Archive pour juillet, 2014

Les applications de la réalité virtuelle dans l’agroalimentaire

Les applications de la réalité virtuelle commencent à se développer dans l’agroalimentaire, d’abord à des fins commerciales et marketing mais aussi pour améliorer l’ergonomie et la productivité dans les supply chain
La réalité virtuelle peut permettre d'améliorer l'ergonomie posturale et la productivité d'une chaîne de production dans l'industrie agroalimentaire.La réalité virtuelle peut permettre d’améliorer l’ergonomie posturale et la productivité d’une chaîne de production dans l’industrie agroalimentaire.
La technologie est utilisée depuis plus d’une décennie dans les secteurs de l’aéronautique et des transports. Dans l’agroalimentaire, le recours à la réalité virtuelle est plus récent. Mais il se démocratise, à mesure que les entreprises prennent conscience de ses multiples applications.L’utilisation de la réalité augmentée* est en fait plus courante dans l’agroalimentaire. Principalement à des fins marketing et commerciales. La marque Chocapic a été l’une des pionnières en la matière. En 2009, elle a mis au point, en partenariat avec Dassault Systèmes et EuropaCorp, un emballage de céréales interactif qui devenait, grâce à la réalité augmentée, le support d’un jeu vidéo, inspiré de l’univers d’ Arthur et les Minimoys.
Réalité augmentée Chocapic Arthur et les Minimoys par Mu2gor

Cadbury et Ball se lancent dans la réalité augmentée

Depuis, d’autres marques ont fait de même. En 2011, Cadbury a mis au point, avec la start-up Blippar, une application, permettant de lancer un mini-jeu en pointant la caméra de son smartphone sur les barres chocolatées. Elle permettait en plus de partager son score via les réseaux sociaux.

L’entreprise Ball, qui fabrique des canettes pour les producteurs de boissons, a pour sa part été récompensée, en 2012, par la revue allemande Handelsjournal et la fédération allemande de la distribution, pour ses canettes tirant parti de la réalité augmentée. L’application permettait de faire apparaître une créature animée en 3D sur l’écran de son téléphone, avec laquelle le consommateur pouvait se photographier avant de partager l’image sur Facebook.

Réalité augmentée : le secteur du vin fait le test

L’an passé, Häagen Dazs a également fait le pari de la réalité augmentée en lançant une application pour faire patienter les consommateurs pendant que leur glace commençait à fondre pour devenir crémeuse. Durant deux minutes, une violoncelliste jouait un concerto, sur le pot de glace.

Même le secteur du vin s’y met. Le Château-Puech-Haut, un vin du Languedoc, propose une visite interactive du domaine avec la propriétaire, depuis son téléphone ou sa tablette en les pointant sur l’étiquette de la bouteille.

En Asie, des magasins virtuels voient le jour

Dans la distribution, la technologie a également fait ses preuves. En 2011, l’enseigne britannique Tesco avait lancé l’opération « Tesco Homeplus Subway Virtual » en Corée du Sud. Les linéaires de produits étaient affichés sur les quais du métro de la capitale et grâce aux QR codes intégrés, les usagers pouvaient faire leurs emplettes et se faire livrer à domicile. Même chose en Chine en 2012, où des magasins virtuels ont fait leur apparition. Des commerces de quelque 1 000 m2 ont ainsi été construits. Dans les rayons, les produits étaient visibles grâce à la caméra d’un smartphone.

La réalité virtuelle : une technologie plus mature que la réalité augmentée

Dans le secteur agroalimentaire, ces technologies ont également des applications en milieu professionnel. « Pour ces applications, nous utilisons la réalité virtuelle* plutôt que la réalité augmentée, car cette dernière n’est pas complètement mature. Nous avons encore beaucoup de projets en recherche et développement pour la réalité augmentée », explique Jean-Louis Dautin, directeur de l’Institut de réalité virtuelle Clarté de Laval.

Ce centre conçoit des applications de réalité virtuelle basées sur des simulateurs. Leur but est de répondre aux problématiques de sécurité au travail et d’ergonomie posturale, afin réduire les troubles musculo-squelettiques dans l’industrie, où les tâches répétitives sont nombreuses sur les chaînes de production.

Un poste de travail virtuel pour améliorer l’ergonomie

Le principe de l’application développée par Clarté : un opérateur de l’entreprise reproduit les gestes qu’il effectue chaque jour, sur un poste de travail virtuel. Ses mouvements sont enregistrés grâce à la « motion capture » – reconstitution virtuelle de l’ensemble du squelette grâce à un système de capteurs. Un algorithme permet de les analyser et de calculer les pressions induites par ces gestes sur les articulations. Le salarié va ensuite chercher à optimiser ses gestes et réduire la pénibilité de ses tâches, en adaptant son poste de travail. Il peut par exemple positionner un bac plus en hauteur, rapprocher une poubelle, réduire la vitesse de défilement de la chaîne, etc.

Actuellement, le secteur agroalimentaire ne constitue que 15 % à 20 % de l’activité de Clarté. Mais des entreprises telles que Lactalis, Pasquier, Bell ou encore Charal se sont déjà tournées vers la réalité virtuelle, qui tend à se démocratiser.

Réalité virtuelle : un coût abordable pour l’industrie agroalimentaire

Les coûts de cette technologie ont par ailleurs beaucoup diminué. « Il y a quelques années, nous développions une application spécifique pour chaque société. Désormais nous avons une offre plus générique et nous proposons une prestation de service », explique Jean-Louis Dautin.

Une demi-journée peut suffire à analyser une ligne de production et l’optimiser. La prestation coûte 2 500 euros environ. « Le principal frein pour les entreprises n’est plus le prix. Mais elles ont parfois du mal à comprendre la valeur ajoutée de cette technologie et ne sont pas toujours enclines à remettre en cause leur process de production. »

Améliorer productivité et climat social grâce à la réalité virtuelle

Pourtant les avantages sont multiples. D’une part, inclure les salariés dans l’optimisation des processus de production contribue à établir un climat social favorable dans l’entreprise. D’autre part, améliorer l’ergonomie et le confort de travail des opérateurs peut permettre d’accroître la productivité de l’entreprise, d’autant plus que cette application de réalité virtuelle permet également d’optimiser la gestion des flux de production dans l’usine.

La réalité virtuelle peut également s’avérer utile pour former le personnel. Les nouveaux salariés peuvent ainsi se familiariser avec les gestes spécifiques requis pour un poste de travail, via des applications virtuelles. Cette pratique, encore très marginale dans l’agroalimentaire, devrait se développer dans les années à venir. Si la réalité virtuelle est encore peu employée à des fins de formation, c’est car les équipements nécessaires sont encombrants et coûteux, explique Jean-Louis Dantin. Les entreprises qui travaillent avec Clarté ont deux possibilités : se rendre dans les locaux du centre de recherche pour utiliser le cube de réalité virtuelle, ce qui implique d’être implanté à proximité. L’alternative pour une entreprise est de posséder son propre matériel de réalité virtuelle. Une solution qui nécessite un investissement important et rarement rentable pour un industriel.

