Archive pour juin, 2014

Le salut de l’industrie agroalimentaire passera-t-il par l’impression 3D ?

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Alors que l’évolution de l’industrie agroalimentaire soulève des problèmes d’ordre environnemental, des initiatives technologiques liées à l’impression 3D voient le jour pour tenter de les contrer.

L’industrie agroalimentaire a subi des mutations profondes ces dernières années entrainant un bouleversement colossal. C’est aujourd’hui un secteur industrialisé et productiviste qui en l’espace de 50 ans a échangé une bonne partie de ses traditions pour plus de rendement. Aux Etats-Unis plus particulièrement les paysages ruraux ont été modifiés pour laisser place à une agriculture intensive et les dégâts environnementaux qu’elle provoque à long terme sont colossaux. Mondialement, la production de viande a été multipliée par 5 depuis 50 ans. L’élevage qu’il soit intensif ou extensif est une des productions agricoles ayant le plus d’impacts environnementaux tant par l’espace qu’il requiert que par la consommation d’eau qu’il engendre ou encore par le gaz à effet de serre qu’il produit. La métamorphose productiviste que subit cette industrie doit trouver des solutions pour sa pérennisation.

L’impression 3D pourrait contribuer avec un regard nouveau et une solution partielle

Le secteur alimentaire ce n’est pas, à première vue, celui affilié à l’impression 3D. Cependant, depuis quelques mois c’est un thème qui prend de l’envergure. Plusieurs innovations sur ce sujet ont d’ailleurs été prsentées au salon CES 2014. Les recherches sur l’impression 3D alimentaire sont nombreuses, la NASA par exemple travaille sur un projet d’imprimante 3D alimentaire embarquée dans l’espace. A ce stade beaucoup d’aliments sont imprimables, la contrainte principale est qu’ils soient possiblement réduits en poudre avant l’impression. Le chocolat et le sucre sont ainsi les deux matières premières les plus travaillées aujourd’hui en impression 3D (exemples : ChocEdge et Sugar Lab). Même si c’est une avancée certaine dans le secteur, l’impression 3D de produits carnés pourrait, elle, avoir un impact réel sur l’industrie. En effet, la production d’un steak nécessite une abondante quantité d’eau (environ 200 litres), de l’espace et de l’énergie pour le transport et pour la production d’alimentation nécessaire à l’élevage (environ 300 watts) ; elle est aussi à l’origine d’émissions de 6kg d’équivalent CO2. L’équation révélée additionnée à la consommation mondiale de viande exponentielle est alarmante. C’est avec ce constat que la start-up américaine Modern Meadow s’est lancée dans la mise au point d’une imprimante 3D capable d’imprimer des produits carnés. Pour ce faire, les fondateurs ont élaboré la technique suivante : des cellules souches animales sont distinguées et misent en culture pour finir dans une cartouche d’impression, une fois imprimées elles s’agrègeront pour former un tissu biologique similaire à de la matière carnée naturelle.

Les défis spécifiques de l’impression de viande

Les questions de qualité, ou de sécurité ne sont pas encore abordées à ce stade de la recherche, cependant cette avancée technologique pourrait être un moyen de produire de la viande en quantité et ainsi de répondre à la demande grandissante des consommateurs sans passer par la case désastre environnemental. La FAO a annoncé qu’il est prévu que la consommation de viande double d’ici à 2050, le monde ne pourra très certainement pas produire cette quantité avec les ressources que cela demande aujourd’hui. Des techniques comme Modern Meadow tente de mettre en place nécessiteraient 96% d’eau en moins et 45% d’énergie en moins que l’agriculture qu’on connaît aujourd’hui et réduirait également les émissions de gaz à effet de serre de 96%. Le chemin est encore loin avant que de tels steaks soient proposés au public et encore plus loin avant qu’ils ne soient à un prix abordable. Des recherches sur le produit final quant à sa qualité nutritionnelle et ses aspects liés à la sécurité alimentaire sont aussi à prévoir. Cependant à ce stade, même si cela reste étonnant, il n’est pas absurde de penser que des technologies de ce type pourraient apporter un fragment de solution aux enjeux écologiques du productivisme agricole.

Par  pour l’atelier / disruptive innovation de BNP Paribas publié à http://www.atelier.net/trends/articles/salut-de-industrie-agroalimentaire-passera-t-impression-3d_427228

Terrena candidat des trophées de l’ »innovation en pays de Loire »:

TERRENA est une coopérative agricole dont l’activité est à la source d’un groupe agro-alimentaire. Impliquée dans l’innovation agricole autour de l’agriculture écologiquement intensive, elle offre aujourd’hui aux consommateurs des produits labellisés « La Nouvelle Agriculture ».

Basée à Ancenis (44), TERRENA est une coopérative agricole dont l’activité est à la source d’un groupe agro-alimentaire (22 000 agriculteurs adhérents et 12 000 salariés). Impliquée dans l’innovation agricole autour de l’agriculture écologiquement intensive, elle offre aujourd’hui aux consommateurs des produits labélisés « La Nouvelle Agriculture ». Rencontre avec Hubert Garaud, président de TERRENA qui fait partie des 8 lauréats Trophées 2013 Territoires Innovation catégorie Coup de cœur.

Quelle est l’approche de TERRENA en matière d’innovation ?

Les ruptures, on le sait, surviennent souvent à des moments charnière. Au printemps 2008, alors que le monde prend à peine conscience de la crise à venir, Terrena dévoile son projet « Vision 2015 » s’appuyant sur une « agriculture écologiquement intensive ». Car les agriculteurs de Terrena sont convaincus que les pratiques agricoles doivent évoluer profondément pour relever le nouveau défi de ce siècle, produire plus et mieux avec moins. Plus, pour nourrir une population toujours plus nombreuse à un prix accessible au plus grand nombre. Mieux, pour améliorer les qualités nutritionnelles des produits et contribuer par l’alimentation à la préservation du capital santé de chacun d’entre nous. Et avec moins en réduisant le recours aux pesticides, antibiotiques et autres engrais chimiques : en d’autres mots avec moins d’intrants non renouvelables. Pour cela il s’agit d’innover pour mieux utiliser le potentiel naturel des sols, pour replacer l’animal et son confort au cœur de nos pratiques d’élevage. En d’autres termes il s’agit de pratiquer une Agriculture Ecologiquement Intensive (AEI), c’est-à-dire qui voit l’environnement comme un levier d’innovation plutôt qu’une contrainte.

Comment cela se concrétise-t-il ?

