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La cooptation fait son grand retour

Dans la guerre actuelle des talents, de plus en plus d’entreprises renouent avec ce système éprouvé de recommandation entre pairs. Il convient toutefois d’encadrer le dispositif afin d’éviter certaines dérives.

Sur le principe « les amis de mes amis sont mes amis », la cooptation revient en force selon le dernier rapport de Top Employers Institute. 73 % des « top employeurs » en France la pratiquent, soit 13 points de plus en un an. Cette méthode de recrutement qui a fait ses preuves est, de fait, un bon moyen de contourner l’état pénurique de certains profils comme les développeurs informatiques. Qui mieux qu’un collaborateur connaît à la fois son entreprise et les attentes de son réseau ? Moins chère qu’un cabinet de recrutement ou même que le dépôt d’une annonce sur un job board, la cooptation permet d’obtenir des candidatures de meilleur de qualité. S’engageant personnellement, le coopteur ne prendra pas le risque de recommander un « bras cassé ». Ce système de recommandation entre pairs permet surtout de sonder marché caché de l’emploi inaccessible aux processus classiques de recrutement.

Pour industrialiser la démarche, il existe des plateformes comme Keycoopt System ou Myjobcompany qui diffusent les annonces en interne sur lesquelles le collaborateur peut positionner des personnes de son entourage voire postuler lui-même. Ce qui permet ainsi de lier mobilité interne et cooptation. Afin d’inciter les collaborateurs à jouer les agents recruteurs, la cooptation est généralement assortie d’une prime, dont le montant oscille entre 200 et 5 000 euros, ou d’un avantage en nature comme un bon d’achat ou un voyage. L’attribution de gratifications trop élevées fait débat. Elle conduirait, selon certains experts RH, à faire des collaborateurs de véritables de chasseurs de prime. Directeur de Keycoopt System qui a notamment Bonduelle comme client, Guillaume Dubrule n’a jamais constaté ce type de dérive qui transformerait la cooptation en nouvelle source de revenus. « Tout d’abord, il n’y a pas de postes à pourvoir toutes les semaines. Ensuite, il y a des garde-fous. Une personne ne peut pas recommander tout son carnet d’adresses en se disant, qu’avec un peu de chance, un de ses contacts sera recruté. Il faut pouvoir justifier chaque recommandation. J’ai travaillé quinze ans avec Guillaume dans une autre vie, je lui connais telles qualités. Cela ne peut pas être un simple contact LinkedIn. »

Attention au clonage !

Autre risque : la confusion entre cooptation et copinage. En dépit de l’affection qu’il porte au coopté, le coopteur doit recommander une personne pour ses seules compétences professionnelles, en toute objectivité. Il en va de sa propre crédibilité. Inversement, il aurait beaucoup à perdre à entraîner un ami à venir dans son entreprise en lui cachant les difficultés du poste.

Le dernier grief contre la cooptation, c’est le « syndrome du mouton ». Un collaborateur recommandera avant tout des candidats issus de son école ou ayant suivi un parcours similaire au risque de faire venir les mêmes clones. Ce qui ne favorise pas la diversité des équipes ni les recrutements atypiques. Si tous les profils recommandés travaillent dans l’ancienne société du coopteur, cela pourrait être, par ailleurs, perçu comme un débauchage massif et donner lieu à une action en justice.

—— Xavier BISEUL (Tribune Verte 2934)

Étude : L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE A FAIBLEMENT RECOURS À LA COOPTATION

Selon la dernière étude de l’Apec sur le sourcing, la cooptation des salariés était le quatrième canal d’embauche de cadres en 2018 avec 10 % des postes pourvus, soit un point de plus que l’année précédente. Cette moyenne est très variable d’un secteur d’activité à l’autre. Avec un taux de recours 19 %, l’industrie agroalimentaire est celle qui est le moins portée sur la cooptation. À titre de comparaison, l’informatique affiche un taux de 64 %, la communication et les médias, 59 %, la banque-assurances, 55 %. Plus la taille de l’entreprise est grande et plus le choix de la cooptation est prononcé. Il est de 35 % pour les sociétés de 50 à 100 salariés pour s’élever à 59 % pour les celles de plus de mille employés.

Avis d’expert : « LA COOPTATION DOIT CONCERNER TOUS LES COLLABORATEURS

Guillaume Dubrule, directeur de Keycoopt System

Quels sont les facteurs-clés de réussite d’un programme de cooptation ?
Décréter la cooptation est une bonne chose mais si le programme n’est pas associé à un plan de communication, il a peu de chance de réussir. Affichage, SMS e-mailing, intranet, vidéo… Tous les supports sont bons.

Les meilleurs lancements sont portés au plus haut niveau hiérarchique de l’entreprise. Dans un mail adressé à toute l’entreprise, la direction générale expliquera les raisons du recours à la cooptation et comment elle souhaite que ses collaborateurs l’aident à recruter.

Rédiger une charte de la cooptation permet de définir les règles du programme. Peut-on, par exemple, recommander des membres de sa famille ? Aux yeux de certains employeurs, cela pourrait nuire aux relations de travail. D’autres entreprises estiment que les membres du comité direction ne sont pas éligibles au programme, la cooptation faisant partie intégrante de leur fonction.

Il faut ensuite tenir informé les coopteurs du suivi du process. La personne s’est engagée au nom de son entreprise, elle a le droit de savoir ce que la candidature est advenue que l’issue soit positive ou non.

Faut-il embarquer tous les collaborateurs ?
Je le conseille quitte à modérer le montant des primes en fonction de l’état pénurique des postes recherchés. Ne donner l’accès au programme qu’à une partie du personnel risque de générer de la frustration. Pourquoi le service IT serait intéressé au recrutement et pas le service comptabilité ? Ce n’est pas parce que je travaille au marketing que je ne connais pas des commerciaux et des ingénieurs. Les passerelles entre les métiers sont de plus en plus ouvertes et nous sommes tous amenés à avoir plusieurs vies professionnelles. Il n’y a donc pas de raison de cloisonner à l’exception de la cooptation sur des postes stratégiques ou confidentiels.

