Comment la Bretagne veut devenir leader dans le secteur des repas hors domicile

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ECONOMIE – La Bretagne édite le premier guide pour aider l’industrie agroalimentaire à innover…

Exit l’image de la famille réunie trois fois par jour pour partager le repas. Aujourd’hui, de plus en plus de Français déjeunent à l’extérieur. Une révolution des usages sur laquelle veut surfer la Bretagne, soucieuse de relancer son industrie agroalimentaire. La région vient donc d’éditer un guide pratique pour «mieux vendre en restauration hors domicile (RHD)». Un dispositif encore unique en France. «L’idée de départ, c’est de faire en sorte que les entreprises d’agroalimentaire bretonnes puisse conquérir de nouveaux marchés. Mais il ne suffit pas d’avoir de bons produits pour ça», explique Michel Morin, vice-président de la région en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire. L’objectif est à peine masqué : devenir leader dans le secteur des repas hors domicile.

Se libérer du supermarché

Cantines scolaires, hôpitaux, restauration d’entreprise, snacking, chaînes de restaurants… Les débouchés sont nombreux. «Les entreprises d’agroalimentaire sont souvent des TPE ou PME et sont trop dépendantes de la grande distribution. Si elles perdent un contrat, cela peut avoir des conséquences dramatiques. Elles ont tout intérêt à se diversifier pour assurer leur avenir», confirme Jean-Paul Sinier de Bretagne Innovation.

Un constat que partage Joël Tingaud. Ancien de la restauration collective, il a racheté en 2004 l’Atelier de l’Argoat à Plélan-le-Grand. Spécialisée dans la fabrication de l’andouille, l’entreprise était alors en difficultés. «Pour se relever, on a misé sur notre savoir-faire mais aussi sur l’innovation. Aujourd’hui, on se développe beaucoup chez Métro ou Promo Cash. La RHD, c’est primordial pour aller sur de nouveaux secteurs», explique l’entrepreneur. Résultat, son chiffre d’affaires est à la hausse. Mais pour conquérir de nouveaux marchés, encore faut-il les connaître. La région a donc prévu des journées de formation afin d’aider les patrons «à anticiper les évolutions du marché.» Mais aussi à se plier aux normes draconiennes de la restauration collective.

 De notre correspondant à Rennes, Camille Allain, Créé le 08/10/2012 à 06h48 — Mis à jour le 08/10/2012 à 12h18
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