Archive pour septembre, 2012

La Saumonerie Saint Ferréol sous pavillon Maïsadour.

Via sa filiale Comtesse du Barry, le groupe coopératif agroalimentaire Maïsadour a fait l’acquisition de la Saumonerie Saint-Ferréol. En redressement judiciaire depuis le 15 juin dernier, l’entreprise agroalimentaire basée à Brioude dans la Haute-Loire était en difficulté suite à la perte d’un client important et à la hausse du prix du saumon frais importé de Norvège, rappelle Les Echos. Par communiqué, Thierry Blandinières, le patron deMaïsadour, explique que seul une partie du personnel sera reprise : « L’entreprise était surchargée avec une partie administrative beaucoup trop lourde. Nous allons mutualiser les coûts avec Comtesse du Barry ».

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« Fidèle au modèle de développement de nos filières canard à foie gras, jambon de Bayonne et caviar, nous inscrivons cette reprise d’activité dans un projet de production-transformation valorisée. Nous souhaitons développer une gamme de saumon très haut de gamme en nous appuyant sur un savoir-faire traditionnel. Cette production premium n’est pas vouée à développer une activité cœur de marché mais à être commercialisée sous la marque Comtesse du Barry, ou dans le réseau de la restauration haut de gamme en France et à l’international », précise le communiqué.

Pour rappel, Comtesse du Barry, qui emploie 180 personnes et dispose de 75 magasins avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, souhaite doubler de taille dans les cinq ans.

Source : agro-media.fr avec Les Echos et Fusacq

La valorisation des insectes à l’honneur du 19ème concours de la création agroalimentaire

Abeilles

© Max xx – Flickr – C.C.

Animée par l’Agropole d’Agen, le concours national de la création d’entreprises agroalimentaires a récompensé trois projets innovants cette année.

Les discussions ont visiblement été serrées et les débats animés pour départager les candidats. Les jurés ont finalement choisi de remettre trois distinctions cette année, contre deux habituellement,« tant les candidatures étaient innovantes et sérieuses », a souligné le 24 septembre, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine et président du jury du 19ème Concours national de la Création d’entreprises agroalimentaires, animé par l’Agropole d’Agen.

Une mention spéciale a été attribuée cette année à la société Ynsect, créée par Alexis Angot et Jean-Gabriel Levon, ayant pour but de valoriser les insectes comme source de protéines pour l’homme, mais aussi pour les animaux d’élevage et comme transformateurs de déjections animales. « Nous sommes partis d’un rapport de la FAO expliquant qu’à l’horizon 2050, les besoins en protéines seraient multipliés par deux, explique Jean-Gabriel Levon, diplômé X-HEC. Pour répondre à ce défi, une des pistes était de travailler sur la valorisation des insectes », explique-t-il.

PLUSIEURS TECHNIQUES D’ÉLEVAGE

Créée il y a tout juste un an, la société Ynsect est aujourd’hui hébergée à l’incubateur d’Agoranov à Paris. Elle vient de mettre au point différentes techniques d’élevage et de broyage pour exploiter cette nouvelle source de protéines en Europe, dans différentes préparations comme des chips par exemple à base de poudres issus de larves de ténébrion.

Autre projet récompensé, celui de Cinq degrés ouest. La jeune entreprise bretonne obtient le prix dans la catégorie Développement, avec un process de décorticage des fruits de mer à haute pression, permettant  de conserver en surgélation les mêmes qualités organoleptiques et microbiologiques que les produits frais. Dans la catégorie création, c’est la société Jypaï, à Bourg-en-Bresse, qui a décroché la distinction pour son brevet de fabrication de pâtes à tartes prêtes à garnir, à base de crèmes de riz.

Les trois lauréats ont notamment reçu un chèque de 10 000 euros et la possibilité d’exposer gratuitement sur un stand dédié lors de l’édition 2014 du Salon International de l’Agroalimentaire et rencontrez les professionnels de l’alimentaire (Sial).

Publié par l’Usine Nouvelle à http://www.usinenouvelle.com/article/la-valorisation-des-insectes-a-l-honneur-du-19eme-concours-de-la-creation-agroalimentaire.N182659

Target on Social Media – 5 Lessons from One of The World’s Most Successful Retail Brands

Target on Social Media – 5 Lessons from One of The World’s Most Successful Retail Brands dans ACTEURS target-logoTarget, America’s third largest retailer, added more than 2 million Facebook fans in the last month alone, making them one of America’s fastest-growing social brands, according to Track Social. Many brands are able to spike likes through great marketing, big ad buys or both. But few are able to maintain high engagement levels as sometimes less qualified traffic floods the page. Target Facebook engagement has been trending upward all year, driven largely by an increase in Likes on brand posted content. We’ve highlighted five of the mechanisms and best practices we think are helping make Target one of the most successfully brands on Facebook.

1. Encourage Shares by keeping messaging and delivery mechanisms simple and relevant with a clear benefit to the Customer.

point1 dans Distribution

Increasing Fan and Follower content sharing is a brass ring for Facebook marketers. Retail brands are constantly attempting to craft tools and applications that not only facilitate interaction among online friend-networks, but actually draw these groups into new opportunities for retail transactions. Enter Target’s “Give With Friends” Facebook app, released this past March. The easy-to-use app allows Facebook friends to pool their resources and give a gift card to another lucky friend. It’s a simple concept that weds the social prerogative of Facebook with an obvious retail benefit for Target.

2. Twitter isn’t just a coupon feed. Leverage it as a real time response tool to create conversations.

point2 dans INNOVATIONMany brands treat Twitter as merely a high volume digital coupon dispenser. Instead, Target takes advantage of Twitter’s instant response to create truly interactive fan contests. To publicize the recent release of the Hunger Games on DVD, Target used Twitter to conduct a live national trivia contest. Followers had the chance to win Hunger Games related prizes by being the quickest to Tweet answers to trivia questions. This kind of contest, attached to such a high profile pop-culture product, was a great way to engage Twitter followers, build buzz around a product launch and make connections with new customers by tapping into the Hunger Games huge fan base – all with minimal cost.

