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Un fabricant américain pour les yaourts de Système U

Un fabricant américain pour les yaourts de Système U dans ACTEURS yaourt-U-k7LG-U10713568607JYE-860x420@lafranceagricole.fr

Système U annonce un partenariat avec le groupe laitier américain Schreiber pour la fourniture exclusive de yaourts à la marque U à compter de 2019… avec du lait français.

Où l’Américain Schreiber fabriquera-t-il les yaourts à la marque U à compter de 2019 ? Le communiqué de presse diffusé par Système U ce 21 mars 2017 ne le dit pas. Le seul détail que l’enseigne livre est qu’il « est prévu que Schreiber investisse prochainement dans un outil de production en France. [Car] Schreiber s’est engagé, dans le cadre de ce projet, à se fournir uniquement en lait issu de la production française. »

47 000 t par an

Selon Le Figaro, Schreiber serait en train de racheter une usine du groupe Bel (1) située dans l’est de la France. Des investissements seraient prévus pour agrandir ce site, avec à la clé, une centaine d’embauches. « Les prévisions de volume seraient de l’ordre de 47 000 tonnes de produits par an », annonce Système U. Le groupe Bel nous a fait savoir qu’aucun accord de vente d’un site n’a été finalisé à ce jour. Et donc que toute communication est prématurée.

L’enseigne ne cache pas qu’elle a l’ambition de faire de sa marque U la marque le leader des rayons ultra-frais de ses magasins. « Cette démarche s’inscrit dans la volonté de Système U de mieux maîtriser et sécuriser son approvisionnement […], détaille le communiqué. Le partenariat s’inscrirait dans la durée. »

publié à http://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/lait-un-fabricant-americain-pour-les-yaourts-de-systeme-u-1,1,1571944660.html

 

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Les risques du « sans viande » : Le végétalisme, « insensé pour les jeunes »

Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort. Manger de tout en quantité raisonnable est l’option qui présente le moins de risques pour bien grandir d’abord, et bien vieillir ensuite.

S’opposant au fait que l’on puisse exploiter et tuer des animaux, plusieurs associations « vegan » ont manifesté au Salon de l’agriculture. De nouvelles attaques qui ont amené l’ensemble des syndicats agricoles (JA, Coordination rurale, FNSEA et Confédération paysanne) à faire front commun pour afficher leur ras-le-bol de cette « culpabilisation des consommateurs » et « stigmatisation des éleveurs. »

Attaques qui finissent par accroître le doute dans l’esprit des consommateurs, de moins en moins enclins à manger de la viande. Et à mettre mal à l’aise l’ensemble des filières de productions animales. Invité à l’occasion des 70 ans de l’entreprise Michel, Philippe Legrand, directeur du laboratoire de biochimie – nutrition humaine de l’AgroCampus Rennes et de l’unité Inra associée, a apporté un regard purement scientifique dans ce débat virulent. Sans même parler du plaisir lié à une alimentation diversifiée incluant des produits animaux.

Règle principale : l’homme est omnivore. « Les végétaliens, qui excluent de leur alimentation tous les produits animaux, se mettent en danger. Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est une prise de risque insensée », déclare Philippe Legrand, qui depuis plus de 30 ans collabore à des recherches sur la nutrition humaine.

Délit de maltraitance nutritionnelle

Aujourd’hui en France, des signaux d’alarme commencent à apparaître par rapport au végétalisme. « Il y a eu des cas d’enfants en dénutrition avancée, et des morts liées à ce type de régime. Nous devons agir suffisamment tôt pour résoudre ce problème qui survient pourtant au sein des classes sociales les plus élevées. » Des scientifiques en lien avec l’Anses souhaitent l’instauration d’un délit de maltraitance nutritionnelle. Pour l’expert, il y aura sans doute un plafond à cet accroissement de végétaliens et végétariens. Est-il atteint ? On ne le sait pas encore.

Philippe Legrand ne défend pas non plus une trop forte consommation de viande. « Nous ne sommes pas obligés de consommer de la viande ou du poisson à tous les repas, mais il n’y a aucune raison de s’en passer dans une journée. » Et d’ajouter : « Ne pas manger suffisamment de produits végétaux comporte aussi des risques. » Sans doute qu’à l’avenir la consommation de viande pourrait baisser en Europe, mais ces produits pourront être exportés. « Partout dans le monde et depuis toujours, l’apport de produits carnés résout les problèmes de nutrition. »

Les végétaliens doivent leur survie à la chimie

Reste qu’il est difficile de communiquer avec des gens radicalisés pour qui il ne suffit pas d’admettre que l’homme mange des produits animaux depuis des millions d’années. Selon Philippe Legrand, s’adresser plutôt à l’entourage peut être une solution. Face aux attaques, les professionnels des filières animales peuvent aussi s’intéresser aux traumatisés du végétalisme, les faire témoigner. Parmi les arguments contre ce type d’alimentation, le plus fort est le manque de vitamine B 12, qui est présente exclusivement dans les produits animaux. « Les végétaliens doivent obligatoirement être complémentés. Sinon, c’est la mort. Ils doivent donc leur survie à la chimie. Le comble, c’est que ces suppléments sont produits par des levures souvent OGM… ».

