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Gaspillage alimentaire : élus et supermarchés mis sous pression par une pétition

BELLE IDÉE – Une pétition lancée par un élu de Courbevoie, Arash Derambarsh, avec le réalisateur Mathieu Kassowitz, demande que l’on oblige les supermarchés à donner chaque soir leurs invendus à des associations d’aide aux démunis. Présentée à l’Assemblée nationale, elle a recueilli plus de 120.000 signatures.

Arash Derambarsh lors d'une distribution d'invendus des supermarchés de Courbevoie.

Arash Derambarsh lors d’une distribution d’invendus des supermarchés de Courbevoie.Photo : AFP

La lutte contre le gaspillage alimentaire grignote du terrain. Le 5 février, l’hémicycle de l’Assemblée examinera la proposition de loi de l’UMP Jean-Pierre Decool, qui vise à obliger les grandes enseignes de plus de 1 000 m2 à donner leurs produits invendus aux associations d’aide alimentaire.

D’ores et déjà, les députés sont invités à se pencher sur la pétition lancée le 19 janvier sur Change.org par un élu (divers droite) de Courbevoie, Arash Derambarsh, avec le réalisateur Mathieu Kassowitz. Le texte aussi demande que les supermarchés soient contraints par la loi à distribuer leurs invendus, mais va plus loin en réclamant qu’ils le fassent tous les soirs, et que même ceux de moins de 1000 m2 soient concernés.

Reste à vaincre les réticences

 Depuis, « Dites stop au gâchis alimentaire en France » a recueilli plus de 120.000 signatures, et peut se targuer d’avoir reçu le soutien d’élus de tous bords et de personnalités comme Johnny Hallyday ou Omar Sy.
publié à http://www.metronews.fr/info/gaspillage-alimentaire-la-petition-qui-met-la-pression-sur-les-elus-et-les-supermarches/moaB!MGSpyhL744E/

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale
(Crédit photo : digital cat – flickr)
Le géant de l’agroalimentaire a déposé une demande de brevet pour utiliser la Nigella sativa. Problème : les ONG indiennes contestent sa légitimité à revendiquer des droits sur une plante de leur médecine traditionnelle.

Nestlé souhaite breveter un extrait de la fleur du fenouilNigella sativa. L’enjeu : avoir l’exclusivité de la commercialisation de ce produit qui permettrait de réduire les allergies alimentaires. Depuis le début des années 2000, le géant de l’agroalimentaire investit en effet dans la recherche sur les aliments médicalisés. Ce marché en plein essor a été estimé à 8 milliards d’euros en 2013. Une stratégie similaire à celle des laboratoires pharmaceutiques ayant recours aux brevets pour protéger ses innovations médicales.

Nestlé revendique ainsi devant l’Office européen des brevets (OEB) la découverte des propriétés de lathymoquinone pour réduire la réaction allergique. La demande de brevet couvre également l’utilisation des extraits de fleur de fenouil, dans lesquels cette molécule est présente en très forte concentration. De fait, la découverte d’un produit naturel limitant les allergies alimentaires représente un marché potentiel considérable : Nestlé cite des études scientifiques montrant qu’un tiers de la population aurait des allergies alimentaires ou une hypersensibilité à des aliments allergènes. Autant de consommateurs pour ses produits.

Aucune innovation justifiant un brevet

Encore plus intéressant, Nigella sativa, appelé aussi cumin noir, est déjà largement utilisé dans l’alimentation. Des extraits peuvent être ajoutés directement dans les aliments, sans avoir recours ni à des études toxicologiques, ni à des produits de synthèse. Nestlé se félicite ainsi de pouvoir utiliser ce produit dans sa gamme NaturNes pour bébé d’origine 100% naturelle.Déposé en 2009, le brevet n’a pourtant toujours pas été accordé par l’OEB. En cause, les nouvelles pièces portées au dossier par l’Inde. La base de données indienne sur les savoirs traditionnels, Traditional Knowledge Digital Library (TKDL), contiendrait en effet plusieurs exemples d’utilisation de Nigella sativa pour traiter les symptômes décrits par les chercheurs de Nestlé. Pour le directeur de la TKDL, les laboratoires du groupe n’ont fait preuve d’aucune innovation justifiant un brevet. Si Nestlé reconnaît que la thymoquinone présente dans le fenouil est utilisée à des fins médicales depuis deux mille ans, il revendique néanmoins l’exclusivité des travaux sur allergies alimentaires… Il revient aujourd’hui à l’OEB de trancher.

