Archive pour juin, 2012

Danone : devient l’actionnaire majoritaire de la Centrale Laitière du Maroc

le 27/06/2012 à 19:40

Le groupe agroalimentaire Danone porte sa participation dans la Centrale Laitière à 67% en acquérant une partie des actions détenues par la SNI pour un montant de 550 Millions d’Euros. « Cette opération constitue une étape majeure pour le développement de Danone au Maroc » indique le groupe de Franck Riboud. Devenir l’actionnaire majoritaire de la Centrale Laitière du Maroc va permettre à Danone d’investir davantage sur un marché à fort potentiel et contribuera ainsi à soutenir le développement de la filière laitière locale.

Cette participation majoritaire permettra à Danone d’intégrer la Centrale Laitière dans ses comptes consolidés. L’opération sera relutive sur le bénéfice net par action de Danone dès la première année.

Cette opération, qui confirme l’intérêt stratégique de Danone pour l’Afrique du Nord, reste soumise à l’accord des autorités compétentes. Sa finalisation devrait avoir lieu d’ici à la fin de l’année 2012.

Rappelons que la Centrale Laitière, dans laquelle Danone est actionnaire à hauteur de 29,2% depuis 2001, est le leader des produits laitiers au Maroc avec près de 60% de parts de marché. Elle réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 600 Millions d’Euros sur un marché en forte croissance. Elle possède la plus importante plateforme de distribution du Maroc avec 30 bases logistiques desservant 70.000 points de vente. La marque Danone bénéficie déjà d’une très forte notoriété dans le pays, notamment grâce aux produits Yawmy, Moufid et Activia commercialisés par la Centrale Laitière.

Finance Plus

Even s’affirme « toujours plus solide »

Le Groupe Even a réalisé des ventes de près de 2 milliards d’euros (+11 %) en 2011, dont 58 % dans le lait. Le groupe, qui se dit « toujours plus solide malgré la crise », ne cache cependant pas les difficultés de ses activités dans la dinde (Le Clézio et TDI).

Le Groupe Even (filiale de la Coopérative Even) a réalisé un chiffre d’affaires de 1,958 milliard d’euros en 2011, en hausse de 11 %, annonce un communiqué diffusé lundi. Les ventes se répartissent entre l’activité laitière (58 %), la distribution (26 %), l’amont agricole (15 %) et les autres filiales (1 %).

L’effectif du Groupe Even atteint 5.140 salariés, contre 4.920 en 2010 et 4.800 en 2009.

La Coopérative a réalisé, en 2011, une collecte « record » de 351 millions de litres de lait (+6,4 %), «  encouragée par la bonne tenue des cours des produits laitiers et rendue possible par les attributions complémentaires de quotas. L’augmentation du prix de base, associée aux efforts de qualité réalisés et au retour sur résultat du Groupe, a permis aux producteurs Even de percevoir en moyenne 342,70 €/1.000 litres. »

Tendances 2012

Selon Even, « le marché mondial des produits laitiers est confronté à une envolée générale de la production laitière dans le monde (+4 % depuis le début de 2012). Elle est actuellement supérieure aux capacités de croissance de la consommation (2,5 % par an). Ce déséquilibre momentané entre l’offre et la demande rend les marchés incertains depuis le début de l’année. La production pourrait néanmoins être freinée, à court terme, par la période creuse en Océanie et, à moyen terme, par des prix moins attractifs pour les producteurs (1). Les efforts de Laïta pour réduire son exposition à la volatilité des marchés devraient permettre de limiter l’incidence de cette dégradation de la conjoncture. »

En volaille de chair, la situation est jugée « préoccupante chez Le Clézio et TDI, dans un contexte de crise structurelle de la filière européenne de la dinde. Ces filiales spécialisées dans l’abattage et la découpe de dindes rencontrent, depuis le printemps de 2012, de graves difficultés liées à une perte significative de volumes d’abattage, faisant suite à l’arrêt des livraisons de dindes par un de ses principaux fournisseurs. Even a sollicité, auprès du tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le placement de Le Clézio et TDI sous sauvegarde. Cette procédure a été engagée dans l’espoir de trouver des solutions pérennes pour préserver l’activité et les emplois », précise Even dans son communiqué.

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Publié le mardi 26 juin 2012 – 17h50 par La France Agricole à http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/cooperation-laitiere-even-s-affirme-toujours-plus-solide-59114.html

(1) Source : Atla.

La pépite Monoprix a enfin trouvé son prix

Après de mois de bagarre rangée, Casino et Galeries Lafayette ont fini par trouver un prix pour Monoprix. Une bonne affaire pour Casino qui, pour 1,18 milliard d’euros, va prendre le contrôle de l’enseigne la plus rentable de la distribution.

Monoprix est la seule enseigne de distribution à afficher une rentabilité opérationnelle de plus de 7%.

Monoprix est la seule enseigne de distribution à afficher une rentabilité opérationnelle de plus de 7%.
Flick’r

Après des mois de bataille rangée, Casino et Galeries Lafayette ont enfin trouvé un prix à Monoprix. Les 50% que le second détient dans l’enseigne de distribution seront vendus 1,175 milliard d’euros au premier. C’est bien davantage que ce qu’en proposait Casino (700 millions d’euros), et beaucoup moins que ce qu’en réclamaient les Galeries Lafayette (1,9 puis 1,4 milliard d’euros)! Face à l’incapacité des deux groupes à se mettre d’accord, c’est devant la justice que la valorisation de Monoprix a fini par être tranchée, après que Casino et Galeries Lafayette se soientmutuellement assignés pour non respect du contrat de co-actionnaire qui les lie depuis dix ans.