« N’éliminez rien »

S’agissant du fer, il y en a dans les végétaux, mais il est beaucoup moins assimilable et en quantité moindre. « Pour compenser 100 g de viande, il faudrait manger 12 kg de mâche. » De plus, les besoins en vitamine A ne sont pas couverts avec des végétaux uniquement. Autre point de friction : protéines animales versus protéines végétales. Là encore, l’avantage revient de loin aux premières contenant beaucoup plus d’acides aminés essentiels, par ailleurs plus digestibles. « Un végétalien motivé peut réussir à vivre, mais il devra trouver les plantes capables d’équilibrer son menu et faire des calculs savants. »

Sans compter qu’il lui sera très difficile de bien vieillir. Nourrissant le cerveau et jouant un rôle contre les maladies dégénératives, les acides gras omega 3 sont présents en bonne quantité dans les poissons et les viandes. Les produits laitiers fournissent le calcium nécessaire à la croissance et la densité osseuse, et aussi des vitamines A et D. « Chez les femmes qui avaient rejeté les produits laitiers étant jeunes et qui ont plus de 50 ans aujourd’hui, on a fait le lien avec davantage de fractures osseuses. » Enfin, la science actuelle est loin de connaître tous les secrets d’un bon vieillissement. Alors autant manger de tout en quantité raisonnable pour rester en bonne santé le plus longtemps possible.

‘Viandes et cancer, une erreur’
Questionné sur l’étude faisant un lien entre consommation de viandes et cancer colorectal, Philippe Legrand pense que c’était une erreur. « Dans cette étude, les rats mangeaient une très grande quantité de viande, sans consommation de végétaux. Or des interactions existent entre ces aliments, avec les produits laitiers également. C’est vrai que le fer ferreux des viandes peut conduire à abimer la paroi intestinale, mais il faut aussi voir ses bienfaits. Sans fer, il n’y a pas de vie. Cela nous amène à la question de la juste dose. »

Pour en savoir plus : Philippe Legrand a publié « Coup de pied dans le plat » aux éditions Marabout.

Agnès CussonneauDe Agnès Cussonneau à 9 mars 2017

Publié sur: http://www.paysan-breton.fr/amp/2017/03/les-risques-du-sans-viande-le-vegetalisme-insense-pour-les-jeunes/

 

Agriculture : les défaillances d’exploitations en forte hausse

Les redressements ou mises en liquidation ont augmenté de 4 % en 2016.

En crise profonde, le secteur est le seul à afficher cette tendance.

L’agriculture est à la traîne. C’est la seule activité économique où les défaillances d’entreprises se sont encore aggravées en 2016, avec une nouvelle hausse de +4 %, pour 1.331 redressements ou mises en liquidation. Certaines productions agricoles sont encore plus mal loties que l’ensemble du secteur. C’est le cas de l’élevage, où les défaillances ont fait un bond de +30 % pour ce qui concerne la production laitière et +83 % dans le cas des élevages de porcs.

Dans tous les autres secteurs de l’économie, elles ont diminué de plus de 8 % selon la société Altares. Les entreprises non agricoles ont gagné en profitabilité, selon Thierry Millon, le directeur des études chez Altares, grâce aux mesures gouvernementales telles que le Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), le pacte de responsabilité ou la baisse du pétrole.

Dans le secteur de l’agriculture, accablé par deux années de crise très profonde - crise du porc, impact de la fin des quotas laitiers… -, cela n’a pas suffi. Pourtant, selon le ministère de l’Agriculture, l’Etat a accordé 2,8 milliards d’euros d’allégements de charges sociales et fiscales supplémentaires aux entreprises agricoles et agroalimentaires en 2016 par rapport à 2012, à la veille de la mise en oeuvre du Cice et du pacte de solidarité.

Il faut néanmoins noter que l’essentiel de la baisse de charges (1,14 milliard) qui bénéficient aux exploitants agricoles concerne les charges patronales. L’impact du Cice, lui, est près de trois fois moindre, à 392 millions d’euros, tandis que la baisse des cotisations individuelles des exploitants a atteint 675 millions d’euros. Xavier Beulin, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), met en garde contre une interprétation trop rapide des chiffres et souligne que « les charges sociales des agriculteurs ont baissé parce que leurs revenus ont baissé ».

En 2017, « l’impact de ces allégements devrait plus se ressentir en 2017 du fait de la mesure annoncée par Manuel Valls, Premier ministre en février 2016, de diminution de 10 points des charges sociales combinée à un revenu en retrait », précise encore Xavier Beulin. Et pourtant, la FNSEA s’attend à une accélération des défaillances cette année.

Selon le ministère de l’agriculture, la diminution des charges sur l’ensemble de la filière devrait atteindre 4,06 milliards d’euros au total, dont 2,26 milliards bénéficiant aux agriculteurs et 1,8 milliard aux coopératives et aux industries agroalimentaires.

Pas mieux en fin d’année

Tous secteurs de l’économie confondus, le quatrième trimestre a vraiment confirmé l’amélioration de l’état de santé des entreprises françaises, avec une nouvelle baisse des défaillances par rapport à la même période des trois années précédentes. Là encore, l’agriculture est à contre-courant. On ne voit pas poindre le moindre signe d’amélioration en fin d’année.

Au global, l’emploi dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire représente 1.200.000 salariés équivalents temps plein, employés par 241.000 établissements - une masse salariale de 34 milliards d’euros, dont 23 milliards d’euros entrant dans l’assiette du Cice.

Marie-Josée Cougard, Les Echos
Shutterstock / Syda Productions
Shutterstock / Syda Productions
MARIE-JOSÉE COUGARD Le 08/02 à 06:00 

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie)

L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

Lancée en septembre, l’évaluation grandeur nature des logos nutritionnels simplifiés, dont les conclusions devraient être connues fin janvier, a mobilisé 40 magasins durant 10 semaines pour un budget évalué à 2 millions d’euros. Que Choisir s’est rendu en magasins afin d’évaluer cette expérimentation controversée dont l’objectif est de permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à leur santé.

AU RAYON DES CONSERVES

C’est au rayon des plats en conserve que le peu d’engagement des marques nationales dans ce test est le plus flagrant. Ainsi, seules 16 % des conserves de marque nationale étaient étiquetées. Nulle trace en effet d’un étiquetage simplifié sur les leaders du marché que sont Wiliam Saurin ou Buitoni. À l’inverse, 75 % des conserves des marques de distributeurs (MDD) affichaient un logo simplifié. Un constat d’autant plus regrettable que les marques nationales représentent plus de 60 % du chiffre d’affaires du rayon !