Cela passe par un travail au quotidien, les bottes aux pieds ! Les agriculteurs expérimentent de nouvelles techniques, parfois issues de pratiques anciennes mais avec la connaissance et la technologie d’aujourd’hui. Ce travail porte sur tout le système de production : sol, eau, plantes, machines, nutrition et santé animales, biodiversité, énergie. La mission de Terrena est d’aider les agriculteurs à faire évoluer leurs modes de production pour produire mieux et plus avec moins. Tout n’est cependant pas qu’affaire de technologies. Il faut assurer la diffusion des innovations et la formation aux bonnes pratiques. Atout de taille : parce que l’entreprise est une coopérative, un « fonds de partage du risque » accompagne les pionniers qui osent le pari. C’est tout le travail que nous réalisons avec les Sentinelles de la terre, des agriculteurs qui acceptent d’expérimenter de nouvelles pratiques permettant de mettre en œuvre une Agriculture Ecologiquement Intensive. Pour cela nous avons renforcé nos moyens d’innovation avec la création d’une équipe de 100 personnes regroupées au sein de Terrena Innovation. Aujourd’hui, les agriculteurs de Terrena ont la volonté de permettre aux consommateurs d’accéder aux produits issus de ces nouvelles pratiques.

Qu’appelez-vous la Nouvelle Agriculture ?

C’est d’abord une agriculture innovante permettant de faire de concilier écologie et économie. La Nouvelle Agriculture tient avant tout à des agriculteurs organisés en coopérative, véritables Sentinelles de la Terre, un socle technologique: l’Agriculture Ecologiquement Intensive et enfin un bénéfice Nutrition Santé pour les consommateurs. Nous avons initié cette démarche en 2008 avec en amont 25 solutions innovantes à destination des agriculteurs et en aval des produits issus de modes d’élevages plus naturels comme le lapin, élevé sans antibiotique d’après un cahier des charges très détaillé, comprenant une alimentation avec luzerne et graines de lin et sans OGM. Avec le temps, les consommateurs se sont éloignés de l’agriculture à tel point qu’aujourd’hui ils s’interrogent sur l’origine de leur alimentation, la façon dont elle a été produite ou son impact sur leur santé. La Nouvelle Agriculture est notre signature qui marque notre engagement et celui des éleveurs pour la qualité et la sécurité alimentaire.

Publié par territoires innovation pays de la Loire à http://www.territoires-innovation.paysdelaloire.fr/succes-temoignages/tous-les-succes-temoignages/terrena-530655.kjsp#.U6mUDML9LQ0.twitter

En quoi les Big Data sont-elles personnelles ?

A l’occasion du colloque “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel “organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’Ecole normale supérieure de Lyon qui se tenait le 21 novembre 2013, Yves-Alexandre de Montjoye (@yvesalexandre) était venu présenter ses travaux, et à travers lui, ceux du MediaLab sur ce sujet (Cf“D’autres outils et règles pour mieux contrôler les données” ). Yves-Alexandre de Montjoye est doctorant au MIT. Il travaille au laboratoire de dynamique humaine du Media Lab, aux côtés de Sandy Pentland, dont nous avons plusieurs fois fait part des travaux.

Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales

Faire correspondre des empreintes digitales n’est pas si simple, rappelle Yves-Alexandre de Montjoye. Dans Les preuves de l’identitéEdmond Locard, le fondateur de la police scientifique, explique qu’il suffit d’utiliser 12 points de références pour être sur et certain d’identifier les empreintes digitales d’un individu.

Nos traces numériques laissent bien plus d’empreintes que 12 petits points… Nos téléphones laissent derrière eux, dans les données des opérateurs, de nombreuses informations : qui on appelle, quand, pendant combien de temps, de quel endroit… Nos données de mobilités listent tous les endroits où nous sommes allés. Or, nos façons de nous déplacer sont très régulières, répétitives, uniques, pareilles à des empreintes digitales. Quand on regarde une base de données d’opérateur téléphonique, on est confronté à des millions d’enregistrements. On semble n’y voir personne et pourtant, chacun d’entre nous est là. Comment retrouver quelqu’un dans de telles bases ? Quel serait le nombre de points nécessaires pour identifier à coup sûr une personne dans de telles bases ?

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Image : illustration de l’unicité de nos parcours repérés via des antennes mobiles. Image tirée de l’étude “Unique dans la foule”.

Et Yves-Alexandre de nous inviter à retrouver un de ses collègues du Media Lab. Sur son compte Flickr, on voit qu’il a posé une photo prise dans le centre de Boston entre 10h et 11h. Sur Foursquare, Twitter ou Facebook, il indique être allé voir Lisa, une collègue à Cambridge à 11h30. En partant des traces laissées sur le web peut-on retrouver son collègue dans la base de données de son opérateur téléphonique ? Combien de points faut-il pour retrouver Charlie ? C’est un peu le travail qu’a réalisé Yves-Alexandre avec ses collègues dans “Unique dans la foule” (Cf“Peut-on fouiller les données des téléphones mobiles en respectant la vie privée ?”). Dans une base de données d’un opérateur national comprenant quelques 1,5 millions d’abonnés, il suffit de 4 points pour identifier 95% des gens. “Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales.”

Peut-on rendre la ré-identification moins précise ? Peut-on diminuer la résolution de cette ré-identification ? Et Yves-Alexandre de Montjoye de montrer un trombinoscope et d’y appliquer une diminution de la résolution pour montrer qu’à partir d’un certain degré, nous ne sommes plus capables de reconnaître les personnes sur les photos, de distinguer chacun… Peut-on faire pareil avec les données de mobilité ? A partir de quel moment la résolution ne permet plus d’identifier les gens ?

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Image : Quand on change la résolution d’un trombinoscope, on rend les gens non identifiable. Peut-on faire pareil avec les données de nos téléphones mobiles ?

Les chercheurs du MIT ont pris les données de mobilité et ont réduit la résolution spatiale et la résolution temporelle. Plutôt que d’avoir une information sur telle ou telle antenne de téléphonie mobile, les chercheurs les ont remplacés par des données plus générales, par grandes zones géographiques et par indications temporelles larges plutôt que précises. Certes, réduire la résolution spatiale et temporelle rend la réidentification plus difficile, mais il suffit alors de quelques points supplémentaires pour rétablir l’identification. En fait, nos routines journalières sont tellement uniques qu’il est extrêmement difficile de se cacher dans la foule. La réduction de la résolution n’est pas un système d’anonymisation suffisant. Nous avons tous l’impression d’être semblables quand nous nous entassons chaque matin dans le même métro, alors que nous sommes tous parfaitement uniques.

