Silicon Valley – Les investissements s’envolent dans le segment de la foodtech

Et si les jeunes pousses qui concoctent la nourriture de demain, notamment en mettant au point des steaks sans viande, parvenaient à éclipser la bonne vieille carne de boeuf de nos assiettes ?

Selon Crunchbase, la Silicon Valley met les bouchées doubles. Les investissements s’envolent dans ce segment de la foodtech.

Sur ces deux dernières années, les start-up de protéines alternatives ont récolté plus de 250 millions de dollars d’investissement. Le marché du végétalisme, qui consiste à proposer des alternatives à la nourriture d’origine animale, semble décidément s’imposer comme une des grandes tendances de la planète tech. « Les fonds de capital risque et les investisseurs stratégiques mettent des centaines de millions de dollars sur la table de ces entreprises », constate la plateforme Crunchbase en précisant que les financements pourraient être plus importants encore car les montants des levées de fonds ne sont pas systématiquement divulgués.

Parmi les poids lourds du secteur : la start-up californienne Impossible Foods, fondée en 2011 par Patrick Brown, un biochimiste de l’université de Stanford désireux de trouver une alternative à la consommation de viande et ainsi faire du bien à la planète. La recette secrète d’Impossible Foods ? Un faux steak à hamburger imitant parfaitement l’aspect de la viande bouchère, avec un goût carné et une texture saignante. La start-up utilise une hémoprotéine, appelée leghémoglobine, présente dans les racines de soja, qu’elle transforme en sang végétal en la mélangeant à de la levure.

De la viande végétale en quantité industrielle

Depuis son lancement en juin 2016, le faux steak d’Impossible Foods a fait son entrée sur le menu d’une cinquantaine de restaurants américains. La jeune pousse de Redwood City a même ouvert une usine à Oakland afin d’y produire 450 kilos de viande végétale chaque mois, de quoi garnir environ quatre millions de burgers. « C’est le lieu de naissance d’une toute nouvelle industrie », s’est ému Patrick Brown lors de l’inauguration de l’établissement en mars dernier. Le fondateur et CEO a assuré que « n’importe où les consommateurs iraient acheter de la viande », Impossible Foods « sera présent et compétitif ».

Le portefeuille de la start-up n’arrête pas de grossir : près de 270 millions de dollars au total.

Dont, début août, un tour de table de 75 millions de dollars auprès de Bill Gates ainsi que de Khosla Ventures et Horizon Ventures, investisseurs respectifs d’Instacart et de Waze. Le cofondateur de Microsoft a également misé sur d’autres start-up du même acabit : Beyond Meat et son steak végétal vendu dans les rayons de Whole Foods et Safeway, ainsi que Memphis Meats. Passée par l’accélérateur de startups biotechnologiques IndiBio, cette dernière a réussi à mettre au point du blanc de poulet en laboratoire. Memphis Meat a d’ailleurs annoncé, mardi 23 août 2017, une levée de fonds en série A de 17 millions de dollars. Une opération conduite par Draper Fisher Jurvetson (DFJ), le fonds de capital risque qui a investi dans Tesla, SpaceX ou encore Skype.

La nourriture du futur ?

À l’occasion de ce dernier tour de table, Memphis Meat s’est particulièrement réjoui du soutien financier de Cargill, le géant mondial de l’agroalimentaire. En octobre dernier, Tyson Foods, premier exportateur de viande aux États-Unis, avait annoncé une prise de capital de 5 % dans Beyond Meat. Les mastodontes de l’agroalimentaire traditionnelle parient eux aussi sur ce secteur de la foodtech en finançant des entreprises qui proposent des produits de substitution aux leurs.

Selon Lux Research, « la demande de produits alternatifs à la viande devrait plus que doubler ces sept prochaines années, avec une augmentation de 14 % par an ». Cette tendance est alimentée par le mouvement “vegan”, notamment incarné par des figures de la tech tels que Mark Zuckerberg, mais aussi par des motivations environnementales. Les rapports scientifiques ne cessent de dénoncer l’élevage intensif comme une des causes principales d’émission de CO2 et de consommation d’eau. La Californie a justement l’ambition de réduire ses émissions de gaz à effet d’au moins 40% d’ici 2030. L’État le plus riche des États-Unis est un terreau idéal pour faire germer les start-up de protéines alternatives.

Par Klervi Drouglazet, à San Francisco

 


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