Archive pour juillet, 2019

Le Ceta va-t-il faire débarquer de la viande aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques dans nos assiettes ?

Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Les experts jugent qu’il faudra renforcer les contrôles, ce que le Ceta ne prévoit pas.

Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche).
Des manifestants hostiles au Ceta avec un cheval de Troie devant le Parlement autrichien, le 20 septembre 2017 à Vienne (Autriche). (JOE KLAMAR / AFP)

Jamais un texte n’avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L’Assemblée nationale a approuvé mardi 23 juillet la ratification du controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM. La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 « marcheurs » se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte.

L’un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d’élevage et sur les consommateurs français. L’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande, alerte ainsi dans un communiqué sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d’animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques.

Le gouvernement n’a eu de cesse de le marteler, tout comme le député LREM Jacques Maire, rapporteur du projet de loi de ratification, sur franceinfo : « Le Ceta ne change rien. » Et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne d’insister dans Le Monde « Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. » Alors, vrai ou « fake » ?

Qu’est-il prévu pour le bœuf aux hormones ?

Ce que dit l’Union européenne. L’UE  »interdit l’administration sans objectif thérapeutique de substances chimiques à des animaux en bonne santé » et donc des hormones de croissance, « compte tenu notamment des doutes relatifs aux effets secondaires pour la santé humaine », rappelle le rapport de la commission indépendante chargée par le Premier ministre d’évaluer le Ceta.

Ce que dit le Canada. Les hormones de croissance y sont autorisées. Six stimulateurs de croissance hormonaux sont homologués pour être administrés aux bovins de boucherie canadiens. Trois sont naturels : la progestérone, la testostérone, le 17 bêta-œstradiol. Et trois sont synthétiques : l’acétate de trenbolone, le zéranol et l’acétate de mélengestrol. L’utilisation des stimulateurs de croissance n’est autorisée pour aucune espèce animale autre que les bovins de boucherie.

Ce que dit le Ceta. Le texte prévoit que l’importation de viande issue d’animaux traités aux anabolisants reste interdite.

Comment sont traités les farines animales ?

Ce que dit l’Union européenne. Les farines animales, produites à partir de restes d’animaux et destinées à nourrir les bêtes dans les élevages, sont interdites en Europe depuis la crise sanitaire de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dans les années 1990.

Leur interdiction en Europe,  »en vertu du principe de précaution », est toutefois « une question éthique et non de santé publique », pointe Lionel Fontagné, professeur d’économie à la Paris School of Economics de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Car, fait-il valoir, « ces farines ne présentent aucun danger sanitaire, dans la mesure où, depuis l’ESB, les processus industriels d’inactivation du prion ont été rendus systématiques ». Mais, reconnaît l’économiste, « on peut préférer consommer du bœuf élevé en pâturage ou avec du fourrage bien sûr, ce qui est le cas en choisissant une viande originaire de France. Nous avons obtenu un système dérogatoire de ce point de vue ».

Ce que dit le Canada. Ces farines de sang, de viande, d’os ou de résidus de poisson sont autorisées au Canada. Elles « sont interdites à partir du moment où elles proviennent de bovins qui sont partis à l’équarrissage », c’est-à-dire  »des bovins malades », précise Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech au cours d’une table ronde à l’Assemblée. « En revanche, les farines animales sont autorisées quand elles proviennent de carcasses de bovins en bonne santé destinés à l’alimentation humaine. » 

Ce que dit le Ceta. Le Ceta ne se prononce pas sur le cas des farines animales. Et à ce jour,  »rien n’interdit l’importation en Europe d’animaux nourris aux farines animales, en provenance du Canada ou d’ailleurs » dans les textes européens, fait remarquer l’économiste Lionel Fontagné.

Et pour les animaux traités aux antibiotiques ?