3. Whenever possible, say it with pictures.

point3 dans internetTrack Social’s recent white paper “Optimizing Facebook Engagement” showed that photos are the hands-down winner when it comes to boosting engagement scores. Target’s photo posts receive significantly better response than other types of posts (as seen below), and Target leverages this by posting photos more often than any other type of content.

 

 

 

 

targetchart1 dans Liens

4. Community Engagement = Social Engagement

point4 dans marketing

Target has a long history of community involvement. The bullseye brand’s recent “Give With Target” campaign used recurring wall posts to encourage Facebook users to vote for their favorite local school in order to win Target gift cards for the schools to use.

 

The campaign was supported by a series of posts with a simple message –  “Add another vote to the school of your choice. 25 votes = $25 Target GiftCard to that school. Remember to share with friends and family to get your school to $10k.” It was so successful they reached their $2.5 million donation goal more than a week ahead of schedule.

5. Think Global, Post Local

Too often, big brands waste their chance for more relevant dialogue by treating Facebook or Twitter as just another mass-media mega-phone.Target customizes posts based on users’ locations, like these posts targeting Los Angelinos:

point5a dans publicite

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Target’s commitment to innovating online is in keeping with its forward-looking image. Staying relevant with savvy consumers means engaging the social space in ways that are meaningful, creative and mutually beneficial for both brands and consumers.

Publié à http://socialmediatoday.com/morgan-j-arnold/752786/target-social-media-5-lessons-one-world-s-most-successful-retail-brands?utm_source=dlvr.it&utm_medium=linkedin

Comment Edouard Leclerc a révolutionné la distribution

« L’épicier de Landerneau » est décédé ce lundi à l’âge de 85 ans. Il était le fondateur des centres E. Leclerc, une coopérative de patrons propriétaires née dans un hangar breton. Plus que les prix bas, ce sont des idées qu’il défendait. Portrait.

DISTRIBUTION - Edouard Leclerc, décédé le 17 septembre 2012 à l'âge de 85 ans, était le fondateur des centres E. Leclerc. En 1949, il ouvre avec son épouse Hélène une épicerie dans un hangar rue des Capucins à Landerneau. Ici, il pose le 17 novembre 1956 à Issy-les-Moulineaux pour l'ouverture du premier centre Leclerc en France

DISTRIBUTION – Edouard Leclerc, décédé le 17 septembre 2012 à l’âge de 85 ans, était le fondateur des centres E. Leclerc. En 1949, il ouvre avec son épouse Hélène une épicerie dans un hangar rue des Capucins à Landerneau. Ici, il pose le 17 novembre 1956 à Issy-les-Moulineaux pour l’ouverture du premier centre Leclerc en France
AFP

A la fin des années 50, il promettait de « faire baisser le prix de la vie de 20% ». « L’épicier de Landerneau » est mort ce lundi à l’âge 85 ans. Edouard Leclerc, le fondateur des centres E.Leclerc, a été victime d’un arrêt cardio-respiratoire à son domicile, au manoir de La Haye à Saint-Divy, près de Landerneau. Il était à l’origine de la coopérative de patrons propriétaires née dans un hangar breton et propulsée au rang de première enseigne française de distribution alimentaire. Retour sur cette success story.

Supprimer les intermédiairesC’est en 1949, et avec 5000 francs, que cet ancien séminariste, né dans le Finistère, ouvre sa première épicerie à Landerneau. Il y vend à prix de gros des produits de consommation courante, d’abord des biscuits, puis de l’huile et du savon. Déjà, le jeune Edouard Leclerc se rue dans les brancards. Pour court-circuiter les fournisseurs et supprimer leurs marges, il se fournit en effet directement chez les producteurs.

Comment Edouard Leclerc a révolutionné la distributionRetour sur la saga Leclerc en images.

AFP PHOTO MARTIN BUREAU

Il prône la suppression non seulement du maximum d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, mais aussi de l’intégralité des marges correspondantes. C’est sans doute là que réside le caractère révolutionnaire de son projet qui permet in fine de réduire considérablement les prix de ventes.

Accusé de tuer le petit commerceC’est l’après-guerre, et Edouard Leclerc est persuadé qu’une réforme de la société doit commencer par une refonte des circuits commerciaux. Pour ce faire, il propose à tous ceux qui partagent sa vision de la distribution d’utiliser gratuitement son nom pour ouvrir leurs magasins. Aucun contrat ne lie Edouard Leclerc et ces épiciers d’un genre nouveau: seule l’obligation pour qui veut utiliser son patronyme de respecter ses principes commerciaux. En 1964, le mouvement se structure avec la création l’Association des centres distributeurs E.Leclerc (ADCLec) et en 1970 de la centrale d’achat nationale Galec. Jusqu’en 2003, où il confiera les rennes de l’association à son fils, Michel-Edouard, il se servira de l’ADCLec pour continuer à diffuser ses idées.

Mais la révolution bien sûr ne se fait pas sans résistances: Edouard Leclerc est accusé de « tuer le petit commerce ». Pierre Poujade notamment le prend pour cible, et les contrôles fiscaux s’enchaînent. Mais en 1960, il gagne les premiers procès contre des marques qui refusent de l’approvisionner.

Des petites surfaces aux hypermarchésAprès avoir longtemps défendu les petits formats, Edouard Leclerc se convertit aux très grandes surfaces de vente en ouvrant un Super Centre à Landerneau en 1965 et un véritable hypermarché à Brest en 1969. Il ne transige cependant pas sur l’indépendance des adhérents qui doivent être pleinement propriétaires de leur magasin.

C’est d’ailleurs un désaccord en 1969 sur ce point, et plus généralement une divergence profonde sur l’architecture du mouvement, qui expliquent le départ d’une partie des adhérents, menés par Jean-Pierre Le Roch. Ensemble, ces derniers fonderont « les Ex », futur Intermarché/Les Mousquetaires.