Réalité virtuelle : un outil de formation en devenir dans l’agroalimentaire

Mais il est également possible d’envisager une formation grâce à des lunettes de réalité virtuelle, équipement beaucoup moins encombrant et plus accessible en termes de coût.Generix Group a par exemple récemment lancé des lunettes de réalité augmentée, dont le but premier est de faciliter la prise de commande au sein de la supply chain, mais qui peuvent également avoir une fonction de formation. « Les applications des lunettes en milieu professionnel restent cependant limitées, estime Jean-Louis Dautin, car ces dernières peuvent être gênantes pour travailler. » Mais la technologie pourrait néanmoins se développer dans les années à venir car les applications de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée n’en sont qu’à leurs balbutiements dans le secteur agroalimentaire.

Publié par Celine Agromedia | 16 juin 2014, à http://www.agro-media.fr/analyse/realite-virtuelle-les-applications-lagroalimentaire-15106.html

La réalité augmentée est la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité, en temps réel.  La réalité virtuelle permet la simulation interactive et en temps réel de la réalité.

La Chine ferme une usine de viande fournissant McDonald’s et KFC

Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014
Un site de production à Shanghai du fournisseur américain OSI Group, le 20 juillet 2014 (Photo STR. AFP)

La ville de Shanghai a fermé une usine du fournisseur américain OSI Group après qu’il a vendu de la viande périmée à de grandes entreprises de restauration dont McDonald’s et KFC, ont annoncé les autorités lundi, dans ce qui semble être le dernier scandale alimentaire chinois.

Selon la télévision shanghaïenne, qui a rapporté les premières allégations, les employés de l’usine d’OSI en Chine mélangeaient de la viande périmée à de la viande fraîche et ont délibérément faussé l’enquête des contrôleurs de qualité envoyés par McDonald’s.

Parmi les autres clients de l’usine figuraient les chaînes Burger King, Papa John’s Pizza, Starbucks coffee et Subway, a rapporté le Shanghai Daily lundi.

Les responsables locaux ont fermé l’usine dimanche et auraient saisi des produits qui utilisaient de la viande périmée, d’après un communiqué de l’administration en charge de la sécurité alimentaire.

Selon cet organisme, la police enquête et menace de «représailles sévères» pour des cas similaires à l’avenir.

McDonald’s a déclaré dans un communiqué avoir «immédiatement» arrêté d’utiliser la production de cette usine et le groupe de restauration Yum a indiqué que ses restaurants KFC et Pizza Hut avaient également cessé de servir de cette viande.

KFC avait déjà rencontré des problèmes en 2012 quand des niveaux indus d’antibiotiques avaient été découverts dans ses poulets.

La Chine a été ébranlée par une série de problèmes de sécurité alimentaire dus à l’application laxiste de la réglementation en la matière, et aux stratégies de certains producteurs pour la contourner.

L’un des plus gros scandales remonte à 2008, lorsqu’il a été avéré que de la mélamine, une substance toxique, avait été ajoutée à des laits pour bébés, tuant au moins six d’entre eux et rendant 300.000 personnes malades.

Le géant de la grande distribution américaine Walmart a indiqué au début de l’année qu’il renforcerait les inspections de ses fournisseurs chinois, après qu’il a été forcé de rappeler de la viande d’âne qui s’était avérée contenir du renard.

L’année dernière, la Chine a arrêté des centaines de personnes pour des délits liés à la sécurité alimentaire, notamment la vente de viande de rat et de renard étiquetée comme du boeuf et du mouton, après une campagne de répression de trois mois, a indiqué la police.

AFP

Publié par Libération.fr à http://www.liberation.fr/economie/2014/07/21/la-chine-ferme-une-usine-de-viande-fournissant-mcdonald-s-et-kfc_1067641

La mention « Fait maison » fait son apparition dans la restauration

  • La mention « Fait maison » apparition restauration

    La mention « Fait maison » fait son apparition dans la restauration

Les conditions dans lesquelles la mention « Fait maison » peut être apposée sur les cartes des restaurants ont été précisées.

Destinée à « mieux informer les consommateurs sur les plats qui leur sont servis et à valoriser le métier de cuisinier », la fameuse mention « Fait maison » peut désormais figurer sur les menus proposés par les restaurants et les entreprises de plats préparés à emporter. En effet, le décret qui devait préciser les conditions d’utilisation de cette mention a été récemment publié.

Des produits bruts, mais pas forcément frais

Ainsi, le texte, très attendu par la profession, précise ce qu’il faut entendre par plat « fait maison ». Il s’agit des plats cuisinés sur place à partir de produits bruts, c’est-à-dire n’ayant subi aucune modification importante, y compris par chauffage, marinage ou assemblage. Le but étant de distinguer ces plats des plats industriels, simplement réchauffés ou assemblés sur place. Une sauce toute prête, par exemple, ne répond pas aux critères du « fait maison ».

Un certain nombre de produits, énumérés par le décret, peuvent toutefois entrer dans la composition d’un plat « fait maison » bien qu’ils aient été transformés ailleurs. Il s’agit :

- des salaisons, saurisseries et charcuteries, à l’exception des terrines et des pâtés ;

- des fromages, des matières grasses alimentaires, de la crème fraîche et du lait ;

- du pain, des farines et des biscuits secs ;

- des légumes et fruits secs et confits ;

- des pâtes et des céréales ;

- de la choucroute crue et des abats blanchis ;

- de la levure, du sucre et de la gélatine ;

- des condiments, épices, aromates, concentrés, du chocolat, du café, des tisanes, thés et infusions ;

- des sirops, vins, alcools et liqueurs ;

- de la pâte feuilletée crue ;

- et, sous réserve d’en informer par écrit le consommateur, des fonds blancs, bruns et fumets.

De même, les légumes déjà épluchés et découpés, à l’exception des pommes de terre (qui doivent être entièrement préparées, notamment en frites ou en purée, par le restaurateur), la viande hachée ou désossée, la viande ou le poisson découpé et les produits fumés, salés, surgelés ou conditionnés sous vide peuvent également être utilisés dans les plats « faits maison ».

Des plats élaborés sur place

Un plat « fait maison » doit normalement être élaboré dans les locaux de l’établissement dans lequel il est proposé à la vente ou à la consommation. Il ne peut être conçu dans un lieu différent que dans le cadre d’une activité de traiteur organisateur de réception ou dans le cadre d’une activité de commerce ambulant (foires, marchés, manifestations de plein air).