AU RAYON TRAITEUR FRAIS

Au rayon traiteur frais (plats cuisinés, pizzas, pâtes à tarte…), seuls 5 produits sur 10 affichent un logo simplifié. Soit 69 % des produits de marques de distributeurs et 42 % des produits de grandes marques. À l’instar du rayon des plats en conserve, la faible participation des marques nationales à l’expérimentation est d’autant plus dommageable qu’elles représentent en réalité plus de la moitié du chiffre d’affaires de ce rayon.

AU RAYON DES PÂTISSERIES INDUSTRIELLES

C’est au rayon des viennoiseries industrielles (pains au lait, madeleines, etc.) et de la panification sèche (pains de mie, pains spéciaux) que l’on trouve le plus de produits étiquetés avec en moyenne 7 produits sur 10 portant un logo simplifié en face avant. Dans le détail, les trois quarts des produits de marques de distributeurs et 4 produits de marques nationales sur 6 jouent le jeu de l’expérimentation, dont certains grands groupes du secteur tels que Harrys ou Jacquet.

PEU DE PRODUITS « DÉSÉQUILIBRÉS » AFFICHENT UN LOGO

Au cours de leurs visites, nos enquêteurs ont relevé un très faible taux d’étiquetage de produits « déséquilibrés » signalés par un E rouge sur le logo Nutri-Score et un triangle à la pointe violette sur logo Sens. Ainsi, dans le rayon des viennoiseries industrielles des magasins expérimentant ces systèmes, moins d’un produit sur 7 était étiqueté d’un E rouge et moins d’un produit sur 5 possède un triangle violet. Difficile d’évaluer si les consommateurs se détournent de ces produits au profit d’autres si l’expérimentation peine à les inclure.

visu-etiquettes-nutritionnellesLe E rouge du logo Nutri-Score et le triangle violet du logo Sens

À PROPOS DE L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie) dans -- comportements alimentaires principal-19561

Marie-Noëlle Delaby

 publié à https://www.quechoisir.org/actualite-etiquetage-nutritionnel-simplifie-infographie-l-experimentation-du-gouvernement-sous-le-feu-des-critiques-n23573/

Le groupe agroalimentaire italien Ferrero veut croquer les biscuits Delacre

Le groupe italien Ferrero aimerait acquérir les biscuits Delacre.
Le groupe italien Ferrero aimerait acquérir les biscuits Delacre.

afp.com/GIUSEPPE CACACE

Ferrero, connu pour son célèbre Nutella, a fait une offre pour acquérir les biscuits Delacre. Selon certaines sources, l’objectif est de boucler cette acquisition d’ici la fin de l’année.

Le groupe italien agroalimentaire Ferrero a fait une offre pour acquérir les biscuits Delacre, a indiqué un porte-parole du groupe ce samedi, confirmant des informations de presse. Delacre, qui fête cette année ses 125 ans d’existence, possède notamment une usine à Nieppe, dans le nord de la France.

« Il y a bien eu une offre, la procédure est en cours », a indiqué un porte-parole de Ferrero France, qui n’était pas en mesure de donner une échéance précise pour le bouclage de cette opération. Selon Reuters, le groupe aurait en réalité l’intention de clore cette acquisition d’ici la mi-décembre, l’offre ayant été présentée fin juillet.

Conquérir le marché nord-américain

Le fabricant des Ferrero Rocher, des oeufs Kinder et de la pâte à tartiner Nutella mettrait ainsi la main sur les Cigarettes russes, Délichoc et autres Sprits. En achetant Delacre – qui fait partie du groupe United Biscuits, racheté fin 2014 par le conglomérat turc Yildiz – le groupe pourrait croquer aussi une plus grande part du marché nord-américain, et ce juste avant Noël, souligne Les Echos.

Ce serait aussi l’occasion pour le groupe de se positionner sur les produits haut-de-gamme et réduire sa dépendance aux produits à base de chocolat, parmi lesquels le célèbre Nutella, composé en partie de cacao.

Plus globalement, l’épisode témoigne de l’agitation qui règne actuellement dans le secteur du biscuiterie. Ces dernières semaines, des rumeurs bruissaient de l’intention de la maison mère de Delacre de mettre en vente la biscuiterie nantaise et ses fameux Choco BN.

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 26/11/2016 à 18:36 , mis à jour à 18:39

Bayer-Monsanto : pourquoi la fusion inquiète

Le rachat de Monsanto par Bayer, c'est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto), s'alarme en France la Confédération paysanne.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
L’oligopole naissant de ce mariage entre géants risque de nuire à une agriculture déjà fragilisée par la volatilité des prix des matières premières et le dérèglement climatique, craignent nombre d’ONG. Et la mauvaise réputation de Monsanto pourrait nuire à celle de Bayer, dénonce-t-on outre-Atlantique.

Rarement l’annonce d’une fusion suscite tant d’émoi. La nouvelle du mariage entre le titan allemand Bayer et le colosse américain Monsanto, publiquement confirmée mercredi 14 septembre, agite depuis ONG, analystes et même politiques. Alors que l’objectif de l’opération est clairement de réaliser une synergie permettant au nouveau groupe de contrôler toute la chaîne agricole, grâce à la puissance de Bayer dans le segment des pesticides, notamment en Europe et en Asie, et à celle de Monsanto sur les marchés des semences et des herbicides, en particulier dans le continent américain, les conséquences de ce nouvel oligopole sur le secteur inquiètent.

D’autant plus que l’agriculture est confrontée à des défis croissants. D’une part, l’augmentation de la population mondiale qui, selon l’ONU, devrait atteindre les 10 milliards de personnes en 2050. De l’autre, des crises de production liées au dérèglement climatique ainsi que des prix des matières premières de plus en plus volatiles. Si Monsanto et Bayer affirment justement fusionner pour « produire plus avec moins »  »aider les cultivateurs à surmonter les obstacles de demain »nombre de doutes persistent -sur lesquels  la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a promis de se pencher.