Ce que dit l’Union européenne. Au sein de l’UE, les antibiotiques administrés en tant qu’accélérateurs de croissance sont interdits depuis 1996, rappelle le rapport sur l’impact du Ceta remis au Premier ministre.

Ce que dit le Canada. Au Canada, ils sont autorisés. Depuis fin 2018, ils sont toutefois vendus uniquement sur ordonnance« Les Canadiens sont devenus plus vigilants, observe l’agronome Sophie Devienne. Mais ça n’interdit absolument pas l’usage des antibiotiques dans l’alimentation du bétail. »

Ces antibiotiques sont « incorporés dans l’alimentation de manière systématique pour éviter à moindre coût l’apparition de maladies », indique la commission indépendante sur le Ceta. « Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins en économisant une période hivernale. »

Le problème, note la commission, c’est que « ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance ». En outre,  »le risque est important de voir des résidus de facteurs de croissance ou d’agents microbiens se répandre dans les écosystèmes en modifiant leur équilibre, notamment dans le milieu aquatique ».

Ce que dit le Ceta. Le Ceta reste muet au sujet de ces antibiotiques. « Ils n’ont pas à être mentionnés dans le Ceta, analyse l’économiste Lionel Fontagné, car une nouvelle réglementation proposée par le Parlement européen et adoptée en juin 2018 les interdits pour les importations de toutes provenances. » 

Ce règlement « doit entrer en vigueur au plus tard en 2022, le temps de le traduire en actes juridiques », précise le professeur d’économie. « Cela permettra aussi aux pays tiers de mettre en place des filières spécifiques d’élevage pour l’exportation vers l’UE, comme dans le cas du bœuf sans hormones. »

Mais en attendant que ce règlement s’applique,  »cette viande produite avec des antibiotiques facteurs de croissance donnés en préventif, et nourrie éventuellement avec des farines animales, peut arriver sans aucun problème sur le marché européen, sans contrôle, puisque ce n’est pas interdit dans le cadre du Ceta », tranche l’agronome d’AgroParisTech Sophie Devienne.

Les contrôles sont-ils efficaces ?

Ce qui se fait au Canada et dans l’UE. A ce jour, des contrôles sont réalisés à la fois au Canada et en Europe. « Il existe depuis 1998 une collaboration du Canada et de l’UE dans les questions sanitaires », en application d’un accord vétérinaire européo-canadien, expose l’économiste Lionel Fontagné.  »Le Canada est tenu de notifier à l’UE – et réciproquement – tout problème sanitaire sur des élevages », ajoute le professeur d’économie.

« Des audits sanitaires, réalisés par des inspecteurs de la Commission européenne, ont régulièrement lieu au Canada, pour vérifier la fiabilité des certifications canadiennes », précise Cecilia Bellora, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), rattaché à Matignon.

« L’audit de 2014 avait mis en évidence un problème de traçabilité des bovins », rappelle l’économiste Lionel Fontagné. « Deux systèmes de marquage co-existaient au Canada » qui « s’était engagé à régler le problème », en adoptant « une base de données unique pour 2016″« Le dernier audit sanitaire de l’UE au Canada a eu lieu en 2016, écrit la direction générale du TrésorLes résultats étaient satisfaisants, notamment pour la filière bœuf sans hormone et porc sans ractopamine. » Il n’y avait « pas de problème de traçabilité ». Les inspecteurs de la Commission sont repartis avec un  »grand niveau de confiance ». Le Trésor annonce un nouvel audit en 2019, sans préciser la date.

Des contrôles sont aussi menés sur les produits importés aux points d’entrée de l’UE. L’Inspection générale des finances a dressé le bilan de ceux faits à un poste d’inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des « lacunes » : aucune recherche d’hormones n’est réalisée sur les viandes importées, la recherche d’antibiotiques n’est réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n’est effectuée que dans l’huile de poisson.

