Une plante a poussé sur la Lune

Une graine de coton aurait germé dans le petit caisson étanche emporté par la sonde Chang’e 4 qui s’est posée sur la Lune le 3 janvier. C’est la première fois que l’homme fait pousser une plante sur la Lune.

La Chine aurait fait pousser une plante sur la Lune. Pas dans le sol lunaire évidemment, mais dans un petit caisson étanche en aluminium d’un volume d’un litre et de près 3 kg emporté par la sonde Chang’e 4, qui s’est posée le 3 janvier. Ce serait une des graines de coton qui aurait germé, selon l’agence de presse officielle Xinhua. Cette dernière s’est toutefois trompée en légendant les images qu’elle a diffusées puisqu’elle a pris les trois photos prises dans le conteneur témoin resté sur Terre (ci-dessous) pour des images prises dans le caisson envoyé sur la Lune…

Les images de l'expérience-témoin restée sur Terre (ci-dessus) ont été prises pour des images réalisées dans le caisson envoyé sur la Lune...

Dès lors il semble difficile de faire confiance aux différentes sources qui reprennent l’agence. Le communiqué de l’université de Chongqing, responsable de l’expérience,ne précise pas, d’après ce que nous en comprenons (il n’est disponible qu’en chinois pour le moment), que c’est une graine de coton qui a germé sur la Lune.

Sur les 170 clichés pris au cours de l’expérience, seul un a été rendu public. Pris le 7 janvier, il semble effectivement montrer ce qui ressemble à une feuille. Notons que c’est une image historique: c’est la première fois que l’humanité fait pousser un organisme ailleurs que sur Terre (si l’on met de côté la Station spatiale internationale dans laquelle les astronautes ont déjà cultivé – et mangé! – de nombreux végétaux). Cela démontre d’une certaine manière qu’il devrait être possible de cultiver des plantes dans un environnement contrôlé le jour où l’humanité voudra s’installer dans la Lune.

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L’université précise par ailleurs qu’un caisson témoin resté sur Terre a vu germer des graines de cotons et de colza. Ce dernier était contrôlé pour que les conditions de températures, de pression, etc, soient les mêmes que celle régnant sur la Lune. Seule la gravité devait changer entre les deux dispositifs.

Les espèces de plantes envoyées par la Chine sur la Lune.

L’université donne aussi quelques précisions sur les conditions de l’expérience. Celle-ci a démarré après l’alunissage le 3 janvier. Ce n’est qu’à ce moment que l’eau a été injectée dans les différentes expériences. Les caissons comprenaient quatre plantes différentes – des graines de colza, de coton, de pomme de terre et d’arabidopsis (une plante modèle très courante en biologie) – ainsi que des larves de drosophiles et de la levure. L’idée était de recréer une petite biosphère isolée. Les plantes devaient générer l’oxygène et la nourriture nécessaires à la levure et aux mouches, qui devaient, elles, émettre en respirant le dioxyde de carbone nécessaire aux plantes. Les levures devaient enfin décomposer les déchets tout en pouvant servir de nourriture aux drosophiles.

Les mêmes graines avaient également été plantées dans des bacs ouverts gardés dans le laboratoire, après avoir observé la même période de trois mois d’hibernation que celles envoyées dans l’espace (deux mois avant le lancement, puis un mois de voyage vers la Lune avant de se poser). Trois plantes y ont germé: coton, colza et pomme de terre.

Rien ne laisse en revanche penser que la petite biosphère envoyée vers la Lune s’est développée correctement après son long périple. L’université ne donne aucune information, à notre connaissance, sur le sort des levures et des drosophiles. Elle précise simplement que les plantes qui ont germé (sans préciser lesquelles, encore une fois) ont poursuivi leur croissance jusqu’au 12 janvier, date à laquelle l’expérience a été arrêtée. La nuit tombait en effet pour une durée de 14 jours. La sonde manquant déjà cruellement d’énergie pour se réchauffer elle-même, elle ne pouvait pas en consacrer pour maintenir en vie cette petite expérience.

Ce que l’on peut dire avec certitude aujourd’hui, c’est que tout ce que le caisson contenait de vivant est désormais congelé. Et lorsque le Soleil se lèvera dans une dizaine de jours, toute cette matière organique morte devrait se décomposer rapidement. Le caisson étant étanche, ces résidus biologiques ne devraient toutefois pas contaminer la surface lunaire.

 


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