Quid de la prime ?
Je recommande d’assortir systématiquement la cooptation d’une gratification qui prend généralement la forme d’une prime financière, oscillant de 200 à 5 000 euros avec un point d’équilibre autour de 600/800 euros. Certains employeurs préfèrent donner des bons d’achat ou faire bénéficier le cooptant de tarifs préférentiels sur produits et services de la société. La tendance est aussi aux dons versés aux associations caritatives comme Les Restos du Coeur.

Je pense qu’il ne faut pas conditionner l’attribution prime à la fin de la période d’essai du coopté même si les deux tiers de nos clients versent 50 % du montant à la signature du contrat de travail et 50 % ensuite. Le rôle du cooptant s’arrête à la recommandation. Les RH ont ensuite évalué le profil et ont pris la décision de le recruter. La cooptation reviendra toujours moins chère que de faire appel à un cabinet de recrutement qui factura sa mission plusieurs milliers d’euros. Le dépôt d’une annonce sur un site d’emploi peut, lui, coûter de 500 à 1 000 euros. Non seulement la cooptation revient moins cher mais la qualité des candidatures est significativement meilleure et elle fait baisser le turnover. Le cooptant se sera assuré que le profil recommandé correspond aux valeurs de l’entreprise. Il l’aura briefé avant.

Enquête Coronavirus : en Vendée, l’agroalimentaire profite-t-il vraiment de la crise ?

 

Si les ventes de certains produits alimentaires ont explosé depuis le début du confinement, pas sûr que les entreprises du secteur gagnent toutes en rentabilité. Les géants de l’industrie agroalimentaire Fleury Michon, Europe Snacks, Maître Coq ou La Mie Câline profitent-ils tous de la crise? Enquête en Vendée.

La chaîne de production de l'activité Catering Aérien, de Fleury Michon, à Pouzauges.
La chaîne de production de l’activité Catering Aérien, de Fleury Michon, avant la crise du coronavirus, à Pouzauges, en Vendée. Celle-ci est désormais quasiment à l’arrêt. — Photo : Le Journal des Entreprises

« L’activité de nos sociétés alimentaires a augmenté de 20 à 40 %. » C’est le constat que fait Olivier Joreau, directeur général adjoint de la coopérative agricole vendéenne Cavac, depuis le début du confinement. Le fabricant de jambons et lardons, Bioporc (108 salariés, 22,7 M€ de CA), basé à La Châtaigneraie, en Vendée, connaît une explosion de la demande. Tout comme Biofournil (81 salariés), une autre société de la coopérative agricole Cavac, qui fabrique du pain pour la grande distribution et les magasins spécialisés en bio.

Si l’agroalimentaire est le secteur économique qui souffre le moins de l’épidémie de coronavirus selon l’Insee, tous les industriels ne sont pas égaux face à la crise. Exactement comme les grandes et moyennes surfaces, à l’autre bout de la chaîne. La plupart de ceux qui fournissent des produits de premières nécessités tournent à plein régime mais certains souffrent de l’arrêt de la restauration collective ou d’une partie de leurs activités. D’autres sont boudés par les consommateurs ou connaissent des difficultés logistiques, d’approvisionnements ou de recrutement qui les empêchent d’avancer.

La chaîne de production de jambons de Fleury Michon, à Pouzauges, en Vendée.
La chaîne de production de jambons de Fleury Michon, à Pouzauges, en Vendée. – Photo : Le Journal des Entreprises

Des productions en surrégime

À Pouzauges, dans le bocage vendéen, le mastodonte Fleury Michon (3 900 salariés, 717 M€ de CA) illustre la multiplicité de situations que vit l’agroalimentaire à l’heure du coronavirus. Globalement, le groupe connaît une hausse d’activité.  La première semaine de confinement, le groupe estimait que ses livraisons de charcuteries et plats cuisinés avaient ainsi augmenté de 20 à 30 %. Depuis, le géant de l’agroalimentaire observe toujours une croissance de la demande, sans donner de chiffres. La grande distribution concentre 80 % de l’activité du groupe et représente 610 M€ de chiffre d’affaires en 2019. Mais en parallèle, l’activité catering aérien de l’industriel, qui représente 11 % de l’activité et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, a chuté avec l’arrêt quasi-total de l’activité aérienne. Deux des usines du groupe sont en conséquence à l’arrêt, au Canada et aux Pays Bas. La livraison de plateaux-repas est également en forte diminution, même si le groupe tente de repositionner l’une de ses offres avec une gamme de lunch box, pour ceux qui continuent de se rendre en entreprises. Le bilan n’est donc pas forcément positif pour le groupe, qui reste discret à ce sujet.

« Nous avons augmenté les volumes des produits les plus demandés par les consommateurs. Nous n’avons pas regardé la rentabilité »

Du côté du volailler Maître Coq, qui élabore également des produits de premières nécessités, la croissance n’est pas détonante non plus. Si l’industriel a fortement augmenté la cadence pour approvisionner les rayons libre-service des supermarchés, sa progression globale n’est que de 2 %. La raison ? Plusieurs de ses activités sont à l’arrêt, celle à destination de la restauration collective d’abord, mais également la préparation de volailles destinées aux rayons rôtisserie de la grande distribution. Maître Coq (2 500 salariés, 527 M€ de CA) basé à Saint-Fulgent en Vendée, travaille à 70 % pour la GMS. Et comme beaucoup d’industriels, il a été contraint de diminuer son nombre de références pour alimenter davantage les rayons.

Une solution pas toujours synonyme de profit. « Nous avons augmenté les volumes des produits les plus demandés par les consommateurs. Nous n’avons pas regardé la rentabilité », assure Christophe Guyony. Les produits de base sont ceux qui fonctionnent le mieux mais bénéficient rarement d’une forte valeur ajoutée. « Les œufs, le fromage, la farine, le lait sont les produits qui partent le plus », énumère Guillaume Allouin, directeur du Carrefour City de la Cité des Congrès, à Nantes. Si la hausse d’activité est parfois considérable, la rentabilité n’est donc pas toujours liée.