La mention « fait maison » indiquée de façon visible

Les restaurateurs doivent indiquer de manière visible par tous les consommateurs la mention : « Les plats faits maison sont élaborés sur place à partir de produits bruts ». Lorsque l’ensemble des plats proposés est fait maison, cette mention ou le logo peuvent figurer à un endroit unique visible par tous les consommateurs. Ils peuvent figurer, le cas échéant, pour chacun des plats sur les supports utilisés pour les présenter.

En pratique : le logo certifiant le « Fait maison », qui représente une casserole sur laquelle est posé le toit d’une maison, est disponible sur le site Internet du ministère de l’Economie www.economie.gouv.fr. Il est imprimable ou reproductible à la main.

Décret n° 2014-797 du 11 juillet 2014, JO du 13

Arrêté du 11 juillet 2014, JO du 13

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/juridique/4506127-la-mention-fait-maison-fait-son-apparition-dans-la-restauration-101790.php?xtor=EPR-22-[entrepreneurs]-20140722-[s=542199_n=10_c=_]-1813589@2&quOkqDwg2H3S25Lf.99

Nourriture 2.0

 

La nourriture semble être le nouvel Eldorado des technologies d’avant-garde. Il y a plusieurs bonnes raisons à cela : le réchauffement climatique, la surpopulation… Nous sommes aujourd’hui sept milliards d’individus, et nous atteindrons les neuf milliards en 2050. Vu la pénurie annoncée de ressources, une innovation en matière alimentaire va devenir indispensable. A tout cela s’ajoute le fait que le numérique envahit toutes choses, il tend à transformer les aspects les plus basiques, les plus matériels du monde qui nous entoure. Après avoir conquis les objets, avec l’impression 3D, il n’est guère surprenant de le voir s’attaquer au vivant, avec la biologie synthétique. De fait, la fabrication d’une viande artificielle a fait le « buzz » il y a quelques mois, et récemment nous reportions les travaux de James King et ses projets de « design » de la nourriture synthétique.

Mais finalement les innovations qui apparaissent aujourd’hui doivent assez peu à la « synbio » qui reste une technologie encore un peu futuriste. La plupart des nouvelles recherches nutritives se contentent plutôt d’optimiser et réorganiser les ressources déjà disponibles dans notre monde naturel.

L’avenir de la nourriture peut se décliner sous trois catégories (combinables, évidemment). Au premier chef, on s’en doute, les nouvelles formes d’aliments. Au second niveau figurent les ressources, a priori écartées de nos assiettes occidentales, mais qui pourront se révéler précieuses dans le monde de demain. On y trouve notamment les insectes, ou les algues. Enfin, il existe aussi des manières inédites de produire nos mets, comme l’impression 3D qui, dans ce domaine, pourrait apporter de nouvelles saveurs.

 

Nourriture, sauce techno

Un certain nombre de startups se lancent sur le marché de la « nouvelle nourriture ».Pour la Technology Review, ce pourrait bien être le marché de demain. La prestigieuse revue du MIT parle carrément de « nourriture 2.0″ et se concentre surtout sur Hampton Creek, qui cherche à réaliser des produits de remplacement pour les œufs. Son but est de trouver la bonne combinaison de protéines végétales qui permettrait de reproduire certaines des propriétés de l’œuf de poule sans nécessiter d’élevage animal. A la clé, moins de pollution, moins de ressources exigées et, bien sûr, moins de souffrance animale.

Son produit phare, une mayonnaise de substitution, Just Mayo, commence à être adoptée par de gros distributeurs, aux Etats-Unis mais également en Asie, à Hong Kong. Comme le relate l’article de la Technology Review :

« Le PDG de Hampton Creek, Josh Tetrick, veut faire à l’industrie des œufs, qui rapporte 60 milliards de dollars, ce qu’Apple a fait au secteur du CD. « Si nous partons de zéro, pourquoi chercher à obtenir des œufs à partir d’oiseaux entassés dans des cages si petites qu’ils ne peuvent pas battre des ailes, faisant leurs besoins les uns sur les autres, ingurgitant du soja et du maïs bourré d’antibiotiques, tout ça pour les amener à produire 283 œufs par an ? » (…). Alors qu’une ferme avicole utilise de grandes quantités d’eau et brûle 39 calories d’énergie pour chaque calorie de nourriture produite, Tetrick affirme pouvoir fabriquer des versions à base de plantes avec une fraction de l’eau et seulement deux calories d’énergie par calorie de nourriture – sans cholestérol, graisses saturées, allergènes, grippe aviaire, et sans cruauté envers les animaux. Le tout, pour la moitié du prix d’un œuf. »

Encore plus synthétique que les oeufs de Hampton creek, Soylent, créé par Rob Rhinehart, est une boisson composée de l’ensemble des nutriments nécessaires à la survie. A part un peu d’huile d’olive et du sel, rien dans Soylent ne s’apparente à de la « nourriture » au sens où on l’entend habituellement (la liste complète des ingrédients peut se trouver sur la page Wikipadia consacrée à ce produit).

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Image : Soylent. Bon appétit !

Rhinehart a partagé ses découvertes dans un post de blog, « Comment j’ai cessé de manger de la nourriture ». Il affirme que sa santé s’est améliorée sur de nombreux points grâce à un régime constitué exclusivement de Soylent. Aujourd’hui il s’est remis à « manger de la nourriture » mais, nous explique Techcrunch, 92 % de son alimentation reste constituée de Soylent. Pour commercialiser sa découverte, nous raconte le New Yorker, Rhinehart à commencé par une campagne de crowdfunding, qui s’est révélée un succès foudroyant (en deux heures les 100 000 dollars demandés étaient réunis). Par la suite, ils ont reçu l’aide de capital-risqueurs, comme Y Combinator et la société Andreessen Horowitz, qui a investi jusqu’à un million de dollars.

L’insecte est-il l’avenir de l’homme ?

Manger des insectes ? Ce n’est pas un scoop. Ces bestioles constituent aujourd’hui un aliment auquel recourent environ deux milliards de personnes, mais jusqu’ici, personne, surtout en occident, n’avait accepté d’y voir une solution à la malnutrition. Pourtant, les insectes ont plus d’un avantage, ils constituent une bonne source de protéines et demandent peu de ressources. Les sauterelles, par exemple, exigent douze fois moins de nourriture que les bœufs pour produire la même quantité de protéines.

En 2013, un rapport aux Nations Unies annonçait la couleur (.pdf). Face à la menace de surpopulation, les insectes, préconisait-on, pourraient nous fournir une bonne source alimentaire.