Propriétés pour traiter les allergies respiratoires

Plusieurs ONG spécialisées dans les questions nord-sud suivent le dossier de près. Pour François Meienberg, de l’organisation suisse la Déclaration de Berne, l’action de l’Inde devrait empêcher la demande de Nestlé d’aboutir : « Le cas s’est déjà produit en 2010 pour des brevets concernant certaines vertus médicinales du Rooibos, une plante sud-africaine. » Nestlé avait finalement retiré ses demandes, faute de preuves suffisantes sur l’innovation de ses brevets.L’ONG Third World Network, basée en Thaïlande, va plus loin. Cette organisation qui assure une veille sur les questions de biosécurité a recensé les recherches scientifiques faites au Moyen-Orient et en Asie sur l’utilisation médicale de Nigella sativa. Or, plusieurs études mettaient déjà en évidence les propriétés de cette plante pour traiter les allergies respiratoires.

Les ONG ont une autre accusation en tête : la biopiraterie pour non-respect de la Convention sur la biodiversité (CBD). D’autant que Nestlé s’est engagé à respecter le protocole de Nagoya, qui régule l’accès et le partage des ressources génétiques et des savoirs traditionnels. Mais pourNigella sativa« le cas est complexe », explique François Meienberg : la plante est utilisée dans de nombreux endroits du globe et il n’existe donc pas une communauté ou un pays légitime avec lequel négocier le partage des bénéfices liés à l’utilisation de cette plante.

Allergies alimentaires : Nestlé veut breveter une plante médicinale dans - climat politique Novethic_logo-4f113-10-1fd9dCet article de Magali Reinert a été initialement publié le 19 août 2013 sur Novethic, le média expert du développement durable.

source: http://www.terraeco.net/Allergies-alimentaires-Nestle-veut,50843.html

 

Le dumping social allemand sur le banc des accusés

Les abattoirs d’outre-Rhin détournent massivement la directive sur les travailleurs détachés pour accentuer leur compétitivité.

L’Allemagne pointée du doigt dans la crise de l’agroalimentaire. Le dumping social exercé outre-Rhin est considéré comme un des problèmes majeurs par les professionnels du secteur. En effet, la directive européenne de 1996, relative aux travailleurs détachés, permettant de faire appel temporairement à du personnel européen pour des missions précises, est détournée par le pays. Souhaitant monter en puissance dans l’agroalimentaire, l’Allemagne s’est engouffrée dans la brèche au début des années 2000. Résultat, dans un millier d’abattoirs, 80 à 90 % des ouvriers viennent de Roumanie, de Pologne ou même d’Ukraine. L’absence de salaire minimum outre-Rhin, combiné au rattachement des travailleurs au régime social de leur pays d’origine, fait baisser l’addition. Ainsi, le coût du travail est trois fois inférieur en Allemagne, soit de 6 à 7 euros contre 20 ou 21 euros dans les abattoirs bretons.

Pour Pierre Halliez, président du Syndicat national des industriels des viandes (Sniv), « c’est de l’intérim déguisé et non pas de la prestation de services. Différentes enquêtes ont montré que les conditions de vie et de travail de ces ouvriers étaient très précaires, voire proches de l’esclavage moderne ». Un rapport d’information parlementaire sur la directive relative aux travailleurs détachés, remis en juin dernier par les députés Michel Piron (UDI), Gilles Savary et Chantal Guittet (PS), confirme ces dérives. « L’Allemagne est en effet en train de prendre tout le marché européen de l’abattage, au détriment des abattoirs belges, danois, hollandais et bretons, en utilisant dans ses abattoirs des travailleurs détachés des ex-pays de l’Est payés à des coûts bien inférieurs à ceux des autres pays présents sur ce marché. »

Dans ces industries demandant beaucoup de main-d’œuvre, le différentiel de coût avec l’Allemagne pèse lourd dans la balance. Il est de 5 centimes d’euro au kilo sur le porc, « soit cinq fois la marge nette d’une entreprise performante d’abattage et de découpe », selon le rapport parlementaire. Comme le souligne Pierre Halliez : « C’est le détournement de cette directive qui a, entre autres, permis à des grands groupes allemands de monter à l’export jusqu’à faire du pays le leader européen du porc et de la volaille. » Pour Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la Fédération nationale de l’agroalimentaire et forestière (Fnaf-CGT), « c’est un vrai problème, mais il ne faut pas occulter la financiarisation accrue du secteur, le coût du capital est plus élevé en France qu’en Allemagne ». Face aux dérives, la Commission européenne a présenté, en mars 2012, un projet de modification minimale de la directive de 1996. De son côté, le Sniv a porté plainte pour « défaut d’État » en janvier 2011 auprès de la Commission européenne. La Belgique lui a emboîté le pas en mars 2013. Pour mettre un frein à ce phénomène, le rapport parlementaire conseille à l’Europe d’introduire la notion de salaire minimum de référence.

