Archive pour 4 octobre, 2013

L’explosion de la vente directe à domicile

Avec la crise, la vente directe attire de plus en plus de personnes de tous âges. Chômeurs, étudiants, retraités, et même des salariés qui arrondissent ainsi leurs fins de mois. À la différence du e-commerce, ces personnes retrouvent aussi de la convivialité.

L'explosion de la vente directe à domicile dans consommation 357752_794

« Compléter vos revenus ? Remplacer votre salaire ? Ou voir les choses en grand et faire carrière ? » C’est ce que propose Charlott, une marque de lingerie féminine vendue uniquement à domicile. Le concept n’est pas nouveau !

Le concept de la vente à domicile ou vente directe existe depuis plus de cinquante ans – Rappelez-vous Tupperware – et n’a cessé de faire des petits. On peut vendre de tout ainsi : bijoux, produits d’entretien, alimentation, vêtements… Et même des sex toys ! Les annonces et forums de recrutements fleurissent. « À condition d’avoir un bon produit », prévient une des 3 700 ambassadrices de Charlott. Cette marque qui fête ses vingt ans, vient même d’affréter un bus pour recruter 1 000 conseillères. Parti de Saint-Etienne le 16 septembre, il a sillonné la France et fait étape dans quarante-quatre villes avant de terminer son périple, mercredi, à Nice. De passage en Pays de la Loire, le 26 septembre, il a fait une étape de deux heures à Saint-Herblain, près de Nantes.

Compléter son salaire

« 32 personnes sont venues dans le bus », détaille un manager de la marque. Comme Aurélie, 24 ans, vendeuse à mi-temps, dans un magasin de vêtements de Saint-Nazaire. « Je gagne 800 € par mois et j’ai besoin d’un revenu complémentaire », explique-t-elle. Ou encore Claudine, 60 ans. Cette jeune retraitée de l’Éducation nationale touche 2 000 € par mois. « Mais j’ai encore un fils de 21 ans à charge et un crédit pour la maison. J’espère gagner autour de 400 € par mois. Pour cela, il faut que je vende pour 1 500 € de lingerie. »

Claudine et Aurélie ont été contactées par Corinne, 46 ans, vendeuse de la marque depuis quatre ans et demi.« Maman de trois enfants, il fallait bien que je complète mon salaire, raconte cette pimpante hôtesse de 46 ans. Depuis un an et demi, je ne travaille plus que pour Charlott. J’anime une équipe de dix vendeuses. Je gagne entre 1 200 et 1 500 € par mois. L’entreprise me prête une. Je n’ai que le gazole à payer. »

Claudine, la jeune retraitée, a un peu d’appréhension. « En signant un contrat, j’ai versé trois chèques de 100 €. Si je fais quatre réunions par mois, pendant trois mois, ils les déchirent au fur et à mesure. Si ça ne marche pas, j’ai un joker d’un mois. » Corinne se veut rassurante : « Au début, on ne vous laisse jamais seules. On vous forme, on vous explique nos techniques de vente et comment progresser. »Claudine a parlé de son projet à des copines qui lui ont promis de venir à sa première réunion. Elles achèteront sans doute de la lingerie pour lui faire plaisir. Au bout d’un moment, il faudra élargir le cercle… Et trouver de nouvelles hôtesses qui acceptent d’inviter de nouvelles clientes potentielles. « Une présentation, c’est environ quatre heures. Pour moi, ce n’est pas du travail, mais de bons moments conviviaux »,tempère Corinne.

Sandrine, une Nantaise, est conseillère chez Charlott depuis sept ans. Elle gagne entre 3 500 € et 4 000 € par mois pour une trentaine d’heures travail par semaine. Cette animatrice chevronnée anime un réseau d’une vingtaine de vendeuses indépendantes. Aujourd’hui, ce sont elles qui lui rapportent le plus, car elles lui versent un pourcentage de leurs ventes. C’est l’effet boule de neige. Mais avant de faire une boule, il faut que tombe la neige !


Un secteur de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires

La vente à domicile (ou vente directe) pèse près de 500 000 emplois en France. Chaque année, elle recrute environ 30 000 personnes à temps partiel ou à temps plein. Le marché affiche une belle croissance : + 1,6 % par an en volume depuis dix ans. En vingt ans, le nombre de vendeurs a été multiplié par 2,3.
Les plus gros chiffres d’affaires se font dans l’habitat, la gastronomie, la beauté, le textile et les accessoires de mode. La fédération de la vente directe compte quelque 130 marques adhérentes. Leur nom : H2O bio (entretien et cosmétique), CJT prêt-à-porter, Dermance (soin pour le corps) ou Swipe (cosmétique et ménager).
Le concept a débarqué en France dans les années 1960, avec des marques comme Tupperware. Petit à petit, ce mode de distribution importé des États-Unis est tombé en désuétude : image vieillotte, explosion des grandes surfaces… Il a retrouvé un nouvel élan au milieu des années 1990, avec la création du statut de vendeur à domicile indépendant (1). Pourquoi ce regain ? « La vente directe répond au besoin de lien social, de convivialité et de proximité, résume le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc). Au domicile ou à celui d’un proche, le client potentiel se sent en confiance. » Idéal, aussi, pour tester un produit avant d’acheter.
Les cours de cuisine, par exemple, permettent de vendre des accessoires à l’issue des démonstrations. En organisant 8 000 cours par an, le français Silit a écoulé 150 000 produits et réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros. Mais la France a encore du retard. On compte 1,5 fois plus de vendeurs en Allemagne, 2,1 fois plus au Royaume-Uni. En Europe, on compte 11,3 millions de vendeurs pour un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros (4 milliards en France).

(1) Ce statut prévoit notamment l’inscription des vendeurs au régime général de la sécurité sociale et la possibilité de cumul avec les indemnités d’aide au retour à l’emploi ou la retraite.

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/lexplosion-vente-directe-domicile-03-10-2013-112172?utm_source=newsletter&utm_medium=OFentreprise&utm_campaign=20131004_local_votreNewsletter

 

 

croquefeuille |
Succès Marketing |
Entre Organisation et Equit... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 3D-Margot-Marina-Franck
| On s'amuse...
| cuisinebio