Outres les insectes séchés et les farines d’insectes, en France, Micronutris utilise la poudre d’insectes pour faire des biscuits et des chocolats. Khepri, fait de l’élevage pour les pays en développement et Ynsect des farines pour nourrir les animaux, rapportait récemment La Tribune. Aux Etats-Unis, Exo Protein cherche à produire des « barres » constituées de cette manne nutritive (voir leur projet sur Kickstater).

Naturellement, cette forme de consommation originale devait attirer des adeptes des mouvements open et « libre »… Dans Wired, Klint Finley nous raconte l’histoire de Tiny Farms, un groupe qui se consacre à la création de « fermes d’insectes » et qui a lancé le projet « openbugfarm » un kit qui existe aujourd’hui en version beta pour environ 199 $, permettant de créer sa ferme pour produire des insectes pour la consommation.

Mais, explique Finley, le kit ne se contente pas de produire des vers en quantité. Il est aussi connecté. Chaque utilisateur peut recueillir les données de son élevage et les envoyer à Tiny Farms. Cela permet de découvrir et sélectionner les meilleures façons de faire. Car, continue Finley, le gros enjeu de cette nouvelle industrie agroalimentaire est non seulement de produire des insectes comestibles, mais en produire assez pour nourrir beaucoup de monde. Pour Finley, cette récente tendance qui consiste à conjoindre datas, open source et agriculture est déjà un mouvement : les ruches open source cherchent à maximiser la production de miel. Dans le domaine des « drones agricoles », un projet comme Farmbot peut être considéré comme un autre exemple de ce mouvement : il s’agit d’un robot open source, susceptible d’être construit avec une imprimante 3D. Lorsqu’il sera achevé, il sera en mesure, pour moins de 1000 $, de fournir une « agriculture de précision » : une nouvelle tendance qui consiste à donner aux plantes la quantité exacte de nutriments et d’eau dont elles ont besoin. Son créateur, Rory Aranson, serait actuellement en train d’élaborer pour son robot une interface « gamifiée ». Le but, pour employer encore une expression de Klint Finley, « faire pousser de la nourriture aussi facilement qu’on joue à Farmville ».

L’esprit de la Silicon Valley

Ce qui est important de comprendre chez ces nouveaux « cuisiniers » et « agriculteurs », c’est que leur formation et leur angle de réflexion ne doit rien à l’industrie agroalimentaire traditionnelle, mais tout à l’esprit startup de la Silicon Valley. Rhinehart, par exemple, travaille avant tout dans le logiciel et a une formation d’ingénieur. Megan Miller, qui dirige Chirp Farms, une entreprise fabriquant de la farine de sauterelles, est elle aussi une spécialiste du développement digital. A noter qu’à côté de Chirp Farms, elle s’occupe aussi d’une maison d’édition. C’est dire si ces nouveaux entrepreneurs sont différents des anciens acteurs du domaine…

Pour le New York Times, le parallèle entre ces entreprises et le monde du logiciel est frappant :

Certaines de ces sociétés ont des programmeurs écrivant du code pour tester les plats et déterminer les catégories d’ingrédients qui peuvent aller ensemble. D’autres approchent le management de la même manière que des startups effectuent leurs actions, utilisant un processus nommé la Méthode Agile, dans laquelle les gestionnaires de projets travaillent avec de très petits groupes contenant des programmeurs et recourent à des pratiques de développement logiciel comme Scrum, qui ont pour but de transformer et réaliser très vite des produits.

Fondamentalement ils gèrent le développement de produits alimentaires de la même façon que les startups technologiques organisent le code.

Imprimer sa nourriture

Au delà de des nouvelles formes de nourriture, on trouve aussi de nouvelles façons de l’élaborer. Il y a à peu près un an, un article de Quartz faisait le buzz (touchant même la presse généraliste francophone, par exemple avec cet article), en présentant une invention de l’ingénieur Anjan Contractor, qui envisageait d’utiliser l’impression 3D pour créer des pizzas et de nouvelles formes d’aliments, encore à base d’insectes. Cette imprimante, financée en partie par la NASA, devait pouvoir être utilisée par les astronautes. Mais en fait, un tel appareil pourrait servir surtout à lutter contre la faim et la malnutrition sur notre vieille planète.

Aujourd’hui, l’imprimante 3D « culinaire » a donné naissance à d’autres projets.

En restant dans les insectes, le projet « Insects au gratin » (non il n’y a pas de faute, c’est juste une malheureuse tentative de nos cousins britanniques pour utiliser du « français dans le texte »), sous la houlette de la designer Suzana Soares, repose lui aussi sur la fabrication d’une farine d’insectes destinée à l’impression 3D de plats. Plus traditionnel et appétissant, Natural Machines, startup de Barcelone, propose un appareil, Foodini, permettant de créer sa propre nourriture « saine ». On peut y insérer ses propres ingrédients et la machine se charge du reste.

Tout récemment l’Union Européenne s’est à son tour intéressée à l’impression 3D pour nourrir les personnes âgées. Selon le projet « PERFORMANCE » (pourPERsonalized FOod using Rapid MAnufacturing for the Nutrition of elderly ConsumErs, c’est-à-dire « nourriture personnalisée utilisant la fabrication rapide pour l’alimentation des consommateurs âgés »), un conseiller santé se rendrait au domicile des plus de 65 ans en ayant le besoin, puis effectuerait une étude sur leurs besoins alimentaires. Chaque profil ainsi créé est envoyé à une usine culinaire qui imprimera un plat personnalisé qui sera livré à la personne.

 

Reste la dernière ligne de recherche : la création de systèmes susceptibles de nourrir l’homme dans l’espace. La NASA travaille en ce moment sur le projet Veggie, un système écologique clos permettant de faire pousser des salades au sein de la station spatiale internationale. De son côté, Wieger Wamelink, spécialiste de l’écologie, a testé la capacité du sol martien à faire pousser des plantes (il faudra bien sûr fournir l’air et l’eau). Pour ce faire, il a créé avec l’aide de la NASA un faux sol martien élaboré essentiellement à partir du terrain volcanique d’Hawaï et y a planté 14 espèces de végétaux. A son grand plaisir, il a pu constater que ceux-ci arrivaient à se développer. Bonne surprise, le sol martien contiendrait plus de nutriments que prévu : non seulement du phosphore ou de l’oxyde de fer, mais également de l’azote, fondamental pour la croissance des plantes.