C. R.

Publié par l’Humanité à http://www.humanite.fr/social-eco/le-dumping-social-allemand-sur-le-banc-des-accuses-546793

 

Hécatombe dans l’agroalimentaire breton

Gad, Marine Harvest, Doux… Les menaces sur les entreprises du secteur se multiplient dans toute la région. Victimes des stratégies douteuses des actionnaires ou des licenciements boursiers, les salariés grossissent les rangs de Pôle emploi.

Près de 70 000 personnes travaillent dans l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Avec la crise du secteur, les suppressions d’emplois se chiffrent en milliers depuis le début de l’année. Tour d’horizon au cœur de l’hécatombe.

Gad Sas, les actionnaires dans le viseur

L’imposant abattoir de porcs Gad Sas s’élève à l’entrée de Lampaul-Guimiliau (Finistère). Si les mouettes virevoltent au-dessus des entrepôts, la menace de l’arrêt du site plane sur les ouvriers. Placée en redressement judiciaire depuis février, l’entreprise est sous le coup d’un plan de continuation jusqu’au 21 août. Près de 900 emplois seraient supprimés et l’abattoir fermé. La crise porcine est pointée du doigt, mais les ouvriers balancent surtout sur la stratégie de la Cecab. La coopérative agroalimentaire, entrée dans le capital en 2008, est devenue actionnaire majoritaire en 2011.

Pour Olivier Le Bras, délégué syndical central FO, « depuis 2008, nous perdons de l’argent, on n’oublie que, cette année-là, la Cecab s’est octroyé 10 millions de dividendes et n’a jamais investi ». La concurrence accrue de l’Allemagne en rajoute une couche. « Gad ne gagne plus d’argent depuis trois ans à l’export », poursuit-il. Yvon, chef tripier et père de deux enfants, travaille depuis vingt ans chez Gad. Il s’inquiète pour l’avenir. « Si ça continue, le Finistère ne sera plus bientôt qu’une région touristique. Je me voyais bien travailler ici jusqu’à la retraite, on est soudé, il y a une ambiance bon enfant. Et puis, de toute façon, qu’est ce qu’on va faire d’autre ? » Depuis l’annonce, les ouvriers ont multiplié les actions coup de poing. En parallèle, un projet de reprise de l’abattoir sous la forme d’une coopérative ouvrière est en train de mûrir. Pour Gérard, pas de doute : « Gad à une âme, on continuera à se battre ! »

Marine Harvest, un licenciement boursier à la clé

À une quarantaine de kilomètres de là, la colère gronde à Poullaouen (Finistère). Le géant norvégien du saumon Marine Harvest a décidé, début juin, de couler son site finistérien et de vider celui de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). 405 emplois passeront à la trappe. Nichée en pleine campagne depuis 1970, accessible par une seule route, l’usine de Poullaouen est spécialisée dans le fumage et la découpe du poisson. Michel Crespin, secrétaire CGT du comité d’entreprise, explique que, « l’année dernière, pour la première fois, nous avons perdu 2,4 millions d’euros, c’est le prétexte fallacieux qui a été avancé pour fermer ».

En réalité, le groupe norvégien avait déjà mis la barre à tribord. Il est en train de racheter Morpol, une entreprise basée en Pologne, qui fabriquerait du saumon premier prix. Ce qui est précisément un des produits phares du site. En attendant, l’usine finistérienne tourne à plein régime. Et l’arête de la fermeture reste en travers de la gorge des 185 salariés et de la centaine d’intérimaires. En salle de pause, Robert, plus de vingt ans de boîte au compteur, encaisse sous sa blouse bleue : « Elle est où, l’Europe sociale ? Ce n’est pas logique que notre activité se retrouve dans les pays à bas coût ! » Michel Crespin se dit « écœuré » : « Nous sommes victimes de la stratégie de cette multinationale qui a réalisé 63 millions de résultat net au premier trimestre 2013 et distribué 3 millions de dividendes en 2012. S’ils n’avaient pas été versés, notre perte aurait été comblée ! »

Doux, après 
la fermeture, 
la précarité

À Pleucadeuc (Morbihan), les herbes folles ont envahi l’usine Doux. Les 147 derniers salariés de l’usine de dindes ont plié bagage en juin dernier. Quelques mois avant, 270 personnes avaient été jetées dehors. Le géant de la volaille, plombé par ses investissements inconsidérés au Brésil, la concurrence européenne et le versement de dividendes en cascade, a dégraissé en masse. Pour la commune de 1 800 habitants, c’est le coup de grâce. En face de l’église, dans le bar-tabac-presse Chez Émilienne, il n’y a plus un chat. Laurent, le gérant, dont la famille tient le café depuis plus de soixante ans, soupire. « On a l’impression d’être après un bombardement, commente-
t-il en se versant une menthe à l’eau. Avant, tous les vendredis, les ouvriers de Doux venaient fêter leur fin de semaine. Là, il n’y a même plus un camion qui passe. »