Le distributeur le plus rentable du secteurIl faut dire que dans son secteur Monoprix reste une pépite rare, pour laquelle Les Galeries Lafayette estimaient qu’il fallait mettre le prix. Depuis plusieurs années, Monoprix, est en effet la seule enseigne de distribution alimentaire à afficher une rentabilité opérationnelle de plus de 7%, quand Casino par exemple ne dégage pas plus de 4% de rentabilité dans son ensemble. Sa marge nette également est très impressionnante: 4,4% en 2011 dans un secteur plutôt habitué à tourner autour des 2-3%.

Mieux encore, le modèle haut de gamme de Monoprix, et de ses 515 magasins, n’a absolument pas souffert de la crise, contrairement à ce qui aurait pu être anticipé. « Malgré un indice prix supérieur de 20% à l’ensemble du secteur, le chiffre d’affaires du groupe a continué de progresser pendant la crise », explique ainsi Jean-Marie Lhomé, analyste du secteur chez Aurel BGC. Ainsi, en 2011 les ventes de Monoprix ont progressé de 2,8% pour atteindre 4,1milliards d’euros. Et même dans les toutes premières semaines de l’année, où le groupe a été accusé d’augmenter ses prix pour gonfler sa valorisation, les ventes ont continué de grimper (+5,5%). C’est également le cas de la branche textile, dans laquelle Monoprix s’est imposé ces dernières années, et où les ventes ont résisté malgré le repli général de la consommation en 2011.

Prix d’achat raisonnableAu final, Monoprix, dont le modèle économique et le savoir-faire ne sont plus à démontrer, sera donc acheté pour un prix très raisonnable. Il est équivalent à la valeur comptable des 50% que le groupe détient déjà: 1,2 milliard d’euros à fin 2010.

Mais si le patron de Casino a pu se permettre de faire la fine bouche, c’est parce qu’il savait qu’il finirait par avoir gain de cause: l’option d’achat liant les deux groupes lui permettait en effet d’acheter Monoprix jusqu’en 2028. Une guerre des nerfs gagnée d’avance. Surtout face à des Galeries Lafayette en quête de liquidités: le groupe prévoit notamment d’ouvrir un magasin à Pékin en 2014, et de rénover celui du boulevard Haussmann. « Jean-Charles Naouri aurait peut être pu obtenir un prix inférieur en poursuivant les négociations, mais cela n’aurait pas forcément été gagnant compte tenu du coût des procédures judiciaires et de la perte de temps en découlant », souligne ainsi Jean-Marie Lhomé.

Grâce à la consolidation dans ses comptes de Monoprix, Casino va pouvoir doper les résultats de son groupe en France dans une période compliquée pour la distribution, et surtout pour les hypermarchés moins en vogue désormais que les magasins de proximité. « Même si l’opération augmentera l’exposition de Casino sur le marché français, mature, et pèsera sur ses ratios de dette nette, elle améliorera la rentabilité et la génération de cash flow grâce au modèle économique de Monoprix, solide, défensif et profitable », écrivent ainsi les analystes de Barclays dans une note.

Cela permet aussi au patron de Casino de réaliser un joli coup, en clôturant deux dossiers majeurs en l’espace de quinze jours. Le groupe vient en effet de signer la prise de contrôle du leader brésilien de la distribution Grupo Pao de Açucar, au sujet duquel il se disputait il n’y a pas si longtemps avec Carrefour.

Reste désormais à convaincre les autorités de la concurrence que cette acquisition ne sera pas contraire aux règles de la concurrence.Récemment elle reprochait à Casino sa situation de quasi-monopole sur le marché parisien. Or ce n’est pas la prise de contrôle de Monoprix par Casino (également propriétaire de Franprix) qui a des chances de faire baisser les prix des étiquettes parisiennes !

Par Julie de la Brosse – publié le 29/06/2012 à 17:25.

Publié par L’Expansion à http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/la-pepite-monoprix-a-enfin-trouve-son-prix_308687.html?xtor=EPR-175-[XPN_18h]-20120629–1385607@209366697-20120629195114

Lire aussi: Casino est-il responsable des prix élevés à Paris?

Casino lance Casino Bio “100% origine France”

Le groupe Casino veut donner la priorité à la production française en lançant dans sa gamme Bio un assortiment de 34 références de fruits et légumes cultivés dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France.

Casino lance Casino Bio “100% origine France”

Le made in France continue de susciter des initiatives. Le groupe Casino donne la priorité à la production française avec le lancement deCasino Bio “100 % origine France”. À travers sa marque propre Casino Bio*, le groupe Casino entend soutenir l’agriculture biologique française en référençant prioritairement sa production de fruits et légumes et en la valorisant auprès des consommateurs par un étiquetage “100 % origine France” présent sur les emballages.

