Archive pour 22 mars, 2012

Chine : des exportations agro sous haute surveillance

La Chine ne se contente pas d’exporter des jouets ou du textile bon marché. De plus en plus de produits alimentaires sont également « made-in-China ». Pour éviter que votre assiette ne ressemble à un nid de bactéries, les inspections sont sévères. 51% des aliments chinois échouent aux contrôles et le pays vient de signer un accord avec l’Union européenne pour améliorer la sécurité des produits chinois exportés.

 

La moitié des Chinois n’a pas confiance dans la nourriture qui lui est vendue. Et ils sont un tiers en Europe à douter de ce qu’ils ont dans leurs assiettes. A l’origine de cette méfiance, les scandales à répétition : lait à la mélamine, huile frelatée, porc au clenbuterol ou encore, crevettes à la gélatine… Autant d’affaires bien peu appétissantes et qui ont défrayé la chronique ces dernières années en Chine. Jetant le trouble sur l’ensemble des
exportations alimentaires du pays.

« Les résultats que nous avons pu constater sont inquiétants et montrent combien les importateurs doivent être vigilants », explique Sébastien Breteau le directeur d’Asia Inspection (www.asiainspection.com), une
société spécialisée dans le contrôle des exportations. Cette situation est essentiellement la conséquence d’une mauvaise gestion de la qualité de la part des usines, voire de négligences. Mais dans des cas extrêmes, ceux dont on entend parler dans l’actualité lorsqu’ils sont détectés, c’est l’appât du gain qui est à l’origine du problème, comme par exemple lors du scandale du lait infantile en 2008 », assure ce Français à la tête d’une équipe de 350 inspecteurs qui sillonnent les usines de l’Empire du Milieu pour contrôler la qualité des produits qui seront ensuite exportés.

CHIFFRES CLEFS

- La Chine est le premier producteur mondial d’une foule d’aliments : ail, blé, melons, carottes, choux,
clémentines, concombres, miel, noix, pommes de terre, porc, tabac, thé, tomates…

- La part des exportations chinoises de produits alimentaires représente 13,27% dans l’Union européenne et
0,9% en France

- Une terre cultivée en Chine sur 10 est polluée par des métaux lourds, comme le plomb, le mercure et le cadmium.

- La Chine est le plus grand utilisateur de pesticides et d’engrais du monde.

Recherche des bactéries de type listeria ou salmonella

« La Chine est un pays immense où l’économie est en plein boom. Les contrôles sanitaires ne peuvent être partout. De plus, les efforts administratifs chinois ne sont pas centralisés, pas moins de dix administrations se partagent la tâche du contrôle alimentaire. Un véritable colosse au pied d’argile ! »

Cette fois-ci, l’un de ces inspecteurs intervient dans une usine de produit surgelé à Hangzhou, au sud de Shanghai. Les sacs de brocolis sont inspectés au hasard. Taille, poids, couleur, mentions obligatoires, dates
de péremption. Tout est passé au crible et noté au fur et à mesure sur un ordinateur portable sur lequel l’homme en uniforme rouge et blanc tapote en permanence. Il récolte ensuite quelques échantillons qui seront analysés en laboratoire. « On recherche des bactéries de type listeria ou salmonella. On vérifie les taux de pesticides, le Ph, la présence de métaux lourds comme le  plomb et la teneur en histamine, explique-t-il. Je vais envoyer ces échantillons à notre laboratoire qui se trouve à Shanghai ».

Les tests prennent trois jours et, en attendant, des scellés sont posés sur la marchandise avant son exportation. Si cette fois les brocolis surgelés prendront bien la mer, direction l’Europe, ce n’est pas toujours le
cas. En 2011, 51% des inspections de produits alimentaires en Chine ont échoué.

« Nous avons par exemple effectué une inspection de concentré de tomate en conserve. Les conserves contenaient du concentré et… des cailloux, explique Sébastien Breteau. Il est évident que si ce produit avait atteint l’assiette d’un consommateur les conséquences pour l’importateur auraient pu être dramatiques en termes d’image et de conséquences judiciaires ».

« Tests impératifs »

« Le problème vient aussi de la qualité des matières premières disponibles. Le développement économique chinois des 20 dernières années, c’est fait largement au détriment de l’environnement. Pour des produits
tel que le poisson, la matière première est directement en cause. Un fournisseur chinois sera donc tenté d’utiliser un poisson de mauvaise qualité et moins cher pour réaliser un produit transformé. Ce risque rend les tests en laboratoire sur les matières premières utilisées impératifs ».

Ces mauvaises surprises ont provoqué une certaine xénophobie culinaire et on s’inquiète de plus en plus de ce que l’on trouve dans son assiette. Surtout lorsqu’il s’agit de made-in-China. Pourtant, les aliments chinois sont partout : une asperge sur deux vendue en France vient de Chine et 30% du concentré de tomate est chinois. Aux Etats-Unis, la moitié de l’ail et 40% du jus de pomme sont importés de l’Empire du Milieu.