En ce moment, la plupart des ex-Doux sont inscrits en contrat de sécurisation professionnelle (CSP), ce qui leur permet de bénéficier de leur salaire pendant un an. Mais avec une hausse annuelle de 10,9 % du chômage dans la région, la recherche d’un travail s’annonce compliquée. Raymond Gouiffès, délégué syndical central CGT, explique que « ce sont des hommes et surtout des femmes entre cinquante et cinquante-cinq ans, certains ont des troubles musculo-squelettiques (TMS). Beaucoup ont fait toute leur carrière dans la volaille et n’ont jamais mis un pied à Pôle emploi ». Michel Hamonet, délégué syndical CGT, embraye : « Ils trouvent des missions de remplacement pour l’été comme aides à domicile. Mais que va-t-il se passer à la rentrée ?

Publié par L’humanité à http://www.humanite.fr/social-eco/hecatombe-dans-l-agroalimentaire-breton-546792

 

Très chères données personnelles

La Data Protection Regulation est un projet de règlement européen visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens.

 Un restaurant chic de Strasbourg, proche du Parlement européen. En ce jour d’avril, une quinzaine de convives déjeunent dans un salon privé. Il y a là deux députés, quelques assistants parlementaires, des fonctionnaires de la Commission, et face à eux, quatre membres de l’US Chamber of Commerce, association défendant les intérêts des entreprises américaines partout dans le monde – dont un senior manager arrivé tout droit de Washington.

Au menu du jour, un dossier hautement stratégique et très polémique : le Data Protection Regulation (DPR), projet de règlement visant à améliorer la protection des données personnelles des Européens quand elles sont stockées dans des bases de données ou qu’elles circulent sur Internet. Face aux fonctionnaires de la Commission qui défendent stoïquement leur projet, les Américains mènent une attaque sans merci.

Le DPR a été proposé en janvier 2012 par la commissaire à la justice, Viviane Reding, qui souhaite remplacer les règles disparates de protection de données personnelles actuellement en vigueur dans les 27 pays de l’Union par une loi commune. Pour toutes les démarches, un guichet unique sera instauré : si un internaute allemand est en conflit avec une entreprise basée en Irlande, il ne sera plus obligé de s’adresser à l’agence irlandaise de protection des données. L’agence allemande prendra son affaire en charge.

UN TRÉSOR DE 315 MILLIARDS DE DOLLARS

La Commission souhaite aussi renforcer la règle du « consentement explicite » : avant de s’emparer des données d’un consommateur, il faudra lui en demander la permission. Autre contrainte : la collecte de données sera autorisée uniquement pour servir les « intérêts légitimes » de l’entreprise, dans le cadre de son activité principale. Les entreprises de plus de 250 salariés devront nommer un « délégué à la protection des données ».

Par ailleurs, le DPR réaffirme le « droit à l’oubli » : chacun pourra demander que ses données soient effacées – dans les limites du raisonnable, car sur Internet une suppression totale est souvent impossible. A noter que ce droit ne concernera sans doute pas les données publiées volontairement par un internaute sur un réseau social.

En cas de violation des nouvelles règles, l’amende sera sévère : jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires mondial de la société. Le DPR s’appliquera à toute entreprise étrangère visant les consommateurs européens, même si elle n’a pas de filiale enEurope.

Depuis un an, le projet est examiné par le Parlement. S’il voit le jour (probablement en 2014, pour une mise en application en 2016), il affectera tous les secteurs d’activité, publics et privés. Cela dit, les plus directement visés sont les sites Internet et les réseaux sociaux offrant des services gratuits, car leur business model repose entièrement sur la collecte et l’exploitation des données de leurs utilisateurs, pour établir des profils individualisés et envoyer des publicités ciblées. De même, les sites marchands et les applications pour mobiles ont développé des stratégies commerciales sophistiquées, fondées sur des fichiers clients mis à jour en permanence. Selon une étude américaine, les données personnelles des Européens représentaient en 2012 un trésor de 315 milliards de dollars.