À Saint-Fulgent, en Vendée, le volailler Maître Coq travaille à 70 % pour la grande distribution.
À Saint-Fulgent, en Vendée, le volailler Maître Coq travaille à 70 % pour la grande distribution. – Photo : Le Journal des Entreprises

Le snacking à la peine

Les produits de snacking, plus rentables, sont quant à eux, souvent délaissés par les consommateurs. « Sur ces segments, la demande est en baisse », confirme Fleury Michon qui détient notamment le fabricant de préfou et de bouchées apéritives, Paso, dont la production est au ralenti. Le fabricant de produits apéritifs vendéen, Tapasti (7,2 M€ de CA, 50 salariés), basé à Pouzauges, a, quant à lui, vu son activité chuter de 70 %. Spécialisé dans les antipasti italiens et les tapas espagnols, la PME vendéenne travaille pourtant à 75 % pour les grandes et moyennes surfaces. Du côté des boulangeries, la chute d’activité est encore plus alarmante. À Saint-Jean-de-Monts, La Mie Câline, qui fabrique pains, viennoiseries et snacking a confié à Ouest-France, qu’elle avait diminué sa production de 90 % début avril. Selon l’association nationale des industries alimentaires (Ania), jusqu’à 88 % des entreprises agroalimentaires estiment que leur chiffre d’affaires baissait en mars. La moitié d’entre elles envisageait un recul supérieur à 25 % et un quart estimait que cette baisse serait supérieure à 50 %.

« Nous n’arrivons pas à répondre à toutes les commandes de nos clients. »

D’autant que certaines sociétés, qui connaissent une hausse de la demande, ne sont pas en capacité d’y répondre car elles rencontrent des difficultés logistiques, d’approvisionnements ou de recrutement. Europe Snacks (2 200 salariés, 380 M€ de CA), le géant du biscuit apéritif à marque de distributeurs installé à Saint-Denis-le-Chevasse en Vendée, n’est, lui, pas freiné par la baisse de la demande mais par l’absentéisme. L’industriel cherche à recruter entre 50 et 100 salariés en urgence sur ces différents sites, basés en Vendée et dans le Maine-et-Loire. « Environ 30 % de nos effectifs sont absents, précise Dominique Duprat, directeur général d’Europe Snacks France. Nous n’arrivons pas à répondre à toutes les commandes de nos clients. »

Europe Snacks est le leader français des biscuits apéritifs à marques de distributeurs. Il est basé à Saint-Denis-la-Chevasse, en Vendée.
Europe Snacks est le leader français des biscuits apéritifs à marques de distributeurs. Il est basé à Saint-Denis-la-Chevasse, en Vendée. – Photo : Le Journal des Entreprises

« Cela prouve la pertinence d’un modèle économique local »

Selon l’Ania, 25 % des entreprises agroalimentaires ont des difficultés liées à la main-d’œuvre. Le principal problème qu’elles rencontrent est logistique, il concerne 70 % d’entre elles. Quant aux difficultés d’approvisionnements, elles touchent 40 % des entreprises. Les sociétés qui semblent épargnées sont celles qui misent sur le circuit-court. « Nos clients et fournisseurs sont locaux, nous n’avons pas de difficulté logistique ni d’approvisionnement pour le moment. Cela prouve la pertinence d’un modèle économique local », se satisfait, pour sa part, la coopérative agricole vendéenne Cavac. Un constat partagé par Reynald Naulleau, cofondateur de l’entreprise Vite mon marché, qui livre à domicile à Nantes et à La Roche-sur-Yon, et qui a vu son nombre de commandes multipliées par 3,5. « Nous n’avons jamais été aussi proches des consommateurs. Je pense que ce lien devrait perdurer et témoigner de la pertinence des circuits courts », estime-t-il.

Pour les industriels, les conditions à réunir sont donc nombreuses pour bénéficier d’une hausse d’activité. Travailler quasi exclusivement avec les réseaux de distribution classiques ou spécialisés, de préférence en circuit court pour éviter les problèmes logistiques ou d’approvisionnement. Le tout en limitant le taux d’absentéisme et en continuant, bien sûr, à produire des denrées à forte valeur ajoutée. Pas évident de profiter de cette crise…

Par Jéromine Doux, le 08 avril 2020

Ordonnances sur droit du travail Corona virus

Le gouvernement a adopté 25 ordonnances dans le cadre de la loi d’urgence sanitaire hier. Édouard Philippe a solennellement déclaré que le pays allait entrer dans une période d »efforts longs » ; les mesures suivantes ont d’ores et déjà été prises pour modifier « temporairement » le droit du travail afin de l’adapter à cette période de crise, ou encore pour aider les entreprises à affronter la crise économique :

  • Le nombre d’heures de travail hebdomadaire peut être porté à 60 heures dans les « secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale », sur une semaine.
  • Certaines catégories d’entreprises sont autorisées à faire travailler leurs salariés 48 heures en moyenne par semaine sur 12 semaines consécutives.
  • Le travail le dimanche est autorisé dans certains secteurs d’activité.
  • L’employeur peut imposer ou différer des vacances, pour des périodes ne pouvant excéder « six jours ouvrables », avec un accord de branche.
  • Les dates des RTT peuvent être modifiées au bon vouloir de la direction des entreprises.
  • Les entreprises seront remboursées des indemnités de chômage partiel à hauteur du SMIC jusqu’à quatre fois et demi le SMIC.
  • Mise en place d’un fonds de solidarité pour les entreprises réalisant moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires.
  • Chaque entreprise dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 million d’euros peut bénéficier d’une garantie d’Etat à hauteur de 300 milliards.
  • Suspension et échelonnement sans pénalité pour les entreprises des factures d’électricité, de gaz, d’eau et des loyers.

Coronavirus : comment l’agroalimentaire répond à l’explosion de la demande

Le géant de la charcuterie Fleury Michon, le deuxième producteur de volaille et de viande bovine français Terrena, les sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole Cavac ou encore le groupe maraicher Cheminant, tous connaissent une hausse d’activité de 20 à 75 % depuis les premières annonces de confinement visant à éviter la propagation du coronavirus. Et tous doivent s’adapter en urgence pour livrer les grandes surfaces.

