Côtes d’Armor (22) Des stratégies variées pour gérer l’offre laitière

8 min lues
1

Côtes d'Armor (22) Des stratégies variées pour gérer l’offre laitière dans . ACTEURS . 120203ed22aLors de la journée laitière organisée par FDSEA/ Jeunes Agriculteurs mardi à Plouagat, Gérard You, ingénieur à l’Institut de l’élevage, a décortiqué une étude conduite auprès de 24 entreprises françaises (14 coopératives et 10 privés). Elles dévoilent des stratégies plus ou moins précises. En fonction de la zone de collecte, de la taille, du mix-produits, du degré de saturation des outils …, les orientations et les options envisagées pour l’après 2015 divergent.

Un encadrement plus ou moins serré

Globalement le premier enseignement illustre plutôt une volonté d’accompagnement de l’offre pour le secteur de la coopération, et un encadrement plus serré pour les industriels privés. Ainsi dans les zones de Piémont ou de montagne, les entreprises, petites coopératives, s’appuient sur leurs spécificités, et misent sur les produits sous signes de qualité. Dans d’autres secteurs, où le potentiel de production est le plus important, -c’est le cas du grand Ouest laitier-, la volonté affichée par une  majorité d’entreprises est de valoriser tout le lait, sans pour autant dégrader l’équilibre des fabrications.
Certaines entreprises ont déjà décidé l’instauration d’une politique du double volume, double prix (Sodiaal, Laïta) . Objectif, collecter et valoriser tout le lait des adhérents, et accompagner la croissance sans pénaliser la valorisation des livraisons des éleveurs qui ne veulent pas croître. D’autres pensent gérer les volumes par un équilibre adhésions/cessations.
Une troisième catégorie d’entreprises se positionne dans une démarche d’encadre-
ment modéré de la production. Il s’agit d’entreprises aux fabrications diversifiées (ex : Lactalis) qui visent à valoriser le maximum de lait sur le marché des produits de grande consommation (PGC) et à diminuer leur part de produits industriels. Elles ont aussi la possibilité d’aller produire du lait ailleurs. Quelques-unes, plutôt spécialisées (Bongrain, Rolland, Triballat), sont pour un encadrement plus serré avec une exigence forte sur la saisonnalité.

Changement de pilote

D’ores et déjà, alors que les quotas sont encore en place jusqu’en 2015, les éleveurs constatent un transfert du pilotage de l’offre des pouvoirs publics vers les transformateurs. Le risque est évidemment d’avoir des stratégies très différentes entre les entreprises sur un même bassin de production. Gérard You estime que « les éleveurs du privé deviennent plus des fournisseurs, avec les risques que cela comporte, même si les contrats envisagés sont de 5 ans. Quant aux adhérents à la coopération, ils profiteront des avantages et subiront les contraintes de leur statut. » Pierre Dénès


Produire plus n’est pas sans risque
Le débat qui a suivi cette présentation a montré la prudence des opérateurs. Tous les acteurs admettent que le marché européen est mature au niveau des produits de grande consommation. Tous les litres supplémentaires produits sont donc voués à être exportés. Ce qui n’est pas sans risque, compte tenu de la forte concurrence et de la volatilité des prix. Il ne faudrait surtout pas que ces litres supplémentaires déséquilibrent le marché intérieur.
Bernard Posté, représentant les industriels privés « en l’absence de représentants de Lactalis qui a décliné l’invitation », note Hervé Moël, président de la section laitière, se contente de souligner que les grands groupes privés sont présents à l’Ouest et que leurs outils sont modernisés. C’est ce qui doit selon  lui rassurer les producteurs. Il estime que la régularité de la collecte sur l’année est importante car il faudra saturer les outils.
Prudence aussi pour Guy Le Bars, président de la coopérative Even (Groupe Laïta). Certes, il y a une volonté d’augmenter la production, mais il y a aussi des obstacles. « L’environnement va jouer un rôle important ». Selon une enquête conduite auprès des adhérents de la coopérative, la moitié des producteurs peut augmenter sa production, mais seulement de 10 %. Il admet qu’il y a néanmoins une réflexion sur les outils industriels, sans en dévoiler la teneur.
Finalement peu d’éléments concrets transpirent. Pascal Clément, vice-président de la FNPL regrette. Il ne voit pas pour le moment d’investissements se profiler. Et estime « qu’une restructuration réussie de la filière laitière française ne se fera pas sans transfert d’un bassin à l’autre, d’une région à l’autre, comme en Allemagne ».


 

Légende photo : Une centaine d’éleveurs à la journée lait FDSEA/JA.
Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par pepite
Charger d'autres écrits dans . ACTEURS .

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Restauration rapide, snacking : qu’est-ce qui marche ?

Le sandwich, et notamment le traditionnel jambon-beurre, est toujours une valeur sûre̷…