Ce que prévoit le Ceta. « Rien ne figure dans le Ceta sur l’adaptation nécessaire de l’organisation des contrôles », constate la commission indépendante chargée d’évaluer le traité. Pis, le Ceta permet une diminution des contrôles physiques.

A partir du moment où on signe le Ceta on diminue le taux de contrôle. Sur les viandes, on est à 20% de taux de contrôle des matières en moyenne. Avec l’accord Ceta, on descend à 10%.Sophie Devienne, agronome à AgroParisTechlors d’une table ronde à l’Assemblée nationale

Les membres de la commission estiment pourtant que les moyens mobilisés pour assurer ces contrôles, au Canada comme dans l’UE, risquent de ne pas être suffisants pour faire face à la probable prochaine augmentation des produits canadiens destinés à l’exportation vers l’UE.

Côté canadien, la commission recommande donc qu’une mission de l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne aille au Canada s’assurer de l’efficacité des programmes de certification « sans hormones » et « sans ractopamine » et obtienne des garanties sur les moyens mobilisés. Et côté européen, la commission préconise le renforcement des contrôles et des analyses, notamment la recherche d’hormones, sur les viandes canadiennes à leur arrivée dans les postes d’inspection frontaliers européens.

La viande canadienne va-t-elle inonder le marché européen ?

Ce qui est importé aujourd’hui. Si le Ceta n’a pas encore été ratifié par la France, il est déjà entré en vigueur provisoirement et partiellement depuis bientôt deux ans, ce qui permet une première analyse. « A ce stade, les quotas ouverts par l’UE pour les exportations canadiennes de viande bovine restent largement sous-utilisés », observe l’économiste du Cepii Cecilia Bellora, citant le rapport de l’Inspection générale des finances.

Fin 2018, 470 tonnes de viande canadienne ont été importées dans l’UE : 354 tonnes de viande bovine, fraîche comme réfrigérée et 116 tonnes de viande de bison. Le Canada n’a exporté aucune viande bovine congelée. Au niveau européen, cela représentait 2,5% des volumes prévus par les quotas pour la viande bovine fraîche et 3,8% de ceux pour la viande de bison. Et, sur ces 470 tonnes, 14 seulement étaient à destination de la France. « A titre de comparaison, la production de viande bovine en France est de 1,4 million de tonnes et en UE de 7,8 millions de tonnes », relève l’économiste du Cepii Cecilia Bellora.

Ce qui pourrait être importé demain. Le Ceta accorde au Canada un quota annuel d’exportations vers l’Europe de 65 000 tonnes de viande bovine. Mais au vu du premier bilan,  »l’accord entraînera une augmentation globalement limitée des importations européennes de viandes de porc et de bœuf canadiennes », d’après la commission indépendante sur le Ceta. Le Cepii fait la même hypothèse, dans son évaluation de l’impact du Ceta. Une analyse également partagée par AgroParisTech, l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut du porc (Ifip) dans leur analyse.

Le Ceta offre certes au Canada « de nouvelles opportunités pour développer une production porcine sans ractopamine et bovine sans hormone ». Et cela « ne va pas manquer d’intéresser les exportateurs canadiens très performants », reconnaît AgroParisTech, l’Idele et l’Ifip. Mais « le Canada est bien installé sur des marchés d’intérêt », comme les Etats-Unis, « dont il ne se détournera pas ». Et « les filières canadiennes doivent s’organiser pour fournir du porc produit sans ractopamine et des bovins sans hormone ».

AgroParisTech redoute cependant une déstabilisation des prix, notamment au printemps et en été, saisons des barbecues et de la viande grillée, et quand le taux de change sera favorable au dollar canadien face à l’euro. Et la hausse, même limitée, des importations sera  »susceptible d’affecter négativement un secteur de l’élevage déjà affaibli dans l’Union européenne », prévoit la commission.