Plus de choix pour les agriculteurs?

Première source de préoccupation, l’accès aux semences. « Les deux tiers du marché mondial des semences commerciales sont aujourd’hui contrôlés par dix sociétés seulement », qui en profitent pour imposer leurs produits et leurs prix, dénonce l’ONG Swissaid: une position dominante que la nouvelle opération ne fera que renforcer.

« Le rachat de Monsanto par Bayer, c’est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides (et atteindra 27% avec Monsanto) », s’alarme en France la Confédération paysanne, citée par l’AFP: les paysans n’auront donc à terme « plus d’autres choix que d’acheter les produits de ce nouveau monstre », craint-elle. Monsanto a déjà attaqué aux Etats-Unis des agriculteurs qu’il accuse d’avoir violé ses brevets, lesquels ne couvrent d’ailleurs plus seulement les organismes génétiquement modifiés (OGM) -spécialité de l’Américain-, mais aussi des variétés traditionnelles.

« Sous prétexte de soigner des plantes sélectionnées pour être dépendantes de leurs pesticides, ce groupe aura le champ libre pour la commercialisation de quantités de produits », précise la Confédération paysanne, qui craint pour le maintien de la « souveraineté alimentaire que cette transaction à 59 milliards d’euros met en danger ».

Sur le même ton, le parti des Verts allemands dénonce l’émergence d’une « entreprise toute-puissante, qui ne va pas lutter contre la faim dans le monde, mais l’aggraver ».

Des prix déjà trop élevés

Le colosse contrôlera d’ailleurs aussi les coûts de ces semences, déjà en augmentation. « Une telle concentration ne fait jamais baisser les prix, bien au contraire », souligne sur le site de TVA Nouvelles le directeur-général de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Charles-Félix Ross:

« C’est un principe de base en économie lorsque la demande est forte, et le nombre de fournisseur devient limité. C’est préoccupant pour les agriculteurs, mais aussi pour les consommateurs », insiste-t-il.

Pourtant, augmentation des prix ne rime pas forcément avec meilleures récoltes, observe Swissaid, alors qu’elle « a pour effet d’accroître la pauvreté et la faim dans les campagnes ».

Cette hausse des prix pourrait néanmoins, à court terme, être freinée par la crise de l’agriculture elle-même, nombre de paysans n’étant plus en mesure d’acheter les semences les plus chères, dont l’efficacité est aussi mise en doute. Fin juin, en pleine négociation avec Bayer, Monsanto annonçait d’ailleurs une chute inattendue de ses bénéfices et ventes trimestriels: précarité qui justifie en partie la fusion.

La capacité innovatrice du « monstre » en cause

Quant à la capacité des deux géants de mieux répondre mains dans la main aux défis de l’avenir, « ils sont si étroitement spécialisés qu’on a le sentiment général qu’ils ne développeront pas les innovations dont nous avons besoin », estime le président de l’ONG canadienne ETC Group, Pat Mooney, cité par le Washington Post.

« Une grande partie de leur recherche se concentre sur les plus grandes cultures qui rapportent le plus d’argent », précise-t-il.

Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe, insistait pourtant dans un communiqué du 7 septembre sur « l’engagement de l’entreprise allemande en faveur de l’innovation et du développement durable » afin « de contribuer à l’agriculture de demain ». Monsanto s’est pour sa part déjà spécialisé dans l’agriculture numérique.

Un effet domino?

La méfiance est par ailleurs significativement aggravée par la mauvaise réputation dont jouit Monsanto, outre-Atlantique comme en Europe. Au-delà du fort lobbying qu’elle mène en faveur des OGM, elle est aussi connue pour les polémiques autour des conséquences sur la santé de son herbicide phare, le Roundup. Son image d’entreprise « prête à-tout » date d’ailleurs des années 60: elle fait en effet partie des neuf producteurs de l’Agent Orange, herbicide utilisé comme arme chimique par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam. Les manifestations contre Monsanto ont désormais pris un rythme régulier: toutes les années se tient une marché mondiale contre l’Américain, au centre d’ailleurs de la campagne européenne contre le traité d’échange transatlantique (Tafta ou TTIP). Un tribunal international baptisé « Tribunal Monsanto » jugera même en octobre de ses « crimes » contre l’environnement.

Ainsi, bien que le patron de Bayer, Werner Baumann, assure que son groupe « peut gérer la réputation de Monsanto », en Allemagne,  les effets de cette réputation sur celle dont le slogan est  »science pour une meilleure vie » sont ainsi devenus une préoccupation politique. La section des Grünen de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où siège Bayer, qui la gouverne avec le SPD, a même appelé Bayer à revoir sa décision.

Par Giulietta Gamberini  |  15/09/2016, 18:33  |  1019  mots

publié à http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/bayer-monsanto-pourquoi-la-fusion-inquiete-599375.html

Pourquoi Bayer rachète Monsanto

Le futur numéro un mondial des semences et pesticides entend contrôler toute la chaîne agricole. Coût du deal : 59 milliards d’euros.

Une division de Monsanto Co. à Bergschenhoek aux Pays-Bas le 7 juillet.

 

Soixante-six milliards de dollars (59 milliards d’euros). C’est la somme gigantesque que le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer va verser aux actionnaires de Monsanto pour prendre le contrôle du groupe américain. Les deux entreprises ont annoncé leur intention de convoler dans un communiqué de presse commun, mercredi 14 septembre.

C’est un chiffre qui donne le vertige, de même que le nouveau groupe à naître. Le futur numéro un mondial des semences et des pesticides se donne pour ambition de contrôler toute la chaîne agricole, des semences à l’assiette du consommateur.

