Le volailler Doux revendu à la découpe ? L’usine de Graincourt s’interroge

AGROALIMENTAIRE |L’administrateur judiciaire de Doux a annoncé la mise en vente du groupe volailler, leader européen du secteur. Quel avenir pour le site de Graincourt-lès-Havrincourt, près de Marquion ?

 Près de cent cinquante éleveurs de la région travaillent exclusivement pour l'usine de Graincourt qui emploie deux cent cinquante salariés.

Coup de tonnerre dans la filière avicole. Étranglés par les dettes, les poulaillers Doux, au bord de l’asphyxie, seraient désormais en vente, après l’échec de leur plan de redressement. C’est ce qu’a annoncé l’administrateur judiciaire du groupe, Régis Valliot, chargé du dossier.

« Au bout de trois semaines d’observation, on a fait le constat que la trésorerie est trop difficile et que l’on vit d’expédients. (…)On ne va pas durer longtemps comme cela. On amorce officiellement la procédure de recherche d’un repreneur pour l’entreprise », a-t-il ajouté, en précisant que le groupe sera vendu globalement, excluant de fait toute vente à la découpe « pour ménager la filière ».

Ambiance forcément « un peu tendue »

Mais le Groupe Doux, leader européen de la volaille, dont le siège est basé à Châteaulin (Finistère), est un mastodonte du secteur, avec 3 400 salariés dans vingt-quatre usines en France, faisant travailler 700 à 800 éleveurs.

« Quel groupe est assez costaud pour racheter une telle entreprise dans sa totalité ? N’y a-t-il pas risque de voir plusieurs concurrents se partager les différentes usines ? », s’interroge Fabrice Angot, délégué CGT de l’usine Doux de Graincourt-lès-Havrincourt, près de Marquion, la seule que possède Doux dans notre région, où sont fabriqués les produits estampillés Père Dodu.

Selon le magazine LSA, Père Dodu pourrait être vendu à Terrena. Le groupe possède déjà la marque Douce France. LDC, leader de la volaille en grande distribution avec ses marques Loué, Le Gaulois et Maître Coq, pourrait reprendre les abattoirs de volailles dédiées à la viande fraîche, dans le but d’accroître ses parts de marché.

L’ambiance est donc forcément « un peu tendue » au sein de l’usine de Graincourt où travaillent deux cent cinquante salariés («  dont vingt couples »). Les conséquences pour la filière avicole ne sont pas à négliger non plus. « Nous travaillons avec cent cinquante éleveurs de la région, qui ont des contrats exclusifs avec Doux. Nous livrons les poussins et l’aliment, ils nous fournissent ensuite les poulets. » L’usine de Graincourt produit chaque semaine environ 210 000 tonnes de poulets standard et 14 000 tonnes sous label.

« Nous avons l’avantage de pouvoir produire aussi bien du poulet normal que de la poule, du poulet fermier et même du coq. Une nouvelle chaîne de production a été installée l’année dernière. Nous livrons également l’usine Moy Park, qui transforme le poulet. Au-delà de la marque Père Dodu, 60 % de notre production est pour la grande distribution en pack emballé sous leur propre étiquette. » C’est donc toute une filière qui observe avec inquiétude l’avenir du Groupe Doux. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a appelé hier à la mobilisation des partenaires bancaires afin de trouver une solution financière pour permettre la poursuite de l’activité du groupe volailler. Trente à trente-cinq millions d’euros sont à trouver. •

Le Nord – Pas-de-Calais, grand pôle avicole
La filière avicole fait vivre 3 000 éleveurs dans la région et 620 salariés travaillant dans dix sites d’abattage et de transformation, pour un chiffre d’affaires de 263 millions (source : Pôle des industries alimentaires).  Pour 53 000 tonnes de viande finie de volailles élevées dans la région, le total des abattages se monte à plus de 70 000 tonnes, soit 1,3 fois le volume produit. Par ailleurs, 523 millions d’œufs sont produits chaque année. Le Nord – Pas-de-Calais possède sept unités d’abattage et de découpe renommées au plan national et international : Doux Frais à Graincourt-lès-Havrincourt, Synavi Nord à Lens, Lapins d’Artois à Ham-en-Artois, Vandevoorde à Steenbecque, les Coopératives de Bellebrune et de Licques, ainsi que Socla à Vaudringhem. Quatre ateliers de transformation : Moy Park (deux unités à Hénin-Beaumont et Marquise), Van den Koornhuyse à Dunkerque et Franlap à Vaudringhem. Le Nord – Pas-de-Calais a deux marques labellisées Label rouge : la volaille de Licques et le poulet Malvoisine.

PAR JEAN-MARC PETIT

publié sur la Voix du Nord à http://www.lavoixdunord.fr/economie/le-volailler-doux-revendu-a-la-decoupe-l-usine-de-jna0b0n534738

 


Un commentaire

  1. CM dit :

    Le quotidien régional Le Télégramme suit l’affaire Doux se près. Plus d’infos au quotidien sur http://www.letelegramme.com/tag/doux

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