Briser les monopolesToujours avec pour objectif affiché la défense du consommateur, l’enseigne tentera à plusieurs reprises de briser les monopoles et de libérer les secteurs protégés. Pour faire plier les pouvoirs publics, elle n’hésite pas dans les années 70 à vendre des produits moins chers qu’autorisé. Tous les marchés sont attaqués : les carburants, les livres, les produits pharmaceutiques, les parfums et même l’or et les voyages.

Parfois l’action est couronnée de succès comme dans le cas des carburants où les opérations initiées par les centres Leclerc conduiront à la libéralisation des prix. En revanche, le mouvement échoue à obtenir un prix libre pour les livres. Leclerc s’impose néanmoins, avec ses espaces culturels, comme le deuxième libraire français, derrière la Fnac.

Un succès controverséMais le visionnaire n’a pas eu que des succès. Il a notamment sous-estimé deux virages de la distribution moderne: le libre-service, qu’il adoptera en 1962, et les marques de distributeurs.

Quant au personnage lui-même, il est aussi sujet à controverse. Depuis des années, les centrales d’achats Leclerc, comme d’autres géants de la distribution d’ailleurs, sont accusée de pressuriser les petits fournisseurs, producteurs indépendants et les agriculteurs. En 2011, le Nouvel Observateur soulignait avec étonnement l’enrichissement spectaculaire des patrons de centres Leclerc. « Pour devenir riche aujourd’hui, mieux vaut diriger un centre Leclerc qu’être banquier ! », avait pour habitude de dire Daniel Bouton, l’ancien patron de la Société Générale!

L’image du grand épicier a également été écornée récemment par les révélations de Bertrand Gobin selon lesquelles Edouard Leclerc, incarcéré six mois à la Libération, aurait été libéré grâce à un certificat de complaisance. En avril dernier, le journaliste a été mis en examen pour diffamation. Très critique envers les gouvernements successifs, Edouard Leclerc vouait une grande admiration au général de Gaulle. En 1987, il envisage de se présenter à l’élection présidentielle, mais y renonce.

Lire aussi: Le passé trouble d’Edouard Leclerc pendant l’occupation

Aujourd’hui Edouard Leclerc laisse derrière lui un groupement mondial implanté en Espagne, Italie, Pologne, Portugal, Andorre et Slovénie. En France, ce dernier comptait 686 magasins alimentaires mi 2011. Son fils, Michel-Edouard, qui a fait de la politique des prix bas un leitmotiv, saura perpétuer la tradition familiale…
L’Expansion.com – publié le 17/09/2012 à 18:28 à http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/comment-edouard-leclerc-a-revolutionne-la-distribution_336226.html

La Chine avance ses pions dans l’agroalimentaire européen

Le Monde.fr avec AFP | 18.09.2012 à 12h35 

La deuxième puissance économique mondiale ne représente que 3,5 % de l'investissement direct étranger dans l'UE.

Il semblerait que la Chine soit en train de passer la vitesse supérieure en Europe, malgré une croissance fort ralentie par la crise mondiale et un intérêt toujours modeste pour l’économie européenne. Le producteur chinois de produits infantiles Synutra va investir 100 millions d’euros avec le groupement français de producteurs laitiers Sodiaal pour créer en Bretagne une usine de séchage de lait et de lactosérum pour la Chine, a fait savoir mardi 18 septembre Sodiaal, confirmant une information des Echos.

« Afin de répondre aux besoins toujours plus importants du marché chinois, Synutra, troisième fabricant de produits infantiles en Chine, a voulu sécuriser ses sources d’approvisionnement en matières premières », explique dans un communiqué Sodiaal, premier groupe laitier coopératif de France. Le projet, prévu à Carhaix (Finistère), prévoit la construction de deux tours de séchage et un début de production début 2015. L’investissement est porté à 90 % par le groupe chinois et à 10 % par Sodiaal, via sa filiale spécialisée Eurosérum.

« Pour son premier investissement hors de Chine, Synutra a porté son choix sur la Bretagne où Sodiaal a pu lui garantir des volumes importants de lait et de lactosérum déminéralisé de qualité », se félicite le groupe français. Le futur site doittraiter chaque année 280 millions de litres de lait et 30 000 tonnes de lactosérum, a précisé Jacques Caillaud, porte-parole de Sodiaal, à l’AFP. Il emploiera une centaine de personnes, les salariés de l’actuelle usine de séchage à Carhaix d’Entremont, filiale de Sodiaal, qui doit fermer début 2015.

Sodiaal, qui a notamment racheté Entremont en 2011, se présente comme le 4e groupe laitier coopératif en Europe avec 4,1 milliards de litres collectés par an auprès de 13 000 producteurs. Sa filiale Eurosérum revendique le rang de leader mondial du lactosérum déminéralisé pour la fabrication de lait infantile.

DES CAPITAUX FRAIS DANS LA VIGNE

Cet été, un investisseur chinois a défrayé la chronique en rachetant un petit domaine de Gevrey-Chambertin (Côte-d’Or) pour 8 millions d’euros, un prix très largement supérieur à celui demandé par les vendeurs, coiffant au poteau de potentiels investisseurs locaux. Après le Bordelais et la Bourgogne, la Chine met désormais le cap au sud. Une société franco-chinoise vient en effet de racheter le domaine Bouche à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse, sud-est), pour un montant non dévoilé.

« J’ai 57 ans, je n’ai pas d’enfants intéressés par la reprise du domaine. Je travaillais avec ces personnes-là pour des ventes sur la Chine et comme ils souhaitaient s’implanter dans la vallée du Rhône, on a conclu ce partenariat », a expliqué Dominique Bouche, gestionnaire du domaine. Champ Dong Créations Industries, basée à Paris et à Shanghai, s’occupera « principalement de la commercialisation », a-t-il précisé, ajoutant que l’objectif était de « consolider ses parts de marché » en Chine.

