ailleurs, toujours selon ce rapport, l’élevage irlandais de bœuf à viande reste près de deux fois plus émetteur de CO2 et de méthane que les fermes produisant du lait. Dans sa liste de fournisseurs, Slaney Foods a pour sa part décidé de privilégier des agriculteurs présents dans un rayon de 100 kilomètres et qui ont eux aussi adhéré au programme Origin Green.

« Pour réduire leur impact en CO2, nos éleveurs partenaires sont incités à garder moins longtemps leurs animaux en élevage en passant de 27 à 22 mois avant l’abattage », note Dympna Skelton, responsable environnement chez Slaney Foods.

La biodiversité répertoriée

L’un d’eux, Pat Murray, installé dans le sud de l’Irlande, a déjà progressé en ce sens. Son troupeau de presque 200 bœufs a remporté le prix de l’élevage irlandais le plus « durable » début septembre. En plus de réduire le temps passé par ses animaux sur ses terres, Pat Murray a divisé par deux l’épandage d’azote (constituant le nitrate) sur ses prairies. Un point sur lequel l’agroalimentaire irlandais a également du chemin à faire.

« L’Irlande possède une dérogation européenne pour l’épandage de l’azote à 250 unités par hectare, contre 170 pour la France et le reste de l’Union », rappelle Fabien Trihan, conseiller en gestion spécialiste du milieu agricole au CER France.

A travers Origin Green, Slaney Foods compte bien voir ses fournisseurs améliorer leurs pratiques environnementales pour pouvoir s’affirmer « durable » sur toute la ligne. Le programme national en est aujourd’hui à la collecte d’informations sur les fermes, telles que la part de haies et de points d’eau dans chaque exploitation. Une première étape pour préserver la biodiversité locale et mieux rayonner à l’international

source: La Tribune à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/20141009trib748cdf53a/slaney-foods-l-eti-qui-mise-sur-la-gestion-verte-pour-booster-sa-competitivite.html

 

L’agroforesterie se développe en Limousin

Des châtaigners en cultures diversifiées… Comme première approche. Un exemple d’agroforesterie, qui en l’occurrence se développe en Limousin.

Le 11 avril dernier, le Sénat a donné son feu vert à la création des Groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), mesure qui autorise les agriculteurs à consolider, améliorer, voire créer, collectivement, des systèmes de production performants sur les plans écologique et économique. En parallèle, le cadre législatif en place permet aujourd’hui le développement de l’agroforesterie ; tout est réuni pour lancer le projet « Agroforeveri ».

Sur 469 dossiers de GIEE déposés, 103 ont été retenus, dont le projet« Agroforeveri » en Pays de Saint-Yrieix-la-Perche. Situé au croisement de la Haute-Vienne, la Corrèze et la Dordogne,  le territoire est connu pour ses productions bovins-viande, ses vergers de pomme AOP « Golden du Limousin », et ses châtaignes. Le fruit, qui figure parmi les produits identitaires de la région (une feuille de châtaigner est représentée sur le logo de la région Limousin), voit sa production relancée, grâce aux efforts du Groupement  de vulgarisation agricole (GVA) de Saint-Yrieix-la-Perche, du Syndicat des producteurs de marrons, châtaignes et petits fruits du Limousin, de la coopérative Limdor et de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. La construction d’un atelier de conditionnement, alimenté chaque année par environ 200 tonnes de châtaignes, a boosté la filière, ce qui a encouragé la plantation : 150 hectares ont été plantés depuis 4 ans.

Pour Emmanuel Rabaud, initiateur du projet et président du Syndicat des producteurs de marrons, les efforts ne doivent pas s’arrêter là. « Nous cherchons à produire plus en volume, car nous importons 70 % des châtaignes consommées en France. Le problème de perte de tonnage à la récolte pourrait être résolu par une mécanisation du chantier de récolte, et il faut améliorer des méthodes de lutte contre le cynips, ravageur qui sera sur notre département d’ici un à deux ans. »

Des projets de diversification

En face, la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne accompagne à l’installation en production de poulets Label Rouge, dont le cahier des charges impose au moins 2m² de parcours arboré par animal. « Quelques éleveurs, sur le territoire, ont testé l’agroforesterie avec un parcours de châtaigniers plus des volailles. Un agriculteur de Corrèze a modifié son parcellaire pour que ses bovins puissent pâturer au milieu des châtaigniers. Ces projets de diversification devaient être encouragés », explique Isabelle Masle, en charge du suivi du projet à la Chambre d’Agriculture.