Les traces de nos déplacements disent bien plus que nos déplacements

Or nos données de déplacements sont devenues très disponibles, comme l’ont souligné les écoutes de Verizon et de la NSA. Elles le sont aussi via les applications qu’on installe sur nos smartphones : 30 % d’entre elles enregistrent nos localisations. Nos données transactionnelles, celles issues de nos cartes bleues ou de nos cartes de transports, comportent aussi des données de localisation. Nos données contribuées, celles que l’on renseigne en utilisant des services sur le web, en appréciant des films ou des chansons, ou en appréciant des pages sur Facebook, permettent également d’en déduire beaucoup sur nos comportements et donc sur qui nous sommes.

Le BFI (Big Five Inventory), cet inventaire des cinq grands facteurs de personnalité est un test psychologique mis au point par les psychologues John, Donahue et Kentle en 1991 (voir Wikipédia), qui depuis une centaine de questions permet de décrire 5 grands types de caractères auxquels sont corrélés des caractéristiques comme la performance au travail ou la capacité à prendre des décisions d’achats. Pour chacun de ceux qui passe le test, le modèle distingue 5 grandes caractéristiques psychologiques comme l’ouverture à l’expérience (c’est-à-dire l’appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes, la curiosité et l’imagination), la conscienciosité (c’est-à-dire l’autodiscipline, le respect des obligations, l’organisation plutôt que la spontanéité), l’extraversion (l’énergie, la tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres), l’agréabilité (une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres) et enfin le névrosisme ou neuroticisme (c’est-à-dire le contraire de la stabilité émotionnelle, à savoir la tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude, la dépression ou la vulnérabilité). Pour les psychologues qui utilisent ces tests depuis longtemps, nos réponses permettent d’évaluer notre profil psychologique selon ces critères qui permettent à leur tour d’induire un grand nombre de caractéristiques comme la performance au travail ou la capacité à prendre des décisions d’achats…

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Image : les 5 caractéristiques psychologies du test BFI et leur niveau de corrélation avec des données de mobilité, via le poster de l’étude “Qu’est-ce que votre téléphone dit de vous ?”.

Le MIT a demandé à des étudiants de remplir ce test pour déterminer leur profil et a ensuite regardé leurs données de téléphones mobiles pour y trouver des corrélations, c’est-à-dire pour trouver depuis les données de mobilité des indicateurs permettant de déduire les 5 types de personnalités. Cette étude a permis de mettre à jour 36 indicateurs (localisation, usage du téléphone, régularité, diversité des contacts, activité des utilisateurs, par exemple le temps mis à répondre à un texto…) capables de prédire le résultat du test BFI de n’importe quel abonné. Le modèle est relativement fiable, par exemple, il est capable à partir des données de mobilité de prédire votre score d’extraversion d’une manière assez fidèle… Cela signifie qu’à partir d’un profil d’usage de votre téléphone, pris comme une simple ligne de chiffres dans une énorme base de données où chacun paraît protégé par la masse, on peut en déduire vos caractéristiques psychologiques… c’est-à-dire des choses qui n’ont rien à voir avec l’usage de votre mobile a priori. Et pourtant… Votre personnalité se dévoile dans le moindre de vos comportements et à l’heure où tous nos comportements sont enregistrés, nos personnalités sont dans toutes les traces de nos activités. Toutes nos données sont devenues personnelles, disions-nous déjà en 2009. C’est chaque jour plus vrai.

Cet exemple montre combien il est difficile d’anonymiser les données transactionnelles. Qu’enlever les numéros de téléphone ou les noms des abonnés ne suffit pas à rendre ce type de base anonyme. Et que de telles bases disent bien plus que les déplacements qui sont les nôtres ou les réseaux relationnels desquels on appartient. Bienvenue dans l’ère des corrélations ! Aussi imparfaits que soient les modèles ont peut désormais déduire des appréciations sur vous depuis le moindre de vos comportements enregistrés. Et il suffit de bien peu de données finalement pour le faire…

La technologie peut-elle réparer ce qu’elle a cassé ?

Alors faut-il arrêter d’utiliser Facebook ? Faut-il remiser son téléphone mobile ? Faut-il arrêter d’utiliser l’internet ?… Impossible répond l’ingénieur du MIT. Parce que ces données ont une valeur pour la science et pour chacun de nous. D’un point de vue social, elles vont permettre d’étudier le comportement humain et de répondre à des questions de société cruciales. D’un point de vue individuel, chacun d’entre nous veut connaître le meilleur chemin pour éviter les bouchons, écouter la musique qu’il va préférer… Ces services nous sont utiles et nous n’avons pas envie de nous en passer. Cela signifie qu’il est urgent de trouver un nouvel équilibre, un juste milieu technique et légal pour encadrer la collecte, comme le soulignait l’appel lancé il y a quelques semaines par Yves-Alexandre de Montjoye, Cesar Hidalgo et Sandy Pentland sur le Christian Science Monitor et Le Monde.

C’est ce à quoi travaille désormais le MIT : rétablir l’équilibre. Construire un New Deal autour des données. Ce New Deal nécessite que l’utilisateur ait accès à ses données ou au moins à une copie lui permettant de comprendre leur utilisation et imaginer de nouveaux services, estime le chercheur. C’est l’enjeu d’OpenPDS (que nous avions déjà évoqué). OpenPDS se veut un magasin de données personnelles, qui permet à l’utilisateur de conserver ses données transactionnelles et de gérer lui-même les accès aux services qui le veulent. Un coffre-fort de données personnelles.

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Image : OpenPDS aide à protéger sa vie privée.

Mais c’est en même temps un peu plus que cela. A partir d’une implémentation d’OpenPDS, du côté de l’opérateur de données, le MIT imagine un service de requête permettant de protéger l’anonymat des données, tout en permettant de les utiliser. Safe Answers est un service à destination des services ou des chercheurs que pourraient implémenter les grands fournisseurs de données. En fait, les chercheurs et les services n’ont pas besoin d’accéder aux données brutes des banques ou des opérateurs téléphoniques par exemple. Les services de musique en ligne n’ont pas besoin d’accéder à toutes les chansons que vous écoutez depuis des années pour vous faire des recommandations pertinentes, une dizaine de chansons seraient largement suffisantes. L’idée de Safe Answers est de permettre de poser des questions sous forme de code à des bases de données tout en respectant la vie privée des utilisateurs. L’idée est de réduire la dimensionnalité des données à une simple réponse… L’idée aussi est, pour ces opérateurs de données, de créer un service supplémentaire d’accès à leurs données tout en préservant totalement leurs abonnés. Plutôt que de faire circuler des bases de données imparfaitement anonymisées, Safe Answers, propose de faire circuler les requêtes des gens du marketing ou des chercheurs, afin de fournir une réponse anonymisée.