  • Coronavirus : comment l'agroalimentaire répond à l'explosion de la demande dans - Pays de Loire

    Photo : Fleury Michon

« Les livraisons de produits en charcuterie et en plats cuisinés auprès des distributeurs ont augmenté de 20 à 30 % », constate le géant de l’agroalimentaire Fleury Michon, depuis l’annonce des premières mesures visant à limiter la propagation du coronavirus. Le groupe Terrena, à Ancenis, deuxième producteur de volaille et de viande bovine en France (CA de 4,9 Mds€) confirme « la forte demande des clients et des consommateurs. » Le jambon, la charcuterie et la volaille, feraient en effet partie des produits les plus plébiscités – avec les œufs, le lait ou les pâtes – par les consommateurs. « Chez nous, ce qui progresse le plus, ce sont les produits frais comme la charcuterie et le pain », précise Olivier Joreau, directeur général adjoint de la Cavac qui a vu l’activité des sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole augmenter de 10 à 50 % en seulement quelques jours. « Lorsque le président de la République a annoncé que les écoles allaient fermer, les stocks ont fondu », précise le directeur général adjoint de la Cavac qui produit du pain via la société Biofournil (80 salariés), de la charcuterie au sein de Bioporc (80 salariés), des biscuits avec Les Petits Amoureux (20 salariés), des galettes et crêpes via Catel Roc (20 collaborateurs) et des préparations surgelées grâce à Atlantique Alimentaire (150 collaborateurs).

« La demande de farine explose »

La société de transport Mousset, dont 50 % de l’activité est consacrée au transport d’animaux vivants, confirme cette forte hausse. « Notre pic d’activité concerne la volaille et le poulet en particulier », assure le groupe qui n’a, pour le moment, pas évaluer cette augmentation. « Nous livrons également de la farine à des meuniers, nous travaillons notamment avec U Logistique. Et la demande explose », poursuit le transporteur. Même constat pour le groupe Cheminant, à Carquefou (12,5 M€ de CA, 85 salariés) qui produit des concombres et des tomates sous serres. D’ordinaire, le groupe a un ou deux jours de stocks. Mais depuis le début de la semaine, plus rien. La coopérative Océane qui réunit 70 maraîchers nantais envoie jusqu’à 70 000 colis de concombres, tomates, poireaux ou mâches contre 40 000 habituellement. Des stocks augmentés de 75 % mais entièrement liquidés à la fin de la journée.

Un repas sur six pris hors domicile habituellement

Cette hausse de la demande s’explique par les mesures annoncées par le président de la République et le premier ministre, ayant incité certains consommateurs à faire des réserves de nourriture. Mais la fermeture de la restauration collective et des cafés et restaurants participent également au phénomène. Selon une étude sur la consommation des produits alimentaires en restauration hors domicile, les Français consomment en moyenne un repas sur six hors foyer. En cette période de confinement, les grandes et moyennes surfaces absorbent donc cette part supplémentaire. Mais pour Olivier Joreau, directeur général adjoint de la Cavac, « les Parisiens et autres Français venus rejoindre la côte vendéenne et leurs résidences secondaires continuent d’accentuer le phénomène. » L’Île d’Yeu connaîtrait, en effet, une affluence comparable à celle d’un mois de juillet, tout comme l’Île de Noirmoutier selon France Bleu.

Un faible taux d’absentéisme

Alors pour répondre à cette hausse soudaine de la production, les entreprises doivent s’adapter. Heureusement Fleury Michon comme La Cavac comptent un très faible taux d’absentéisme. Seulement 50 salariés sur les 2 500 du géant de la charcuterie sont absents, principalement pour garde d’enfant. Au sein des sociétés agroalimentaires de la Cavac, qui concentrent 450 salariés, on ne recense que deux absents.

Pour s’adapter à la demande, Fleury Michon a toutefois dû réorganiser son outil de production. Certains des collaborateurs du groupe, dédié au catering aérien, sont réaffectés sur d’autres sites. Et ces usines produisent désormais durant 6 jours au lieu de 5. L’adaptation est plus compliquée pour les maraîchers. « Il faut attendre que la plante pousse. Heureusement, le temps ne s’annonce pas trop mauvais, on va pouvoir augmenter la production dans les prochains jours », espère Antoine Cheminant.

Élargissement des horaires de production

« Ce n’est pas facile à gérer, confirme Olivier Joreau, le directeur général adjoint de la Cavac. Tous les clients des grandes et moyennes surfaces demandent de gros approvisionnements. Ils n’ont d’ailleurs jamais connu un tel niveau d’activité. » Pour faire face à la demande, les sociétés agroalimentaires de la coopérative agricole ont donc renforcé les équipes en amont et élargissent les horaires de production. « Nous privilégions les clients qui ont des besoins urgents et nous repoussons la production des produits à faibles rotations », précise le directeur général adjoint qui estime que la demande devrait ralentir dans les prochains jours.

Un ralentissement qu’espère en tout cas le groupe Cheminant. « Nous avons identifié les risques avec nos fournisseurs. L’un d’eux, qui nous fournit de l’engrais, a fermé. Pour l’instant nous avons assez de stock mais pour combien de temps ? » s’interroge-t-il.

Par Jéromine Doux, le 18 mars 2020

Plongée en 2040 dans les habitudes alimentaires d’une jeune active

Comme 75% Français 2040, Megan flexitarienne.
Comme 75% des Français de 2040, Megan est flexitarienne. @Guetty Images

DOCU-Fiction // Née en 2014, Megan, fraîchement diplômée, vient de décrocher son premier job de thérapeute en intelligence artificielle.

Comme 75% des Français de 2040, elle est flexitarienne. Il faut dire que nous sommes désormais 9 milliards de Terriens… Nous la suivons dans un monde dystopique où la pause-déjeuner des Français n’existe plus.

Après avoir obtenu en 2039 un double diplôme en programmation et en psychologie numérique à Psycho ParisTech, la grande école  de psychologie numérique, Megan, thérapeute en intelligence artificielle (TIA), a rejoint Robot Inclusive, une entreprise internationale spécialisée dans les interactions entre humains et robots. Aujourd’hui, les TIA sont les nouveaux développeurs des années 2000. En début de carrière, ce professionnel de la santé mentale des algorithmes gagne en moyenne 65.000 EUcoins par an (une monnaie descendant du feu bitcoin). Encadrée par une équipe de chercheurs, la jeune femme veille à ce que la relation entre le travailleur humain et le robot dans les entreprises ne tourne pas au vinaigre.