Dominique Bouche espère aussi pouvoir rénover la propriété – vignoble, matériel et bâtiments – grâce à l’arrivée de ces nouveaux capitaux qui devraient, selon lui,contribuer à la notoriété de cette région viticole. Son domaine s’étend sur 24 hectares de vignes et produit chaque année de 120 000 à 150 000 bouteilles, dont 70 % destinées à l’export.

UN INVESTISSEUR MODESTE

Ces opérations, parfois spectaculaires, ne doivent pas masquer la faible part des investissements chinois en Europe : la deuxième puissance économique mondiale ne représente que 3,5 % de l’investissement direct étranger dans l’UE.

Pourtant, les flux grossisent, et ce dans les deux sens, la Chine offrant des perspectives de développement inattendues pour l’agriculture européenne. Selon une information du Figaro, une société spécialisée dans la reproduction et la sélection génétique a expédié 15 000 lapins en Chine pour améliorer la race. Avant les lapins, raconte le Figaro, ce sont des canards vendéens génétiquement modifiés qui avaient été expédiés pour améliorer les élevages locaux.

 

Vaches limousines : la filière mongoleQuelque 180 bovins, dont plus de 80 % de race limousine et quelques Montbéliardes, ont embarqué la semaine passée à Châteauroux à bord d’un Boeing 747 à destination de la Mongolie, où ils devaient rejoindre une exploitation située à 500 km au nord d’Oulan Bator.

Les Limousines sont destinées à améliorer la race locale et les Montbéliardes à constituer un troupeau de laitières, a expliqué Gilles Lequeux, responsable technico-commercial d’Interlim Génétique Service, à l’origine de cette exportation.

L’an passé, 230 bovins avaient déjà été importés en Mongolie où ils ont très bien passés l’hiver en dépit de températures qui peuvent atteindre les -40°C. Afin d’appréhender au mieux les conditions d’élevage dans ce pays, des représentants d’Interlim se sont rendus à plusieurs reprises, depuis 2008, sur l’exploitation où ils ont dispensé des conseils en alimentation et en « logement ». De son côté, l’éleveur mongol est venu plusieurs fois en France.

L’agriculture et l’élevage sont la deuxième source de revenus en Mongolie, pays enclavé entre la Russie et la Chine. Actuellement producteur de viande de qualité ordinaire, la Mongolie a une demande de viande de meilleure qualité.

Pour l’éleveur mongol, cette opération revient à 900 000 euros, ce qui comprend l’achat des animaux, le sanitaire et la logistique d’acheminement.

Publié à: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/18/la-chine-multiplie-les-investissements-dans-l-agroalimentaire-en-europe_1761711_3234.html

La Chine, géant agroalimentaire aux pieds d’argile

  • Kant Li, directeur général de la firme chinoise King Techina, spécialiste de la nutrition animale, présente au Space ses additifs alimentaires en microcapsules.

    Kant Li, directeur général de la firme chinoise King Techina, spécialiste de la nutrition animale, présente au Space ses additifs alimentaires en microcapsules. (Thomas Brégardis)

Révolution verte « Qui aurait cru, il y a quinze ans, que la Chine exporte vers les États-Unis des produits électroniques ? Et que les États-Unis deviennent le fournisseur exclusif de la Chine en foin de luzerne ? » Gwénola Floch Penn résume, dans cette étonnante question, la révolution verte de la Chine depuis la fin des années Mao. L’ancien Empire du milieu s’est placé au centre de l’assiette mondiale. Ses 310 millions d’agriculteurs, répartis en 190 millions de petites exploitations, et 2 000 fermes étatiques géantes engraissent la moitié du cheptel mondial de cochons et de poulets !

Priorité à l’agriculture

Les deux derniers plans quinquennaux « réservent une place centrale à l’agriculture : prêts bonifiés, aides directes, infrastructures », observe l’agroéconomiste de la chambre d’agriculture de Bretagne. Elle met les bouchées doubles pour couvrir « la demande alimentaire vigoureuse » de sa population. Grâce au trésor de guerre de sa balance commerciale, « elle est en cours de transaction pour louer ou acheter 11,6 millions d’hectares de terres dans le monde. En Afrique pour le riz et les céréales. En Amérique du Sud pour le soja et le sucre. »

L’essor du yaourt

L’accès de millions de Chinois dans la catégorie des classes moyennes se traduit par une occidentalisation du régime alimentaire. Un Chinois mange quatre fois plus de viande, boit treize fois plus de lait (yaourts et lait liquide) et ingère cinq fois plus d’oeufs qu’en 1980 ! Pour nourrir ses cheptels, la Chine engouffre dans ses élevages 70 % des échanges mondiaux de soja. Elle est directement à l’origine de la flambée historique du boisseau à la bourse de Chicago.

Déficits

Cette stature de rouleau compresseur agricole et agroalimentaire masque une réalité plus complexe. « Le géant a des pieds d’argile », image Jean-Michel Lebret, président du Centre d’économie rurale France Bretagne. Exploitations morcelées, terres polluées et submergées par l’urbanisation, ressources en eau déficitaires, main-d’oeuvre insuffisamment formée… La Chine s’essouffle dans sa « course à l’autosuffisance ». « Depuis 2009, elle est devenue importatrice nette de biens alimentaires », résume Gwénola Floch Penn.

