Poulet : l’État conteste la fin des aides à l’export

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Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, a indiqué, hier, que la France allait déposer un recours contre la décision de Bruxelles de supprimer les « restitutions ». 5 000 emplois sont en jeu.

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Recours

Hier, à la préfecture de Quimper, Guillaume Garot a tenté de rassurer les représentants de la filière de poulets export. Il leur a affirmé que l’État ne resterait pas inerte face à la décision de Bruxelles de fermer brutalement le robinet des aides européennes pour le poulet congelé exporté vers le Moyen-Orient. « Nous allons explorer toutes les voies de recours même si c’est juridiquement compliqué, explique-t-il. La bataille doit être menée, mais nous ne pouvons pas dire que nous la gagnerons. »

5 000 emplois menacés

Au même moment, une centaine de salariés, des syndicalistes agricoles de la FDSEA et les dirigeants des deux industriels bretons exportateurs de poulets, Doux et Tilly-Sabco, s’étaient rassemblés devant la préfecture du Finistère.

La filière fait bloc. « La fin des restitutions a été décidée par quatre fonctionnaires aigris, s’emporte Daniel Sauvaget, PDG de Tilly-Sabco. Ils ne nous laissent pas le temps de monter notre plan pour sortir progressivement des restitutions. Ils se moquent de tous nos efforts. »

Doux emploie 2 300 salariés et travaille sous contrat avec 350 éleveurs. « Avec les emplois indirects, la filière pèse 5 000 emplois, rappelle André Quénet, président de la section avicole de la FDSEA du Finistère. Nous sommes menacés par un tsunami économique. » Le Medef Bretagne et la CCI régionale ont, elles aussi, dénoncé la décision de Bruxelles.

Les « restitutions », c’est quoi ?

Des aides de l’Europe, créées il y a une quarantaine d’années, pour compenser les différences de coûts de production liés à la parité des monnaies et aux prix des matières premières servant à l’alimentation des volailles. Les Français Doux et Tilly-Sabco en sont les deux seuls bénéficiaires en Europe (61 millions d’euros en 2011). Mais, pour l’entourage du commissaire européen de l’Agriculture, ces aides « ne sont plus légitimes » : « L’Europe n’a pas vocation à maintenir sous perfusion des productions à faible valeur ajoutée. »

À qui profite la fin des aides ? André Quenet pointe du doigt les Allemands. « Ce sont les principaux fournisseurs de poulets en France, avec 44 % des volumes. En supprimant les restitutions, ils continuent à affaiblir notre filière avicole française pour rafler le reste de notre marché. »

Réunion de crise

Une première se déroulera, lundi, à la préfecture de la Région Bretagne et une autre à Paris, sans doute mardi. L’État a été pris de court par la décision bruxelloise, qui n’est pourtant pas une totale supprime. Depuis longtemps, la Commission annonçait la fin prochaine des restitutions. Cette fois, c’est peut-être pour de bon.

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