Archive pour 7 juin, 2014

Les internautes se précipitent sur le « formulaire d’oubli » de Google

Vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens ont été déposées auprès du moteur de recherche.

A peine quatre jours après sa mise en ligne, le « formulaire d’oubli » de Google connaît déjà un succès foudroyant auprès des internautes désireux de faire effacer leurs traces sur le moteur de recherche. Celui-ci a reçu, rien que pour la journée de vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens.

Le groupe américain se conforme à une décision, mi-mai, de la Cour européenne de justice, selon laquelle les internautes peuvent obtenir, sous certaines conditions, la suppression des liens vers les pages Web comportant des données personnelles, en s’adressant directement à l’exploitant du moteur de recherche. Le formulaire mis à disposition par Google permet de demander qu’un lien soit retiré des résultats de recherche, à condition qu’il soit « non pertinent, obsolète ou inapproprié ».

Ce chiffre de 12 000 réclamations a été confirmé par Google samedi 31 mai. Atitre de comparaison, Google traite en un mois plus de 20 millions de réclamations « classiques » dans le monde. Aucune information sur le délai de traitement des formulaires n’a été donnée. Précision importante, le retrait du lien ne s’applique qu’en Europe, c’est-à-dire uniquement sur Google FranceEspagneAllemagne… Mais le lien ne disparaîtra pas de Google.com, la version américaine du site, qui est consultable par un internaute basé sur le sol européen. Une issue qui devrait laisser insatisfaits nombre de « plaignants ».

CRITIQUE DES ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS

La décision de retrait de liens sera laissée à l’appréciation de Google, qui examinera les demandes individuellement. Cette responsabilité de Google dans la prise de décision est critiquée par les associations de consommateurs : en France, l’UFC-Que Choisir estime que Google « n’est pas le bon interlocuteur » et que le placer en position d’arbitre dans ce type d’affaire met à mal la neutralité du Net. Google concentre à lui seul 90 % des requêtes sur le Web en Europe.

Reporters sans frontière (RSF) critique les possibilités de « blanchiment d’identité » qu’offre le formulaire d’oubli. Grégoire Pouget, responsable du bureau Nouveau médias chez RSF, pointe le fait que « désormais, chaque individu, même lorsqu’il a fait l’objet d’une citation de presse légitime et légale, serait en mesure d’exigerque n’apparaissent que les informations qui lui conviennent et donc de se façonner une image numérique non conforme aux informations publiées ».

C’est précisément ce risque de censure et de déni d’information qu’a soulevé la firme de Mountain View dès la semaine dernière. Son PDG, Larry Page, a regretté dans les colonnes du Financial Times de vendredi 30 mai que Google n’ait pas été« plus associée au débat en Europe », et a estimé que ces nouvelles règles pourraient pénaliser l’innovation et offriraient des moyens supplémentaires aux régimes autoritaires pour contrôler l’information sur le Web.

COMPOSER AVEC LES INSTANCES NATIONALES DE 28 PAYS

Le moteur de recherche se réserve toutefois le droit de maintenir le référencement des pages Web s’il présente un intérêt « historique, statistique ou scientifique », ou encore si la personne concernée est connue. Des demandes risquent donc de ne pas aboutir.

L’application du droit à l’oubli risque de se révéler d’autant plus complexe qu’il existe déjà des lois en Europe régissant le droit à l’oubli numérique, et que Google va devoir composer avec les instances nationales de protection de la vie privée dans 28 pays différents. Sans compter qu’effacer une information relayée sur les sites, les réseaux sociaux ou les forums de discussion relève de la gageure.

Prônant la pédagogie plutôt que la répression par la loi, les géants du Net rappellent régulièrement, à juste titre, que les internautes sont souvent, de par leur imprudence, à l’origine de la diffusion d’informations qu’ils souhaitent au final voir disparaître. C’est Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui disait en 2012 : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher. »

LE MONDE | 02.06.2014 à 11h33 |Par Audrey Fournier 

publié à: http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/06/02/les-internautes-se-precipitent-sur-le-formulaire-d-oubli-de-google_4430102_3234.html

 

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