En France, comme dans le reste de l’UE, ce sont les élevages bovins allaitants qui seront touchés. Et la France, où la consommation porte essentiellement sur les vaches de réforme, pourrait être particulièrement touchée.La Commission européennedans un rapport

Le Ceta fait planer une autre menace sur la filière, pronostique la commission. « Les caractéristiques des modes de production au Canada (…) pourraient contribuer à fragiliser la confiance du consommateur européen vis-à-vis de la viande bovine en général et venir renforcer les difficultés de la filière. » La commission conseille donc de mettre l’accent sur l’étiquetage des produits pour mieux distinguer leurs provenances et leurs modes de production.

Compte tenu de toutes ces observations, Sophie Devienne déplore « un accord de nouvelle génération extrêmement décevant », « très en deçà des exigences qu’on devrait avoir »« Le principe de précaution de l’Union européenne risque d’être attaqué devant l’OMC par un certain nombre de pays, dont fait partie le Canada », prévient-elle. Or, comme « les exigences sont moindres » au Canada, « il y a un risque d’harmonisation vers le bas des normes européennes ».

 

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Benoît ZagdounFrance Télévisions

 

Prix “C’est qui le patron” : incorrigibles Leclerc !

Prix “C’est qui le patron” : incorrigibles Leclerc !

Le 23 juillet 2019

LeclercCquiLePatron2

Annoncé en grande pompe par MEL et Nicolas Chabanne fin mai, le “deal” Leclerc / C’est qui le patron se met progressivement en place avec la “descente” des produits en magasin.

Sous-vendeur de la gamme, largement distancé par Carrefour dans le soutien à cette démarche consumériste/équitable, Leclerc promet, depuis, de devenir le meilleur élève de la classe.

Sur les volumes, l’ouverture des 600 hypers de l’enseigne à toute la gamme ou presque va produire un effet mécanique sensible. Mais le risque – si C’est qui le patron n’y prend pas garde – est d’agacer singulièrement les concurrents de Leclerc, et notamment le soutien historique Carrefour.

Car, incorrigibles, de nombreux Leclerc profitent de prix affichés sur les packs pour… vendre moins cher. Et, ce faisant, se payer une bonne tranche d’image-prix. Comme ici dans cet hyper où 13 des produits présents sont moins chers que le “bon” prix (comprendre : celui qui a été voté par les consommateurs et qui est affiché on-pack). Parfois, l’écart est énorme : 20 % sur la compote. Incorrigibles Leclerc mais… tellement prévisibles.

source: https://www.olivierdauvers.fr/2019/07/23/prix-cest-qui-le-patron-incorrigibles-leclerc/

Uber va tester la livraison de repas en Californie

Uber s’apprête à tester la livraison de repas par drones, a annoncé le spécialiste de la réservation de voitures avec chauffeur, un concept qui combine le savoir-faire de son service Uber Eats et ses ambitions dans l’aérien.

 

Le groupe américain a annoncé, lors de son « sommet » Elevate organisé à Washington, avoir reçu l’accord des autorités pour tester auprès de vrais clients des livraisons dans la région de San Diego, au sud de la Californie (ouest). « Uber a une position unique pour se lancer dans ce défi car nous disposons du réseau de restaurants et de livreurs partenaires de Uber Eats ainsi que l’expérience et la technologie dans le domaine aérien de (notre division) Elevate », qui travaille entre autres sur de futurs « taxis volants », a expliqué Luke Fischer un des responsables de Uber Elevate.

Les drones ne remettront pas directement les repas aux clients mais les livreront dans des zones sécurisées, où un livreur Uber Eats viendra récupérer le cheeseburger ou les sushis pour les apporter au client. A terme, l’idée serait de faire atterrir les drones sur des voitures garées au plus près du client final. Uber a mis au point son propre système de contrôle aérien –baptisé Elevate Cloud Systems– qui servira à diriger les drones. Un test préliminaire a eu lieu avec McDonald’s, a précisé Uber, qui compte étendre son test grandeur nature à d’autres restaurants avant la fin de l’année.Même si le marché n’est encore que balbutiant, d’autres entreprises se lancent dans la livraison de colis ou de repas par drones.