 

Sur le papier, le mariage fait sens. Bayer est puissant dans les pesticides et présent principalement en Europe et en Asie. Monsanto, lui, est le maître des semences, il distribue l’herbicide le plus vendu au monde, le très contesté Roundup, et tient fermement le marché nord et sud-américain.

Le groupe allemand met ainsi la main sur les nombreux brevets de Monsanto et profite de l’inventivité de l’américain, qui s’est illustré ces dernières années non seulement dans les biotechnologies – avec les organismes génétiquement modifiés (OGM) –, mais aussi dans le numérique. La « ferme digitale », qui permet de gérer les activités agricoles, les semences et l’épandage de pesticides en fonction de la température et de l’hydrographie est une des grandes spécialités de Monsanto.

« Aider les cultivateurs »Tout cela à un moment où l’agriculture fait face à des défis très importants : selon les Nations unies (ONU), la population mondiale devrait augmenter de 3 milliards d’habitants d’ici à 2050, pour atteindre les 10 milliards. Dans le même temps, le réchauffement climatique oblige les agriculteurs à repenser leurs méthodes.

« Produire plus avec moins » est le mot d’ordre des deux groupes, qui insistent sur leur démarche « durable »Le futur groupe entend répondre à cette nouvelle demande par une approche « qui intègre systématiquement une expertise portant notamment sur les semences, les traitements et la protection des cultures incluant les biotechnologies, avec un engagement fort pour l’innovation et les pratiques agricoles durables », a indiqué, mercredi, Liam Cordon, membre du management de Bayer AG et directeur de la division Crop Science (science des cultures) du groupe. « Produire plus avec moins » est le mot d’ordre des deux groupes, qui insistent sur leur démarche « durable » pour « aider les cultivateurs…

LE MONDE ECONOMIE | 15.09.2016 à 06h48 • Mis à jour le 15.09.2016 à 17h00 | Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/15/bayer-et-monsanto-fusionnent-pour-creer-un-geant-de-l-agrochimie_4997867_3234.html#FSbhTk8Cy0GSv93S.99

 

BREXIT : QUEL IMPACT POUR LE SECTEUR AGROALIMENTAIRE ?

Alors que les britanniques se sont prononcés hier, par la voie du référendum, en faveur de la sortie de leur pays de l’Union européenne (UE), les conséquences d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne apparaissent de prime abord négatives pour la France, et plus incertaines à moyen-terme dans leurs éventuels bienfaits.

Les conséquences économiques sont donc très difficiles à évaluer. En effet, les modalités d’une éventuelle sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni demeurent à ce jour indéterminées

Toutefois, l’idée que le « Brexit » aurait d’importantes conséquences économiques et budgétaires, aussi bien pour le Royaume-Uni que pour les autres Etats européens, fait aujourd’hui consensus.

Malgré la grande incertitude liée aux conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, dans l’agroalimentaire, les secteurs qui pourraient être les plus impactés sont naturellement ceux qui contribuent le plus significativement au solde commercial français : vins et produits laitiers notamment.

Dans l’agroalimentaire, les secteurs les plus touchés seraient notamment le vin et les produits laitiers, qui contribuent très nettement au solde commercial français.

Chiffres clés :

  • Total des exportations agroalimentaires françaises en 2015 : 44,3 Md€
  • 66 % des exportations agroalimentaires sont à destination de l’Union européenne
  • 14% des exportations agroalimentaires françaises sont à destination du Royaume-Uni
  • Solde commercial agroalimentaire français : 8,1 Md€ en 2015 ; déficit de -3,6 Md€ hors boissons

 

Le secteur agroalimentaire pourrait être impacté, par la conjonction de plusieurs facteurs :

 

  •  Le secteur agroalimentaire français demeure très fortement internationalisé, avec des performances commerciales concentrées sur un nombre limité de secteurs ;

Il exporte en 2015 44,3 Md€ (21 % de son CA est exporté), ce qui le classe comme 4e secteur exportateur mondial. L’essentiel de ces exportations est à destination des pays européens (autour de 66 % des exportations agroalimentaires).  (Sources Insee, Douanes).

Le solde commercial, largement excédentaire du secteur (8,1 Md€) repose sur un nombre très limité de secteurs (boissons, produits laitiers et glaces) qui sont très largement importés par le Royaume-Uni (chiffre). Hors boissons, le solde commercial français demeure négatif (-3,6 Md€), depuis 2007.

 

  • Le Royaume –Uni reste un partenaire commercial important 

Au global (tous secteurs confondus), le Royaume-Uni (629 milliards de dollars) est le quatrième importateur mondial après les Etats-Unis (2306 milliards), la Chine (1680 milliards) et l’Allemagne (1056 milliards). C’est le premier insulaire, devant le Japon en 2015.

Sur 456 milliards d’euros exportés, le Royaume-Uni est le cinquième partenaire français à l’export,  et représente 7% de ses exportations en valeur. Les exportations au Royaume-Uni représentent 31,775 milliards d’euros en 2015, dont 4,539 milliards pour l’agroalimentaire (soit 14% en valeur en 2015).

 

  • D’éventuelles incidences économiques négatives à ne pas écarter 

Le secteur agroalimentaire serait impacté, dans des proportions difficilement quantifiables. Depuis la fin de l’année, l’OCDE a noté un net recul du change de la livre sterling par rapport au dollar et à l’euro, les enquêtes auprès des directeurs d’affaires des entreprises britanniques indiquent une forte incertitude concernant les conditions économiques.