C’est dans ce contexte qu’elle répond à l’appel à projet pour la création d’un GIEE afin de promouvoir l’agroforesterie autour du châtaignier. Le Limousin n’est pas une région connue pour ses systèmes agroforestiers ; les pionniers en la matière sont plutôt les Gersois, suivis par la région Poitou-Charentes, la Normandie. Les volumes les plus importants de bois, principal ressource obtenue des essences forestières utilisées, sont produits dans le Sud de la France.

Pour Emmanuel Rabaud, le projet d’agroforesterie en Pays Arédien est intéressant car il va permettre de formaliser les expériences chez les uns pour les mettre en place chez les autres. « L’association de productions revient à la mode. On se réapproprie des techniques culturales délaissées dans les années 1960. Dans un territoire dominé par la production bovine, nous avons besoin de diversification. Il faut donc identifier ce qui se fait et voir comment on peut le démultiplier sur les exploitations de la région. »

L’arrivée du cynips, hyménoptère parasite du châtaignier, n’encourage pas à la plantation de châtaigniers. Outre les dégâts qu’il peut engendrer (jusqu’à 80 % de pertes de récolte), ce ravageur fait toujours l’objet d’une règlementation stricte : « Saint-Yrieix La Perche fait partie des rares zones qui ne sont pas encore contaminées par le ravageur. Ainsi, jusqu’à l’automne dernier, ceux qui souhaitaient planter se rendaient en masse dans les pépinières installées dans une zone également indemne de cynips… ce qui limitait la disponibilité en certaines variétés, comme Bouche de Bétizac, pourtant toujours résistante au cynips à ce jour », explique Raphaël Rapp, rédacteur du bulletin de santé du végétal Châtaigne à la Chambre régionale d’agriculture du Limousin. Néanmoins, une première évolution règlementaire, à l’automne 2013, simplifie les échanges, sous certaines conditions. De plus, une évolution du statut règlementaire du ravageur est attendue pour l’automne 2014.

Dans ce contexte, la plantation est incitée en mettant en avant les avantages d’une association « châtaigniers + céréales » ou « châtaigniers + élevage ». La bibliographie a permis au comité de pilotage du projet « Agroforeveri » d’identifier plusieurs atouts potentiels, qui demandent à être précisés par rapport à l’espèce châtaignier en particulier. Au-delà de l’ombrage créé par les arbres, les volailles pourraient par exemple réduire la pression des ravageurs comme le carpocapse de la châtaigne.

Alain Canet, président de l’Association française d’agroforesterie (AFAF), aborde la question par un saut dans le passé. « Avant, les châtaigniers étaient agroforestiers par définition. L’agroforesterie est une technique ancestrale à adapter aux techniques modernes. Dans la nature, les sols sont couverts en permanence. La lignine, structure majeure des arbres, apporte un humus stable, pour maintenir la fertilité des sols et sortir d’une logique de fertilisation. Copier le modèle de la forêt conservera nos sols. »

Savoir respecter les bonnes proportions

Les multiples expériences connues à ce jour attestent que mettre des arbres dans des cultures ou au milieu des animaux d’élevage est très productif. En outre, l’association arbres-cultures participe à amortir les chocs climatiques : on évite les aléas des périodes très chaudes, très froides, très sèches ou très humides. Et la faisabilité économique des systèmes agroforestiers n’a plus à être prouvée, comme en témoignent les nombreux travaux de l’équipe de Christian Dupraz, de l’UMR System, à l’Inra de Montpellier.

Alain Canet insiste : « Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas, sauf si on ne maîtrise pas les bases. Par exemple, si la proportion d’animaux par rapport au nombre d’arbres est trop importante, on peut aggraver l’état du sol et obtenir l’effet inverse de celui attendu. En agroforesterie, il faut un pilote dans l’avion ! » Pour Alain Canet, il faudra mener une réflexion poussée sur plusieurs points de l’itinéraire technique : comment tailler le châtaignier pour profiter au maximum de l’association avec des céréales ? Comment disposer les arbres pour éviter un piétinement du sol par les animaux ?

