Archive pour novembre, 2015

Interview de Georges Lewi

Interview
Georges Lewi
Mythologue, spécialiste des marques, consultant en branding, E-branding et storytelling, écrivain et conférencier. Editeur des Editions François Bourin


Par Caroline Dupire, Responsable du Congrès Stratégies « Tendances Communication 2015 »

Pourriez-vous nous donner un exemple concret d’un mythe contemporain ?

Le mythe des mythes pour l’humanité est celui de Prométhée, le petit homme qui va chercher le feu chez les dieux pour sauver l’humanité. La mythologie grecque nous rappelle que de tous les êtres de la nature, l’être humain est sans doute le moins bien doté : il n’a ni griffe, ni force, ni plume pour le protéger, ni vélocité pour fuir… Il ne lui reste que d’essayer de se débrouiller par lui-même et son intelligence.

Celle-ci représente sa capacité à trouver des solutions pour lui éviter d’être détruit par les forces de la nature et par toutes les bêtes sauvages, plus fortes, plus rapide que lui. Autrement dit, le mythe des mythes pour l’être humain, c’est sa capacité à se débrouiller tout seul. De nos jours, c’est Google qui joue ce rôle. C’est la marque des marques. La première entre toutes. Sans Google, on est aujourd’hui perdu. Avec Google, l’être humain est l’équivalent des dieux. Il va pouvoir trouver les solutions en lui-même, se débrouiller, sauver sa peau, améliorer son ordinaire…Google nous ramène à la magie des temps anciens où Prométhée rapportant le feu sur terre, donnait la civilisation aux humains et introduisait le cuit dans la société du cru.

 

 

Quelle analyse faites-vous de la transformation de nos comportements (sociaux et économiques) issue du web ?

Le web fait ressurgir la pensée magique des origines du monde, des temps où le petit homme ne comprenait rien du tout de ce qui se passait autour de lui. Le web remonte le temps du storytelling, des mythes fondateurs. L’humanité a cru au XIX e siècle et au début du XXe siècle que chaque être humain allait pouvoir comprendre chaque phénomène. Or avec le monde numérique, tout redevient opaque ; on en jouit, mais on craint le monde qui se prépare et surtout on ne comprend pas du tout comment « ça marche ».

C’est pourquoi, le storytelling a pris tant d’importance : dans des temps où les choses changent trop vite, la parole qui raconte, (le récit) est plus forte que la parole qui démontre. Seule le récit nous explique souvent en images, en métaphores, notre place dans le monde et la façon dont on va pouvoir s’en sortir. Se positionner, trouver son identité est depuis l’origine du monde, la question ontologiques des humains. Cette recherche d’identité, c’est une nécessité pour les marques. C’est aussi le grand, peut-être le seul, besoin de l’humanité après la sécurité et le manger à sa faim. Avant la copulation.

Avec le web, nous sommes redevenus de grands enfants et nous aimons à ça ! C’est un sacré changement de comportement, à l’opposé du consommateur supposé être rationnel. Chaque jour qui passe nous apporte de nouvelles possibilités de surprendre notre âme d’enfant : la voiture qui roule toute seule, la montre qui nous dit en quelle santé on est, le site qui nous trouve la meilleure place d’avion, ou nous trouve l’âme sœur en un clic, l’imprimante 3D qui nous fabrique, à domicile, sur mesure, la prothèse dont on aura besoin…

Voilà pourquoi le marketing se fait du souci ; il a fondé sa légitimité sur la raison. Or désormais les gens fonctionnent à l’intuition. Il va falloir passer des critères rationnels fondés sur la confiance aux critères irrationnels illustrant le coefficient de surprise

 

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