De telles recherches sur l’espace suscitent souvent, injustement à mon avis, gausseries et marques de mépris, la chose étant vue comme une rêverie vaguement adolescente, ou pire, un investissement dans une entreprise inutile. Mais qu’on atteigne demain Mars ou qu’on construise une base sur la Lune n’est finalement pas le sujet. On le voit avec l’imprimante à « pizza » d’Anjan Contractor : conçue pour des cosmonautes elle pourrait servir à nourrir la planète. La survie dans l’espace nous enseigne les moyens de créer les outils nécessaires à la survie dans un environnement hautement hostile. Du coup, cela nous oblige à nous rappeler que notre bonne vieille Terre est elle-même, pour employer une expression de Buckminster Fuller, un vaisseau spatial. Savoir générer une station sur Mars implique des connaissances qui pourront être demain appliquées à une Terre réchauffée, surpeuplée et appauvrie.

Rémi Sussan sur le Blog Internetactu du Monde.fr à http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/05/30/nourriture-2-0/

 

Charal se lance sur les plats cuisinés surgelés

Charal investit le segment des plats cuisinés surgelés
Charal investit le segment des plats cuisinés surgelés

Le horsegate, même pas peur ! Le leader de la viande en France, qui est passé entre les gouttes du scandale de la viande de cheval, se lance à l’assaut d’un nouveau marché : les plats cuisinés.

Le segment ne s’est toujours pas remis de la tourmente et enregistre encore des ventes valeur en recul de 5% et de 4,6% en volume (P5, CAD 2014 IRI). « Cette catégorie est la 4ème en volume du marché, c’est donc un segment incontournable. Aujourd’hui, le frein à l’achat repose sur la crainte de l’origine de la viande. Sur notre gamme, nous allons donc communiquer sur la sélection des morceaux, l’origine Viande Bovine Française et la fabrication en Normandie, à Lisieux », explique Cyril Bourrut-Lacouture, responsable de marque surgelée Charal.

Ainsi, la gamme sera composée de recettes emblématiques: un hachis Parmentier, une Moussaka, gratin boulettes au bœuf à la bolognaise et gratin boulettes au bœuf façon couscous. « Nous voulons développer des plats dont l’ingrédient principal est la viande », ajoute-t-il. D’ailleurs, la marque ne lésine pas sur les taux de bœuf. Le hachis sera composé de 28% de viande (contre environ 20% pour le marché), les gratins de 24% et la moussaka de 23%.

Publié le 17 juillet 2014 par LSA à http://www.lsa-conso.fr/charal-se-lance-sur-les-plats-cuisines-surgeles,180811?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Lsa-rss+(LSA+-+Grande+consommation+et+distribution)

ecrit par CAMILLE HAREL

 

L’agroforesterie se développe en Limousin

Des châtaigners en cultures diversifiées… Comme première approche. Un exemple d’agroforesterie, qui en l’occurrence se développe en Limousin.

Le 11 avril dernier, le Sénat a donné son feu vert à la création des Groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), mesure qui autorise les agriculteurs à consolider, améliorer, voire créer, collectivement, des systèmes de production performants sur les plans écologique et économique. En parallèle, le cadre législatif en place permet aujourd’hui le développement de l’agroforesterie ; tout est réuni pour lancer le projet « Agroforeveri ».

Sur 469 dossiers de GIEE déposés, 103 ont été retenus, dont le projet« Agroforeveri » en Pays de Saint-Yrieix-la-Perche. Situé au croisement de la Haute-Vienne, la Corrèze et la Dordogne,  le territoire est connu pour ses productions bovins-viande, ses vergers de pomme AOP « Golden du Limousin », et ses châtaignes. Le fruit, qui figure parmi les produits identitaires de la région (une feuille de châtaigner est représentée sur le logo de la région Limousin), voit sa production relancée, grâce aux efforts du Groupement  de vulgarisation agricole (GVA) de Saint-Yrieix-la-Perche, du Syndicat des producteurs de marrons, châtaignes et petits fruits du Limousin, de la coopérative Limdor et de la Chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. La construction d’un atelier de conditionnement, alimenté chaque année par environ 200 tonnes de châtaignes, a boosté la filière, ce qui a encouragé la plantation : 150 hectares ont été plantés depuis 4 ans.

Pour Emmanuel Rabaud, initiateur du projet et président du Syndicat des producteurs de marrons, les efforts ne doivent pas s’arrêter là. « Nous cherchons à produire plus en volume, car nous importons 70 % des châtaignes consommées en France. Le problème de perte de tonnage à la récolte pourrait être résolu par une mécanisation du chantier de récolte, et il faut améliorer des méthodes de lutte contre le cynips, ravageur qui sera sur notre département d’ici un à deux ans. »

Des projets de diversification

En face, la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne accompagne à l’installation en production de poulets Label Rouge, dont le cahier des charges impose au moins 2m² de parcours arboré par animal. « Quelques éleveurs, sur le territoire, ont testé l’agroforesterie avec un parcours de châtaigniers plus des volailles. Un agriculteur de Corrèze a modifié son parcellaire pour que ses bovins puissent pâturer au milieu des châtaigniers. Ces projets de diversification devaient être encouragés », explique Isabelle Masle, en charge du suivi du projet à la Chambre d’Agriculture.

C’est dans ce contexte qu’elle répond à l’appel à projet pour la création d’un GIEE afin de promouvoir l’agroforesterie autour du châtaignier. Le Limousin n’est pas une région connue pour ses systèmes agroforestiers ; les pionniers en la matière sont plutôt les Gersois, suivis par la région Poitou-Charentes, la Normandie. Les volumes les plus importants de bois, principal ressource obtenue des essences forestières utilisées, sont produits dans le Sud de la France.

Pour Emmanuel Rabaud, le projet d’agroforesterie en Pays Arédien est intéressant car il va permettre de formaliser les expériences chez les uns pour les mettre en place chez les autres. « L’association de productions revient à la mode. On se réapproprie des techniques culturales délaissées dans les années 1960. Dans un territoire dominé par la production bovine, nous avons besoin de diversification. Il faut donc identifier ce qui se fait et voir comment on peut le démultiplier sur les exploitations de la région. »

L’arrivée du cynips, hyménoptère parasite du châtaignier, n’encourage pas à la plantation de châtaigniers. Outre les dégâts qu’il peut engendrer (jusqu’à 80 % de pertes de récolte), ce ravageur fait toujours l’objet d’une règlementation stricte : « Saint-Yrieix La Perche fait partie des rares zones qui ne sont pas encore contaminées par le ravageur. Ainsi, jusqu’à l’automne dernier, ceux qui souhaitaient planter se rendaient en masse dans les pépinières installées dans une zone également indemne de cynips… ce qui limitait la disponibilité en certaines variétés, comme Bouche de Bétizac, pourtant toujours résistante au cynips à ce jour », explique Raphaël Rapp, rédacteur du bulletin de santé du végétal Châtaigne à la Chambre régionale d’agriculture du Limousin. Néanmoins, une première évolution règlementaire, à l’automne 2013, simplifie les échanges, sous certaines conditions. De plus, une évolution du statut règlementaire du ravageur est attendue pour l’automne 2014.