« Il faut aller en Chine »

Dans ce contexte, les liens s’intensifient entre France et Chine. Mais restent modestes. « Seuls Lactalis et la Cooperl sont présents avec des bureaux », note Anne-Yvonne Hénot, du CER France Finistère. « La Chine importe la moitié de ses poudres de lait. Seuls 2 % sont fournis par la France », quantifie Jean-Marc Chauvet, de l’Institut de l’élevage. Kant Li, directeur général de l’entreprise King Techina, spécialiste de la nutrition animale, anime pour la deuxième fois un stand au Space. Il assure la promotion de ses microcapsules d’additifs alimentaires. En tant que président de l’association de l’élevage de sa province, il ramène dans ses bagages de nombreux contacts avec des entreprises françaises, détentrices de technologies de pointe. « Je peux agir comme intermédiaire pour aider les entreprises françaises à entrer sur le marché chinois. Son ampleur est inimaginable. Génétique, équipement, traitement du lisier, vaccination, médicaments vétérinaires Je vous le dis comme un ami : il faut aller en Chine ! »

Xavier BONNARDEL.

La chasse aux faux avis de consommateurs est ouverte

Petits ou gros mensonges : les Français se méfient de plus en plus des avis postés sur les sites de e-commerce ou de voyages. Les contrôles et les tentatives de prévention se multiplient.

Par Tiphaine Thuillier pour LEntreprise.com, publié le 18/09/2012 à 16:52

 

La défiance augmente et, avec elle, la nécessité de réguler des pratiques trop répandues. « Nous avons lancé un vrai travail d’enquête depuis 2011, explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) que nous poursuivons toujours actuellement. Nous avons déjà contrôlé 129 sites et dressé douze procédures. » Les infractions se divisent en quatre catégories : la rédaction massive et répétée d’avis positifs rédigés par les professionnels eux-mêmes sur leur site ou leur page Facebook ; les éloges postées par un employé de la société (un commercial, par exemple) qui avance masqué ; la modération tronquée et la suppression de critiques et enfin la sous-traitance à des prestataires spécialistes d’e-réputation pour rédiger de multiples avis.Aucune de ces procédures n’a encore abouti pour cause de temporalité judiciaires différente mais les sites poursuivis risquent jusqu’à 37 500 euros d’amende pour la personne physique et 187 500 euros pour la personne morale. A la DGCCRF, on prend cette question très au sérieux : « Ce phénomène très récent est une priorité pour nous car il occupe une place centrale dans le quotidien des gens. »

En parallèle, l’Afnor travaille à la mise en place d ‘une norme pour guider l’internaute. Une fois établie et certifiée, cette norme permettra au consommateur d’être rassuré sur la fiabilité des avis postés sur le site.  » Nous travaillons encore pour finaliser, en fin d’année, cette norme, précise Olivier Gibert, porte-parole de l’Afnor. La difficulté est de trouver un terrain d’entente entre des acteurs de services, des sites qui commercialisent des produits et de mettre au point un ensemble de recettes, de solutions adaptable à toutes les tailles de sites. » Cette initiative constitue une première en France. « On peut se dire que nous serons peut-être vite dépassés tant les choses évoluent vite mais il est utile et important de donner confiance aux gens à l’égard, notamment, du commerce en ligne. »

* Enquête réalisée entre le 27 et le 30 août 2012 auprès d’un échantillon de 1038 personnes représentatives de la population française,

Source: l’entreprise / l’Express à http://lentreprise.lexpress.fr/internet-canal-pour-vendre/la-chasse-aux-faux-avis-de-consommateurs-est-ouverte_35236.html?xtor=EPR-11-[ENT_Zapping]-20120919–1441072@214703786-20120919064839

Doux: Sept sites sont partiellement sauvés

Charles Doux, PDG du groupe Doux sortant du tribunal de commerce de Quimper le 5 septembre dernierCharles Doux, PDG du groupe Doux sortant du tribunal de commerce de Quimper le 5 septembre dernierF.LEPAGE/SIPA

JUSTICE – Le tribunal de commerce de Quimper a validé lundi les offres de reprises partielles de cinq sites du groupe Doux…

Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) a validé lundi les offres de reprises partielles de sept sites sur les dix du pôle frais du groupe volailler français Doux.

Un millier d’emplois étaient menacés sur 1.700

Le tribunal de commerce a retenu les offres du groupe LDC (poulets de Loué) concernant les sites de Sérent (Morbihan) et Laval (Mayenne), celle de Glon Sanders, une filiale du groupe financier agro-alimentaire Sofiprotéol, et Duc pour les sites de Boynes (Loiret), Amilly (Loiret), Clémont (Cher) et Blancafort (Cher), et l’offre de Galina concernant le site de Pleucadeuc (Morbihan). Trois autres sites ne bénéficiaient pas d’offres de reprise: Graincourt (Pas-de-Calais), La Vraie-Croix (Morbihan), et Le Pontet (Vaucluse).

Ces sites ont été placés en liquidation judiciaire le 1er août, avec poursuite de l’activité jusqu’à ce lundi. Les juges avaient jusqu’à ce jour pour rendre leur jugement. Cinq offres de reprise partielle de Doux frais, en liquidation judiciaire, avaient été déposées le 10 août, menaçant plus d’un millier d’emplois sur 1.700. Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, et le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avaient reçus dès le 23 août les candidats à la reprise pour tenter d’«améliorer les offres qui ont été déposées».

Réaction des syndicats

La CFDT déplore une «casse sociale». La CGT, qui avait déposé avec FO un recours devant la cour d’appel de Rennes contestant la mise en liquidation du pôle frais, demandait la poursuite de son activité au-delà du 10 septembre. La période d’observation pour les branches poulets congelés destinés à l’export et produits élaborés, dont les activités se poursuivent sous l’égide de Charles Doux et de la banque Barclays, entrée dans le capital du volailler, doit quant à elle se poursuivre jusqu’au 30 novembre.

L’intersyndicale de Doux rencontrera le ministre délégué à l’agroalimentaire Guillaume Garot mardi matin à la préfecture de Rennes. Le groupe Doux, qui emploie au total 4.190 salariés, y compris les pôles congelés et produits transformés, devrait donc se survivre à lui-même, au grand dam de Sofiprotéol, qui a tenté avec la FNSEA, principal syndicat agricole, de présenter une solution alternative refusée par le tribunal de commerce.