UNE FORME SOURNOISE DE PROTECTIONNISME COMMERCIAL

Or, partout en Europe, ce marché est largement dominé par des sociétés américaines – GoogleFacebookAmazonAppleMicrosofteBay –, plus, en coulisses, des centaines d’autres moins connues, qui forment une nébuleuse très dense. Les Américains estiment donc avoir leur mot à dire dans cette affaire. Officiellement, ils sont favorables à l’harmonisation des lois nationales, qui simplifiera les démarches administratives – même si, en réalité, les géants de l’Internet ont su jouer des différences entre Etats : Facebook et Google ont installé leurs filiales européennes en Irlande, où la fiscalité est avantageuse, et où l’agence nationale de protection des données est peu active.

Pour le reste, ils rejettent l’essentiel du projet. Selon eux, ces mesures bureaucratiques sont en fait un nouveau type de « barrières non tarifaires » – une forme sournoise de protectionnisme commercial. Elles viendront alourdir les coûts de fonctionnement des entreprises du secteur, ce qui nuira à l’innovation, à l’investissement et à l’emploi. En particulier, le consentement explicite et le droit à l’oubli sont jugés irréalistes et passéistes.

En fait, le déjeuner de Strasbourg a un objectif précis. Les membres de l’US Chamber sont venus présenter un rapport très alarmiste sur l’impact du DPR, s’il était voté en l’état : diminution des échanges transatlantiques, baisse du PIB européen, et même chute du revenu des ménages pouvant atteindre 3,9 %… Les fonctionnaires réfutent ces chiffres avec force et accusent les auteurs du rapport de partialité, mais les députés et les assistants ont pris note. Puis les Européens s’en vont peu à peu, laissant aux membres de l’US Chamber le soin de payerl’addition pour tout le monde.

VASTE OFFENSIVE AMÉRICAINE

Ces rencontres, très fréquentes à Strasbourg et à Bruxelles, font partie d’une vaste offensive. Les grandes sociétés américaines ont embauché leurs propres lobbyistes, dont beaucoup ont fait une première carrière au sein des institutions européennes. Le responsable de la stratégie politique de Google à Bruxelles, Antoine Aubert, travaillait auparavant pour la Commission européenne. De son côté, pour diriger son bureau de Bruxelles, Facebook a embauché l’Allemande Erika Mann, qui fut députée européenne sociale-démocrate pendant quinze ans. Elle fut aussi présidente de l’association Transatlantic Policy Network, dont la mission est de « promouvoir les liens les plus étroits possibles » entre les Etats-Unis et l’Europe.

Parallèlement, plusieurs lobbies de l’industrie high-tech américaine, comme Techamerica ou Association for Competitive Technologies (ACT), ont ouvert des bureaux à Bruxelles – en général à moins de cinq minutes de marche du Parlement européen. Pour coordonner leur action contre le DPR, une quinzaine d’associations, y compris l’American Chamber of Commerce (filiale locale de l’US Chamber), se sont regroupées dans une nouvelle entité, baptisée Industry Coalition for Data Protection. Son principal porte-parole est l’Interactive AdvertisingBureau, regroupant des professionnels de la publicité en ligne américains et européens.

Le dispositif est renforcé par des instituts de recherche comme l’European Privacy Association, animés par des intellectuels européens, mais financés en partie par des entreprises américaines. Dans leurs publications, leurs conférences et leurs interventions médiatiques, ils relaient le message de leurs sponsors, avec plus ou moins de nuances.

QUATRE MILLE AMENDEMENTS AU DPR DÉPOSÉS

noter aussi l’action des grands cabinets d’avocats d’affaires anglo-saxons. Ainsi, la firme Hunton ESPERLUETTE Williams emploie à Bruxelles une dizaine d’avocats, dont cinq travaillent à plein temps sur des dossiers de protection des données.

Pour aller plus vite, les lobbyistes ont repris à leur compte une pratique classique : ils rédigent des propositions d’amendements prêts à l’emploi, qu’ils envoient aux eurodéputés jugés les plus favorables à leur cause – notamment les conservateurs et les eurosceptiques.

Le résultat est spectaculaire : en quelques mois, plus de quatre mille amendements au DPR ont été déposés, dont beaucoup sont directement inspirés de textes envoyés par les lobbyistes. L’ampleur du système a été mise au jour par le journaliste allemand Richard Gutjahr.

Avec l’aide d’un ami hacker, il a créé un moteur de recherche accessible sur Internet, baptisé « Lobbyplag » : « Grâce à l’aide discrète de quelques assistants parlementaires, nous nous sommes procuré des propositions d’amendements envoyées par les lobbies. Puis, nous les comparons, mot par mot, avec les textes des amendements déposés par les députés. » On découvre, par exemple, qu’un député britannique conservateur a déposé 55 amendements, dont 14 sont en fait des textes envoyés par Amazon, eBay et l’American Chamber of Commerce. Ils visent à supprimer les protections pour les données stockées sous pseudonyme, à baisser le montant des amendes en cas de violation du règlement, à faciliter le transfert de fichiers vers des sous-traitants, ou à limiter les droits des citoyens contre les profilages abusifs.

