L’Ouest laitier rêve de devenir la « Milk valley »

À l’avenir, les protéines du lait pourraient faire la richesse de l’Ouest. Les industriels et la recherche s’associent dans une stratégie à 10 ans.

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Pourquoi parle-t-on d’une milk valley ?

À l’instar de la Californie et de sa Silicon valley, l’Ouest de la France rêve d’avoir sa Milk valley, la vallée du lait. La nouvelle PAC accélère la spécialisation des bassins de production. La Bretagne, les Pays de Loire et la Normandie devraient encore se renforcer dans le lait. L’Ouest constitue déjà un des principaux bassins laitiers avec 10 % de la production européenne et plus de la moitié de la production française.

L’un des plus compétitifs aussi alliant savoir-faire des éleveurs, climat favorable, faible prix du foncier, densité de collecte et entreprises de taille mondiale. « Mais avec la fin des quotas, c’est aussi terra incognita. La filière doit être boostée », explique Jean-Paul Simier, de Bretagne développement innovation.

Les dix principaux industriels du lait (Lactalis, Bongrain, Sodiaal, Maîtres Laitiers etc.) ont décidé de s’associer à des chercheurs de l’Inra pour trouver de nouveaux débouchés. Une stratégie à dix ans.

La protéine du lait, un nouvel or blanc ?

Le premier projet de Milk valley a pour nom Profil (Protéines fonctionnalisées pour l’industrie laitière). En « crackant » les protéines, en les recombinant, les industriels espèrent se passer des additifs ou autres gélifiants et offrir au consommateur un produit 100 % lait et garanti sans conservateur. Étirée en fibres, la protéine du lait pourrait aussi être reconstituée en steak. « Le consommateur ne va pas se relever la nuit pour consommer plus de fromages. Il faut proposer de nouveaux produits aux consommateurs », explique Luc Castillo, directeur R & D de Sodiaal.

Le lait pourrait-il devenir un produit d’exportation ?

Actuellement 90 % du lait est consommé par les marchés nationaux. Les transformateurs cherchent à agrandir leur terrain de jeu. Chinois et pays émergents découvrent les yaourts, les fromages. Et comme on ne peut pas produire du lait partout dans le monde… Le bassin laitier de l’Ouest aura une carte à jouer. « Le marché chinois est gigantesque mais les Français sont encore timides comparés aux Néo-Zélandais », avoue Alban Renaud, avocat d’affaires, chef du bureau chinois d’Adamas.

Englués dans leurs problèmes sanitaires, les Chinois recherchent pourtant le savoir-faire français. Certains ont franchi le pas. La laiterie Isigny Sainte-Mère (Calvados), a noué un partenariat avec Biostime, fabricant chinois de produits infantiles, pour produire en Normandie 50 000 t de poudre de lait infantile d’ici 2015. De son côté, Sodiaal s’est associé à Synutra, 3e fabricant chinois, pour construire deux nouvelles tours de séchage de lait, à Carhaix (Finistère).

Les éleveurs auront-ils les moyens de répondre aux besoins ?

L’optimisme des industriels tranche avec la morosité des éleveurs laitiers. « Nos concurrents, ce sont les céréaliers », témoigne un éleveur laitier, dans les allées du salon. En 2012, le revenu moyen des céréaliers a atteint 74 400 € contre 26 500 € pour les laitiers. Les exemples de laitiers qui arrêtent l’élevage et labourent leurs terres ne sont pas rares. Avec la fin d’un marché régulé, la paie assurée a disparu.

 

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