Analyse de ses microbiotes au petit-déjeuner

6h30. Comme chaque lundi matin, Megan commence sa journée par une analyse de son microbiote (autrement dit de ses selles). Cinq minutes après le dépôt de l’échantillon dans l’appareil XYX connecté aux toilettes, elle reçoit une alerte via son assistant personnel. La voix lui dresse un état des lieux de sa flore intestinale. Elle ne regrette pas d’avoir investi deux ans plus tôt dans ce dispositif qui lui a permis d’adapter son alimentation à ses besoins énergétiques en période d’examens. Désormais en poste, elle veut mettre les bouchées doubles pour décrocher sa première promotion dans quelques mois. Son alimentation personnalisée lui permet de gagner en efficacité, surtout quand elle fait de longues journées. Son credo : « Bien manger, c’est bien : respecter les besoins de son corps, c’est mieux ».

Lancement d’un restaurant végan industriel

Elle poursuit sa matinée par une séance de yoga de 45 minutes, en visioconférence. Plus besoin de se retrouver dans un studio, chaque élève se connecte et fait son namasté devant son écran. Maddie, prof de yoga, végétalienne, anime la séance. Après le cours, Maddie enfile son tablier pour entamer sa deuxième vie. A 30 ans, cette slasheuse est également fondatrice de Vodexo, une entreprise spécialisée dans la restauration collective végane. Lancé en 2035, le groupe nourrit chaque mois près de 15 % des travailleurs français. Elle affiche un taux de croissance de près de 50 % par an.

8h20. C’est l’heure de se mettre à table avant de filer travailler. Megan est ravie ce matin-là de ne pas avoir à avaler son Feed Breakfast sur le chemin. Elle a beau savoir que ce substitut de petit-déjeuner à forte valeur nutritionnelle contient tout ce qu’il lui faut pour démarrer la journée, rien ne vaut de se poser un moment avec un thé à la menthe cultivée dans son petit potager d’intérieur à basse consommation d’énergie. Thé, qu’elle accompagne d’une barre énergétique banane, chocolat noir et d’insectes concassés de chez ChocoSect, commandée en ligne.

L’enseigne lui a livré la semaine dernière ses barres composées par ses soins en fonction de ses besoins en protéines, vitamines et fibres. Le tout pour un prix très raisonnable : 3,50 EUcoins pour une boîte de 10. Les contenants sont biodégradables et les aliments se transforment en engrais une fois la date de péremption dépassée. Sur le réseau TikTak, elle discute avec la communauté des meilleurs mélanges, et demande des recommandations personnalisées de nutritionnistes qui ont accès aux informations sur sa flore intestinale, et ses données de santé.

Commande de son repas et livraison dans un food corner

9h15. Megan anticipe sur le déjeuner. Elle commande sur Techno Food Business, une entreprise spécialisée dans la livraison de kit alimentaire, fait maison. Pour un abonnement de 75 EUcoins par mois, la start-up vous prépare une poche de nutriments express par jour. Pour booster sa longue journée, la thérapeute en intelligence artificielle opte pour un menu protéiné avec une mixture rassemblant des galettes d’algues croustillantes, des lentilles vertes du Puy-en-Velay, un hachis parmentier à base de viande végétale, et un crumble aux pommes avec une chapelure de lombrics. Une recette qu’elle a piquée à une influenceuse qu’elle suit sur TikTak.

Pour bénéficier de sa réduction de 2 EUcoins, elle rapporte les emballages utilisés la fois précédente et opte pour une livraison dans un Food Delivery. On en trouve à peu près tous les 800 mètres à Paris. Le code envoyé par mail permet de récupérer son kit, à l’adresse indiquée, cinq minutes après la commande.Elle choisit le lieu de livraison en fonction de ses rendez-vous du jour. Aujourd’hui, elle se fait livrer à côté de Station Green. En parallèle de son activité au sein de Robot Inclusive, deux demi-journées par semaine, Megan, jeune active engagée, y fait du mécénat de compétences auprès des start-up en « early stage ».

Les jeunes diplômés veulent de vraies valeurs alimentaires

10h30. Elle assiste à un atelier sur les bienfaits de l’alimentation organisé par Julie, une de ses amies de chez EatWell, une start-up incubée à Station Green, spécialisée dans l’éducation alimentaire. Après un master en RH et un début de carrière dans l’industrie agroalimentaire, son amie a décidé de se reconvertir. Elle est désormais healthy food office manager. Son métier est de s’assurer le bien-être et l’hygiène alimentaire des collaborateurs. Et ce n’est pas vraiment par pure philanthropie. D’après la dernière étude de PGQ, un cabinet de recrutement spécialisé dans les jobs les plus bienveillants, 57 % des jeunes diplômés sont attirés par les entreprises qui affichent de vraies valeurs alimentaires et environnementales. Aujourd’hui, toutes les start-up s’arrachent les food office managers.

 

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Guetty Images

Une fois par semaine, Julie anime également un atelier sur le lien entre alimentation et productivité dans le hall de Station Green. Dans son pitch, la healthy food office manager de 28 ans explique aux entrepreneurs que le planning des repas de la semaine est aussi important que la préparation de la prochaine levée de fonds. Une raison à cela : les investisseurs s’intéressent de plus en plus à l’assiette des entrepreneurs, et tissent un lien entre leur capacité à prendre soin de leur corps et leur aptitude à faire grandir l’entreprise.

Récupérer le repas au food corner

13h00. Julie et Megan se retrouvent au food corner. Chacune récupère son kit, le connecte d’une part à un cathéter de l’autre à leur smartphone qui régule l’injection des nutriments en fonction des analyses du matin. Pendant leur déjeuner, elles discutent de « EatMirror », une série de science-fiction qui raconte le futur de l’alimentation en 2121. Dans le dernier épisode, le personnage principal est un agriculteur qui lance la première culture de soja sur la planète Mars, une piste qui permettrait de répondre au défi de l’alimentation mondiale.