L’explication est simple: « l’asperge vaut quatre fois plus cher quand elle est produite en France, explique le patron d’une société de négoce entre producteurs chinois et industriels européens. La Chine est le plus
gros exportateur mondial d’asperges en conserves. Comme dans le secteur industriel, les faibles coûts de la main-d’oeuvre chinoise défient toute concurrence ».

La Chine est le premier producteur agricole du globe. Le pays a vu ses exportations alimentaires bondir de 44% vers la France ces dernières années. Cette croissance concerne essentiellement des produits dits de première transformation, notamment le concentré de tomates, les fraises, les champignons déshydratés ou les asperges. Des produits destinés à la préparation de yaourts, de confitures, de jus de fruits ou encore de plats cuisinés.

Accord de surveillance avec l’UE

Mais, signe des temps, la Commission européenne a jugé que la Chine n’était pas « à la hauteur » en matière de sécurité et l’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) vient d’ouvrir ses premiers bureaux en Chine afin de renforcer les contrôles in situ. Mardi 20 mars, l’UE et la Chine ont annoncé des actions de surveillance communes pour renforcer la sécurité des produits exportés, notamment alimentaires.

Pour l’heure, les importateurs européens doivent surtout se reposer sur les contrôles indépendants effectués à leur demande. « Notre objectif n’est pas de surprendre les usines chinoises. Nous ne faisons pas d’opération coup de poing. Ca, c’est le travail des autorités. Nous, nous n’intervenons qu’à la demande de nos clients sur des marchandises qui seront exportées », explique un inspecteur. Pour le reste, ce sont les contrôleurs officiels de l’administration qui doivent intervenir. Mais c’est encore très rare. Les effectifs sont loin d’être suffisants pour s’assurer que l’ensemble des producteurs chinois respecte les normes sanitaires.

« Les scandales alimentaires sont autant de piqûres de rappel pour les officiels et de sources d’inquiétudes pour les consommateurs chinois. Les pouvoirs publics ont bien pris la mesure du problème, en faisant des exemples, en mettant des moyens et en créant des lois ad hoc, mais à l’échelle de ce pays on ne peut pas attendre une amélioration significative du jour au lendemain », conclut Sébastien Breteau.

Des scandales qui expliquent aussi la hausse de 28% des importations de nourriture en Chine en 2011. Cette méfiance qui entoure le « made in China » pourrait profiter aux producteurs européens.

Sébastien Le Belzic, envoyé spécial à Shanghai

© 2012 Novethic – Tous droits réservés

Article publié par Novethic.fr à http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,mondialisation,commerce_international,chine_exportations_haute_surveillance,137094.jsp

 

 

Bilan du CFIA de Rennes 2012.

Le CFIA de Rennes s’est tenu la semaine dernière, du 13 au 15 mars 2012. Ce salon, qui est le Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire, est un rendez-vous immanquable pour bon nombre de professionnels du secteur. Comme chaque année, lesTrophées Innovation ont récompensé les dernières avancées technologiques. La thématique de cette édition, « l’usine agroalimentaire du futur », a permis aux exposants et aux visiteurs de se pencher sur la question de l’éco-conception et du développement durable.

Quel premier bilan peut-on tirer de cette édition ? A-t-elle été un succès ? Combien de visiteurs ont arpenté les huit halls d’exposition ? Ont-ils été satisfaits de leur visite ?

Agro-media.fr dresse un premier bilan du CFIA de Rennes 2012, grâce à l’interview exclusive du directeur du salon.

(suite…)

Entente sur les prix dans les yaourts ?

L’Autorité de la Concurrence, qui soupçonne une vaste entente dans l’industrie du lait, a ouvert une enquête et mené des perquisitions dans les locaux de huit groupes agroalimentaires, selon Les Echos dans leur édition à paraitre demain jeudi.

Les locaux de huit entreprises, dont Senoble, Novandie, Lactalis, 3A, les Maîtres Laitiers du Cotentin et Alsace Lait ont été perquisitionnés par les agents de l’Autorité de la Concurrence, suite à la dénonciation d’un industriel du secteur, affirme le quotidien. L’enquête qui porte sur les yaourts et fromages frais vendus sous marques de distributeur, durera au moins un an et risque de se solder par une amende pour les contrevenants, selon Les Echos.

Interrogé par l’AFP, le groupe Lactalis n’a pas souhaité commenter l’information et l’Autorité de la Concurrence n’était pas joignable dans la soirée. Récemment, cette dernière a prononcé plusieurs sanctions à l’encontre de l’industrie agroalimentaire pour des ententes sur les prix.

Les principaux producteurs de farine français et allemands ont ainsi été condamnés mi-mars à 242,4 millions d’euros d’amende et mardi les trois principaux fabricants de croquettes pour chiens et chats à 35,3 millions d’euros.

Publié le 21/03/2012 à 21:48

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