Archive pour 30 novembre, 2013

Le marché français de la dinde se transforme

Le freinage de la production française de dinde industrielle a fait dégonfler les stocks de filet. L’évolution du potentiel génétique des dindes françaises, orientée vers l’alourdissement, et le recentrage sur certains marchés ont changé la donne.

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D’année en année, la production française de dindes industrielles diminue. 2013 n’échappe pas à la tendance. Au début de l’année, les mises en place mensuelles de dindonneaux dans les élevages ont été nettement inférieures à celles de 2012 (voir graphique). Elles les ont ensuite rattrapées cet été, mais elles restaient bien en dessous des mises en place de l’été 2011. Ainsi, le cumul des mises en places des huit premiers mois de 2013 est en recul de 8 % par rapport à celui de 2012, selon les statistiques officielles, et de 17,6 % par rapport à 2011. D’après les informations recueillies par le Comité interprofessionel de la dinde française (Cidef) pour ce début d’automne, les mises en place se maintiennent en retrait (toujours de 8 % de celles de 2012). Les dindonneaux mis en place donnent des dindes prêtes pour l’abattage quelque cinq mois après. Ainsi, les filets, escalopes et cuisses sortant aujourd’hui des sites de désossage et de découpe, sont ceux de dindonneaux mis en place en début d’été. Leur volume est particulièrement réduit. Celui attendu pour le début d’année sera en principe plus fourni.
Tous les pays producteurs de l’Union européenne ont connu cette diminution, souligne-t-on au Cidef. Selon le comité, l’offre a été excessive en 2012. La demande était insuffisante et les stocks se sont constitués à partir d’août 2012. L’amoindrissement de l’offre, cette année, est bénéfique à l’amont de la filière, indique l’interprofession. « Les industriels souffrent moins », constate Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef. En dépit d’un coût toujours élevé des aliments protéiques (plus indispensables aux dindes qu’aux poulets), les industriels remettent plus d’éleveurs sous contrat.
Les industriels français doivent adapter leurs programmations à  l’évolution génétique qui donne de plus grosses dindes. Les carcasses sont désormais plus lourdes, même en dehors des périodes où les durées d’élevage s’allongent faute de marchés. « L’alourdissement des animaux sera de moins en moins perçu dans les statistiques parce qu’on aura changé les souches »,souligne Gilles Le Pottier. Comme il y a plus de viande sur les dindes, on a besoin d’en abattre moins. Et comme on découpe davantage d’escalopes dans un gros filet, l’offre de filets a diminué ces derniers mois. Les stocks de filets se sont dégonflés, constate le Cidef. Le prix du filet sous vide s’est redressé sensiblement en août, et reste depuis en légère hausse, du fait de l’amenuisement des stocks et d’une offre européenne plus réduite. « La conjoncture se joue sur quelques pourcents », note l’observateur de la filière. L’importation, bien que supérieure à celle de l’an dernier, « reste relativement contenue », estime-t-il. Le marché du sauté (cubes de cuisse désossée) n’a pas autant augmenté que le filet.

Plans de charges optimisés
Se détournant de l’export, l’industrie française de la dinde optimise ses plans de charges à l’intention de ses trois plus solides circuits de distribution : les grandes surfaces, la restauration collective et les fabricants industriels de plats cuisinés ou de charcuteries. Les industriels de la dinde maintiennent de mieux en mieux leur équilibre matière entre le « blanc » (les filets découpés en escalopes) et le rouge (les cuisses découpées en « sauté », transformées en rôtis ou en saucisses).
Cette gestion prévisionnelle est imposée par les durées d’élevage, plus longues pour la dinde que le poulet. En revanche, elle désavantage les acheteurs occasionnels que sont les grossistes des marchés d’intérêt national. Ceux-ci sont « contraints d’importer une majorité des volumes », témoigne à regret Laurent Marquestaut, directeur commercial du groupe Avigros à Rungis. Le premier opérateur du pavillon de la volaille a commencé à importer des découpes de dinde il y a cinq ans. « Au début c’était une histoire de prix, maintenant c’est parce qu’il n’y a plus assez de disponible », estime-t-il. Le différentiel de prix, à l’entrée du pavillon de la volaille, serait compris entre 10 et 20 %, selon les professionnels. La situation s’aggrave depuis 6 mois et quelques dizaines de  palettes, de blanc et de rouge de dinde de l’étranger, font l’appoint chaque semaine des sociétés Yzet, Avigros et Taron. Les camions viennent de Pologne essentiellement, ainsi que d’autres pays membres de l’Est, d’Allemagne et « un peu » d’Italie et d’Espagne. Laurent Marquestaut regrette beaucoup le désengagement des Français à l’export. « Les Polonais sont des traders. Ils sont réactifs, disponibles depuis plusieurs années déjà », avoue-t-il. Il admet aussi que les Italiens « ont des produits soignés et sont très bons dans le colisage et le transport ». 
Pas besoin de parler anglais ou les langues des pays exportateurs ; les importateurs trouvent chez leurs fournisseurs des interlocuteurs francophones. La qualité du minerai, en revanche, peut laisser à désirer, surtout en provenance d’Allemagne, souffle-t-on. Ces importations posent la question des différences de cahiers des charges et de réglementations nationales au sein de l’Union européenne. Les graisses animales et protéines de poisson sont, par exemple, utilisées ailleurs. Mais c’est aussi pour s’appuyer sur le savoir-faire français que les GMS favorisent la dinde d’ici.

Sylvie Carriat

source: http://www.lequotidienlesmarches.fr/le-march-fran-ais-de-la-dinde-se-transforme-art366604-91.html

 

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