La société a par ailleurs dévoilé son dernier véhicule autonome construit par Volvo, le XC90, qui sera « entièrement autonome » selon Uber, qui a signé en 2017 un contrat avec le constructeur automobile pour produire « des dizaines de milliers » de voitures autonomes. Le patron d’Uber Dara Khosrowshahi a déclaré mardi que des taxis entièrement autonomes n’arriveraient pas sur les routes avant au moins 15 ans. Mais avant cela, les véhicules intègreront progressivement des fonctions partiellement autonomes, avait-il estimé. Uber, qui perd des sommes colossales, cherche à se diversifier au-delà de son cœur de métier.

Par l’AFP

Le 13 juin 2019 à 21:03

 

Menace sur le beurre C’est qui le patron

CQLP Beurre

C’est à la fois la force et la limite de la démarche C’est qui le patron… D’abord, en affichant le prix sur les packs de ses produits, C’est qui le patron “norme” les PVC en rayons, freinant les évolutions que les coûts matière pourraient justifier. Ensuite, en instaurant le principe d’une forme de démocratie consumériste, impossible de modifier l’un des paramètres du cahier des charges (par exemple le prix) sans l’accord des sociétaires/consommateurs. Force et limite… Car le beurre C’est qui le patron est aujourd’hui menacé, à la fois par les calculs initiaux (et trop serrés) du fournisseur et par l’évolution des marchés mondiaux des sous-produits du lait. Explications en chiffres…

Depuis l’origine, le beurre C’est qui le patron est extrêmement est compétitif, trop peut-être : 2,20 € pour 250 g, qui plus est avec la garantie bio. Mais ce prix n’est plus tenable pour le fournisseur, Sodiaal. Le prix avait été calculé sur la base d’un paiement à l’éleveur de 450 €/1 000 l. Or Sodiaal paye actuellement 466 €. Première perte en ligne donc pour la coopérative. Ensuite, Sodiaal, en acceptant le marché, estimait pouvoir revendre la poudre de lait bio restante à 3 300 € la tonne. Or la valorisation actuelle n’atteint même pas 2 000 €. Conséquence : pour assurer la pérennité de la démarche, le prix en rayon devrait passer de 2,20 € à 2,94 €. Soit la bagatelle de + 30 %. D’où l’intérêt de la consultation en cours qui indiquera déjà jusqu’où les sociétaires sont prêts à aller. S’ils répondent “non” au nouveau prix suggéré, le produit disparaîtra automatiquement des rayons. S’ils l’acceptent, l’évolution des volumes vendus en dira aussi long sur la réelle volonté des consommateurs d’être des consomm’acteurs. Voilà pourquoi, et à bien des égards, le dossier “beurre CQLP” est bigrement intéressant.
Le 09 juillet 2019

source: https://www.olivierdauvers.fr/2019/07/09/menace-sur-le-beurre-cest-qui-le-patron/

Marques et transparence : Les propositions choc du think tank agroalimentaire

 jeu. 27 juin 2019 à 18:25 •  • Terre-net Média

Réunis au sein du think tank agroalimentaire, une trentaine d’acteurs agricoles et agroalimentaires ont présenté, jeudi 27 juin, 18 recommandations pour sortir l’agriculture et les filières agroalimentaires françaises des difficultés. Certaines d’entre elles – orienter la Pac vers la transition agricole, rentre totalement transparente l’origine des produits, créer « 20 marques d’excellence française » – chamboulent l’ordre agricole et agroalimentaire établi, quitte à remettre en cause le fonctionnement de filières entières, comme en viande bovine.