Pour le jeune chercheur du MIT, il n’y a pas lieu de céder à la panique : l’anonymat n’est pas mort. Il faut ouvrir le débat. Trouver un juste milieu, trouver les bons outils… Car forcément, pour l’ingénieur, la réponse doit être technologique et le sera. C’est peut-être oublier un peu vite que les coffres-forts de données électroniques existent depuis longtemps sans rencontrer le moindre succès ou en restant souvent difficile à mettre en oeuvre pour l’usager, compliqués. La bonne volonté des services sera-t-elle suffisante ? Difficile d’y croire quand on constate que les révélations d’Edward Snowden n’ont pas vraiment fait bouger les grands barons des données… qui ont collaboré avec la NSA. Le risque n’est-il pas que se perpétue la situation actuelle de non-choix : entre la commodité de l’accès et le non-accès aux commodités, les utilisateurs ont vite choisi. Ils privilégient toujours l’accès, le service, à la confidentialité de leurs données…

Yves-Alexandre de Montjoye veut rester confiant. Pour lui OpenPDS promet d’être différent des coffres-forts de données existants. D’abord parce qu’il arrive au bon moment, ensuite parce qu’OpenPDS ne travaille sur n’importe quels types de données, mais cherche surtout à travailler sur les données transactionnelles et les données de mobilité, plus que les données contribuées. C’est un espace où l’on peut encore faire quelque chose, estime le chercheur, d’ailleurs, Apple et Google modifient sans cesse les modalités d’accès à ces données. Beaucoup de coffres-forts de données cherchaient à tout faire, à prendre en compte toutes les données sans faire une proposition de valeur suffisamment claire pour l’utilisateur, nous confie-t-il, même s’il reconnaît que rendre le contrôle à l’utilisateur est compliqué, non pas tant parce qu’il s’agit de transférer un pouvoir, mais plutôt en terme d’ergonomie, de simplicité d’accès à des solutions de contrôle de ses données.

Reste que le fait que l’utilisateur ait accès aux données ne signifie pas que le collecteur de données originel ou le fournisseur de service n’y ait plus d’accès ou diminue la collecte… La réponse technologique qu’avance l’ingénieur du MIT semble d’un coup effacer toutes les autres. Pas sûr qu’elle se suffise à elle-même. Il nous faut aussi des réponses sociales, pratiques, légales… »On n’arrivera pas à créer un écosystème différent pour l’utilisateur sans régulation », reconnaît le chercheur. Donner le contrôle à l’utilisateur est une manière de rendre le problème plus ouvert, plus compréhensible, “comme l’open data permet au citoyen de mieux comprendre le système politique”.“Donner accès aux données personnelles est une solution simple, techniquement accessible et qui va permettre de faire évoluer les choses.”

Reste que, même avec leurs données, les utilisateurs ne seront pas pour autant sur un pied d’égalité avec les services qui les utilisent, car ceux-ci savent les traiter… ce que l’utilisateur lambda ne sait pas nécessairement faire. Avoir accès à vos données de mobilité par exemple, ne permet pas à l’utilisateur lambda d’en déduire son profil BFI, alors que son opérateur téléphonique, lui, le peut… Si nous pouvions avoir accès à nos données de mobilités, nous ne saurions pas nécessairement qu’elles caractérisent aussi nos comportements d’achats, comme l’a montré Yves-Alexandre de Montjoye dans son exposé.

Effectivement, concède le chercheur… “Mais on peut avoir l’espoir que les chercheurs développeront des algorithmes équivalents à ce qui se fait commercialement, comme la communauté open source développe des logiciels équivalents voir supérieurs à ce qui se fait commercialement…”

Pour le dire autrement, demain, nous aurons certainement les outils nous permettant de traiter les données, des outils qui ne sont accessibles aujourd’hui qu’aux experts. Tout un chacun sera donc capable de faire « parler » des données. D’inférer d’un simple tweet par exemple, des informations celui qui l’a émis, selon des critères personnels. Certains seront à la recherche de votre taux de créativité, d’autres de votre capacité d’achat, d’autres de votre corrélation avec leurs propres idéaux… Cela dessine peut-être un monde où les capacités d’en tirer du sens seront plus réparties. Pas sûr que cela dessine pourtant un monde plus rassurant.

Hubert Guillaud

Publié le 21/12/13 par internetactu à http://www.internetactu.net/2013/12/05/en-quoi-les-big-data-sont-elles-personnelles/comment-page-1/

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Les Dix Géants De L’agroalimentaire Émettent Un Total De 263,7 Millions De Tonnes De GES, Soit Plus Que La Finlande, La Suède, Le Danemark Et La Norvège Réunis

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis

Selon une enquête menée par l’organisation OXFAM, les dix géants de l’agroalimentaire peuvent réduire leurs émissions de CO2 de 80 millions de tonnes, soit l’équivalent des émissions du parc automobile de ces quatre grandes villes réunies. New York, Pékin, Londres, Los Angeles.

Tout en étant très vulnérables au changement climatique, les dix plus grandes entreprises du secteur agroalimentaire contribuent considérablement au problème. Selon Oxfam, leurs émissions cumulées de gaz à effet de serre (GES) sont si importantes que, s’ils formaient un pays, ces « dix géants » se placeraient au 25e rang mondial des grands pollueurs. Or ils sont loin d’en faire assez pour les réduire.

L’organisation a calculé que les « dix géants » – Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelēz International, Nestlé, PepsiCo et Unilever – devraient pouvoir réduire l’ensemble de leurs émissions de 80 millions de tonnes à l’horizon 2020. Cela équivaudrait à retirer de la circulation le parc automobile des villes de Los Angeles, Pékin, Londres et New York réunies.

Oxfam a publié le 20 mai dernier un nouveau rapport, « Les bras croisés », dans le cadre de sa campagne « La face cachée des marques » qui passe régulièrement au crible les politiques sociales et environnementales des dix plus grandes entreprises du secteur agroalimentaire. La campagne a déjà convaincu quelques-unes des grandes entreprises mondiales du secteur agroalimentaire de renforcer leurs politiques dans des domaines comme la lutte contre les accaparements de terres et la promotion des droits des femmes.

Du poison dans nos assiettes ? – 20h40 – ARTE – le 04 octobre 2011
Une négligence criante

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis. De ce total, 29,8 millions de tonnes sont imputables à leurs activités, tandis qu’environ la moitié provient de la production de matières agricoles dans leurs chaînes d’approvisionnement – une moitié dont ces entreprises ne tiennent pas compte dans leurs objectifs de réduction. C’est sur ce volet des émissions agricoles qu’Oxfam pointe la négligence criante des leaders du secteur.