Dans ce contexte, la plantation est incitée en mettant en avant les avantages d’une association « châtaigniers + céréales » ou « châtaigniers + élevage ». La bibliographie a permis au comité de pilotage du projet « Agroforeveri » d’identifier plusieurs atouts potentiels, qui demandent à être précisés par rapport à l’espèce châtaignier en particulier. Au-delà de l’ombrage créé par les arbres, les volailles pourraient par exemple réduire la pression des ravageurs comme le carpocapse de la châtaigne.

Alain Canet, président de l’Association française d’agroforesterie (AFAF), aborde la question par un saut dans le passé. « Avant, les châtaigniers étaient agroforestiers par définition. L’agroforesterie est une technique ancestrale à adapter aux techniques modernes. Dans la nature, les sols sont couverts en permanence. La lignine, structure majeure des arbres, apporte un humus stable, pour maintenir la fertilité des sols et sortir d’une logique de fertilisation. Copier le modèle de la forêt conservera nos sols. »

Savoir respecter les bonnes proportions

Les multiples expériences connues à ce jour attestent que mettre des arbres dans des cultures ou au milieu des animaux d’élevage est très productif. En outre, l’association arbres-cultures participe à amortir les chocs climatiques : on évite les aléas des périodes très chaudes, très froides, très sèches ou très humides. Et la faisabilité économique des systèmes agroforestiers n’a plus à être prouvée, comme en témoignent les nombreux travaux de l’équipe de Christian Dupraz, de l’UMR System, à l’Inra de Montpellier.

Alain Canet insiste : « Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas, sauf si on ne maîtrise pas les bases. Par exemple, si la proportion d’animaux par rapport au nombre d’arbres est trop importante, on peut aggraver l’état du sol et obtenir l’effet inverse de celui attendu. En agroforesterie, il faut un pilote dans l’avion ! » Pour Alain Canet, il faudra mener une réflexion poussée sur plusieurs points de l’itinéraire technique : comment tailler le châtaignier pour profiter au maximum de l’association avec des céréales ? Comment disposer les arbres pour éviter un piétinement du sol par les animaux ?

Lorsque nous rencontrons Christophe Baylet, éleveur à Saint-Hilaire-les-Places (Haute-Vienne), il est, avec son stagiaire, en pleine construction de poulaillers pour accueillir son élevage de volailles Label Rouge. En parallèle, il organise, avec l’appui de la Chambre d’agriculture, la plantation d’un parcours ombragé de châtaigniers. « Je suis curieux, j’aime me former à de nouvelles pratiques, et je souhaitais diversifier mes productions. Je voulais que les arbres ne soient pas là uniquement pour faire de l’ombre. Sachant qu’ils ne produisent qu’au bout de 8-10 ans, les poulets sont déjà une source de revenu en attendant les châtaignes. Je plante les arbres à l’hiver 2015-2016, car je pourrais à cette date bénéficier de subventions. Ils seront menés en bio, car je refuse de traiter des arbres sachant qu’il y aura des poulets en dessous ! » explique l’agriculteur.

Emmanuel Rabaud, lui, a pratiqué l’agroforesterie dans un contexte différent : en attendant que ses châtaigniers produisent des fruits, il a semé des céréales entre les rangées d’arbres. Lorsque les arbres ont commencé à produire, il a passé les châtaigniers en bio et supprimé les céréales. « J’ai implanté une prairie pour avoir un sol qui se tient, et une facilité à la récolte des châtaignes. » A la réflexion, il se dit qu’en conservant une bande cultivée en céréales mais réduite, il aurait peut être pu conserver le bénéfice de la double production arbre-céréales.

Le projet de GIEE est soutenu par un financement Casdar d’une durée de 3 ans. Pour 2014, il s’agit, pour les acteurs impliqués, d’identifier les exploitations qui font de l’agroforesterie sur le territoire. C’est le travail de Claire Mangin, technicienne vergers à la coopérative Limdor, qui cartographie les parcelles agroforestières. Ensuite, il faudra s’approprier le concept d’agroforesterie, notamment par des visites d’exploitations et un voyage d’étude dans le Gers. Comme le rappelle Isabelle Masle (conseillère développement & territoire à la Chambre d’agriculture de Haute-Vienne), « les agriculteurs considèrent l’arbre comme un obstacle, alors que certains font de l’agroforesterie sans le savoir. Il faut éclaircir cela ». Ensuite, le comité de pilotage devra étudier les différents types d’agroforesterie possibles sur le territoire, par rapport aux dimensions économique, écologique et sociale. Comme le rappelle Claire Mangin, « il faut transférer l’expérience de l’agroforesterie en parcours de volaille vers les systèmes bovins et pourquoi pas ovins. Il sera difficile de quantifier exactement les avantages que les animaux apportent, par exemple à la gestion de l’enherbement du verger, car chaque exploitation a sa manière de faire. Mais les expériences dans les fermes nous donneront une idée des erreurs à ne pas faire ». Fin 2016, des expérimentations devraient être mises en place, avec suivi par des indicateurs.

Projets

Aller encore plus loin dans la diversification est envisagé. Emmanuel Rabaud propose de remplacer le châtaignier par des variétés anciennes de pommiers, qui pourraient approvisionner l’usine de vinaigre, située dans le secteur, à Champsac.

Alain Canet, lui, propose de cultiver plusieurs essences d’arbres : « afin de diminuer la pression des ravageurs, sur 100 arbres plantés, on peut en planter 12 qui ne soient pas des châtaigniers ». L’idée pourrait faire partie des protocoles d’expérimentation dans le pays Arédien.

 

Nos photos sont fournies par Limdor et montrent un parcours de volailes sous châtaigners, puis des céréales sous châtaigners.L'agroforesterie se développe en Limousin dans AEI VollaillesSousChataigners

 dans amont

article publié sur wiki agri par http://wikiagri.fr/articles/lagroforesterie-se-developpe-en-limousin/1192

 

Fait maison, décret bidon

L'idée du « fait maison » est désormais inscrite dans la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation.

En voilà une idée qu’elle était bonne : distinguer les restaurants qui cuisinent chez eux des produits frais de ceux qui assemblent des plats en kit fournis par l’industrie agroalimentaire. Tout le monde était d’accord. Les organisations professionnelles, soudain stupéfaites d’apprendre que 75 % de leurs membres s’approvisionnaient chez Metro ; le premier cercle des chefs étoilés, inquiets de la dégradation de l’image de la gastronomie française et de la disparition du savoir-faire ; les consommateurs, enfin, de plus en plus soucieux de l’origine de leur assiette et n’allant plus au restaurant pour payer bonbon des plats préparés, disponibles en grandes surfaces. Les instances politiques, attentives à la demande populaire et soucieuses de la réputation du pays, ont réagi.

