Alimentation : les Américains se détournent de la mal-bouffe

Les groupes américains font dans le

Les groupes américains font dans le « diététiquement correct ».

PepsiCo se lance dans les yaourts. Campbell Soup reprend un spécialiste de la carotte fraîche. Les ténors américains de l’agroalimentaire s’adaptent aux nouvelles habitudes de consommation. Wall Street les y incite.


Faut-il y voir un effet Obama, Michelle Obama ? En 2009, la première dame des Etats-Unis a planté des légumes bios dans son jardin de la Maison Blanche à Washington. Et, depuis 2010, elle sillonne les écoles américaines pour promouvoir son programme Let’s Move. Objectif : lutter contre l’obésité qui ruine la vie d’un enfant américain sur trois. Plus aucun américain n’ignore la « grande cause nationale » de Michelle Obama. Et tout porte à croire que ça marche. Les chiffres du marché américain de l’alimentaire le démontrent.

Le bio progresse de 9,6%

Les Américains ont modifié leur mode d’alimentation. Ils raffolent du bio. En 2011, les ventes de produits « organics » ont progressé de 9,5% aux Etats-Unis, flirtant avec les 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires, selon une étude publiée par le bureau américain d’UbiFrance. Les Américains découvrent les produits laitiers, notamment bios ; leurs ventes ont progressé de 9,6%. « Aux Etats-Unis, a contrario de marchés matures tels que la France et l’Espagne, les ventes de produits ultra-frais sont en forte croissance », confirme Jean-Daniel Pick, directeur associé du cabinet de conseils OC&C, spécialistes des biens de consommation.

Pepsi chasse sur les terres de Danone

Les géants de l’agroalimentaire revoient leur modèle. Quitte à chasser sur les terres des français Danone et Bel qui rencontrent un grand succès aux Etats-Unis. L’un fait un tabac avec ses yaourts à la Grecque, coqueluche des diététiciens américains. L’autre écoule des millions de Mini Babybels, que les femmes avalent en guise de snack coupe-faim. L’américain Pepsico vient ainsi d’annoncer la création d’un joint-venture avec l’allemand Theo Muller, groupe aux 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ensemble, ils construiront une usine à Batavia, dans l’Etat de New-York. Objectif : vendre des yaourts sur son marché historique. Celui qui n’était pas parvenu à racheter Danone en 2005 entre ainsi sur un segment moins controversé encore que les jus Tropicana et les céréales Quaker rachetés respectivement en 1998 et 2001.

Du jus de légumes aux carottes en sachet

Campbell Soup, autre figure de l’agroalimentaire américain, vient, lui, aussi de renforcer son « diétiquement correct ». Le spécialiste de la soupe et des jus de légumes V8 vient de racheter Bolthouse Farms, un spécialiste alifornien des vinaigrettes et des carottes vendues en sachet, notamment sous la marque Green Giant. Montant mis sur la table : 1,55 milliard de dollars, soit 9,5 fois le résultat opérationnel de Bolthouse. C’est cher payé aux yeux des analystes américains. Mais, de fait, Campbell est dans l’air du temps. « Partout dans le monde, les groupes agroalimentaires investissent dans trois voies : les gammes de produits dits sains, dont les yaourts, les catégories à forte croissance, tels que les produits frais et les pays dont le PIB est en forte croissance », observe Jean-Daniel Pick, en citant notamment la prise de contrôle de Yoplait par l’américain General Mills en 2011. Au passage, les groupes américains, qui trustent 30 des 50 places du palmarès des leaders mondiaux des produits de grande consommation établis par OC&C, peaufinent leur profil planétaire.

La success story de Annie’s Homegrown

Ce n’est pas pour déplaire à la Bourse. Les analystes poussent la PDG de PepsiCo, Indra Nooyi, dans cette voie. Et, depuis des mois, Wall Street se délecte des success-stories de l’alimentation équilibrée. Parmi elles, figurent Whole Foods, l’enseigne américaine aux 330 magasins bios qui, malgré la crise, ouvre à tout-va, ou son fournisseur, Annie’s Homegrown. La marque californienne de produits bios en tous genres produits localement (pâtes à pizza, fromages et autres cookies) a été introduite en Bourse en mars 2012 pour lever 95 millions de dollars. Depuis, la valeur de son titre a doublé.

Juliette Garnier

 


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