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Gad : Lampaul-Guimiliau angoisse pour son abattoir

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Lampaul-Guimiliau et les 850 salariés de l’abattoir Gad, retiennent leur souffle en attendant les annonces de l’actionnaire Cecab. Tous redoutent une fermeture pure et simple. 

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Lampaul-Guimiliau, où l’abattoir Gad emploie plus de 850 personnes, retient son souffle en attendant les décisions sur l’avenir de l’entreprise, ce mercredi. Si l’inquiétude pèse lourd, beaucoup continuent d’espérer. Un salarié de la découpe, employé ici depuis une quinzaine d’années, résume : « C’est l’inconnu total. On ne sait rien, mais on espère un rachat s’il y avait dépôt de bilan. Je n’imagine pas qu’on ferme une entreprise comme celle-là. »

Olivier Le Bras, délégué syndical Force ouvrière, et secrétaire du comité central d’entreprise, se montre très prudent : « On attend une annonce sur l’avenir des trois sites Lampaul, Josselin et Saint-Nazaire, et un calendrier. Depuis le début de l’année, il y a eu trop de rumeurs contradictoires pour faire un pronostic. On est dépendant de l’actionnaire Cecab, qui ne vient pas des métiers de la viande, donc on ne sait pas sur quels critères il a fait son choix. »

Selon le syndicaliste, l’abattoir de Lampaul est le plus viable économiquement : « Notre outil permet de travailler de la carcasse jusqu’aux produits élaborés, alors qu’à Josselin – qui ne fait que de la carcasse – il faudrait faire des investissements supplémentaires. En plus, nous sommes très proches du milieu de production porcine, de Plouvorn jusqu’au Relecq. Les coûts de ramassage sont donc réduits. »

De l’artisanat à l’industrie

À la sortie de l’entreprise, comme dans les rues de la commune de 2 100 habitants, la perspective d’une fermeture fait frémir. En plus d’une catastrophe sociale, c’est la perte de tout un patrimoine industriel local – bâti à bout de bras par les époux Louis et Yvonne Gad – qui risque de s’effondrer. Après la deuxième guerre mondiale, tandis que son frère hérite de la boucherie paternelle, Louis devient propriétaire de la tuerie. Pour en vivre, il innove en démarchant toutes les exploitations du secteur, pour le compte des bouchers et des salaisonniers, de Quimper notamment.

« Ça fait mal »

François Mer, natif de Saint-Sauveur, de passage à Lampaul, se souvient : « Mes parents, agriculteurs, approvisionnaient la boucherie Gad dans les années 50. Louis passait lui-même dans les fermes pour récupérer les porcs. À l’époque, on n’élevait que cinq ou six cochons : on en tuait un par an, les autres on les lui vendait. » La tuerie artisanale se trouvait à l’emplacement de la pharmacie, en plein bourg. Le réseau s’étend, le nombre de porcs abattus augmente.

La tuerie déménage en 1956, à quelques centaines de mètres en contrebas, route de Landivisiau. En 1964, la famille rachète la charcuterie Armoricaine de Landivisiau, qui devient Société bretonne de salaison, connue désormais sous le nom de Jean-Caby. Les fils reprennent le flambeau, mais se pose un problème de succession. Fin 2007, c’est la fusion avec la Cecab.

Aujourd’hui octogénaires, Louis et Yvonne Gad vivent à quelques mètres de l’ancienne tuerie artisanale. Ils refusent de faire le moindre commentaire sur la situation actuelle de l’entreprise, « on ne parle pas, parce que ça fait mal », lâchent-ils seulement.

+ LIRE AUSSI. L’industriel Gad au pied du mur

 

Liza MARIE-MAGDELEINE
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