Cette pratique inquiète le député vert allemand Jan Philipp Albrecht, rapporteur du projet au sein de la commission des libertés civiles, chargée d’amender et devoter le texte :  »Plus de 80 % des propositions d’amendements arrivant de l’extérieur proviennent des entreprises, et principalement des géants de la Silicon Valley. » Il estime que, à la longue, le travail des lobbies s’avère efficace : « Ils sont si nombreux et si actifs que le même message semble arriver de partout à la fois. Cela crée une ambiance diffuse, qui influe sur l’état d’esprit général. » Selon lui, de nombreux députés du groupe PPE (centre droit), qui étaient favorables au DPR en 2012, sont devenus hésitants, ou hostiles. Les députés verts et socialistes, qui souhaitent au contraire un durcissement du projet, se retrouvent sur la défensive.

La commission des libertés civiles souhaite voter le texte amendé avant l’été, mais aucune date n’a été fixée. Commencera alors une nouvelle étape : les négociations entre le Parlement et le Conseil européen, pour arriver à un texte final. Certains Etats membres, notamment le Royaume-Uni et l’Irlande, souvent proches des positions américaines, semblent décidés à intervenir pour réduire les contraintes imposées aux entreprises.

Par ailleurs, le dossier du transfert transatlantique de données va être à nouveau abordé lors les négociations sur le nouvel accord général de libre-échange entre l’Union européenne et le gouvernement des Etats-Unis qui vont s’ouvrir cet été. Déjà, les lobbyistes du secteur privé se préparent pour ce nouveau combat.

Yves Eudes

Article à la Une du Monde.fr à http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/06/02/tres-cheres-donnees-personnelles_3422477_3208.html

 

Les volaillers français perdent la moitié de leurs subventions européennes

Par Julien Bonnet - Publié le 18 janvier 2013, à 14h53

Doux - Usine de Quimper

© S. Julienne – L’Usine Nouvelle

« La Commission européenne nous a informés jeudi de sa décision de diviser par deux le niveau des restitutions sur la filière volaille », a expliqué à l’AFP le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot. Cette subvention, dont la France est l’unique bénéficiaire, vise à encourage l’exportation de poulets. Une décision qui touche durement les groupes Doux et Tilly-Sabco.

Coup dur pour la volaille française. Les groupes Doux et Tilly-Sabco vont perdre la moitié de leurs subventions européennes. Ces dernières étaient accordés à la France pour encourager l’exportation de poulets.

« La Commission européenne nous a informés jeudi de sa décision de diviser par deux le niveau des restitutions sur la filière volaille », a expliqué à l’AFP le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, confirmant une information d’Europe 1.

UN  »SOUTIEN RAPIDE » AUX ENTREPRISES CONCERNÉES À L’ÉTUDE

« Avec Stéphane Le Foll (le ministre de l’Agriculture) nous avons convoqué aujourd’hui une réunion d’urgence (…) pour voir comment nous pouvons apporter un soutien rapide aux entreprises » fragilisées par cet accord, a ajouté Guillaume Garot, citant les groupes Doux et Tilly-Sabco.

Sur son site, LSA indique que Doux recevait chaque année 55 millions d’euros de subventions européennes, ce qui en faisait le premier bénéficiaire de la PAC en France.

Les ministres vont également saisir le Commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, pour contester cette décision, a encore déclaré Guillaume Garot, reconnaissant que la France était aujourd’hui le seul pays de l’Union européenne à bénéficier de ces aides.

Julien Bonnet

Publié par l’usine nouvelle à http://www.usinenouvelle.com/article/les-volaillers-francais-perdent-la-moitie-de-leurs-subventions-europeennes.N189879

 

Branle-bas de combat autour de l’étiquetage des OGM

 Branle-bas de combat autour de l’étiquetage des OGM dans - climat politique rayon_sauces_bioLe rayon sauces d’un magasin bio à Berkeley, en Californie (Justin Sullivan/Getty/AFP)

Panique au sein des multinationales de l’agroalimentaire : en novembre, les électeurs californiens décideront si la présence d’OGM doit être mentionnée sur les emballages de nourriture. « Big Ag » et « Big Food », les lobbys de l’agroalimentaire, ont mis au pot 19,2 millions d’euros pour faire barrage à l’initiative citoyenne « Nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons ».

L’enjeu est colossal, il explique l’union sacrée des plus grosses sociétés mondiales : toutes catégories d’aliment confondues, 80% de la nourriture américaine non bio contient des OGM. Et ce qui se décide en Californie, où vit 10% de la population du pays, préfigure ce qui va devenir obligatoire dans le reste des Etats-Unis.