Le changement climatique contribue à la multiplication des tempêtes, des inondations et des sécheresses, ainsi qu’à l’imprévisibilité croissante des conditions météorologiques. Ce phénomène affecte notre approvisionnement alimentaire et fait pression sur les prix, avec pour conséquence l’aggravation de la faim et de la pauvreté dans le monde. Les expert-e-s prédisent que d’ici 2050, 50 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim en raison du changement climatique.

Des préjudices financiers pour les entreprises elles-mêmes

Certains des « dix géants » admettent que le changement climatique commence déjà à leur occasionner un préjudice financier. Selon Unilever, il représente une perte annuelle de 415 millions de dollars. De son côté, General Mills a déclaré avoir perdu 62 jours de production au cours du premier trimestre 2014 du seul fait des conditions météorologiques extrêmes qui vont s’aggravant avec le changement climatique. Oxfam estime en outre que le changement climatique risque d’entraîner, au cours des quinze prochaines années, une hausse du prix de produits phares, comme les pétales de maïs Corn Flakes de Kellogg et les céréales de petit-déjeuner Kix de General Mills, pouvant atteindre 44 %.

Selon Oxfam, environ 25 % des émissions mondiales de GES sont imputables au système alimentaire et ce type d’émissions augmente avec la demande alimentaire. Les expert-e-s affirment que, pour maintenir le réchauffement climatique sous le seuil critique de 2 °C jusqu’en 2050, les émissions mondiales nettes issues de l’agriculture et des forêts doivent tomber à zéro et que le secteur doit en fait devenir un « puits de carbone » d’ici le milieu du siècle – c’est-à-dire contribuer à absorber les GES de l’atmosphère. Les émissions suivent pourtant la tendance inverse.

Une « révolution » des méthodes de production

« Trop d’entreprises de l’agroalimentaire croisent les doigts, espérant que le changement climatique ne perturbera pas le système alimentaire et s’imaginant que quelqu’un d’autre remédiera à ses failles actuelles. Les « dix géants » génèrent un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars par jour et jouissent d’une influence considérable dans les chaînes alimentaires à travers le monde. Le secteur doit poursuivre plus activement l’objectif de la « faim zéro » dans le monde tout en accomplissant une révolution dans ses méthodes de production », affirme Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam.

Davantage de responsabilité

Même si la marge de progression d’Unilever, de Coca-Cola et de Nestlé reste importante, les politiques et mesures de lutte contre le changement climatique de ces trois entreprises apparaissent relativement plus fermes.

Oxfam met sur la sellette Kellogg et General Mills, deux mauvais élèves dans ce domaine, et les appelle à faire évoluer le secteur vers plus de responsabilité. Selon Oxfam, les entreprises doivent communiquer ouvertement leurs volumes d’émissions agricoles, publier les noms de leurs fournisseurs les plus pollueurs, adopter des objectifs chiffrés de réduction des émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement et davantage inciter les autres secteurs et les États à s’attaquer au « dérèglement climatique ».

Voici les principales conclusions de l’évaluation menée par Oxfam :

  • Les « dix géants » reconnaissent tous le besoin de réduire les émissions agricoles indirectes dans leurs chaînes d’approvisionnement et sept d’entre eux mesurent ces émissions et en rendent compte dans le cadre de l’initiative Carbon Disclosure Project. Ce n’est pas le cas de Kellogg, de General Mills ni d’Associated British Foods.
  • Seuls Unilever et Coca-Cola ont fixé des objectifs de réduction des émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement, mais aucun des « dix géants » ne s’est clairement engagé à atteindre des objectifs de réduction visant plus précisément les émissions agricoles.
  • Aucun des « dix géants » n’impose à ses fournisseurs d’adopter des objectifs de réduction de leurs émissions.
  • Les « dix géants » se sont tous fixé des objectifs de réduction des émissions générées par leurs propres opérations, mais souvent, ceux-ci ne reposent pas sur des données scientifiques et ne prennent pas en compte toute la mesure de leur contribution au problème.
  • Plusieurs des « dix géants » se sont engagés à un calendrier ambitieux pour mettre fin aux pratiques de déforestation dans leurs chaînes d’approvisionnement en huile de palme, mais seules les politiques de Mars et de Nestlé incluent d’autres matières premières également sources de déforestation et de changements d’affectation des sols.
  • Une entreprise indonésienne qui fournit de l’huile de palme à Cargill, fournisseur de Kellogg et de General Mills, entre autres géants de l’agroalimentaire, est présumée impliquée dans le défrichement par le feu de terrains forestiers en vue de la production d’huile de palme et avoir contribué à un énorme incendie forestier qui a généré à lui seul l’équivalent des émissions produites en un an par 10,3 millions d’automobiles.
  • À l’exception d’Unilever, de Coca-Cola et de Mars, les entreprises n’en font pas assez pour engager publiquement les États et les autres entreprises à intensifier leur lutte contre le changement climatique et doivent notamment s’opposer aux positions préjudiciables ou inappropriées prises par les associations sectorielles qui les représentent.

« Le secteur agroalimentaire a l’obligation morale et la responsabilité commerciale de redoubler d’efforts pour lutter contre le changement climatique, insiste Winnie Byanyima. Les « dix géants » n’utilisent pas leur influence de manière responsable et nous en subirons toutes et tous les conséquences. Kellogg et General Mills, en particulier, ne font pas leur part. Ces entreprises devraient être un fer de lance dans les efforts pour empêcher que le changement climatique n’aggrave la faim dans le monde. Il est temps qu’elles passent à l’action. »

Les dix géants de l’agroalimentaire émettent un total de 263,7 millions de tonnes de GES, soit plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunissource:

Candia inaugure un nouvel outil de production

Candia inaugure un nouvel outil de production dans achats fusions reorganisations eco-7

Spécificité du site, le lait frais a une nouvelle ligne de production (© Candial)

  • Spécificité du site, le lait frais a une nouvelle ligne de production (© Candial)

Propriété du géant Sodiaal, l’usine de La Talaudière traite et conditionne 100 millions de litres de lait par an. Le plus diversifié des sites Candia, situé en zone montagne, vient d’être équipé d’une nouvelle ligne de production. Plongée dans ses coulisses à l’occasion de portes ouvertes au public le 14 juin.

