Porcs : la restructuration des abattoirs se dessine

Porcs : la restructuration des abattoirs se dessine

la surcapacité d’abattage de porcs en France est estimée à 20 %. Faute d’une restructuration bien organisée, c’est toute la filière porcine qui sera affectée par des suppressions d’emplois au cours des prochaines semaines. Une perspective que refuse le gouvernement, qui veut à tout prix éviter un nouveau gros dossier social dans l’ouest de la France, où l’affaire Doux, dans le secteur de la volaille, est loin d’être réglée (lire page 15). La filière porcine concentre 50.000 emplois si on additionne les éleveurs et leurs salariés, les abattoirs et les entreprises de transformation de la viande.

Hier, à Paris, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, et Guillaume Garot, ministre délégué à l’Agroalimentaire, ont fait part de leur souhait de prendre des décisions rapides. Certaines entreprises bretonnes connaissent des difficultés importantes, qui requièrent un traitement urgent. C’est le cas de Gad, en perte depuis quatre ans. Si cette entreprise fermait, près de 1.000 emplois disparaîtraient. Le dossier est sur la table du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), depuis des mois et devrait trouver une solution d’ici à quelques semaines.

D’autres groupes souffrent. Coincées entre des prix de production plus chers à cause de la flambée des matières premières et la difficulté à passer des hausses de tarifs à la distribution, les plus grosses unités de l’Ouest, parmi lesquelles Bigard et La Cooperl, se plaignent d’une dégradation de leurs marges. Le gouvernement craint que la situation n’empire avec le recul de la production de porcs. Stabilisée à 25 millions d’animaux depuis quinze ans, elle a baissé de 3 % en 2012 et devrait encore reculer de 5 % en 2013, si rien n’est fait, affirme Guillaume Roué, président de l’interprofession porcine (Inaporc).

Modèle breton

Les ministères concernés sont convaincus qu’il est possible de la «  stabiliser » et de mettre sur pied un modèle breton, qui concilie rentabilité et respect de l’environnement. D’autant que les pays voisins n’ont cessé d’accroître leur production. Les groupes de travail mis en place hier rendront leurs conclusions mi-janvier, tant sur les modalités de la restructuration industrielle que sur les conditions d’installation des éleveurs.

La mission s’annonce délicate. Il faut compter avec l’hostilité des ruraux non exploitants à l’égard des élevages de porcs. Et convaincre qu’on peut éviter de nouvelles nuisances en développant notamment des unités de méthanisation pour produire de l’énergie tout en éliminant les déjections animales.

MARIE-JOSÉE COUGARD

article paru sur Les Echos à http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202358181089-porcs-la-restructuration-des-abattoirs-se-dessine-505840.php

 


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