Publié par 20 minutes.fr à http://www.20minutes.fr/economie/1000543-doux-sept-sites-partiellement-sauves

Créé le 10/09/2012 à 16h03 — Mis à jour le 10/09/2012 à 17h21

La vraie stratégie de Georges Plassat pour redresser Carrefour

DECRYPTAGE-La nouvelle direction du distributeur rompt avec l’ère Olofsson, jugée trop financière, pour revenir au terrain: décentralisation, restauration de l’image-prix et développement des nouveaux formats.

Georges Plassat, PDG de Carrefour (SIPA)

Georges Plassat, PDG de Carrefour (SIPA)

« Peut-on regreffer la tête d’un canard? C’est toute la question et je crois que oui! » Georges Plassat aime les métaphores. Depuis le mois de mai, le nouveau PDG de Carrefour a entrepris de ranimer le volatile étêté qu’est devenu le deuxième distributeur mondial. Les résultats présentés ce jeudi 30 août sont les premiers signes d’espoir: les ventes ont affiché une hausse de 0,9 % au premier semestre. Mais la rémission durera au moins trois ans, selon son diagnostic. En France, les hypermarchés Carrefour ont accusé un recul de 6 % de leurs ventes au deuxième trimestre et, selon Kantar Worldpanel, ils ne cessent de perdre des parts de marché – plus de 1 point en un an – au profit de Leclerc. De Carrefour Planet, le concept qui devait réenchanter l’hypermarché, à Dia, le hard discounteur vendu pour pouvoir se désendetter, le leader français a couru dans toutes les directions. Il n’en a désormais plus qu’une seule: revenir à son savoir-faire de commerçant. « Faire simple », dit son PDG, qui met aux oubliettes tout le discours marketing de son prédécesseur.

1-Revenir aux fondamentaux

Cette simplification consiste d’abord à redonner de l’autonomie aux directeurs des magasins. Résultat: 500 à 600 postes administratifs vont être supprimés dans les sièges du groupe en France. Le nouveau patron de Carrefour entend aussi « faire la chasse au gaspi » dans tous les recoins du groupe. Pour refaire son retard face à la concurrence, l’enseigne a instauré une garantie « prix le plus bas » sur des centaines de produits, et accélère le développement des drives, ces points de retrait des courses achetées en ligne. Mais Georges Plassat connaît suffisamment les marchés financiers pour se risquer à donner des objectifs chiffrés. Ce qui ne l’empêche pas de trancher. Si Carrefour n’est pas leader dans un pays, il coupe. Fin août, le PDG a ainsi annoncé la fermeture de ses deux magasins à Singapour. Une première. (lire encadré page 46).

« La direction de Carrefour ne parlait plus qu’aux analystes depuis dix ans, Georges Plassat s’adresse aux clients », remarque Delphine Mathez, senior partner au cabinet de conseil en stratégie Roland Berger. Malgré cette attention portée à la communauté financière, la capitalisation est passée de 37 à 11 milliards d’euros depuis 2007 et l’arrivée dans le capital du groupe Arnault et du fonds d’investissement Colony. A présent, Carrefour veut se concentrer sur son métier, savoir acheter et vendre. « 100 % dédiés au commerce, 100 % dédiés au client », affirmait Noël Prioux, un pur produit de l’enseigne, après sa nomination en tant que directeur exécutif France l’an dernier. Une politique confirmée depuis par Georges Plassat. « Les hypers ne se managent pas du siège, explique Noël Prioux. Si vous connaissez quelqu’un qui peut prendre des décisions pour le million de clients qui nous fréquente tous les jours, présentez-le-moi, je l’embaucherai. » L’exact contre-pied de la politique de leurs prédécesseurs, qui avaient centralisé et truffé le siège de consultants, du marketing aux achats. Une inflation de cerveaux, comme dit le nouveau patron, qui éloignait les dirigeants de la réalité du terrain, là où se joue la bataille contre Leclerc, Auchan et Casino.

2-Impliquer les managers

Pour revenir aux fondamentaux du commerce, les directeurs de magasin ont maintenant plus d’autonomie. Les achats se faisaient au niveau des régions? Ils sont désormais la responsabilité de chaque grande surface. « Avoir les moyens de négocier localement permet d’être plus rapide et plus efficace, explique Gildas Aitamer, analyste à Planet Retail. C’est ce qui fait la force des centres Leclerc, par exemple. » Si un concurrent baisse ses prix, lance une promotion, un chef de rayon peut désormais riposter immédiatement. « Nous avons à présent de bien meilleurs produits, assure le responsable des fruits et légumes d’un hypermarché d’Ile-de-France. Nous pouvons les choisir, alors qu’avant il fallait seulement les écouler. » Pour des magasins mieux fournis et plus agréables, les audits sur l’hygiène se sont également multipliés, révèle un salarié.

Donner plus de pouvoir aux managers des hypermarchés revient à en enlever à ceux des directions centrales, dont le nombre de salariés avait explosé. « Aujourd’hui, il n’y a plus assez de travail pour tout le monde au siège, relève Thierry Faraut, délégué CFE-CGC de Carrefour. Il y a de moins en moins d’échelons intermédiaires. » Le premier employeur privé de France (110 000 salariés) a donc annoncé, fin août, la suppression de 500 à 600 postes administratifs. Du côté du management, les départs avaient débuté bien avant: José Carlos Gonzalez-Hurtado, le directeur commercial, et Patrick Rouvillois, le directeur marketing, ont ainsi été remerciés en mai et ne seront pas remplacés. La priorité est clairement donnée aux magasins. Selon les syndicats, le siège et les entrepôts représenteraient 2,5 % du chiffre d’affaires en France. Un handicap face aux groupements d’indépendants comme Leclerc et Système U. Plus légers et réactifs, ils font montre d’un formidable dynamisme ces dernières années, grâce à une politique commerciale avisée. Avec la fin de la loi Galland et des marges arrière indues, les prix bas sont redevenus le nerf de la guerre.