Tout a commencé par l’amendement Siré en octobre 2011 sous la précédente mandature. Dans un souci d’information du consommateur, ce député UMP des Pyrénées-Orientales proposait de préciser sur la carte si « les plats ont été confectionnés ou non dans l’établissement et sont à base de produits frais ». Le texte est passé d’une chambre à l’autre et a fini, vidé de sa substance, dans un tiroir parlementaire à l’heure de la présidentielle.

Au sujet de l’amendement Siré : L’astérisque et l’étiquette

Il a fallu l’arrivée de Benoît Hamon au ministère de l’artisanat, du commerce et du tourisme pour réactiver la machine législative autour d’une idée, le « fait maison », désormais inscrite dans la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation.

« Un plat « fait maison » est élaboré sur place à partir de produits bruts. Des produits, déterminés par voie réglementaire, peuvent entrer dans la composition des plats « faits maison » après avoir subi une transformation de leur état brut nécessaire à leur utilisation. » Autant dire que le décret d’application était attendu avec fébrilité, la loi devant entrer en vigueur dès l’été.

UNE SEULE EXCEPTION : LES FRITES CONGELÉES

Le fameux texte doit paraître incessamment au Journal officiel sous la signature de Carole Delga, la nouvelle secrétaire d’Etat en charge du dossier. Dans sa version quasi définitive, l’article II indique : « Peuvent entrer dans la composition d’un plat « fait maison », les produits qui ont été tranchés, coupés, broyés, hachés, nettoyés, désossés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus ou broyés, fumés, salés, réfrigérés, congelés, surgelés ou décongelés. »

En découvrant ces lignes, j’ai compris que la messe était dite et que les lobbys de l’agroalimentaire avaient eu gain de cause : tous les produits bruts congelés – les branches d’épinard comme les crevettes – pourront figurer dans un plat « fait maison », qui sera dispensé de facto de mentionner sur la carte qu’il en contient. Rusé ! Une seule exception : les frites congelées ne sont pas acceptées, de peur que McDo et compagnie ne puissent vendre du « fait maison ».

La pâte feuilletée, les fonds de tarte, les glaces, les blancs et les jaunes d’œuf séparés vendus au litre, les fonds de sauce blancs, bruns et fumets et la mayonnaise (pour des motifs hygiénistes) sont aussi autorisés. Cerise sur le gâteau, le restaurateur peut utiliser des produits transformés ailleurs, « dès lors que la marque du produit ou le nom du professionnel qui l’a fabriqué est expressément indiqué » ! Autrement dit, les lasagnes de bœuf Spanghero ou l’andouillette à Bobosse mentionnées comme telles peuvent figurer au menu du « fait maison ».

CE DÉCRET VIDE LA LOI DE SON ESPRIT

S’il convient ici de rappeler que les produits de l’industrie agroalimentaire sont parfaitement comestibles (à quelques scandales près), il est néanmoins permis de constater que ce décret vide la loi de son esprit : permettre au client dedistinguer le restaurant qui cuisine chez lui des produits frais de la masse de ceux qui offrent des plats venus d’ailleurs et sans CV.

L’idée était également d’encourager les circuits courts, l’approvisionnement local et la création d’emplois, indispensables dans les établissements qui épluchent les légumes, lèvent les filets de poisson et brident les volailles. La cascade de dérogations ruine ces espoirs qu’un logo « fait maison » ne suffira pas à instaurer.

Les syndicats sont partagés sur le texte : insuffisant selon l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) ; « premier pas positif » selon le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs). Il sera intéressant d’évaluer le succès de ce logo qui exposera ceux qui l’affichent aux contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

On assure au ministère qu’ils seront à caractère pédagogique dans un premier temps, mais chacun sait le peu d’engouement de la profession pour ce genre de pratiques. Au final, ce texte ne satisfait ni la profession ni les partisans du vrai fait maison, et n’éclairera guère les clients. Un décret dans l’air du temps : mou.

Publié sur LeMonde.fr par JP Gené Chroniqueur M le Magazine

du Monde | 10.07.2014 à 15h58  à http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2014/07/10/fait-maison-decret-bidon_4454963_1616923.html

Lire aussi : Les insuffisances du label « fait maison »

Agroalimentaire : Carrefour recule face à l’INAO

Carrefour vient de retirer son logo Origine et Qualité sur les quatre vingt produits que l’enseigne souhaitait afficher comme de terroir et de qualité. C’est une victoire pour les défenseurs des AOC.

Le Logo de Carrefour retiré © France 3 Basse Normandie
© France 3 Basse Normandie Le Logo de Carrefour retiré
 L’affaire remonte au dernier salon de l’agriculture, en février dernier, à Paris. Des présidents d’AOC fromagères ( Camembert, Pont l’Evéque et Comté) manifestaient leur colère face à l’enseigne Carrefour qui lançait une campagne de publicité  sur sa nouvelle marque générique : Origine et Qualité.
Tentative d’usurpation d’un signe de qualité publique ou bluff marketing ?
Carrefour vient d’enlever les sigles bleus des produits dont elle souhaitait faire la promotion…
Rappel des faits et réactions des professionnels : Rémy Mauger et Loïc Blache

Voir la vidéo

Carrefour renonce face à l’INAO
Publié sur France3 Régions à http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2014/07/15/agroalimentaire-carrefour-recule-face-l-inao-517707.html
Par Sabine Daniel

  • le 16/07/2014

William Saurin secoue le marché des plats cuisinés

À la rentrée, le leader des plats cuisinés appertisés lance Shake Me, une gamme innovante et une démarche marketing B to C to B, nouvelle pour une marque ancrée dans la tradition.

William Saurin secoue le marché des plats cuisinés

Le marché des plats cuisinés appertisés, qui représente plus de la moitié du total des plats cuisinés en GMS, n’est pas à la fête : – 8.6% en volume et – 4.4% en valeur (1). Même constat sur le segment des plats frais (respectivement -3.7% et -1.5%), et sur celui des plats surgelés, encore pire (- 13.4%) et -11.3%).

C’est donc un marché bien déprimé que William Saurin a décidé de secouer avec le lancement, à la rentrée, d’une nouvelle gamme de plats cuisinés micro-ondables, les Shake Me. Comme son nom l’indique, le packaging des cinq références de la gamme, à base de pâtes en sauce, doit être secoué avant consommation. Cette innovation produit, destinée à un coeur de cible jeune, 18 à 25 ans, se double, pour la marque, d’une nouvelle démarche marketing, avec un plan de lancement 360° qui fait la part belle aux réseaux sociaux.