Après les 5 minutes d’injection, les deux jeunes femmes partent s’installer dans le grand parc de Station Green, situé au coeur de Central Paris, un parc de 30 hectares, construit à la place de l’ancien Opéra Bastille. Sa mère une ancienne influenceuse, très en vogue en 2019 sur feu Instagram (un réseau social où a commencé la starification de l’alimentation), lui a raconté que la construction de ce parc de près d’un milliard et demi a démarré en 2022, lorsque tous les groupes politiques se sont entendus pour recouvrir la capitale de verdure.

15h30. Megan continue sa journée chez Robot Inclusive. Pour calmer sa petite fringale, Megan prendra une banane, made in Paris. Station Green a investi dans des serres tropicales où se cultivent des fruits et légumes tropicaux depuis que l’on a interdit le transport maritime de fruits et légumes venant d’outre-mer.

Escale dans le jardin partagé

17h30. Elle rejoint son petit ami Tom, un concepteur d’organe médical. Expert dans le traitement des cellulessouches et de la bio-impression 3D de tissus biologiques. Il construit des organes bioartificiels pouvant être greffés sans possibilité de rejet par les patients. Le couple n’habite pas encore ensemble, mais ils partagent une parcelle dans un jardin. Cette activité de jardinage permet au jeune couple de se retrouver et de relâcher la pression de la journée. Leur jardin est sur le toit de chez Tom, qui vit dans un co-living, dans le quartier Margaret Hamilton, une ville située dans le sud du Grand Paris, à 10 minutes à pied de son laboratoire.

Le jeune homme de 27 ans partage sa cuisineavec d’autres locataires. Chaque premier lundi du mois, il rejoint ses voisins pour un cours de cuisine avec un chef étoilé. La dernière session a, par exemple, été animée par Hugues Pierrus, à la tête d’un restaurant spécialisé en viande alternative. Au programme : un boeuf-carottes avec des viandes cultivées à 50 kilomètres de Paris, et des carottes qui viennent du toit végétalisé de la résidence. Quand la production locale n’est pas suffisante, les résidents de Margaret Hamilton achètent des aliments en « nanoencapsulation ». Le goût est légèrement altéré mais les nutriments sont là !

Soirée dans un restaurant en 3D

19h15. Ce soir, les amoureux vont dîner chez Tokyo Supreme, un restaurant de sushis imprimés en 3D ! Dès l’entrée, on voit un grand spectacle d’imprimantes dotées de bras robotiques géants concevoir les plats, sous l’oeil attentif d’un maître sushi. C’est carrément TikTakable !

Pour y accéder ? Vous réservez votre table en ligne, avec la validation vous recevez un kit santé. Vous devrez vous munir d’échantillons biologiques qui permettront aux chefs de vous concocter un menu de sushis basé sur vos besoins physiologiques. Pour accompagner le repas, ils commandent une bouteille de vin provenant d’un des plus grands vignobles de Bourgogne, où le vin est entièrement développé par des robots, mais dans cette région, la récolte des grappes de raisin se fait toujours par des ouvriers bien humains. Pour la petite histoire, l’an dernier Megan a accompagné ces robots sommeliers à développer leur palais. Au dessert, les amoureux se partagent une panacotta à base de cannabidiol, idéal pour finir la journée en légèreté.


*Cette fiction a été pensée grâce aux expertises de :
Didier Toubia, cofondateur d’Aleph Farms
Charlotte Thienpont, cofondatrice de Prune, restaurant bistronomique
Matthieu Vincent, cofondateur du DigitalFoodLab
Olivier Tangopoulos, fondateur de Foodette
Xavier Boidevezi, secrétaire nationale de la Food Tech
Ariane Voyatzakis, responsable du secteur agroalimentaire à la Direction de l’innovation de bpifrance.
Christophe Lavelle, commissaire scientifique de l’exposition « Je mange donc je suis » par le usée de l’Homme.

Par Fabiola Dor  21/02/2020 à 19:37, mis à jour le 21/02/2020
publié à https://start.lesechos.fr/innovations-startups/tech-futur/plongee-en-2040-dans-les-habitudes-alimentaires-d-une-jeune-active-17467.php

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend

 

La pression devient grande sur l’abus d’emballages en plastique dans l’agroalimentaire. Véritable risque pour les entreprises, deux mastodontes, Coca et PepsiCo, avaient déjà annoncé vouloir diminuer leur empreinte. Cette fois-ci, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires veut commercialiser moitié moins de plastique neuf d’ici 2025.

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend dans ACTEURS Unilever
Unilever, l’un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire, veut réduire son empreinte plastique.
@Unilever

Unilever, leader mondial de l’agroalimentaire et des cosmétiques, veut réduire ses emballages en plastique neuf d’ici 2025. Il répond ainsi à la pression croissante des consommateurs sur les multinationales en matière d’environnement.  »D’ici 2025, Unilever garantira une réduction de moitié de ses emballages en plastique et collectera et transformera plus d’emballages en plastique qu’il n’en commercialise », a déclaré dans un communiqué le groupe anglo-néerlandais.

Cela concerne plus de 400 marques, dont Knorr, Lipton, Magnum, ou encore Dove. Le groupe, dont l’ »empreinte plastique » est d’environ 700 000 tonnes par an, veut accélérer l’utilisation de plastique recyclé et mettre fin à l’utilisation automatique d’emballages individuels pour certains produits, comme les glaces ou les savons.

« Le plastique a sa place, mais pas dans l’environnement. Nous ne pouvons réduire les déchets plastiques qu’en agissant rapidement et en prenant des mesures radicales« , a affirmé le directeur général du groupe, Alan Jope. « Nous devons introduire de nouveaux matériaux d’emballage innovants et développer de nouveaux modèles commerciaux, tels que les emballages réutilisables« , et ceci avec « une rapidité et une intensité sans précédent« , a-t-il ajouté.

Nestlé, Coca et Pepsi en lice aussi

Unilever n’est pas la première multinationale à se plier à la pression des consommateurs sur le sujet. En août dernier, Coca-Cola et PepsiCo ont annoncé simultanément leur retrait de la Plastics Industry Association, principal lobby du secteur plastique outre-Atlantique. Coca veut collecter et recycler l’équivalent de tous ses contenants d’ici 2030. De son côté, Nestlé vise pour 2025 100 % d’emballages recyclables ou réutilisables.