3-Garantir les prix bas

Carrefour l’avait presque oublié. Fini, donc, les promotions à tout-va qui déconcertent les clients et brouillent son image. Fin janvier, le groupe a lancé sa garantie « prix le plus bas » sur 500 produits de marques nationales faciles à comparer. Du chocolat en poudre Nesquik aux rasoirs Gillette en passant par la bière Heineken, l’enseigne promet de rembourser deux fois la différence si l’on trouve moins cher ailleurs. « Il faut revenir dans la course. Les prix bas seront une constante, pas une variable d’ajustement », affirme Georges Plassat. Une allusion directe à Leclerc, qui s’applique à être le moins cher et le martèle avec efficacité. Selon une étude du cabinet OC&C Strategy Consultants, les clients de l’enseigne bretonne perçoivent ses prix comme moins élevés qu’ils ne le sont en réalité; Carrefour, à l’inverse, est ressenti comme plus cher de 2,2% que ce qu’indiquent ses étiquettes. Une image-prix défavorable qu’il faut améliorer au plus vite.

En mai, l’enseigne a lancé l’opération « prix le plus bas » sur les carburants. De quoi marquer les esprits sans risquer de perdre des sommes folles, tant les remboursements se révèlent compliqués et rares et tant les différences de prix entre les distributeurs sont limitées. « C’est un élément crucial de la perception de nos prix », confirme Pierre-Jean Sivignon, le directeur financier du groupe. Plus marquant encore que la « garantie prix les plus bas » déployée en cette rentrée sur les fournitures scolaires. Mais la cohérence du discours commence à produire son effet, assure Georges Plassat, sans fournir de chiffres.

4-Clarifier la communication

La reconquête des consommateurs, dont le pouvoir d’achat s’effrite, passe aussi par le développement des drives. Le concept – commander ses courses sur Internet, aller les récupérer au magasin – fait un malheur en France. Alors que ses concurrents se sont engouffrés dans cette voie, Carrefour était resté sur le bas-côté. Carrefour rattrape son retard avec 67 points de livraison ouverts au deuxième trimestre, ce qui porte leur nombre à 125, tandis que Leclerc en est à plus de 200. « Carrefour est obligé de se mettre au niveau de ses rivaux, même si la rentabilité du drive n’est pas encore évidente », remarque Gildas Aitamer. Car si les prix sont les mêmes qu’en magasin, ce sont les salariés qui font le « travail » du client en préparant ses courses. Et ce type de distribution ne favorise guère les fameux achats d’impulsion qui font les profits des hypermarchés. Il faudra trouver des économies ailleurs. Dans la publicité, par exemple.

Le nouveau PDG a quelques idées sur la question. « On investit une masse d’argent considérable pour expliquer qu’on peut, quand on est chauve, se sécher les cheveux avec un séchoir à 9 euros, se moquait-il en juin lors de l’assemblée générale des actionnaires. Mettons beaucoup de cet argent, superficiellement utilisé aujourd’hui, au service de nos magasins et de nos collaborateurs. » Estimé à 1 milliard d’euros par Les Echos en 2009, quand Publias l’a récupéré, le budget publicitaire pourrait être rogné.

L’année dernière, selon le cabinet d’études Kantar Media, l’inventeur des hypers a été le troisième plus gros annonceur dans l’Hexagone, avec des dépenses en hausse de 23%, sans pour autant enrayer la baisse des parts de marché et des recettes: la réalité dans les rayons n’était pas aussi riante que dans la publicité. A l’inverse, Leclerc, septième plus gros acheteur d’espace, avait augmenté ses dépenses de 8,6% et son chiffre d’affaires d’autant. Son avantage? Sa communication n’a pas varié depuis trois décennies, quand Carrefour passait de l’incompréhensible panel de consommateurs, avec un sceau sur les produits façon « testé et approuvé par les clients », à ses promotions saisonnières, sans oublier son éphémère ligne bleue qui devait accélérer le passage en caisse. L’enseigne n’a plus qu’un slogan: « Les prix bas, la confiance en plus ». Reste à garder le cap, car la confiance ne s’achète pas, elle se construit dans la durée.

Publié sur CHellenge.fr à http://www.challenges.fr/entreprise/20120906.CHA0450/la-vraie-strategie-de-georges-plassat-pour-redresser-carrefour.html?xtor=RSS-106

Créé le 06-09-2012 à 06h06 – Mis à jour à 18h54

Branle-bas de combat autour de l’étiquetage des OGM

 Branle-bas de combat autour de l’étiquetage des OGM dans - climat politique rayon_sauces_bioLe rayon sauces d’un magasin bio à Berkeley, en Californie (Justin Sullivan/Getty/AFP)

Panique au sein des multinationales de l’agroalimentaire : en novembre, les électeurs californiens décideront si la présence d’OGM doit être mentionnée sur les emballages de nourriture. « Big Ag » et « Big Food », les lobbys de l’agroalimentaire, ont mis au pot 19,2 millions d’euros pour faire barrage à l’initiative citoyenne « Nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons ».

L’enjeu est colossal, il explique l’union sacrée des plus grosses sociétés mondiales : toutes catégories d’aliment confondues, 80% de la nourriture américaine non bio contient des OGM. Et ce qui se décide en Californie, où vit 10% de la population du pays, préfigure ce qui va devenir obligatoire dans le reste des Etats-Unis.

Le maïs OGM, le soja OGM, les betteraves à sucre OGM, le coton OGM (cultivé pour son huile) sont à la base des sucres, graisses et additifs dont sont farcis les aliments nationaux.

Les céréales du petit déjeuner, certains pains et farines, des aliments comme le tofu, les épis de maïs doux, certains saumons d’élevage, pour ne citer que quelques exemples, sont de purs aliments OGM.

