Algoculture. Le préfet dit oui à Moëlan-sur-Mer

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Jean-Luc Videlaine a donné son feu vert à l’élevage d’algues brunes et de coquillages sur 225 ha. Ce projet, très contesté localement, est le premier de cette importance en Bretagne.

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« J’ai signé ce matin les arrêtés concernant les concessions des deux entreprises qui souhaitent faire de l’algoculture au large de Moëlan-sur-Mer. C’est la fin d’une procédure banale sur un dossier qui l’est moins. » Jean-Luc Videlaine, préfet de Finistère a tenu à préciser, hier, pourquoi il donnait son feu vert au projet Algolesko. « Les préconisations environnementales sont effectives. La durée de ces concessions est de 15 ans au lieu des 35 demandés par les porteurs de projet. C’est un laps de temps raisonnable au vu des investissements effectués, sans être un blanc-seing. »La surface d’exploitation est précisément de 225 ha au lieu de 300 au départ. La plus grande partie sera consacrée à l’élevage d’algues brunes sur cordes et une plus petite partie (30,5 ha) sera consacrée à la culture de coquillages. La concession la plus proche des terres se situe à 970 mètres de la côte.


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Deuxième volet après Lesconil

Les initiateurs de ce projet ne sont pas des inconnus. Il s’agit de Josik Thaëron, ostréiculteur à Riec-sur-Belon, Jakès Prat, marin, ostréiculteur et cultivateur d’algues et Philippe Legorjus, président de Vuelto Group, acteur dans le domaine des énergies renouvelables. Les noms de leurs sociétés sont Algolesko et Bamejyot. « Ces entrepreneurs ont déjà lancé une production d’algues à Lesconil, il y a un an, sur deux concessions de 75 ha, ajoute le préfet. Algolesko est le deuxième volet de ce projet. Cet élément nous a confortés dans notre décision. »

Évoquant les deux manifestations des opposants au projet, cet été, Jean-Luc Videlaine est revenu sur le rôle de l’État : « Dans ce département comme dans les autres, lorsqu’il y a des initiatives dans le champ de la production, je ne pense pas qu’il faille les entraver. Le contexte général de crise de la filière ostréicole incite les producteurs à diversifier leur activité. 60 000 tonnes d’algues brunes sont récoltées chaque année en Bretagne. » Une initiative à encourager, selon le préfet.

Comité de suivi

Cette décision fait suite à l’avis favorable d’Ifremer (institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).« Nous avons mis en place un collège d’experts avec des compétences différentes pour faire le point sur ce projet. La récolte des algues se fera chaque année avant le 1er novembre pour éviter les risques de prolifération. Par ailleurs, un comité de suivi ou comité local d’information dont la composition reste à déterminer sera mis en place. »

Les premières récoltes d’algues devraient avoir lieu à l’été 2016. L’activité démarrera de manière progressive. Le préfet n’a pas donné d’éléments concernant le séchage, le transport et le traitement de ces algues. « C’est aux porteurs de projet d’organiser la filière. La préfecture n’a pas à tenir compte de ces éléments pour signer les arrêtés, conclut-il. De même que l’on n’attribue pas une concession en fonction de la densité d’emploi. »

Les précautions du représentant de l’État (surface réduite, concession sur 15 ans au lieu de 30, comité de suivi) suffiront-elles à calmer les opposants au projet, réunis au sein d’un groupe de travail qui comprend huit associations ? Rien n’est moins sûr. Aujourd’hui, leur seul recours, c’est une demande de suspension de l’arrêté devant le juge administratif.

Lucile VANWEYDEVELDT.

Publié par Ouest france à  http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/algoculture-prefet-dit-oui-moelan-sur-mer-23-10-2014-165940
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