Terra Lacta veut se relancer en s’alliant avec Bongrain

Le 19 janvier, le Glac devenait Terra Lacta et fusionnait ses coopératives, Charente-lait (J.-M. Davion), USVAL (J.-L. Guillon), Lescure (A. Lebret) et Capribeur (J.-Y. Restoux), de gauche à droite.

Le 19 janvier, le Glac devenait Terra Lacta et fusionnait ses coopératives, Charente-lait (J.-M. Davion), USVAL (J.-L. Guillon), Lescure (A. Lebret) et Capribeur (J.-Y. Restoux), de gauche à droite.

L’un des deux grands groupes coopératifs laitiers s’adosse au 2 e groupe fromager français privé. Espoir pour les éleveurs, inquiétude pour la coopération.

Terra Lacta veut se relancer en s'alliant avec Bongrain dans achats fusions reorganisations empty

Si le vote final n’interviendra que début 2013 en assemblée générale extraordinaire, il ne fait pas de doute que Terra Lacta, ex-Glac, va entrer dans le giron de Bongrain. Le début des consultations des dix-sept sections territoriales du groupe des laiteries-coopératives en Charentes-Poitou a montré depuis quelques jours que les éleveurs, confrontés à un prix moyen de 280 €/1.000 litres quand leurs confrères au sein d’Eurial reçoivent 28 € de plus, ont choisi une meilleure rémunération, celle que promet Bongrain.

« On a imposé à notre interlocuteur deux conditions, résume Alain Lebret, président de Terra Lacta : une valorisation du prix du lait, le maintien des outils et des emplois » (*). S’il est leader hexagonal caprin en réunissant 30 % du lait de chèvre, Terra Lacta n’a pas su moderniser ses usines ni éponger ses stocks de caillé ni encore développer la valeur ajoutée de ses productions. Parmi celles-ci : plus de 17.000 tonnes de beurre d’appellation d’origine protégée, 35.000 tonnes de fromage (1er producteur français de fromage de chèvre), mais aussi 450 millions de litres de lait UHT, qui ont du mal à trouver preneur. Alain Lebret s’explique : « Avec la fin des quotas laitiers en 2015, le monde change plus vite, la compétition est acharnée. Pour être plus forts sur le marché mondial, nous voulons rejoindre Bongrain pour sa dimension, ses capacités commerciales et son activité recherche et développement ».

«  Les financeurs ont décidé  »

Président d’Eurial, l’autre grand groupe coopératif interrégional, Jean-Luc Rabillard craint un affaiblissement de la coopération laitière. « C’est le risque d’une cassure entre le Grand Ouest et le Sud-Ouest et d’une disparition en Charentes-Poitou de l’activité laitière, des structures et des emplois qui lui sont liés. Et nos produits respectifs vivront une concurrence accrue. »
Président de l’interprofession laitière régionale (CRIEL) et de la section lait de vache à la FRSEA, Christophe Limoge y va franco : « Depuis trois ou quatre ans, une restructuration était inévitable. Mais l’absence de prise de décision a mené Terra Lacta à un chaos total. En n’ayant pas voulu s’associer avec Eurial, Terra Lacta renonce au choix de l’alliance coopérative : une erreur qui se verra à long terme. Ce ne sont pas les sociétaires mais les financeurs qui ont décidé de ce rapprochement avec un pur économiste. Il faut s’attendre à des dommages collatéraux ». Est-ce pour autant appeler les 3.000 producteurs de Terra Lacta à repousser l’alliance avec le 2e groupe fromager français ? « Même si on est contre, on ne peut que voter pour la pérennité de l’entreprise ».

(*) En acceptant « l’adossement (à Bongrain) des activités de beurre, crème, fromages de vache et de chèvre et ingrédients », Terra Lacta vivra une spécialisation de certains sites (fromages et crème), sans pouvoir exclure, a reconnu Alain Lebret, des fermetures « de façon marginale ».

repères

Groupe agroalimentaire français, dont le siège est à Viroflay (Yvelines), Bongrain SA possède plusieurs filiales et un portefeuille de 32 marques, parmi lesquelles Caprice des Dieux (créée en 1956 par Jean-Noël Bongrain, fondateur cette même année du groupe), Tartare, Cœur de Lion, Elle et Vire, Saint-Moret, Le Vieux Pané, Fol Epi, Saint Albray, Le Rustique.
Présent dans 120 pays, Bongrain SA, est une société anonyme à caractère familial (parmi les 12 administrateurs figurent Alex Bongrain, président, fils de Jean-Noël, et Armand Bongrain) et dont la holding, Soparind Bongrain, détient entre autres Bordeau Chesnel et De Neuville.
> Leader mondial des spécialités fromagères et des pâtes molles à marques, Bongrain est le 2e groupe fromager français derrière Lactalis et le 6e groupe mondial.
Introduit en 1980 en bourse, Bongrain SA a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 3,981 milliards d’euros et dégagé un résultat net de 43,6 M€. Il compte un effectif de 18.550 personnes.

Daniel Dartigues
Publié par La Nouvelle République à http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2012/10/19/Terra-Lacta-veut-se-relancer-en-s-alliant-avec-Bongrain
 


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