Le maïs OGM, le soja OGM, les betteraves à sucre OGM, le coton OGM (cultivé pour son huile) sont à la base des sucres, graisses et additifs dont sont farcis les aliments nationaux.

Les céréales du petit déjeuner, certains pains et farines, des aliments comme le tofu, les épis de maïs doux, certains saumons d’élevage, pour ne citer que quelques exemples, sont de purs aliments OGM.

Ils sont bien rares, les consommateurs qui traquent la mention « Ne contient pas d’OGM » sur les bouteilles de lait de soja ou d’amande, sur les paquets de Granola ou sur les plats surgelés. L’immense majorité des Américains n’est pas au courant de cette invasion. S’ils l’étaient, il est probable que ça ne changerait rien à leur décision d’achat.

Exclus de l’étiquetage : la nourriture de restaurant et les boissons alcoolisées

Mais voilà, l’industrie agroalimentaire ne veut pas prendre le risque de générer des questionnements dans le public. Dès que la « proposition 37 » (P37), ainsi qu’a été baptisé le texte qui sera soumis au référendum californien, a eu recueilli en mai assez de signatures pour être validée, la contre-attaque industrielle a débuté à coup de millions de dollars.

Que dit cette proposition 37 ?

  • L’étiquetage est obligatoire dès qu’un aliment cru ou transformé destiné à la consommation est composé de plantes ou d’animaux génétiquement modifiés.
  • Il est interdit de qualifier ou de promouvoir comme « naturel » ce type d’aliment.
  • Sont exclus de l’obligation les aliments certifiés bio ; contenant accidentellement des OGM ; faits à partir d’animaux nourris ou injectés avec des ingrédients OGM, mais non génétiquement modifiés eux-mêmes ; contenant des faibles portions d’ingrédients OGM ; en contenant à cause de traitements médicaux ; destinés à la consommation immédiate comme dans un restaurant ; les boissons alcoolisées.

La pétition a été lancée au printemps par, entre autres, l’Association des consommateurs de bio et le parti démocrate californien. Elle appelait aux signatures avec cet argumentaire :

« Un million de Californiens ont déjà dit : nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons. Signons pour faire passer le message que les produits alimentaires doivent comporter des étiquettes simples signalant s’ils ont été génétiquement modifiés.

Le droit de savoir est un droit fondamental et une valeur de base américaine. Dans une société démocratique et un marché libre, les consommateurs doivent pouvoir faire des choix éclairés quant à ce qu’ils mangent et donnent à leurs familles. »

Fabricants d’OGM et de pesticides, chimistes et céréaliers, tous unis !

 dans AGROInfographie représentant les deux camps qui s’affrontent autour de la « proposition 37 », (Cornucopia Institute)

Apparemment, tel n’est pas l’avis des producteurs qui se sont cotisés pour faire échouer la P37. En tête des contributeurs à la contre-campagne, Monsanto et Dupont (plus de 3,2 millions d’euros chacun), les deux plus gros producteurs mondiaux d’OGM. Immédiatement derrière, PepsiCo (1,3 million d’euros), suivi d’autres géants comme BASF, Bayer, Dow, Coca Cola, Nestlé, Kellogg, et onze autres, pour un total de 19,2 millions d’euros exactement.

Que vont peser les 2 millions d’euros levés par les leaders indépendants du bio américain pour soutenir le texte, face à la somme presque dix fois supérieure collectée par l’agrobusiness pour le combattre ?

Un article paru sur le site d’infos environnementales Grist donne une idée de la campagne menée pour faire capoter la P37 :

« Où va l’argent, exactement ? Plusieurs de ces compagnies rémunèrent les mêmes consultants qui ont travaillé pour l’industrie du tabac. Ils vont créer de toute pièce des “astroturf”, des faux groupes de citoyens qui vont tenter de faire croire qu’une majorité de gens estime que l’étiquetage est une mauvaise idée. Et forcément, ils vont réussir à convaincre beaucoup d’électeurs. »

Les OGM ne sont pas forcément mauvais pour la santé

Sans compter les publicités télévisées qui vont envahir les écrans à la rentrée, s’ajoutant aux publicités politiques déjà intenses en prévision du scrutin présidentiel qui se tiendra le même jour.

Les arguments déclinés dans les pubs sont déjà martelés dans les journaux par les sociétés agroalimentaires et les scientifiques qui travaillent pour eux :

  • la nocivité des OGM n’est absolument pas prouvée scientifiquement ;
  • les prix des aliments augmenteraient dans les épiceries à cause du surcoût de l’étiquetage ;
  • ce serait la porte ouverte à des procès intentés par les consommateurs aux entreprises et aux agriculteurs.