Dans ce contexte, les exportations agroalimentaires britanniques reculent de près de 5 % sur un an, sur les 4 premiers mois de l’année 2016, alors qu’elles progressaient encore en 2015. (Source Douanes)

 

  • A moyen terme, le « Brexit » pourrait entraîner une limitation des échanges commerciaux :

Via le rétablissement de droits de douanes sur les flux britanico-européens ou de la perte du bénéfice associé à l’existence d’une union douanière. Ces droits de douanes peuvent être particulièrement élevés s’agissant des biens alimentaires

Par l’apparition de barrières « non-tarifaires » : dans ce cadre, les coûts administratifs peuvent représenter près de 25 % de la valeur des biens échangés. (Source OCDE)

 

  • Les secteurs les plus touchés seraient surtout le vin, les produits laitiers, qui portent les performances agroalimentaires françaises à l’export

Dans les exportations françaises (globales) à destination du Royaume-Uni, figurent notamment :

  • le vin pour 5,7%
  • les produits laitiers pour 2% (fromage et beurre)
  • viennoiseries, produits issus de boulangerie et de céréales pour 1,6%

Il convient surtout de noter que l’impact du Brexit sur les exportations françaises dépendent beaucoup des conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et d’éventuels accords à venir.

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Des nanoparticules dans nos assiettes

 

Nanoparticules.

A notre insu, les nanoparticules ont envahi notre environnement quotidien. Présentes dans de multiples produits de consommation courante – crèmes solaires, textiles, articles de sport, carburants, pneus, appareils électroménagers, panneaux solaires, ciments, peintures, vernis, équipements médicaux… –, elles se sont aussi introduites, subrepticement, dans nos assiettes.

Cela, sans que le consommateur en soit averti par un étiquetage spécifique, pourtant requis par la réglementation européenne. Et, surtout, sans qu’il se doute des dangers potentiels de ces substances. C’est ce que révèle une enquête de l’association Agir pour l’environnement, rendue publique mercredi 15 juin.

L’association a fait analyser, par le très officiel Laboratoire national de métrologie et d’essais, rattaché au ministère de l’industrie, quatre produits des plus ordinaires : des biscuits chocolatés de la marque Lu, des chewing-gums Malabar, une conserve de blanquette de veau commercialisée par William-Saurin et un mélange d’épices pour guacamole vendu sous la marque Carrefour.

Résultat des tests : tous contiennent des nanoparticules, de dioxyde de titane (TiO2) pour les trois premiers échantillons, et de dioxyde de silicium (SiO2) pour le quatrième. Des adjuvants utilisés par les industriels pour blanchir les aliments ou modifier la teinte de leurs colorants, dans le cas du premier ingrédient, et pour fixer l’humidité et empêcherl’agglomération des poudres, dans le cas du second.

Aucun étiquetage pour avertir le consommateur

Cette « cuisine nanoparticulaire » n’est pas une pratique neuve. On savait déjà que l’industrie agroalimentaire agrémente certaines de ses recettes d’une pincée de nano-éléments pour en améliorer l’aspect, la saveur, la texture ou la conservation. Mais, dénonce Agir pour l’environnement, l’ajout de ces composants à notre menu pose deux problèmes, l’un réglementaire, l’autre sanitaire.

D’après les investigations menées par l’association dans les rayons des supermarchés français, aucun produit n’est aujourd’hui étiqueté comme contenant des nanoparticules. A fortiori, aucun des quatre soumis à l’analyse.

Or, depuis décembre 2014, la réglementation européenne exige la mention « nano » sur les denrées alimentaires qui en recèlent. Une obligation dont la mise en œuvre a été retardée, mais qui aurait dû entrer en vigueur en décembre 2015, en vertu du règlement sur les « nouveaux aliments ».

Doivent ainsi être signalés à l’acheteur les produits dans lesquels sont incorporés des nanomatériaux « présentant une ou plusieurs dimensions de l’ordre de 100 nanomètres[milliardièmes de mètres] ou moins », mais aussi « des agrégats qui peuvent avoir une taille supérieure (…) mais qui conservent des propriétés typiques de la nano-échelle ».

Toxicité encore mal connue

Généralement retenu dans les règlements sur les nanomatériaux, le seuil de 100 nanomètres n’a en réalité pas de fondement scientifique absolu. En tout état de cause, il est franchi dans les quatre échantillons expertisés.

Tous contiennent des nanoparticules dont la taille est inférieure à 100 nanomètres, dans des proportions variables : 2,5 % du total des particules pour les chewing-gums, 12 % pour les biscuits chocolatés, 16 % pour la blanquette de veau et… 100 % pour le mélange d’épices. Tous auraient donc dû être étiquetés. Même si les nanoparticules ne se retrouvent dans ces denrées qu’à l’état de traces, de l’ordre du millième, voire du cent millième du produit fini.

Surtout, la toxicité des nanomatériaux, pour la santé et pour l’environnement, est encore très mal connue. Leurs dimensions lilliputiennes – un nanomètre est environ 50 000 fois plus fin qu’un cheveu – leur confèrent des propriétés physiques, chimiques ou biologiques hors du commun, qu’il s’agisse de résistance, d’élasticité, de conductivité ou de réactivité.

Mais, en raison de cette très petite taille, ils peuvent pénétrer dans les poumons ou dans le sang, par inhalation ou par ingestion, et franchir les barrières physiologiques protégeant l’organisme : barrière cutanée, alvéolo-capillaire (isolant les alvéoles pulmonaires des vaisseaux sanguins), hémato-encéphalique (protégeant le cerveau des agents pathogènes du sang), placentaire (séparant les circulations sanguines de la mère et du fœtus)…

« Dans dix ans, il sera trop tard »

Dans un avis rendu en mai 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu que certains de ces matériaux microscopiques sont « toxiques pour l’homme ». Elle a donc appelé à « mettre en place un encadrement réglementaire européen renforcé » et à « peser l’utilité » de leur mise sur le marché.

