Acculé, BlackBerry va se retirer du marché grand public

Le groupe licencie 4.500 personnes et se recentre sur le marché « entreprises ». Ses derniers modèles de smartphones n’ont pas eu le succès escompté.

Le canadien a annoncé vendredi qu’il allait licencier 4.500 personnes, soit 40 % de ses effectifs - DR

Le canadien a annoncé vendredi qu’il allait licencier 4.500 personnes, soit 40 % de ses effectifs – DR

L’histoire était écrite. Elle n’en est pas moins triste. BlackBerry entame un nouveau chapitre dans sa longue descente aux enfers. Le canadien a annoncé vendredi qu’il allait licencier 4.500 personnes, soit 40 % de ses effectifs. La société basée à Waterloo, dans l’Ontario, ne comptera plus que 7.000 salariés. Cette coupe drastique dans les effectifs, qui fait suite aux 5.000 licenciements déjà réalisés l’an dernier, est la dernière tentative de l’ex-RIM (Research in Motion) pour tenter de rebondir sur un marché du smartphone sur lequel il a perdu pied depuis plusieurs années.

Dépassé par la concurrence, BlackBerry a en parallèle décidé de se retirer du marché grand public pour revenir à ses premières amours, l’univers professionnel, sur lequel il avait construit les bases de son succès il y a près de 10 ans. Le porte-feuille de produits devrait ainsi passer de 6 smartphones à 4 seulement. Le groupe compte aussi se concentrer davantage sur les logiciels et les services, comme la plate-forme de gestion de flotte de terminaux mobiles BlackBerry Enterprise Service, qui fonctionne aussi bien avec ses appareils qu’avec l’iOS d’Apple ou l’Android de Google. Avec ce repositionnement stratégique, le canadien espère réduire de 50 % ses dépenses de fonctionnement d’ici à mai 2014.

Les résultats du dernier trimestre (clos le 31 août), en partie dévoilés vendredi, témoignent des difficultés du groupe. Le chiffre d’affaires a quasiment été divisé par deux, à 1,6 milliard de dollars. La perte nette se situe entre 950 et 995 millions, grevée par un stock d’invendus dont la valeur est estimée entre 930 et 960 millions. En trois mois, le canadien a écoulé seulement 3,7 millions de smartphones (5,9 millions en comptant ceux livrés le trimestre précédent). C’est presque moitié moins que le nombre d’iPhone qui auraient été vendus ce week-end (environ 6 millions), selon les analystes, après le lancement des deux nouveaux modèles vendredi. En outre, la majorité de ces ventes s’est effectuée avec les anciens modèles, traduisant l’échec du lancement, en début d’année, d’une nouvelle gamme d’appareils équipés du dernier système d’exploitation maison – dont le Z10, son smartphone vedette, tout tactile –, sur lequel les dirigeants misaient beaucoup.

Avenir en suspens

Dans la foulée de l’annonce, l’action a chuté de 16,1 %, à la Bourse de Toronto. Les investisseurs demeurent en effet perplexes quant à l’avenir de BlackBerry. Le groupe n’exclut pas une cession après avoir indiqué le mois dernier former un comité stratégique destiné à « explorer les alternatives stratégiques en vue d’accroître sa valeur et de changer d’échelle ». Les banques JP Morgan et RBC avaient déjà été mandatées en 2012 pour trouver de potentiels acquéreurs. En vain. Selon le « Wall Street Journal », l’ancien co-PDG de RIM, Mike Lazaridis, qui reste l’un des principaux actionnaires avec 6 % du capital, serait en discussion avec plusieurs fonds d’investissement, dont Blackstone et Carlyle, pour tenter de racheter la société, dont il a cédé les rênes début 2012.

Malgré les difficultés, BlackBerry conserve certains atouts. La marque est reconnue comme un gage de sécurité dans les entreprises. Le système de messagerie instantanée BBM, qui a contribué à son succès auprès des jeunes, compte encore près de 60 millions d’utilisateurs et le groupe vient de le rendre disponible sur iOS et Android. La société dispose en outre d’un portefeuille de brevets important, dont la valeur est estimée entre 2 et 3 milliards de dollars. De quoi intéresser certains acteurs de la high-tech. Google n’avait pas hésité à dépenser 12,5 milliards en 2011 pour empocher Motorola et ses précieux brevets.

BlackBerry devra vite trouver une solution, compte tenu de la dégradation de ses finances. Au cours des trois derniers mois, l’entreprise a brûlé 500 millions de de cash. A ce rythme, elle pourrait être à court de trésorerie d’ici à un an.

Par Romain Gueugneau | 22/09 | 17:31

Publié par Les Echos à http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0203020215864-accule-blackberry-va-se-retirer-du-marche-grand-public-607762.php?xtor=EPR-100-[NL_8h]-20130923-[s=461370_n=3_c=304_]-1228232@2

 


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