À L’échelle européenne / Nos volailles fraîches, pas assez compétitives ?

À L’échelle européenne / Nos volailles fraîches, pas assez compétitives ? dans international 120309p2Le match France-Allemagne ne concerne pas que les terrains de foot. C’est ce qui transparaît du bilan réalisé par Gilles Le Pottier, délégué général CIDEF-CIPC-CICAR devant l’assemblée volailles de Triskalia. En 20 ans, (1990-2010), la production de volailles a augmenté de 280 % en Allemagne, de 40 % au Royaume-Uni et de 30 % aux Pays-Bas. En France, après une belle progression jusqu’en 1999, nous sommes revenus quasiment à la case départ de 1990.
L’évolution de nos échanges avec l’Union européenne est défavorable. Le solde excédentaire de 250 000 t de dindes échangées en 1997 a fondu à 50 000 t en 2010. En poulets, l’excédent des échanges (100 000 t en 1997) s’est transformé en déficit (- 220 000 t en 2010). « C’est le paradoxe français », résume Gilles Le Pottier. « Nous exportons 45 % de notre production (Moyen Orient et UE) et nous importons 42 % de notre consommation (surtout de l’UE) contre seulement 10 % en 1997. Nos abattoirs perdent des parts de marché au niveau national, au profit des concurrents du nord de l’Europe ».

Taille et vétusté

Qu’est ce qui nous différencie des éleveurs allemands ou hollandais ? « D’abord la taille des élevages », répond Gilles Le Pottier. « L’élevage français (hors label) a en moyenne 30 000 animaux, sur 1 500 m2 en France. En Allemagne et aux Pays-Bas, la taille est 2 fois plus élevée (60 000 animaux) et au Royaume Uni, 3 fois plus élevée ». A cette différence de taille, il faut ajouter la spécialisation beaucoup plus forte des élevages avicoles alors qu’en France, la volaille est souvent associée à une autre production. Les études (Cogedis) montrent que les élevages de grande taille sont plus performants (dans les ateliers de dindes de plus de 2 500 m2, EBE supérieur de 6 €/m2, par rapport à 1 000 m2). À la taille des élevages, il faut aussi ajouter la vétusté des bâtiments français (19 ans de moyenne d’âge en France et plus de 21 ans en Bretagne). « L’absence de constructions neuves n’a pas permis d’améliorer les caractéristiques techniques des bâtiments et leur potentiel de production. La productivité a progressé de 52 kg/m2/lot de dindes en 1990 à 75 kg/m2/lot actuellement, soit + 40 %. Les bâtiments de 20 ans ne sont plus adaptés au format actuel des dindes. Certes, les rénovations ont permis d’améliorer certains postes mais ce n’est qu’un paliatif pour limiter le déphasage des performances qui se révèle insuffisant à moyen terme ».

L’effet aval

Techniquement les éleveurs français sont moins performants, ce qui se répercute sur les coûts de production (voir texte ci-contre). « L’écart n’est pas pénalisant sur le coût du kg vif, sortie élevage. Par contre, sortie abattoir, nous sommes 9 % plus chers que nos voisins hollandais et 6 % plus cher que nos voisins allemands ». L’écart serait encore plus important sur le coût final, après découpe, conditionnement et préparation des commandes. Au-delà du coût de la main-d’œuvre, l’explication réside aussi dans la dispersion des gammes françaises. L’environnement français est peu attractif pour l’élevage avec localement, le blocage des constructions, par une lecture tatillonne de la réglementation européenne et un manque d’harmonisation des interprétations. Les réflexions conduites au sein des filières dressent quelques pistes. « L’accroissement de la taille des exploitations et leur spécialisation doit se faire en parallèle d’une optimisation de nos performances globales », estime G. Le Pottier. « Les structures d’aval doivent travailler sur une réduction du coût de la main-d’œuvre par la mécanisation, l’automatisation et la robotisation des unités de transformation. Les contraintes sur le produit doivent être réduites par une standardisation et une réduction de la gamme ».

Des atouts, des défis

Les opérations de promotion et d’étiquetage de l’origine nationale sur l’ensemble de la gamme, y compris les marques distributeurs doivent être accrues. « Le nouveau logo “Volaille française”   permettra d’occuper le terrain de la communication toute l’année et confortera les Français dans leur choix, avec la mention “née, élevée et abattue en France” ». L’harmonisation des cahiers des charges dans un référentiel commun est une nécessité, de même que la rationalisation des contraintes imposées par les GMS. « Nous avons des atouts, un savoir-faire reconnu, des outils en place, des volumes de production et des consommateurs ». La filière a la volonté d’orienter les achats des consommateurs vers les volailles d’origine française. L’obtention d’un consensus environnemental, accepté par la société, permettrait de restructurer efficacement l’amont et l’aval. Patrick Bégos

Photo : Grâce aux bâtiments amortis, le coût de production du kg de poulet français n’est pas trop pénalisé, sortie élevage. A moyen terme, cet avantage se transforme en handicap, par le non renouvellement de l’outil.


Standardisation à l’allemande
Les Allemands et Hollandais ont investi dans l’hyper-standardisation de leur production et la massification des découpes fraiches. En France, nous nous dispersons dans de multiples références (non OGM, Omega 3…), dont la mise en place est coûteuse et le positionnement peu compréhensible par le consommateur.

paru dans Paysan Breton hebdo à http://www.paysan-breton.fr/article/12762/a-l%92echelle-europeenne–nos-volailles-fraiches,-pas-assez-competitives%A0%3F.html

 


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