Le poulet FitLife de Doux soutenu en Arabie saoudite par Le Drian

Lors de son déplacement à Ryad, le chef de la diplomatie française a évoqué avec les autorités saoudiennes le renforcement des liens économiques avec la France.Lors de son déplacement à Ryad, le chef de la diplomatie française a évoqué avec les autorités saoudiennes le renforcement des liens économiques avec la France. | Daniel FOURAY - André THOMAS

C’est en présence de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires Étrangères et ancien président du conseil régional de Bretagne, de son successeur à ce poste Loïg Chesnais-Girard, et des dirigeants du groupe Doux qu’a été lancée hier en Arabie saoudite sa nouvelle gamme de poulets FitLife. Un enjeu majeur pour le volaille breton, en difficulté.

Comme l’avait annoncé en septembre, Christophe Couroussé, directeur du pôle volailles de Terrena et président de Doux, ce nouveau produit FitLife de poulets congelés haut de gamme destiné à l’Arabie Saoudite est issu d’un travail en collaboration avec la filière Bleu Blanc Cœur et le pôle de compétitivité Valorial, soutenu par la Région Bretagne.

Le volailler français a bénéficié d’un coup de pouce de haut niveau en la personne de Jean-Yves Le Drian, ancien président du conseil régional de Bretagne et surtout ministre des Affaires étrangères. Le lancement de la gamme Fitlife en Arabie saoudite a en effet été inclus dans le programme du déplacement, les 15 et 16 novembre, du chef de la diplomatie française, au royaume saoudien.

Coopération économique renforcée

Jean-Yves Le Drian y a rencontré le roi Salmane ainsi que le nouvel homme fort du régime, le jeune prince-héritier Mohammed Ben Salmane, son fils. Outre le risque de crise au Liban, la guerre au Yémen, la lutte contre le terrorisme et son financement, la sortie de la crise syrienne, les rencontres portaient également sur le renforcement de la coopération économique entre la France et le royaume. Ceci notamment dans le cadre du plan de modernisation « Vision 2030″ porté par le prince-héritier.  Le soutien à Doux figurait dans cette partie des échanges.

Pour sa part, Loïg Chesnais-Girard, lui aussi du voyage, a déclaré : « Nous sommes au côté des dirigeants de Doux pour réussir ce projet stratégique. Doux est une entreprise majeure pour la Bretagne. Elle a des compétences fortes, depuis les éleveurs jusqu’aux salariés. Et les marchés sont là. »

Le succès de cette nouvelle gamme est d’une importance majeure pour Doux, qui enregistre de graves difficultés à l’export, sur son marché traditionnel du poulet congelé : 35 millions d’euros de pertes l’an dernier , soit près d’un million par semaine. Intenable, pour le n° 3 français de la volaille (8 sites de production à l’Ouest, 1 500 emplois directs, 5 000 indirects, 300 éleveurs).

Basé à Châteaulin (Finistère), il a été racheté voilà un an par le groupe coopératif d’Ancenis Terrena (4,7 milliards de chiffre d’affaires, 12 000 salariés), déjà très présent dans la volaille avec son pôle Gastronome (1,5 milliard d’euros).

Un audit avait confirmé que pour les marchés traditionnels du Moyen-Orient, il n’était plus possible de concurrencer le poulet d’entrée de gamme produit au Brésil à partir de soja et de cérales transgéniques de même provenance.

L’espoir d’un redressement urgent

La coopérative d’Ancenis (Loire-Atlantique) a donc annoncé, en septembre, un plan stratégique en trois volets comportant en particulier une montée en gamme des produits proposés. La gamme FitLife en est une composante essentielle. Nourris au lin, à la féverole, etc., ces poulets certifiés, avec de réelles qualités diététiques, seront un atout de poids en Arabie Saoudite, confrontée à une épidémie de diabète et d’obésité.

Le deuxième axe de cette nouvelle stratégie est de miser également sur le marché européen, en particulier avec du poulet frais conforme au rite musulman (halal).

Enfin, troisième axe, préserver les marchés export au Moyen-Orient de poulet congelé d’entrée de gamme, mais dont l’élevage et la transformation ne seraient plus réalisés en France, où les coûts ne permettent pas d’être compétitifs, mais délégués à un partenaire européen bénéficiant d’un faible coût de main d’oeuvre. La filière française n’est pas supposée pâtir de ce transfert, du fait du report de charge sur les poulets haut de gamme des deux autres volets.

Cela suffira-t-il à tirer Doux d’affaire ? Un prochain comité central d’entreprise le 21 novembre devrait permettre d’en savoir plus.

 


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