Lorsque nous rencontrons Christophe Baylet, éleveur à Saint-Hilaire-les-Places (Haute-Vienne), il est, avec son stagiaire, en pleine construction de poulaillers pour accueillir son élevage de volailles Label Rouge. En parallèle, il organise, avec l’appui de la Chambre d’agriculture, la plantation d’un parcours ombragé de châtaigniers. « Je suis curieux, j’aime me former à de nouvelles pratiques, et je souhaitais diversifier mes productions. Je voulais que les arbres ne soient pas là uniquement pour faire de l’ombre. Sachant qu’ils ne produisent qu’au bout de 8-10 ans, les poulets sont déjà une source de revenu en attendant les châtaignes. Je plante les arbres à l’hiver 2015-2016, car je pourrais à cette date bénéficier de subventions. Ils seront menés en bio, car je refuse de traiter des arbres sachant qu’il y aura des poulets en dessous ! » explique l’agriculteur.

Emmanuel Rabaud, lui, a pratiqué l’agroforesterie dans un contexte différent : en attendant que ses châtaigniers produisent des fruits, il a semé des céréales entre les rangées d’arbres. Lorsque les arbres ont commencé à produire, il a passé les châtaigniers en bio et supprimé les céréales. « J’ai implanté une prairie pour avoir un sol qui se tient, et une facilité à la récolte des châtaignes. » A la réflexion, il se dit qu’en conservant une bande cultivée en céréales mais réduite, il aurait peut être pu conserver le bénéfice de la double production arbre-céréales.

Le projet de GIEE est soutenu par un financement Casdar d’une durée de 3 ans. Pour 2014, il s’agit, pour les acteurs impliqués, d’identifier les exploitations qui font de l’agroforesterie sur le territoire. C’est le travail de Claire Mangin, technicienne vergers à la coopérative Limdor, qui cartographie les parcelles agroforestières. Ensuite, il faudra s’approprier le concept d’agroforesterie, notamment par des visites d’exploitations et un voyage d’étude dans le Gers. Comme le rappelle Isabelle Masle (conseillère développement & territoire à la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne), « les agriculteurs considèrent l’arbre comme un obstacle, alors que certains font de l’agroforesterie sans le savoir. Il faut éclaircir cela ». Ensuite, le comité de pilotage devra étudier les différents types d’agroforesterie possibles sur le territoire, par rapport aux dimensions économique, écologique et sociale. Comme le rappelle Claire Mangin, « il faut transférer l’expérience de l’agroforesterie en parcours de volaille vers les systèmes bovins et pourquoi pas ovins. Il sera difficile de quantifier exactement les avantages que les animaux apportent, par exemple à la gestion de l’enherbement du verger, car chaque exploitation a sa manière de faire. Mais les expériences dans les fermes nous donneront une idée des erreurs à ne pas faire ». Fin 2016, des expérimentations devraient être mises en place, avec suivi par des indicateurs.

Projets

Aller encore plus loin dans la diversification est envisagé. Emmanuel Rabaud propose de remplacer le châtaignier par des variétés anciennes de pommiers, qui pourraient approvisionner l’usine de vinaigre, située dans le secteur, à Champsac.

Alain Canet, lui, propose de cultiver plusieurs essences d’arbres : « afin de diminuer la pression des ravageurs, sur 100 arbres plantés, on peut en planter 12 qui ne soient pas des châtaigniers ». L’idée pourrait faire partie des protocoles d’expérimentation dans le pays Arédien.

 

Nos photos sont fournies par Limdor et montrent un parcours de volailes sous châtaigners, puis des céréales sous châtaigners.L'agroforesterie se développe en Limousin dans AEI VollaillesSousChataigners

 dans amont

article publié sur wiki agri par http://wikiagri.fr/articles/lagroforesterie-se-developpe-en-limousin/1192

 

Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l’abattoir Tilly-Sabco

L’avenir de l’abattoir breton de volailles Tilly-Sabco, un des principaux acteurs de la filière poulets à l’export, suscite l’inquiétude de ses quelque 340 salariés qui en appellent à l’Etat, son principal fournisseur ayant cessé l’approvisionnement en poussins en l’absence de garanties de paiement.