« Nous ne disons pas que tous les nanomatériaux sont dangereux, précisait alors Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques. Les incertitudes restent grandes et les recherches doivent être poursuivies. Mais il existe suffisamment de données scientifiques pour pointer les risques de certains d’entre eux. Dans dix ans, il sera trop tard pour seposer la question de leur encadrement. »

Lire aussi : Les nanomatériaux, ennemis invisibles et omniprésents

Toute la difficulté vient de ce que les nanomatériaux passent encore à travers les mailles du filet sanitaire européen. En effet, le système d’enregistrement, d’évaluation et d’autorisation Reach ne s’applique qu’aux productions chimiques de plus d’une tonne par an. Sa révision a été demandée par plusieurs pays, mais elle tarde à se concrétiser.

Appel à un « moratoire »

Pourtant, dès 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le dioxyde de titane (TiO2 ), même sous forme non nanométrique, comme « cancérigène possible » pour l’homme lorsqu’il est inhalé. Et voilà quelques jours, l’Anses a mis en consultation publique une proposition, soumise à l’Agence européenne des produits chimiques, de classer le TiO2 comme substance cancérogène par inhalation « présumée ».

Face à ces risques, même potentiels, Agir pour l’environnement appelle, en vertu du principe de précaution, à un « moratoire » sur l’incorporation de nanoparticules dans l’alimentation.

« Nous avons fait analyser quatre produits, mais bien d’autres sont probablement concernés. Il est inadmissible qu’on y trouve des nanoparticules non évaluées et non étiquetées,proteste Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes de l’association. Les pouvoirs publics doivent protéger les consommateurs, particulièrement les publics vulnérables, comme les enfants et les femmes enceintes. »

Membre de l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies et rédactrice du site Internet VeilleNanos, Mathilde Detcheverry« espère que cette enquête, inédite en France, va inciter les associations de consommateurs à mener d’autres tests ». Et pousser les industriels comme les pouvoirs publics à instaurer « une transparence » sur le contenu de nos assiettes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/06/15/des-nanoparticules-dans-nos-assiettes_4950584_3244.html#iSiyXe8yaWqIqOGj.99

LE MONDE | 15.06.2016 à 06h38 • Mis à jour le 15.06.2016 à 15h20 | Par Pierre Le Hir

  Pierre Le Hir

Journaliste au Monde

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Que représente le marché du halal en France ?

Rayonnage halal dans un supermarché d’Illzach (Haut-Rhin).image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/08/534×0/4943055_6_e4c9_rayonnage-halal-dans-un-supermarche_8b6dfaf6dde03e8ae7397362ddd8d612.jpg

Rayonnage halal dans un supermarché d’Illzach (Haut-Rhin). SEBASTIEN BOZON / AFP

« Le goût de l’Orient » chez Auchan, « Toutes les saveurs du ramadan » chez Carrefour, « Spécial Orient » chez Intermarché… Les enseignes de la grande distribution sortent leurs décors des mille et une nuits et profitent du ramadan, qui a commencé lundi 6 juin, pour mettre en avant des produits destinés spécifiquement aux musulmans, et en particulier des aliments estampillés « halal ».

1. Qu’est-ce que le halal ?

Dans la religion musulmane, halal correspond à tout ce qui est licite, permis par opposition au haram, qui est prohibé ou impur. Parmi les interdits majeurs de la religion musulmane figurent la consommation d’alcool, de drogue et de porc sous toutes ses formes, ainsi que « le sang, la bête morte ou celle sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu » (sourate 5 du Coran). Le halal est beaucoup moins restrictif que le casher de la religion juive, qui implique d’autres interdits : crustacés et poissons sans écailles, contact entre lait et viande…

En théorie, donc, le Coran peut accepter comme licite la viande abattue par des « gens du Livre », c’est-à-dire les chrétiens et les juifs. Dans la pratique, les viandes abattues selon le rite casher (en particulier les parties postérieures des ovins, non consommées par les juifs pratiquants) sont considérées comme halal. Selon le rituel musulman (la dhabila), pour être halal, un animal doit être tourné vers la Mecque, égorgé et saigné vivant par un musulman. Cette pratique est réalisée dans des conditions particulières (immobilisation de la bête), par dérogation à la législation française qui préconise l’étourdissement.

S’appliquant à la viande, le halal s’étend ensuite logiquement aux produits élaborés : charcuterie, surgelés, plats préparés, sauces… mais aussi les bonbons, qui ne doivent pas contenir de gélatine de porc.

Le terme halal a ensuite été utilisé pour toutes sortes d’activités : la « finance halal » définit le système de finance islamique qui proscrit la notion d’usure ; le « tourisme halal » garantit aux voyageurs l’absence de nourriture ou de comportement illicite ; la « cosmétique halal » ne contient pas d’alcool… « On pourrait aussi imaginer de l’immobilier halal, avec par exemple un espace de prière orienté vers la Mecque, des alarmes pour les heures de prière, des espaces d’ablution séparés hommes-femmes », explique Mai Lam Nguyen-Conan, consultante en marketing, qui a écrit Le Marché de l’ethnique, un modèle d’intégration ? (Michalon, 2011). Toutefois, hors de l’alimentaire, le marché du halal reste extrêmement marginal en France.

2. Qui consomme des produits halal ?

Tout le monde peut acheter de la nourriture halal mais les clients « cibles » sont bien évidemment les musulmans. Problème : dans un pays où les statistiques ethniques sont interdites, difficile de savoir s’ils sont plutôt 2,1 millions de pratiquants, selon l’enquête trajectoires et origines de l’INED et l’Insee, ou 4 à 5 millions, voire davantage si on inclut toutes les personnes de culture musulmane. La France compte une importante immigration maghrébine, mais aussi de nombreux musulmans originaires d’Afriquesubsaharienne, de Turquie ou d’Asie.

Lire aussi :   Quel est le poids de l’islam en France ?

Selon un sondage de l’IFOP de 2010, 59 % des musulmans interrogés affirmaient consommer systématiquement de la viande halal, et 28 % occasionnellement. Les pratiquants sont 91 % à consommer halal, mais même les non-pratiquants le font à 44 %.