Table ronde lors de la présentation des 18 recommandations du think tank agroalimentaireDe gauche à droite: Olivier Dauvers, directeur du think tank agroalimentaire, Jean-Marie Séronie, agroéconomiste, Julie Davico-Pahin, fondatrice de la start’up Ombréa, Philippe Goetzmann, élu à la CCI d’Ile-de-France et Davod Barroux, des Echos. (©@LesEchosEvents)

Les représentants du think tank agroalimentaire ne voulaient pas être trop pessimistes quant à l’évolution économique des secteurs agricoles et agroalimentaires. Mais quelques chiffres, présentés en introduction de la présentation de leurs 18 recommandations « pour une nouvelle politique agricole et alimentaire »jeudi 27 juin 2019, ont suffi à brosser un panorama alarmiste. « Alors que les exportations ont progressé d’un tiers, les importations ont augmenté de moitié. Aujourd’hui, l’Allemagne exporte plus de fromages que la France », a expliqué Jean-Marc Vittori, économiste et éditorialiste aux Echos, pour qui il y a de « nombreuses raisons de s’inquiéter ».

« Depuis 2000, la production agricole stagne. Nous perdons donc des parts de marché. La France est passé de la 2e place à la 5e place en termes de parts de marché mondial derrière les États-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Brésil » explique Olivier Dauvers, directeur du think tank, et spécialiste de la distribution et de la consommation agroalimentaire. Et bientôt à la 6e place derrière la Chine.

Il faut bousculer cette défense du modèle agricole familial à la française.

Alors comment sauver l’agriculture et les agriculteurs, la puissance agroalimentaire du pays ? « Nos recommandations vont piquer certains », prévient-il. « Il faut arrêter de croire qu’il n’y aura, demain, que des exploitations de 50 vaches allaitantes », poursuit Jean-Marc Vittori.

Des aides Pac pour accompagner la transition et non plus soutenir un revenu

L’un des leviers proposés par le think tank s’oriente logiquement vers la réforme de la Pac. « Les aides de soutien direct au revenu sont sans perspectives à long terme », juge Jean-Marie Séronie, agroéconomiste ayant participé aux réflexions. En viande bovine par exemple, les aides couplées sont pour beaucoup dans la déconnexion de la filière au marché.

« Les aides ne doivent plus être un soutien au revenu, mais un accompagnement à la transformation », tranche-t-il. Il s’agit « d’accompagner les évolutions sous deux angles : la transition agroécologique et l’économie ». « La transition agroécologique, c’est tout sauf revenir à l’agriculture des grands-parents, comme le disent certains ». L’auditoire aura compris l’allusion aux propos récents du ministre de l’agriculture. « Au contraire, c’est extrêmement technique. Il s’agira à la fois d’ exploiter le numérique et les nouvelles technologiestout en revenant au naturel, en exploitant toutes les interactions entre systèmes vivants.

L’agriculture sera gourmande, non plus en intrants, mais en connaissances.

S’il faut, selon lui, ne plus utiliser les fonds européens comme soutien au revenu des agriculteurs, les aides de la Pac doivent néanmoins aider économiquement un secteur fragile, voire en difficulté. « Les systèmes assuranciels sont une voie d’avenir. Actuellement, la Pac ne porte pas les systèmes assuranciels. Ça pourrait être un élément commun européen. » Des propos qui font allusion, là encore, mais dans le même sens cette fois, à ceux de Didier Guillaume qui souhaite une « assurance généralisée » pour les agriculteurs ».

« Industriels, arrêtez de faire semblant de soutenir l’agriculture française ! »

Si le secteur agricole doit opérer sa « transformation », le secteur agroalimentaire et la distribution sont aussi montrés comme responsables de ce déclin français face à nos concurrents internationaux. Sur le marché intérieur, le think tank exhorte les industriels à inciter les consommateurs à « consommer français ». « Seule une modification de la demande des consommateurs pourra soutenir l’offre française » et donc l’agriculture, remarque Olivier Dauvers. « Or, aujourd’hui, il n’y a pas de transparence, mais beaucoup d’hypocrisie : L’origine du produit n’est visible que si elle est valorisante. »

Aujourd’hui, il n’y a pas de transparence, mais beaucoup d’hypocrisie.