Elle est flambant neuve. Une petite cérémonie devait même l’inaugurer officiellement ce vendredi 13 juin. Candia y attendait à cette occasion la préfète en personne. Il aura fallu 4 mois de travail pour faire basculer la production lait frais de deux lignes à une seule.
Plus moderne, plus productive, plus sécurisée, plus hygiénique, plus de traçabilité et pleinement opérationnelle depuis avril, la nouvelle installation est un gros plus pour l’usine de La Talaudière, propriété de Sodiaal. Le géant français du lait (5 Md € de CA ; 4,6 milliards de litres collectés par an chez 14 000 producteurs de 71 départements) a lâché un total de 4 M€ pour mettre en place ce nouvel outil. Véritable gage de pérennité pour le site ligérien et ses 128 CDI après la période de restructurations que vient de connaître la 5e coopérative laitière mondiale. « Notre chiffre d’affaires ? Difficile de vous répondre : nous achetons et vendons en interne, explique Gaëtan Moyroud, directeur de l’usine, mais c’est un site à forte valeur ajoutée et en croissance… »
Avec environ 100 millions de litres de lait passant chaque année derrière ses murs, malgré une emprise de 5 ha (il compte aussi, indépendamment de l’usine, une unité logistique Sodiaal), le site est loin d’être le plus grand de Candia. Celui de Vienne, tout proche, est d’une importance environ quatre fois supérieure. Mais La Talaudière a pour lui les spécificités de ses produits, d’être la seule usine Candia en zone montagne, comme 80 % de son lait en provenance de 1 127 producteurs des Monts du Forez, du Pilat, mais aussi de la Plaine du Forez, du Rhône et jusque de Haute-Loire. Un peu du Vercors aussi. Car « nous sommes la plateforme bio de la région sud-est », précise G. Moyroud. La Talaudière chez Candia incarne la diversification.

Export jusqu’en Océanie

Pas étonnant alors que sa R&D soit en grande partie installée ici avec 6 chercheurs permanents et que 59 références y soient produites : entier ou demi écrémé, briques ou bouteilles, bio ou non, UHT ou frais. Exporté en Allemagne quand il s’agit de lait infantile bio pour la marque Hipp ou dans les maternités de Moyen-Orient pour ces 70 ml en bouteille qui n’attendent plus que la tétine à visser. Océanie, Afrique du Sud… L’export se développe. « On connaît nos exigences en qualité et en sécurité alimentaire, alors on vient nous chercher de loin », commente G. Moyroud. Charlotte, blouse, chaussures et lavage de mains réguliers à la moindre irruption dans les ateliers : ça ne rigole pas avec la sécurité alimentaire.
Le laboratoire d’analyse ponctionne par exemple 0,3 % de la production de lait infantile pour le vérifier. Laboratoire qui sépare les deux ateliers de production se répartissant l’activité quasi moitié-moitié : UHT (ultra haute température), longue conservation passé par un traitement à plus de 140° et lait frais : passé, lui, de 68 à 75° et pasteurisé pour une conservation de 25 jours. On le retrouve dans les supermarchés hexagonaux à 70 % en marque Candia, le reste en marque distributeur. C’est dans l’atelier lait frais que les deux lignes d’embouteillages (1 ou 2 l) vieilles de 40 ans ont été remplacées par une seule capable de sortir 8 000 bouteilles d’1 l et 12 000 bouteilles de 2 l par heure. Ligne qui débute par la formation des bouteilles en soufflant le plastique compacté les composant. Gain logistique mais aussi de qualité, par exemple sur l’étanchéité des bouteilles désormais transparentes.
Une passerelle d’observation toute neuve domine l’ensemble. En partie liée à une détermination de davantage communiquer. Car s’il accueillait déjà des visites ponctuelles, c’est dans l’objectif de promouvoir la consommation mais aussi de « montrer qu’il n’y a rien à cacher » et que l’activité valorise et entretient le terroir que le site, plus d’une fois cible d’agriculteurs en colère sur les prix d’achat, effectuera le 14 juin sa première journée bien à elle ouverte au public (espérée pérenne) en écho à la Journée mondiale du lait.

Xavier Alix

source: http://lessor.fr/2014/06/12/agroalimentaire-candia-inaugure-nouvel-outil-de-production/

 

Une entreprise nordiste se lance sur le marché de l’agroalimentaire à base de microalgues

  • Des farines à base de microalgues fabriquées par l'industriel de l'agroalimentaire nordiste Roquette.

INNOVATION – La société française Roquette, spécialisée dans la production d’amidon, développe des farines ouvrant de nouvelles solutions dans l’agroalimentaire, notamment pour les consommateurs allergiques au gluten…

On pourra peut-être bientôt parler d’or jaune ou d’or vert. La société Roquette, spécialiste ans la fabrication d’amidon, a inauguré officiellement, ce jeudi, sa nouvelle unité de production industrielle dédiée aux micro-algues dans son site de production industrielle de Lestrem (Pas-de-Calais), près de Lille.

Depuis le début d’année, le site nordiste s’est lancé dans la production de trois types de farine jaune et verte à base d’algues. «Pour l’instant, quelques produits dérivés sont commercialisés en Allemagne et une mayonnaise en Afrique du Nord», note Sergio Neves, directeur de cette nouvelle filière, dans laquelle l’entreprise fonde beaucoup d’espoir. «Les micro-algues ouvrent de nouvelles solutions dans l’agroalimentaire, notamment pour les consommateurs qui sont allergiques au gluten», souligne Guillaume Fichet, directeur du site.

Une productivité exceptionnelle

Voilà une dizaine d’années que le laboratoire de recherche et développement planche sur le sujet. «Cette innovation s’inscrit en complément de notre production d’amidon alimentaire à base de pommes de terre, de maïs ou de blé», explique le directeur. Cette année, Roquette sera en capacité de produire 4 à 5.000 tonnes de cette farine nouvelle, grâce à un procédé de fermentation breveté. «En quinze jours, une algue soigneusement sélectionnée, la chlorelle, est capable de se multiplier pour passer d’un gramme en éprouvette à vingt tonnes dans des fermenteurs de 300m3», raconte Laurent Desrousseaux, responsable process et production. Difficile de rêver productivité plus forte.

Un marché émergent

Ensuite, le lait d’algues obtenu est stérilisé comme dans une laiterie, pour garantir l’absence de contamination bactériologique. Il est alors asséché pour donner une farine propre à la consommation. «C’est un marché émergent dans lequel nous sommes pionniers», précise le directeur du site. Des produits contenant des micro-algues feront sans doute leur apparition bientôt dans les rayons, mais rien n’oblige les fabricants à le signaler sur l’étiquette.

 Gilles Durand pour 20minutes Lille. Publié à http://www.20minutes.fr/lille/1399858-un-filon-d-or-jaune-et-vert-dans-le-nord

Collaboration avec l’Allemagne

Pour sélectionner les souches de microalgues, Roquette collabore avec une usine allemande qui travaille aussi sur le processus de multiplication, mais par photosynthèse, depuis 2008. Ce site de culture à très haute valeur ajoutée  permet de récolter environ une quarantaine de tonnes par an, loin des capacités de production de Lestrem.