L’agence de marketing ethnique Solis précise dans son étude Horizons Shoppers 2015 que les consommateurs plébiscitent le halal pour la viande (86 %), les bouillons en cube (43 %), les sauces tomate de type bolognaise (29 %), les plats cuisinés (24 %), les soupes (22 %) et les petits pots pour bébé (8 %)… On trouve même du foie gras halal.

3. Comment sont certifiés les produits halal ?

Comme l’explique l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler dans Comprendre le halal (Edipro, 2010), le marché halal a été inventé par les pays occidentaux, dans les années 1970-1980. Afin d’exporter leurs carcasses dans les pays musulmans, les producteurs de viande (comme le volailler Doux, par exemple) les ont abattues selon le rite halal. Il s’agissait alors d’un marché de « dégagement » pour des produits de faible qualité ou en surproduction. La demande a ensuite émergé en France par le biais des populations immigrées.

Pour simplifier et rentabiliser la chaîne de production, les abattoirs préfèrent abattre de manière rituelle des lots entiers de viande, même si seule une partie sera commercialisée sous l’appellation halal. Au total, 26 % des bêtes en France étaient abattues (en particulier les ovins) selon le rite musulman en 2011, selon le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Au grand dam des protecteurs des animaux, qui réclament l’obligation de l’étourdissement avant la mise à mort, et de l’extrême droite qui y a trouvé matière à polémique en 2012. L’encadrement des abattages rituels a été renforcé par un décret fin 2011.

Après la création du premier certificateur, AVS, en 1991, des dizaines d’organismes ont émergé dans les années 2000. Les plus importants sont liés aux trois grandes mosquées de ParisLyon et Evry. Toutefois, les mosquées n’interviennent directement que pour délivrer des habilitations aux sacrificateurs. Mais les organismes certificateurs eux-mêmes divergent sur les méthodes de contrôle et les pratiques (par exemple, l’autorisation ou non d’un étourdissement préalable). Des polémiques éclatent régulièrement.

En 2011, le groupe Herta avait été accusé de vendre des Knackis halal contenant de l’ADN de porc. Bien qu’un second test ait blanchi le fabricant et son certificateur, le produit a été retiré du marché. D’autre part, le magazine Capital qui vient de faire tester 42 échantillons de viande halal a décelé trois produits contenant du porc.

De nombreux acteurs appellent donc à créer un cahier des charges ou un label unique, comme on en trouve pour les produits « bio » ou les « AOP ».

4. Un marché de 5,5 milliards d’euros ?

En l’absence d’une filière unique, il est très difficile d’évaluer le chiffre d’affaires du halal en France. Ainsi, les abattoirs ne connaissent pas la proportion de viande abattue selon le rituel qui sera réellement commercialisée comme halal. Par ailleurs, l’essentiel des ventes se fait via les boucheries musulmanes et les épiceries de quartier, petites structures indépendantes dont la comptabilité n’est pas centralisée.

L’étude la plus reprise dans les médias a été réalisée par le cabinet Solis, spécialisé dans le marketing « identitaire » à partir de questionnaires déclaratifs. Basée sur l’hypothèse de 5 millions de musulmans en France, elle conclut que le marché s’établissait à 5,5 milliards d’euros en 2010, dont 4,5 milliards en produits alimentaires et 1 milliard en restauration hors domicile (kebab, fast-food, pizzeria).

« Ce n’est pas une étude exhaustive, mais une estimation, précise Abbas Bendali, directeur de Solis. Les musulmans sont jeunes, actifs et surconsommateurs de viande, surtout lors d’événement comme l’Aïd, les naissances, les mariages… Ils achètent à 85 % de la viande, dans des boucheries halal qui, contrairement aux boucheries traditionnelles, résistent très bien et vendent de gros volumes. »

Cette étude a été corroborée par le cabinet Xerfi, qui évoquait, en 2011, un marché de 4 milliards d’euros. Elle est toutefois remise en cause par d’autres observateurs. Pour Mai Lam Nguyen-Conan, le chiffre a été « complètement gonflé ». Jean-Christophe Despres, directeur de l’agence de marketing ethnique Sopi, calcule qu’« à titre d’exemple, la société Zaphir (Isla Délice) réalisait 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, pour une part de marché de 45 %. Certes la réalité se trouve du côté des produits carnés bruts, mais l’opacité des filières ne permet pas de mettre en place une démarche convaincante. Il n’y a pas de marché, côté entreprises, pour mener à bien de telles études en toute rigueur. »

Même dans la grande distribution, le marché est éclaté, entre des marques spécialisées (Isla Délice, leader du secteur, Medina Halal), des géants de l’agroalimentaire qui lancent une gamme halal (Fleury Michon, Nestlé) et des marques de distributeurs (Wassila pour Casino).

Du côté des grandes surfaces, les ventes de produits halal avec code à barres (ce qui exclut la viande fraîche étiquetée différemment) atteignent 205 millions d’euros, selon l’institut Nielsen. Les produits les plus plébiscités sont les charcuteries de volaille (77 millions d’euros), les viandes surgelées (37 millions), les saucisses (16 millions) et les plats cuisinés, loin devant les confiseries (2,8 millions).

Mais si ce marché reste encore « confidentiel » en hyper et supermarchés (0,2 % des produits de grande consommation), il est en croissance continue, selon Nielsen : + 7,3 % entre 2015 et 2016, + 20 % depuis 2013. De quoi aiguiser l’appétit de certains acteurs industriels.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/08/que-represente-le-marche-du-halal-en-france_4943058_4355770.html#rHwBvJ6z0JPkYP6y.99

LE MONDE | 08.06.2016 à 15h43 • Mis à jour le 08.06.2016 à 16h32 | Par Anne-Aël Durand

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