Par ailleurs, fin août, le patron d’Unilever Alan Jope a déclaré que le groupe pourrait se séparer de certaines de ses marques si elles ne faisaient pas la preuve de leur durabilité. « Est-ce que ces marques peuvent rendre la société ou la planète meilleure de façon durable, sur les prochaines décennies ?« , interroge le dirigeant.  »Certaines marques peuvent améliorer leur process de fabrication, réduire les emballages ou améliorer le bien-être animal. Si elles échouent, elles seront radiées du portefeuille », explique-t-il.

Ludovic Dupin avec AFP 

pour Novethic https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/a-partir-de-2025-le-geant-de-l-agroalimentaire-unilever-veut-collecter-plus-de-plastique-qu-il-n-en-vend-147775.html

Uberisation : la Californie adopte un projet de loi historique

Les législateurs californiens ont approuvé mardi un projet de loi qui oblige des entreprises comme Uber et Lyft à traiter leurs collaborateurs travailleurs comme des salariés. Une décision qui remet en cause l’organisation des entreprises de l’économie dite collaborative aux Etats-Unis et en Europe.

Uberisation : la Californie adopte un projet de loi historique dans ACTEURS mde2-1024x683Le contrat dit « d’adhésion » est défini unilatéralement par l’une des parties, installant le travailleur dans une insécurité financière permanente. (GettyImages/Andresr)

Mardi, les députés californiens ont approuvé un projet de loi HISTORIQUE. Celle-ci oblige des entreprises comme Uber ou Lyft à considérer leurs collaborateurs comme des salariés. Le projet de loi a été adopté par 29 voix contre 11 au Sénat de l’État et s’appliquera aux entreprises de l’économie collaborative. Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, a appuyé le projet de loi porté par la députée démocrate Lorena Gonzalez. Si elle est votée, la mesure entrerait en vigueur le 1er janvier 2020 et pourrait complètement remodeler l’économie du travail et, de fait, remettre en cause le modèle économique de ces entreprises et leur survie.

Une loi qui pourrait changer le futur de l’économie californienne

La loi pourrait influencer d’autres Etats. En effet, un travail de lobbying a déjà commencé dans l’État de New-York et un projet de loi similaire avance dans l’Etat de Washington et en Oregon. Un million d’indépendants sont concernés en Californie. Pour Lorena Gonzalez, cette loi pourrait changer le futur de l’économie californienne. Si Uber n’a pas immédiatement répondu, Adrian Durbin de Lyft s’est dit déçu : « Aujourd’hui, les dirigeants politiques de notre État ont raté une occasion importante de soutenir la très grande majorité des conducteurs qui souhaitent une solution réfléchie et qui équilibre la flexibilité avec une norme de rémunération et des avantages sociaux », a-t-il exprimé dans le New York Times.

Un vent de révolte souffle en France et en Grande-Bretagne

Depuis plusieurs mois, dans le monde, de plus en plus de juges requalifient les relations de travail entre les plateformes et leurs travailleurs en contrats de travail, avec pour conséquence l’application du droit du travail et donc de ses protections (salaire minimum, congés, protection sociale…). Ainsi, en Grande-Bretagne, Uber a fait appel d’une décision d’un tribunal selon laquelle les conducteurs devaient être considérés comme des salariés. La Cour suprême du pays devrait entendre des arguments dans cette affaire l’année prochaine. En France aussi, les choses bougent. En effet, en janvier, la cour d’appel de Paris a considéré qu’un chauffeur Uber était un salarié et que la relation entre la plateforme et son chauffeur n’était pas du type client-fournisseur. La chambre sociale de la cour de cassation avait déjà condamné l’entreprise Take eat easy

La fin de l’uberisation ?

Depuis, les entreprises paniquent ! Il faut dire que toutes ou presque fonctionnent sur un business model construit pour éviter le salariat. Le contrat dit « d’adhésion » est défini unilatéralement par l’une des parties, installant le travailleur dans une insécurité financière permanente. Or on ne saurait admettre que lorsque les conditions du salariat sont remplies, les travailleurs des plateformes en soient exclus. Le travailleur qui n’a pas le droit de créer sa clientèle (interdiction de garder les coordonnées du client), qui n’a aucun pouvoir de décision sur le prix de la course, qui travaille sous le contrôle (géolocalisation notamment) de la plateforme, qui peut être sanctionné par une déconnexion forcée, est toujours un salarié.

par Adélaïde Haslé Publié le 11 septembre 2019 à 10h04

 

Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Food Vision présente les enjeux alimentaires de demain

Pour la deuxième année consécutive, l’agence Protéines présente une étude sur les nouvelles tendances alimentaires : Food Vision. Elle vise à anticiper les futurs besoins des consommateurs et à faire bouger les lignes auprès des industriels et des distributeurs. Cette année, l’observatoire a été mené avec le cabinet XTC, qui vient de fusionner avec l’agence.

Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019
Protéines et XTC présentent leur rapport Food Vision 2019

Avec Food Vision 2019, l’agence Protéines et XTC veulent donner les clés aux industriels et aux distributeurs afin de cerner au mieux le consommateur de demain et ses besoins. L’étude analyse les changements dans la filière alimentaire et tente d’imaginer les tendances du futur. « 2/3 des innovations sont des échecs au bout de deux ans avec de gros montants d’investissements en R&D perdus. 50 % de ce que nous aurons en rayon dans 5 ans n’existe pas aujourd’hui », indique Xavier Terlet, fondateur de XTC. Face à l’accélération des évolutions des habitudes de consommations, un mot d’ordre : anticipation. Sur l’édition 2019, l’étude montre six axes clés de changement.

Un super-consommateur

Déjà le fort engouement pour tout ce qui concerne l’environnement. Dans ce cadre, des mouvements voient le jour comme #onestpret. Des prises de conscience qui se répercutent dans les comportements alimentaires avec par exemple la lutte contre le plastique et la volonté d’avoir moins d’emballage, en utilisant plus de vrac.