« Depuis le 28 juin, il n’y a plus de poussins mis en place chez les éleveurs par Nutréa », une filiale de la coopérative bretonne Triskalia, a expliqué à l’AFP Corinne Nicole, déléguée CGT de cet abattoir dont le principal marché est le Moyen-Orient où il fait face à la féroce concurrence du Brésil.

Les volailles étant élevées environ 45 jours avant d’être achetées par l’abattoir, « il n’y a rien de programmé en termes d’activité à partir de 11 août et jusqu’au 8 septembre », se désole Corinne Nicole. Au-delà, « il faudrait que Nutréa remette des poulets » à l’élevage, poursuit-elle.

« Voilà l’enjeu », pointe la déléguée syndicale, selon laquelle Tilly-Sabco, basé à Guerlesquin (Finistère) « fait vivre au total 1.000 emplois directs ».

« A partir du moment où on n’a pas de vision de paiement des poulets, on préfère ne pas les mettre en place chez les éleveurs », justifie la direction de Nutréa, seul fournisseur de Tilly-Sabco.

Selon Mme Nicole, Nutréa serait « prêt à s’engager s’ils ont des garanties de l’Etat sur le paiement ».

Les salariés de Tilly-Sabco — qui n’en sont pas à leur première manifestation — mais aussi des éleveurs, qui partagent la même inquiétude, se sont mobilisés jeudi et ont notamment bloqué les voies de chemin de fer à Guingamp. Ils prévoient mardi après-midi une nouvelle action, encore secrète, avant une réunion en préfecture de Région, à Rennes, programmée mercredi, selon Mme Nicole.

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production est destinée au Moyen-Orient, principalement dans la péninsule arabique, remontent à la suppression au milieu de l’année 2013 des aides européennes à l’exportation pour les poulets congelés — les restitutions — qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d’euros par an.

- Filière malade -

Les deux groupes français Doux — lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés — et Tilly-Sabco, étaient les derniers à toucher ces subventions en Europe. Celles-ci leur permettaient de supporter le différenciel de compétitivité avec le Brésil, principal concurrent des Français sur le marché du poulet congelé destiné au Moyen-Orient, un différenciel dû notamment aux coûts de production, aux normes sanitaires et aux parités monétaires.

La France a dégagé, fin 2013, 15 millions d’euros afin d’aider la filière « poulet export » à gérer la fin de ces subventions européennes. De son côté, Tilly-Sabco a récemment bénéficié d’une avance de 4 millions d’euros remboursables de la part de l’Etat, du Conseil régional de Bretagne et de la CCI de Morlaix.

Pour Corinne Nicole, c’est « toute la filière export qui est malade du fait de la concurrence » internationale. « On ne règlera pas le problème de Tilly-Sabco si on ne règle pas le problème de la filière export », analyse-t-elle.

En attendant, il est nécessaire que le gouvernement français redistribue une part de la PAC à la filière volailles, estiment les intéressés. Une aide, plaide-t-on chez Tilly-Sabco, qui serait versée aux producteurs, ce qui permettrait à l’abattoir d’acheter moins cher le poulet vivant et de conserver ainsi les parts de marché sur le Moyen-Orient.

Corinne Nicole évalue le montant de l’aide nécessaire à « 60 millions d’euros par an, pour toute la filière », le temps qu’elle « se restructure, trouve des solutions pour se passer un jour des aides ».

Pour elle, l’enjeu est de taille: « la filière volaille export représente entre 12 et 15.000 emplois directs et indirects en Bretagne », affirme-t-elle.

publié par boursorama.fr à http://www.boursorama.com/actualites/agroalimentaire-inquietude-des-salaries-de-l-abattoir-tilly-sabco-6838089dccd4d2ba25b0dd8c81bd6e5a

source: Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l'abattoir Tilly-Sabco dans - Bretagne afpCopyright © 2014 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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