34 références cultivées dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France composent l’assortiment qui évoluera au fur et à mesure des partenariats noués avec les producteurs bio. Les premiers fruits et légumes de saison Casino Bio « 100% origine France » – courgettes, aubergines, tomates grappe, tomates cerises et poivrons – sont commercialisés depuis juin dans tous les magasins Casino (hypermarchés, supermarchés et magasins de proximité), puis de nouvelles références telles que les kiwis, pommes et carottes arriveront dans le courant de l’été.

Récoltés dans le Sud de la France, ces fruits et légumes parcourent moins de kilomètres jusqu’aux magasins de l’enseigne, également très fortement implantée dans le Sud, ce qui leur garantit une fraîcheur optimale. Par ailleurs, cultivés dans le respect des saisons et cueillis à maturité, ils offrent des qualités gustatives et nutritionnelles indéniables. Enfin, labellisés AB, sans produits chimiques de synthèse selon la réglementation en vigueur, ils sont plus respectueux de l’environnement.

Ce projet s’inscrit dans la politique de différenciation de l’offre et d’innovation produit conduite par le groupe Casino, donnant la priorité à la production française. Deux années ont été nécessaires pour le concrétiser, d’une part en raison du nombre d’exploitations françaises bio encore peu développé, qui ne permettait pas de répondre à la demande d’approvisionnement du groupe pour ses 9 500 magasins,et d’autre part en raison des exigences du groupe Casino en matière de qualité produit pour sa marque propre, imposant le suivi d’un cahier des charges rigoureux.

* 300 références alimentaires labellisées AB, présentes dans l’ensemble des rayons épicerie, frais, surgelés et vins.

Par Catherine HEURTEBISE, 13/06/2012

A LIRE AUSSI

Une année 2011 difficile pour les industriels de la charcuterie

Charcuterie

© L.Richarz – Flickr – C.C

Malgré une consommation en légère hausse, le secteur a connu une érosion de ses marges en 2011, pris en étau entre la grande distribution et l’augmentation du prix du porc.

« Nous sommes dans une situation que je n’ai jamais connue », a alerté ce mardi 19 juin, Robert Volut, le président de la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes (Fict). Selon lui, « l’année 2011 a été extrêmement difficile, à cause de l’augmentation des prix du porc et à la pression des grandes surfaces », même si la consommation a résisté.

En 2011, la marge nette moyenne des fabricants de jambons, rillettes, andouillettes et autres saucisses, n’a pas dépassé 1,1%, alors qu’elle était de près de 2 % il y a dix ans et de 3 % il y a 20 ans, a souligné Robert Volut. Selon la fédération, les prix du porc ont bondi de plus de 13% et certaines pièces de découpe ont vu leurs prix s’envoler de 25% à 70 %.

POURSUITE DE LA CONCENTRATION DU SECTEUR

Cette érosion continue des marges des industriels du secteur devrait entraîner une poursuite la concentration des entreprises, « même si certaines petites PME s’en sortent très bien sur des niches régionales », a expliqué Robert Volut. Le secteur de l’industrie charcutière et transformateurs de la viande ne compte plus désormais que 309 entreprises contre 312 en 2010, dont 67 réalisent 80% de la production totale, pour un chiffre d’affaires de 6,186 milliards d’euros, qualifié de stable. La production totale du secteur des industries charcutières, traiteurs et transformateurs de viandes s’est élevée à 1,221 millions de tonnes en 2011, en baisse de 0,6% par rapport à l’année précédente.
Dans ce contexte, le président de la Fict craint qu’une dizaine d’entreprises du secteur soient placées en redressement judiciaire cette année.

La consommation quant à elle s’est maintenue et a progressé de +0,9% en volume (+2,9% en valeur).« Les consommateurs montrent de plus en plus d’intérêt pour les produits à forte image, comme les marques nationales, marques de distributeurs thématiques et les produits de commerces traditionnels », a ajouté Robert Volut.

Par  Adrien Cahuzac – Publié le 19 juin 2012, à 17h05 sur l’Usine Nouvelle à http://www.usinenouvelle.com/article/une-annee-2011-difficile-pour-les-industriels-de-la-charcuterie.N176963

La découverte d’un gène pourrait redonner du goût aux tomates industrielles

AFP . les affaires.com . 28-06-2012

chapeau La découverte d’un gène pourrait redonner du goût aux tomates industrielles dont les producteurs favorisent, lors de la sélection des variétés, une mutation génétique qui les fait mûrir uniformément mais au détriment de la saveur, selon des travaux publiés jeudi aux États-Unis.

Depuis longtemps, les cultivateurs de tomates sélectionnent des variétés génétiquement modifiées produisant des fruits de couleur vert pâle avant de mûrir simultanément et devenir rouges afin d’être récoltées en même temps.

Mais ce choix dans les croisements a neutralisé une protéine donnant de la saveur aux tomates, expliquent les chercheurs dont l’étude paraît dans la revue américaine Science datée du 29 juin.

« Désormais, nous savons que certaines des qualités de la tomate très importantes pour les gens existent dans d’autres variétés non-industrielles, ce qui donne aux producteurs la possibilité de faire des fruits plus désirables tant par la couleur que par la saveur », assure Ann Powell, bio-chimiste à l’Université de Californie, à Davis (ouest), parmi les principaux auteurs de ces travaux.