Agriculture biologique: Les coopératives proposent leur appui

Les coopératives agricoles sont de plus en plus présentes dans la production bio, a souligné Christophe Lecuyer, président de la Sica Axéréal Bio et de la commission des filières biologiques au sein de Coop de France, le 12 juin 2014 à Paris. Quelque 550 coopératives, unions ou filiales sont désormais impliquées dans la bio, de même que 7.500 sociétaires de coopératives, soit un tiers du total des agriculteurs bio en France.

En 2013, les coopératives ont collecté 85 % du porc bio, 75 % des grandes cultures bio, 70 % des ovins bio, 65 % des œufs bio, 36 % du lait bio, 32 % des bovins bio, 20 % des fruits et légumes ou des vins bio. L’agriculture biologique, « ça fonctionne », résume Christophe Lecuyer, qui appelle à dépasser les dernières réticences d’ordre « culturel » qui pourraient demeurer ici ou là. Une agricultrice du Cambrésis avait ainsi témoigné, le 10 juin à l’occasion des Rencontres professionnelles de la bio, que Tereos lui avait refusé une production expérimentale de betteraves sucrières bio. A ceux qui hésiteraient à convertir leur exploitation en bio, Christophe Lecuyer et Julien Bidaud, producteur de porcs bio et administrateur de Biodirect, expliquent que les coopératives sont là pour les accompagner : « Sécuriser des productions dans la durée, trouver de nouveaux débouchés, accompagner les agriculteurs sur le plan technique, les aider à innover, c’est le rôle des coopératives », font-ils valoir, en substance. La fin de la mixité des exploitations : un « mauvais signal » Sur le plan réglementaire, deux préoccupations sont apparues récemment. Le règlement-cadre européen en préparation prévoit la spécialisation à 100 % des exploitations bio, alors que 25 % d’entre elles sont mixtes actuellement. « Ce n’est pas un bon signal pour les producteurs conventionnels qui envisageraient une conversion, en particulier dans le secteur des grandes cultures », estime Christophe Lecuyer. Lui-même témoigne qu’il aurait hésité à démarrer à 100 % en bio. Autre préoccupation : le devenir des aides au maintien de l’agriculture biologique. « La régionalisation des aides bio ne nous importe pas en tant que telle, mais celles-ci pourraient être remises en cause dans certaines régions », avertit Christophe Lecuyer. Un autre mauvais signal adressé aux récents installés ou convertis. A télécharger :

Par Benoît Contour. En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agriculture-biologique-les-cooperatives-proposent-leur-appui-coop-de-france-90020.html#gZfbL2Ij8ZHGliut.99

Toshiba se lance dans les légumes

L’IDÉEToshiba prévoit aussi de cultiver des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C. (Photo: Reuters)

Toshiba prévoit aussi de cultiver des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C. (Photo: Reuters)
Le groupe japonais s’apprête à produire en usine des légumes sans pesticides ni autres substances chimiques, grâce à un phénoménal appareillage électronique permettant de maintenir une ambiance aseptisée. L’objectif: contribuer à maintenir les hommes en bonne santé.

Les appareils électroniques et les réacteurs nucléaires ne suffisent plus à Toshiba. Le conglomérat industriel japonais a annoncé jeudi qu’il allait se lancer dans une nouvelle activité: la production et la vente de légumes.

Des salades sans pesticide grâce à l’électronique

Sans pesticides ni autres substances chimiques, les légumes seront fabriqués dans une usine totalement aseptisée et régie par un phénoménal appareillage électronique. Le groupe est notamment en train d’équiper un établissement inutilisé dans la banlieue de Tokyo, qui sera doté « d’éclairages fluorescents spéciaux optimisés pour la croissance des végétaux, d’un air conditionné qui maintient toujours la même température et un degré d’humidité constant, d’un dispositif de surveillance de l’état physique des plantes et d’équipements de stérilisation pour l’emballage des produits ».

« En minimisant l’entrée en contact de particules avec les produits, il est possible d’en augmenter considérablement la conservation en bon état », a expliqué Toshiba.

La délicate gestion de l’ensemble reposera sur des moyens similaires à ceux employés dans les usines de semi-conducteurs, autre spécialité du groupe.

Des laitues en guise de médicaments

Sur une surface de près de 2.000 mètres carrés, le groupe va produire l’équivalent de 3 millions de salades par an, pour approvisionner supermarchés, supérettes et restaurants.

Cette nouvelle activité est parfaitement cohérente avec la stratégie du groupe, a expliqué Toshiba:

« Nous allons donner une nouvelle dimension à notre division de soins sanitaires ».

Le conglomérat, qui est aussi un spécialiste des équipements médicaux et gère son propre hôpital à Tokyo, dit vouloir contribuer à maintenir les hommes en bonne santé, par la fabrication en usine, sous certaines conditions technologiques, d’une nourriture saine. Le groupe japonais prévoit d’ailleurs aussi de cultiver, en fonction de la demande, des légumes ayant des particularités précises, comme une plus forte teneur en vitamine C.

Plusieurs « usines à légumes » au Japon

D’autres groupes d’électroniques du Japon se sont déjà intéressés aux « usines à légumes ». Panasonic et Fujitsu ont aussi des « exploitations agricoles » de ce type, ouvertes récemment dans la préfecture de Fukushima où une partie de la population craint que les légumes cultivés dans les champs ne soient radioactifs.

Toshiba de son côté voit grand: il dit aussi étudier la construction d’une grande usine de légumes hors du Japon ainsi que la vente d’équipements dédiés à ce type d’installations.

Publié par latribune.fr le 15/05/2014 à : http://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/20140515trib000830103/toshiba-se-lance-dans-les-legumes-sans-pesticides.html

L’agroalimentaire, un secteur stratégique pour le e-commerce

ecommerceTéléchargerLes ventes en ligne dans l’alimentation connaîtront une progression significative d’ici à 2018 grâce à la capacité d’innovation digitale des acteurs de la distribution. Elles devraient même dépasser les ventes d’électronique grand public.

La transition numérique des entreprises n’est pas encore complètement aboutie mais comme le démontre l’étude Digital IQ par PWC, 81% des dirigeants estiment que les avancées technologiques transformeront leur entreprise dans les années à venir. Le commerce de détail n’échappe pas à ce besoin de digitalisation et c’est le e-commerce qui constituerait un enjeu pour favoriser les ventes du commerce de détail. La dernière étude publiée par Forrester, « European Online Retail Forecast: 2013 To 2018« , s’intéresse à la croissance des ventes en ligne et prévoit qu’à l’horizon 2018, c’est le secteur alimentaire qui pèsera le plus lourd. Les acteurs traditionnels de la distribution doivent donc s’adapter et revoir leur offre pour rester compétitifs.