Deuxième item : la justice avec la notion de commerce équitable, de juste rémunération des producteurs. Des initiatives comme « C’est qui le patron » ou encore « Les éleveurs vous disent merci », montrent que les Français sont d’accord pour payer plus afin de mieux rémunérer l’amont agricole. Par ailleurs, le bio et les produits équitables sont désormais omniprésents.
Troisième axe : l’expérience de la food chain. Aujourd’hui le pack est un vecteur de communication qui a plus d’influence que la publicité tv. « Une marque qui se raconte sur un pack est de plus en plus normal et n’est plus uniquement l’apanage des petites griffes », explique Xavier Terlet.
Par ailleurs, les consommateurs ont soif de réassurance et de transparence. Si des initiatives ont déjà été menées à l’instar de journées portes ouvertes dans les usines, les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Ils veulent moins de transformation et contrôlent leur alimentation avec des recherches de preuves, qui vont au-delà des applications comme Yuka. C’est l’émergence du « super-consommateurs ».

Toujours de la défiance vis-à-vis des grandes industries

On note également des évolutions de comportements alimentaires avec le flexitarisme. Ces consommateurs, qui représentent 40 à 50 % de la population, fonctionnent au plaisir. « Le discours des marques autour du végétal est axé plaisir et gourmandise. On est désormais loin de la notion de santé », ajoute-t-il.
Enfin, les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle clé pour faire éclore les niches. « Ces derniers sont à regarder de près pour anticiper les nouvelles tendances, qui sont souvent véhiculées par des influenceurs », détaille Xavier Terlet.
De manière générale, il ressort donc une prise de responsabilité de l’ensemble des acteurs, dont les consommateurs. Aujourd’hui, si ces derniers restent encore défiants à l’égard des grandes industries, ce sentiment tend à diminuer grâce au travail opéré : montées en gamme, le bio, la premiumisation des produits. Mais ils ont encore du travail à faire. Pour rassurer, la course aux labels n’est plus forcément la meilleure solution. « Trop de labels tuent les labels. Et ceux non expliqués aux consommateurs ne servent à rien », ajoute Xavier Terlet.

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Conserves et surgelés : le marché peine à se redresser

Après des années de pertes liées à la méfiance des Français après l’affaire de la viande de cheval, le marché des plats préparés semble aujourd’hui se relever. Les consommateurs gardent cependant une certaine méfiance vis-à-vis des plats surgelés et des conserves.

Ces dernières années ont été difficiles pour le secteur des plats cuisinés. Depuis trois ans, les ventes repartent progressivement à la hausse après des années de méfiance qui ont fait suite au scandale de la viande de cheval, provenant de l’usine Spanghero. En grandes et moyennes surfaces (qui représentent les trois quarts du marché), les ventes devraient progresser de 2,5% en 2019, soit autant qu’en 2018 selon l’analyste Xerfi France. Ainsi, à la fin de l’année, ce marché devrait atteindre au total cinq milliards d’euros et le chiffre d’affaires des fabricants de plats préparés devrait progresser de 2%.

Dégringolade depuis Spanghero et changement de méthode

En 2013, au moment du scandale de la viande de cheval, les ventes de produits cuisinés et surgelés ont lourdement chuté. Tous les secteurs étaient alors concernés, des pizzas aux plats tout faits en passant par les raviolis en conserve et les surgelés. Restaurants et fast-food s’inquiétaient comme les grandes surfaces de la méfiance des Français sur le sujet. Durant deux ou trois années, les ventes ont été incapables de se ressaisir, perdant parfois jusqu’à 50% en volume sur un an lors des pires semaines (plusieurs fois entre février et juin 2013) et près de 10% sur la seule année 2013. La perte de confiance suite à cette tromperie était alors inévitable.

L’enseigne Picard notamment a directement été impactée et a dû réagir pour rassurer les consommateurs. «Depuis cette crise, nous effectuons systématiquement des tests ADN sur tous nos produits. Nous sommes assurés désormais que nos plats préparés à base de bœuf sont 100% origine France et l’origine est systématiquement indiquée sur nos emballages», assure-t-on dans l’entreprise. Toutefois, leurs ventes ont plus nettement progressé que la moyenne. Entre 2013 et 2018, ils ont grimpé de 15%, malgré une baisse des ventes durant le scandale de près de 40%. Finalement, les seuls plats cuisinés à base de viande ont eux augmenté de 6,1% en 2017 et de 3,6% en 2018, témoignant du net rebond en place depuis deux ans.

» LIRE AUSSI - La consommation de plats préparés en chute libre

Autre gage de fiabilité, l’innovation et l’amélioration de la qualité des produits. C’est sur ce domaine que se penchent de nombreuses entreprises depuis quelque temps, se tournant parfois vers le bio et le végétal. C’est notamment le cas des plats livrés, l’objectif étant de faire repartir tous les secteurs des plats préparés et de tourner la page du scandale Spanghero.

Aujourd’hui, les produits à forte valeur ajoutée se portent mieux

Car certains produits ne rassurent pas encore totalement. En effet, en 2018, les conserves et les surgelés amenuisent les bons résultats globaux du secteur. Ces deux types de produits, dont le marché est évalué à 2,1 milliards d’euros, séduisent moins les consommateurs. En cause, la crainte de consommer des produits «ultratransformés», comme l’explique Xerfi, mêlée à la frilosité de se procurer de «l’entrée de gamme» surgelée. Pour autant, la baisse des ventes enregistrée en 2018 sur les conserves et les surgelés devrait être moins importante en 2019, notamment suite à la mise en œuvre de stratégies industrielles qui visent à moderniser ces produits. Une promesse de montée en gamme, dont témoignent les conserves bios de et les recettes dites «premium» de certaines grandes marques.

 

 

  • Mis à jour le 21/01/2019 à 17:37

 

  • Publié le 21/01/2019 à 17:04

» LIRE AUSSI - La livraison de repas à domicile en plein boom

Ainsi, ce sont les plats jugés plus frais qui portent clairement le secteur des plats préparés. Les plats emballés ou encore les pizzas et les entrées fraîches notamment soutiennent nettement les ventes car ils profitent, eux, d’une bonne image: pratique, plus sain et relativement abordable.

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