« Cette découverte du gène responsable de la saveur dans des variétés de tomates sauvages et traditionnelles offre la possibilité de retrouver des caractéristiques qui ont été perdues sans le savoir », estime Mme Powell, qui a étudié avec ses collègues durant deux été en Espagne les gènes jouant un rôle dans le développement des tomates et leur mûrissement.

En partenariat avec des scientifiques de l’Université Cornell (État de New York, nord-est) et d’autres d’Espagne qui travaillaient sur le séquençage de certaines régions du génome de la tomate, les auteurs de l’étude ont découvert deux protéines (GLK1 et GLK2) contrôlant le développement des chloroplastes.

Il s’agit de structures dans les cellules de la plante qui permettent la photosynthèse chez les végétaux, un processus convertissant l’énergie de la lumière du soleil en sucres et autres composants influençant la saveur et la couleur des tomates.

Cette avancée pourrait avoir d’importantes retombées pour l’industrie américaine de la tomate avec une récolte annuelle de plus de 15 millions de tonnes et un marché pesant deux milliards de dollars par an, selon l’étude.

Publié dans  les Affaires.com à http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/agroalimentaire/la-decouverte-d-un-gene-pourrait-redonner-du-gout-aux-tomates-industrielles-/546028

  • DU MÊME AUTEUR

Une superfraise pour contrer le diabète?

Sébastien Léonhart, directeur scientifique de Nutra Canada, et... (Le Soleil, Erick Labbé)

Sébastien Léonhart, directeur scientifique de Nutra Canada, et Louis Gosselin, propriétaire d’une ferme de l’île d’Orléans où pousse la fraise Authentique Orléans

LE SOLEIL, ERICK LABBÉ

Une superfraise pour contrer le diabète? dans AGRO 336158
Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) Mise au point en 1996 au terme de 4000 croisements génétiques, la fraise Authentique Orléans est en voie de révéler des propriétés particulières pour contrer les symptômes associés au syndrome métabolique et au diabète de type 2.

Après avoir réalisé des tests concluants in vitro et sur des animaux, des chercheurs de l’Université Laval réaliseront des tests cliniques à l’automne sur une soixantaine de personnes. Par la suite, c’est tout un nouveau marché qui pourrait s’ouvrir pour cette fraise cultivée en exclusivité sur l’île d’Orléans.

Les résultats des premières phases du projet de recherche mené en association avec plusieurs partenaires publics et privés ont été diffusés hier lors d’une conférence de presse tenue sur l’île.

L’Authentique Orléans a été élaborée par l’entreprise Les Fraises de l’île d’Orléans, de la famille Gosselin, en collaboration avec l’Université Laval et Agriculture et Agroalimentaire Canada. C’est sa durée exceptionnelle de conservation – jusqu’à 21 jours – qui a incité ses créateurs à poursuivre leurs recherches, expliquait l’agronome Louis Gauthier, directeur scientifique pour le volet recherche et développement de l’entreprise de la famille Gosselin.

Riche en antioxydants

Des analyses ont alors démontré qu’elle contenait un taux beaucoup plus élevé d’antioxydants que les autres variétés, ce qui lui a d’ailleurs valu de faire la une d’un magazine scientifique en 2002.

La présente recherche constitue une nouvelle avancée dans les connaissances sur la superfraise. Menée sous la supervision du Dr Yves Desjardins, de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels à l’Université Laval, elle a démontré que le petit fruit régularisait le taux de sucre dans le sang et réduisait l’inflammation, a expliqué Sébastien Léonhart, directeur scientifique de Nutra Canada, une entreprise privée spécialisée dans la production d’extraits de fruits et de légumes nordiques.

Des rats qui ont été nourris d’aliments gras au point de développer un diabète ont ainsi vu une diminution rapide de leurs symptômes après avoir reçu de petites doses d’extrait de l’Authentique Orléans, en combinaison avec de la canneberge. Ce dernier fruit a été utilisé en raison de ses propriétés générales, mais, selon M. Léonhart, c’est vraiment la fraise qui serait déterminante dans les résultats obtenus.

Rien ne permet de dire qu’une autre variété de fraise n’aurait pas le même effet, convient le scientifique, mais dans le cas de l’Authentique Orléans, la démonstration en a été faite.

Suppléments alimentaires

L’Université Laval procède présentement au recrutement de personnes pour les essais cliniques.

Pour l’instant, la variété n’est cultivée que par Les Fraises de l’île d’Orléans et par la ferme Louis Gosselin, lequel est également président de l’entreprise familiale. Tous les fruits sont écoulés en supermarché.

Si les essais cliniques confirment les résultats obtenus à ce jour, c’est tout un nouveau marché qui pourrait s’ouvrir pour la fameuse fraise, avec l’extraction des molécules qui pourraient être utilisées sous forme de supplément alimentaire.

Publié par La Presse à http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/201206/28/01-4539205-une-superfraise-pour-contrer-le-diabete.php

La nourriture du futur que nous concocte l’industrie agroalimentaire

Hamburgers in vitro, fromages de synthèse, glu de porc, vache ou poisson transgénique… Le tout agrémenté d’une bonne pincée de chimie. L’industrie agroalimentaire multiplie les expérimentations, et commence à inonder le marché de ces nouveaux produits, davantage fabriqués en usines ou en labos que dans les champs. Objectif : nourrir la planète au moindre coût. Sans trop s’attarder sur les conséquences sanitaires et écologiques. Et sans pitié pour les cobayes que nous sommes. Basta ! vous présente le menu agro-industriel de demain. Miam !

