Le Label rouge, cinquante ans de confiance

Créée en 1965 à l’initiative d’éleveurs de poulets landais, l’appellation est un gage sérieux de qualité. Elle bénéficie d’une forte crédibilité auprès des Français.

Premier estampillé  Label rouge, le poulet jaune des Landes.
Premier estampillé Label rouge, le poulet jaune des Landes. | paul & henriette pour Le Monde

Il porte allègrement la cinquantaine. La chair ferme, la peau tendue, le teint maïs, conditionné entier dans sa barquette, le poulet jaune des Landes arbore fièrement son écusson Label rouge.

Quelque 1,4 kg pour 14,90 euros dans les linéaires de l’Epicerie Le Bon Marché à Paris. Il fut le premier Label rouge attribué en 1965 sous le n° 01 65. En 2013, sa production dépassait les 7 millions dans 460 élevages dispersés sous les pins et les fougères des Landes. Son succès se confond avec celui du label.

L’idée en revient à un éleveur sarrois installé dans les Landes. Albert Falkenberg a su convaincre les professionnels d’organiser la filière avec une structure collective forte, obéissant à des règles communes strictes qui permettraient de commercialiser leur poulet partout en France, en brandissant l’appartenance géographique et la qualité comme valeurs fortes.

Années 1960 : la qualité alimentaire s’affiche

Nous sommes au début des années 1960, Edgard Pisani est ministre de l’agriculture et la notion de signe de qualité alimentaire commence à s’installer dans les esprits alors que l’agriculture intensive est en plein essor. La Commission supérieure de la qualité des produits agricoles et alimentaires est créée en 1964 et le Label rouge voit le jour par décret du 13 janvier 1965.

Le système élaboré par les fermiers landais servira de modèle pour son attribution à l’avenir. Les producteurs regroupés en association définissent un cahier des charges et déposent la demande d’habilitation au ministère de l’agriculture. Le label est accordé ou pas à l’association – aujourd’hui un ODG (organisme de défense et de gestion) –, et non à chaque producteur individuellement.

Ainsi, le poulet jaune doit appartenir à une race de croissance lente – en l’occurrence le « cou-nu à la peau fine » –, être nourri à plus de 80 % de céréales, dont du maïs produit sur place. Sa durée d’élevage est de quatre-vingt-un jours minimum (quarante-deux pour le poulet standard) en totale liberté dans la nature, sans clôture et dans des petites cabanes mobiles déplacées avec chaque « lot » – pas plus de 4 400 poulets – sur un terrain régénéré.

C’est la spécificité de l’élevage des volailles landaises. Ces « marensines » étaient jadis construites dans la forêt avec les mauvaises planches des pins abattus, pour abriter l’eau et les graines qui allaient nourrir un « lot » de poulets lâchés alentour durant trois mois. Une fois ceux-ci vendus, on démontait la marensine pour l’installer ailleurs afin de ne pas polluer trop longtemps au même endroit avec les déjections animales.

« Un mobile home pour poulets »

« Maintenant, nous avons amélioré le système. Les cabanes sont construites avec des panneaux, mieux isolées et ventilées et on ne les démonte plus. On leur a installé des roues pour les remorquer avec les tracteurs. C’est comme un mobile home pour poulets. » Bernard Tauzia, président de l’association Volailles fermières des Landes, s’en félicite. Comme de la bonne organisation de la filière, qui va de l’accouveur (fournisseur de poussins) à l’abattoir en passant par le fabricant d’aliments. « Chaque lot est contrôlé par un organisme indépendant, explique-t-il. Si un lot ne respecte pas le cahier des charges, il est déclassé en poulet standard. L’éleveur doit alors se mettre aux normes et peut encourir une pénalité en interne. »

C’est la condition de la crédibilité. Et celle du Label rouge reste élevée chez les consommateurs, notamment pour la viande et la volaille qui représentent 300 des 500 labels existant.

Quelque « 60 % des poulets entiers achetés par les ménages sont Label rouge », selon Marie Guyot, directrice générale du Synalaf, le syndicat national des labels avicoles de France. Et sur les 105 millions de volailles produites en 2013 en France, 15 millions sont sous Label rouge, ainsi que 40 % des éleveurs. « Il répond à une véritable demande, qui ne faiblit pas chez les consommateurs », conclut Marie Guyot.

Face à la multiplication des appellations, mentions valorisantes, certifications et dénominations diverses, il convient de rappeler qu’il n’existe que cinq signes de qualité officiels dignes de confiance : le Label rouge, le label AB pour le « bio », l’AOC devenue AOP pour l’appellation d’origine protégée, l’IGP pour l’indication géographique protégée et le petit dernier, le STG, spécialité traditionnelle garantie, qui ne concerne qu’un seul produit en France : les moules de bouchots.

Tout le reste n’est qu’outil de marketing.

 JP Géné

LE MONDE | 08.01.2015 à 18h16 |Par JP Géné

Publié à http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2015/01/08/le-label-rouge-cinquante-ans-de-confiance_4552218_4497319.html#O2MwBv4iIwyGVcoU.99

 

 

 


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