Nourriture à haut risque : panique dans nos assiettes

Comment la puissante industrie agroalimentaire fragilise nos organismes

Pizza quatre saisons, poulet cordon-bleu. C'est bon mais pas pour l'organisme.

Pizza quatre saisons, c’est bon mais pas pour l’organisme.

Photo DR

Des nuggets de poulet aux pizzas quattro stagioni, des céréales au miel au soda goût cola, le grand supermarché de la malbouffe n’en finit plus de nous proposer ses produits transformés. En France, pour se nourrir, nous n’avons qu’à piocher parmi un immense catalogue de 600 000 références, toutes sorties des chaînes de fabrication de l’industrie agroalimentaire.

C’est à ce puissant lobby regroupant 10 000 entreprises que Stéphane Horel et Brigitte Rossigneux se sont intéressés. Dans cet édifiant reportage intitulé Les alimenteurs, les réalisateurs n’ont pu faire entendre la voix des principaux intéressés : ceux-ci ont catégoriquement refusé de laisser entrer les caméras dans leurs murs. Las, Stéphane Horel et Brigitte Rossigneux ont construit leur film à partir des témoignages d’experts en nutrition, de médecins et de politiques qui ont tous, à un moment de leur carrière, eu à traiter avec les fabricants de barres chocolatées ou de saucisson sec.

Côté images, le film enchaîne malicieusement les gros plans sur l’escalope panée noyée dans son huile ou le jet de ketchup, façon émission de cuisine trash, qui donne envie de tout, sauf de passer à table. Dans cet océan de mauvais cholestérol, il donne d’abord la parole à Pierre Meneton, expert à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), qui pointe les deux conséquences liées àe la transformation des produits : l’appauvrissement en nutriments essentiels pour la santé d’un côté, et l’ajout massif de sucre, de sel, de graisses, de colorants et de conservateurs, de l’autre. Avec, à la clé, épidémie d’obèses, de cancers et de maladies cardiovasculaires.

Mais il y a plus : certains additifs, tels les bêta-cyclodextrines, sont allègrement saupoudrés sur certains aliments destinés… aux bébés. Dès leurs premiers pas, les petits, via leurs programmes télévisés préférés, subissent le matraquage de l’industrie agroalimentaire. Plus tard, ils guident les achats de leurs parents. Les pouvoirs publics, soucieux de la santé de leurs jeunes citoyens, ont bien tenté de limiter les dégâts. En 2001, par exemple, une circulaire a suggéré d’équilibrer les menus servis à la cantine. Plus de dix ans après, « il ne s’est pas passé grand-chose, déplore Olivier Andrault, chargé de mission « alimentation et nutrition » à l’UFC-Que choisir ? ajoutant : « Il faut dire que cette circulaire n’était pas obligatoire…« 

La même année, le PNNS (Programme national nutrition santé) a bien imposé les slogans de prévention dans les pubs, appelant à manger fruits et légumes ou à bouger davantage. Peu visibles, inaccessibles aux moins de 6 ans, ces messages ont un effet limité. Car le lobby de l’industrie veille. En finançant les travaux de certains professeurs de médecine, en faisant pression sur les parlementaires jusqu’au niveau européen, ils s’assurent de belles années de tranquillité. Pendant ce temps, les Français obèses à 18 %, continuent de grossir. Selon une courbe, affirme Olivier Andrault de l’UFC-Que choisir, qui suit la progression de celle observée aux États-Unis dans les années soixante-dix. Un pays dans lequel 30 à 35 % de la population est aujourd’hui obèse.

« Les Alimenteurs », ce soir 20 h 35 sur France 5

Anne-Sophie DOUET (agence de presse GHM)

 


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