Ils sont bien rares, les consommateurs qui traquent la mention « Ne contient pas d’OGM » sur les bouteilles de lait de soja ou d’amande, sur les paquets de Granola ou sur les plats surgelés. L’immense majorité des Américains n’est pas au courant de cette invasion. S’ils l’étaient, il est probable que ça ne changerait rien à leur décision d’achat.

Exclus de l’étiquetage : la nourriture de restaurant et les boissons alcoolisées

Mais voilà, l’industrie agroalimentaire ne veut pas prendre le risque de générer des questionnements dans le public. Dès que la « proposition 37 » (P37), ainsi qu’a été baptisé le texte qui sera soumis au référendum californien, a eu recueilli en mai assez de signatures pour être validée, la contre-attaque industrielle a débuté à coup de millions de dollars.

Que dit cette proposition 37 ?

  • L’étiquetage est obligatoire dès qu’un aliment cru ou transformé destiné à la consommation est composé de plantes ou d’animaux génétiquement modifiés.
  • Il est interdit de qualifier ou de promouvoir comme « naturel » ce type d’aliment.
  • Sont exclus de l’obligation les aliments certifiés bio ; contenant accidentellement des OGM ; faits à partir d’animaux nourris ou injectés avec des ingrédients OGM, mais non génétiquement modifiés eux-mêmes ; contenant des faibles portions d’ingrédients OGM ; en contenant à cause de traitements médicaux ; destinés à la consommation immédiate comme dans un restaurant ; les boissons alcoolisées.

La pétition a été lancée au printemps par, entre autres, l’Association des consommateurs de bio et le parti démocrate californien. Elle appelait aux signatures avec cet argumentaire :

« Un million de Californiens ont déjà dit : nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons. Signons pour faire passer le message que les produits alimentaires doivent comporter des étiquettes simples signalant s’ils ont été génétiquement modifiés.

Le droit de savoir est un droit fondamental et une valeur de base américaine. Dans une société démocratique et un marché libre, les consommateurs doivent pouvoir faire des choix éclairés quant à ce qu’ils mangent et donnent à leurs familles. »

Fabricants d’OGM et de pesticides, chimistes et céréaliers, tous unis !

 dans AGROInfographie représentant les deux camps qui s’affrontent autour de la « proposition 37 », (Cornucopia Institute)

Apparemment, tel n’est pas l’avis des producteurs qui se sont cotisés pour faire échouer la P37. En tête des contributeurs à la contre-campagne, Monsanto et Dupont (plus de 3,2 millions d’euros chacun), les deux plus gros producteurs mondiaux d’OGM. Immédiatement derrière, PepsiCo (1,3 million d’euros), suivi d’autres géants comme BASF, Bayer, Dow, Coca Cola, Nestlé, Kellogg, et onze autres, pour un total de 19,2 millions d’euros exactement.

Que vont peser les 2 millions d’euros levés par les leaders indépendants du bio américain pour soutenir le texte, face à la somme presque dix fois supérieure collectée par l’agrobusiness pour le combattre ?

Un article paru sur le site d’infos environnementales Grist donne une idée de la campagne menée pour faire capoter la P37 :

« Où va l’argent, exactement ? Plusieurs de ces compagnies rémunèrent les mêmes consultants qui ont travaillé pour l’industrie du tabac. Ils vont créer de toute pièce des “astroturf”, des faux groupes de citoyens qui vont tenter de faire croire qu’une majorité de gens estime que l’étiquetage est une mauvaise idée. Et forcément, ils vont réussir à convaincre beaucoup d’électeurs. »

Les OGM ne sont pas forcément mauvais pour la santé

Sans compter les publicités télévisées qui vont envahir les écrans à la rentrée, s’ajoutant aux publicités politiques déjà intenses en prévision du scrutin présidentiel qui se tiendra le même jour.

Les arguments déclinés dans les pubs sont déjà martelés dans les journaux par les sociétés agroalimentaires et les scientifiques qui travaillent pour eux :

  • la nocivité des OGM n’est absolument pas prouvée scientifiquement ;
  • les prix des aliments augmenteraient dans les épiceries à cause du surcoût de l’étiquetage ;
  • ce serait la porte ouverte à des procès intentés par les consommateurs aux entreprises et aux agriculteurs.

Paradoxalement, plusieurs des géants agroalimentaires qui financent cette contre-campagne sont les maisons-mère de marques bio bien implantées dans la grande distribution, lesquelles affichent naturellement le logo « sans OGM » sur leurs boîtes.

Ces marques-là souffrent déjà de la mauvaise publicité que leur font les pro-P37, comme en témoigne ce poster qui circule non seulement en Californie, mais aussi dans le reste des Etats-Unis.

Les sondages donnent gagnante la proposition 37

La bataille californienne s’annonce bien plus rude que celle qui a eu lieu en Ohio il y a dix ans, lorsqu’une initiative citoyenne analogue avait tenté le même coup que la P37. Les lobbys de l’agroalimentaire avaient alors facilement pulvérisé la tentative des consommateurs.

Cette fois, les chances de la proposition 37 sont réelles. Selon un sondage détaillé par Reuters, 60% des électeurs à la mi-août y étaient favorables. Un cauchemar pour Big Food et Big Ag, qui devraient alors décider de généraliser préventivement ou non à l’ensemble des Etats-Unis l’étiquetage anti-OGM, sachant que d’autres Etats s’engouffreraient alors dans la brèche ouverte par la Californie.

Tout de même, les Californiens ont beau jeu de se rebeller contre l’invasion des OGM dans leur alimentation. Leur Etat recèle l’immense majorité des cultures bios américaines, qui pèsent lourd dans l’économie locale. La P37 n’aurait littéralement aucune chance dans les Etats du Midwest, où est produit l’essentiel du maïs et du soja américain, OGM à 95%.

publié à http://blogs.rue89.com/americanmiroir/2012/08/26/branle-bas-de-combat-autour-de-letiquetage-des-ogm-228232 par Hélène Crié-Wiesner
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