Olivier Dauvers a ainsi taclé les représentants industriels présents dans la salle, photos à l’appui. Sur une photo d’un rayon de supermarché, une conserve de lapin « origine France » côtoie un autre, quasi identique, sans mention de l’origine. « Arrêtez cette hypocrisie. Indiquez que le lapin est chinois s’il vient de là-bas ! » Selon lui, la mention de l’origine, surtout quand elle n’est pas française, orienterait davantage les consommateurs vers les produits français. Cela contribuerait à soutenir l’agriculture française.

Industriels, vous ne valorisez l’origine française que quand ça vous arrange ! Arrêtez de faire semblant de soutenir à l’agriculture française.

Cette totale transparence de l’origine ne serait possible que de deux manières : « une manière coercitive en imposant par la loi aux industriels et distributeurs de mentionner l’origine » quelle qu’elle soit, ou « un engagement des marques et des enseignes à la symétrie dans les promesses d’origine, avec la collaboration des fédérations des filières ».

À l’instar du comté, créer ou développer des marques d’excellence

Enfin, à l’export, le think tank suggère de concentrer les moyens mis en œuvre sur une vingtaine de marques, à créer ou dynamiser, et non sur des labels dans lequel le consommateur ne s’y retrouve pas. « Le comté ou le roquefort ont une valeur de marque très forte ». Mais quid des autres produits des autres filières ? Dans la filière céréalière, «  le pain à la française est un produit extraordinaire mais non valorisé », estime Philippe Goetzmann, ancien directeur des relations institutionnelles d’Auchan Retail France. « On pourrait faire de la baguette une marque à forte valeur sociétale. » Le think tank propose d’identifier des produits avec un potentiel fort à l’international, et de définir une « origine clairement identifiée et un cahier des charges amont et aval, notamment en termes de qualité sanitaire et gustative et de valeur sociétale ».

Cette démarche consistant à « construire une stratégie de filière en partant des besoins des consommateurs mondiaux et non de la production » pourrait cependant bouleverser de nombreuses logiques de filière, comme en viande bovine. « Ça fera mal à la filière bovine, en particulier aux éleveurs, mais ils doivent choisir : rester comme actuellement ou changer de modèle. »

Pour une nouvelle politique agricole et alimentaire : Les 18 recommandations du think tank agroalimentaire

Voici les 18 recommandations « faites au gouvernement et aux acteurs de la filière » :

  • Réaffirmer la mission agricole et agroalimentaire de la France
  • Repenser les périmètres et les compositions des interprofessions
  • Accepter la diversité des modèles agricoles, y compris les exploitations « agro-industrielles »
  • Limiter les distorsions dans les coûts de main-d’œuvre entre pays de l’UE
  • Remettre « le choc de simplification » à l’ordre du jour
  • Conditionner les aides à la mise en œuvre d’une réelle transition agricole
  • Revendiquer un référentiel européen
  • Assurer le contrôle du socle européen de bonnes pratiques
  • Mettre davantage en cohérence la politique agricole avec l’ensemble des politiques européennes
  • Acter le principe de non-surtransposition
  • Donner aux exploitants les moyens de gérer les aléas avec des outils assurantiels
  • Créer un observatoire des distorsions dans les conditions de production selon les pays
  • Détecter les points d’inéquité majeurs pour concentrer la négociation avec les partenaires européens
  • Accepter la remise en cause d’un modèle de « flux poussé »
  • Accroître la transparence avec la blockchain
  • Identifier 20 marques/filières d’excellence alimentaire française pour concentrer les moyens
  • Permettre réellement l’identification de l’origine des produits par le consommateur
  • Favoriser l’émergence d’un indicateur de valeur sociétale

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