Paradoxalement, plusieurs des géants agroalimentaires qui financent cette contre-campagne sont les maisons-mère de marques bio bien implantées dans la grande distribution, lesquelles affichent naturellement le logo « sans OGM » sur leurs boîtes.

Ces marques-là souffrent déjà de la mauvaise publicité que leur font les pro-P37, comme en témoigne ce poster qui circule non seulement en Californie, mais aussi dans le reste des Etats-Unis.

Les sondages donnent gagnante la proposition 37

La bataille californienne s’annonce bien plus rude que celle qui a eu lieu en Ohio il y a dix ans, lorsqu’une initiative citoyenne analogue avait tenté le même coup que la P37. Les lobbys de l’agroalimentaire avaient alors facilement pulvérisé la tentative des consommateurs.

Cette fois, les chances de la proposition 37 sont réelles. Selon un sondage détaillé par Reuters, 60% des électeurs à la mi-août y étaient favorables. Un cauchemar pour Big Food et Big Ag, qui devraient alors décider de généraliser préventivement ou non à l’ensemble des Etats-Unis l’étiquetage anti-OGM, sachant que d’autres Etats s’engouffreraient alors dans la brèche ouverte par la Californie.

Tout de même, les Californiens ont beau jeu de se rebeller contre l’invasion des OGM dans leur alimentation. Leur Etat recèle l’immense majorité des cultures bios américaines, qui pèsent lourd dans l’économie locale. La P37 n’aurait littéralement aucune chance dans les Etats du Midwest, où est produit l’essentiel du maïs et du soja américain, OGM à 95%.

publié à http://blogs.rue89.com/americanmiroir/2012/08/26/branle-bas-de-combat-autour-de-letiquetage-des-ogm-228232 par Hélène Crié-Wiesner
Binationale

Alors que l’Europe autorise des produits à base de soja transgénique, la France étiquète les produits « sans OGM ».

Le 28 juin dernier, la Commission européenne a donné son feu vert au controversé Monsanto pour la mise sur le marché de produits contenant du soja transgénique MON 87701 X MON 89788.

Les denrées alimentaires, ingrédients ou aliments pour bétail qui contiennent ce soja OGM sont donc autorisés sur le marché européen pendant une durée de dix ans. La mise en culture du soja de Monsanto reste toutefois interdite. De plus, les produits à base de ce soja OGM devront être étiquetés comme tels et Monsanto devra fournir chaque année à la Commission européenne des rapports concernant ses effets sur l’environnement.

Cette autorisation de la Commission fait suite à l’avis de l’EFSA en février dernier sur ce même soja OGM. L’Autorité européenne de sécurité des aliments avait alors considéré que ce soja ne présentait pas plus de risques pour la santé humaine et animale ou pour l’environnement que le soja non génétiquement modifié.

Cette décision européenne intervient alors que depuis dimanche dernier en France les produits alimentaires peuvent à présent être étiquetés « sans OGM ». Pour en savoir plus sur les garanties apportées par ce nouvel étiquetage, n’hésitez pas à consulter notre article du 19 juin 2012 à ce sujet.

Etiquetage sans OGM

Source : agro-media.fr avec la décision d’exécution de la commission du 28 juin 2012, Actu-Environnement.com (Laurent Radisson) et le ministère du Développement durable.

Publié à  http://www.agro-media.fr/actualit%C3%A9/veille-r%C3%A9glementaire/alors-que-l%E2%80%99europe-autorise-des-produits-%C3%A0-base-de-soja-transg%C3%A9nique-la-france-%C3%A9tiqu%C3%A8te-les-produ

« La taxe sodas n’a aucun lien avec une politique sanitaire »

A l’occasion d’une visite éclair en France, la PDG de Kraft Foods ne s’est pas contentée de commenter la taxation à venir des boissons sucrées. Irene Rosenfeld assure aussi que les produits de snacking de son groupe n’ont aucun lien avec l’épidémie d’obésité.

Irene Rosenfeld, PDG de Kraft Foods (AFP)Irene Rosenfeld, PDG de Kraft Foods (AFP)

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Moscou et Pékin coopéreront dans l’agroalimentaire

La visite de travail du premier ministre russe Vladimir Poutine à Pékin

© RIA Novosti. Aleksey Druzhinin 20:16 11/10/2011

MOSCOU, 11 octobre – RIA Novosti

La Russie et la Chine ont signé mardi des mémorandums de coopération dans l’agroalimentaire et le contrôle vétérinaire dans le cadre d’une visite de travail du premier ministre russe Vladimir Poutine à Pékin, a annoncé le ministère russe de l’Agriculture.

(suite…)

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