Le e-commerce et l’agroalimentaire à la hausse

Entre 2013 et 2018, Forrester prévoit un taux de croissance de 12% des ventes de détail en ligne en Europe pour un total d’environ 234 milliards d’euros en 2018. En France, les ventes devraient presque doubler entre 2013 et 2018 pour atteindre 47 milliards d’euros. En effet, la France ainsi que le Royaume-Uni et l’Allemagne constitueront les marchés les plus importants pour le e-commerce de détail. Il est surtout important de noter que le secteur agroalimentaire détiendra la plus forte croissance, dépassant ainsi le secteur de l’électronique grand public. Le secteur de l’habillement, toujours en tête des ventes en ligne enregistrera une croissance moindre. Ces chiffres de croissance positive pour le commerce en ligne s’expliquent surtout par la capacité des acteurs de la distribution à proposer des services adaptés au e-commerce. « La croissance constante des ventes internet en Europe dans le contexte fragile de reprise économique démontre l’importance de la présence digitale » explique Michelle Beeson, auteure de l’étude.

L’innovation digitale adoptée par les acteurs de la distribution

Le rapport démontre ainsi que les habitudes de consommation vont se tourner progressivement vers le online puisque les internautes effectuant leurs achats en ligne vont passer de 65% en 2013 à 75% en 2018. « Les commerçants européens doivent maintenir leur investissement dans le digital et l’innovation, et optimiser leur présence digitale sur l’ensemble des appareils. » déclare Michelle Beeson. À noter notamment l’émergence d’une catégorie d’acheteurs appelés les “super shoppers”, ces internautes qui recherchent leurs achats en ligne et consomment à travers différents canaux de manière régulière. Dernièrement, des initiatives prouvent que l’innovation digitale constitue un enjeu pour les commerçants. Citons par exemple  »Inspiration Corridor » de Klépierre qui permet de créer un pont entre magasin physique et e-commerce grâce à l’installation d’un couloir aux fonctions technologiques.

Publié Par  04 juin 2014 L’agroalimentaire, un secteur stratégique pour le e-commerce dans AGRO nadir

à http://www.atelier.net/trends/articles/agroalimentaire-un-secteur-strategique-e-commerce_429695

 

Les internautes se précipitent sur le « formulaire d’oubli » de Google

Vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens ont été déposées auprès du moteur de recherche.

A peine quatre jours après sa mise en ligne, le « formulaire d’oubli » de Google connaît déjà un succès foudroyant auprès des internautes désireux de faire effacer leurs traces sur le moteur de recherche. Celui-ci a reçu, rien que pour la journée de vendredi 30 mai, 12 000 demandes de retrait de liens de la part des internautes européens.

Le groupe américain se conforme à une décision, mi-mai, de la Cour européenne de justice, selon laquelle les internautes peuvent obtenir, sous certaines conditions, la suppression des liens vers les pages Web comportant des données personnelles, en s’adressant directement à l’exploitant du moteur de recherche. Le formulaire mis à disposition par Google permet de demander qu’un lien soit retiré des résultats de recherche, à condition qu’il soit « non pertinent, obsolète ou inapproprié ».

Ce chiffre de 12 000 réclamations a été confirmé par Google samedi 31 mai. Atitre de comparaison, Google traite en un mois plus de 20 millions de réclamations « classiques » dans le monde. Aucune information sur le délai de traitement des formulaires n’a été donnée. Précision importante, le retrait du lien ne s’applique qu’en Europe, c’est-à-dire uniquement sur Google FranceEspagneAllemagne… Mais le lien ne disparaîtra pas de Google.com, la version américaine du site, qui est consultable par un internaute basé sur le sol européen. Une issue qui devrait laisser insatisfaits nombre de « plaignants ».

CRITIQUE DES ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS

La décision de retrait de liens sera laissée à l’appréciation de Google, qui examinera les demandes individuellement. Cette responsabilité de Google dans la prise de décision est critiquée par les associations de consommateurs : en France, l’UFC-Que Choisir estime que Google « n’est pas le bon interlocuteur » et que le placer en position d’arbitre dans ce type d’affaire met à mal la neutralité du Net. Google concentre à lui seul 90 % des requêtes sur le Web en Europe.

Reporters sans frontière (RSF) critique les possibilités de « blanchiment d’identité » qu’offre le formulaire d’oubli. Grégoire Pouget, responsable du bureau Nouveau médias chez RSF, pointe le fait que « désormais, chaque individu, même lorsqu’il a fait l’objet d’une citation de presse légitime et légale, serait en mesure d’exigerque n’apparaissent que les informations qui lui conviennent et donc de se façonner une image numérique non conforme aux informations publiées ».

C’est précisément ce risque de censure et de déni d’information qu’a soulevé la firme de Mountain View dès la semaine dernière. Son PDG, Larry Page, a regretté dans les colonnes du Financial Times de vendredi 30 mai que Google n’ait pas été« plus associée au débat en Europe », et a estimé que ces nouvelles règles pourraient pénaliser l’innovation et offriraient des moyens supplémentaires aux régimes autoritaires pour contrôler l’information sur le Web.

COMPOSER AVEC LES INSTANCES NATIONALES DE 28 PAYS

Le moteur de recherche se réserve toutefois le droit de maintenir le référencement des pages Web s’il présente un intérêt « historique, statistique ou scientifique », ou encore si la personne concernée est connue. Des demandes risquent donc de ne pas aboutir.

L’application du droit à l’oubli risque de se révéler d’autant plus complexe qu’il existe déjà des lois en Europe régissant le droit à l’oubli numérique, et que Google va devoir composer avec les instances nationales de protection de la vie privée dans 28 pays différents. Sans compter qu’effacer une information relayée sur les sites, les réseaux sociaux ou les forums de discussion relève de la gageure.

Prônant la pédagogie plutôt que la répression par la loi, les géants du Net rappellent régulièrement, à juste titre, que les internautes sont souvent, de par leur imprudence, à l’origine de la diffusion d’informations qu’ils souhaitent au final voir disparaître. C’est Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui disait en 2012 : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher. »

LE MONDE | 02.06.2014 à 11h33 |Par Audrey Fournier 

publié à: http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/06/02/les-internautes-se-precipitent-sur-le-formulaire-d-oubli-de-google_4430102_3234.html

 

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