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En entrée : une saucisse de glu de porc malaxée

Cela ressemble à de la guimauve rose liquide. Cette mixture de viande est obtenue en passant les carcasses de poulet ou de porc dans une centrifugeuse à haute température, ce qui permet de récupérer le moindre morceau de barbaque. Les tendons, graisses, tissus conjonctifs sont transformés en pâte. À l’arrivée dans l’assiette, le « lean finely textured beef » (bœuf maigre à texture fine) est utilisé depuis quinze ans « sans restrictions » aux États-Unis.

Petit détail : ce hachis liquide provient des parties les plus prédisposées à la bactérie E.coli et aux salmonelles. Ce qui rend nécessaire, pour tuer tous les éléments pathogènes, un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?

Ce pink slime – ou « glu rose », tel qu’il a été rebaptisé par ses détracteurs – a déclenché récemment une tempête aux États-Unis. Des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires. Devant la fronde populaire, McDonalds et Burger King ont annoncé en janvier qu’ils cessaient d’en ajouter à leurs steaks hachés. Beef Products Inc., le plus grand producteur de pink slime, a dû fermer (momentanément) ses usines. Le géant de l’agroalimentaire Cargill, qui utilise un produit similaire dans ses hamburgers, traité à l’acide citrique au lieu de l’ammoniaque, a annoncé en mars qu’il réduisait sa production.

En plat : la « viande séparée mécaniquement »

Pourquoi l’agro-industrie se donne-t-elle tant de mal ? Pour rentabiliser la moindre calorie bien sûr. « Nos installations traitent 4 500 à 6 000 têtes de bétail chaque jour, et il y a beaucoup de déchets dans le processus de fabrication »a expliqué un porte-parole de Cargill. Du coup, ces restes sont broyés, traités, compactés, et utilisés comme additif dans la viande sortie des chaînes de fabrication. Ajouter du pink slime permet à Cargill « d’économiser » l’équivalent de 1,5 million d’animaux chaque année. Impossible de savoir quelle quantité de cette mixture est ajoutée à la viande. Secret industriel. Aucune mention sur l’étiquetage, puisque le pink slime est considéré comme « 100 % bœuf ». Le ministère de l’Agriculture impose une limite de 15 % du fait du traitement à l’ammoniaque. Difficile à contrôler. 70 % des produits de bœuf haché contiendraient du pink slime, affirme Beef Products Inc.

VSM-e4d19 dans consommationEn France aussi, on pratique le « VSM », pour « viande séparée mécaniquement ». Même objectif : récupérer toute la substance « comestible » possible. La VSM est produite en forçant les os à travers un tamis, sous haute pression. Ce qui provoque la destruction de la structure fibreuse des muscles. Le produit obtenu n’est donc plus vraiment de la viande. La Commission européenne a statué en 2001 qu’un étiquetage différencié était nécessaire, car la viande mécaniquement séparée « ne correspond pas à la perception de la viande par le consommateur et ne permet pas de l’informer de la nature réelle du produit »… Les petits morceaux d’os contenus dans la VSM ont aussi une taille réglementée.

Où trouver cette appétissante substance ? Notamment dans les saucisses. 700 000 tonnes de VSM sont produites par an en Europe. Un marché de 400 à 900 millions d’euros. En France, le volailler Doux, avec sa marque Père Dodu, a été accusé par la répression des fraudes de tromperie sur l’étiquetage : entre 2009 et 2011, il a écoulé 1 282 colis de saucisses de « poulet séparée mécaniquement » en les présentant comme « viande »… Destination : des cantines scolaires et des maisons de retraite [1]. Côté traçabilité, ce n’est pas gagné.

Le plateau de fromages synthétiques

Du côté des produits laitiers aussi, une formidable innovation technologique permet de casser les prix. Cargill a lancé en 2009 un « fromage » sans lait.« Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitièresvante le géant de l’agroalimentaire. Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisir et satisfaction aux consommateurs. » Ce fromage chimique, le Lygomme™ACH Optimum, est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes. Un « système fonctionnel », qui « reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement », sans pourvoir prétendre à l’appellation « fromage », puisque sans produit laitier.

cargill_lygomme-808de dans INNOVATIONSon avantage ? Son prix. Le Lygomme™ACH Optimum permet de ne pas dépendre des fluctuations du marché du lait. Une « alternative rentable » pour les pizzas au fromage : le Lygomme est 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental, annonce Cargill ! Et même 60 % moins cher que le « fromage analogue », autre produit de substitution en circulation. Ce dernier, à base d’huile de palme, d’amidon, de sel et d’exhausteurs de goût – et 15 % seulement de protéines de lait –, a déjà inondé le marché européen. Cargill vante aussi les propriétés diététiques de son Lygomme : moins de matières grasses et moins d’acides gras saturés. Le produit a même été nominé aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, grand rendez-vous de l’agroalimentaire, pour le titre d’« Innovation de l’année », catégorie… Produits laitiers (sic).