Rajeunir la marque

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« Tous nos moyens d’action se recentrent sur Facebook, avec une page William Saurin aux couleurs de Shake Me, explique Solène Le Borgne, chef de marque William Saurin. C’est le point de ralliement d’un grand jeu concours, d’actions en magasins et de street marketing. On va là où est notre cible« . Avec des conséquences sur le plan média. « Notre cible passe plus de temps sur YouTube que sur Tf1, donc pas de télévision, mais du digital et aussi, de l’affichage, pour monter en notoriété et toucher les jeunes sur leurs lieux de transport quotidien« . Autres moyens de toucher la cible, un packaging dont les codes « street art » tranchent sur ceux des autres plats de la marque, un jeu-concours récompensant des vidéos, dont les prix vont d’un séjour pour 4 personnes à Ibiza à des caméras GoPro, ou encore un food truck qui va visiter écoles et universités dès le début de 2015, et dont l’itinéraire sera à découvrir sur… Facebook.

Séduire les conso-acteurs

En 2011, William Saurin lançait sur le marché des plats cuisinés micro-ondables la Cocotte individuelle. C’est la seule technologie nouvelle qui a permis de recruter de nouveaux consommateurs et apporté de la croissance au marché. En 2014, la marque récidive donc avec ses shakers.

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Le produit a été bien accueilli par la distribution et Casino a laissé ses clients choisir eux-mêmes les 4 références sur cinq qui seront vendus par l’enseigne. En juin dernier, sur la plateforme C’Vous du distributeur, plus de 5000 consommateurs en trois semaines ont voté pour donner leur avis et gagner différents lots.

Un nouvel axe marketing

« On va de plus en plus vers cette interaction entre produits et consommateurs, poursuit Solène Le Borgne, et de plus en plus, on va construire notre offre avec le consommateur. Ça se fait déjà dans l’IT, et les jeux vidéos, mais c’est encore rare dans l’alimentaire. Aujourd’hui, c’est un outil de communication, on expérimente un marketing B to C to B. Demain, on sera dans le C to C et dans le futur, ce sera du C to B« .

(1) Source IRI, en cumul annuel mobile, 2013 vs 2012.

Publié sur emarketing.fr le 15/07/2014 par Marie J. Guillet

Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l’abattoir Tilly-Sabco

L’avenir de l’abattoir breton de volailles Tilly-Sabco, un des principaux acteurs de la filière poulets à l’export, suscite l’inquiétude de ses quelque 340 salariés qui en appellent à l’Etat, son principal fournisseur ayant cessé l’approvisionnement en poussins en l’absence de garanties de paiement.

« Depuis le 28 juin, il n’y a plus de poussins mis en place chez les éleveurs par Nutréa », une filiale de la coopérative bretonne Triskalia, a expliqué à l’AFP Corinne Nicole, déléguée CGT de cet abattoir dont le principal marché est le Moyen-Orient où il fait face à la féroce concurrence du Brésil.

Les volailles étant élevées environ 45 jours avant d’être achetées par l’abattoir, « il n’y a rien de programmé en termes d’activité à partir de 11 août et jusqu’au 8 septembre », se désole Corinne Nicole. Au-delà, « il faudrait que Nutréa remette des poulets » à l’élevage, poursuit-elle.

« Voilà l’enjeu », pointe la déléguée syndicale, selon laquelle Tilly-Sabco, basé à Guerlesquin (Finistère) « fait vivre au total 1.000 emplois directs ».

« A partir du moment où on n’a pas de vision de paiement des poulets, on préfère ne pas les mettre en place chez les éleveurs », justifie la direction de Nutréa, seul fournisseur de Tilly-Sabco.

Selon Mme Nicole, Nutréa serait « prêt à s’engager s’ils ont des garanties de l’Etat sur le paiement ».

Les salariés de Tilly-Sabco — qui n’en sont pas à leur première manifestation — mais aussi des éleveurs, qui partagent la même inquiétude, se sont mobilisés jeudi et ont notamment bloqué les voies de chemin de fer à Guingamp. Ils prévoient mardi après-midi une nouvelle action, encore secrète, avant une réunion en préfecture de Région, à Rennes, programmée mercredi, selon Mme Nicole.

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production est destinée au Moyen-Orient, principalement dans la péninsule arabique, remontent à la suppression au milieu de l’année 2013 des aides européennes à l’exportation pour les poulets congelés — les restitutions — qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d’euros par an.

- Filière malade -

Les deux groupes français Doux — lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés — et Tilly-Sabco, étaient les derniers à toucher ces subventions en Europe. Celles-ci leur permettaient de supporter le différenciel de compétitivité avec le Brésil, principal concurrent des Français sur le marché du poulet congelé destiné au Moyen-Orient, un différenciel dû notamment aux coûts de production, aux normes sanitaires et aux parités monétaires.

La France a dégagé, fin 2013, 15 millions d’euros afin d’aider la filière « poulet export » à gérer la fin de ces subventions européennes. De son côté, Tilly-Sabco a récemment bénéficié d’une avance de 4 millions d’euros remboursables de la part de l’Etat, du Conseil régional de Bretagne et de la CCI de Morlaix.

Pour Corinne Nicole, c’est « toute la filière export qui est malade du fait de la concurrence » internationale. « On ne règlera pas le problème de Tilly-Sabco si on ne règle pas le problème de la filière export », analyse-t-elle.

En attendant, il est nécessaire que le gouvernement français redistribue une part de la PAC à la filière volailles, estiment les intéressés. Une aide, plaide-t-on chez Tilly-Sabco, qui serait versée aux producteurs, ce qui permettrait à l’abattoir d’acheter moins cher le poulet vivant et de conserver ainsi les parts de marché sur le Moyen-Orient.

Corinne Nicole évalue le montant de l’aide nécessaire à « 60 millions d’euros par an, pour toute la filière », le temps qu’elle « se restructure, trouve des solutions pour se passer un jour des aides ».

Pour elle, l’enjeu est de taille: « la filière volaille export représente entre 12 et 15.000 emplois directs et indirects en Bretagne », affirme-t-elle.

publié par boursorama.fr à http://www.boursorama.com/actualites/agroalimentaire-inquietude-des-salaries-de-l-abattoir-tilly-sabco-6838089dccd4d2ba25b0dd8c81bd6e5a

source: Agroalimentaire : inquiétude des salariés de l'abattoir Tilly-Sabco dans - Bretagne afpCopyright © 2014 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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