Eurial et Agrial fusionnent

Après un coup de froid officialisé en mars dernier, Eurial et Agrial annoncent finalement leur mariage pour 2016, selon les termes d’un projet de rapprochement qui va beaucoup plus loin que le programme initial, avec une fusion au sein d’une coopérative unique. Fait rare dans la coopération, il s’agit de l’union de deux coopératives saines financièrement, même si la conjoncture laitière est actuellement difficile.

En 2013, Agrial et Eurial annonçaient leur rapprochement, avec un projet de fusion de leurs activités laitières. Après deux années de fiançailles tumultueuses (Agra Alimentation du 26 mars 2015 et du 6 novembre 2014), les deux groupes ont finalement annoncé leur fusion pure et simple pour 2016 dans un communiqué diffusé le 1er juillet. Cette opération, très structurante pour la France lai-tière, puisque le nouvel ensemble prend la deuxième place de la coopération laitière hexagonale derrière Sodiaal, va donc beaucoup plus loin que le projet initial. Alors qu’il s’agissait initialement d’une simple fusion d’actifs industriels (qui aura lieu en septembre), les coopératives actionnaires d’Eurial (Colarena, UCAL, la Laiterie Coopérative du Pays de Gâtine, Poitouraine et depuis peu, Valcrest) vont finalement fusionner avec Agrial en 2016, sous réserve du vote des assemblées générales et de l’approbation de l’Autorité de la concurrence. Cette approche a le mérite de désamorcer tout problème de gouvernance à l’avenir.

DEUX COOPÉRATIVES EN BONNE SANTÉ ET UN BASSIN LAITIER PÉRENNE

« C’est la première fois que deux coopératives en bonne santé discutent, se réjouit Ludovic Spiers, directeur général d’Agrial.C’est peut-être pour cela que les choses ont pris un peu plus de temps. » De fait, Eurial amène dans le nouvel ensemble un savoir-faire industriel laitier reconnu, deux marques fortes, Soignon et, dans une moindre mesure, Grand Fermage, ainsi qu’une activité mozzarella en plein développement. Agrial, plus novice dans la transformation du lait (avec la reprise de Délicelait et Sénagral), apporte pour sa part les moyens financiers d’un grand groupe coopératif, un potentiel laitier indéniable alors que vient de s’ouvrir l’ère post-quotas, et une volonté farouche de se développer dans ce secteur. Ensemble, les deux coopératives, principalement ancrées dans des zones laitières a priori pérennes, couvrent tous les métiers de la transformation du lait.

L’URGENCE DE L’INTERNATIONAL

« Cette année, nos activités laitières combinées devraient dégager presque 60 millions d’euros d’Ebitda (pour environ 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, ndlr). Nous devons travailler sur la rentabilité de ce groupe laitier. Ensuite, la priorité, c’est de l’internationaliser. Nous ne pouvons pas rester seulement français aujourd’hui », explique Ludovic Spiers. Un discours sans surprise venant d’un groupe qui a déjà internationalisé son activité légumes, et engagé une démarche du même ordre dans le cidre. Eurial, qui exporte déjà largement sa mozzarella ingrédients, a des bases à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Quant à Sénagral (yaourt MDD), le fait de travailler en direct avec Mercadona lui permet désormais de réaliser un tiers de son activité à l’export. A partir de ces bases, le nouvel ensemble vise ouvertement des opérations de croissance externes à l’étranger, notamment hors d’Europe.

En termes d’organisation, les activités de transformation seront structurées autour de six activités : les fromages de chèvre, portés par la marque leader qu’est Soi-gnon ; l’ultrafrais MDD avec Senagral (racheté à Senoble) ; les fromages ingrédients (notamment la mozzarella produite par Eurial à Herbignac) ; le lait UHT (issu de la fusion entre Coralis et Agrial) ; les ingrédients secs ; le beurre (notamment la marque Grand Fermage) et la crème.

Ensemble, Eurial et Agrial compteront 6 450 producteurs de lait et collecteront 2,5 milliards de litres (dont 55 millions de litres de lait bio). La branche laitière de la future coopérative unifiée, qui affiche 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires (2014), emploiera plus de 4 000 personnes sur 22 sites industriels. Notons que cette activité laitière ne représente qu’une partie de l’activité d’Agrial, également présent dans les légumes, les productions carnées et les boissons. A titre de comparaison, Sodiaal fédère plus de 13 000 producteurs de lait et collecte 4,8 milliards de litres.

LA MARQUE GRAND FERMAGE SUR L’ULTRAFRAIS ?

Agrial ne cache pas, depuis la prise de contrôle de Sénagral, son ambition de déployer une marque sur l’ultrafrais laitier, comme elle l’a fait avec Florette sur le légume. Si Soi-gnon est axée sur le lait de chèvre, l’autre marque d’Eurial, Grand Fer-mage, pour l’heure dédiée au beurre, pourrait tout à fait habiller des yaourts au lait de vache et autres desserts. Reste à savoir quel sera le choix du futur groupe coopératif unifié, tant en termes politiques et marketing.

VERS UNE GESTION NOVATRICE DU PRIX DU LAIT ?

Parmi les chantiers que devront ouvrir Eurial et Agrial figure la gestion du prix du lait. Le premier pratique le système double prix double volume, tandis qu’Agrial n’a qu’un seul prix. Mais pas question de cantonner les débats à ces seuls systèmes. « Les pays du nord ne fonctionnent pas du tout comme cela. Ils versent un acompte, et ensuite un complément en fonction des résultats de la coopérative. Ce modèle fera partie de nos discussions », explique Ludovic Spiers.

http://www.agraalimentation.fr/eurial-et-agrial-fusionnent-art402013-2466.html?Itemid=330

 

 

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