En Europe, pas de problème de commercialisation des substituts de fromage : il suffit que les composants soient clairement indiqués sur l’étiquette. Mais qui peut deviner que le « galactomannane » inscrit sur l’emballage désigne la pâte fromagère de la pizza ou des lasagnes ? D’autant que les producteurs laissent souvent une part de « vrai fromage » dans la liste des ingrédients pour ne pas effrayer le consommateur. Selon un reportage de la chaîne ZDF, l’Allemagne produit chaque année 100 000 tonnes de « faux » fromage. Un dixième de sa production. Un laboratoire allemand a analysé une centaine de sandwichs au fromage. Verdict : un tiers d’entre eux ne contenaient pas du « vrai fromage ».

Au menu demain : animaux transgéniques et hamburgers in vitro

Autre solution pour produire plus de protéines animales : des animaux qui « poussent » deux fois plus vite. Dans les laboratoires se multiplient les expériences pour produire des animaux génétiquement modifiés aux propriétés intéressantes pour l’industrie agroalimentaire. Aux États-Unis, les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, et les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent leur autorisation de mise sur le marché (lire notre enquête). Des vaches hypermusclées, des chèvres dont le lait fabrique de la soie, des porcs avec un gène de souris… Des animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce pourraient arriver bientôt dans nos assiettes. La Chine est à la pointe de la recherche sur la transgenèse animale. Et l’Europe se prépare discrètement à suivre le mouvement.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de lancer uneconsultation publique concernant l’évaluation des risques environnementaux des animaux génétiquement modifiés. Objectif : définir les données requises et la méthodologie à appliquer « si des demandes d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne devaient être soumises dans le futur »… L’évaluation porte « essentiellement sur les poissons, les insectes, les mammifères et les oiseaux génétiquement modifiés ». Vaste programme !« Jusqu’à présent, aucune demande d’autorisation de commercialisation d’animaux GM n’a été déposée dans l’UE », précise l’Efsa. Mais « la technologie a rapidement évolué ces dernières années et, dans certains pays non membres de l’UE, les autorités de réglementation évaluent déjà la sécurité des animaux GM, tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’alimentation humaine et animale ».

Et bientôt… le steak de sérum de fœtus de cheval

Demain, nous pourrons aussi nous demander si le steak ou la saucisse que nous avalons goulûment a bien un jour été « vivant ». De nombreux programmes de recherche travaillent depuis des années sur la viande artificielle. La Nasa a été la première à s’y intéresser (pour nourrir les futurs astronautes en route vers de lointaines planètes). En 2000, des chercheurs new-yorkais ont réussi àproduire de la chair de carpe à partir de cellules prélevées. Comment fabriquer de la viande en éprouvette ? Les scientifiques cherchent à développer du muscle à partir d’une cellule de porc (bien vivant celui-là), par la mise en culture dans un milieu riche en nutriments.

Pour le moment, les morceaux de viande produits in vitro, fabriqués avec des cellules souches de porc et du sérum de fœtus de cheval, mesurent 2,5 cm de long et apparaissent gris et ramollis. Pas de quoi ouvrir l’appétit… En France, on doute d’arriver à un résultat à court terme. « L’une des difficultés majeures est de reproduire la finesse de l’irrigation sanguine, qui apporterait les nutriments et les facteurs de croissance nécessaires aux cellules, en mimant l’irrégularité des pulsations cardiaques »explique Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra. En septembre dernier, des chercheurs néerlandais promettaient d’ici à six mois un steak prêt à manger… Le coût du morceau de viande reste pour le moment prohibitif : 250 000 euros.

Ces travaux sont encouragés par la plus importante organisation des droits des animaux, People for the Ethical Treatment of Animals (Peta), qui voit dans la viande in vitro un moyen de mettre fin aux souffrances des poulets, porcs ou vaches tués chaque année. Peta a promis une récompense d’un million de dollars au premier chercheur qui – avant le 30 juin 2012 – produira de la viande de poulet in vitro, au goût identique à celui du « poulet réel », et pouvant être fabriquée à grande échelle.

La solution écolo : mangez des vers, des scarabées et des papillons

Pour faire face à la demande mondiale, la production animale devrait doubler d’ici à 2050, estime la FAO [2]. Si d’ici quelques décennies les protéines ne poussent pas encore dans les laboratoires, cela représentera 36 milliards d’animaux – en plus de 9 milliards d’humains – sur la planète. Alors que l’élevage est déjà responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre… La solution ? Réduire notre consommation de viande. Autre moyen pour réduire l’impact écologique de l’élevage : développer les cultures d’insectes. Certes, la quiche au vers ou la tarte à la chenille risquent d’avoir du mal à trouver des adeptes en France… Mais, selon la FAO, plus de 1 000 espèces d’insectes sont consommées dans le monde [3]. Une alimentation très saine et nutritive : les insectes apportent autant de protéines que la viande traditionnelle. Avec une teneur en fibres sucette-au-scorpion-2c695 dans nouveautecomparable à celle des céréales, plus du fer, du calcium et de grandes quantités de minéraux et de vitamines. Scarabées, papillons ou fourmis mais aussi punaises, termites et abeilles seront peut-être la base des repas les plus sains… De quoi en tout cas varier les menus !

Les insectes, c’est bon pour l’environnement : il faut 8 kilos de végétaux pour produire un kilo de viande bovine. Et moins de deux kilos pour produit un kilo d’insectes. Une matière première que l’industrie agroalimentaire semble pour le moment délaisser. En attendant les élevages intensifs et la future pâte d’insectes que ne manquera pas de nous concocter l’industrie alimentaire, il est toujours possible de dégusterune sucette scorpion aromatisée à la myrtille, des raviolis de criquets ou des brownies aux vers.

Agnès Rousseaux

Photo de une : source

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Notes

[1] La société Doux-Père Dodu a reconnu sa responsabilité, en plaidant coupable, et expliquant son faux étiquetage par les distorsions de concurrence entre pays européens qui n’appliquent pas de la même façon la réglementation sur la VSM. L’entreprise a été condamnée par le tribunal de Quimper à près de 18.000 euros d’amende en avril 2012. Source : Le Télégramme

[2] Selon la FAO, la consommation annuelle mondiale de viande, en 2010, est de 286 millions de tonnes.

[3] « Il existe plus de 1 700 insectes comestibles et les plus importants appartiennent aux ordres des coléoptères (scarabées), lépidoptères (papillons diurnes et nocturnes), hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis), orthoptères (sauterelles et grillons), isoptères (termites), hémiptères (punaises) et homoptères (cigales). Des estimations évoquent 250 espèces d’insectes consommées en Afrique, 500 au Mexique, 180 en Chine, et 160 dans la région du Mékong. » Source : FAO

PAR AGNÈS ROUSSEAUX (27 JUIN 2012) à http://www.bastamag.net/article2498.html?id_mot=38

autres dossiers :

http://www.bastamag.net/article2498.html?id_mot=38

Les coopératives se regroupent pour peser sur les marchés

3 000 sociétés en 2010, 2 900 en 2011, les fusions, unions et sociétés communes se multiplient chez les coopératives des secteurs agricoles, agroalimentaires ou agro-industriels.
Seule l’année 2009 a vu le volume de chiffre d’affaires cédé dépasser le CA récupéré (par les coopératives rachetant des sociétés non coopératives)Seule l’année 2009 a vu le volume de chiffre d’affaires cédé dépasser le CA récupéré (par les coopératives rachetant des sociétés non coopératives) - © Coop de France

“Il y a aujourd’hui peu de création de coopératives agricoles, et on assiste à un lent mouvement de mariage, qui peut prendre différentes formes, telles l’union qui met en commun les activités de commerce ou de stockage par exemple, la création de structures via des apports d’actifs au travers de sociétés communes ou la fusion qui a un caractère exigeant”, confie Yves Le Morvan, directeur général délégué de Coop de France. Les secteurs où ces regroupements s’observent le plus sont ceux des céréales et de la viticulture. Ainsi, 380 coopératives ont opéré des rapprochements entre 2003 et 2011.
“Si les rapprochements dont on parle le plus sont ceux qui concernent l’aval, ceux liés aux métiers de base des coopératives, comme le conseil technique, l’approvision-nement, la collecte ou le commerce des récoltes restent nombreux”, explique Yves Le Morvan. Il signale aussi que la recherche d’un effet taille pour massifier l’offre, mais aussi pour la segmenter, la diversifier afin de proposer aux acheteurs industriels des contrats à moyen ou long terme, a un effet lourd sur l’évolution des filières. La massification permet aussi d’acquérir une efficacité logistiquepour définir où doivent être construites les plateformes. Autre facteur clef des regroupements, l’exposition au risque de volatilité prix des coopératives.

Nécessité de restructurer économiquement
Chez Triskalia, coopérative issue de la fusion en 2010 de la Cam 56, de Coopagri Bretagne et d’Éolys, les motivations du regroupement étaient davantage liées à la nécessité d’une restructuration. “Certains territoires de coopératives comme ceux d’Éolys et de Coopagri Bretagne se chevauchaient, il y avait donc des marges de progression en restructurant les organisations et en spécialisant les différents points de collecte ou d’approvisionnement situés parfois à quelques centaines de mètres l’un de l’autre”, explique Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia. Pour Denis Manac’h, président de Triskalia, “réorganiser nos activités était une opportunité face à la baisse importante du nombre d’exploitations agricoles, de l’ordre de 3 à 4 % par an, et nous a incités au regroupement pour conserver des sites et les spécialiser”. Cette fusion a engendré la fermeture d’une trentaine de sites en optimisant la logistique, en spécialisant les magasins, et en répondant à un besoin d’écraser les coûts. “Quand on fermait un magasin on renvoyait les équipes qui s’en occupaient sur le terrain comme conseillers. Nous avons ainsi optimisé notre réseau et déployé nos équipes techniques”, précise Dominique Ciccone.
Pour Terres de Gascogne, fusion de deux coopératives aux territoires contigüs datant de 1992, “c’est suite à la baisse d’activité liée à la réforme de la Pac, imposant des jachères et libéralisant les marchés, qu’une restructuration économique s’imposait pour rationaliser les outils”, explique Patrick Desangles, directeur général de la coopérative.

Leadership et solidité financière
Au sujet de Siclae (outil de transformation agro-industrielle), Pascal Prot, président de Vivescia, coopérative issue de la récente fusion de Champagne céréales et de Nouricia, explique “qu’à force d’ouvertures de capital, Champagne Céréales qui détenait 61 % des parts de l’entreprise était passé à 41 %. Avec la création de Vivescia, regroupant les parts de Champagne Céréales et de Nouricia, nous sommes repassés à 55 %. Cela nous permet de retrouver un leadership sur les outils de transformation en liant bien les parties agricoles et agro-industrielles”. “Pour Nouricia, c’est aussi l’occasion de donner de l’ampleur, au travers d’un périmètre coopératif plus large, à son projet de développement durable”, souligne aussi le président de Vivescia. Chez Triskalia, l’idée de la fusion impliquait “de faire mieux avec des coûts optimisés, et d’acquérir un avantage économique”, explique Dominique Ciccone. Selon lui, “la fusion a permis une synthèse des forces dans l’élevage et la culture avec des synergies maximum”.
“Nos coopératives sont dans l’amont et l’aval et s’il n’y a pas d’usines sur nos territoires, on aura moins de production”, souligne aussi Denis Manac’h. De son côté, Terres de Gascogne, qui prépare une nouvelle fusion avec la coopérative Gascoval, recherche par ce biais à atteindre une taille critique en amenant sa collecte de céréales à 500 000 tonnes par an, pour atteindre une taille suffisante face aux concurrents de la région, comme Maïsadour, et mutualiser les moyens.
Parmi les avantages de la fusion, Vivescia dispose désormais de 800 M€  de fonds propres afin d’accroître les développements de certains marchés sur la transformation du blé, de l’orge ou du maïs. Chez Terres de Gascogne, Patrick Desangles estime que “c’est en atteignant une taille critique que la coopérative fera mieux face au marché et sera plus compétitive”. Pour Triskalia, l’opportunité de la fusion est aussi venue de l’obligation pour Éolys de se restructurer pour des raisons économiques, ce qui a permis au regroupement d’acquérir de la solidité.

Pédagogie vis-à-vis de l’Autorité de la concurrence
Si pour l’ensemble de ces fusions, les administrateurs ont dû faire preuve de pédagogie vis-à-vis de leurs adhérents, faire face à des oppositions et expliquer l’intérêt du projet, le rapport avec l’administration reste compliqué. À chacune de ces fusions il a fallu soumettre un dossier de demande d’autorisation à l’Autorité de la concurrence qui a parfois eu des difficultés à appréhender le fonctionnement des coopératives. “Nous souhaitons instaurer un dialogue avec l’autorité et nous sommes prêts à entamer des discussions”, déclare Yves Le Morvan. Selon lui, “l’autorité n’a pas suffisamment intégré le fait coopératif, c’est-à-dire que les coopératives sont la propriété des adhérents et qu’ils y adhèrent volontairement. De plus, l’autorité conçoit, notamment, l’activité d’approvi-sionnement comme une relation client, alors même que cette activité fait l’objet du contrat coopératif”. “Nous allons prendre contact avec l’autorité pour nous expliquer sur ce qu’elle appelle les barrières statutaires des coopératives, et préciser les dimensions terri-toriales et d’engagement envers les adhérents. il faudra aussi expliquer la fiscalité des coopératives”, indique Yves Le Morvan.

AGRAPRESSE

Vin

Plus petits volumes et plus gros défis nécessitent de nouveaux regroupements

Dans le secteur des coopératives viticoles, les plus petits volumes de vin produits ces dernières années et les plus gros défis commerciaux à l’exportation nécessitent de nouveaux regroupements de coopératives, estime Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF). La première raison qui motive les regroupements est le fléchissement des récoltes après les arrachages de vignes. “Les volumes sont un diviseur de charges. Pour compenser la diminution des volumes, les caves se rassemblent pour maintenir leur prix de revient”, souligne-t-il. La deuxième raison tient au fait qu’il faut être mieux organisé face à une grande distribution qui se concentre et face à la montée en puissance de nouveaux compétiteurs sur le marché mondial du vin. une troisième raison de se regrouper est la nécessité “d’investir dans la matière grise” pour innover. Maintenant, pour les regroupements ou rapprochements et autres partenariats, “il faut avancer à son rythme et avant tout convaincre les coopérateurs”, conclut le président de la CCVF.

Des coopérateurs réclament des comptes à Laïta

Un collectif d’éleveurs, adhérents des coopératives Even, Terrena et Triskalia, souhaite connaître précisément les résultats de Laïta. Et demande des informations sur le « projet de mariage avec Terra Lacta ».

Laïta, société anonyme issue du regroupement des activités laitières des trois coopératives, n’a pas déposé ses comptes. « Votre stratégie est donc de payer les pénalités prévues par la loi pour non-présentation des résultats, plutôt que d’afficher vos comptes, qui sont aussi et surtout les nôtres », proteste le collectif dans un communiqué diffusé jeudi.

« Le chiffre d’affaires de Laïta est de 1,16 milliard d’euros. Des investissements sont prévus à hauteur de 100 millions d’euros. Mais quel est le résultat, quelle est la capacité d’autofinancement ? interroge Isabelle Connan, appartenant au collectif et membre de l’Apli. Tout reste flou. Il existe aussi un projet de mariage avec Terra Lacta (ex-Glac), mais nous n’en savons pas plus. »

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